ÉTUVE
de nos établissements tliermanx ont été, soit des restes, soit des imitations plus on moins perfectionnées des étuves des anciens. C’était soit l’étuve avec ou sans gradins, soit la boîte de vapeur établie sur des bassins inférieurs, faisant hypocausie.
Wais l’emploi de la vapeur dans le traitement thermo- minéral venant à étendre ses applications , on songea à améliorer les dispositions des étuves. D’abord, on a eu recours aux locaux circulaires ou polygonaux, reposant sur bypocauste, avec des cellules et siège a claire-voie sur les parois : telles sont les étuves du Vernet, d’Aix-les-Bains, etc. Dans ces dernières nmées, on en a amélioré et étendu les dispositions. L étuve proprement dite s’est composée d’un vestibule d accès, faisant tepidarium, avec ou sans bypocauste, d’une ou de plusieurs salles avec gradins et tambour de prise de vapeur ; enbn d’un ou de plusieurs locaux contenant chacun une boîte de vapeur pour bain total, moins la tête, ou pour bain partiel. Dans quelques étuves on a ajouté des vestiaires et des cabinets avec lit de repos. Ces disjiositions ont été plus ou moins complétées dans les étuves de Ludion, d’Amélie- les-Bains, de Bagnètes, de Luxeuil, de Néris, etc.
INous n’avons parié jusqu’ici que des étuves à vapeur spontanée, c està’dire spontanément fournie par l’émission, ou par 1 évaporation iibie de bassins inférieurs, ou d’hypocaustes. Il existe depuis quel(|ues années d’autres étuves alimentées par de la vapeur d’eau minérale iournie par des chaudières ou générateurs de vapeur. On y a été conduit pai la nécessité d’une plus forte tension pour obtenir le bain de vapeur avec fumigation, ainsi que la douche de vapeur, et aussi pour avoir des bains de vapeur à température facultative, réglée par prise de vapeur. On a successivement appliqué la vapeur forcée à l’étuve à gradins, à la boîte de vapeur, à la douche générale ou partielle et au bain russe. Les étuves de ce genre les plus complétés sont celles de l’hopiial Saint- Louis, à Paris, du ^lont-Dore, de Royal, de Bagnères-de-Bigorre, d’Amélie les-. Bains, etc. Celles de Bagnères, les plus achevées, se composent du vestilmle, du tepidarium à hypocausie, de l’étuve à gradins et a tambour de prise, de la caisse de vapeur, de la douche générale, du bain lusse com|)let, et d’un grand nombre de cabinets avec lits de repos et de massage chauffés à la vapeur. Sur tous les points, on lonctionne a volonté avec la vapeur d’eau minérale spontanée ou forcée, avec ou sans iumi-
gation. I- '
Quelques étuves ou bains de vapeur totaux ou partiels sont alimentées
par la vapeur exaltée, obtenue par chute de l’eau minérale, avec ou sans
appareils à trompe, dans l’hypocausie. Telles sont les étuves de Bagnères,
d’Amélie-les-Bains, et les vapeurs Bertholiel d’Aix-les-Bains.
EUZET-LES-BAINS OU YEUZET.
KTUVKS 1>IA'I'1!RELJ,KS. 0]i entend par iHuva naturelles des excavations du soi dans lesquelles s’accumulent des vapeurs humides ou seches, et pouvant servir à des usages médicaux. Tantôt ces vapeurs se dégagent spontanément d’une source thermale, ordinairement souterraine ; tantôt elles font issue à travers les fissures d’un terrain volcanique. Leur composition varie d’après leur origine ; du moins, si l’on s’en rapporte à des renseignements assez peu précis, la plupart l eprésentent à un état de division très grand l’eau qui les fournit; quelques-unes n’ont pas oiïert d’autres élémeius que ceux de l’eau distillée ; enfin les émanations non aqueuses étant presque toujours dues à la combustion de pyrites ou de schistes pyrileux, elles sont regardées comme sulfureuses Ces questions d’analyse chimique demanderaient une révision nouvelle.' Quant a la thernialité, elle correspond au foyer de production.
