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S78 EAUX-CHAUDES

leur champ d’application se trouve beaucoup plus étendu. Les premiers effets des l^aux-Bonnes sur le catarrhe sont manifestement d’excitation ; les suivants sont des effets de résolution. La toux augmente souvent dès les premiers jours du traitement, quels que soient d’ailleurs son caractère et sa nature, qu’elle soit sèche ou grasse , continue ou quinteuse, spasmodique ou inflammatoire. L’expectoration devient plus abondante en même temps qu’elle est ordinairement plus facile. Il s’opère une sécrétion plus copieuse de mucus ou de matière purulente à la surface des voies aériennes.

Pour ce qui concerne les intéressantes applications des Eaux-Bonnes aux angines , nous renvoyons aux articles Angine et surtout Glanduleuse (angine). Quant à I’asthme [voy. ce mot], nous ne pensons pas que 1 on obtienne aux Eaux-Bonnes de meilleurs résultats à son sujet que près des autres stations sulfureuses.

liiAUX-COAUWES (France , Basses-Pyrénées). A A kilomètres des Eaux-Bonnes et 800 kilométrés de Paris j chemin de fer de Bordeaux. Altitude, 680 mètres.

Sulfurée sodique. Temp. de 10°, 5 à 36°, A.

Six sources, dont voici les noms, la température et la sulfuration au griffon.

Source Mainvielle .

Température. Sulfure de sodium par litre.

— de l’Arressecq .

— Baudot .

— du Clôt .

— de l’Esquirette .

— du Rey .

Les Eaux-Chaudes n’ont été jusqu’à

ce jour l’objet

que d’un petit

nombre d’expériences chimiques. On ne connaît qu’une seule analyse de 1 eau de ces sources, celle de la source Baudot ; en voici les résultats ;

Sulfure de sodium. .

Chlorure de sodium, Sulfate de chaux. . .

Silicate de chaux. . . .

— de magnésie.

— d’alumine. . .

Sulfate de soude . . . .

Carbonate de soude. .

Eau : un litre.

Gram.

traces

Iode et glairine . traces sensibles

(Filhol , 1852.)

I,a source Êlainvicille jaillit à une petite distance du village des Eaiix- Chaudes, à la base d’un rocher granitique et sur un plateau élevé. Elle

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est seulement utilisée en boisson. Celle de V Arressecq, qui sort également du granit, se déverse à l’aide de deux tuyaux de bronze dans une cuvette percée à son fond et tapissée de soufre et de barégine. Elle est utilisée en boisson, en douches locales et en applications topiques (Rotureau).

L’eau de la source Baudot^ la plus fréquentée par les buveurs des Eaux-Cliaudes, a son point d’émergence sous un pavillon divisé en deux parties : l’une pour la buvette, l’autre pour les douches locales.

La source du Clôt est captée dans un bassin hermétiquement fermé, duquel partent des tuyaux qni conduisent l’eau minérale à la buvette, aux bains et aux douches. Elle alimente 7 baignoires, \ cabinet de bain et de douches, 2 cabinets de grande douche, et enfin plusieurs douches ascendantes. Malgré les soins employés pour éviter sa décomposition, l’eau de la source du Clôt qui, au griffon, accuse 0SC0090 de sulfure de sodium, n’en contient plus que O^COOIG à la buvette, et dans les baignoires que 0^'',0019 à 0^^0021.

L’eau de VEsquirette forme deux sources désignées sous les noms de chaude et tempérée. La source de l’Esquirette chaude alimente une buvette renfermée dans le nouvel établissement et, avec la source tempérée, 7 baignoires, 2 appareils de douches locales, 2 cabinets de grande douche, 3 salles de bains et de douches, 2 salles de douches ascendantes utéro-vaginales et 1 cabinet de douche rectale (Rotureau). Les douches utéro-vaginales reçoivent en outre une partie de l’eau de la source du Clôt. Conduite sous le robinet de la buvette, l’eau de l’Esquiretie ne marque plus que 0^^00l30 de sulfure de sodium, et sous le robinet d’une baignoire, 0^^00160 à 00169.

La source du Uey se trouve au milieu du corridor et à quelques mètres de la porte d’entrée de l’ancien établissement. L’eau minérale est reçue dans un bassin , d’où elle est ensuite distribuée à sept baignoires et à une buvette située dans l’intérieur de l’établissement thermal. Pendant ce trajet, elle subit une altération sensible : ainsi, tandis qu’au griffon elle contient O^^OOOO de sulfure de sodium, elle n’en marque plus que O^’’, 00260 à la buvette et 0^^00228 à 0®^’',00235 dans les baignoires.

L’établissement thermal est très bien installé. Il renferme une piscine assez spacieuse pour contenir 30 personnes à la fois, et alimentée par le trop-plein des sources qui arrivent à l’établissement et par un jet continu de la source de l’Esquiretle tempérée; une trentaine de baignoires, des douches de forces diverses, des douches ascendantes et des bains de vapeur.

Les sources les plus cmjdoyécs en boisson sont celles de Baudot., de V Esquirette et du Rey. Les plus actives seraient celles du Rey et du

EAUX MÈRES

Clot^ et celles de V Esquirette les moins excilajites. V Esquirette, les eaux du Clôt et du Reij alimenlent spécialement les bains et les douches.

Les applications des Eaux-Chaudes se raltachenl naturellement aux applications communes des eaux sulfureuses; mais elles paraissent se rapprocher plutôt des eaux sédatives de Saint-Sauveur et de certaines sources de Ludion et de Cauterets que des eaux plus excitantes de Baréges, des Eaux-Bonnes et des sources les plus actives des stations que nous venons de nommer. C’est ainsi qu’elles sont très avantageusement employées dans les afTections utérines, leucorrhées, métrites chroniques, le choix des sources et leur température particulière permettant de modifier le traitement suivant qu’il existe une prédominance lymphatique ou névropalhi(|ue.

Les rhumatismes chroniques, les dermatoses, les accidents attribués

à la syphilis larvée, aux emjioisonnements métalliques, peuvent être traités aux Eaux-Chaudes avec succès (Izarié); mais ces eaux conviennent de préférence aux rhumatismes nerveux (Astrié), aux affections dartreuses facilement excitables avec appel de congestions sanguines vers la peau. Quant aux cas de syphilis, etc , nous pensons qu’ils ne doivent être adressés de préférence aux Eaux-Chaudes que lorsqu’il existe quelque raison propre à faire redouter des eaux sulfureuses plus actives.

Les Eaux-Chaudes sont sans doute applicables aux affections chroniques, catarrhales ou autres, de l’appareil respiratoire; mais le voisinage des Eaux-Bonnes restreint beaucoup leur pratique sur ce sujet. Du reste, ces deux stations se conjplètent l’une l’autre. Leur rapprochement, qui permet à des omnibus de parcourir en une heure à peine la distance qui les sépare, met beaucoup de malades à même de combiner le traitement externe très bien établi aux Eaux-Chaudes avec l’usage interne des

Eaux-Bonnes.

EAUX mÈRES. On désigne sous le nom d’eaux mères {Mutterlaugen^ en allemand), le résidu d’évaporation des salines où l’on exploite le chlorure de sodium pour la consommation générale. L’extraction du sel s’opère soit des bancs de sel gemme, qui existent à un haut degré de puissance dans l’Est de la Fj ance, soit de terrains porphyritiques et houil- 1ers qui paraissent alimenter la plupart des salines de la vallée rhénane, soit de l’eau de mer.

