FOUILLOUX
mois], que l’on trouve à opposer des eaux fortes aux eaux faibles. Le , caractère des eaux minérales fortes étant de posséder des spécialisations de constitution et d applications fort tranchées, on coinpi’end qu’il n’y ait pas de généralités à présenter à leur sujet. Nous ferons seulement remarquer que, constituant des eaux très médicamenteuses, l’usage externe est auprès d’elles assez géiiéi'alement subordonné à l’usage interne,
ce qui est l’inverse pour les eaux faibles [voy. Faibles (eaux minérales)].
FORTUXA (Espagne, prov. de ;\Jurcie). Ville à 19 kilomètres de Murcie. — Source à 2 kilomètres.
Chlorurée sodique, Tempér. , 53° centigr.
Nous ne connaissons que la composition qualitative de ces eaux, remarquables pai' leur tbermaiité. Elles contiennent, d’après l’analyse de M. Lopez Esteve (1847), du gaz acide carbonique, des chlorures de sodium, de magnésium, des sulfates de soude, de chaux et d’alumine. Elles ont une léputation d’elïicacité contre la stérilité des femmes; mais leui spécialisation les rattache au traitement des rhumatismes et des paralysies. On en use en boisson, cubains et en étuves. L’installation en est médiocre, il paraîtrait que l’existence de ces thermes est très antérieure a la londation de la ville du même nom.
(^Éiais autrichiens, Transylvanie).
Suif urée calcique. Tempér.?
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Sulfate de chaux .
Chlorure de sodium . . . .
— de maguésium.
Carbonate de fer .
Matière extractive .
Gaz acide carbonique . f
Hydrogène sulfuré
Grains.
Gram.
Eouc. culi.
Ceul. cub.
(Fataki.)
Ces eaux sont employées en bains dans les affections rhumatismales et les maladies de la peau.
FOLILLOU.V (l-’i-auce, Cantal, ai rond, de Murat). A 5 kilomètres du
village de Cheylade.
Une source ferrugineuse bicarbonatée froide, fréquentée par quelques malades appartenant aux localités voisines. M. Eaynal-Tissonnière recommande cette eau minérale aux personnes affectées d’anémie, de chloiose, de dyspepsie et de faiblesse, suite de fièvre intermittente Pas d analyse; on sait seulement qu’elle renferme beaucoup d’acide carbonique et de bicarbonate de fer.
Dict. des Eaux miner. — T. I.
FRANCE
FU.tCTiJiSES. Voy. Cal.
FKAfiLES (Cspagiie, prov. de Jaeii). Jîonrg à 32 kiioinèlres de Jaen, !)rès duquel jailiissent ciiHj sources, i rois seuleiueni sont uliiisées. Sulfatée magnésique. Fempér. , de 17° à 19° ceiitigr.
Eau : un litre.
SOURCE n" 'L
SOURCE N'
Gruiii .
Gram.
Chlorure de magnésium.. . .
Sulfate de magnésie . .
(Carbonate de magnésie.*. . .
— de chaux . . .
Acide silicique .
Matière extractive .
Acide carbonique . . . . .
— sulfhydrique .
(Rodriguez, 1831.)
La source iC 1 contient les mêmes principes que les précédentes en proportion moindre.
Ces eaux s’emploient en laoisson, bains et douches. Leur aménagement est très restreint. Elles s’approprient particulièrement au traitement des affections cutanées.
FRAIS-I AFFOIW Voy. OÏOUN-SeKHAKHNA.
FRAT\CE lia France est certainement une des contrées le plus heureusement dotées, sous le rapport des eaux minérales, moins encore peut-être pour leur nombre absolu que pour leur variété, qui nous offre les types les plus remarquables de toutes les minéralisations, combinées avec les températures les plus diverses.
JNous ne pouvons mieux faire, j)our exposer la distribution géographique des eaux de cette contrée, que d’emprunter à Y Annuaire des eaux de la France les considérations suivantes, que nous reproduirons textuellement.
« On conçoit à priori que la composition des sources minérales d’une contrée ne peut être indépendante de sa structure minéi alogique etgéologiipie. Si l’on {)eut jienser, en effd, que certains éléments des eaux minérales résultent de phénomènes étrangers aux roches immédiatement sous-jacentes, on ne peut se refuser à admettre que d’autres de ces matériaux existent dans le soi qu’elles traversent, soit qu’ils s’y trouvent sous la forint* môme ipi’ils revêtent dans les eaux, soit qu’ils aient subi préalablement une transformation qui a facilité leur entraînement.
)) Mais, indépendamment de ces considérations qui pourraient, jusqu’à un certain point, sembler le résultat d’idées préconçues, un simple coup d’œil jeté sur la carti* des eaux .minérales suffira pour se con-
FRANCE
vaincie que cos sources sont loin (rêîre distribuées partout uuiforménieut. Sur un millier environ de sources minérales qtî’on a signalées en France, huit cents au moins appartiennent aux régions montagneuses, et sortent de roches d’origine ignée, ou de terrains sédimen-
taires qui portent plus ou moins profondément l’emjtreinte de leur action.
