CIVITA-VECCHIA
sont ceux de !a syphilis, ne s’obtiendrait qii’antant que la maladie aurait été préalablement traitée d’une manière rationnelle.
cii^AON. Voy. Réunion (Ile de la).
CIOTAT (la) (France, Bouches-du-Rhône, arrond. de tVlarseille). A 29 kilomètres de cette ville.
Bains de mer.
C IKCUITS BSES S0EKCES. Voy. RÉGIME SOUTERUAIN.
CIUR8IOSE. On sait combien le diagnostic de la cirrhose est difficile à établir pendant les premières périodes de cette maladie. Nous ci oyons admissible que les eaux minérales puissent exercer une action salutaire sur les conditions morbides qui caractérisent le début de la cirrhose, et en particulier les eaux qui exercent une action spéciale sur l’appareil hépatique, Vichy ou Karlsbad, par exemple; mais nous ne connaissons point de faits relatifs à cette application thérapeutique. Quant à l’application de ces mêmes eaux à une période plus avancée de la cirrhose, et alors qu’il existe des phénomènes d’hydropisie, nous l’avons toujours vue exercer une action plutôt nuisible qu’utile, et nous ne pensons pas que la médication thermale offre alors aucune ressource qu’il convienne de tenter.
riTAMA. Voy. Ischia.
CIVILEIXA (Italie, prov. vénitiennes), près Venise.
Ferrugineuse sulfatée. Froide. Découverte vers 182A.
Eau : un litre.
Grains. Gram.
Sulfate de chaux .
— de magnésie .
— de fer .
Deutosulfate de fer .
(Mf.landri.)
On a recommandé cette eau minérale dans le traitement de la leucorrhée, de la diarrhée chronique et de la pellagre. Mais la proportion notable de sels de fer qu’elle contient doit en limiter l’usage.
D’après le professeur Ragazzini, l’eau minérale de Civillina ne provient pas d’une source, mais de l’eau de pluie et de neige et d’une fontaine voisine riche en sulfate et en arséniate de fer, fournis l’un et l’autre dans l’origine par la décomposition d’un sulfo-arséniure de fer; aussi la considère-t-il comme un agent inconstant dans ses effets.
CIAITA-AECCHIA (États romains). Ville à 61 kilomètres de Rome.
On cite aux environs les bains sulfureux et thermaux de Palazzi et une grotte où les malades vont s’exposer à des émanations également sulfureuses, sorte d’étuve naturelle qu’on prétendait habitée par un serpent
divin, el qui est dite pour cela Grotte du Serpent. Les memes localités sont désignées sous le nom de Centum. les anciens balnéologues.
CLASSIFICATM^l^\ Pour qu’une classification soit bonne, il faut
autant que possible que les divisions qu’elle admet et les termes qu’elle emploie, rapprochent des analogies naturelles, comportent une signification utile, expriment sous une forme brève des idées claires, faciles à retenir, enfin empruntent leur nomenclature à la langue scientifique, c’est-à-dire universelle.
Si l’on envisage les eaux minérales relativement à leur température, à leur degré de minéralisation, à leur origine géologique, leur distribution géographique ou leurs attributions thérapeutiques , on reconnaît aisément que chacun de ces points de vue peut devenir le sujet de divisions intéressantes, mais ne saurait fournir les éléments d’une véritable classification, ou les principes d’une nomenclature acceptable. Nous ne saurions trouver ces éléments et ces principes qu’en nous adressant à la constitution chimique des eaux minérales.
Si nous exceptons quelques tentatives informes de classification basées sur les propriétés thérapeutiques attribuées aux eaux minérales, c’est en effet de la composition chimique de ces dernières qu’ont dérivé toutes les classifications essayées ou admises jusc[u’à ce jour. Seulement leur point de départ et la nomenclature qu’elles ont suivie n’olïrent rien que de vague et d’irrégulier, et la plus récente et la plus rationnelle en même temps, celle adoptée par V Annuaire des eaux minérales de la France, n’échappe pas à une partie des reproches que méritent celles qui l’ont précédée. Nous allons, en empruntant à cette dernière classification les
principes sur lesquels elle est constituée, essayer de la compléter dans le sens le plus en rapport avec ia signification pratique et raisonnée des eaux minérales.
