CHLOROSE
200» environ. C’est seulemem lor.squ’il a perdu toute son eau d’inier-
posMion qu’on en détermine le poids, et les résultats qu’on obtient sont toujours ti’ès concordants.
Lorsqu on dose le chlore d*une eau sulfurée, on observe que le précipité Il est pas toujours d’un blanc parfait, parce qu’il se dépose en même temps un peu de sulfure d’argent que l’excès d’acide du réactif n’a pu dissoudre. On remédie a cet inconvénient en faisant bouillir le mélange
des sels avec de l’acide nitrique étendu d’eau, et le chlorure d’argent qui reste est ensuite très pur.
CHLOROSE. Il semble au premier abord que la chlorose réclame spécialement les eaux ferrugineuses : mais il n’en est pas ainsi. Les eaux errugineuses n’offrent à la cblorose qu’une médication fort imparfaite. Les eaux de celte classe en effet ne représentent guère qu’une médication simplement ferrugineuse, et l’on ne trouve pas en général aussi développées près d’elles, que près d’un grand nombre de sources appartenant il d autres classes, les qualités thérapeutiques accessoires, enipruntées à la constitution complexe de Icau elle-même, aux agents a oéo-thérapiques, aux conditions hygiéniques et climatiques. Or on sait que les ferrugineux ne sont que d’une utilité très secondaire dans la clilorose Pour guérir la cblorose, en dehors des tendances spontanées que développent les évolutions naturelles de rorganisme, il faut agir sur celui-ci soit par un ébranlement rapide, physique ou affectif du sy^stènie nerveux, soit parmi ensemble de modificateurs hygiéniques ou'lbérapeutiques; et à ce titre, la plupart des eaux minérales actives peuvent rendre egalement de grands services dans le traitement de la chlorose.
Celles qm nous paraissent constituer la médication la plus effective ( ans ce sens, sont les eaux sulfurées^ et en particulier celles des Pyrénées, envisagées avec toutes les condilions hygiéniques que l’on y pëul reiw contrer, c’est-à^lire le climat, l’altitude si salutaire par elle-même, exercice, I équitation, la distraction prise surtout dans le sens affectif tombo tiCastera-Verduzan, qui offrent une combinaison de sources sulfurées et de sources ferrugineuses, conviennent parfaitement en paieil cas. Les eanx suifurées, dans un certain nombre de stations, comme Luchon, Cauterets, Amélie, offrent le précieux avantage de permettre d’approprier le Irailemeiil à des condilions très variées de constitiilion, par la variété des sources qu’elles possèdent. Eu effet, il
faut prendre garde à l’élément iiévropalliiqne qui existe quelquefois à
lin haut degré chez les cbloroliques, et qu’un Innlemeiit trop excilaiil Viendrait encore exaspérer.
Lorsque la cblorose se manifeste chez de très jeunes sujets, et dès avant la puberté, les ba,m de mer, surtout si l’on a affaire à une conslilu-
CHLORURÉES (EAUX).
lion très lympliatique, seront préférés aux eaux sulfureuses. Nul doute alors que les eaux chlorurées fortes ne puissent rendre également des .services importants. Lorsque les fonctions digestives sont spécialement troublées, les eaux de Vichy et sans doute celles de Vais, sont très utiles. Il y a des chlorotiques, lorsque leur consliiuiion n’est pas trop affaiblie, s’ils sont bilieux plutôt que lymphatiques, à qui les eaux de Vichy, même les sources non ferrugineuses, conviennent très bien, à plus forte raison les sources de cette station où le fer existe en notable proportion. MM. Eulenberg (de Coblenz) et Dbring (d’Ems) recommandent dans des circonstances analogues les eaux d’Ems et de Karlsbad.
CHLORURÉES (Eaux). Les eaux minérales chlorurées sont, de toutes les eaux comprises dans les différentes classes, les plus riches en principes fixes. Elles sont aussi plus souvent tempérées et thermales que froides. Dans toutes, l’élément dominant est le chlorure de sodium; puis viennent le chlorure de magnésium, les bicarbonates et sulfates alcalins et terreux. Nous ne rencontrons donc, dans la classification, qu’une seule espèce d’eaux chlorurées, les eaux chlorurées sodiques.
