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FIÈVRE THERMALE

qu’à propos des eaux bicarbonatées, et la passe sous silence à propos des eaux chlorurées et des eaux sulfurées.

La succession de phénomènes que nous venons d’exposer s’observe certainement quelquefois, mais dans une faible mesure pour l’immense majorité des cas. L’excitation du début ne se traduit habituellement que par de la fatigue, de la courbature, parfois une diminution passagère de l’appétit; et si la sédation qui la suit, et que l’on pourrait encore appeler la tolérance, est précédée d’une réaction, nous affirmons que cette réaction est presque toujours insensible, et surtout non fébrile. Quant à la fièvre terminale, celle à laquelle seule M. Pétrequiu accorde le nom de fièvre thermale, cet auteur convient lui-même qu’elle ne se montre que dans des circonstances toutes particulières.

[Maintenant cette fièvre est-elle inhérente au traitement lui -même? Non, certainement. Lorsqu’elle se montre, c’est que le traitement a été dirigé trop vivement, les eaux prises à trop forte dose, ou qu’on a abusé de la thermalité. Sans doute il est des individus particulièrement impressionnables, et chez qui une action thérapeutique un peu vive détermine très aisément de la réaction et de la fièvre ; mais ce sont là des cas exceptionnels, et encore est -il presque toujours permis de prévenir un tel effet, lorsqu’on a su le prévoir et accommoder le traitement à la circonstance.

Près de la plupart des eaux sulfureuses, il est beaucoup plus difficile que près des eaux bicarbonatées de se garantir contre l’excitation et la fièvre qui peut en résulter. C’est là surtout qu’on peut l’étudier, et particulièrement dans certaines dermatoses où l’action topique du bain se fait sentir trop vivement, ou bien lorsque l’indication de modifier profondément les fonctions de la peau a conduit à employer un traitement très actif. Nous en dirons autant des eaux chlorurées employées à température élevée, comme Bourbon-l’Archambault, Bourbonne, Balaruc, etc. Les accidents fébriles y sont également beaucoup plus fréquents que près des eaux bicarbonatées. M. Pétrequiu a, du reste, parfaitement su faire la part de l’excitation thermale^ due à la thermalité des eaux, et de l’excitation minérale, due à la minéralisation.

En résumé, la fièvre thermale n’est autre chose qu’un accident de la médication, qu’il dépend de la volonté ou de l’attention du médecin de provoquer ou de prévenir, qu’il convient d’éviter dans la grande majorité des cas, qu'il peut être utile de rechercher dans un nombre de cas très limité. Nous devons ajouter, parmi les causes ([ui la déterminent le plus habituellement, les irrégularités des malades, soit dans leur régime, soit dans l’usage même qu’ils font des eaux, en dehors de la prescription médicale.

FITERO.

FiiÆTTA (Toscane). Dans le val di Flora.

Sulfatée calcique. Tempér., 33®

centigr.

Eau : 16 onces.

EJau : un

Grains.

Gram.

Sulfate de chaux .

Chlorure de sodium .

— de magnésium .

Carbonate de chaux .

Gaz acide carbonique .

Pouc. cul).

Cent, cab.

(Giuly,)

Ces eaux sont principalement employées dans les états névropathiques, les paralysies qui en dépendent, et les troubles de la menstruation.

FILEY (Angleterre, comté d’York). Village à 11 kilomètres de Scarborough. — Baim de mer fréquentés et source minérale.

Chlorurée sodique. Tempér. ?

Eau : un gallon.

Eau : un litr

Chlorure de sodium .

Giains.

— de calcium .

— de magnésium. .. .

Sulfate de magnésie .

Carbonate de soude .

(West.)

Ces eaux n ont pas encore de notoriété médicale, quoique la proximité de Scarborough permette de les utiliser comme com{)!ément d’une autre cure [voy. Scarborough].

FITERO (Fspagne, prov. de INavarre). Bourg sur les confins de l’Aragon et de la Vieille-Castille.

Chlorurée calcique. Tempér. , 47*^ centigr.

Eau : 100 parties.

Grains.

Chlorure de calcium . 0,33

• — de sodium . o,04

Sulfate de chaux . o,09

— ■ de magnésie. . . . o,07

— d’alumine . o,05

Sel ferrique? . o,17

Eau : un litre.

Gram.

(OUVA, 1848.)

