CRAN SAC
oOS
Si l’eaii de la source dn Firn/SRe coiuienl les inêines principes minéralisateurs, ou à très peu de chose près, que celle des autres sources, il est évident qu’elle est moins minéi’alisée; c’est aussi ce fjui en fait une eau à part. Sous ce l'appori, elle })cut réussir là où les antres échoiieiit.
Depuis longtemps, on connaît à Cransac une source minérale désignée sous le nom de source G'«//zé’r,’située au mas de Moidij^ et qui partage toutes les propriétés médicales des eaux basse et liante Richard celte station. Sa proximité des précédentes faisait supposer qu’elle avait la même composition; c’est ce que M. O. Henry a véiifié dernièrement.
La source Galtier est bien captée et d’un débit abondant, et elle se trouve dans des conditions plus avantageuses que les autres sources de Cransac sous le rapport de sa conservation. On sait, en effet, que cette station se trouve sérieusement menacée depuis quelque temps par l’exploitation de la houille qui sert à alimenter les forges de Decazeville et d’Aubin, et il est à craindre que les eaux ne disparaissent à la suite des travaux souterrains qu’on pratique journellement.
Les sources minérales de Cransac subissent, à l’époque des grandes sécheresses, une concentration telle que la proportion des principes minéraux se trouve plus que quadruplée. Or, comme elles sont sensiblement arsenicales, il en résulte qu’elles acquièrent des propriétés très actives et qu’elles peuvent même amener une intoxication véritable; aussi est-il indispensable que le médecin désigne, selon le tempérament de chacun, selon la nature de l’cffection qui lui est soumise, la source dont les principes sont le plus appropriés pour la combattre et la quantité qui lui convient [voy. toxiques (Eaux)].
Les eaux de Cransac n’avaient été administrées qu’en boisson jusqu’à ces dernières années; on les prend maintenant en bains et en douches.
O . ^ CO e, sous la denonaination à' étuves sulfureuses naturelles^
des émanations sulfureuses placées dans le voisinage des feux souterrains, et produites par les exhalaisons qui résultent de la combustion des schistes pyriteux et des autres couches minérales : ce sont des excavations pratiquées dans le sein de la terre, où l’on a installé une boîte fumigatoire dans laquelle s’asseoit le malade, après quoi l’on ferme deux battants de trappe échancrés de manière à s’adapter autour du cou et à ne laisser que la tête hors de l’étuve. Une cellule en bois peint ou un petit bâtiment abrite chaque étuve. On y amène en chaise à porteur les malades qui le demandent ; les autres s’y rendent à j)ied, munis de manteaux ou de couvertures. La température de ces étuves est de 32" à ù8". On en modère, ou on en gradue la chaleur au moyen d’une petite soupaj)e, très utile surtout dans celles où le tlierniomètre s’élève au-dessus de 36". La température, dans chaque étuve, est à peu près constante et
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lie subit guère de variaiioii t|iic celle (|ue prouuii la iiiarclie très lente des feux souterrains, de sorte cjue ce n’est qu’après un assez long usage que la chaleur abandonne un certain nombre d’entre elles, par suite de 1 éloignement du foyer iulôiieur. Lorsque ce cas se présente, 1 on se \oit obligé de les changer de place ou d’eii pratiquer de nouvelles (Auzouy, Aperçu iuéd. et pittov. sur les eaux minérales et les etuves de Cransac, lb5/i}.
Les deux sources de (Aaiisac représentent, malgré une grande analogie de composition , deux médications assez différentes, 1 une et l autie caractérisées par l’existence de sulfates de fer, de manganèse, de chaux et magnésie, sans compter le sulfate d’alumine ; mais nous voyons dans rune, la source Basse , dominer les sulfates calcaires et magnésiques, et dans l’autre, la source Haxde^ dominer les sels de fer et de manganèse. L’une donc est surtout tonique et reconstituante , l autre est laxative. C’est la combinaison de ces deux actions c|ui constitue la médication propre des eaux de Cransac.
