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BAGNÈRES-DE-BIGORRE

Il est difficile de spécifier avec précision les pri'priétés ihéraj^euliquos des eaux de Bagnères*de-Bigorre.

l.a caractéristique de cette station est la qualité de sulfatée calcique. Considérées en elles-mêmes, les eaux sulfatées calciques, comme la plupart de celles qui appartiennent à la classe des sulfatées sont des eaux à propriétés mal définies, sans spécialisation thérapeutique formelle, plutôt sédatives qu’excitantes, et applicables à toutes sortes d’états morbides différents, précisément parce qu’elles n’en réclament aucun d’une manière particulière. En se plaçant à ce point de vue même, on s’étonne d’abord de l’importance prédominante qu’avaient prise depuis longtemps les thermes de Bagnères-de-Bigorre. Sans doute, il faut tenir compte de leur situation avancée, à l’entrée des Pyrénées, et dans un centre considérable de poj)ulation, alors que la plupart des sources devenues si célèbres depuis, se trouvaient encore perdues dans des régions à peine habitées et difficilement accessibles ; peut-être faut- il attribuer encore en partie la faveur de ces eaux à la multiplicité de leurs applications, qui résulte précisément du défaut de spécialisation formelle.

Cependant il serait inexact de ne voir dans Bagnères-de-Bigorre que des eaux sulfatées calciques ; à celles-ci, déjà nombreuses elles-mêmes, et de températures très variées, se joignent des sources ferrugineuses et des sources sulfureuses, rapprochement remarquable, et qui vient ajouter un intérêt tout particulier à cette station thermale. Le véritable caractère de Bagnères-de-Bigorre appartient néanmoins à sa qualité sulfatée calcique ; ses qualités ferrugineuse et sulfureuse ne sont que des qualités accessoires, complémentaires, et quelle que soit leur importance propre, subordonnées à la première, dans le point de vue général auquel il faut se placer pour envisager une station thermale.

Les affections auxquelles les eaux de Bagiières-de-Bigorre se trouvent utilement applicables sont assez nombreuses : cependant il est certaines conditions dans lesquelles il est possible de concentrer les indications qui doivent présider à leur emploi.

Nous ne prendrons pas pour guide à ce sujet le volumineux ouvrage de iM. Ganderax sur Bagnères [Recherches sur les propriétés des eaux minérales de Ragnéres-de- B iyorre ^ 1827). La prédominance assignée dans ce livre aux maladies du foie, comme s’il s’agissait en apparence de Vichy ou de Karlsbad, n’est propre qu’à fournir des idées très inexactes sur la valeur théraj)eutique de ces eaux. Le mémoire publié depuis par IVJ. Lemonnier [Cinq années d'études pratiques sur les eaux minérales de Bagnhres-de- Bigarre, 1845), tout incomplet qu’il est, nous servira beaucoup mieux de guide dans l’exposition que nous avons à faire.

Auparavant nous devons faire connaître quelques-uns des types qui

PîAGNÈRES-DE BIGORRE.

repi éseiUent les principales variétés des eaux de Bagnères, au point de vue des applications thérapeutiques.

Parmi ces sources, quelques-unes sont désignées comme simplement salines, c’est-à-dire peu ferrugineuses ou point sulfureuses, et en ouire très peu minéralisées. Ces sources, dont les types sont le Foulon et le Salut, sont très sédatives, et paraissent devoir en partie cette propriété à leur thermalité moyenne (31° à 35°), qui permet de les prendre en bains à leur température native, et à eau courante.

D’autres sont ferrugineuses, en meme temps que salines, et empruntent à cette composition des propriétés faciles à définir : ce sont la Heine, le Dauphin, Théas, Cazaux.

Parmi celles-ci, la Reine, le Dauphin et Cazaux présentent une minéralisation plus considérable et une température plus élevée, et par suite une action excitante prononcée.

La Reine et Lasserre, les plus riches en sulfates de soude et de magnésie surtout, sont notablement laxatives.

