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DENSITÉ

Les eaux sulfurées sodiques soin celles qui se rapjirociieiU le plus de l’eau distillée. La üioyeniie de leur pesauteiir spécifique est de 1,0002, tandis qu’avec les eaux sulfurées calciques elle est environ de 1,0012.

Les eaux franchenienl chlorurées sont celles qui accusent la pesanteur spécifique la jiius considérable, à l’exception toutefois de l’eau des mers, et celte densité est en rapport avec la somme des matières qui les minéraliseni. Voici quelques exemples pris au liasard :

Provenance.

Principes tlxes.

Densité.

Giain.

Gra m .

Eau de la mer Morte .

— Méditerranée .

Source de Salzbrunnen à Nauheim.

— de Kurbrunnen à Nauheim.

Eau de Wiesbaden .

— de Soden .

Fig, 10.

La manière de procéder à la détermination de la densité d’une eau minérale est des plus simples: elle exige seulement un appareil dit à densité et une balance sensible à un demi-milligramme.

L’appareil se compose d’un flacon A de verre très mince, d’une contenance de /jO ou 50 grammes, et que ferme un bouchon ou tube creux G usé à l’émeri. Celui-ci est marqué d’un trait circulaire D qui indique le point d’aflîeurement du liquide soumis à l’expérience.

Le flacon et son bouchon sont lavés avec soin, essuyés et séchés en les exposant dans un bain de sable chatdïé à 150° environ. Lorsque toute l’humidité intérieure et extérieure est chassée,

011 pose l’appareil complet sur le plateau de la balance et l’on en prend le poids d’une manière très exacte. Le llacon est ensuite rempli d’eau distillée marquant 15° ceniigr. , on y superpose le bouchon, et l’on enlève à l’aide d’un morceau

de papier Joseph toute l’eau comprise dans le renflement B et jusqu’au trait circulaire D. Après avoir enlevé toute l’eau qui recouvre l’appareil, on le pèse de nouveau. L’augmentation de poids indique le volume de l’eau distillée, et l’on se base sur ce qu’un centimètre cube représente presque exactement un gramme d’eau distillée amenée à la température de 15®.

On enlève l’eau distillée et on la remplace par de l’eau minérale. Gomme il est importantd’amener celle-ci à la température de 15°, on plonge l’appareil dans le même liquide (pii a servi à refroidir l’eau distillée. Cette troisième pesée sert à déterminer la pesanteur spécifique de l’eau

DiCT. DF.S F, AUX nUNÉR. — T, 1.

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minérale que l’on compare alors à celle de l’eau distillée. L’exemple suivant montre les calculs nécessaires pour ce genre d’opération.

Supposons un appareil à densité qui, lorsqu’il est vide et parfaitement sec, pèse à la température ordinaire ZiOs^^TOS.

Rempli d’eau distillée à 15°, son poids s’élève à. . . . 80,030

Il contient donc en eau distillée . 39,5705

Plein d’eau minérale, l’appareil pèse . 80,0885

Il y a donc en eau minérale . 39,6090

On dit alors :

Un litre, ou lÜüO cent, cubes de l’eau minérale, pèse donc 1,0009 cent, cube.

DÉPLACEîttEi^T ETÉRI1\. Voy. UTÉRUS (MALADIUS DE L’).

DÉPÔT. Déjà, en parlant des boues, nous avons fait connaître la composition, la nature et l’emploi des substances limoneuses, argileuses, ferrugineuses et confervoïdes, que beaucoup d’eaux minérales abandonnent spontanément, soit sur le sol où elles s’écoulent, soit dans les bassins où on les recueille. Nous allons compléter cet article par l’examen des dépôts qui ont un emploi moins direct, et qui se forment toutes les fois que les eaux minérales ont reçu l’action destructive de l’air et qu’elles ont subi une évaporation spontanée.

Les dépôts sont artificiels ou naturels; mais les premiers sont le plus souvent désignés par le nom de résidu salin [voy. ce mot].