L’eau salée, obtenue au moyen de forages artésiens ou par des prises de puisement, est élevée à l’aide d’aj)pareils hydrauliques jusqu’au faîte de bâtiments particuliers, qui portent le nom de bâltments de graduation. De distance en distance, sont disposées des traverses ou lattes qui supportent des fagots d’épines. L’eau de la saline, soumise ainsi à l’évaporation spontanée, et après sept ou huit graduations successives, acquiert

EAUX MÈRES. 581

un premier degré de concenlration variable suivant la saison, la quantité de sels dissous primitivement, et selon l’importance des établissements. Quel que soit le mode de cette préparation, à l’air libre ou non, c’est toujours par un système de migration continuelle et de division infinie du liquide qu’elle a lieu, jusqu’à ce que le degré voulu soit atteint.

Pendant cette opération, il se précipite sur les fascines des dépôts de sulfate et de carbonate de chaux plus ou moins colorés par de l’oxyde de fer, et que l’on enlève de temps à autre. On achève la concentration de l’eau en la versant dans cUs chaudières de fonte et en la faisant bouillir jusqu’à ce qu’elle marque de 20 à 25 degrés. Il se forme une nouvelle quantité de dépôt, ou schlot, que l’on sépare par décantation, tandis que les cristaux de chlorure de sodium sont laissés à nu. Ce qui résiste à la cristallisation compose Veau mère. C’est alors, après éclaircissement, un liquide sirupeux, de couleur brune ou jaunâtre, d’une densité de 1,1 à 1,3, sans odeur bien caractéristique, d’une saveur âcre et très saumâtre.

En Allemagne, les deux principaux centres d’exploitation des eaux mères sont Kreuznach et Nauheim ; du moins, c’est là que leur emploi médical a pris une véritable portée. La Suisse, comme nous' le verrons, a suivi ce mouvement, et la station de Lavey est spécialement consacrée à cet usage des eaux mères, (^hez nous, on ne compte encore qu un établissement du même genre dans le Jura, Salins, quoique le département de la Meurtbe, à Dieuze , celui des Basses-Pyrénées, h Salies, indépendamment des salines de nos côtes, ne nous laisseraient rien à envier, sous ce rapport, aux pays voisins.

Les analyses des eaux mères n’ont été publiées qu en petit nombre; elles tiendront place dans chacun des articles consacrés aux stations où on les utilise. Nous pouvons remarquer, mais cela sous un aperçu fort général et sujet à révision , que la composition des eaux mères et celle des eaux salées d’où elles proviennent sont assez analogues entre elles,, aux proporlions près. Les chlorures y dominent pour une proportion considérable, à côté des sulfates et des carbonates. La soude y offre une prépondérance remarquable; on y trouve aussi de la chaux et de la magnésie. Le fer et le brôme s’y montrent en proportion très variable, et il peut être difficile d’y déceler leur présence. L’iode y a été rarement constaté. Ce sont bien plutôt des eaux bromurées qu’iodurées. Ces traits communs souffrent quelques dissemblances de détail, sur lesquelles nous aurons à revenir.

D’ailleurs les eaux mères ne sont pas employées telles que le procédé d’évaporation les fournit. On les étend toujours d eau douce ou d eau minérale, selon les nécessités de la prescription; seulement, étant pris

EAUX MÈRES

un exemple à Naulieim , où l’on verse depuis U jusqu’à 20 lilres d’eau mère dans un bain, comme 1 kilogramme de celle-ci ne contient pas moins de 383 grammes de matières salines , il en résulte que chaque bain renferme depuis 1^,600 jusqu’à 8 kilogrammes de sels, parmi lesquels on compte 16 à 80 grammes de bromures de sodium et de magnésium. Ces données ont leur valeur.

Nous mentionnerons qu’en particulier, à Kreuznacli , on fait subir à l’eau mère une réduction suffisante pour qu’elle prenne une consistance a peu près solide. Durcie de la sorte, elle est transportée dans des tonneaux à moins de frais que lorsqu’on l’expédie à l’état liquide. Préalablement dissoute dans de l’eau pure, elle sert à préparer des bains minéraux à distance.

Quant aux vapeurs qui se développent pendant l’évaporation de l’eau

mère et qu on a proposé de faire respirer aux malades, rien de moins

avéré que l’importance de ce mode d’inhalation, qui figure ici pour mémoire.

C’est en Allemagne que l’application thérapeutique des eaux mères a été utilisée pour la première fois. La date et l’origine de leur emploi restent obscures. Ce qu’il y a de certain, c’est que depuis longtemps, dans les grands établissements des bords du Rhin , on ajoutait à l’eaiî minérale le résidu de l’évaporation des salines, lorsque M. Fontan, en 1840, et M. le professeur Trousseau, en 1846, ont fait connaître et’ ont préconisé chez nous cette pratique. M. Rotureau croit devoir conclure de ses recherches que les premiers essais remontent à une vingtaine d années, et que c’est aux salines de Kreuznach qu’en revient l’initiative. Depuis lors, ce nouvel agent médical a pris faveur près des sources chlorurées sodiques de l’Allemagne du nord. Kreuznach et ISauheim, non-seulement se sont approprié l’exploitation de leurs eaux mères, réputées comme les plus riches en principes actifs , mais encore en approvisionnent par expédition un certain nombre d’autres stations.

C estainsi qu à Hombourg et à Wiesbaden, grâce aux emprunts que facilite la proximité des salines dont nous venons de parler, on compose des bains fortement minéralisés. 11 en est de même à JJocJdet, au voisinage de Kissingen^ en Bavière. Nous pourrions encore citer les eaux mères àElmen, de Sassendorf^ en Prusse, de Salzungen, dans le duché de Saxe-Meiningen, plus faibles cependant que les précédentes. Dès 1839, M. 11. Lebert publiait les observations remarquables d’elfets obtenus en associant les résidus des salines de Dex aux eaux de Lavey. Dans divers autres etablissements de la Suisse, la meme méthode est suivie avec d’autant plus d’avantage qu’elle supplée à une minéralisation parfois insuffisanie. Enfin, en France, l’installation très digne d’intérêt des bains

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de Salins (Jura), tend à nous affranchir d’une sorte de tribut prélevé par l’étranger.

Les eaux mères sont employées à l’intérieur, eu boisson, et à 1 extérieur, soit en bains, soit en applications locales.

Il ne semble pas que l’usage interne se soit beaucoup répandu, depuis que M. Lebert eut, le premier, l’idée de le prescrire. Tous les praticiens s’accordent à reconnaître qu’une répugnance invincible des malades s op-pose trop souvent à l’ingestion de l’eau mère , quelque soin que 1 on prenne d’en amoindrir les proportions ou d’en masquer la saveur désagréable par des artifices variés. M. Rotureau rejette complètement cette forme d’administration pour les mêmes motifs, et il la déclaie abandonnée partout.