La constitution chimique des eaux minérales étant très complexe, puisque quelques-unes d’entre elles renferment de quinze à vingt principes différents, il est évident que la classification ne peut tenir compte que des principaux d’entre ces derniers, c’est-à-dire des principes pTdominants.
Les corps chimiques qui existent dans les eaux s’y trouvent, par suite de leurs combinaisons réciproques, à l’état de sels, sauf quelques rares exceptions, l’acide carbonique, la silice, etc. Le caractère hypothétique qui plane sur les formules par lesquelles on représente ces combinaisons nesaurait porter sur celles dont la prédominance peut servir à caractériser les eaux. Il est donc généralement facile de déterminer avec précision la combinaison saline qui prédomine dans une eau minérale. C’est cette détermination qui servira de hase à la classification,
Le nombre des corps chimiques dont la prédominance peut être prise en considération est fort limité. Les acides et les bases dont la présence a été constatée dans les eaux minérales peuvent être rangés ainsi :
Acides dont l’existence est douteuse, ou tout exceptionnelle, ou en apparence insignifiante [voy. Acides].
Azotique.
Borique.
Hyposulfureux.
Sulfureux.
Fluorhydrique.
Apocrénique.
Crénique.
Géique ou humique.
Acétique.
Butyrique.
Formique.
Propionique.
Acides importants pour leur fréquence, leur proportion ou leur valeur thérapeutique :
Carbonique.
Arsénieux ou arsénique.
Phosphorique.
Silicique ou silice.
Sulfurique.
Bromhydrique.
Chlorhydrique.
lodhydrique.
Sulfhydrique,
Sur ces derniers, nous n’en trouvons que quatre dont la prédominance formelle puisse être mise à profit pour la classification. Ce sont les acides :
Carbonique. 1 Chlorhydrique.
Sulfurique. j Sulfhydrique.
Parmi les hases nous pouvons mettre de côté, comme très rares, ou sans signification appréciable, les suivantes :
Strontiane.
Baryte.
Lithine.
Étain.
Alumine.
Cobalt.
Cuivre.
Il ne nous reste comme bases notables par leur fréquence ou leur signification que les suivantes :
Soude.
Potasse.
Chaux.
Magnésie.
Manganèse.
Fer.
Mais parmi celles-ci, la potasse peut être éliminée, attendu la très faible proportion dans laquelle elle existe, par suite de lois peu connues de la constitution des eaux minérales, car les couches d’où celles-ci proviennent sont souvent très riches en potasse. Cependant il pourrait se faire que cet alcali tînt dans ces eaux une place un peu plus grande qu’il ne semblerait résulter de l’ensemble des analyses connues.
Nous nous trouvons donc en présence d’un nombre de corps très
CLASSIiqCATION DES EAIX MINÉRALES.
leslieinl, pour établir la classibcatioii, si celle-ci ne doit tenir compte que des prédominances :
Acides.
Carbonique.
Sulfurique.
Chlorhydrique.
Sulfhydrique.
Bases.
Soude alcaline.
Chaux Magnésie Fer
Manganèse
I terreuses.
> métalliques.
En présence de ces acides et de ces bases, lesquels forment par leurs rapiM’ochements mutuels un nombre assez considérable de combinaisons dilferentes, quelle part ferons-nous aux uns et aux autres dans la cîassibcaiion? Si l’on considère, dit VAnnuaù^e des eaux de la France, que les bases que nous venons de citer, et qui accompagnent habituellement les acides dans les eaux minérales, n’y sont que par suite de l’action de ces acides eux- mêmes sur des minéraux décomposables, on est conduit, lorsqu on se place au point de vue purement chimique, à établir les grandes divisions dans les eaux minérales, d’après la nature de l’élément acide dominant. Nous ajouterons que l’imporiauce justement accordée par ï Annuaire aux acides, au point de vue purement chimique, se remarque également au point de vue de la signification thérapeutique.
