AZOTE
logistes, il est hors de doute que celles des terrains secondaires et tertiaires subissent l’intervention des eaux atmosphériques ; on conçoit alors que dans ces dernières la présence des azotates n’a rien d’incompatible avec les faits.
C’est ici l’occasion de parler d’une théorie d’après laquelle les azotates ne peuvent exister dans les eaux qui renferment de l’hydrogène sulfuré. D’après M. [\Iarchand, l’hydrogène sulfuré donnerait naissance, par son contact avec les azotates, à de l’ammoniaque et à de l’eau. Il y aurait un grand intérêt à rechercher si réellement les choses se passent ainsi. Nous remarquons toutefois que MM. Filhol, Leconte et de Puisaye ne font pas mention des azotates dans les eaux sulfurées sodiques, non plus que dans celles d’Enghien.
Indiquons maintenant le moyen le plus sûr pour reconnaître des traces d’un nitrate dans les eaux.
On fait évaporer jusqu’à siccilé plusieurs litres d’eau minérale, et le résidu, délayé dans deux ou trois fois son volume d’eau distillée, est mis en digestion au bain de sable. On jette le mélange sur un filtre et on lave le dépôt à plusieurs reprises avec de l’eau distillée chaude. Les solutions en provenant sont filtrées et traitées par un léger excès d’acide sulfurique à froid, afin de décomposer les carbonates alcalins; on sature l’excès d’acide sulfurique par un peu de potasse très pure, et l’on fait de nouveau évaporer le liquide jusqu’à siccité. Le résidu est broyé avec une petite quantité de cuivre métallique réduit en poudre, et mis dans un tube d’une longueur de 20 à 25 centimètres et fermé à l’une de ses extrémités. La matière, additionnée d’acide sulfurique jusqu’à ce qu’elle soit à l’état de pâte molle, est chauffée au bain de sable. Pour peu qu’il existe de l’acide azotique, on voit des vapeurs rougeâtres d’acide hypoazotique remplir la partie vide du tube. Cette expérience, conduite avec soin, donne un résultat très satisfaisant: ainsi en opérant avec deux litres d’eau de Vichy additionnéede2 milligrammes de nitrate de potasse, nous avons pu recoii' naître très facilement les vapeurs azotiques.
AZOTE. En 1784, le docteur Pearson, se livrant à l’examen des eaux de Buxton, découvrit un gaz qui, par ses propriétés particulières, différait notablement de l’air atmosphérique que l’on savait déjà exister dans toutes les eaux : c’était l’azote pur.
Cette observation avait passé longtemps inaperçue, lorsque les recherches des chimistes sur les eaux des Pyrénées sont revenues la mettre en lumière. Quelques auteurs, Monheim entre autres, avaient d’abord supposé que l’azote des eaux sulfurées n’était pas le même que celui qui existe dans l’air ambiant ; et comme ils ne connaissaient pas les moyens de le purifier, ils avaient émis l’opinion qu’il était un composé d’azote et