ECZÉMA
point capital de la diathèse, soit acquise, soit hét édilaire; seulement, on remarquera par avance que les prescriptions de notre pratique s’appuient surtout sur la physionomie spéciale que donne aux sujets eczémateux, comme à ceux atteints d’autres maladies de la peau, tantôt une simple disposition herpétique, tantôt une constitution lymphatique ou une tendance aux scrofules; d’autres fois cet ensemble de phénomènes nerveux qu’on connaît sous le nom d’éréthisme. Le choix des stations thermales ou du littoral marin lui-même dépendra de l’appréciation de ces circonstances importantes.
I.es eaux sulfurées sodiques, divisées, comme nous le verrons, en celles qui conservent leur principe à l’état de sulfure ou de polysulfure, et qui sont par cela même très excitantes {Bcü-êges), et celles qui s’altèrent rapidement et acquièrent ainsi des propriétés sédatives [Saint- Sauveur, Molitg), ne peuvent donc convenir indistinctement à la cure de l’eczéma. 1! est des localités où, selon l’expression de M. Alibert, inspecteur des eaux d’Ax, on rencontre une véritable gamme sulfureuse apte à remplir beaucoup d’indications [Ax, Ludion). Les eaux sulfurées calciques ont aussi leurs échelons, depuis Schinziiacli, la plus énergique, jusqu’aux moins minéralisées [Baden], ou sulfatées simplement, comme Saint-Gervais (en Savoie), en prenant pour intermédiaires les eaux d’une activité moyenne [Enghien, Gréoulx , Acqui). Les expressiotis diverses de l’herpétisme, en ce qui regarde l’eczéma, trouveront là des appropriations nombreuses. Si l’on a affaire à une caractérisation lymphatique ou scrofuleuse, les haitis de mer du Nerd, ou de la région méridionale, selon qu’il y a ou non à redouter une action répercussive, offrent des avantages réels. Ils ont l’inconvénient, en commun avec les eaux chlorurées sodiques fortes, d’entraîner des eiïets résolutifs trop prononcés et parfois trop prompts du côté de l’affectiojî locale. Cette manière d’envisager leur influence sera appréciée comme elle mérite de l’être.
Nous dirons aussi pourquoi l’union des deux médications spéciales,' sulfureuse et chlorurée sodique , nous semble devoir être préférée dans la majeure partie des cas d’eczéma. Les résultats obtenus près des sources douées de cette double attribution sont très dignes d’attention [Aix-la-Chapelle, Eriage). L’observation a appris que, dans ces stations, quelques bains modifient rapidement les dartres squameuses humides, ou eczéma de AVillan, même les plus intenses. l\L Gerdy rapproche ce (jui se passe alors de l’influence des bains de mer, sur une moindre proportion toutefois. Il a même vu des signes d’une légère congestion intérieure se produire pendant cette période et réclamer de la surveillance. Bientôt, sous l’influence excitante du traitement, une recrudescence plus ou moins forte se manifeste sur les régions malades. Il
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ii est pas de meilieur modéraleur de ce rappel de vivacité dans rirrilatioii extérieure que la coniiiiualioii des bains minéraux. Ii peut y avoir encore des alternatives de })iiis ou moins de durée dans la diminution et le retour de i exacerbation et de la sédation. Mais bientôt, en tenant compte de la date des aOéctions, des dispositions individuelles, etc., on voit la résolution s’établir et la guérison s’assurer.
