‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicaleChapitre 36 sur 259 · AIR DES SALLES DES PISCINES ET DES CABINETS DE DOUCHES · texte numérisé non relu

AIR DES SALLES DES PISCINES ET DES CABINETS DE DOUCHES

que la pression intérieure ne se fait plus sruHir. Assez ordinairement l’oxygène et l’azote sont accompagnés d’acide carbonique et quelquefois d’acide suif hydrique. C’est le mélange de ces gaz qui produit les bouillonnements intermittents ou incessants que l’on observe dans un grand nombre de sources.

Dans le second cas, l’air se trouve en dissolution, et c’est seulement par l’analyse que l’on peut le déceler.

L’air des eaux reconnaît pour origine l’air ambiant qui pénètre dans les couches plus ou moins profondes du globe, suivant les interstices que la nature du terrain lui offre. Là il se dépouille en totalité ou en partie de son oxygène, tandis que son azote retourne à l’atmosphère; ainsi s’explique le dégagement de l’azote à peu près pur des sources minérales sulfurées, toujours si avides d’oxygène, comme on sait.

L’air atmosphérique est un mélange de

20,80 volumes d’oxygène.

79,20 — d’azote.

ou de

23,10 parties en poids d’oxygène.

76,90 — d’azote.

Mais l’analyse ne constate jamais ces proportions dans l’air dissous dans les eaux. Ce résultat n’a pas lieu de surprendre lorsqu’on sait que l’oxygène se dissout dans 27 fois son volume d’eau distillée, et l’azote dans 62 volumes de ce liquide ; aussi les eaux minérales, tant froides que thermales, sont-elles plus riches en oxygène qu’en azote comparativement à l’air ambiant.

Nous faisons connaître à l’article de l’azote le moyen de recueillir, de rechercher et de doser l’air spontané et dissous dans les eaux.

AIR «les salles «les piseines et «les cabinets de «loiiebes. L’air que les malades respirent lorsqu’ils sont soumis à l’action de la douche, ou q^u’ils sont plongés dans l’eau d’une piscine, possède-t-il une composition différente de celle de l’air ambiant ? Telle est la question que quelques auteurs se sont efforcés de résoudre dans ces derniers temps.

Air des salles des piscines. — L’évaporation spontanée de l’eau minérale thermale ou tempérée dans les salles des piscines ayant lieu seulement dans un espace confiné et à une température peu élevée, il en résulte que l’air ne peut pas généralement différer beaucoup, quant à sa constitution, de l’air extérieur. Quant aux principes minéraux et organiques, ils y ont été reconnus par plusieurs auteurs, en proportion diverse suivant la nature et la température de l’eau minérale. (Voy. Buée).

La nature de l’eau minérale influe an contraire beaucoup sur la pro-

air des salles des piscines et des cabinets de douches. 33

portion de l’acide carbonique que l’air des j)iscines peut renfermer. Nous en voulons pour preuve les analyses suivantes : dans les salles de Néris, des recherches ont montré à l’un de nous que l’oxygène et l’azote, avant, pendant, comme après le bain, existaient dans le même rapport que l’air extérieur. Quant à l’acide carbonique, il n’en a pas été trouvé plus de 1/4 à 1/2 pour 100. Mais il faut ajouter que les salles de cette station sont vastes, spacieuses, que l’air y circule librement, et que l’eau miné rale ne dégage pas spontanément d’acide carbonique ni d’azote. Même après un bain prolongé et dans lequel étaient plongées plusieurs personnes, la quantité d’acide carbonique exhalé n’a pas été découverte en proportion extraordinaire, circonstance qu’il faut attribuer à la bonne disposition des lieux. A la station de Châteauneuf, au contraire, là où l’eau minérale dégage incessamment de l’acide carbonique, où les salles sont plus mal disposées, et surtout où l’air extérieur ne pénètre pas aussi facilement, nous avons trouvé depuis 6 jusqu’à 14 pour lüO d’acide carbonique, au point que la respiration était sensiblement gênée après quelque temps de séjour dans le bain.

