S02) + SH = S03 + HO + S
M. Aubergier pense que i’oxygèiie de î’air convertit le soufre du monosulfure en hyposulfite , puis en sulfite; mais pendant que la seconde réaction s’opère, l’acide carbonique de l’atmosplière chasse les gaz sulfureux et sulfhydrique de leurs combinaisons primitives. Or ceux-ci, par leur décomposition mutuelle, donnent lieu, comme d’après la théorie de Mo Bertrand, à du soufre, à de l’eau et à de l’acide sulfurique.
M. Poggiale a fait connaître dans ces derniers temps, au sujet de l’ailération de l’eau minérale d’Amélie-les-Bains, une théorie qui peut s’appliquer aussi à la dégénérescence de toutes les eaux sulfurées sodiques. Pour ce chimiste, l’air imprégné d’acide carbonique sature la soude du silicate, et i’acide siiicktue mis en liberté décompose le sulfure de sodium el transforme le soufre en acide sulfhydrique. îl est vrai que l’on ne comprend plus par ce moyen la fixité de i’acide sulfhydrique, tandis que dans les autres sources il est décomposé en eau et en soufre.
La dégénérescence des eaux minérales sulfurées commence dès que les sources ont le contact de l’air, et si elle ne s’annonce pas par le blanchiment ou la teinte jaune des eaux, elle ne doit pas être isolée de celle qui donne lieu à un dépôt de soufre et à la production d’un poiysolfure. En effet, comme le monosulfure de sodium pur est inodore, il est à croire que beaucoup d’eaux sulfurées qui répandent une odeur iégère d’acide sulfhydrique ont déjà une minime portion de leur sulfure altéré ou dégénéré par l’air souterrain. Pour admettre le contraire, il faudrait supposer que la dégénérescence ne s’établit que lorsque les eaux minérales ne subissent plus la pression de i’intérieur du sol. Le meilleur exemple d’un commencement de dégénérescence daî)s les couches profondes du sol nous est fourni par la source de Cadéac, qui jaillit avec une teinte jaune verdâtre prononcée.
Le mélange des eaux douces froides avec les eaux sulfurées a encore pour résultat d’augmeiiier la dégénérescence de ces dei oières. Dans ce cas, l’élément sulfuré absorbe l’oxygène dissous et l’acide carbonique : on suppose meme que les sels de chaux et de magnésie des eaux douces concourent dans une certaine limite a la uécomposition du sulfure
alcalin.
Puisque pour noos dégénérescence est synonyme à' altération, nous sommes forcés d’admettre que les eaux sulfurées calciques éprouvent le même phénomène; mais alors la théorie de M. Filhol ne peut leur être appliquée, car elles contiennent toujours une proportion d’acide silicique