CT, O, I
pari, preuaiit, à l’inverse des autres classes, la considéraiion de la base pour déterminer la classe, et celle de l’acide pour les subdivisions, et à ajouter à ces dernières une division à part pour les eaux notables par leur ciualité manganésienne, ce qui nous donne pour les eaux ferrugineuses trois divisions :
Ferrugineuses bicarbonatées,
Ferrugineuses sulfatées,
Ferrugineuses mangané siennes.
Nous avons également exposé, dans le même article, comment la classe des eaux ferrugineuses ne pouvait être déterminée par la présence du fer, toutes les eaux minérales, presque sans exception, renfermant du fer, ni par la prédominance absolue du fer, ce principe existant toujours en proportion très faible et secondaire, mais bien sur la prédominance thérapeutique, suivant la formule suivante : On doit entendre par eaux ferrugineuses, en hydrologie médicale, non pas les eaux où il existe du fer en une proportion quelconque, mais seulement celles où, tandis que le fer existe en proportion thérapeutique, les autres principes se trouvent en proportion trop faible pour assigner à ces eaux des caractères spéciaux.
Des eaux ferrugineuses existent en très grand nombre sur tous les points du sol et dans les terrains de toutes les formations; mais si nous ne tenons compte que des plus notables, c’est-à-dire de celles dont l’analyse est connue, nous voyons qu’elles occupent en majorité le nord et l’ouest de la France, et généralement le nord de l’Europe. Cependant la région subpyrénéenne présente quelques sources ferrugineuses intéressantes. La plupart sont froides, et elles n’atteignent jamais une température très élevée.
La proportion de fer est toujours très faible, les sources les plus notables, comme eaux ferrugineuses , atteignant à peine et ne dépassant presque jamais 5 centigrammes de sels de fer pour 1000 grammes.
Dans les eaux ferrugineuses, le fer est inscrit le plus souvent à 1 état de bicarbonate de protoxyde, quelquefois de sulfate; M. Fonlan a proposé d’admettre une classe d’eaux ferrugineuses crénaïées [voy. ce mot] ; mais celle dénomination n’a pas prévalu dans le langage hydrologique.
Voici les propriétés physiques et chimic|ues qui appartiennent aux eaux ferrugineuses.
Tant qu’elles n’ont pas reçu le contact de l’air, elles se conservent parfaitement incolores; mais exposées à l’air libre, ou bien conservées depuis quelque temps dans des bouteilles, elles laissent déposer tout ou partie de leur fer à l’état de sesquioxyde hydraté, suivant les uns, de
carbonate de sesquioxyde, suivant les autres. Comme l’arséniate de sesquioxyde est extrêmement peu soluble, il en résulte que, dans les eaux impi égnées d acide arsénique, et mieux d’un arséniate alcalin, le dépôt ferrugineux est le jilus souvent arsenical.
Leur saveur est légèrement atramenlaire , styptique, et en rapport avec la proportion de fer qu’elles coniiennent,
Les sources ferrugineuses déposent toujours une quantité notable d oxyde rouge sur le sol qu’elles parcourent, ou sur les parois des appaleilsqui les recèlent; mais celle circonstance ne suffit pas pour assigner à une eau minérale sa place dans la classification , attendu qu’elle ne saurait donner qu une idée très inexacte de la proportion de fer contenue dans cette eau ; attendu, en d’autres termes, qu’une eau très secondairement ferrugineuse peut fournir un dépôt beaucoup plus apparent qu’une eau beaucoup plus notable dans ce sens.
En effet, la production de ce dépôt se lie : 1" à la température de la source ; 2^^ à la nature et à la quantité des principes minéralisateurs. loutes choses égalés d ailleurs, une eau minérale dépose d’autant plus d’oxyde de fer qu’elle est à une température plus élevée, qu’elle contient moins d acide carbonic[ue et de bicarbonates, et enfin qu’elle est moins chaigée de principes fixes. Il peut donc se trouver qu’une source sera très ferrugineuse en apparence, tandis que l’analyse n’y découvrira pas plus de 1 à 2 centigrammes de bicarbonate de fer.