L’air des piscines des eaux sulfurées diffère très notablement du précédent. L’acide sulfhydrique mélangé à l’azote, à l’oxygène et à une petite quantité de gaz carbonique, trahit tout de suite sa présence par l’odorat, et cela d’une manière d’autant plus intense, que l’eau minérale est de nature plus altérable : tel est le cas des salles de Bagnères-de-Luchon comparées à celles de Baréges. Dans les premières, l’atmosphère est plus imprégnée d’acide sulfhydrique parce que le principe minéralisateur sulfuré se détruit plus promptement que dans les secondes. M. Filhol, qui s’est occupé avec tant de soin des eaux de Bagnères-de- Luchon, a remarqué que l’air des piscines était altéré, 1° par l’acide sulfhydrique qui se dégage de l’eau minérale ; 2“ par le conlact de l’eau sulfureuse elle-même, dont Tun des éléments (le sulfure de sodium) absorbe continuellement de l’oxygène. D’après le calcul de ce chimiste, un hoinme qui séjourne une heure dans le bain n’absorbe pas plus de 3‘^‘^,62 d’acide sulfhydrique, et, malgré l’absorption rapide de l’oxygène, M. Filhol n’a pas constaté une différence sensible entre les principes constitutifs de l’air (oxygène, 19,50; azote, 80,50). S’il nous était permis de juger par analogie, nous dirions que l’acide sulfhydrique des salles de piscines en général ne peut avoir qu’une existence éphémère. On se demande, en effet, si en contact avec l’oxygène de l’air ambiant, il ne se détruit pas en soufre à l’état de division extrême et suspendu dans l’espace et en eau. C’est là, nous l’avouons, une pure hypothèse, mais qui se concilie très bien avec les propriétés que l’on connaît au gaz sulfhydrique. La décomposition qui s’opère ainsi peut être confondue jusqu’à

Digt. des Calix miner. 3

Al K MAKIN.

un certain point avec celle qui a lien dans les tuyaux de conduite de beaucoup d’eaux sulfurées, et qui produit de véritables concrétions de soufre précipité par la même cause.

Air des cabinets de douches . — Dans les cabinets servant à administrer les douches, l’eau tempérée ou thermale, projetée avec force et abondance sur les objets résistants qu’elle rencontre, se dissémine en particules ou en vésicules dans l’espace, et cède nécessairement à l’air une minime proportion des gaz et des matériaux fixes qu’elle renferme. L’ébranlement imprimé à l’eau et aux molécules salines a pour résultat de dégager une portion des gaz oxygène, azote et carbonique, tandis qu’une partie des bicarbonates alcalins, et surtout terreux et métalliques, se convertit en sesquicarbonates et en carbonates neutres. On observe en effet qu’après une douche l’eau minérale a perdu de sa limpidité.

Dans les douches alimentées par les eaux sulfurées, il y a évidemment une absorption de l’oxygène de l’air par l’eau et une altération plus ou moins profonde des principes sulfurés ; mais soit que l’équilibre de l’air intérieur avec l’air extérieur se rétablisse presque aussitôt, soit que l’excès d’azote représente une minime proportion par rapport au volume de l’air confiné dans les locaux où s’administrent les douches, toujours est-il que l’analyse ne constate pas une différence très grande entre l’air extérieur et l’air intérieur.

A Néris, l’analyse de l’air de deux cabinets de douches ne nous a pas donné plus de 0,17 à 0,41 d’acide carbonique, proportion bien faible et qui ne s’éloigne pas extraordinairement de celle que l’air ambiant renferme. Il faut dire aussi que les eaux de celte station ont déjà perdu avant d’arriver dans les réservoirs servant aux douches une grande partie de leur acide carbonique libre, et enfin qu’elles sont peu minéralisées par des bicarbonates. Si ces expériences étaient répétées avec des eaux plus riches en gaz carbonique et en bicarbonates, nul doute que l’on trouverait dans l’atmosphère des douches un volume plus grand d’acide carbonique.

M. Filhol, qui a analysé l’air des salles de douches de Bagnères-de-Luchon, a annoncé également que l’oxygène et l’azote existaient en proportion à peu près normale (oxygène, 19,20 ; azote, 80,80), et que l’acide sulfhydrique se traduisait seulement par quelques millimètres cubes par litre d’air. Ainsi un homme qui séjourne un quart d’heure dans l’uîie des salles de douches de celte station n’absorbe pas plus d’un centimètre cube de gaz sulfhydrique.