Les dépôts naturels ou spontanés prennent des noms différents suivant le lieu où on les rencontre, la forme qu’ils affectent, et la composition qu’ils possèdent : tels sont les travertins, les concrétions, les in crustations , les stalactites , les stalagmites , les sédiments et les dépôts boueux ou limoneux.

Comme, à paît les derniers, ils sont presque tous à base de carbonate de chaux, et que le mode de formation est à peu près le même pour tous, nousindiqueronsd abord les circonstances cjui président à leur précipitation.

Et d’abord disons que les eaux minérales bicarbonatées sont de toutes celles qui donnent lieu aux dépôts les plus abondants, et que plus elles sont riches en bicarbonate de chaux,;plus ceux-ci sont prompts à se former.

Lorsque le gaz carbonique qui maintient certains de leurs sels en solution ne subit plus l’action compressive de l’intérieur du sol, une partie se dégage peu à peu dans l’atmosphère, tandis qu’une autre portion reste en solution. D’une autre part, levaporatioii partielle et spontanée que les eaux éprouvent en s’écoulant a pour but de laisser volatiliseï une nouvelle quantité de gaz carbonique, et en même temps de

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modifier sensiblement l’imion primitive des acides avec les bases ; des sels plus solubles et de nature différente restent en dissolution, tandis que d’autres combinaisons moins solubles se précipitent. Voilà pour l’action en quelque sorte mécanique ; mais celle-ci est toujours subordonnée à une action chimique^ Par son oxygène et par son acide carbonique, Pair atmosphérique détruit quelques-uns des sels, entre autres le bicarbonate de fer. Une fois cette action chimique provoquée, tous les autres sels s’en ressentent, et comme précédemment il se forme des sels solubles et des sels insolubles ou dépôts.

Les dépôts spontanés n’ont pas une constitution identique non-seulement à toutes les époques de l’année , mais encore sur les différents points du sol où ils se sont produits. C’est ce que l’on constate de la manière la plus évidente auprès des sources ferrugineuses bicarbonatées. A une petite distance des griffons, les dépôts peuvent ne contenir que des traces d’oxyde de fer ; un peu plus loin , cet oxyde devient tellement abondant, qu’il colore fortement le sol en rouge; enfin il arrive un moment où l’eau minérale, dépouillée en totalité de son sel de fer, donne un dépôt blanc ou seulement grisâtre.

Travertins et concrétions. Nous entendons sous ces noms les masses de dépôt qui se produisent, soit dans les canaux servant à conduire les eaux minérales au dehors ou dans leurs bassins ordinaires, soit sur le sol. Dans le voisinage de certaines sources , ils ont comme augmenté la croûte solide du globe ; nous citerons comme exemple le travertin sur lequel est bâtie la plus grande partie de la ville de Vichy.

Les travertins ou concrétions sont constitués principalement par du carbonate de chaux fibreux. Leur dureté est extrême lorsqu’ils sont de création ancienne ; leur teinte est d’un blanc jaunâtre ou rougeâtre, mais nullement identique dans toute leur épaisseur; on y distingue plusieurs couches qui dénotent qu’ils se sont formés à diverses époques de l’année. L’eau froide est sans action sur eux ; les acides, au contraire, les dissolvent en dégageant de l’acide carbonique, et en laissant à l’état insoluble de la silice, du sable, de l’argile, et des traces de matières organiques.

Les travertins et les concrétions se forment toujours en plus grande abondance l’été que l’hiver, et leur composition est souvent différente, suivant qu’ils se sont formés avant ou après le jaillissement de l’eau. M. Bouquet s’est chargé de nous fournir un exemple de ce que nous disons ici. Toutes les sources de Vichy, sauf les proportions des sels, peuvent être considérées comme minéralisées par les mêmes principes, et cependant leurs travertins ne sont jamais identiques partout.

Les dépôts de la nature de ceux que nous indiquons sont l’une des causes des changements de composition, de température et de débit que

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les sources éprouvent à ceriaines époques et avant Témergence de l’eau. C’est le principal obstacle que les ingénieurs ont à vaincre pour la bonne conservation des sources. C’est, en effet, par l’accumulaiion des travertins que les sources finissent pas s’obstruer et par changer de direction.