Elles sont toujours très limpides, incolores et inodores ; tout au plus en connaîi'on eiiFrasice quatre ou cinq, qui répandent l’odeur de l’hydrogène sulfuré. Leur saveur est sensiblement salée, et quelquefois amère suivant la proportion du chlorure de magnésium.
La majorité des eaux chlorurées arrive sur le sol avec de l’acide carbonique et de l’azote, qui les font bouillonner dans les puits.
Presque toutes sont ferrugineuses; mais ou. remarque qu’elles déposent moins d’oxyde rouge de fer que les eaux bicarbonatées et sulfatées, et plusieurs donnent naissance à des quantités très considérables de conferves vertes.
Les eaux qui nous occupent, au contact des réactifs, se comportent à peu près de la même manière que les eaux bicarbonatées et sulfatées.
Papier bleu de tournesol. — Coloration rouge, toujours très peu intense.
Papier déacétate de plomb. — Coloration nulle, à moins qu’il ne se rencontre de l’acide sulfhydrique.
Teinture de noix de galle, dissolution de tannin. — Réaction nulle ou à peu près.
Teinture de carnpêche. — Coloration en rouge du liquide, par suite de l’existence des bicarbonates.
Potasse et ammoniaque . — Précipité blanc de carbonates de chaux et de magnésie.
Chaux et baryte. ■ — Précipités blancs de carbonates de chaux et de baryte et de sulfate de baryte.
Acides minéro.ux. — Ces réactifs dégagent le plus souvent de l’acide
CHLORURÉES SODIQUES (EAUX).
carbonique; avec les eaux francbemeiu chlorurées, le dégagement est nul, parce que le gaz carbonique se redis.sout dans la masse du liquide.
Acide oxalique. — Précipité blanc plus ou nuiins apparent d’oxalale de chaux.
Chlorure de iœ-i/uw.— Précipité toujours sensiblede sulfate de barvte.
Ahtrate d argent. Précipitéblanctrès abondantde chlorure d’areéni
Chlorure d'or. — Kéaction nulle le plus ordinairement.
Exposées à l’action de la chaleur, leseaux minérale.s’cbloruréesdé-^aeent le plus souvent de l’acide carbonique et du gaz azote et oweeue” I a concentration du liquide produit un dép5t dans letpiel ou co'nstale du carbonate et du sulfate de chaux, et du carbonate de magnésie
CHLORURÉES SOUQUES (Eau,.). Les eaux chlorurées Hodiüim peuvent être distinguées entre elles d'après la quantité iCacide carbonique ou d' hydrogéné sulfuré qu’elles dégagent, et d’après leur de»ré relatif de minéralisation. ^
Leur qualité gazeuse ou non est importante à considérer dans ce sens que acide carbonique libre qu’elles renferment vient d’une part faciliter eur usage, et de l’autre, leur ajouter des propriétés particulières. En ellet, des eaux renferniant une proportion considérable de chlorures > ou 10 grammes ou davantage, ne sont pas aisément tolérées par l’estomac, si elles ne se trouvent en même temps chargées d’acide carbonique ■ et celles-ci ne sauraient manquer d’être préférées, alors que l’état des fonctions digestives mérite une attention pariiculière. Or la plupart des eaux chlorurées sont gazeuses, mais à des degrés divers, et la proportion d acide carbonique qu’elles renferment ne se trouve déterminée que dans un certain nombre d’analyses. Cependant nous savons que les eaux chlorurées de l’Allemagne sont généralement beaucoup plus riches que les nôtres en acide carbonique. Il n’existe point d’eaux miiièrales plus gazeuses, meme dans la classe des bicarbonatées, que celles de Naiilieim Kissingen, AViesbaden. En France, Bourbon-l’Arcliaiiibault, la Jiour-^ loule, Saint-Nectaire, sont aussi très notablement gazeuses, bien qu’a un moindre degré. Parmi les eaux non gazeuses, ou du moins ii un si ai lie degre qu’il n’y ait pas à en tenir compte en tliérapeutique, nous signalerons Kreuznacli, Salins et l’eau de mer. Aussi a-t-on eu l’idée de charger artiliciellenient d’acide carbonique l’eau de mer et celle de Salins, pour en rendre l’usage iiiteriie plus facile.