AIR marin. Dejiiüs uu temps immémorial, l’atmosphère des mers est considérée comme jouissant de propriétés spéciales et très actives dans le traitement de plusieurs maladies ; mais, comme pour tous les pro-

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blêmes dont la sokuion ne repose pas sur des expériences directes, variées et dans tous les cas difficiles à réaliser, on a émis plusieurs hypothèses sur la nature du principe qui agissait ainsi.

Longtemps avant qu’on se fût rendu compte de la composition de l’air qui nous environne, le médecin anglais Mead soupçonna que l’air des mers renfermait du chlorure de sodium. Cette manière de voir, que le temps s’est chargé de confirmer, engagea les thérapeutistes à faire entrepi endi e des voyages maritimes dans des cas pai ticuliers, afin de permettre aux poumons d’absorber le sel marin disséminé dans l’espace. Soit que les lecherches analytiques, encore peu exactes, ne vinssent pas donner raison à la théorie de 5Iead, soit que le remède fût mal appliqué, soit qu’on n’eût pas reconnu au chlorure de sodium de propriétés bien tranchées, le système des voyages sur mer ne tarda pas à être abandonné.

On avança ensuite que dans l’atmosphère marine, l’air était plus rfi^he en oxygène que celui des terres; et l’on attribua à cet excès de gaz les insuccès observés dans la phthisie compliquée d’inflammation, l’oxygène agissant à la manière d’un corj)s excitant. Des analyses nombreuses, et exécutées par des chimistes dont l’autorité ne saurait être mise en doute ici, ont montré dans la suite combien cette opinion était erronée. Toujours l’oxygène et l’azote de l’air marin ont été trouvés dans le même rapport qu’en opérant avec l’air qui séjourne sur les terres.

On a fait jouer ensuite à l électricité un rôle non moins important. Ainsi, de ce tjueles otages sont plus fréquents à mesure cjue de la pleine mei on se lappioche des côtes, on a conclu (jue l’air de la mer avait une tension électrique moins considérable que l’air terrestre, et partant que tout le système nei veux se trouvait dans un état de quiétude plus parfait.

La dissémination d’une plus grande quantité de vapeur aqueuse dans l’atmosphère marine a été considérée comme très salutaire pour entretenir les organes dans les meilleures conditions; pour cela on eut recours aux nombreux exemples fournis par les insulaires, dont la santé est proverbiale. Tous les météorologistes s’accordent à dire que i’atmosphôie marine est plus saturée de vapeur d’eau c|ue celle des continents. D’une autre part, les courants aériens, les radiations solaires, ne rencontrant pas d’obstacles, comme sur le sol, répartissent plus uniformément cette humidité que dans l’intérieur des terres. Cette hypothèse a trouvé un appui dans Kéraudren, c|ui voit dans l’excès de la vapeur d’eau 1 une des causes de l’étiologie du scorbut ; et il s’apjiuie sur ce que celte affection est plus rare dans les régions polaires que dans les contrées équatoriales, là où l’atmosphère est toujours plus chargée d’humidité que vers les pôles.

Pour beaucoup d’auteurs modernes, le plus grand bénéfice que le ma-

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lade retire de son séjour au bord de la met , réside, du moins en partie, dans la pureté de l’air qu’il respire, et voici comment cette purification a lieu.

L’air des mers, comme du reste celui des terres, n’est jamais dans un repos absolu. îl s’établit dans les couches plus ou moins élevées de l’atmosphère des courants qui, en balayant l’espace, transportent au loin et disséminent à l’infini les matières fournies par l’air des terres ; et, chose digne de remarque^ ce renouvellement se montre à peu près périodi(|uement. Lorsqu’on demeure sur une plage, et si le temps est calme, on ne sent aucun mouvement dans l’air jusqu’à huit ou neuf heures du matin, parce que l’atmosphère terrestre est à la même température que l’atmosphère marine. iMais bientôt la brise s’élève et augmente d’intensité jusqu’à trois heures de l’après-midi. L’air des cotes se trouve alors complètement remplacé par celui de la mer que les vents chassent sur le continent; la brise cède ensuite à mesure que le soleil se cache à l’horizon et fait place au vent de la terre, qui disparaîtra à son tour le matin, avec le lever du soleil. Ces alternatives de brise de mer et de vent de terre, modifiées plus ou moins selon le climat, l’époque de l’année, la pression atmosphérique, et enfin selon la direction des vents, sont donc les causes essentielles du renouvellement et de la purification de l’air des contrées maritimes.