» Si l’on va plus loin, et qu’on examine avec quelque soin la nature prédominante des eaux de telle ou telle contrée montagneuse, on ne tarde pas à s’apercevoir que là encore il y a des préférences, et il ne sera pas difficile de voir, par exemple, que les eaux acidulés sont aussi abonc antes dans le massif central de la France que les sources dites sulfureuses le sont dans la chaîne des Fvrénées
O Les pajs de plaine, à l’abri des influences anormales, ne présentent au contraire, en général, que des sources qui, par leur température peu élevée et la nature des éléments qu’elles dissolvent, peuvent le plus souvent être considérées comme le résultat des infiltrations d’eau pluviale,
chargées peut-être d’une certaine quantité d’acide carbonique, au travers des roches superficielles.
» L’étude de la distribution géographique et géogiiostique des sources minérales devra donc offrir un double intérêt au point de vue du fait même de leur inégale répartition, et de la prépondérance de tel ou tel élément dans les eaux de telle ou telle région particulière.
, » De ce double point de vue il résulte que, pour diviser un territoire
comme celui de la Fra^ice en un certain nombre de régions caractérisées par leur hydrologie minérale, on devra non-seulement tenir compte des principales conditions orograpbiques et géognosliques de chaque contiée, mais aussi s éclairer, pour le but spécial qu’on veut atteindre, des lésultats fournis par la chimie sur la nature même de ce.s sources niinéraies. Ainsi la carte qui résumerait ces données, bien que basée sur lagéologie, pourra, dans ses grandes circonscriptions, différer notablement des limites qui seraient posées au point de vue purement géologique.
» C’est dans cet esprit qu’ont été tracées, sur la carte des eaux minérales, les huit grande.s divisions, que l’on peut caractériser par les noms suivants :
» Première région. — Massif central de la France. — Il faut entendre, par la dénomination de massif central de la France, la vaste protubérance à base granitique, percée par des porphyres secondaires et des roches volcaniques, et parsemée, surtout vers ses bords, de lambeaux de terrains sédimeiilaires, particulièrement de terrain houiller, qui s’étend du nord au sud, d’Avallon au Vigan, ou plutôt à Lodève, et de l’est à
Fil AK CE.
l’ouesl, entre le Rhône et Moutrond on Gonl'oleiis. Celle grande gibbosité, dont le pied disparaît de tons côtés sous des terrains plus modernes, joue un rôle important dans i’bydrograpbie de la France, et doit à sa position remarquable de partager ses eaux entre les trois mers qui baignent nos côtes. Elle n’est pas moins bien caractérisée par ses sources minérales. Elle comprend les départements suivants: Allier, Ardèche, Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Gard, Loire, Haute-Loire, Lozère, Nièvre, Puy-de-Dôme, Rhône.
» Deuxième région. — Groupe des Pyrénées. — Le groupe des Pyrénées, qui forme, avec le précédent, les deux principaux gisements des sources minérales de la Eratice, est aussi nettement caractérisé. Il se com|)Ose : 1° de la chaîne des Pyrénées, dont l’axe est formé de roches cristallines et de terrains anciens, tandis que les formations sôdimentaires pins modernes en garnissent les flancs; T de deux app.endices qui, des deux extrémités de la chaîne, s’avancent vers le nord-est. Il comprend les départements suivants : Ariége, Aude, Haute-Garonne, Gers, Hérault, Landes, Basses- Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Pyrénées Orientales.
» Troisième région. — Groupe des Alpes et de la Corse. — Les Alpes, moins fécondes ([ue les Pyrénées en sources minérales, en présentent néanmoins de très importantes, soit dans l’intérieur de notre territoire, soit à peu de distance en dehors de ses limites. En eiïet, la Savoie et la Suisse se rattachent naturellement à cette région. Dans les Alpes, le gisement des sources niincrales paraît, au premier abord, présenter des circonstances fort difîérenies de celles qui appartiennent aux deux premiers groupes. A peine si l’on en pourrait citer quelques unes dans les vastes massifs dérochés primitives qui, parallèlement à deux directioits j)rincipales, forment l’axe des chaînes alpines. Toutes ou presque toutes sortent de terrains stratifiés, depuis le lias jusqu’au terrain tertiaire. 11 n’en est qu’un petit nombre, situées à peu de distance des limites entre les terrains sédimeniaires et les roches ignées (Allevard, Loesche), ou dans le voisinage des anhydrites et des gypses provenant de l’altération des calcaires (Saint-Servan), à l’origine desquelles l’action des roches plutoniques ne semble pas étrangère. Quant à la Corse, cette influence est plus manifeste encore, car toutes les eaux minérales de cette île sourdent des granits ou des schistes talqueux dans leur voisinage. Cette région comprend les départemeiits suivants : Basses-Alpes , Hautes- Alpes ^ Bouches-du-Rhône, Corse, Drôme, Isère, Vaucluse.
