U, UO 1 U
Borate de soude .
Iode .
Fer (probablement à l’état de sulfure). . Matière organiaue .
iicICCS
(Filqol, 1859.)
La station des Eaux-Bonnes est, dans les Pyrénées, l’une des plus fréquentées. Un projet général de travaux d’améliorations est arrêté et en cours d’exécution. Les principaux traits de ce projet se rapportent tant au nouvel établi.^^sement de la source d’Ortech (vallée du ValeiUin) qu’à
EAUX-BONNES
l’annexe des tliennes qui, outre des salles spéciales de bains de pieds, doit renfermer un promenoir couvert relié à la buvette et à une série de salles d’inhalation.
Par suite de travaux récents, la buvette, agrandie et rapprochée de la montagne, donne son eau a moins d’un mètre du grilfon, et l’air n’ayant aucun accès dans le trajet, la composition de l’eau est la même à la buvette qu’au grilfon (Filhol). Ajoutons, enfin, que le gaz qui se dégage des sources n’est que de l’azote pur.
Les Eaux Bonnes sont l’objet d’un commerce important au dehors; on les exporte dans des bouteilles d’un quart, d’un demi, et d’un litre. Il se fabrique aussi des pastilles obtenues, dit-on, avec le produit de l’évaporation des eaux: mais il suffit de se rendre compte de la prompte décomposition des eaux sulfurées par la chaleur pour s’apercevoir que la médecine n’a aucun parti avantageux à tirer de celte préparation [voy. Pastilles minérales].
On remarque que de toutes les eaux sulfurées de la chaîne des Pyrénées , les Eaux-Bonnes sont celles qui contiennent le plus de chlorure de sodium. M. Filhol attribue la grande proportion de ce sel au voisinage des sources salées de Salies, en Béarn. On a calculé qu’un bain de 3Ü0 litres ne renfermait pas moins de 85®% 50 de chlorure de sodium.
Il est assez remarquable (ju’un des établissements les plus renommés et les plus suivis des Pyrénées soit encore aujourd’hui un des plus incomplètement installés de celle région. Il n’y a aux Eaux-Bonnes que 9 cabinets de bains ou de douches^ et 2 salles où se prennent les bains de pieds. Le traitement externe y est donc à peu près nul, tandis (|u’avant les Bordeu, il y était au contraire presque exclusivement usité. La cause en est dans la faible quantité d’eau minérale dont on dispose, et, il faut le dire, dans la nature des maladies qu’on y traite spécialement, et qui paraissent réclamer surtout un traitement interne. Cependant nous pensons que c’est à tort que l’usage des bains serait systématiquement négligé aux Eaux- Bonnes : les demi-bains, suivant le procédé suivi à Cauterets, y rendraient sans doute, dans bien des cas où l’on s’en prive, des services auxquels la pratique banale des bains de pieds ne saurait suppléer. Nous avons signalé du reste les projets d’agrandissement de cette installation, qui sont en cours d’étude.
La source vieille est celle dont on fait à peu près exclusivement usage à l’intérieur. En boisson , ces eaux se prescrivent ordinairement à très faible dose d’abord, une ou deux cuillerées à soupe par exemple, et les malades doivent en augmenter progressivement la quantité, mais dépasser rarement trois et au plus quatre verres, pris le malin à jeun et de quart d’heure en quart d’heure ou de demi-heure en demi-heure.
EAüX-BONNES.
Quelques personnes les supportent très bien pures; mais la plupart les coupent de lait ou d’infusion béchiques, et les édulcorent avec du sirop de gomme, de guimauve ou de Tolu (Rotureau). Il n’y a point de salles d’inbalatioi), bien que ce mode doive trouver aux Eaux-Bonnes de nombreux sujets d’application. Les eaux de la source vieille sont cjuelquefois administrées en gargarisme.
Ce traitement est donc un des plus simples qui se puissent imaginer. Il se réduit à l’usage interne d’un médicament, sans aucun des artifices que les procédés balnéothérapiques permettent en général d’ajouter à un traitement thermal. Il convient seulement de ne pas perdre de vue que ce médicament, aux Eaux -Bonnes comme aux autres stations de cette région , s’administre dans des conditions de milieu , de climat, d’altitude fort particulières, et très nouvelles pour la plupart des malades qui viennent y recourir.
L’action physiologique des Eaux-Bonnes , c’est-à-dire leur action sur l’organisme considérée en dehors des modifications thérapeutiques qu’elles peuvent exercer sur les organes malades, a été étudiée avec beaucoup de soin par le docteur Andrieu. Nous emprunterons à l’excellent mémoire de cet auteur le tableau suivant, qui met parfaitement en relief certains des caractères de cette médication.