Mais, tout en reconnaissant l’influence favorable du renouvellement incessant de l’air des plages maritimes, les auteurs ont tenu généralement compte des matériaux fixes et d’origine marine que l’atmosphère pélagienne contient.

D’après des calculs qui, tout en étant approximatifs, ne s’éloignent cependant pas beaucoup de la vérité, on estime qu’un kilomètre carré de la surface de la mer fournit chaque jour à l’atmosphère 1000 mètres cubes de vapeur d’eau. Or on s’est demandé si pendant cette évaporation spontanée, qu’activent considérablement les vents, la vapeur aqueuse ne pouvait pas entraîner avec elle une portion minime de tous les principes salifères des mers. Cette question, l’une des plus intéressantes, a donné lieu à des recherches qui ont abouti seulement à faire découvrir dans ce milieu le principal agent minéralisateur de l’eau de mer, c’està-dire le chlorure de sodium , mais seulement à des moments donnés, comme nous le dirons tout à l’heure.

L’existence du chlorure de sodium dans l’atmosphère marine est rendue de toute évidence par les cristaux qui recouvrent parfois les végétaux placés à une distance souvent considérable des bords de la mer. Il est notoire que lorsqu’on séjourne pendant un certain temps sur une plage, et lorsque la mer est agitée, la langue perçoit sur les lèvres la saveur

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caractéristique du sel marin. Quant au genre de volatilisation qui s’opère ainsi, il est facile à comprendre. Certains sels fixes, et à l’état solide, résistent à une température très élevée sans qu’ils se volatilisent ; au contraire, lorsqu’ils sont en dissolution dans l’eau, ils sont entraînés, du moins partiellement, par la vapeur aqueuse, et les chlorures paraissent plus que tous les autres jouir de ce privilège. Celte volatilisation est la même que celle qui s’observe auprès des Lagoni de la Toscane, où l’acide borique est volatilisé par l’intermède de la vapeur d’eau.

M. Carrière, dans un intéressant travail sur le sujet qui nous occupe, a trouvé que l’atmosphère des mers n’était pas toujours imprégnée de chlorure de sodium. Ainsi, lorsque la mer est calme et l’atmosphère tranquille, l’eau résultant de la condensation de la vapeur pélagienne consiste uniquement en principes gazeux et en eau distillée; au contraire, si la mer est agitée, si les vents sont dans la direction des terres, si les flots viennent se briser sur la rive, l’air marin porte avec lui les éléments de la mer, et principalement le chlorure de sodium. Ces expériences sont importantes, en ce qu’elles tendent à prouver que pour faire profiter les malades du bénéfice de l’air marin, c’est dans le moment où la mer est le plus agitée que l’atmosphère possède des propriétés plus actives. Cette conclusion est, il est vrai, en opposition directe avec le conseil que l’on donne généralement aux malades, aux phthisiques par exemple, de n’aller respirer l’air de la plage que lorsque les vents et les flots sont en paix.

Quoi qu’il en soit, et en cela nous pensons être d’accord avec tous ceux qui se sont livrés avec soin à rexamen de l’action des gaz et des vapeurs hydrominérales sur l’économie animale, si la présence du chlorure de sodium dans l’atmosphère maritime est un point désormais acquis à la science, rien ne prouve que d’autres agents et des circonstances particulières ne puissent avoir avec ce sel une influence salutaire. « L’influence plastifiante d’une pression atmosphérique un peu élevée, mise en relief par les recherches récentes de MM. Pravaz et Tabarié, dit :M. Fonssagrives, est un bénéfice dont jouit habituellement l’homme de mer ; la rareté des surcharges électriques de l’air marin, les limites étroites dans lesquelles varie son humidité, l’absence de ces miasmes infectants qui allèrent toujours l’air qu’on respire à terre, sont autant de raisons qui nous portent à considérer l’atmosphère pélagienne comme plus salubre que l’air continental. » [Traité d' hygiène navale, 1850, p. 338.)