Nous rangerons encore parmi les concrétions les amas de soufre cristallin que les eaux minérales sulfureuses abandonnent dans les conduits servant à leur aménagement.

Incrustations, Ces dépôts ne sont, par le fait, que des travertins ou des concrétions; mais comme ils sont l’objet d’une préparation spéciale, nous avons dû les étudier à part.

Les eaux minérales qui les produisent en très grande abondance, cl qui ont reçu par cela même l’épithète (ï incrustantes, se trouvent dans le département du Puy-de-Dôme, à Saint-Allyre, à Saint-Nectaire et à Gimeaux. Elles se distinguent de toutes les autres eaux par la grande quantité de bicarbonate de chaux, et sans doute par la grande mobilité de leurs principes minéralisateurs.

La fabrication des incrustations constitue en Auvergne une branche d’industrie importante dont la nature fait tous les frais. Voici comment elle s’exécute :

Les eaux des sources sont reçues dans des rigoles découvertes remplies de copeaux de bois et de graviers de la grosseur d’une noix à celle d’un œuf. Ces rigoles ont une longueur proportionnée au débit de la source et à la proportion du sel que l’eau contient. A Saint-Allyre, par exemple, là où l’eau jaillit avec abondance, elles n’ont pas moins de 70 à 80 mètres de long; à Saint-Nectaire, au contraire, elles sont moins longues parce que l’eau est un peu plus incrustante, ensuite parce que le débit des sources servant à cet usage est moindre.

L’eau minérale, par le choc réitéré qu’elle subit sans cesse , dépose la plus grande partie de son fer et une petite quantité de carbonate de chaux très friable qui recouvre la partie supérieure des graviers. Elle tombe ensuite en couche mince et de cascade en cascade sur des escaliers qu’elle ne tarde pas à incruster, puis sur de grosses pierres, où elle jaillit dans tous les sens. Autour de ces pierres, sont placés les objets que l’on veut soumettre à l’incrustation. L’eau ainsi divisée se volatilise partiellement, tandis que l’acide carbonique libre et celui du bicarbonate de chaux se dégagent. Le carbonate neutre de chaux qui en résulte s’accumule couche par couche sur les modèles, y cristallise, et acquiert une dureté très grande. Les moules des portraits ou de sujets analogues dont on veut prendre l’empreinte sont en creux et enduits d’une légère couche d’un corps gras, afin qu’on puisse ensuite le retirer. Es sont le plus souvent de soufre ; mais, depuis quelques années, on se

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sert de moules de gulta-percha, qui donnent souvent des incruslations du plus admirable effet par la délicatesse des traits mis ainsi eu relief.

Toutes les saisons ne sont pas convenables pour ce genre d’industrie ; ainsi, pendant Thiver, les incruslations ont toujours une teinte brune plus ou moins rougeâtre, et sont moins dures qu’en été.

La composition chimique des incrustations de l’Auvergne se rapproche beaucoup des travertins de Vichy et sans doute de beaucoup d’autres. Une analyse d’un dépôt de ce genre préparé avec soin à Gimeaux (Puyde-Dôme), a donné pour ICO parties :

Gram.

Carbonate de chaui . 89,93

— de magnésie . 00,16

— de strontiane . 00,03

Sulfate de chaux . 00,08

Oxyde de fer . 00,02

Silice, alumine . traces

Chlorure de magnésium . traces

(Lefort, 1859.)

Les eaux d’Ems, qui se rapprochent beaucoup, quant à la composition, des eaux minérales de l’Auvergne, donnent aussi lieu à des dépôts ou incrustations qui ont la plus grande analogie avec les premières.

Stalactites et stalagmites. Ces deux variétés des dépôts ont la plus grande ressemblance avec les incrustations ; comme ces dernières, elles sont constituées surtout par un carbonate de chaux d’une très grande dureté et cristallisé.