C’est donc appliquées à l’extérieur que les eaux mères s’emploient le plus communément. Selon qu’on laisse en contact avec la peau, pendant plus ou moins de temps, des compresses imbibées de cette matière plus ou moins pure, on provoque des effets de révulsion, dont [VI. Rotureau recommande la grande énergie, notamment comme moyen résolutif. Mais les bains généraux, additionnés d’eau mère, constituent la partie principale de ce traitement. Aussi bien à Salins qu en Allemagne, on commence par des bains d’eau salée simple; puis on ajoute à ces bains des eaux mères, en commençant par un litre ou même un demi-litie, et en élevant la dose, suivant les cas, jusqu’à 8 ou 10 litres à Nauheim (Rotureau), 20 'a 30 à Kreuznacb (Prieger). M. Germain et M. Carrière indiquent, comme dose ordinaire pour chaque bain d’adulte, l’addition de 25 à 30 litres 'a 150 litres d’eau salée ; M. Lebert, à Lavey, celle de 12 à 18. Il s’entend, du reste, que ces quantités se règlent sur l’âge, le sexe, le tempérament, sur la maladie et sur l’idiosyncrasie des malades.

Nous devons à M. Rotureau une étude très exacte des phénomènes physiologiques que détermine le bain additionné d’eau mère, selon le mode d’administration, la dose et la durée, autant de circonstances qu il faut surveiller attentivement. Ces symptômes se résument en une puissante stimulation, laquelle peut produire de fâcheux effets congestifs et causerait des accidents graves, si l’on n’y apportait point de précaution. Aussi il est de précepte de ne jamais excéder par l’addition d eau mère’ le cinquième de l’eau du bain tout entier. D’après M. Carrière ( Recherches sur les Eaux minérales sodo-bromur. de Salins, 1856), la tolérance s’établit assez promptement, quand les bains sont convenablement mitigés et prescrits avec prudence; l’eau donne même bientôt une sensation douce et onctueuse à la peau, au lieu des picotements plus ou moins vifs que provoquaient les premières immersions. Les conséquences de cette excitation sagement proportionnée sont, dans les caslq

EAUX MÈRES

plus favorables, et surtout en présence do maladies asthén.Viues de revedler les forces vitales et de donner une nouvelle impulsion aux activités fonclionnelles.

Ceci posé, s’il fallait énumérer toutes les aiïcctions annoncées comme irrésistibles à l’emploi des eaux mères, nous risquerions de déconsidérer un moyen précieux, à coup sûr, mais qui gagnera à se spécialiser d’une manière plus loi melle. Jusqu’ici leurs attributions tbérapeutiques se rapportent très précisément aux maladies qui dérivent du tempérament lymphatique ou de la diathèse scrofuleuse. C’est encore à titre de médication tonique et reconstituante qu’on les conseille dans le traitement de la chlorose et de l’anémie, et qu’on a cru devoir étendre leur application ,à une foule de cas sur lesquels l’expérience doit se prononcer plus nettement par la suite.

En ce qui concerne la scrofule, considérée dans toutes ses ibrmes et toutes ses périodes, même les plus graves et les plus invétérées, les observations que nous devons à MAI. bebert, Cossy, Germain, Carrière et Hotureau , s’accordent à relever des résultats fort avantageux, soit dans le sens de la guérison, suit au moins dans celui d’une amélioration radicale. Depuis le simple engorgement ganglionnaire jusqu’aux manifestations SI variées et si désastreuses de l’état dialbésique avancé , des faits heureux paraissent justifier l’attention que les médecins apportent de plus en plus à ce mode de traitement. Seulement il ne faut p,is perdre ne vue qu’il en est de l’usage des eaux mères comme de celui d’autres agents thérapeutiques. Si des changements considérables ont lieu dès les premiers jours de la cure, on ne peut avoir de prise sur une diathèse bien déterminée qu’à l’aide du temps et en s’efforçant avec persévérance, pendant une durée plus ou moins longue, plusieurs années souvent, et aux époques opportunes, de modifier la constitution morbide des individus affectés de tumeur blanche, de carie, do lupus etc [Voy. Scrofule.]

bu presenco des bons effets recueillis dans la pratique des eaux mêles, on a cliercbé la raison lliérapeutiquc do leur efficacité. Il v a encore beaucoup à apprendre sur ce sujet. Pour la plupart des médecins, l’eau mère n’est que l’extrait pour ainsi dire de l’eau minérale d’où elle provient. Gette façon d’envisager le résiiiii de l’évaporation des eaux chlorurées serait admissible si le procédé ne différait sensiblement selon les localités et les circonstances. D’analyse cbiiiiique nous rend ellemêiiic incertains là-dessus. Ainsi, le clilorure de magnésium prédomine dans les eaux mères de lîex et do Kaulieini ; celles de Salins sont fort riches en chlorure de sodium, tandis qu’à Kreuznacli on ne signale qu une proiioi lion rolativemenl inférieure de ce sel et, par compensa-

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lion, une abondance remarquable de chlorure ;de calcium. S’il s’agit des bromures , les dissemblances sont au moins aussi frappantes, nonseulement par comparaison entre les diverses stations, mais dans les recherches des chimistes sur l’eau mère d’une même saline. Ces contradictions tiennent-elles h ce que l’évaporation opérée dans de vastes chaudières comporte divers degrés d’ébullition et de cuisson, qu’il n’est pas possible d’obtenir d’une façon uniforme ni mathématique dans chaque établissement ? C est, il faut l’avouer, un élément important qui nous manque dans l’appréciation d’un agent médical que celui de son identité, en tout lieu et peut-être à toute époque d’emploi. Rappelons encore qu’il s’en faut que le mode d’addition des eaux mères au bain soit partout le même. Nous avons vu la moyenne de la quantité additionnée varier à Salins et à Kreuznach. A propos de cette dernière station, M. Engelmann {Kreuznach, ses sources, etc., 1858) insiste sur ce que les baignoires diffèrent beaucoup de largeur dans les diverses maisons de bains, les unes contenant 350 litres d’eau, les autres 200 à peine. Il est évident que si les malades n’y prennent point garde ou que les médecins s’enquièrent peu de ces conditions, ceux-là courront risque de suivre des prescriptions irrationnelles, et ceux-ci commettront des erreurs préjudiciables à bien des points de vue.

« Restait à savoir, dit 3J. Trousseau, en souvenir de son voyage aux bords du Rhin {Traité de tliérap. et de mat. médic.^ 1855), lequel des sels contenus dans les eaux mères pouvait, à bon droit, revendiquer l’honneur de certaines cures. « Malheureusement le savant professeur, prenant tour à tour à partie le traitement des accidents syphilitiques et des engorgements chroniques par l’eau mère, reste indécis sur le rôle des bromures alcalins qui, quoique en proportion énorme, ne lui semblent que secondaires, et sur celui des iodures , dont l’évaluation chimique est loin d’expliquer l’intervention thérapeutique. Et cependant les propriétés anesthésiques des bromures de potassium et de sodium, signalées par de bons expérimentateurs, lui paraîtraient avoir une large part dans l’amendement ou la guérison à Kreuznach, à Nauheim, etc., de certaines maladies d’ailleurs incurables. Il est à regretter que ces aperçus ne nous tirent guère d’inceriitude sur l’influence prédominante de tel ou tel des éléments du composé complexe que représente l’eau mère.

M. Germain {Sources minér., eaux mères sodo-brom. de la saline de Salins , 1855) se fonde sur la prédominance du chlorure de sodium pour assigner une supériorité notable aux eaux mères de Salins. C’est également la prétention des médecins de Kreuznach , qui sont portés à négliger la grande proportion de bromures qu’ils ont à leur disposition.