La considération de l’Iiydrogèiie sulfuré est importante auprès des eaux chlorurées sodiques, puisque les propriétés des eaux siilfiireii.ses viennent alors s’ajouter à celles des eaux chlorurées. De même que le dégagement de l’acide carbonique est en rapport avec l’existence de bicarbonates, ceiiii de l’hydrogène sulfuré est en rapport avec l’existence
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de sulfates facilement décomposables en sulfures, et rencontrant des circonstances propices à leur décomposition. Il n’y a qu’un petit nombre d’eaux chlorurées qui dégagent de i’hydrogène sulfuré, et pour la plupart ce dégagement est si faible, et en quelque sorte si superliciel, qu’il n’y a pas à en tenir compte. Nous ne connaissons que deux stations véritablement sulfureuses, Uriage et Aix-la-Cko.pelle, et nous en faisons une division des eaux chlorurées sodiques.
Enlin, la proportion des principes minéralisateurs est également très importante à considérer. Les eaux chlorurées présentent en effet les différences les plus grandes à ce point de vue : elles offrent les exemples des eaux les plus minéralisées qui existent [Hammam-Melouane , 30 grammes; iVaw/iem, 17 grammes; Hombourg, 16 grammes, etc.) et des moins minéralisées que la classification puisse admettre {Luxeuil lë‘',l ; Bourbon-Lancy , ls'’,7; Wildbad^ Os», 2, etc.). On comprend que des conditions aussi opposées ne puissent être négligées. A mesure (|ue l’on descend dans le degré de minéralisation, il est évident que les caractères thérapeutiques attachés à la qualité de chlorurées sodiques doivent s’affaiblir : il en est effectivement ainsi, et les eaux chlorurées sodiiiues faiblement minéralisées se rapprochent beaucoup plus, dans leurs applications, des eaux faiblement minéralisées des autres classes, que des eaux fortement minéralisées de leur propre classe. Voici comment peuvent se ranger suivant leur degré de minéralisation les principales d’entre elles.
Au-dessous de 2 graunucs.
Bourbon-La 11 cy.
Luxeuil .
Hanimam-Vleskoutine.
^Vilcibad.
Gastein.
De 2 à 4 grammes.
Bourbon-!’ Archambault.
La Bourbouie.
Saint-Nectaire.
Niederbronn.
Soûl Z.
Baden-Baden.
.Selters.
Aix-la-Chapelle.
Au-dessus de 4 grammes.
Balaruc.
Bourbon ne.
Uriage.
Salins.
H a m m a ni-AIc lo u an e.
Kreuznach.
Nauheim.
Wiesbaden.
Soden.
Hombourg.
Kissingen.
Wiidegg.
Cheltenham.
Ischia.
Nous appellerons eaux chlorurées faibles celles qui sont au-dessous de 2 grammes, et fortes celles qui excèdent ce chiffre, dans quelque proportion que ce soit. Cette distinction est du reste tout à fait en rapport avec les applications thérapeutiques.
(Considérées au point de vue des principes formels do la classihcation,
CHLORURÉES SODIQUES (EAUX).
les eaux chlorurées ne forment qu’une division, puisque la soude y constitue la seule base prédominante. Cependant nous avons cru devoir y introduiie une division artificielle fondée sur le caractère particulier que donne à quelques-unes d’entre elles leur qualité sulfureuse, et nous admettons ainsi : des eaux chlorurées sodiques simples, et des eaux chlorurées sodiques sulfureuses.
Certaines eaux présentent une proportion à peu près égale en chlo' rures et en bicarbonates sodiques. Cette circonstance, notable en thérapeutique, nous a paru devoir être prise en considération spéciale, et estimant, d’après les principes que nous avons posés ailleurs [voy. Classification], que ces eaux minérales devaient être particulièrement rattachées à leur principe le plus fixe, nous en faisons une autre sous-division de la classe des chlorurées, laquelle se trouve ainsi constituée :
Eaux chlorurées sodiques simples ;
Eaux chlorurées sodiques et sulfureuses ;
Eaux chlorurées et bicarbonatées sodiques;
Les eaux de la Bourboule et celles de Saint- ÏS ect aire représentent le type de ces dernières.