Les stalactites ne diffèrent des stalagmites que par la manière dont elles se sont formées. Les premières sont le résultat de l’évaporation de l’eau qui coule goutte à goutte à travers les pentes des rochers et dans des grottes situées à la base des montagnes. Elles se forment d’autant plus rapidement, que les eaux sont plus imprégnées de bicarbonate de chaux; elles sont allongées, coniques, creuses ou pleines intérieurement , lisses ou hérissées de cristaux de carbonate de chaux übreux, et imitent des girandoles qui ont parfois une longueur de plusieurs décimètres.

Les stalagmites se produisent toujours par les mêmes causes, mais seulement sur le sol. En cela elles se confondent tout à fait avec les incrustations ; elles sont mamelonnées, à structure stratiforme et ondulée, d’une dureté telle qu’on peut les tailler et meme les polir. Il arrive souvent que les stalactites et les stalagmites finissent par se joindre et par former de véritables colonnes qui décorent les grottes.

Sédiments. Les sédiments sont les matières pulvérulentes que les sources apportent avec elles des entrailles de la terre. Dans ce cas, les

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eaux sont à peu près troubles comme à Neyrac (Ardèche). Ils résultent toujours soit de la désagrégation des roches, soit des terrains dits sédiinentaires, siliceux, argileux ou calcaires lessivés par les eaux. Un exemple remarquable nous est fourni par Teau minérale de San Vignone (Toscane), qui s’échappe dans l’origine d’une roche schisteuse mêlée de serpentine et appartenant à l’ancienne formation des Apennins. On a calculé que chaque année il se déposait une couche de sédiment calcaire ayant plus de 160 millimètres d’épaisseur ; l’eau de Saint-Allyre ne forme guère que 0“,028 à Ü“,U3 de travertin.

Dépôts boueux ou limoneux. Sans parler des dépôts boueux, argileux ou ferrugineux employés en médecine (voy. Boues minérales), presque toutes les eaux minérales précipitent, dans leurs bassins de réception ou sur le sol, des matières qui proviennent de la décomposition partielle des principes minéraux.

La grande classe des eaux minérales ferrugineuses bicarbonatées imprime son cachet partout où elle se rencontre. Dans l’intérieur et sur les margelles des puits, et sur le sol, elles abandonnent un dépôt rouge, constitué surtout par de l’oxyde de 1er hydraté, de la matière organique, du caibonate et du sulfate de chaux, de la silice, de l’alumine et du sable. Le dépôt de la source de V enclos des Célestins, à Vichy, considéré ici comme type, a donné à M. Bouquet le résultat suivant :

Carbonate de chaux . 10 85

— de magnésie . 5 03

— de manganèse. . . traces

Acide arsénique . O gg

— plîosphorique . traces

Sesquioxyde de fer . ( ) ) * 47 40

Quartz et mica . 2 06

Silice gélatineuse . I ’o4

Eau et matière organique . 25*72

Toutes les fois que les eaux minérales renferment des principes qui, par leur décomposition secondaire, donnent naissance à des sels peu solubles, on est sûr de retrouver ces principes dans les dépôts : nous ajouterons même que c’est en opérant avec ceux-ci que souvent les chimistes ont pu conclure à l’existence de quelques substances particulières dans les eaux. Nous citerons à cet égard le dépôt de la source ferrugineuse de Luxeuil, qui a permis de reconnaître la baryte des eaux de cette station.

Nous avons vu précédemment que, d’après M. Bouquet, lOü grammes de dépôt ferrugineux de l’eau de \' enclos des Célestins, à Vichy, contenait 6s',96 d’acide arsénique. Ce composé est en effet l’une des parties constiiuantes et constantes des dépôts de toutes les eaux ferrugineuses, et même des autres classes. Aussi est-ce à tort, selon nous, que l’on cher-

DIABÈTE. 53S

che à les introduire dans la thérapeutique sous le nom de dragées ou de pastilles ferrugineuses (voy. Pastilles minérales).

Les dépôts ferrugineux contiennent encore très souvent de 1 acide apocrénique, produit par les eaux minérales à l’état d’acide crénique, ou encore par la décomposition spontanée des matières organiques entraînées par les sources. C’est ce qui les a fait désigner par quelques médecins sous le nom dé apocréiiate de fer.