Considérons maintenant l’air marin comme agent hygiénique et thérapeutique.

L’organisme peut être soumis à l’influence de l’air marin dans deux circonstances différentes : ou dans les voyages maritimes, ou sur les rivages de la mer. C’est celle dernière seule que nous étudierons ici, qu’elle

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se trouve recherchée isolément au moypu du séjour sur le liiloral, ou qu’elle se trouve faire partie des conditions constituantes du traitement par les bains de mer.

L’air marin agit sur l’organisme par sa densité, par sa constitution chimique, et par les conditions physiquesauxquelles il peut se trouversoumis.

L’est au bord de la mer que l’atmosphère présente la densité la plus considérable, ou en d’autres termes, exerce la j)ression la plus considérable. îl est assez remarquable, cependant, qu’une partie des effets physiologiques ressentis dans son milieu se rapprochent beaucoup de ceux que détermine le séjour dans une altitude élevée, c’est-à-dire dans des conditions diamétralement opposées [voy. Altitude]. L’excitation des fonctions digestives et respiratoires, et du système nerveux, en est le caractère le plus saillant. Par le fait du seul séjour au bord de la mer, comme dans une localité très élevée, l’appétit augmente, la digestion s’opère plus régulièrement et plus rapidement, la respiration s’exerce avec plus d’activité, le système nerveux est surexcité: tels sont, du moins, les phénomènes les plus manifestes et les plus généraux qui s’observent, et qui font que l’un et l’autre séjour sont salutaires aux personnes faibles, molles, apathiques, à constitution lymphatique, et sont mal supportés si le système est facilement excitable, si la circulation sanguine s’exerce avec une grande activité, enfin si la constitution présente une disposition névropathique ou inflammatoire dominante.

Mais Pair marin ne se distingue pas seulement par sa densité. Il présente une constitution particulièrement empruntée aux qualités chimiques que lui communique la mer elle-même. Que ce soit par suite de l’évaporation spontanée ou de renlraînement moléculaire produit par l’agitation et le renouvellement incessant de l’atmosphère, il n’en est pas moins certain que l’air marin présente un état habituel de minéralisation dont nous avons exposé plus haut les caractères, et qui doit lui imprimer certaines qualités physiologiques et thérapeutiques. Nous devons ajouter à celte considération celle de l’humidité, beaucoup plus constante que celle de l’atmosphère terrestre.

L’économie se trouve donc, au bord de la mer, plongée dans un milieu tout particulier, qui la pénètre par des voies multiples, et surtout par les voies l espiratoires, sur lesquelles il doit exercer en outre une action topique très spéciale.

Si la densité de l’air marin et sa constitution chimique présentent partout des caractères identiques, ou au moins analogues, le séjour du littoral emprunte aux circonstances météorologiques ou climatiques des localités, des conditions fort différentes, et qui jouent un grand rôledans la manière dont l’organisme peut en êtrejn fluence»

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La température saisonnière subit au bord de la mer de moindres variations qu’au milieu des continents, tandis que la température journalière y présente des variations constantes. La chaleur de l’été y est plus tempérée, le froid y acquiert une moindre intensité l’hiver. Mais il règne habituellement sur les côtes des vents qui impriment aux influences atmosphériques une activité toute particulière, et quelquefois prédominante. Cette dernière circonstance réclame une attention d’autant plus grande, qu’elle se montre à un haut degré sur la plupart des plages où se fait en Europe le traitement marin, c’est-à-dire les rivages septentrionaux de la France, de la Hollande et de l’Allemagne : elle se fait sentir à un moindre degré sur nos côtes méridionales et sur le littoral de la Méditerranée ; mais elle y existe encore, d’une manière fort tranchée, surtout à certaines époques de l’année.