En effet, la qualité de sulfbydratée ou sulfurée, de bicarbonatée, de chlorurée, de sulfatée, imprime généralement aux eaux minérales un caractère thérapeutique beaucoup plus formel que leur qualité basique, alcaline ou terreuse, soclique ou calcique : ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas de considérations générales à rattacher à la qualité de sodique ou de calcique; mais que celles-ci sont infiniment moins importantes et moins tranchées que si elles dépendaient de l’acide prédominant.
Nous établirons donc les classes des eaux minérales d’après la prédominance des acides, ce qui nous donnera les quatre classes suivantes :
Carbonatées ou bicarbonatées.
Sulfatées.
Chlorurées.
Sulfurées.
Les bases, de leur côté, nous serviront à établir les divisions de ces classes, et nous pourrons avoir, dans chaque classe, des eaux :
Sodiques.
Calciques.
Magnésiques.
Seulement, comme chacun de ces acides ne se combine pas aussi volontiers avec chacune de ces hases, les différentes classes ne présentent pas toutes des divisions identK|ues. Ainsi les eaux chlorurées ne contiennent qu’une division : chlorurées sodiques; les sulfatées présentent seules des divisions et sodiques, et calciques, et magnésiques. Les carbonatées et les sulfurées sont ou sodiques ou calciques. Il arrive quel-
CLASSIFICATION DES EAÜK MINERALES. 457
quefois que la prédominance des l)ases ne soit pas nettement accusée, et que l’analyse présente une proportion à peu près égale de bases sodiquesou terreuses. Nous faisons de ces eaux une division d’eaux mixtes: carbonatées mixtes, sulfatées mixtes.
Nous n’avons pas encore parlé du rôle que nous assignons au fer dans la classification ; nous devons auparavant présenter quelques considérations sur l’esprit qui préside à la classification elle-même, telle que nous la comprenons.
Que faut-il entendre par prédominance d’un principe chimique dans les eaux, au point de vue de la classification? Faut-il entendre la prédominance du chiffre fourni par l’analyse dans un sens absolu ‘i Non certainement. Dans la classe la mieux déterminée, celle des eaux sulfurées, la prédominance en chiffre n’appartient pas le plus souvent au sulfure lui-même, mais à un chlorure, à un carbonate, ou à un sulfate; et dans les cas où cette prédominance numérique existe en réalité, elle est à peine prononcée. Mais comme on ne pouvait, pour quelques milligrammes de supériorité, rattacher à la classe des chlorurées, ou des sulfatées, ou des carbonatées, des eaux telles que Luchon, Baréges , Bonnes, Amélie, etc., il a bien fallu attribuer la prédominance plutôt au caractère du principe minéralisateur qu’à sa quantité. Il peut ainsi arriver que cette dernière considération se trouve subordonnée à la première. Voici donc un élément particulier, la valeur thérapeutique, introduit dans la classification. Il y a un inconvénient à cela, c’est qu’il y apporte quelque chose d’arbitraire. Mais il y a ce grand avantage aussi, c’est qu’il vient substituer une classification significative, intelligente, à une classification brute. Et nous allons voir par la suite que cette appréciation de la valeur relative des éléments prédominants dans une eau minérale fournit le seul moyen de résoudre certaines difficultés inhérentes au principe même de la classification. Nous allons appliquer ces remarques à la considération du fer.
Le fer ne se montre jamais qu’en faible proportion dans les eaux minérales, ce qui dépend sans doute des conditions qui président à son existence même dans ces eaux. Il s’y trouve toujours à côté de carbonates ou de sulfates, prédominants pour le chiffre, mais presque toujours très secondaires sous le rapport de la qualité thérapeutique.
V Annuaire, envisageant le principe de la prédominance au point de vue du chiffre, bien qu’il eût été obligé d’y transgresser à propos des eaux sulfureuses, n’a pas admis les eaux ferrugineuses à titre de classe, mais les a partagées entre deux classes, les carbonatées et les sulfatées, à titre de simple division.