Les Romains avaient en grande estime ces moyens de sudation C’est surtout sur le territoire de Naples, de Pouzzoles, de Baïa, qu’on retrouve des restj de constructions antiques au voisinage d’étuves naturelles (stu esudatmn des Italien.s). On cite celles de San-Germano, sur le bord du lac d Agnaiio [voy. Agnano]. Mais les plus célèbres étaient les étuves de Néron ou bains de TritoU, clans un rocher au-dessus de la mer enlie le lac Lucrin et le golfe de Baies. La chaleur s’élève dans ces dernieres jiKsqu à 50 centigr. , celle de la source étant même de 85», et il est difficile d endurer longtemps les effets d’une atmosphère chargée d’huniidite et de vapeurs brûlantes, telle qu’on est appelé à la subir dans le soutenu, encore existant aujourd’hui. Peu de personnes entreprennent inie epretive aussi pénible, et les étuves Posidaniennes, appelées depuis Etuves de Aeton, sotit à peu près délaissées.
IscHu] nombreuses de l’île d’Ischia [voy.
En France, il n’y a qu’une station où l’on tire parti des émanations chaudes de la terre : c’est à Cransac, dans le département de l’Av-evrona proximité de vastes houillères qu’on suppose embrasées depuis des siècles donne heu a des exhalaisons qui sont utilisées en étuves partielles [voy. RANSAC]. On trouvera à l’article Cransac des renseignements .sur
eur mode d’installation, ainsi que sur les propriétés thérapeutiques qui leur sont attribuées. * ‘
ElI€JA]\Kfi']\S (Tlics‘mc»$). Voy. AB.ANO.
A (ï'raiice, Gard, arrotid. d’Alais)
A 16 kilométrés de cette ville.
Suifaree calcique. Tempér, , de 13'’ à 18°.
1 r()i,s sources r i^ovaleffe 1*^° rotiiirrv . r, m
. lô ceiitigr.; la /)/«r/7^y7St?, 18° ceuiifr,- •
la Com/mc, 13° centigr. ^
EIjZET-LES-BAINS ou yeuzet.
Acide sulfhydrique libre .
Bicarbonate de chaux . |
Sulfate de magnésie . /
— de soude . (
Chlorure de sodium . /
— de magnésium . (
Silice, oxyde de fer, phosphate, matière organique, bitume, sen- > sibïe et perte. . . j
Eau
; un litre.
Source
Source
Lavalette.
de la marquise
Lit.
traces
'1 am.
Gram.
(O. Henry.)
La source de la Comtesse n’a été , que nous sachions , l'objet d’aucun examen suivi.
Les trois sources d’Euzet contiennent de l’acide sulfhydrique, mais en proportion variable. Voici, à cet égard, le résultat obtenu par M. le docteur Auphan :
Iode absorbé en milligrammes par litre :
Source de la Marquise
— de la Comtesse
— de Lavalette. . .
3 en moyenne.
La source de la Marquise a un débit de 25 000 litres par vingt-quatre heures, débit plus que suffisant pour alimenter les baignoires, douches et étuves de l’établissement thermal.
La source de la Comtesse jauge environ 15 000 litres dans une journée, et la source Lavalette 18 000. L’eau de cette dernière est la seule qui soit exportée.
La Marquise fournit l’eau des bains. La Comtesse alimente une piscine carrée de 10 mètres de côté, où beau est chauffée seulement par les rayons solaires, ce qui lui donne une température moyenne de 2A cent. Enfin, l’eau de Lavalette est destinée à la boisson.
Les eaux d’Euzet sont remarquables par la proportion notable de matière bitumineuse qu’elles contiennent : aussi les voit-on inscrites sous le nom ^eaux sulfuro- bitumineuses dans la notice de M. le docteur Auphan. i Sur les lieux, malgré l’odeur sulfureuse plus pénétrante, l’odeur bitumineuse est assez prononcée pour être sensible à quelques pas de la source ; et, en outre, la saveur franchement asphaltique de l’eau ne peut laisser aucun doute sur l’existence d’une quantité relativement assez considérable du principe balsamique dont nous parlons. »
650 ■ EUZET-IÆS-BAINS OU YEUZET.
Nous signalerons également la proportion de sulfate de chaux qu’elles renfermefit, très su|)érieur(‘ à celle de la plupart des eaux sulfurées.
A 1 kilomètre des sources d’Euzet et dans la commune de Saint-Jean de Ceyrargues, jaillit une source que l’on suppose avoir la même composition que les précédentes, et qui alimente quatre baig!)oires placées dat)s un bâtiment d’une construction très ii régulière.
L eau de la source de Saint-J ean de C eyrnrgues est plus riche en principe sulfureux (fue les trois sources d’Euzet, car un litre d’eau a absorbé 17 milligrammes d’iode. Elle répand, comme les aulr’es, une odeur manifeste de bitume, et possède une température variable selon la saison : ainsi, pendant l’été, elle marque 18° et 19°, et pendant l’iiiver 8° seulement.