La prédominance du manganèse est certainement un des caiactèies les plus saillants de ces eaux; mais nous ne savons pas encoie cjuelle en est la portée thérapeutique, et si la présence du manganèse donne aux eaux de ce genre quelque prédominance sur les eaux feiiugineuses. Le sulfate de fer est généralement assez difficile à tolérer pai l estomac loisqu’il forme le principe le plus actif d’une eau minérale. M. Gendrin pense que le voisinage des sels de magnésie corrige cet inconvénient, surtout avec la jiossibilité de joindre à la source ferrugineuse l usage de la source laxative.
L’action purgative est fort recherchée à Cransac. Les eaux de la source Basse sont prises à dose élevée, de six a douze ou quinze veiies par jour pendant huit à quinze jours, suivant la gravité et 1 ancienneté de la maladie. L’auteur que nous venons de citer a présenté à ce sujet des observations dignes d’attention \ « Il ne me suffit pas , dit-il, de voit des cas de maladie guéris après 1 ingestion de ces eaux a doses puigati\cs continuées pendant un assez grand nombre de jours.... Sans parler des malades qui peuvent être gravement incommodés par une médication aussi active, il ne faut pas perdre de vue qu’un grand nombre, le plus grand nombre peut-être, des malades atteints d affections chioniques qui vont aux eaux ne peuvent retirer d’utilité du médicament que pai son action altérante exercée sur toutes les fonctions organicj[ues ; cette action altérante est toujours afl'aiblie par la continuité des évacuations alvines prolongées au delà du terme indiqué par la nécessité de faire cesser des états saburraux chroniques, si communs dans les cachexies.... » [Lettre de M, Gendrin à M. Ducoux, ml.) Ces remarques sont d’une grande valeur. L’action altérante, ou l’action propre, quelle quelle
CKANSAO.
soit, à une niédicalion (|Lie!coiique, est eüij)echée (^ar raclion purgative prolongée; aussi la plupart des eaux minérales j)urgalives sont-elles peu usitées dans ce sens. îi ne parait pas en etre de même à Cransac, « où cette soin ce i^bassG IxicIkxvcV) jouit d une faveur et d’une popularité justement inéiitées : elle est la boisson de la grande majorité des malades » (Auzouy). On sait que la qualité purgative est une chose fort recherchée des malades, effectivement; mais nous ne rencontrons pas, dans la plupait des écrits sur Cransac, l’empreinte d’une direction médicale méthodique et impérieuse. Or, quand nous voyons recommander l’usage de ia source Basse dans les obstructions, l’ictère, l’embarras gastrique, les dyspepsies, les gastralgies chroniques, la constipation, le spleen, l’hypochondrie, lesveis intestinaux, le ténia surtout, les engorgements du foie et de la rate, les rhumatismes, les névralgies, les migraines, les paralysies, etc., il n y a pas de doute que dans un grand nombre de ces cas la médication altérante ne fût mieux indiquée que la médication purgative.
îl doit y avoir quelque parti intéressant à tirer de celte médication complexe, et qui se présente à Cransac sous une forme assurément peu commune. Quelle est sa véritable portée dans les divers traitements qui viennent d’être énumérés? Voilà ce qui n’a point encore été étudié.
Deux points principaux nous paraissent devoir fixer l’attention dans la médication par les eaux de Cransac ; c’est le traitement de ia diarrhée et celui des fièvres intermittentes.
Le sulfate de fer a été employé avec succès dans les diarrhées aloniques, dans celles des enfants rachitiques (Gendrin) , dans des périodes avancées de la dysentérie. « Astringentes et toniques, dit M. Auzouy, les eaux de la source Haute guérissent les gonorrhées persistantes, les diar- 1 liées séreuses ou anémiques et les cachexies muqueuses en général.
L expérience a prouvé qu’elles sont un puissant prophylactique quand régnent les épidémies de dysentérie... » (Auzouy, loc, cit,\ Ce sont là de bien brèves indications pour un sujet aussi important. Un ancien médecin de Cransac, [\îurac, prétend également « que le nombre des buveurs (sans doute du voisinage) augmente à Cransac lorsqu’il se déclare des fièvres bilieuses, putrides, des dysentéries épidémiques. C’est dans le cas de ces maladies imminentes que l’on peut assurer que les eaux de Cransac réussissent comme prophylactiques » (Ducoux, JSotice sur les eaux minérales de Cransac, 1847). C’est probablement de la source purgative que l’on faisait alors usage, L’action des eaux de Cransac dans la diarrhée est assurément un sujet très digne d’étude.