On distingue près de cette localité deux établissements Bain.s anciens, et fréquenté de longue date, et l’autre Bains

, l’un appelé

nouveaux, f.a

FLOniNS-SAlNT-ANDUÉ. G7 3

composition de ces deux sources esi seiisiblemenl la meme; elles ne dillèreiiL que par la température, qui est un peu moins élevée dans la dernière.

On emploie ces eaux en boisson, bains, douches et étuves. Installation de médiocre importance. Spécialisation : rhumatismes et affections paralytiques.

FLÀSCH (Suisse, canton des Grisons). Village près duquel on trouve une source, très anciennement connue. Osann la range parmi les eaux lerreuses-alcalines {bicarbonoAées calciques).

Elle est employée en boisson et en bains dans les affections goutteuses, rhumatismales, hérnorrhoïdaires. Il y a un établissement.

FS.msBEiiG (Prusse, Silésie). Ville, dans une vallée élevée. Plusieurs sources sortant du granit; la principale est le Trinkbrunnen.

Ferrugineuse bicarbonatée . Tcnnj)ér. , centigr.

Eau : 16 onces. Eau: un litre.

Grains. Gram.

Carbonate de soude .

czz:

— de magnésie . . .

— de chaux. . . . . .

— de manganèse..

Suifate de soude .

Clilorure de sodium .

Matière organique .

Silice .

PüUC. eu)).

Cent, oub.

(Fischer.)

Ces eaux, peu minéralisées, mais suffisamment chargées en gaz acide carbop.ique, convienneru aux étals névropathiijues, et dans les cas où les troubles de rinnervation s’associent à une altération du sang, chlorose, anémie, etc. C’est sans doute à titre de médication sédative qu’elles interviennent dans le traitement de la phthisie pulmonaire, comme on le conseille. Mais les conditions de climat, dans cette localité ouverte aux vents du nord, sont loin de répondre à la même indication. On joint l’emploi du petit-lait à celui des eaux.

FLIXT (Angleterre, pays de Galles). Ville, à 17 kilomètres de Chesler. Bains de mer fréquentés.

FLORINS- SAii\T-A\DïSÉ (France, Hautes -Alpes). Près d’Embrun.

Sulfu7'ée calcique? ïempér. , 13".

Nous rangeons cette eau minérale, comme V Annuaire des eaux de la

France^ dans la classe des eaux sulfurées calciques; cependant, si l’on

considère qu’elle ne contient pas plus de 9 millilitres d’acide sulfhv-

Dicx, DES Faux iyiinér. — T. l.

FLUOKllRES.

dri<jiie par lilre, on est (enté de la ranger parmi les eaux douces de sources qui empruntent leur principe sulfuré aux malières organiques et aux sulfates. So*A débit, du reste, est peu important, et elle jaillit de roches calcaires.

Azote . .

Acide carbonique . .

— sulfhydrique libre et combiné

Carbonate de chaux .

— de magnésie .

— de fer .

Sulfate de soude .

— de chaux . . . .

de magnésie .

Cl)ioriire de sodium .

— de calcium .

— de magnésium .

— d’aluminium . .

Iode .

Silicate d’alumine .

Matières organiques. . .

Eau : un litre.

Lit.

traces

traces

traces

indices

indét.

(Niepce.)

FUJE (Suisse, canton de Soieure). Village à 1670 pieds au-dessus du niveau de la mer, dans un ravin du Blauen, à 10 kilomètres de Bâle.

Larbonatée calcique (ferrugineuse), l'empér., 20° centigr. Bains fréquentés.

FI.UOKIfVDKlQUE (Acide). Voy. FLUORURES.

l' LEORERES. La présence du fluor, ou mieux des fluorures, soupçonnée depuis longtemps dans les eaux minérales, n’a été bien établie expérimentalement que par Berzelius. Cet illustre savant, traitant la pierre du Sprudel (Karlsbad) telle qu’elle se dépose dans les chaudières pendant la concentration de I eau minérale, par l’acide sulfurkjue concentré, obtint des vapeurs d’acide fluorhydrique qui corrodaient fortement une lame de verre. Oej>uis cette époque, plusieurs autres chimistes se sont livrés à la recherche des fluorures dans les eaux minérales, et souvent leurs efforts ont été couronnés de succès.