Ce procédé a le double inconvénient de subordonner à la qualité de
carbonate ou de sulfate des eaux minérales dont la qualité ferrugineuse est toute la signification, et surtout de séparer, dans deux classes très éloignées, des eaux appartenant évidemment à une même famille ; cai, qu elles soient sulfatées ou carbonatées, les eaux ferrugineuses ont des applications identicjues : aussi doit-on retourner par exception, à propos des eaux ferrugineuses, ce que nous avons dit des rapports généraux des bases avec les acides, au point de vue thérapeuti({ue. Et si, parmi les eaux sulfurées, par exemple, la qualité sulfurée domine entièlemeni la qualité sodique ou calcique; parmi les ferrugineuses, au contraire, la qualité ferrugineuse domine entièrement la qualité carbonatée ou sulfatée.
Nous admettrons donc une cinquième classe, eaux ferrugineuses ^ pour laquelle, à 1 inverse des autres, nous caractérisons la classe par la considération de la base, et les divisions par la considération des acides.
Ferrugineuses carbonatées.
Ferrugineuses sulfatées.
On a fait à la classification chimique des eaux minérales, basée sur la piédominance d un principe, plusieurs objections sur lesquelles nous devons nous arrêter.
Lorsque l’on prend pour caractéristique d’une eau minérale un seul des piincipes qui la constituent, on n’en donne qu’une idée incomplète, et surtout on rapproche, sous une dénomination identique , des eaux minéiales souvent fort différentes sous le rapport de la proportion absolue ou relative des agents minéralisateurs, ou sous le rapport de la présence ou de l’absencede tel principe important en thérapeutique, bien que très secondaire au point de vue de leur propre constitution.
Cela est vrai; mais à moins de créer des dénominations inacceptables, il faut absolument renoncer à comprendre dans la nomenclature même une faible portion de la constitution si complexe des eaux minérales.
Cependant il ne faut pas s exagérer la valeur de celle remarque.
Les eaux minérales d’une classe donnée, et dans celte classe, d’une des divisions admises, offrent en général un ensemble de conditions chimiques assez analogues pour pouvoir être prévues, dans de certaines limites au moins. Ensuite la caractéristique due à la prédominance du pi mcqae qui fixe la classe ou la division a généralement une significalion ibérapeutique déterminée par elle-même. Celte obsei vation ne veut pas dire qu’elle concentre en elle-même celte signification, bien que ceci puisse être vrai de beaucoup d’applications des eaux sulfurées, par exem[)le. Mais nous voulons simplement exprimer que celte caractéristique entraîne avec elle un ensemble de conditions auxquelles se rattache une
série d’applications thérapeutiques C’est même là un point de vue sur lequel on a négligé d’insister à propos de la classification chimique des eaux minérales. N^ous prétendons que celte classification , malgré ses imperfections, est une classification naturelle^ parce qu’elle présente un caractère thérapeutique très déterminé. Nous devons nous contenter en ce moment de cette remarque. Ce point de vue sera développé à l’article Spécialisation^ qui servira de complément à l’étude de la classification.
Ensuite on peut, en dehors du principe même de la classification , établir dans chaque classe les divisions qui seront nécessaires à des points de vue différents, pour en faire comprendre les applications thérapeutiques. C’est ainsi que nous avons admis des eaux FORTES ou des eaux FAiBLi'S [voy. ces mots], dans les classes des bicarbonatées et des CHLORURÉES [voy. ces mots], divisions très naturelles elles-mêmes, très en rapport avec l’application thérapeutique, divisions qui n’appartiennent pas à la classification, mais qui viennent la compléter.
L’objection la plus sérieuse qui puisse être faite à la classification est celle-ci : que les principes prédominants sur la considération desquels elle est basée peuvent se montrer en nombre multiple, de manière à rendre très difficile, sinon impossible, une détermination qui doit porter sur une prédominance unique.