EAUX MÈRES

Mais, comme l’a fait remarquer l’un de nous (Durand-Fardel, Ann, de la Soc. d hydrolog t. II), ou ne peut s’empêcher de recourir à l’une ou à 1 autre de ces deux hypothèses; ou les bromures constituent un médicament très actif, et, suivant la remarque de M. Germain, ils existeraient en trop forte proportion dans les eaux mères de Kreuznach et seraient plus faciles à doser au moyen d’eaux mères moins chargées de ce principe ; ou les bromures sont moins actifs qu’on ne le pense, et l’on peut se rappeler en effet les doses considérables auxquelles M. Puche a pu les administrer, et alors ce ne serait pas à la proportion des bromures qu il faudrait précisément mesurer l’efficacité des eaux mères.

Pour M. Carrière (loc, cit,), «les eaux mères ne sont pas une eau minérale composée par la nature et qui serait employée au traitement des maladies telle qu elle sortirait de sa source ; elles sont les résidus de 1 évaporation de l’eau minérale naturelle. » Le même médecin les a qualifiées d eaux minérales Aq seconde main. «Or, ajoule-t-il, ces résidus ne constituent pas à eux seuls l’étoffe du bain , ils en forment l’élément principal qui n’entre jamais dans la masse d’eau naturelle ou salée qu’à des doses assez modérées. C’est un médicament dont la quantité se règle sur les effets qu’on veut produire. A ce compte, on peut, avec des eaux mères faibles , atteindre les mêmes résultats qu’avec des eaux mères fortes. »

Nous citons textuellement ces opinions parce qu’elles serviront à dégager un problème pour lequel l’engouement de la nouveauté ou des idées préconçues ont peut-être retardé jusqu’ici la solution la plus légitime. Mais il reste encore plus d’un côté de la question à éclairer. Dans le cours d’une discussion sur le traitement thermal des scrofules [Annales de la Soc. d hydrolog. , t. V), M. Gerdy a judicieusement exprimé que ce serait une erreur de vouloir établir une proportion exacte entre le chiffre des principes dissous dans une source et l’importance de ses propriétés. Suivant lui, lorsque les eaux ont atteint un certain degré de minéralisation, elles n’ont pas beaucoup à gagner par l’élévation de ce degré. Il y a là, eu égard h plusieurs points de physiologie et de thérapeutique, matière à sérieuses recherches. [Voy. Absorption. Traitement THERMAL, MINÉRALISATION. SATURATION.]

Toujours est-il que l’addition des eaux mères peut rendre de véritables services près des sources peu dotées en minéralisation. C’est ce qu’on voit à Lavey, par exemple. Mélangées aux eaux chlorurées sodiques fortes, au contraire, elles [)ermettent sans doute une action énergique sur certaines formes diathésiques, à caractère torpide entre autres. Mais dans ce cas même, ou mises en œuvre à peu près isolément, l’emporlent-elles sur la médication thermale proprement dite? C’est ce que

l’observation est loin de nous avoir démontré. En dernière analyse, et jusqu’à plus ample information, l’introduction des eaux mères dans la pratique doit passer pour une médication complémentaire, k ce compte, il est utile d’insister sur les ressources offertes par nos salines de l’Est, celles du Béarn, aussi bien que par les marais salants qui à l’ouest et au midi enrichissent nos plages maritimes. La voie récemment ouverte en ce sens se recommande donc doublement comme tendant à déplacer le monopole de certaines stations allemandes, et comme prêtant à des ' études qui fixeront un point intéressant de la médecine hydrologique.

EAUX MIXÉRAUES. Définition. — On doit entendre par eaux minérales « toutes celles qui , en raison soit de leur température bien supérieure à celle de l’air ambiant, soit de la quantité et de la nature spéciale de leurs principes salins et gazeux , sont ou peuvent être employées comme agents médicamenteux » (Lefort). Nous adoptons cette caractéristique, parce qu’elle a Tavantage de concilier les exigences de la médecine , de la chimie et de la géologie^ appelées à un concours simultané dans ce sujet d’étude.

Suivant Al. Brongniart des scienc. nat., 1819), la composition

et le gisement des sources dites minérales sont dans un rapport suffisant pour qu’on se fasse une juste idée de ces dernières. Depuis lors, en généralisant les résultats de savants travaux et les idées émises par MM. Berzelius etÉlie de Beaumont, on a pu considérer les eaux minérales comme les représentants plus ou moins affaiblis des émanations qui ont laissé les traces de leur existence dans toutes les périodes géologiques [Annuaire des eaux de Franee).

M. Chevreul a cherché à distinguer les eaux minérales des eaux regardées comme [Dict. des sienc. natur., t. XIV). C’est ce que les anciens chimistes tentaient eux-mêmes de faire , sans pouvoir mieux y réussir. Ainsi, Marquer [Dict. de chimie, 1778) convient qu’en prenant le nom d’eaux minérales dans le sens le plus général et le plus étendu, on devrait le donner à toutes les eaux qui se trouvent chargées naturellement de quelques substances hétérogènes qu’elles ont dissoutes dans l’intérieur de la terre. Il définit comme eaux minérales celles « dans lesquelles les épreuves de chimie font découvrir des substances gazeuses, sulfureuses, salines ou métalliques. » Avec lM. Chevreul, on appellerait eauminérale toute eau qui, dans son cours souterrain, a été placée dans des circonstances qui lui ont permis de se charger plus ou moins de gaz, de sels, de substances organiques même, et d’acquérir par là une saveur et d’autres propriétés que ne possèdent pas les eaux naturelles qui s’approchent de l’état de pureté [loc. cit.). Mais, ainsi que l’a remarqué bientôt M. Chevreul lui-même, et comme les auteurs de V Annuaire, en

EAUX MINERALES.

reproduisant ces expressions de l’éminent chimiste, le font observer avec justesse, toutes les eaux, même les plus pures, contiennent une certaine quantilé de matières étrangères. La distinction à établir entre une eau minérale, si l’on ne s’en tenait qu’aux données chimiques, deviendrait donc d’une difficulté extrême. D’ailleurs chaque jour l’analyse découvre des principes méconnus jusque-là dans un grand nombre d’eaux minérales. Il arrive aussi qu’à l’aide de réactifs mieux déterminés ou mieux employés on rectifie bien des erreurs. Il en résulte des faits comparatifs qui dépouillent telle source de ses prétentions de minéralisation pour lui laisser de simples propriétés de tbermalilé , et élèvent le rang de telle autre dans l’ordre bydrologique. En dernier ressort , à ces égards, nous ne saurions reconnaître rien d’absolu dans le terme généralement consacré ({'eaux minérales.

S’il s’agit de définir les eaux minérales au point de vue thérapeutique, on est encore arrêté par les inconvénients d’une désignation qui a le tort de confondre ensemble les eaux plus ou moins chargées en principes effectifs. 11 y a souvent très peu de différence entre l’eau qui sert aux emplois économiques et celle dont le médecin applique les propriétés au traitement des maladies. Déjà Scudamore [Chemic. andMedic. Report. , 1820) insistait sur ce que toutes les eaux qui surgissent à la surface du sol et qui se sont imprégnées au contact des couches souterraines, pourraient être nommées minérales. Il en exceptait l’eau de pluie. « Cependant, ajoute-t-il, en s’en tenant à son acception médicale, cette même expression représente toutes les eaux possédant soit une certaine proportion de matières fixes ou gazeuses, soit une température spéciale , et signalées pour ces causes comme capables de produire des effets remarquables sur l’organisme humain. » L’usage a prévalu jusqu’ici pour caractériser de la sorte les eaux minérales, quoique ce langage manque de précision et qu’en les qualifiant de médicamenteuses ou mieux de médicinales^ on eût indiqué plus sûrement la corrélation de leur constitution et de leur rôle dans l’art de guérir.