Son débit est peu considérable, et elle est surtout fréquentée par les paysans des environs, qui la considèrent comme plus active dans le traitement de certaines maladies delà peau. Elle n’a encore été l’objet d’aucun examen chimique.
Les quatre sources que nous venons de faire connaître déposent dans leurs réservoirs une substance blanchâtre, floconneuse, que M. Auphan croit être de la sulfuraire.
Les eaux d’Euzet ont été fort peu étudiées jusqu’ici , et à i)eine mentionnées dans les traités généraux, bien que cette station thermale ne soit pas sans importance; cependant elles ont fait récemment l’objet d’un travail assez étendu de la part de M. Auplian {^Considér. méd. sur les eaux sulfuro-hituinineuses ô, bases de chaux et de magnésie d' Euzet-les- Bains, 1858), travail auquel nous ferons quelques emprunts.
Cet auteur attribue aux eaux d’Euzet une action très marquée dans le traitement des alfections caiarrhaies de l’appareil respiratoire. L’importance qu’il attache, à ce sujet, à la qualité bitumineuse de ces eaux n’est point acceptée par M. O. Henry, ni par M. de Puisaye [Arm. de la Soc. d'hydr. inéd. de Paris, t. V). Quoi qu’il en soit, les eaux d’Euzet seraient remarquables par leur parfaite innocuité et î)ar la dose élevée à laquelle on pourrait les adrninislier impunément dans les cas de phthisie même. Elles sont à peine excitantes, et i)roduisent en général une action légèrement laxative. Ces ciiconsiances tendent à étai)lir une différence assez notable entre elles et les autres eaux sulfurées communément employées dans les alh'ctions de ce genre, en particulier les Eaux-Bonnes.
11 semblerait cependant résulter des observations de M. Auphan (pie c’est dans le traitement de la dysjiepsie que les eaux d’Euzet réussissent le mieux. Dans la dys|)ej)sie muqueuse et flatulente, l’eau minérale est administr(;e â une dose encore élevée, de huit à douze verres par jour,
’ÉVAllX. ^5^
avec des lolioiis froides sur la surface du corps et des douches également froides sur i’épigaslre. Dans la dyspepsie gaslralgique. la dose à rinîérieur est infiniment moindre et les bains doivent être pris à un degré tempéré.
M. Anplian déclare que les eaux d’Euzet ne conviennent nullement dans les dermatoses humides, ou dans la diathèse herpétique humide. Elles conviennent, au contraire, très bien dans la diathèse herpétique sèche, c’est-à-dire dans les affections papuleuses ou squameuses, lichen , prurigo, les diverses formes de psoriasis [loc. cit.). Dans les cas de ce genre, l’eau minérale est administrée à dose purgative, et les bains sont pris à une température voisine de V indifférente. Nous ne pouvons nous empêcher d’émettre quelques doutes sur l’exactitude de la proposition qui concerne l’efficacité des eaux d’Euzet dans le traitement des affections squameuses. Ce que nous savons de la ténacité et de la résistance habituelle des dermatoses de ce genre nous paraît difficilement conciliable avec de telles assertions. Nous devons supposer que l’auteur s’est laissé quelquefois imposer par des résultats superficiels et passagers, comme on en obtient si souvent au moyen de traitements thermaux même peu actifs par eux -mêmes, ou qu’il se sera trop pressé de généraliser quelques bons résultats obtenus près de formes jilus légères et plus faciles à guérir que d’autres. Les eaux d’Euzet n’exercent point d’action spéciale sur la diathèse scrofuleuse.
(Eawx). Yoy. PURGATIVES (EaUX).
ÉVAl'X ; France , Creuse, arrond. d’Aubusson). A 36 kilomètres de Guéret et à 380 de Paris. Altitude, A66 mètres.
Sulfatée sodique. Huit sources.
Température.
Source de César . . 55"
— Nouvelle . 47"
— de V Escalier . 46", 5
— du Petit Cornet . 51"
— du Bain du milieu . 4 5°, 5
— de ] A Douche de vapeur . 51", 5
— de la Mare ou du Bain carré . 48"
— de la Piscine ronde . 26"
Toutes les sources d’Évaux présentent à leurs griffons une légère odeur d’acide sidfhydrique qui ne tarde pas à disparaître, à l’exception toutefois de celle du Petit-Cornet, qui conserve ce caractère beaucoup plus longtemps.
î.e gaz spontané qui se dégage des puits a été ti ouvé composé de :
Oxygène... . 9,9
ÉVAUX.
Voici la Cüinposilioii des sept sources priiici])a)es :
Eau : un litre.