Les forces générales sont augmentées, l’agilité est plus grande, le sommeil est agité, l’intelligence est plus active. Les battements du cœur deviennent plus nombreux et plus forts; le pouls est plus ample, plus fréquent et plus dur; les règles et le flux hémorrhoïdal coulent plus abondamment, se manifestent pour la première fois ou se rétablissent, s’ils ont été précédemment supprimés. Le mouvement hémorrhagique se dirige du centre vers les surfaces, le sang s’échappe par les fosses nasales, par les bronches, etc., etc.; l’appétit devient énergique, le plan musculaiie intestinal se réveille de sa torpeur ou exagère sa puissance contractile. Deux grands systèmes continus de l’économie, ceux en c|ui se concentre plus spécialement la vie, le système nerveux et le système circulatoire, ont évidemment subi, dans les forces qui les animent, une modification qui se manifeste par une exagération de leur activité normale. Les sécrétions sont à leur tour profondément modifiées ; l’exhalation cutanée augmente ; il en est de même de l’excrétion urinaire. Les muqueuses se fluxionnent et rougissent, les flueurs blanches, les catarrhes nasal, laryngé, bronchique, prennent momentanément une intensité nouvelle; 1 expectoration devient plus abondante, des sécrétions pathologiques de la peau se créent, se rétablissent ou s’exagèrent. {Essai sur les Eaux-Bonnes^ 18/i7.)
Les Eaux-Bonnes doivent donc être considérées comme des eaux nota-
EAUX-BONNES
blement excitantes. Celte qualité leur est bien réellement inhérente, j)uisqu’elle est mise en jeu par le mode d’administration le plus simple, l’usage interne.
Nous verrons plus loin quelle part doit être faite a cette qualité excitante dans les indications et les contre-indications de ces eaux. Cependant nous devons dès à présent noter qu’elle leur est commune avec toutes les eaux sulfureuses. Ce ne serait qu’une question relative, et, sous ce rapport, les Eaux-Bonnes se distinguent de Cauterets, de Ludion, d’Amélie, où l’on trouve des eaux beaucoup moins stimulantes, moins fixes en même temps, et par conséquent applicables à des cas qu’il faut rayer de la pratique des Eaux-Bonnes.
L^Jais cette qualité stimulante n’est elle-même qu’un accessoire des propriétés spéciales des Eaux-Bonnes, dues à leur nature sulfureuse, et plus particulièrement à leur constitution individuelle.
L’analyse récente de lM. ENlliol, en nous représentant plus fidèlement que les précédentes cette constitution , est-elle de nature a nous éclairer beaucoup sur ce sujet ? Nous ne saurions le dire. Le degré de sulfuration des Eaux-Bonnes , inférieur à celui de Ludion, d’Amélie, du Vernet, mais peut-être plus tixe que dans ces dernières, se rapproche de celui de Cauterets. Sulfurées sodiques comme toutes ces eaux, il nous paraît difficile d’attacher une signification très particulière aux traces de sulfure de calcium qui s’y trouvent signalées.
Le chlorure de sodium y existe en proportion plus notable, 0,26, que dans les autres eaux sulfurées sodiques, sauf Saint-Honoré, 0,3. Nous ne trouvons même de proportion plus élevée parmi les sulfurées calciques, qu’à Allevard, 0,50 rà Schinznach, 0,6 ; à Greoulx surtout, 1,5. H faut tenir compte de cette prédominance relative ; mais rien n’autorise à lui attribuer une signification très particulière.
Il n’est peut-être pas une seule station thermale dont les applications se trouvent aussi nettement définies c|ue celles des Eaux-Bonnes. La plupart des indications communes des eaux sulfureuses pourraient sans doute trouver à s’y remplir aussi convenablement c}u’ailleurs. L’ancienne réputation des Eaux-Bonnes prouve qu’elles s’appliquent parfaitement au traitement externe des plaies et blessures. Mais aujourd’hui les affections de l’appareil respiratoire y sont à peu près exclusivement traitées. C’est donc d’elles que nous aurons à tenir compte dans cet article. La phthisie pulmonaire, le catarrhe bronchictue, les angines, l’asthme, telles sont les affections qui résument les applications actuelles et ordinaires des Eaux-Bonnes.
Au premier rang, vient la phtftisie pulmonaire, dont l’idée est inséparable de celle des Eaux-Bonnes. Ce n’est pas ici le lieu de faire
n7G EAUX-BONNES.
l’histoire du Irailemcnt lliermal de la phthisie ; ce doit être l’objet d’un article spécial [voy. PeiHiSiE pulmonaire]. Nous devrons seulement insister sur les indications particulières qui doivent taiie j)référer les Eaux-Bonnes aux autres stations thermales auxquelles on peut adresser des phthisiques.
Nous avons vu plus haut que les Eaux-Bonnes étaient excitantes à un degré notable. Elles se trouvent donc contre-indiquées toutes les fois qu’une médication excitante ne saurait intervenir sans danger.