Caractères physiques. — Les caractères ou propriétés physiques que les eaux minérales possèdent et qui s’impriment à nos sens sont : la couleur, Vodeur, la saveur, la limpidité, Vonctuosité. Quelques auteurs admettent encore la densité qui, à notre point de vue, appartient plutôt aux caractères chimiques.

Si quelques-uns de ces caractères ne sont propres qu’à certaines eaux de même nature et de même origine, ou à peu près, les eaux appartenant à la classe des sulfurées par exemple, il en est beaucoup d’autres dont la ligne de démarcation est des plus difficiles à tracer, à ce point que toutes les propriétés physiques d’une eau se retrouvent dans une autre, quoique

ayant une constitution un peu différente : de ce nombre sont les eaux bicarbonatées non ferrugineuses, qui, physiquement, se confondent avec un grand nombre d’eaux chlorurées et avec plusieurs variétés d’eaux sulfalécs. On conçoit alors que dans cette circonstance l’énoncé des caractères chimiques soit le moyen le plus sûr pour découvrir leur nature véritable.

Couleur [voy. Couleur des eaux minérales].

Odeur. — Il est rare de rencontrer des sources minérales qui ne répandent pas une odeur quelconque.

Les eaux sulfurées sont, de toutes, celles qui possèdent l’odeur la plus forte et tout à fait en rapport avec la nature du principe qui sert à les caractériser. Faible et peu prononcée dans les eaux qui contiennent du monosulfure de sodium pur, cette odeur devient au contraire très pénétrante dans les eaux chargées d’acide sulfhydrique comme les eaux dégénérées et les eaux sulfurées calciques.

Les eaux minérales appartenant aux autres classes laissent souvent dégager, lorsqu’on les examine à la source^ une odeur plus ou moins prononcée d’acide sulfhydrique. Celui-ci provient de la décomposition d’une minime quantité de sulfate par la matière organique soluble ; mais cette odeur disparaît souvent peu de temps après que les eaux ont reçu le contact de l’air, et augmente au contraire si, étant de nature très altérable, elles sont conservées pendant un certain temps dans des vases bouchés.

D’autres fois ces eaux possèdent une légère odeur soit bitumineuse, soit marécageuse, très éphémère dans la grande majorité des cas, et qui est là comme un indice de la nature du sol qu’elles ont traversé avant de jaillir à sa surface. On sait que les sources d’Euzet répandent une odeur de bitume si prononcée qu’elles ont reçu l’épithète de bitumineuses.

— Si, dans des circonstances spéciales, le goût suffit déjà pour servir à distinguer beaucoup d’eaux minérales, très souvent aussi il devient insuffisant. On ne doit pas perdre de vue, en effet, que les eaux minérales d’une même classe n’ont jamais ou presque jamais une composition identique. Ici l’acide sulfhydrique prédominant masquera la saveur des autres sels; là, l’acide carbonique atténuera la saveur des chlorures; plus loin , le fer, quoique en proportion très minime, annihilera plus ou moins complètement la saveur des bicaibonates, etc., etc.

.On ne peut donc à cet égard formuler que des généralités encore bien imi)arfailes, et tel palais qui se croit infaillible pour distinguer tout de suite la proportion relative et très approximative de quelques-uns des principes consécutifs, se trouvera, selon nous, très souvent en défaut.

Les eaux minérales sulfurées considérées dans leur ensemble donnent immédiatement la sensation d’une saveur plus ou moins franche c{ui disparaît bientôt après pour faire place à un arrière-goût salin, douceâtre ou fade et quelquefois sensiblement amer.

Les eaux bicarbonatées, en raison de l’acide carbonique libre qu’elles contiennent, ont une saveur piquante, aigrelette, d’autant plus sensible qu’elles sont plus froides et par conséquent sursaturées de gaz carbonique. A cette saveur en succède une autre, dite saline, si la base dominante est la soude, et terreuse, si c’est la chaux et la magnésie qui les minéralisent en plus grande partie.

Les eaux franchement chlorurées laissent au palais une saveur d’abord alcalescente puis saumâtre. Comme beaucoup de celles-ci renferment de l’acide carbonique libre et des bicarbonates, il en résulte que le goût n’est pas toujours un signe caractéristique de leur nature véritable.

Les eaux sulfatées ont généralement une saveur qui se rapproche sensiblement de celle des eaux chlorurées, surtout si elles ne sont pas ferrugineuses.

Les eaux minérales bicarbonatées et sulfatées très riches en sels de fer sont, de toutes, celles que caractérise la saveur la plus tranchée. A la dose de 2 à 3 centigrammes de sel ferreux ou ferrique, elles possèdent une saveur styptique, atramantaire, que tout le monde connaît; mais il ne faudrait pas en conclure de là qu’elle est la meme pour toutes. Il existe un grand nombre de sources considérées à juste titre comme ferrugineuses et qui cependant n’accusent pas au goût la présence du fer en proportion notable. C’est que dans cette circonstance le sel métallique se trouve masqué par d’autres sels et par l’acide carbonique ; aussi moins les eaux sont saturées de principes salins, plus la saveur propre au fer est facile à distinguer.

Limpidité. — Généralement les eaux minérales jaillissent de leurs griffons très limpides, et surtout lorsqu’elles proviennent des terrains primitifs ou volcaniques. Si leur point d’émergence est au contraire dans les terrains secondaires et tertiaires, elles entraînent parfois des parcelles de matières minérales en poudre très ténue qui troublent leur transparence. C’est ainsi que la source des bains de Neyrac (Ardèche), qui, au sortir du granit, lave plusieurs couches de sable fin et d’humus, s’épanche sur le sol tout à fait trouble. Il arrive encore assez souvent que les eaux ferrugineuses bicarbonatées perdent leur limpidité par de l’oxyde de fer qui reste en suspension dans leur masse et qui se dépose dès que les eaux sont à l’état de repos.

Onctuosité. — Ce caractère a été attribué tour à tour et souvent tout à la fois ou partiellement aux silicates, au monosulfure de sodium et à la

EAUX MINÉRALES. S91

matière organique. Il est digne de remarque que ce sont précisément les eaux de la chaîne des Pyrénées, les plus riches en matière organique, qui sont les plus onctueuses.

L’eau de la source Elupia, à Moligl, est peut-être celle qui possède au plus haut degré la propriété d’être onctueuse au toucher.

D’après M. Filhol, les eaux sulfurées très chaudes ne seraient généralement pas onctueuses au toucher, (^e résultat ferait, jusqu’à un certain à point, supposer que, dans la grande majorité des cas, les sels minéraux et la matière organique ne jouent aucun rôle dans ce phénomène, et que le calorique seul en fait tous les frais. On a cru observer, par exemple, que les eaux tempérées rendaient la peau plus onctueuse au toucher que les eaux à therrnalité considérable. Cette question mérite d’être plus approfondie qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour.

iNous citerons seulement, pour mémoire, une explication donnée par des auteurs d’après laquelle les sécrétions acides du corps se combineraient avec les bases des eaux pour former un savon spécial. Si cette théorie était exacte, presque toutes les eaux minérales seraient onctueuses, et en outre ce phénomène serait plus appréciable avec les eaux riches en alcalis qu’avec celles qui sont peu minéralisées; or on sait que c’est tout le contraire qui a lieu.