L’existence des fluorures dans les eaux, longtemps passée inaperçue, a été, dans ces dernières années, l’objet d’études particulières de la part

de M. INicklès, et de ses analyses sont sorties des données très dignes d’intérêt. ^

Four M. Nicklès, certaines eaux minérales, dont la composition chimique ne dénote rien de particulier et qui cependant sont reconnues comme très actives, devraient en partie leurs propriétés thérapeutiques

FLUORURES. 675

aux fluorures : telles sont celles de Plombières et de (miUréxeville. Ce chimiste, par un procédé que nous indiquerons plus loin, a signalé d’une manière évidente la présence de fluorures dans l’eau des sources de Vichy, d Antogast et de Chatenois (Bas-Rhiî)); 1 un de nous est arrivé au même résultat avec l’eau de Néris. Il y a donc tout lieu de croire que les fluorures, comme les iodures et les bromures, sont contenus dans un grand nombre de sources minérales.

Le fluor est l’eprésenté par les analystes en combinaison avec le calcium, le sodium et quelquefois le potassium.

La proportion des fluorures dans les eaux est généralement si minime, le dosage du fluor, ou mieux de l’acide fluorhydrique, est entouré de si grandes difficultés, que l’on n’est pas encore arrivé à apprécier, si ce n’est approximativement, la quantité de fluor qu’un litre d’eau peut renfermer.

Pour reconnaître cet élément, on faisait autrefois évaporer un certain nombre de litres d’eau jusqu’à siccité, et le résidu, placé dans un creuset de platine que recouvrait une lame de verre, était arrosé d’acide sulfurique concentré. La corrosion de la lame de verre était considérée comme un indice de la présence du gaz fluorhydrique, et parlant d’un fluorure dans l’eau minérale.

M. Nicklès a montré depuis que ce mode opératoire devait conduire à des chances d’erreurs nombreuses, dont la première dépend de l’impureté de l’acide sulfurique employé; aussi indic|ue-t-il de purifier cet acide de la manière suivante :

f Dans une ca])sule de porcelaine, ou dans la panse d’une cornue brisée, on introduit l’acide sulfurique à purifier, et on l’étend de deux fois son volume d’eau. On le place dans un bain de sable, ou mieux encore dans un bain composé soit de battitures, soit de limaille de fer et de fonte ou de copeaux; on chauffe jusqu’à ce qu’on remarque un léger mouvement dans l’intérieur du liquide, ou encore jusqu’à ce que la main ne puisse plus supporter le contact de la partie du vase qui émerge du bain. On remplace l’eau à mesure qu’elle s’évapore, et on ne laisse le liquide se concentrer que quand on juge que l’opération est terminée, ce qui peut être le cas au bout d’une quinzaine de minutes. »

Lorsqu’on s’est assuré, par une analyse préalable, que l’acide sulfurique ne contient pas d’acide fluorhydrique, on procède ensuite à la recherche de celui-ci dans l’eau soumise en expérience.

L’eau est évaporée presqu’à siccité, et le résidu est traité par l’acide chlorhydrique exempt d’acide fluorhydrique. Par ce moyen, on isole la silice qui s’opposerait à la formation de l’acide fluorhydrique, en donnant

(Î7(i FOIE (MALADIES Dli)

naissance à de l’acide silici-fluorhydrique. La solution est additionnée d’eau et ensuite d’ammoniaque, qui précipite, entre autres sels, le fluorure de calcium. (À)mme le dépôt peut ne pas retenir tout ce sel à l’état insoluble, on ajoute avec l’alcali un peu de carbonate d’ammoniaque.

Le précipité qui en résulte est recueilli avec soin, et mis dans un creuset de platine spacieux ; on l’arrose de quelques gouttes d’eau et d’acide sulfurique, jusqu’à ce que tout l’acide carbonique soit éliminé. L’acide sulfuiique ne doit être versé qu’en petite quantité à la fois, afin d’éviter la projection de la matière au dehors du creuset.