Ces qualités complexes, qui servent à caractériser l’air marin, font qu’il est très dilïicile d’apprécier la part qui peut revenir à chacune d’elles dans l’action physiologique qu’il exerce sur l’organisme. Cette difficulté se retrouve plus grande encore, s’il s’agit d’en apprécier l’action thérapeutique.

Cependant les effets physiologiques généraux que nous avons mentionnés plus haut sont assez habituels, nous pourrions dire assez constants, pour qu’il soit permis de les attribuera l’ensemble de ces qualités, et en particulier aux plus constantes d’entre elles, telles que la densité et la composition chimique de l’atmosphère.

Le séjour du bord de la mer est favorable aux constitutions débiles, molles, lymphatiques. Il est moins favorable, et souvent nuisible aux constitutions excitables, avec prédominance nerveuse ou inflammatoire. Voici deux propositions qui résument une expérience très confirmée, et très tranchée dans ses résultats. Mais s’il s’agit de faire intervenir ces mêmes conditions atmosphériques dans des états formellement pathologiques, et à titre thérapeutique, la difficulté devient plus grande, et les conditions de localité acquièrent une importance nouvelle.

Si l’on veut cependant trouver un guide un peu sûr au sujet des indications ou des contre-indications du séjour marin, il faut reporter aux' circonstances j)athoiogiques les observations faites sur l’influence physiologique de ce séjour. En effet, il ne nous paraît pas que l’on puisse précisément attribuer à l’air marin des propriétés thérapeutiques ou médicamenteuses directes. Son intervention nous paraît offrir un caractère plutôt physiologique.

C’est dans l’enfance que le séjour au bord de la mer est surtout salutaire, alors que l’évolution de l’organisme se trouve ralentie ou enrayée, soit par l’insuffisance des forces, soit par une convalescence difficile, soit

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par i’exislence de quelqu'une des dialh^ses familières à cet âge. Les enfants possèdent une tolérance particulière pour l’air de la nier. Cependant eux-nièmes présentent souvent, dans les premiers jours surtout, des phénomènes d’excitation qui, s’ils vont rarement jusqu’à les mettre dans l’impossibilité de le supporter, témoignent du moins de la manière dont l’organisme est influencé. Les manifestations lymphatiques et scrofuleuses se réveillent chez quelques sujets; il n’est pas rare de voir quelques accidents fébriles, passagers, ou prenant parfois un type intermittent, ou encore des éruptions anomales. On a vu des maladies aiguës, sans doute imminentes déjà, éclore tout à coup sous cette influence. (Gaudel.)

L’air de la mer est éminemment salutaire aux femmes débiles, fatiguées par une grossesse ou la lactation, ou par les veilles du monde ou du travail manuel. Cependant il est certaines idiosyncrasies qui ne peuvent s’y accommoder : parmi les femmes hystériques ou sujettes aux névralgies, il en est un certain nombre que l’air de la mer surexcite à un haut degré. A quels signes peut-on reconnaître d’avance ce défaut de tolérance ? Il nous serait impossible de les formuler : nous ne pouvons qu’insister sur les circonstances où il s’observe le plus souvent.

Une maladie chronique quelconque, offrant à un haut degré les caractères de l’asthénie, supposant un état de relâchement des tissus, peu susceptible d’être modifiée médicamenteusement, subira presque toujours une influence favorable de la part de l’air marin. Outre l’action générale exercée sur l’ensemble de l’organisme, et dont le retentissement se fait sentir sur les organes ou les tissus malades, ces derniers subissent quelquefois une modification assez directe pour revêtir un caractère plus formellement thérapeutique qu’il n’arrive dans la plupart des cas. Cela se voit dans des bronchites très asthéniques, franchement catarrhales, ou de véritables bronchorrhées. Mais il n’en est pas de même dans les bronchites sèches, avec oppression ou douleurs thoraciques, enfin avec la moindre tendance à l’excitation. Les catarrhes des vieillards se trouvent souvent très bien du séjour au bord de la mer, pourvu toutefois qu’il n’y ait point d’ailleurs d’asthme et d’emphysème. Il est certains rhumatismes aigus, tenant à une grande susceptibilité de la peau, auxquels l’air de la mer est très salutaire, en modifiant les conditions d’activité de la surface tégumentaire.