Aux propriétés physiques que nous venons d’énumérer, nous joindrons l’action que l’électricité exerce sur certaines eaux minérales.

MM. Baumgartner et Marian Roiler sont les premiers auteurs qui, en 1828, soumirent les eaux minérales à l’action d’un courant électrique, et ils virent que, tandis que l’eau ordinaire se décompose en deux volumes d’hydrogène et en un volume d’oxygène, les eaux de Gastein donnaient trois volumes d’hydrogène au pôle négatif et un volume d’oxygène au pôle positif. MM. Baumgartner et Roiler assurent n’avoir rencontré cette singulière propriété qu’avec les eaux minérales de Gastein.

M. Leconte, expérimentant de la même manière avec les eaux sulfurées d’Enghien, a obtenu au pôle positif 2 3 d’oxygène, et au pôle négatif 15^^, 6 d’hydrogène, résultat qui confirme, du moins en partie, celui indiqué avec l’eau de Gastein. Ce chimiste a observé, en outre, qu’avec une pile à auge de trente éléments, et après dix minutes, l’eau minérale avait perdu la plus grande partie de son principe sulfuré, et qu’il s’était formé du monosulfure de calcium par la réaction de l’acide sulfhydrique sur le bicarbonate de chaux. Une partie de ce monosulfure se rend avec l’hydrogène au pôle négatif, tandis que l’autre portion contenue dans le pôle positif se décompose, sous l’influence de l’oxygène naissant, à l’état d’hyposulfite ; de là la disparition de l’odeur dans l’eau de ce tube signalée par M. Leconte. C’est en s’aidant de cette réaction

({ue M. Leconte a pu affirmer que les eaux d’Enghieu étaient minéralisées par de l’acide sulfhydrique et non par du monosulfure de calcium.

Quant à l’action que l’air exerce sur les eaux minérales, nous renverrons aux articles des Eaux bicarbonatées, chlorurées, sulfurées et sulfatées [voy. ces mots].

Caractères chimiques et géologiques. — La constitution générale des eaux minérales étant étroitement liée à l’ordie dans lequel nous croyons convenable de les classer, nous renvoyons à l’art. Classification pour cet exposé.

L’étude de l’ortgine de ces sources prête également, abstraction faite des hypothèses qu’elle a suggérées, à leur divisioji en groupes assez distincts. Si les analogies qui ont servi à les rapprocher n’ont pas toute la rigueur scientifique qu’on voudrait trouver en pareille matière, du moins peuvent-elles servir de jalons, en attendant que le problème si complexe du gisement des eaux souterraines soit dégagé de ses trop nombreuses inconnues. Nous reproduirons à notre tour, comme document resté peut-être en arrière des opinions et découvertes plus récentes, mais souvent invoqué à titre de modèle, le classement des sources, donné par Alex. Brongniart [Dict. des scienc. nat., l. XlVj, pour établir leur rapport avec les terrains d’où elles sortent.

1° Terrains primitifs. — Les eaux qui sourdent des terrains primitifs contiennent de l’acide sulfhydricjue, de l’acide carbonicjue, de la silice libre, du carbonate et d’autres sels ;i base de soude, des sels à base de chaux (sauf le carbonate] et peu de fer. Dans cette classe sont comprises toutes les eaux à température élevée; telles sont la plupart des eaux sulfurées des Pyrénées [Ea.ux- Bonnes, Cauterets, Baréges, Luchon), et celles de Chaudesaigues et de Vie dans le Cantal.

T Terrains moitié cristallisés, moitié compactes, renfermant presque tous les terrains de transition. — On y trouve rarement des eaux sulfurées. Dans celles qui en jaillissent , l’acide carbonique existe en assez grande abondance, ainsi que les sels de soude. Elles contiennent plus de chaux et d’oxyde de fer que les eaux des terrains primitifs, mais elles sont moins chaudes. Exemples : Vichy, Néris, Bourhon-V Archambault, Cambo, Bourbon-Lancy, Cransac, Saint-Gervais, les eaux sulfurées d'Aix-la-Chapelle, et les eaux ferrugineuses acidulés de Spa et de Seltz.

3*^ 'Terrains de sédiment inférieurs. — Les eaux qui naissent de ces terrains ont beaucoup d’analogie avec les précédentes; cependant l’acide sulfhydrique a presque disjtaru, et la proportion de silice et d’acide carbonique a diminué sensiblement. Les principes dominants sont les sels

EAUX I\Î[XÉRALES.

de sonde, à l’exception dn carbonate; mais ie sulfate da chaux se montre dans tontes. Sont comprises dans cette classe les eaux île Bagnères-de- Blgorre, Ussat, Bagnols, Luxeuil^ Plombières, Aix (en Savoie), Nieder-

bronn, Pyrrnont»

Ip Terrains de sédiment moyens. — Les eaux de ces terrains possèdent tous les caractères des eaux de sédiment inférieur; elles sont un

peu sulfurées, comme à Gréoutx, et assez chlorurées, cotume à Balariic et à Bourbonne-les- Bains . Celle catégorie semble du reste comprendre presque toutes les autres, puiscju’on y trouve, à côté des eaux sulfurées et chlorurées, des eaux bicarbonatées et sulfatées, comme à Fougues, à Aix t^en Provence) et a Saint-Amand (Nord). Elles sont aussi tantôt froides, tantôt chaudes.

50 Terrains de sédiment supérieurs. — Les eaux des terrains de sédiment supérieurs sont froides; elles contiennent du carbonate de chaux

et de magnésie, du sulfate et du carbonate de fer. Quoî(|ues-unes sont très sulfatées, comme celles de Passy , d’autres carbonalées, acidulés et ferrugineuses, telles que les eaux de Forges, Provins, Segray (Loiret). C’est de cette natijre de terrain que sourdent les sources sulfurées ùlEnghien, minéralisées par du sulfure de calcium provenant de la décomposition du sulfate de chaux au moyen de matières organiques.

(30 Terrains à base de porphyre, de trachyte et de basalte. — De ces terrains sourdent des eaux qui ont la plus grande analogie avec celles des terrains primitifs. Elles sont tantôt froides et tantôt chaudes. Les principes que l’on y retteontre en plus grande quantité sont l’acide carbonique, l’acide sulfhydrique, de la silice, des carbonates alcalins et terreux; enfin les produits des déjections volcaniques, tant anciennes que modernes. On y trouve à peine le sulfate de chaux et les sels à base de iuagnésie ou de fer. Les sources du Mont-Dore, de Saint- Allyre, Rogat, Vic-le-Comte, Chatelguyon, en France, jaillissent des terrains de cette nature.

