CHRONIQUES (MALADIES
thérapeutiques OU hygiéniques, susceptibles d’être annoncés d’avance et souvent prévus d’une manière à peu près certaine? Et tout cela n’estdl
pas d’accord avec cette meme idée, que l’intégrité et la régularité des phénomènes chimiques, physiques et vitaux, dont se compose l’organisme au point de vue le moins abstrait, c’est-à-dire le plus saisissable possible, ne sont autre chose qu’une affaire d’équilibre et de proportion?
Or il est facile de comprendre combien ces lois d’équilibre et d’harmonie doivent être fréquemment offensées dans les conditions où placent chacun de nous les transmissions héréditaires, les accidents de la vie, ie milieu artificiel où nous demeurons, les irrégularités sans nombre de notre existence, la distance enfin qui nous sépare de l’idéal que nous pouvons nous faire de l’être organisé, primitivement créé. Dans ce dédale de l’organisme, si la physionomie connue de la diathèse ou de la constitution nous révèle parfois quelque chose de la direction vicieuse suivant laquelle l’état physiologique s’est laissé entraîner, souvent aussi nous ignorons dans quel sens ont dévié sourdement ces phénomènes qui constituent, non pas la vie, mais l’être vivant.
Les maladies chroniques, considérées au point de vue où nous nous plaçons, ne sont donc autre chose, dans le plus grand nombre de cas au moins, que la manifestation ou le symptôme d’un état morbide général de l’économie. S’il faut bien, car on est toujours obligé de donner une forme même aux abstractions que l’esprit conçoit le mieux ; s’il faut bien, pour que la nomenclature, c’est-à-dire la nosologie, nous soit intelligible, les désigner du nom du phénomène dominant ou de l’organe directement affecté, il faut savoir que le nom donné par la nomenclature, que la place assignée par la nosologie, sont, dans le plus grand nombre des cas, un artifice nécessaire pour nous servir de point de repère, mais qui ne rend qu’une partie souvent secondaire de ce qu’il doit exprimer.
Mais si c’est en vertu d’un changement subi dans la proportion ou l’harmonie des éléments dont se compose notre organisation, que se développentla plupart des maladies chroniques, celles-ci, à mesure qu’elles se constituent, qu’elles s’emparent d’un appareil d’organes ou d'un ensemble de fonctions, viennent ajouter une cause nouvelle de trouble et d’altération à celle qui préexistait à l’état latent. On sait le retentissement qu’exerce sur le reste de l’économie la persistance d’une maladie de l’utérus, de la vessie, d’une affection dyspeptique. La part est souvent facile à saisir de ce qui revient à la cause morbide initiale et de ce qui appartient à la maladie déterminée qui en est résultée. La thérapeutique en fait son profit et y puise des sources d’indications distinctes.
Ainsi, lorsque l’on veut analyser le problème pathologique constitué par une maladie chronique, pour en comprendre la palhogénie ou pour
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en instituer la thérapeutique, on doit avoir l’œil ouvert à la fois sur les phénomènes morbides déterminés qui caractérisent la maladie, et auxquels celle-ci emprunte les signes piiysiques et les symptômes qui lui appartiennent, et à la fois sur rcnsemhie de l’économie dont il faut s’efforcer de pénétrer la manière d’être, si l’on ne veut pas être dominé par la maladie, et se traîner péniblement à sa suite, comme il arrive si souvent dans ces sortes de traitements.
Telles sont les idées générales qui nous paraissent devoir présider à i’éliidedes maladies chroniques, au double point de vue de la pathogénie et des indications thérapeutiques. On en trouvera le complément aux articles : îrs'üicmoNs. Médication theumale. Minérales (eaux).
CICATRINAÎV'TES (Propriétés). C-est lorsqu’un état diathésique ou autre entrave ou suspend le travail de cicatrisation d’une plaie quelconque, que la suractivité empruntée à la médication thermale est efficace [voy. Plaies. Ulcères], Les eaux sulfatées et les eaux chlorurées sodiques {Baréges, Bourhonné) se partagent cette spécialisation. C’est surtout dans les conditions d’atonie, le plus souvent reliées à un vice général, qu’on peut apprécier leur influence. A l’aide des bains minéraux associés à la boisson, à des fomentations, et, avec réserve dans quelques cas, à des douches locales, les phénomènes de fluxion sécrétoire et nutritive se reproduisent de nouveau ; la partie malade revient de jilus en plus à des conditions simples, le travail cicatriciel se régularise, et l’exsudation plastique de lymphe coagulable est bientôt suivie du développement vasculaire qui favorise la formation du tissu inodulaire. Quoique l’action topique ne puisse être mise en doute, il n’en résulte pas moins, de l’étude des faits, qu’elle a une part secondaire, et que les effets généraux du traitement doivent entrer davantage en ligne de compte. La constitution se raffermit ou reçoit une nouvelle impulsion de la combinaison d’une minéralisation et d’une ihermalilé puissantes. Les circonstances hygiéniques contribueront encore à atteindre ce but qu’il s’agit parfois de ne point dépasser. A plus forte raison, verra-t-on la cicatrisation devenir rapide et complète, si les plaies ou les ulcères dépendent d’une cachexie accidentelle, le Scorbut, par exemple [voy. ce mot]. Les observations recueillies par l’un de nous à l’hôpital de Balaruc {Annales de la Soc. dliydrolog., t. III), et confirmées depuis, à Bourboiine, par M. Cabrol, ont prouvé combien le retour des fonctions générales accélère les phénomènes de réparation. Il est resté acquis également dans vette même occasion, que l’hypothèse des propriétés fluidifiantes du sel marin disparaît devant la pratique, les eaux chlorurées sodiques thermales fermant les plaies des scorbutiques comme celles des scrofuleux. Il va sans dire que la cicatrisation d’ulcères sj)écifiques, comme