» Quatrième région. — Jmm, collines de la Haute -Saône et Vosges. — Ce groupe renferme trois régions très distinctes par leur orographie comme par la nature des terrains qui les composent. Le trait dominant
FRANCE
est le doui)le relief des Vosges et de la forêt Noire, placé symétriquement des deux côtés de la grande vallée du Illnn, et formé d’un axe granitique sur lequel s’appuient successivement les diverses formations du ti’ias. Ce massif, terminé par les collines de la Haute-Saône, se sépare assez nettement des terrains oolithiques qui l’entourent à l’ouest et au sud, et vont former dans celte dernière direction la chaîne recourbée du Jura, bordant comme un amphithéâtre la plaine suisse; enfin, entre cette chaîne et le Rhône, s’étend la Bresse, qui, de Gray à Valence, forme un plan légèrement incliné. C’est encore à cette région que doivent se rattaciier les eaux minérales qui jaillissent de l’autre côté du Rhin, sur les flancs du Taunus, dans le duché de Nassau, la Hesse électorale, etc. Départements compris dans ce groujie : Ain, Cote-diOr, Doubs, Jura, Haute-Marne, Meurthe, Moselle, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Vosges.
» Cinquième région. — Ardennes et Hainaut. — La presque totalité des sources comprises dans ce groupe sont étrangères à la France. Plusieurs sources célèbres, Seltz, Spa, Aix-la-Chapelle, font partie de ce groupe; elles sourdent toutes du terrain de transition et du terrain houiller. Celte région ne comprend qu’un département : Ardennes.
» Sixième région. — Massif du Nord-Ouest, — Ce groupe occupe tout le nord-ouest de la France, c’est-à-dire la région accidentée qui comprend la Bretagne, la Vendée et une partie de la Normandie. Sa surface est limitée, du côté de la mer, par la ligne des côtes, des Sablesd'Olonne à l’embouchure de la Loire, et, du côté du continent, par une ligne peu accidentée qui court de l’est à l’ouest, des Sables-d’Olonne à Parlhenay; du nord au sud, de ce dernier point à Angers; du sud-ouest au nord-est, d’Angers à Alençon; enfin, du sud-est au nord-ouest, d’Alençon à Isigny. Sa constitution géologique est extrêmement remarquable, car elle est uniquement composée de roches cristallines, auxquelles on donne vulgairement le nom de primitives, granits, syénites, diorites, schistes talqucux ou micacés, et des terrains sédimentaires les plus anciens. Ceux-ci forment, en général, le centre du massif, tandis que les formations cristallines occupent plutôt les deux bords extérieurs et se rapprochent de la baie de Douarnenez, en resserrant de plus en plus les terrains de transition, de manière à leur donner la forme d’un coin. Départements compris dans celle région : Côtes-du-Nord, Loire- Inférieure, Maine-et-Loire, Mayenne, Orne.
» Septième et huitième régions. — Région des plaines. — Sous ce nom, se trouve comprise toute la partie de notre territoire qui ne présente pour accident orographique que de simples collines, dont la hauteur atteint rarement 300 mètres d’élévation, et qui ne renferme pas
FKANr.E.
de terrains plus anciens que le lias. Cette grande étendue enchâsse réellement plus de la moitié de la superficie de la France; nous n’en indiquerons pas les limites : il suffit de dire qu’elles suivent le pied de tous les massifs plus ou moins élevés que nous avons décrits séparément; mais une ciiconstance très intéressanie dans sa disposition, c’est (ju’elle se divise naturellement en deux régions placées l’une au nord, l’autre au sud du plateau central, et séparées entre elles par une socle de col, formé de terrains jurassiques, qui relie les deux points avancés des massifs granitiques de la Vendée et du Limousin. Au nord-est de ce petit bombement s étendent les plaines arrosées par la Loire moyenne, la Seine, la Somme, l’Escaut; au sud et au sud-ouest, les bassins de la Charente^ de la Gironde et de l’Adour. rjépartements compris dans les plaines du ISord : Aisne, Aube, Loir-et-Cher, Loiret, Marne, Nord, Oise, Orne, Pas-de-Calais, Sarthe, Seine, Seine Inférieure, Seine-et-Oise, Seineet-Marne, Deux-Sèvres, dans les plaines du Midi: Dordoqne
Gironde, Lot, LM-et- Garonne, Tarn. »
Le tableau suivant, emprunté à l’un de nous, montre comment les
différentes classes d’eaux minérales se distribuent dans chacune de ces régions.