Enfin, Pinac et Labassère sont deux sources sulfureuses.

Ce qui caractérise cette station thermale, c’est l’existence de sources très formellement sédatives, et la combinaison de ces sources avec la médication ferrugineuse, combinaison qui se rencontre rarement à ce degré en même temps qu’avec la médication sulfureuse.

Il résulte de là que les eaux de Bagnères-de-Bigorre sont spécialement applicables alors qu’il existe un état de surexcitation du système nerveux, accompagnée de faiblesse et d’atonie; c’est-à-dire qu’il faudra plutôt tenir compte, dans leur indication, de l’état général de la constitution que de la nature même de la maladie. Aussi est-ce surtout aux femmes qu’elles conviennent. C’est surtout chez les femmes, et en rapport avec des désordres variés de l’appareil génito-urinaire, ou de la menstruation, que se rencontre cette combinaison de la névropathie et de l'atonie générale, à laquelle il est si difficile d’opposer des médications salutaires, et à laquelle conviennent si bien les eaux minérales appropriées. Telle est la véritable signification des eaux de Bagnères-de- Bigorre.

Sur un relevé de 764 observations dressé par M. Lemonnier, on en trouve 242 concernant des maladies propres aux femmes, c’est-à-dire des affections menstruelles ou utéro-vaginales , 26 seulement concernant des maladies propres aux hommes (hypochondrie et pertes séminales surtout), et 496 relatives à des maladies communes aux deux sexes. Ici dominent l’anémie, la faiblesse générale, le rhumatisme, la constipation, et parmi quelques maladies de la peau, l’acné. Les maladies du foie, mises en avant parM. Gandérax d’une manière si singulière, ne tiennent

lUGNO A CORSENA.

plus ici qu’une très petite place; et l’on conçoit que l’usage de sources laxatives puisse utilement intervenir clans certaines alïections de l’appareil intestinal et de ses annexes, ainsi chez des femmes hémorrlîoïdaires, ou à la suite de lièvres intermittentes. On pourrait énumérer un grand nombre de circonstances où il convient de combiner des bains très doux et sédatifs avec une médication formellement ferrugineuse. C’est alors que bagnères-de-Bigorre présente une spécialité d’application difficile à rencontrer ailleurs.

B.4C.lI\ÈRES-ïftE-Ï^UCilOI\. Yoy. LUGHON.

i8Aijîi4ÈRES-iSAi]4T-EÉEïX (France, Lot, arrond. de Gourdon).

Sulfatée magnésique. Tempér., 19“ cent.

Eati : un litre.

Acide carbonique.

— sulfhydrique

quant, indét.

Chlorure de magnésium Sulfate de magnésie. . .

— de chaux .

Carbonate de chaux. .

— de fer. ... .

Matière grasse .

Perte .

Gram.

(Vergne, 1810.)

Cette eau mériterait d’être soumise à un nouvel examen chimique.

18AGXI (Toscane). Bourg, à 19 kilomètres de Lucques.

Il s’y trouve des bains d’eau thermale dont nous ne connaissons pas la composition.

R.iiiAï BEEEA PORETTA (États de l’Église). Bourg à 32 kilom. de Bologne.

Bains d’eau thermale. Composition non indiquée.

RACiXI DELEA SCARPETTA (Italie).

Source sulfureuse froide, dans les Apennins, près de Bagni délia Loretta, mais à une plus grande élévation. Les boues de cette source sont renomniées.

RARXISKA (Turquie d’Europe, Bosnie).

Sulfurée. Tempér., 45° cent.

La présence de l’hydrogène sulfuré n’est appréciable qu’aux réactifs chimiques. On y signale encore du chlorure de calcium (Boné).

RAGIVR A l'ORSEXA (Toscaue). Village, sur la Lima, à 25 kilom. de Lucques.

Sources thermales nombreuses.

Composition non indiquée. Tenijtér, , de 30° à 38° cent.

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