Si les eaux minérales sont absolument privées d’acide sulfurique ou de sulfure, les dépôts boueux ont une teinte rouge dont l’intensité est en rapport avec la proportion de l’élément ferreux. Dans le cas contraire, ils ont une teinte brune ou noire, et ils contiennent du sulfure de fer et

même du soufre.

DÉRIBIEB. Voy. YDES.

DÉBIVATIOIW Voy. RÉVULSION.

DEBBATOSES. V. PEAU (MALADIES DE La).

desaigaes (France, Ardèche, arrond. de Tournon). A 3A kilomètres de cette ville.

Bicarbonatée sodique, froide.

Eau : un litre.

— de potasse .

— de chaux .

— de magnésie .

Bisilicate de soude .

— de potasse . . .

. — d’alumine .

Sulfates alcalins .

Chlorure de sodium . .

— de potassium .

Phosphate, lithine, peu .

Acide silicique, peu .

Oxyde de fer, traces ; principe arsenical Matière organique et perte .

(O. Henry.)

L’eau de la source de üesaignes se rapproche assez de celle de Vais, située dans le même département; élle paraît avoir été connue du temps

des Romains. Nous ignorons ses applications.

DIABÈTE. On a eu l’occasion de traiter des diabétiques près d un assez grand nombre de stations thermales. M. Niepce a communiqué à la Société d^ hydrologie médicale de Paris (t. I) deux observations desquelles il semble résulter que l’usage des eaux à'Allevard aurait pu n être pas sans influence sur la disparition du sucre. Si M. Kuhn a rangé le

Lit.

indices

DIABETE.

diabète parmi les contre-indications des eaux de Niederhronn, rnn de nous n’a en qu’à se louer, dans un cas de ce genre, de l’usage des eaux CiQjJalariic.QA M. Kegnault de celles de Bourbon-l’ Archambault. Enfin, dans un ceriani nombre de monographies ou de notices récentes sur des stations de nature variée, on trouve le diabète mentionné parmi les cas où le traitement thermal aurait été employé avec avantage.

Cependant nous devons reconnaître que ce n’est qu’anprès des stations de Vichy, de Rarlsbad et des bains de mer, que le traitement qui nous occupe a été l’objet d’observations nombreuses et suivies; et dans 1 état de la question, nous ne pouvons étendre cette étude au delà de ce petit nombre de localités. Il n’est, en effet, permis d’attacher aucune impoi tance à des observations isolées eu semblable matière. Ce que nous savons de la marche de celte maladie, et ce que nous en ignolons suiloui, font un devoir de n’admettre qu’avec une grande léserve

les conclusions hâtives que l’on serait tenter de tirer d’un nombre de faits insuffisants.

Nous nous dispenserons d’entrer dans aucun détail touchant la marche du diabète et les explications diverses que l’on a données de sa formation. Les recherches multipliées dont ce sujet a été l’occasion depuis ces dernières années, bien connues d’ailleurs, offrent plutôt un intérêt physiologique que pathologique; et celles des théories proposées qui semblent le plus en rapport avec les résultats thérapeutiques que nous allons exposer sont précisément les plus oubliées aujourd’hui.

Nous dirons plus loin combien les renseignements fournis au sujet de 1 action du tiaitement marin dans le diabète sont incomplets. Ceux relatifs au traitement de Karlsbad, qui sont parvenus à notre connaissance, laissent regretter le défaut de précision qui caractérise la plupart des documents thérapeutiques empruntés à nos confrères d’outre-Rhin. Nous nous trouvons donc obligés de nous en tenir à peu près à l’exposé

du traitement par les eaux de Vichy, d’après les observations publiées par M. Petit et par l’un de nous.

Il y a deux choses à considérer chez les diabétiques mis en traitement : le fait de la présence du sucre dans l’urine, et celui de symptômes divers. Il n’exisle pas toujours un rapport exact entre ces deux ordres de faits.