7° Pays volcaniques. — Les eaux qui s’échappent des localités possédant des volcans encore en activité sont plus chaudes que les précédentes; l’acide carbonique , la silice, l’acide sulfhydrique y abondent, ainsi que les carbonates de soude et de chaux, et jusqu’à de l’acide sulfurique libre. Les sources les plus remarquables de ces terrains existent dans les environs de Naples. Les eaux des geysers d’Islande et celles d’une partie de l’Amérique du Sud, de la 51arlinique, de Saint-Domingue, ont la même origine. A Java et dans les Cordillères, quelques-unes contiennent de l’acide sulfurique libre.

Al. Brongniart, en tirant de ces sept groupes ainsi représentés quelques conclusions générales, convenait « qu’il résulte de ces règles mêmes,

Dicr. DES Eaux miner. — T. l.

» déduites eu pailie des faits connus, que les généralités qu’on peut éta- » blir sur la position des eaux minérales rm préseiitent quelque espoir de » vérité (jue pour les terrains les pins inférieur.'^ et pour les supéi ieurs. » Depuis l’époque où ce savant géologue écrivait, l’iiydrologie minérale a emprunté de nouvelles bases aux analyses chiîuiques, et d’ailleurs les circonstances de gisement de beaucoup de sources ont été mieux déterminées. Comme nous le signalerons dans d’autres articles, la formation des sources n’est pas toujours en rapport exact avec les terrains dans lesquels on les voit jaillir, et leur composition dépend souvent autant des migrations qu’elles accomplissent à travers des couches de diverse nature que de leur point d’émergence primitive. La tliermalité d’ailleurs de ces eaux déjoue parfois les plus belles iiypoilièses. On distingue, en outre, aujourd’hui, sous le nom iïeaux 'minérales artésiennes ^ les eaux obtenues par le secours de i’arî, et qui se dinérencient des eaux dites minérales naturelles. La théorie de Brongniarî, quelque ingénieuse qu’elle puisse être, demande donc une révisif)n sinon complète, du moins rectihcative en plusieurs points de détail [voy. Gisement. Origine. Calorique DES eaux minérales. MlNÉRALISATiON. RoCHES CONGÉNÈRES].

Les eaux minérales, envisagées sous un point de vue général, ont-elles une composition invariable à toutes les époques de l’année? Tel est le problème que l’on a cherché à résoudre dans ces derniers temps.

Pour beaucoiq) d’auteurs, certaines eaux minérales auraient subi et subissent encore tous les jours des modifications dans leur constitution; en voici quelques exemples :

D’après Berzelius, les eaux deSteinbad, à Tœplitz, ne contiendraient plus autant de sels minéraux qu’aulrefois. Dans les eaux de Rippoldsau, Suitzer n’a pu retrouver la n ême proportion de carbonate de magnésie et de sulfate de soude indiquée peu de temps auparavant par Klaproth. Suivant Hermann, la plus grande partie de ia chaux des sources salées de Halle aurait été remplacée par de ia magnésie. A Schœnnîeck, le sulfate de soude disparaît peu à peu. Les eaux de Pyrmoiit, dit Struve, sont alcalines etgypseuses pendant l’été seulement; et enfin, d’après M. Fonlan, l’une des sources de Borcetle ne serait sulfureuse que pendant l’été.

L’analyse des dépôts spontanés n’a pas moins servi que l’analyse des eaux à mettre leschimisies sur la voie des changements survenus par suite du temps, sinon dans la nature, du moins dans la proportion de ({ueiques-unsdes principes entraînés par les sources. On sait, par exemple, (jue les incrustations de Srunt-iNectaire ne sont plus aussi riches en silice (ju’autrefüis, et que beaucoup de tiaverlins ïi’ont pas la môme constitution à la partie supérieure (ju’à ia partie inférieure.

Les causes de ces perturbations journalières dans la mirtéralisation

s’expiiqiieîit suriout : par les chaDgements de direciion que les

sources éprouvent lorsque leurs canaux viennent à s’obstruer : les eaux se cliaigent ou se débarrassent ainsi d’une certaine proportion de sels nnnéiaux que l analyse y décèle; 2° par l’interventioi) des sources d^eaux douces avoisinantes et des eaux pluviales, qui, tout en atténuant d’autant le degré de minéralisation, changent plus ou moins la nature des eaux minérales qu elles rencontrent dans les couciies superhcieiles ou profondes de la terre.

Le débit, la nature des eaux, et enün les saisons, ont encore une influence marquée sur les variations de composition des eaux minérales. On comprend tout de suite c[ue plus une source a ms débit abondant, moins les principes qu’elle apporte avec elle sont sujets à s’altérer ou à vaiiei dans leui quantité, et cela parce que l’eau minérale s’écoulant en grande masse subit pendant un temps moins long le contact des couches intéiieures du globe; si elle ne perd pas une partie des principes qui la minéraiisent, elle n’en acquiert pas davantage: c’est le cas des filets d’eau minéiale situés aux environs des sources abondantes non sulfureuses. Dans les piemiers, on y reconnaît très souvent de l’acide sulfhydrique provenant de la décomposition des sulfates pendant le temps que l’eau met pour arriver à la surlace du sol. Plus une eau minérale est de nature alteiabiC;, plus elle est susceptible de se modifier dans sa composition primitive : telles sont les sources suliurées, qui, pendant leur mouvement ascensionnel, absorbent l’oxygène de l’air conflué dans les couches supei flcielles de la terre. L élévation et l’abaissement de la tetnpérature ambiante, se faisant sentir, comme on sait, à des profl)ndeurs variables du sol, suivant la nature du terrain, ont encore pour effet, cela n’est pas douteux, de retarder ou de hâter la décomposition de quelques-uns des sels dissous.

On doit donc conclure de tout ceci que la composition chimique d’une eau minérale ne peut être absolument invariable; mais il convient aussi d ajouter que, dans la grande majorité des cas, les variations sont peu importantes, au point que i analyse est parfois impuissante à les reconnaître et que l’art médical doit peu s’en préoccuper.

CürcictèrGS physiologiques et thérapeutiques. — Les eaux minérales étant admises à litre de médicament, on devait chercher à se rendre compte de leur action sur 1 économie. C’est le fait de toute application ratiouneile eu matière médicale; mais sur ce terrain, il est déjà peu aisé, pour ue pas dire impossible, de tirer de la nature du médicament un sens rigoureux et catégorique. plus forte raison démêlera-t-on difficilement les propriétés intrinsèques et absolues des agents complexes qui composent la médication thermale. Nous avons, il est vrai, cherché à

EAUX MINERALES.

rapprocher et à classer les eaux minérales d’après la caractéristique d’nii • principe préclominaijt. La nécessité de la îuéthode nous y obligeait, et l’on ne saurait nier que l’élément doniinant dans une eau quelconque, fer, soufre, chlorure de sodium, etc., ne détermine une partie des effets qu’elle est appelée à produire et des indications qu’elle remplit. Si l’on s’en tenait à cette seule donnée, il suffirait de recourir aux nombreuses observations expérimentales publiées sur l’action de ces substances simples ou composées en présence des divers systèmes organiques. Un triage , ou bien un accord effectué entre leurs effets physiologiques et thérapeutiques deviendrait le guide le plus sûr dans la pratique. Plusieurs hydrologues l’ont compris ainsi, et recommandent de diriger l’application des eaux minérales dans cette voie.