Quelques agents chimiques possèdent une sensibilité très grande pour découvrir ce métal ; de ce nombre sont : la teinture de noix de galle et la solution de tannin, les cyanures rouge et jaune de potassium et de fer, le chlorure d’or et le sulfocyanure de potassium, qui tous produisent des colorations ou des précipités caractéristiques.
Ainsi la teinture de noix de galle et la solution de tannin colorent les eaux fei rugineuses en bleu violacé, mais seulement lorsque celles-ci ont leur sel de fer à 1 étal de sel ferrique. Dans les eaux exclusivement à base de protoxyde de fer, la réaction est nulle dans le premier moment,
Le cyanure rouge avec les eaux ferrugineuses précipite en bleu plus ou moins foncé.
Le cyanure J aune ^ au contraire, est sans action sur celles qui sont minéralisées par un sel de protoxyde; s’il existe un sel ferrique, la réaction a lieu de la même manière ((u’avec le cyanure rouge.
Le chlorure d or colore les eaux qui nous occupent en violet. Le sel
d’or est réduit, eide l’or métallique en poudre noire se précipite au bout de quelques instants.
Le sul [hydrate d^animoniaque esl de tous les réactifs que d’indiquer celui qui donne le résultat le moins satisfaisant.
nous venons C’est seule-
ment lorsque les eaux sont très riches en fer qu’il se produit du sulfure de fer, mais insoluble; il eu est de même du sulfocyanure de potassium, qui colore en rouge vif certaines eaux très ferrugineuses, comme celles de Passy.
L’étude des eaux ferrugineuses et l’appréciation de leur action thérapeutique paraissent, au premier abord, beaucoup plus simples que celles des autres eaux minérales.
Les eaux minérales ferrugineuses sont usitées dans des maladies ou dans des états simplement constitutionnels, où le sang présente un appauvrissement de son élément ferreux ou globulaire. îl semble donc que, dans l’usage de ces eaux minérales, comme dans celui de tout traitement ferrugineux, on n’ait d’autre objet en vue que d’apporter directement au sang l’élément qui lui fait défaut; cependant la thérapeutique de la chlorose et de l’anémie n’est point là tout entière.
Ce serait se faire une idée inexacte de ces conditions de l’économie, que de les considérer exclusivement au point de vue de l’insuffisance des globules et de l’élément ferreux du sang, (^e qui fait alors défaut à l’organisme, ce n’est point le fer, qu’il est toujours facile d’introduire en quantité très suffisante par l’alimentation, c’est la faculté de l’assimiler; c’est là ce qui frappe si souvent d’impuissance la médication ferrugineuse. Dans une anémie accidentelle, les ferrugineux penvf ut aisément contribuer à hâter la reconstitution du sang, parce que rien ne vient s’opposer à leur assimilation. Il en pourra être de même dans les chloroses légères, où la disposition contraire de l’organisme est facile à surmonter.
âlais dans les chloroses, ou les chloro-anémies profondes et constitutionnelles, il n’en est plus ainsi. Mais ce que l’on n’obtient pas du fer, on l’obtient de traitements plus complets, de l’emploi de toniques variés, de moyens hydrothérapiques, de bains de mer, des voyages, du changement de climat, de circonstances intellectuelles ou affectives, de moyens hygiéniques enfin. S’il peut être utile alors d’employer concurremment les ferrugineux, c’est que ceux-ci, indépendamment de la question de leur pénétration et de leur maintien dans le sang, exercent peut-être une action tonique salutaire; et ensuite qu’ils se trouvent ainsi toujours prêts à pénétrer au moment plus favorable où l’organisme, modifié par d’autres circonstances, consentira à se prêter à leur assimilation.
Envisagée sous ce point de vue, l’administration des eaux minérales ferrugineuses exige sans doute, autant que pour toutes les autres, afin d’être efficace, l’intervention de modificateurs généraux de l’économie. Bien que la forme sous laquelle existe le fer dans les eaux minérales présente une perfection à laquelle nos préparations médicamenteuses ne sauraient atteindre, cependant il est difficile d’admettre que, en tant que