Il est un grand nombre de diabétiques chez qui la présence dû sucre ans 1 urine s’accompagne de tout le cortège de symptômes que l’on connaît, et sui lesquels nous n avons pas besoin d’insister. 11 en est autres, et l’occasion de les reconnaître se multiplie à mesure que l’attention des médecins se fixe davantage sur les plus légers indices de la na a le , chez lesquels 1 urine renferme une quantité notable de sucre,

DIABÈTE

bien que leur santé ne paraisse pas en avoir subi (ralleinlc déterminée, et quelquefois même sans que les signes essentiels de la glycosurie, l’accroissement de la soif et de la proportion des urines, paraissent en rapport avec ce phénomène. On peut à peine dire que ces individus soient malades. 11 y a donc là un problème nouveau apporté dans la question de la glycosurie. Ces cas, si légers en appaience, offrent un singulier contraste avec le tableau tracé jusqu’ici d’une des maladies les plus graves et les plus infailliblement mortelles que l’on connaisse.

Lorsqu’un diabète est recoiîuu , le premier soin est de soumettre le malade au régime diététique dont l’expérience a proclamé la nécessité. A peu près constamment, ce simple changement de régime suffit pour amener une réduction immédiate et notable dans la proportion du sucre et dans les symptômes existants. Cependant on ajoute habituellement à ce régime diététique un ensentble de moyens médicamenteux et hygiéniques dont le caractère général est de tonifier les tissus et de stimuler les grandes fonctions de l’économie, et aussi d’activer l’oxygénation du sang. On a reconnu également que l’eau de Vichy (transportée) prenait une part utile à l’ensemble de ce traitement, et dans quelques circonstances son usage a paru exercer une influence très immédiate sur les symptômes observés, et en particulier sur la proportion du sucre.

Cela étant, il était facile de prévoir que le traitement thermal de Vichy,

réunissant à l’action médicamenteuse de cette eau minérale l’ensemble des conditions hygiéniques et des moyens hydrothérapiques que comporte un semblable traitement bien dirigé, devait procurer des résultats avantageux dans le diabète. Il en est effectivement ainsi; et, depuis quelques années, un très grand nombre de diabétiques, à des degrés divers, sont dirigés vers cette station thermale.

Lorsque le diabète s’est développé , ou plutôt a été reconnu dans une saison propice , il arrive souvent que la médication thermale se trouve intervenir dès le début du traitement lui-même, et concurremment avec les autres moyens indiqués, lesquels se trouvent habituellement réduits alors au régime diététique approprié.

Dans les cas de ce genre, les effets du traitement thermal se confondent avec ceux du régime nouveau ; mais il arrive beaucoup plus ordinairement que les malades envoyés à Vichy se trouvaient, depuis un temps plus ou moins long, en voie de traitement, et avaient déjà vu la maladie, ou du moins ses symptômes apparents, subir un degré notable

d’amélioration.

On sait cependant que la portée du traitement le mieux combiné ne dépasse pas, dans un grand nombre de cas au moins, certaines limites. Les symptômes locaux ou généraux n’éprouvent qu’un retour incomplet.

DIABÈTE

Le moindre accident dans le régime diététique ou dans les autres circonstances hygiéniques ramène une rechute. Les forces musculaires , la vinlité, la vue enfin, s’amoindrissent j3eu à peu ou demeurent dans un état permanent d’affaiblissement; et si l’on voit aujourd’hui, beaucoup moins qu autrefois, les malades succomber directement aux progrès graduels de la maladie, 1 altération profonde subie par l’organisme les livre sans résistance à toutes les causes morbides auxquelles les diabétiques, comme les autres, se trouvent fortuitement exposés.

C’est dans de telles circonstances que l’intervention du traitement thermal permet d’en apprécier la véritable portée et d’en étudier les effets immédiats.

Le résultat le plus constant du traitement thermal de Yichy est de réduite icipidement la proportion de sucre décelée dans l’urine par les procédés ordinaires d’investigation, quelquefois même d’en amener la disparition complète. Le temps nécessaire pour obtenir ce résultat varie beaucoup. Dans la plupart des cas, la diminution du sucre est très graduelle, et se fait remarquer à chaque examen ; d’autres fois elle s’arrête à un degré déterminé. La disparition complète du sucre ne s’obtient que dans le plus petit nombre des cas, et en général alors qu’il n’existait déjà qu’en faible proportion.