Nous avons déjà résolu cette difficulté au point de vue des bases, en créant des divisions à bases mixtes, alors qu’il n’existe de prédominance formelle en faveur des bases ni alcalines ni terreuses.
On se trouve beaucoup moins souvent en présence d’une pareille difficulté, à propos des acides : elle ne se présente même guère qu’au sujet des eaux chlorurées sodiques. Voici comment elle nous paraît devoir être résolue :
Parmi les sels qui caractérisent les eaux minérales, les uns sont fixes et les autres ne le sont pas. Les chlorures sont fixes, les bicarbonates ne le sont pas, les sulfures le sont moins encore. Lorsque nous nous trouvons en présence de deux acides, ou plutôt de deux sels dont la prédominance en chiffre ou en valeur thérapeutique nous laisse indécis, nous rattachons l’eau minérale à la classe appartenant au sel le plus fixe. I! faut faire attention, du reste, que ce caractère de fixité se trouve presque toujours joint à une prédominance numérique effective. C’est ainsi que les eaux d’Uriage et d’Aix-la-Chapelle ont été jusqu’ici rangées parmi les sulfurées. L’un de nous, le premier, les a rattachées aux chlorurées sodiques, considérant que leur prédominance considérable en chlorure de sodium leur assigne des propriétés chlorurées sodiques prédominantes, et cela d’autant plus que le caractère altérable qui appartient à leur qua-
nte sulfurée fait de celte dernière une sorte de qualité transitoire qui ne saurait primer la précédente.
De même certaines eaux présentent une double prédominance en chlorure de sodium et en bicarbonate de soude, si bien que les uns les rangent parmi les chlorurées sodiques, les autres parmi les carbonatéesainsi Saint-Nectaire, la Bourboule. D’après le même principe, et consi^ derant que leur qualité bicarbonatée est spontanément aliéraiile, tandis que leurqualitéchlorurée est fixe, nous les rangeons parmi les chlorurées ; et le principe sur lequel nous nous appuyons est sans doute exact, car il arrive pour ces eaux, comme pour celles d’Uriage et d’Aix-la-Chapelle, que leurs applications thérapeutiques dominantes sont précisément celles delà classe des chlorurées. Ainsi nous admettons dans la classe des chlorurées, laquelle n’offrait qu’une seule division basique, chlorurée sodique trois divisions, d’après la prédominance d’acides multiples :
Chlorurées sodiques simples.
Chlorurées sodiques sulfureuses.
Chlorurées sodiques bicarbonatées.
On a propose d’introduire dans la classitication la considération de quelques principes chimiques , tels que l’iode, le brome ou l’arsenic, dont I importance thérapeutique a paru de nature à dominer certaines eaux minérales, et à leur imprimer un caractère tout particulier. Nous ne sommes pas de cet avis. L’wde joue un si faible rôle dans les eaux minérales, qu’il ne nous paraît pas mériter une place à part; et si, dans quelques circonstances rares, on le voit s’élever à une proportion un peu notable, c’est à peine si l’on est seulement fixé sur les véritables conditions de son existence [voy. Iode]. Le drame appartient à la plupart des eaux chlorurées sodiques, et ne saurait servir utilement à en distinguer quelques-unes. Quanta l'arsemc, sur lequel l’attention s’est surtout portée depuis plusieurs années, nous ne voyons pas quelle place il pourrait prendre a part dans la classification. L’arsenic est sans doute un des corps les plus répandus dans les eaux minérales. Il a été rencontré dans la plupart des eaux bicarbonatées sodiques et des eaux ferrugineuses ou on a cherché, dans un certain nombre au.ssi d’eaux chlorurées et d eaux sulfatées. Les différences de proportiotis qui se trouvent signalées dans lesanalyses quantitatives se tietiiieiU dans des limites fort peu étendues ; et il faut le dire, c’est surtout alors qu’il s’est rencontré dans des eaux fatblement minéralisées, que l’arsenic a paru mériter de prendre une place dans la nomenclature. Or, comme il s’y trouve toujours en très infime proportion, ce ne pourrait être qu’à titre de prédominance thérapeutique ou physiologique. Mais il faudrait au moins que le rôle thérapeuttque ou physiologique de l’arsetiic, dans les eaux minérales, fût
CLASSIFICATION 1)K8 EAUX MINÉRALES. 461
quelque peu défini ; or, c’est ce qui n’a pas été fait, pas plus pour les eaux faiblement minéralisées, comme le Mont-Dore ou Plombières, où sa Iiarticipation à l’action thérapeutique a surtout été invoquée, que pour les eaux très minéralisées d’ailleurs, de Vichy et de la Bourboule, dont la qualité arsenicale, chimiquement plus élevée en apparence, est beaucoup plus négligée dans l’appréciation thérapeutique [voy. Arsenic].
