ABSORPTION CUTANÉE. H
qu’elle a tel ou tel degré, peut activer le mécaiiisine de rabsorj)tio!i ou l’enrayer. Avant lui, des remarques avaient été publiées à cet égard et restaient éparses dans la science. Il a le mérite d’avoir synthétisé''par sa propre expérience celles de ses devanciers, et nous reproduisons la formule suivant laquelle il se résume, à savoir, que : (. le bain sollicite >) l’absorption de l’eau ou des parties aqueuses lorsqu’il est frais. Il pro- ' » voque l’exhalation lorsqu’il est chaud. L’absorption ainsi que l’exhala- » tion augmentent à mesure que la température s’écarte davantage de l’indilférente ; et la température indilférente constitue la limite où l’ab- » sorption cesse et où l’exhalation commence. » C’est généralement, comme il est facile de le vérifier, entre 32° et 34“ centigr. que se rencoiitie le point où le corps plongé dans l’eau ne perçoit aucune sensation de chaud ou de froid. W. Kuhn a désigné cette limite sous le nom de degré noiherme, ou limite thermique, ou enfin température normale du bain. Le tempérament et l’idiosyncrasie des individus, outre plusieurs autres conditions, états morbides, température du milieu ambiant, heure de la journée, etc. , peuvent faire varier ce point isotherme. Mais chez le sujet en pleine santé, il est aisé de le trouver au bout de quelques minuiCS d immeision, et la notion de la température de la peau chez les malades aiderait à l’établir. Nous sommes de l’avis de M. Henry fils, loisqu il legarde comme fort utile dans la pratique la substitution de ce zéro isotherme à celui de l’échelle thermométrique, trop absolu pour se plier aux exigences des susceptibilités organiques et individuelles. Ainsi donc, pour nous, comme pour M. Kuhn, la température est le grand modihcateui de 1 action des bains. Avec lui, nous concevons qu’un bain s’écartant de l’indifférente, en plus ou en moins, devra troubler l’équilibre de la température naturelle du sang, qui est en général de 38° à 39°, ou s’opposer à ce qu’il se rétablisse. M. Duriau, qui a répété les expériences précédentes et conlirraé leurs résultats, observe (Ann. de la Soc. dhydrolog..^ t. II) cjue la source de chaleur inhérente au corps de 1 homme déverse sans cesse une c|uantité nouvelle de calorique que contre-balance une déperdition égale à cette somme. On comprend que le degré d indifférence doive correspondre précisément au point où. le bain soustrait au corps immergé une quantité de calorique égale à celle qui se produit physiologiquement. Nous réserverons le corollaire imposé par M. Kuhn à ces prémisses, et qui tendrait à rendre la réaction entamée solidaire de l’imbibilion ; c’est un autre ordre de faits qui sera examiné ailleurs [voy. Réaction, Poussée].
Ou advient-il lorsque l’eau tient en dissolution des matières salines ou médicamenteuses? Il reste encore à connaître d’une façon précise si ces sels ou ces médicaments sont entraînés avec le liquide qui les tient
ABSORPTION COTANÉË.
en dissolution, ou s’il s’est opéré une dissociation de ces diverses parties en vertu des Ibis de l’endosmose. Des matières colorantes ou du cyanure de potassium dissous dans un liquide servant de bain se retrouvent, il est vrai, dans les urines.
Westrumb, et plus tard Sachs, qui exerça pendant quatorze ans sur les côtes de la Baltique, ont constaté dans l’urine des baigneurs les principes du sel marin après un bain à 11“ ou 12° cent. , de cinq à dix minutes. MM. Dutroulau et Lefort ont vérifié le même fait à Dieppe [Ann. de la Soc. d’hydrolog., t. IV). Mais loin de voir là une raison péremptoire à l’appui de l’absorption de l’eau, les physiologistes ont objecté que des sels dissous peuvent traverser une membrane animale dont les deux cotés sont en contact avec de l’eau, sans que le niveau de celle-ci change.
Krause, cité par Wagner dans son Dictionnaire de physiologie (t. II), affirme même que la couche épidermique de la peau ne laisse passer aucune portion de liquide, soit par ses pores visibles, soit par suite d’imbibition ou de prétendus phénomènes endosmotiques. Il n’en excepte que quelques eaux où une action chimique encore indéterminée favoriserait cette pénétration. Lehmann a été moins absolu ; il n’accorde toutefois que l’absorption d’une petite quantité d’eau dans le bain. A plus forte raison rejette-t-il celle des principes salins. Malheureusement le peu de conformité des résultats successivement annoncés est bien fait pour nous laisser dans l’incertitude.
M. Homolle [Union méd., 1853) s’est soumis lui-même à des bains prolongés, soit d’eau pure, soit d’eau chargée de diverses substances, pour apprécier les effets de l’absorption ; il a examiné aussi les urines rendues, aün d’y recheixher la présence des substances dissoutes dans l’eau du bain. Sa conclusion définitive exprime bien que l’eau est absorbée par le tégument externe dans le bain ; mais il ajoute qu’au milieu d’un liquide chargé de substances minérales ou organiques, la peau semble douée d’une propriété qu’on ne saurait rapporter qu’aux phénomènes connus en chimie sous le nom de catalyse. Ainsi s’expliquerait cette sorte de départ qui s’opère dans l’absorption cutanée entre les molécules constituantes de certains composés chimiques, à l’exclusion des unes et pour le choix des autres. Nous ferons remarquer ciue dans ces expériences, M. Homolle fait dissoudre des doses assez élevées de sels dans le bain, par exemple lüO grammes de cyanure de potassium et de fer, même quantité d’iodure de potassium, etc. M. Duriau a doublé ces proportions [Ann. de la Soc. d' kyd^^olog ., t. 11), et il affirme plus catégoriquement encore que les recherches les plus minutieuses ne découvrent jamais dans l’urine de traces d’iodure, de cyanure, lorstju’on a mis dans l’eau du bain de l’iodure de potassium, du cyanoferrure potassique, etc. De cette fois, si les