L’action du traitement thermal sur les différents symptômes de la maladie est beaucoup plus tranchée encore. Alors même que le sucre a persisté en proportion notable, la soif diminue avec une grande rapidité, le sommeil reparaît, la quantité des urines se réduit, et les forces se rétablissent en quelques jours dans une proportion souvent considérable. L’appareil digestif est particulièrement modifié : l’appétit se régularise, les digestions se font plus facilement, la constipation diminue.

Ces résultats sont généralement très marqués et très satisfaisants. Mais quelle est leur portée définitive? Nous avons bien rencontré quelques cas de glycosurie passagère , c’est-à-dire où la présence du sucre dans l’urine et de quelques symptômes diabétiques a paru céder à la combinaison du traitement thermal et du régime approprié, et ne s’est pas reproduite pendant plusieurs années. Tout en admettant que le traitement thermal ait dû prendre à cela une part effective, nous sommes portés à croire que de semblables observations pourront se multiplier, même en dehors d’une pareille intervention. Mais nous devons déclarer que nous ne connaissons pas un seul fait de diabète bien caractérisé, ayant duré un certain temps, et ayant guéri radicalement sous l’influence des eaux de Yichy.

Ce que nous avons rencontré seulement un grand nombre de fois, ce sont des diabétiques qui , s’étant maintenus dans un état tolérable, grâce

DIABÈTE

à la régularité du régime et à la bonne entente des soins hygiéniques et thérapeutiques, ne retrouvaient que dans la répétition annuelle du traitement thermal de Vichy un certain degré de force, d’appétit, d’activité musculaire, cérébrale et génésique, que le reste de leur traitement était impuissant à leur procurer.

En résumé , les eaux de Vichy n’offrent au diabète qu’un traitement palliatif, mais qui s’adresse très directement aux caractères les plus essentiels de la maladie , et qui vient seconder à un très haut degré les ressources imparfaites que l’hygiène et la thérapeutique peuvent lui fournir. Cette action des eaux de Vichy, si incomplète qu’elle soit, est cependant assez formelle pour que l’on place leur usage parmi les indications les plus constantes du traitement du diabète.

Les eaux de Vichy s’emploient en bains, souvent en douches, chez les diabétiques. Toutes les sources peuvent se trouver indiquées, suivant les cas, mais les sources ferrugineuses de préférence.

Quant aux contre-indications, elles sont en petit nombre. Si la maladie est arrivée à un degré très avancé, si l’atteinte subie par le système nerveux est très profonde, il faut craindre l’intervention d’une médication trop active ; et s’il est difficile de fixer les limites au delà desquelles le traitement thermal se trouvera contre-indiqué, au moins ne faudra-t-il alors l’employer qu’avec beaucoup de précautions. Les réserves que nous faisons en ce moment sont, du reste , applicables à toutes les maladies chroniques (voy. Contre-indications). Dans les cas de ce genre, il semble que certaines eaux minérales, comme la Malou, Gastein, Néris même, dont l’action reconstituante, due moins à leur minéralisation qu’à des conditions mai définies encore, paraît se rapprocher de celle de l’hydrothérapie, mais ne nécessite pas de la part de l’organisme des effets de réaction dangereux, il semble alors que des eaux minérales de ce genre pourraient intervenir utilement. Cependant l’expérience n’a pas encore prononcé sur ce sujet.

L’existence de tubercules pulmonaires ou d accidents ceiebiaux chez les diabétiques nous paraît établir une contre-indication formelle à tout traitement thermal.

Ce que nous savons des eaux de Karhbad paraît se rapprocher beaucoup, au point de vue des indications, des contre-indications et du pronostic, de ce que nous venons d’exposer au sujet de Vichy. Nous ne saurions admettre cependant que les eaux de Vichy celles de représentent un traitement identique dans le diabète ; mais nous ne pouvons suppléer à ce que ne nous apprennent pas les monographies allemandes.

On trouvera, à l’article Karlsbad, les seules notions que nous possédons sur ce sujet.

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