L’eczéma est, en définitive, l’exemple le plus frappant de ce qu’une médication iiydro-minérale mesurée, et surtout continuée et répétée selon qu’il convient, peut gagner .sur les manifestations d’une des diathèses les plus lebelles aux ressources thérapeutiques. Presque toujours c est par la méthode balnéaire qu’on procède en pareil cas, Lesdoucites chaudes et les étuves ser\ent a diriger vers la peau un mouvement fluxionnaire qui devient quelquefois utile , moins souvent dans l’eczéma qu’à l’occasion de dartres sèches et anciennes. C’est la même idée qui a Viaisembiablement fait adopter l’immersion prolongée près de certaines localités (^L/Oucschsj , et 1 association dans d autres de tous les moyens capables de stimuler la diaphorèse [Aix en Savoie). )%ous pensons que ces derniers modes sont admissibles toutes les foisqu’uii état diathésique ne domine pas le développement des affections eczémateuses; mais ce doit être l’exception. Les mêmes réflexions s’appliquent à l’emploi des eaux à faible minéralisation {Bains, Néris, Piombières, Gastein, Pfeffers, Wildbad), lesquelles répondront à i’intercurrence de symptômes névropathiques dans la production d’un eczéma. Quant aux sources bicarbonatées sodiques {Vichy, Erns, Sclilangenbad),mus ne recormaissons pas leur spécialisation comme dûment avérée à cet égard. Lnlin, on comprend que la propriété purgative de plusieurs eaux, Niederbronn, etc. [voy. Amèhes (eaux)], puisse être mise à profit à titre d’action dérivative du côté du tube intestinal. C’est ce qui se pratique du reste à Uriage et ailleurs, en partant de ce principe que la liberté des évacuations alvines et la stimulation modérée de la muqueuse gastro -intestinale contribuent, dans beaucoup de cii'consta»ices, à la cure des dermatoses. Nous n’avons pas besoin d’insister sur la facilité de récidive à laquelle sont exposés les malades porteurs d’eczéma, et sur la nécessité de revenir souvent à une médication rationnelle, aidée du régime diététique qui ne s’en sépare point.
^ (Allemagne, princip. de Schauinbourg-Lippe). Village près
d’Arnsberg, au pied du Harriberg, dans une belle vallée. ^
Sulfatée cedeique. Tempér. , 15” centigr.
Sources nombreuses, diversement sulfurées, et qui réclament de
nouvelles analyses. La principale , la Julianenquelle, est composée ainsi qu’il suit :
EILSEN.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Sulfate de soude .
Grains.
Gi anî.
— de chaux .
Carbonate de chaux .
— de magnésie .
Chlorure de magnésium .
Phosphate de chaux .
Oxyde de fer .
Acide silicique .
Gaz hydrogène sulfuré .
Pouces cubes.
Cent, cubes.
— acide carbonique .
IZIZ
Hydrogène carboné .
Oxygène .
(Dümesnil.
Ces eaux s’emploient en boisson , mêlées à du lait chaud , et on les chauffe à 33" ou 34° ceniigr. pour l’nsage des bains. Il y a deux salles d’iîdiaiation. Dans la première, une pompe foulante placée sur la source amène l’eau sulfureuse froide, laquelle jaillit à une certaine liauteur et se divise à travers une pomme d’arrosoir pour retomber dans un bassin ; division d’où résulte un dégagement d’hydrogène sulfuré. L’autre salle reçoit, par un mécanisme analogue, de la vapeur d’eau mêlée au gaz: c’est ce qu’on appelle, à Eilsen, l’inhaiation humide et chaude. C’est d’ailleurs par cette sorte d’étuve que les malades débutent, comme étant plus facile à supporter.
Ces inhalations, et l’eau minérale mêlée au lait, sont recoturaandées dans les catarrhes chroniques et la phthisie laryngée (Seegeo).
En outre, dans la même localité, on met à profit les boues déposées au fond des sources. La composition de ces boues est ainsi représentée :
Eau: 16 onces. Eau: iOOO parties.
Acide huinique .
Fibres végétales .
Matière résineuse fétide .
Terre bitumineuse .
Soufre .
Sulfate de chaux .
Carbonate de chaux .
Eau. . .
Gaz hydrogène sulfuré
Grains.
Pouc. cub.
Cent, c
(Dümesnil.)