Ce n’est pas là du reste une question qu’il faille considérer comme jugée actuellement. Dans notre opinion, il n’y a pas lieu aujourd’hui d’introduire dans la classification les éléments dont nous venons de parler. Mais si quelque jour, la part qu’ils prennent à la constitution de certaines eaux minérales venait à acquérir une importance mieux déterminée, et si leur part dans l’action thérapeutique venait à se définir, il pourrait y avoir lieu de créer à leur sujet des classes ou des divisions nouvelles, sans porter aucune atteinte aux principes de la classification.
En attendant, le tableau suivant nous paraît tenir compte d’une manière assez complète des formes les plus importantes que revêt la minéralisation des eaux minérales.
. Phemière classe. — EAUX SULFURÉES.
I division. — Eaux sulfurées sadiques.
2e division. — — sulfurées calciques,
il n’y a jioitit d’autres divisions à établir dans cette classe, la différence des bases étant le seul point qui se prête à une systématisation rigoureuse.
Deuxième classe. — EAUX CHLORURÉES.
1"^ division. — Eaux chlorurées sadiques.
2e division. — — chlorurées sadiques hicarhonalées.
3^ division. — — chlorurées sadiques sulfureuses.
La soude prédominant toujours comme base, dans cette classe, on n’y trouve aucune division à établir, au point de vue des principes de la classification. (Cependant il y a trop d’intérêt à tenir compte de la prédominance multiple des chlorures et des bicarbonates, d’une part, du rapprochement des chlorures avec un principe sulfureux, d’une autre part, pour ne pas introduire des divisions très naturelles, puisqu’elles sont commandées par l’action thérapeutique.
Troisième classe. EAUX BICARBONATÉES.
U*-’ division . — Eaux bicarbonatées sadiques.
2*^ division.— — bicarbonatées calciques.
3* division. — — - bicarbonatées mixtes.
Cette classe doit porterie nom de bicurOonatées, la théorie admettant, conformément aux faits observés, que les carbonates se trouvent toujours,
sauf exception peut-ê(re, accompagnés d’un excès d’acide carbonique. Les bicarbonatées sodicjues ont été intitulées dans Y Annuaire ^ eaux act claies alcalines; les calciques et les mixtes, eaux acidulés simples. Nous avons dit ailleurs [Acidulés et Alcalines (eaux) ] pourquoi cette nomenclature devait être abandonnée. Il suffit, à l’appui de cette opinion, de comparer le vague de ces dernières expressions avec la clarté et la signification de celles que nous proposons.
On peut, dans chacune des divisions de cette classe, ajouter une sousdivision consacrée aux eaux bicarbonatées qui renferment une proportion de fer suffisante pour qu’il en soit tenu compte, sans l’être assez pour attirer ces eaux dans la classe des ferrugineuses.
Quatrième classe. — EAUX SULFATÉES.
1^® division. — Eaux sulfatées sodiques.
2® division. — — sulfatées calciques.
3® division. — — sulfatées ma gnésiques.
4® division. — — sulfatées mixtes.
C est la seule classe dans laquelle nous trouvions à établir une division d’eaux magnésiques. Quelques-unes des eaux de cette classe dégagent un peu d’hydrogène sulfuré par suite de la décomposition d’une portion de leurs sulfates. Mais parmi toutes celles que nous connaissons, il n’en est point chez lesquelles cette circonstance se trouve assez prononcée pour mériter une place dans la classification.