La question là plus importante ciue soulève l’opportunité du séjour au bord de la mer est relative à la phthisie pulmonaire ou laryngée. La tuberculisation des organes pulmonaires est considérée comme réclamant d’abord un changement de milieu. Ce principe est bon, comme il l’est à propos de tout état diathésique. Ce changement est généralement conçu dans le sens d’un climat plus chaud que le climat habituel. Le séjour au

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bord de la mer est souvent recommandé comme une combinaison mile avec le changement de climat. En elîet, dans l’appréciation de l’action de l’air marin chez les phthisiques, il y a toujours à tenir compte de circonstances multiples: le voyage, le changement de climat, les conditions climatiques particulières à la localité marine, enfin les qualités propres à l’air marin lui-même. Lors donc que l’on recherche l’air marin pour un phthisique, on ne peut guère éviter de soumettre celui-ci à une série de conditions nouvelles, fort actives par elles-mêmes, et dont la part réciproque est assez difficile à apprécier, dans les résultats obtenus soit en bien, soit en mal.

Les phthisiques eux- mêmes peuvent se présenter dans bien des conditions diverses dépendantes de la constiîution propre au malade, ou de l’époque, de la marche, de l’ancienneté de la maladie [voy. Phthisie]. On trouvera sans doute à faire à chaque individu l’application utile des observations que nous avons présentées touchant les effets de l’air marin sur l’organisme. Cependant il est un point de vue qui nous paraît dominer la question des indications et des contre-indications, si importante à préciser ici. La phthisie suit une marche active^ c’est-à-dire progressive, lente ou rapide; ou bien elle se trouve à l’état stationnaire. S’il était possible d’isoler l’air marin des conditions parmi lesquelles on va le chercher, nous ne répugnons pas à penser qu’il pourrait être utilement applicable aux phthisiques, dans la plupart des conditions où ils peuvent se présenter. Avec quel degré d’efficacité? C’est ce qu’aucune expérience ne permet d’apprécier précisément. Mais les éléments minéralisateurs dont il est pénétré et son humidité peuvent [donner à sa pénétration dans les bronches un caractère médicamenteux assez important : nous nous gardons de dire une action curative. On confond, en effet, trop souvent une action simplement salutaire, c’est-à-dire pouvant apporter un concours utile à d’autres moyens médicamenteux, ou encore à la résistance ou à la tendance réparatrice de l’organisme luimême, avec une action directement curative. Laënnec attribuait à l’air marin une induence très bienfaisante pour les phthisiques ; il est puéril de présenter, aussi qu’on le fait si souvent, comme une contradiction avec cette pensée, l’insuccès facile à prévoir des tentatives artificielles auxquelles il s’était soumis.

Mais il ne faut pas oublier que l’on envoie généralement les phthisiques respirer l’air de la mer au milieu des influences multiples que nous avons énumérées plus haut, et dont l’ensemble est funeste à la plupart des phthisies en voie d’activité, depuis leur début jusqu’à leur dernière période. Nous ne parlons pas sans doute des rivages septentrionaux, où l’on ne peut guère envoyer de phthisiques que par mé-

AIRTHRF.Y.

garde ; encore faut-il se méfier à ce sujet des simples dispositions apparentes à la phthisie, lesquelles ne sont souvent en réalité que le début elîeclif de la maladie. IMais nous parlons des contrées marines vers lesquelles les phthisiques sont habituellement envoyés, malgré de très fréquentes contre-indications.