Il est un cet tain nombre de phthisiques (|ui se trouvent en pareil cas, par suite de conditions empruntées, ou à la constitution originelle, ou aux circonstances particulières de la maladie, dépendantes de sa forme, de sa période actuelle, ou de pliénomènes fortuits; c’est-à-dire que les phthisiques à tempérament sanguin, à constitution névropathique, disposés aux congestions sanguines, aux hémoptysies actives, doivent être exclus des Itaux-Bonnes. Il en sera de même dans toutes les périodes actives de la maladie, d’éclosion ou de ramollissement, lorsqu’il existe de la fièvre, de la douleur ou des accidents aigus quelconques.
On ne recourra donc à ce traitement que chez les phthisiques scrofuleux ou lymphatiques, à fibre molle, à disposition anémique, à nervosité languissante, ou encore aux périodes inactives de la maladie, quels qu’en soient les caractères anatomiques actuels, lorsque la tuberculisation ne paraît pas en voie présente d’accroissement, lorsque les engorgements du tissu pulmonaire revêtent un caractère purement passif, lorsque l’état catarrhal n’olîre lui-même aucun caractère d’acuité.
Nous pouvons affirmer : l"* que les cas si fréquents où, sous l’influence des Eaux -Bonnes, la tuberculisation a paru activée dans sa marche, appartenaient à la première catégorie; 2'’ que, lorsque l’on s’en tiendra aux faits de la seconde catégorie, on obtiendra des Eanx-Bonnes tout ce que l’on peut tirer d’un pareil traitement, sans courir aucun risque d’aggraver la maladie.
Il ne faut pas ouhliei- en effet, et peut-être tout le monde n’en est-il pas suffisamment convaincu, que le traitement thermal , très précieux dans beaucoup de cas de phthisie, peut devenir très dangereux alors qu’il est mal appliqué, et que c’est une des fautes les plus graves que l'on puisse commetti e que d’y recourir d’une manière banale.
Quelle est la portée curative réelle des Eaux-Bonnes dans la phthisie pulmonaire, et dans quel sens peut-elle être comprise? Nous devons renvoyer cette appréciation à l’article PHniisiE, afin d’éviter les répétitions. Nous ferons seulement remarquer ici que l’action de ces eaux paraît se porter spécialement sur les trois points suivants ; 1“ reconstitution de l’état général, modification de l’état scrofuleux ou lympha-
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tique et des fondions qui en subissent le plus directement l’empreinte ;
2° résolution de l’état catarrhal bronchique; 3° résolution des engorgements pulmonaires.
Les Eaux-Bonnes paraissent, avec les eaux de Baréges, celles qui sont le mieux applicables aux scrofuleux et aux lymphatiques. Cependant leur mode d’action doit être fort différent, puisque les eaux de Baréges représentent surtout un traitement externe et les Eaux-Bonnes un traitement interne. Quoi qu’il en soit, le tableau que nous avons tracé précédemment de l’action physiologique des Eaux-Bonnes donnera une idée de l’influence active qu’elles exercent sur l’ensemble des fonctions, et de l’action reconstituante qu’on peut leur attribuer. Nous parlerons tout à l’heure des modifications qu’elles impriment à l’état catarrhal des bronches. Quant aux engorgements du tissu pulmonaire, pneumonie chronique, indurations, infiltrations, tous les médecins qui ont exercé aux Eaux-Bonnes témoignent de la rapidité avec laquelle des parties du poumon malades et imperméables à l’air reprennent leur apparence normale.
On comprend des lors qu’un traitement capable de modifier ainsi l’état constitutionnel ou diathésique qui préside tà la maladie, l’état catarrhal qu’une solidarité très prochaine unit au développement et aux transformations du tubercule, les engorgements du tissu pulmonaire, causes eux-mêmes d’une aggravation si notable dans le pronostic, on comprend, disons- nous, qu’un semblable traitement puisse avoir une portée réelle dans la marche de la phthisie pulmonaire.
Un mot encore à propos de l'hémoptysie. On a souvent accusé les Eaux-Bonnes de faciliter l’hémoptysie, et c’est là un sujet d’inquiétude pour beaucoup de praticiens ; mais la question a toujours été mal posée à ce propos. Il est très vrai que l’on observe quelquefois des hémoptysies aux Eaux-Bonnes; mais dans le plus grand nombre des cas, c’est chez les phthisiques que nous avons rangés dans notre première caté- gorie, et auxquels les Eaux-Bonnes ne doivent jamais être administrées.
Ce n’est donc pas par la faute de la médication qu’il arrive un pareil accident, mais par la faute de ceux qui en ont méconnu les contre-indications. Il faut encore tenir compte des irrégularités dans le régime, de l’usage non méthodique des eaux, des courses exagérées dans les montagnes, etc., etc.
Les Eaux-Bonnes conviennent parfaitement dans le catarrhe pulmonaire. Les indications spéciales que nous avons assignées précédemment à leur emploi retrouvent ici leur application ; seulement il y a moins de risque à les méconnaître ([ue chez les phthisiques , et l’état catarrhal par lui-même se prêtant plus dircclemeiit à la médication sulfureuse,
Dict. des Eaux munér. — T. I.