Malheureusement, quehfue louable que soit cette tentative, elle est loin d’atteindre son but. Sans parler des influences accessoires, qui mériteraient une appréciation particulière, un certain nombre de principes minéralisateurs sont communs à la plupart des eau?, minérales; d’autres matières étrangères, organisées ou non, sont comprises souvent dans le même véhicule; enfin la thermalité caractérise beaucoup d’entre elles. Fera-t-on le départ des propriétés physiologiques inhérentes à chacune de ces puissances modificatrices? Un tel travail, restreint môme à une série ou classe d’eaux et appuyé sur les meilleures circonstances d’expérimentation, n’aboutit déjà qu’à une dissémination de notions peu propre à préciser le traitement. S’il fallait le reproduire pour chaque source minérale prise à part, ce serait se perdre dans cette analyse infinitésimale dont un système fameux a arboré les abus.

Ce n’est pas à dire pour cela, que les eaux minérales n’offrent rien, dans leur influence médicatrice, qui no puisse être analysé. Personne ne contestera, à coup sûr, !’im})ortance du contact de la peau ou de la muqueuse gastro-intestinale avec une eau chargée de principes toujours actifs, et dans laquelle le calorique joue un rôle plus ou moins essentiel. Si les conditions de f absorption [voy. ce mot] sont encore obscures, nous n’en reconnaissons pas moins la modification produite et diversifiée à l’aide de l’eau minérale et de ses modes d’emploi , sur les deux surfaces les plus étendues, les plus sensibles et les plus sympathiques du corps humain. A la vérité, pour nous, le mouvement fébrile qui vient compliquer, dans certains cas, le cours du traitement thermal, doit être dépouillé des prérogatives de manifestation critique et favorable trop complaisamment concédées [voy. Fièvre thermale]. Mais il est bien certain que les effets diaphorétiques, diurétiques, purgatifs, consécutifs au réveil des actions fonctionnelles on organiques, méritent une sérieuse attention, et que le succès dépend de l’habileté avec laquelle le médecin

(les eaux utilise leur déveioppemeut. Nous eu dirions autant des propriétés réparatrices, dépendant tantôt de la minéralisation de certaines sources, tantôt des procédés hydrothérapiques eux-mêmes, le plus souvent du concours synergique de ces conditions. Et ce qui est vrai au point de vue moi bide et curatif s’entendra encore pour les contre-indications qui ressortent de la nature des eaux et de l’inleîtsité des troubles dynamiques ou autres, provoqués par leur usage.

Ceci nous amène aux véritables termes de la question. C’est qu’indépendamment de leur type prédominant ; r les eaux minérales mises en œuvre représentent un ensemble de principes et d’actions s exerçant sur les phénomènes les plus intimes de la nutrition, et donnant lieu de la sorte soit à des combinaisons irréductibles, soit à des mouvements vitaux insaisissables; 2° elles doivent toujours être considérées relativement aux idiosyncrasies qu’on leur soumet. Nous vérifierons le premier de ces objets à propos de leur application thérapeutique, dont on ne saurait le séparer. L’autre point lui-même se rattache encore mieux peut-être à la discussion de la valeur des indications curatives, puisque les maladies chroniques, comme l’ont exprimé MM. trousseau et Pidoux , s individualisent très peu dans leur sujet, et que le traitement de ces états constitutionnels originels ou acquis, et véritablement idiosyncrasiques, comprend presque tout le champ de la médecine thermale.

En résumé, à notre avis, les renseignements recueillis ou annoncés sur les effets physiologiques des eaux minérales n’ont qu une valeur relative. Il faut en tenir compte, mais partiellement et à la condition de ne négliger aucune des circonstances sous l’empire desquelles ils se sont produits, soit chez l’homme sain, soit dans l’organisme malade. Et encore , même avec cette réserve , les verrons-nous toujours rentrer dans les principaux traits de notre thérapeutique, à savoir, ceux des médications altérante, substitutive et reconstituante [voy. Médication thermale].

Une eau minérale quelconque soumise à l’étude ou au choix du praticien sera envisagée sous le triple aspect : 1“ de sa composition et de sa thermalité; 2° des modes d’administration qu’elle réclame ou qui lui sont appropriés; des conditions topographiques et hygiéniques dont elle s’entoure. C’est la marche que nous avons suivie dans les articles de ce Dictionnaire, relatifs à chaque station minéio-theimale en particulier, autant du moins que le permettaient les renseignements publiés sur chacune d’elles et l étal présent des connaissances. hydiologiques. Cette méthode est la plus simple : aucune autre ne saurait éclairer sûrement des recherches qu’on regarde généralement comme difficiles ou vaines au milieu de monographies contradictoires, empreintes trop souvent d’une partialité fâcheuse.

I-es eaux minérales, a écrit riiii de nous (Traité thérap. des eaux min. de France et de l'étranger, 1,S57), considérées soit dans l'ensemble de leurs divisions cbimiquos, soit pour quelques-unes, individuellement, oflrent, en général, une série plus ou moins étendue d’applications qui leur sont propres, spéciales, et qui les indiquent d’une manière particulière dans un certain ordre d’états pathologiques. »

Bien des exemples confirment celte proposition, et, pour ne nous arrêter qu’aux plus saillants, nous citerons les eaux chlorurées sodiques, inséparables du traitement de la diathèse scrofuleuse; les eaux sulfurées évidemment applicables aux affections de l’appareil respiratoire; ou encore, si l’on ne veut envisager que la cure d’une maladie déterminée nous rappellerons l’incontestable action des eaux bicarbonatées sodiques dans cerlaines formes de coliques hépatiques. . f.a première chose à faire est donc de dégager la spécialisation des eaux minérales vis-à-vis des principaux faits pathologiques auxquefs elle s’adre.sse, et de la séparer des diverses applications auxquelles elles peuvent encore servir. (Dimand-Fardel, lac. cit.) L’importance d’un pareil sujet en hydrologie medicale, autant que la nouveauté des résullats auxquels il nous semble evoir prêter dans la pratique, comporle des dévelop])ements et une discussion qn on trouvera à l’article Spéciausation.

Mais celte spéciali.salion elle-mème se relie d’une part à l’étude de la constitution des eaux minérales, de l’autre à leur mode d’emploi La t.LASSiFinATlON [voy. ce mot], ainsi que nous avons cru devoir i’adonfer est destinée à indiquer parmi elles les groupes les plus naturels forrtiés 5 I aide des données chimiques, .sans jamais perdre de vue la prédominance médicatrice de le! ou tel de leurs éléments. Ouelqtie anificielle quelle soit encore, cette mise en ordre des agents dont nous disposons a la prétention de ne point séparer les eaux ou les groupes d’eaux équivalentes de leur spécialité capitale. C’est ce que la comparaison de ces groupes avec divers états diathésiques tend à établir dans le cours te ces articles. Enfin, à coté des spécialités d’action, il en est de secondaires, .souvent communes à un grand nombre d’eaux, parfois simplement caraclerisliques de quelques-unes , toujours essentielles à considérer. Le trmtement thermal se règle sur celles-ci comme sur les premières ; il se fonde aussi sur la diversité des procédés que l’art met à notre disposition, autant de conditioirs appelées à faire varier les rapports de cau.se.s-à effets. Nous le.s avons réservées également pour un exposé parlicnlier [voy, I'uattement thermal].

I.orsque, d’après le vœu de la .Société royale de médecine de Paris Carrère rédigeait, en 178.5, un Catalague raüonné de tous les ouvrages publies ju.squ a celle epoque sur les eaux minérales, on s’étendait volon-

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