Cinquième classe. — EAUX FERRUGINEUSES.
1'® division. — Eaux ferrugineuses bicarbonatées.
2® division. — — ferrugineuses sulfatées.
3® division. — — ferrugineusesmanganésiennes.
Quelques sources ferrugineuses offrent une proportion assez notable de manganèse, pour qu’il convienne d’en faire une division spéciale.
La classification que nous venons d’exposer semble posséder les qualités que nous avons attribuées à une classification méthodique, et tout en admettant qu’elle soit susceptible de quelques perfectionnements, nous avons la conviction qu’il est impossible de la formuler sur d’autres bases. Cette classification est éminemment naturelle : car, d’une part, elle est en rapport avec les conditions d’origine et de formation des eaux minéiales, et d une auti’e part, elle est en remarquable conformité avec les propriétés thérapeutiques de celles-ci*
L’étude de la spécialisation thérapeutique des eaux minérales, ou simplement de leurs applications les plus habituelles, ramène à chaque instant les groupes d’eaux minérales que leur analogie de constitution ou leurs caractères les plus saillants rapprochent dans la classification.
C’osl d’après ce point de vue que nous avons présente les différentes classes des eaux minérales, et leurs divisions, dans un ordre déterminé, et qui se trouve exprimer d’une manière très précise le degré qu’elles occupent dans l’échelle des spécialisations, procédant des eaux sulfurées, auxquelles appartient la spécialisation la plus formelle, puis des eaux chlorurées, aux eaux bicarbonatées et aux sulfatées, ces dernières ne pouvant plus revendiquer d’action thérapeutique spéciale en raison même de leur constitution propre. Quant aux eaux ferrugineuses, leur importance secondaire en thérapeutique thermale, et le mode particulier suivant lequel leur classe se trouve constituée, leur assignent une place à part et à la fin de la classification.
Tableau de la classification des eaux minérales.
Première classe. — EAUX SULFURÉES.
1'® division. — Sulfurées calciques.
2® division. — — sodiques.
Deuxième classe. — EAUX CHLORURÉES.
1 '■® division. — Chlorurées sodiques.
2® division. — - — — bicarbonatées.
3® division. — — — sulfureuses.
Troisième classe. — EAUX BICARBONATÉES.
C* division. — Bicarbonatées sodiques.
2® division. — — calciques.
3® division. — — mixtes.
Quatrième classe. — EAUX SULFATÉES.
1'® division. — • Sulfatées sodiques.
2® division. — — calciques.
3® division. — — magnésiques.
4* division. — — mixtes.
Cinquième classe. — EAUX FERRUGINEUSES.
division. — Ferrugineuses bicarbonatées.
2* division. — — sulfatées.
3® division. — — man g ané siennes.
MM. Pétrequin et Socquet ont fait connaître dernièrement une classification sur laquelle nous devons nous arrêter un inslanti Ils admettent cinq classes d'eaux minérales naturelles :
Sources alcalines , salines , sulfureuses., ferrugineuses, iodurées-' brornurées.
On trouvera dans l’article qui précède la critique toute faite par avance de cette classification, qui n’est, à part la dernière des divisions qu’elle admet, que la reproduction des plus anciennes. Nous avons dit, à Par-
i6i CLAVÉE (LA).
licle Alcalines (eaux), pourquoi une pareille désignation nous paraît inaccej)table, dans une classification des eaux minérales. Quant à la classe des eaux sciltnas, il suffit de faire lemaiTjuei’ qu elle conipi'cnd en môme temps les eaux chlorurées et les eaux sulfatées, pour en faire apprécier la valeur [voy. Salines (eaux)]. Nous ne comprenons pas quelle l aison a pu engager à réunir, sous une désignation qui n’olïre par elle-même aucune signification, des eaux minérales telles que celles de Bourbonne, Balaruc, Kissingen, Kreuznach, etc., d’une part, et d’une autre part les eaux de Bagnères-de-Bigorre, Ussat, Contrexéville, etc., c’est-à-dire des eaux minérales qui présentent, parmi les différentes classes, les conditions les plus opposées de constitution chimique, et surtout d’applications thei apeutiques. Adrnetlie des eaux sciltncs et des Qtxux cil co. Unes dans la nomenclature, c’est ramener l’hydrologie au temps de Raulin et d Alibei t, c est-à-diie c est faire table rase de tout ce que les progrès de 1 analyse chimique et de 1 analyse thérapeutique des eaux minérales ont si péniblement rassemblé depuis quarante ans.
