AVORTEMENT
minérales pourront, en la modifiant favorablement, exercer une influence indirecte sur le phénomène qui nous occupe. Il pourra être alors indiqué d’envoyer une femme anémique à Forges, à Schioalbach ou à Spa; une femme lymphatique à Kissingen ou à Wiesbaden, à Cauteretson ]iLuchon; une femme névropathique à AVrfs, à Luxeuil ou 'a Plombières. Nous ne donnons ici que des modèles d’indication.
Il s’agit d’approprier le traitement à la constitution; et c’est surtout dans de pareilles circonstances qu’il faut tenir compte de tous les éléments du traitement thermal, minéral, hydrothérapique, hygiénique, etc.
Mais il est des cas plus particuliers, où les circonstances d’une constitution générale déterminée , comme celles d’un désordre local quelconque, font défaut. On ne sait alors à quoi attribuer cette disposition aux fausses couches. Nous avons vu plusieurs fois une telle disposition se modifier à la suite d’un traitement thermal à Vichy, et une grossesse consécutive suivre son cours normal. Nous citons Vichy pour reproduire une observation personnelle, et parce que nous n’vavons pas rencontré de semblables mentions à propos d’autres thermes. Mais loin de nous la pensée d’en faire une application spéciale. Il doit en être de la disposition aux avortements comme de la stérilité. En dehors des indications précises à déduire de telles circonstances pathologiques ou constitutionnelles, on peut obtenir, de ce que nous appelons l’hydrothérapie minérale, des effets difficiles à attribuer à une spécialité thérapeutique quelconque. C’est du reste là un sujet à étudier.
B. C’est une matière fort grave et difficile à traiter, que celle des effets abortifs que peuvent déterminer les eaux minérales. Il faut d’abord ramener la question à ses termes les plus simples, en étudiant à part chacun des éléments du traitement tiierma! qui peuvent être mis en jeu, c’est-à-dire : les qualités chimiques ou médicamenteuses propres 'a chaque eau minérale elle-même, le mode d’administration, et enfin la température.
La plupart des eaux minérales sont excitantes et ont une tendance à agir dans le sens de la fluxion utérine. C’est pour cette raison que beaucoup de médecins repoussent absolument leur usage pendant la durée de la grossesse. Mais nous n’en connaissons aucune qui possède par elle-même, et en vertu de sa propre constiluiion, des propriétés abortives. Quant à cette tendance des eaux minérales à favoriser la fluxion utérine, elle n’est guère à redouter, si l’on s’en tient à leur usage interne, pourvu que i’on évite toutefois les eaux très chaudes, et l’abus de la boisson, en particulier pour les eaux purgatives et les eaux bicarbonatées sodiques fortes.
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Mais il convient de n’user des bains qu’avec beaucoup de réserve. Il est certain que pour un grand nombre de femmes, l’usage de bains tièdes et journaliers ne saurait être sans de graves inconvénients, quoique chez les personnes molles, lymphatiques, des bains d’eau minérale en auraient sans doute moins que des bains d’eau douce. D’un autre côté, l’étude comparative des faits nous donne à penser que les eaux chlorurées sodiques favorisent la fluxion et l’hémorrhagie utérine plus que les eaux sulfurées ou bicarbonatées.
En résumé, nous considérons l’usage interne de la généralité des eaux minérales, dirigé avec circonspection, comme parfaitement compatible avec l’état de grossesse; mais nous croyons prudent de s’abstenir, sinon de toute espèce de bain, du moins de tout traitement balnéaire proprement dit. Nous croyons aussi qu’il faut préférer les bains de baignoire aux bains de piscine, plus actifs et plus excitants.
(ie que nous disons des bains doit s’appliquer, à plus forte raison, aux douches et aux injections, à moins que l’on ne se propose de remplir à leur aide quelque indication spéciale.
Mais ce qu’il faut craindre par-dessus tout, c’est la température élevée des eaux. Nous n’avons pas de données précises sur les inconvénients que peut offrir l’usage des eaux minérales qui se prennent à une température élevée, comme le Mont-Dore, Plombières, etc. Mais les bains chauds et prolongés exercent certainement une action très nuisible. Les propriétés abortives de la piscine chaude de Néris ne sont que trop formellement établies, et nous paraissent devoir être attribuées à peu près exclusivement à la température élevée du bain. Il est à pré sumer que partout ailleurs, et souvent avec plus d’activité encore, on déterminera les mêmes effets dans de semblables conditions.
AX (France, Ariége, arrond. de Foix).
Sulfurée sodique. Tempér., 24" à 77°; altitude, 710 mètres.
Cette station est remarquable par le grand nombre de sources qu’elle renferme. M. Alibert en compte cinquante-huit, dont huit seulement ont été analysées. Cet auteur les divise, au point de vue chimique, en trois familles ainsi caractérisées : 1” point sulfureuses et ne renfermant pas de barégine; T sulfureuses et présentant de la sulfuraire et de la barégine ; 3° sulfureuses et ne renfermant pas de barégine.