Nous n’admettons le voisinage de la mer comme salutaire, ou au moins comme innocent, que pour les phthisies très lentes, stationnaires, chez des individus phlegmatiques, avec des symptômes thoraciques peu prononcés, et la moindre disposition possible aux bronchites ou aux hémoptysies. Même dans de telles conditions, le choix de la localité est encore d’une grande importance. Nous n’en connaissons aucune qui offre un ensemble de conditions plus favorables qwWrcachon [voy. ce mot], et peut-être Venise. Mais, en résumé, et malgré quelques résultats favorables obtenus de temps en temps, nous croyons le voisinage de la mer dangereux pour la plupart des phthisiques. Les intéressantes observations amassées par M. Rochard, bien que s’adressant à une catégorie toute spéciale, celle des gens de mer, sont de nature à apporter de vifs éclaircissements dans cette question [Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie^ t. III). M. Fonssagrives a émis une manière de voir semblable à la nôtre : « L’air du littoral, dit-il, est, on ne saurait trop le répéter, préjudiciable au phthisique, sur toutes les côtes et sous toutes les latitudes, et cela se conçoit ; il y est en butte à des vicissitudes thermologictues incessantes; toutes les saisons thermologiques se succèdent pour lui dans le même jour, presque dans la même heure : sa peau, imprégnée de moiteur dans une rue chauffée par le soleil, à l’abri du vent, se crispe sous le froid dès qu’il subit te contact agressif de la brise du large, et de là ces bronchites intercurrentes qui se succèdent sans relâche, et qui, chacune, abrègent pour leur part la carrière déjà si courte promise aux tuberculeux... » [Gazette hebdomadaire., t. YI.)

aiuthuey (Grande-Bretagne, Écosse). Sources minérales près de Stirling, situées dans une belle et riche campagne.

Chlorurée mixte. Tempér,?

Eau : une livre.

Eau : un Utr

G lains.

Chlorure de sodium .

de calcium .

Sulfate de chaux .

Chlorure de magnésium. . ,

(Thomson.)

Celte station est très fréquentée, quoique manquant d’aménagement spécial. Les eaux passent pour purgatives.

Aix (France, Bouches-du-Rhône). Chef-lieu d’arrond. , à 700 kilomètres de Paris, 20 de I\îarseille.

Bicarbonatée calcique. 2 sources : de Sextius, Tempér. , de 34%16, à 36°, 87; de Barret, de 20^6 à 21«,50. Ces sources sont solidaires les unes des autres, et 1 on a \'u la source de Sextius diminuer rapidement par suite de fouilles peu profondes, exécutées sur le territoire de Barret, proche de la ville. Le volume des sources augmente pendant les pluies, et diminue jtendant les sécheresses ; la source de Barret peut même tarir.

Eau de Sextius.

Acide carbonique . quant, indét.

Air atmosphérique . iq.

Eau de Barret.

quant, indét, id.

Gram.

Carbonate de chaux . . . 0,1072

— de magnésie . 0,0418

Chlorure de sodium . 0,0073

— de magnésium. . 0,0120

Sulfate de soude . 0,0323

— de magnésie . 0,0080

Silice et matière organique azotée.. , 0,0170

. traces

Gram.

traces

(Robiquet, 1837.)

Si les eaux d’Aix ne possédaient une température aussi élevée, on serait tout disposé à les considérer comme des eaux douces, d’autant plus que la piopoition de leurs principes salins est très voisine de celle des eaux de livièies. Robiquet a inscrit les carbonates de chaux et de magnésie à l’état de sels neutres : tout porte h croire cependant que ces sels y existent en dissolution à la faveur de l’acide carbonique, soit à l’élatde bicarbonates.

Les thermes d’Aix sont de ceux qui ont conservé le plus de vestiges d’une installation romaine. On attribue leur fondation h [\larius, an 63A de Rome, ou au proconsul Caïus Sextius Galvinus, vers la même époc|ue. La principale source porte encore le nom de Sextius.

Les eaux d’Aix sont, sous le rapport de la température, des mieux partagées parmi les eaux bicarbonatées calcaires : mais possèdent-elles de nombreuses et importantes applications? Nous renverrons à ce que nous disons ailleurs de la valeur thérapeutique commune à la généralité des eaux bicarbonatées calcaires [voy. Bicarbonatées (eaux) ]. Les eaux d’Aix ■ nous paraissent devoir être considérées comme des eaux peu excitantes, sans spécialité déterminée, mais très convenables par leur excellente température (34° à 36°), si l’on veut recourir à une hydrothérapie tempérée et sédative : ainsi dans certains rhumatismes névropathiques, certaines maladies de peau où les sulfureux paraîtraient contre-indiqués, chez des convalescents excitables, etc. Elles conviennent, suivant un ancien mé-

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