Quant aux eaux bt oiiiv.rcGs et loduTéGs ^ les courts développements dans lesquels les honorables médecins de Lyon entrent à leur sujet ne nous ont point paru de nature à modifier les raisons pour lesquelles nous ne les avons point admises h titre de classe. Seulement, si l’on reconnaît une classe d’eaux iodurées, il nous semblerait logique d’admettre également une classe d’eaux cxrsenicales.
CLWÉE (la) (France, Vienne, arrond. de Loudun).
Sulfurée sodique, Tempér. , 12° cent.
Eau : un lilrc.
G fil ni.
Sulfure de sodium . q 0029
Chlorure de magnésium . . 0,01 .36
— de sodium . 0 0290
Sulfate de chaux . 0 0190
— de magnésie . oio053
— de soude . 0,0101
Carbonate de protoxyde de fer . 0,0660
~ de chaux . 0,’l390
— de magnésie . 0,0118
Glairine. i organique soluble . 0,0040
\ — insoluble . 0,0180
(Poiiucn, 1857.)
L’auleur de cette analyse pense que le soufre est uni dans l’eau de la Clavée avec le sodium, mais il n’ose rafiirmer. Si l’on rélléchitque la chaux l’emporte sur la soude, et que la proportion de l’acide carbonique est très notable, comparativement aux eaux minérales li anchement sulfurées
CLEKWO.M.
sudi(jne^, ou esL conduit à considérer celte eau minérale comme sulfu rée calcique, d’autant plus qu’elle jaillit de terrains de transition et dans le même rayon ou à peu près que la source Bournand, laquelle, d’après l^oirier, est à base de sulfure de calcium.
La découverte de cette source remonte à trois ou quatre ans. CLERMOXT (France, Puy-de-Dôme). Altitude, /i07'”,20. Ferrugineuse bicarbono.tée.
Sources nombreuses dont voici les principales avec leur température .*
Degrës.
1“ Source de Jaude . 22,25
2“ — de l’Hôpital . 21,50
3“ — du Champ des Pauvres . . 21,75
4" — de Sainte-Claire . 19,0
5" — de Saiut-Allyre . 19 à 24
6" — du Puits de ta Poix . 14 environ
Une analyse récente des sources de Jaude, de Saint- Aliyre et de Sainte-Claire, exécutée par l’un de nous, a donné les résultats suivants ;
Eau : un litre.
Jaude.
Saint -Aliyre.
Source
de la Cour.
Saiut-Allyre.
Source
du Jardin.
Sainte-Claire.
Air atmosphérique .
Gram.
indét.
Gram.
indéterm.
Gram.
indéterm.
Gram.
indéterm.
Acide carbonique libre .
Bicarbonate de chaux .
— de magnésie. . . ,
— de soude .
— dépotasse .
— de protoxyde de fer
Sulfate de potasse .
— de stroniiane .
Chlorure de sodium .
i lodure de potassium .
traces
traces
traces
traces
Arséniate de soude .
traces
traces
traces
traces
Phosphate de soude .
Silice .
Alumine .
Matière organique .
indiquée
indiquée
indiquée
indiquée
(Lefort, 1859.)
Le tableau que nous donnons ici montre suffisamment que toutes les sources qui jaillissent sur le territoire de la'^ville de Clermont-Ferrand ont entre'elles la plus grande analogie et qu’elles ont un centre commun.
üiGT. DES Eaux minér. — T. I, 50