D’une autre part, on prépare une lame de cristal de roche, en l’enduisant sur une de ses faces d’une couche mince de cire blanche; on trace sur elle, avec une plume ou une pointe de porc-épic, quelques figures géométriques ou des lettres ; on ajoute à la matière du creuset de platine quelques grammes d’acide sulfurique, et l’on ferme aussitôt le vase avec la lame de cristal de rocbe, que l’on maintient constamment à une basse température au moyen d’une éponge imbibée d’eau froide, ou mieux encore d’un morceau de glace. On chaulîe peu à peu le creuset de platine au bain de sable jusqu’à la température de 80*^ à 100°, Après un quart d’heure ou une demi-heure, on eidève la lame de cristal de roche; on la chauflé légèrement pour en détaciier la cire; on l’essuie, et alors, si l’eau contenait un fluorure, on aperçoit les figures préalablement tracée.s. La conosion de la lame de cristal de roclie peut, si le fluorure existait seulemetit en proportion très minime, n’etre pas visible à l’œil par transparence; on en ternit la surface en l’exposant à l’haleine, et alors, pour peu qu’il y ait eu attaque, les figures apparaissent et persistent tant que dure la rosée de vapeur produite par la condensation de l’haleine.

M. Nicklès, auquel nous empruntons ces détails, pense que l’on peut découvrir ainsi un quatre-vingt-seize millionième de gramme de fluor.

Le succès de cette opération réside d’abord dans la pureté des acides sulfurique et chlorhydrique employés, et dans la séparation exacte de la silice ; pour peu que le résidu de l’eau minérale renferme de l’acide silicique, il se produit de l’acide silici-fluorhydrique, qui est sans action sur le cristal de roche.

FÔHit (Ile de) (duclié de Schleswig). Dans la mer du Nord, près de la côte. Bains de mer.

FOIE (Maladies du). Il est incontestable (|ue les eaux minérales appropriées exercent une action très rapprochée sur les phénomènes de circulation et de sécrétion dont le foie est le siège, et particulièrement

lOlE (MALADIES DU).

Deux circonstances de physiologie thérapeutique permettent de se rendre compte de l’affinité de la médication thermale relativement à l’appareil hépatique : le passage immédiat dans le foie des principes minéralisateurs introduits dans la circulation, et l’action des eaux que nous venons de nommer sur les phénomènes de la circulation abdominale, dont la connexion avec l’organisation de l’appareil sécréteur de la bile est

si intime.

Aussi est-il banal de voir mentionner les maladies du foie, et en particulier les engorgements de cet organe, dans les éludes dont un grand nombre de stations thermales ont été l’objet. Mais nous devons faire remarquer que la plupart des auteurs de ces études se sont généralement bornés à de simples mentions, qui ne nous éclairent que très imparfaitement sur cette partie intéressante de la médication thermale. Les troubles fonctionnels, en particulier, de l’appareil hépatique auxquels les pathologistes ont fait allusion sous les dénominations de polycholie et iVoligochùlie, ont été à peu près passés sous silence, et nous ne possédons guère de renseignements ^un peu explicites que sur les engorgements du foie. Cette étude devra donc se borner à peu près à la considération des engorgements du foie, seul sujet sur lequel nous puissions formuler des indications sanctionnées par l’expérience. Nous avons parlé ailleurs des calculs biliaires [voy. Biliaires (calculs)]; nous renverrons également à l’article Cirrhose, et aux articles Cancer, Tubercules, sujets sur

lesquels nous n’avons rien à ajouter ici.

Engorgeynents du foie. — Nous croyons pouvoir avancer que tous les engorgements du foie susceptibles de résolution rentrent dans 1 indication des eaux minérales. Quant aux distinctions à établir entre eux, ce n’est pas l’anatomie pathologique qui nous les fournira, car elle a encore peu éclairé ce sujet : c’est leur pathogénie. Nous énumérerons, d’après cette dernière considération, les diverses sortes d’engorgements du foie que l’on trouve à traiter aux^ eaux minérales, en empruntant à l’un de nous des distinctions que l’on ne rencontre guère ailleurs : 1° engorgements consécutifs à une hépatite aiguë ; 2° liés à l’existence de coliques hépatiques; 3" consécutifs à des accidents dyspeptiques ; chroniques dès le début, ou en apparence tout à fait idiopathiques; 5° consécutifs à la fièvre intermittente, à la cachexie paludéenne, chez des Alricains, chez

des Indiens; 6' liés à l’existence d’une maladie du cœur. (Durand-Fardel, Traité thérapeutique des eaux minérales, 1857.)

Voici les circonstances variées dans lesquelles se rencontrent habituellement les engorgements du foie. Nous ne voulons pas dire pour cela qu’ils soient toujours, dans ces différents cas, de nature différente; nous

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