Les eaux de Cransac passent encore, comme celles de Campagne et quelques autres, pour être efficaces dans le traitement de la (ièvre intermittente elle- même. Nous extrayons du mémoire de M. Ducoux le pas-
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sage suivant, emprunté à M. Bras, médecin en chef de i’hôpital de Villetraiiche : « Les eaux de Cransac sont d’une efficacité certaine contre ies fièvres intermittentes rebelles, mal traitées dès le début, ou qui ont résisté au quinquina, ainsi que contre les engorgements chroniques des \iscères abdominaux, suite de ces fièvres. Nous avons été à même de nous convaincre de cette vérité, soit dans notre pratique civile, soit dans notie seivice à l hospice de Villelranche, sur un grand nombre de mi!i“ laires venus d’Afrique, porteurs pour la plupart d’énormes engorgements de la rate et du foie. C’est surtout en raison de cette action antipériodique et résolutive que les eaux de Cransac sont intéressantes... » [voy. Intermittente (fièvre)].
Nous avons décrit ies étmes naturelles Cransac : on paraît les avoir employées avec succès dans le rhumatisme, les affections cutanées rebelles, ies tumeurs blanches, surtout celles de nature scrofuleuse (Ducoiix). Leur usage modifierait assez profondément la diathèse rhumatismale elle-même. La médication par les étuves est très active, et, mai dirigée ou mal indiquée, peut devenir dangereuse.
CMÈCîiES (France, Saône-et-Loire, arrond. de Mâcon). A ô kilomètres de cette ville.
Ferrugineuse bicarbonatée. Froide.
Les sources de Crèches sont au nombre de trois, et portent les noms de : iF 1, source au-dessous du pont; n'^ 2, source au-dessus du pont; n° 3, source du déversoir; elles ont été isolées depuis une dizaine d’années seulement, et leurs griffons sont situés dans un pré sur le bord d’un ruisseau.
M. Rivot a trouvé dans toutes une telle analogie de composition, que nous nous contentons d’indiquer seulement le résultat qu’il a obtenu avec la source iF 1 au-dessous du pont :
Eau : un litre,
Gram.
Acide carbonique . 0,270
— sulfurique . 0,071
— chlorhydrique . 0,022
Protoxyde de fer . 0,023
Chaux . 0,130
Magnésie . 0,021
Soude . 0,040
Il est à regretter que, dans finlérêt de la thérapeutique, M. Rivot n’ait pas fait connaître le mode de combinaison probable des substances qu’il a signalées. D’après la proportion relative des acides et des bases, il semble hors de doute que ces sources appartiennent aux eaux ferrugineuses bicarbonatées. On ne voit pas figurer non plus dans l’analyse qui précède
CUÉ^ATES.
quelques-uns des éléuienls propres à loiilcs les eaux, telles que la silice et la inalière organique; sont-elles imprégnées d’arsenic et d’iode? voilà ce que W. Rivot ne dit pas. Il y aurait donc intérêt à soumettre ces sources à un nouvel examen.
CREDO (France, Gironde, près Villandrault, arrond. de Bazas).
Ferrugineuse bicarbonatée. Froide.
Eau : un lilre.
Acide carbonique . . . \ .
Air atmosphérique . )
Gram.
Carbonate de chaux . 0,137
— de fer . 0,012
Crenate de fer . 0,018
Sulfate de chaux . . . 0,014
Chlorure de sodium . . . 0,033
Acide silicique et matière organique . 0,016
(Fauré.)
La source de Credo est, avec celle de Cours, la plus réputée parmi les eaux minérales de la Giionde.
CRÉ^^ATÉES (Eaiïx). M. Foiitan, SC fondant suf l’exisicncc, cependant très l)yj)otliéti(]ue, du crénaie de fer dans beaucoup d’eaux minérales, a compris sous le nom d’eaux ci énalées certaines sources ferrugineuses, comme celles de Bagnères de Bigon-e, de Cambo, de Gantis, de Labarthe, de Siradan, de Burgalaïs dans les Pyrénées; de Borcette, d’Aix-la- Chapelle et d’Aix en Savoie.