Au point de vue de leur usage, les eaux d’Ax présentent : 1° des sources qui se perdent sans être utilisées, et n’ont pas reçu de noms particuliers; 2° des sources employées aux usages de la vie domestique et aux besoins de l’industrie : nous n’avons pas besoin d’en donner ici l’indication; 3° des sources affectées au service sanitaire.
Ces dernières se trouvent aménagées dans troisétablissements distincts
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OU à leurs ap])roches. Ces élablisseiueiits sont appelés : Couloabret, Teich et Breilh.
Nous empruntons à M. Alibert le tableau suivant, comprenant les dénominations et les températures d’un grand nombre des sources de cette station.
Basse . 24,00
Rougeron . 24,50
Canaletle . 25,00
Montmorency . . 31,00
Fontaine du jardin du Teich. . . 31,00 Source de la pompe du Teich.. 32,00
N” 9 du Breilh . 33,00
N" 1 du Breilh . 33,00
Gourguette . 36,00
N" 6 du Teich . 38,00
N“ 4 du Couloubret ou Pilhes, . 39,60
Saint-Roch (à gauche) . 40,00
N" 4 du Breilh . 41,50
Coustous (à gauche) . 42,00
Coustous (à droite) . 42,50
Gaston-Phœbus . 43,00
Saint-Rocli (à droite) . 44,00
Bain fort (nouveau) . 44,50
— (ancien) . 45,00
N" 4 du Teich . 46,00
Petite sulfureuse . 47,00
N° 7 du Breilh ou Longcharnp. 48,00
Bleue du Teich . 48,00
N» Il du Teich ou Auglada. . . . 51,00
Pyramide du Breilh . 52,00
Grotte du Teich (à gauche). . . . 53,00 — (au milieu)... 55,00
Foutan . 58,00
Etuve du Breilh . 63,00
Puits d’Orlu . 64,00
Quod . 64,00
Roger-Bernard . 64,00
Pyramide du Teich . 65,70
Etuve de Fhôpital (à droite) 67,00
— (au milieu). . . 68,00
Viguerie . 73,50
Canons (les deux tuyaux) . 74,80
Rossignol (inférieur), . 76,75
— (supérieur) . 77,00
Eau : un litre.
Source du Couloubret : Eau du Bain fort. Source 4.
Muriate de soude . . . 0,0221
Matière végéto-animale . 0,0221
Carbonate de soude desséché. . . . 0,0708
Oxyde de fer au maximum . »
— de manganèse . 0,0022
— de manganèse et magnésie.
Alumine . 0,0044
Silice . 0,0354
Perte . . . 0,0288
Gram,
Source du Teich [eau bleue).
Gram.
Carbonate de soude sec . 0,1090
Muriate de soude . 0,0163
Silice dissoluble . 0,0066
Matière végéto-animale . 0,0052
Silice indissoluble . 0,0509
Carbonate de chaux . 0,0066
Fer et alumine . 0,0044
Magnésie . vestige.
Eau ou perte . 0,0510
Dict. des Eaux miner. — T. l. Il
AX
Sources du Breilh. N" 1. N* 5.
Gram. Gram.
Muriate de soude . 0,035'*^ 0,0532
Matière végéto-animale . 0,0390 0,0426
Carbonate de soude desséché . 0,0815 0,0690
Oxyde de manganèse . 0,0036 0,0036
Alumine . 0,0018 0,0036
Perte . 0,0372 0,0283
(Magnes-Lahens, 1821.)
Les sources minérales d’Ax, par leur nombre et par leur température très variée, mériteraient d’etre soumises à un nouvel examen chimique, car tout porte à supposer d’abord que leurs principes constitutifs ne s’y trouvent pas combinés dans les états indiqués par Dispan çt Magnes- Lahens; ensuite que l’analyse y découvrirait d’autres matières.
Nous ferons encore remarquer qu’il existe dans les auteurs une grande confusion sur la somme des sels qu’elles renferment. Ainsi, d’après MM. Boutron, Pâtissier et Filhol, ces eaux renferment seulement par litre 0s',i7 à Os‘,25 de résidu fixe; M. Constant Âlibert en constate au contraire 1^' ,7 à 28' ,5 pour la même quantité de liquide. Le résultat des analyses de Dispan et de Magnes-Lahens a prouvé qu’en effet ces eaux étaient moins riches en principes minéralisateurs que ne le dit M. Alibert.
C’est pour ces motifs que nous n’avons pas ci u devoir reproduire l’analvse des autres sources d’Âx.
M. Filhol s’est livré en 1851 au dosage du principe sulfureux des eaux minérales de cette station. Voici les résultats qu’il a obtenus :