ABSORPTION CUTANÉE
sels I) ont pu se séparer de l’eau qui les tenait en dissolution, du moins se sont-ils modifiés en entrant dans le torrent de la circulation, tellement qu à 1 exception des bases alcalines, leurs éléments ne sont plus saisissables, et que leur appropriation médicale devient hypothétique. Poui ne point quitter le terrain expérimental, nous remarquerons avec AJ. Henry fils [Thèse inaiig., 1855) que ces essais ont été pour la plupart tentés avec des solutions trop concentrées de substances actives, et que le délaut de tolérance de la part de l’organisme peut être un obstacle à 1 absorption. Quelques expériences instituées par i\I. Henry sur une base contraire semblent donner de la valeur à son objection. D’ailleurs il est avéré, pour tous les hydrologues praticiens, que le bain minéral n’agit pas seulement par l’absorption de l’eau, mais encore et le plus souvent davantage, par l’action de quelques-uns des principes rninéralisateurs que 1 analyse peimet de constater. L’usage d’une foule de sources bromurées, lodurées, sulfureuses, ferrugineuses, démontre chez beaucoup de malades, qui ne peuvent supporter ces eaux en boisson, des effets dépendant uniquement du bain, et qu’on ne saurait rattacher qu’à la composition chimique elle-même. Les exemples seraient surabondants à citer.
Que la lumière ne se fasse pas encore sur ce point capital de physiologie, la faute en est moins peut-être aux difficultés de l’expérimentation qu’au point de départ pris par les savants qui l’ont abordée. On a trop négligé, ce nous semble, la considération de l’individu animé, et loin de suboidonnei le phénomène vital aux lois générales de la physique et de la chimie, c est la méthode inverse qu’il convenait d’appliquer plus spécialement. Ces notions accessoires, comme on les appelle, sont-elles utilisées elles-mêmes dans leur véritable signification ? Nous ne le pensons pas. Le double fait de la perméabilité par les liquides d’une membrane privée de poies et de canaux, et du passage de particules réputées insolubles dans la circulation, témoigne que la peau doit aux influences de la vie des piopiiétés particulières. Ces propriétés, la pratique médicale les révèle empiriquement. Les lumières réunies delà chimie et de la physiologie eclaiieiont ce qui reste d obscur dans l’étude des actions moléculaires interstitielles. N’est-il pas déjà satisfaisant de savoir, à coup sûr,non-seulement que l’épiderme est très hygroscopique, mais encore que les fibres isolées, d’origine animale, et les substances azotées, albumine, musculine, etc. , constituant nos tissus , peuvent fixer directement une certaine proportion de la base des sels métalliques qu’on leur soumet. Dans un très intéressant travail présenté à l’Institut [C. R., déc. 1858), AL Verdeil a établi, à propos d’une question étrangère à notre sujet, ces points de vue très féconds en conséquences : il a fait voir de plus, à côté de l’affinité des fibres organiques pour certaines matières, la possi-