Cet auteur se fonde sur ce (|uc les eaux très chargées d’acide crénique traitées par du nitrate d’argent produisent un précipité pourpre, consii* tué, entre autres sels, par du crénalc d’argent. Celle réaction nous semble loin d’être démonstrative, car on connaît assez de matières organiques qui se comportent de la même manière; aussi la dénomination d’eaux crénalées n’a-t-eile pas prévalu dans le langage hydrologique [voy. Crénates].
CRÉAATES. L’acide crénique, comme nous l’avons dit en parlant de l’acide apocrénique, est un jiroduit dérivant de l’humus, et découvcit pour la première fois par Berzelius dans les eaux de Porla, en Suède.
Depuis la publication du mémoire de ce chimiste , les auteurs se sont empressés, à tort ou à raison, d’admettre l’acide crénique, et mieux les crénates, dans les eaux minérales, et comme cet acide possède la propriété de s’unir avec une grande faciiiié à l’oxyde de fer, on a supposé qu’il existait dans les sources à l’étal de crénalc de fer.
Voici les propriétés (jue Berzelius a reconnues à l’acide créni(jue : il est soluble dans l’eau et dans l’alcool absolu en toutes proportions; sa solu-
CRÉNATES.
tiüii, évaporée dans le vide, laisse une masse jauiiàire, IraaspaiciUc, sans la moindre trace de cristallisation. Après sa dessiccation , il est jaune foncé et paraît cristallin au premier abord; mais, en l’observant alteiitivement, on voit que sa masse est constituée par des fissures parallèles. Il n’a point d’odeur; appliqué sec sur la langue, il a une saveur piquante légèrement acide, f)uis astringente. Son caracière acide est si peu pro-
j noncé qu’étant dissous dans l’eau sa saveur est seulement astringente. Il
1 réagit assez fortement sur la teinture de tournesol; exposé 5 fair, il s’al-
i tère dans sa constitution et donne lieu à de l’acide apocrénique par le fait î de la combustion d’une partie de l’hydrogène et de l’absorption de l’oxygène, d’après l’équation suivante,
2 (Cl2l]606j ^ 024 C24H6024 ^ 6H0
Acide crénique. Oxygène. Acide apocrénique. Eau.
Aucune des combinaisons qu’il forme avec les bases alcalines n’est cristallisable; toujours elles ressemblent à des matières brunes extractiformes solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool absolu, et qui se colorent encore davantage au contact de l’air : ce sont alors des apocrénates qui se sont produits.
Avec l’acétate neutre de plomb, il donne du crénate de plomb d’une couleur jaunâtre. Avec les sels de protoxyde de fer, on n’observe pas de réaction, parce que le crénate de ce métal est soluble dans l’eau. Au contraire, avec les sels de sesquioxyde de fer le précipité est instantané, et il forme avec les sels de cuivre un précipité vert clair. Nous verrons tout à l’heure cette réaction mise à profit pour la recherche de l’acide crénique.
Les chimistes ont souvent conclu à l’existence de l’acide crénique dans les eaux minérales par l’analyse des dépôts qu’elles produisent sur le sol. Cette pratique n’est pas rationnelle, car il peut se rencontrer dans ces précipités des matières capables de fournir de l’acide crénique par le fait d’une absorption de l’oxygène de l’air. C’est le cas de l’humus que traversent certaines sources dans les couches superficielles du sol.
^L Fontan fait jouer à l’acide crénique un rôle assez important dans la minéralisation des eaux. Ainsi, d’après cet auteur, la minime proportion d’acide sulfhydrique que dégagent à leurs grillons plusieurs eaux minérales bicarbonatées, comme celles de Vichy, de Schwalbach et de Spa, aurait pour origine l’acide crénique qui a détruit une petite quantité de sulfates.
On constate la présence de l’acide crénique dans les eaux de la manière suivante : on fait concentrer plusieurs litres d’eau minérale avec une dissolution de potasse caustique ; on filtre pour séparer les précipités de
Dicr. DES Eaux muser. — T. l.