Le chlorure de sodium qui existe en proportion quelconque dans la presque totalité des eaux minérales , paraît emprunté par celles-ci aux terrains qu’elles traversent, ce sel se trouvant, comme on le sait, un des principes les plus généralement répandus dans le sol. Mais les eaux chlorurées sodiques doivent les caractères prédominants de leur minéralisation à des causes plus particulières, c est-à-dire à des bancs de sel gemme ou à des terrains houilliers qu’elles traversent : ce sont donc toujours en définitive des eaux de lixiviation.
Elles se trouvent assez inégalement répandues sur notre territoire. Dans la légion centrale de la France [voy. Fa ange (Distribution géographique)], on rencontre Bourbon-l’Archambault, la Bourboule et Saint-Nectaire ; aux deux extrémités de la chaîne des Pyrénées, vers 1 abaissement des montagnes, un groupe, comprenant à l’ouest (Hautes et Basses-Pyrénées), des eaux peu importantes, telles que Tercis, Saubuse. Salies (en Béarn) ; à l’autre extrémité, la seule station notable de Balaruc. Dans la région du sud-est quelques stations éparses (Isère), parmi lesquelles nous remarquons Uriage et Laraotte; enfui la quatrième région hydrologique est la plus riche en eaux chlorurées, et nous offre Bourbonne, Salins , Soulz, Niederbronn , Bourbon-Lancy , Luxeuil, et quelques autres à peine exploitées, comme Chatenois, Forbach, etc.
Mais il faut traverser le Pdiin pour trouver la véritable région des eaux chlorurées sodiques : dans le duché de Nassau et à l’entour se rassemblent, dans un cercle étroit, les eaux minérales les plus remarquables
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de cette classe, telles que Wieshaden, Sodeii, Homboiirg, Nauheim, KreiUznach, etc.
Les eaux chlorurées sodiques ne présentent pas une caractéristique thérapeutique aussi formelle que les eaux sulfureuses. Parmi celles-ci, il suffit que, dans une eau à peine minéralisée, il existe une proportion quelconque de sulfure, pour qu’aussitôt les propriétés essentielles des eaux de cette classe se manifestent d’une manière évidente. Il n’en est plus de même ici. Les applications thérapeutiques, comme les effets physiologiques, attribuées aux eaux chlorurées sodiques, supposent que le chlorure de sodium y existe en une certaine proportion, et ce que nous avons à dire à ce sujet ne saurait effectivement se rapporter qu’aux eaux chlorurées sodiques fortes.
Les eaux chlorurées sodiques représentent une médication reconstituante; c’est-à-dire qu’elles agissent à la manière d’agents toniques et stimulants à la fois, sur les surfaces digestive et cutanée, et semblent poursuivre une action analogue jusque sur les phénomènes les plus intimes de l’assimilation. C’est en vertu sans doute de cette action qu’elles possèdent des propriétés résolutives assez caractérisées. Elles réveillent à un haut degré l’action de la peau. Elles développent l’appétit et rendent nécessaire une alimentation substantielle. Elles développent les sécrétions intestinale et urinaire. Elles activent la circulation abdominale et provoquent les manifestations hémorrhoïdales et menstruelles, quelquefois, celles-ci surtout, avec exagération. Les eaux chlorurées sodiques représentent encore une médication altérante ; c’est-à-dire qu’elles modifient dans un sens très particulier certaines altérations toutes spéciales de l’organisme.
C’est surtout à la classe des chlorurées sodiques qu’appartiennent les eaux minérales purgatives [voy. Purgatives (Eaux)]. Cependant cette action purgative est généralement assez bornée. Pour l’obtenir, il faut employer les eaux froides ou les eaux chaudes refroidies, et les donner à dose un peu élevée. Mais cette action purgative est rarement cherchée. On s’attache plutôt à l’éviter en administrant les eaux à dose fractionnée, et à leur température native. Comme lorsque ces eaux ne purgent pas, elles constipent souvent, on remédie à cet inconvénient, en y ajoutant quelque sel neutre, ou en donnant de temps à autre l’eau minérale sous une forme évacuante.
C’est près des eaux chlorurées sodiques surtout que l’on fait usage de bains à température élevée. Aussi observe-t-on assez fréquemment de ces éruptions variées que l’on nomme poussées, érythèmes ou exanthèmes pustuleux, lesquelles nous paraissent dues plus souvent à la température élevée du bain qu’à la nature de l’eau minérale. L’addition des