‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 115 sur 396 · ATE · texte numérisé non relu

ATE

ses pensées vers le système du monde. Il soupçonne que la pesanteur est la cause du mouvement de la lune autour de la terre et cherche à confirmer cette idée ; mais l'imperfection d'une mesure des dimensions du globe faite en Angleterre rcmpfche de la vérilier. Phis tard, la mesure effectuera en France par Picard lui permet de constater l'exactitudo de sa supposition, et d'affirmer que la lune tombe à chaque insiant vers la terre en vertu d'une ■prce 3 60(1 fois moindre que celle qui produit la chute des corps pcEan:s i\ sa surface. En étudiant le mouvement d'un projectile qui serait lancé autour d'un centre, il reconnaît que sa trajectoire est effectivement une ellipse ayant ce centre pour foyer et satisfaisant à la loi des aires proportionnelles au temps. La comparaison de ces résultats avec les lois de Ki^pler lui indique immédiatement que le mouvement des plf.nf'tes autour. du soleil est dû à leur vitesse initiale conibinéc avec une force par laquelle chaque planète prse et toniLe vers le soleil; la nature elliptique de leurs orbites déiuontre l'égale pesanteur de toutes les planètes vers cet astre. On verra à l'article Mécaniqw céleste comment Newton a étendu la loi de la gravitation à toutes les parties de la matière, en établissant ce principe général, que chaque molécule attiretoutrs les autres en raison de sa masse, et réciproquement au carré de sa distance à la molécule attirée.

Parvenu à ce grand principe. Newton en voit découler les grands phénomènes du système du monde, l'attraction des sphères, l'aplatissement de la terre, les lois de la variation des degrés et do la pesanteur à sa surface, la cause des marées, la précession des équinoxes. Ces dernières découvertes i e sont, iLest vrai, qu'ébauchées dans le livre des Hn'hcipes rie la pliilnsfiphie xaiurelle publié en l(i87 ; près d'un siècle devait s'écouler avant que ces conséquences du principe de la gravitation fussent développées par les successeurs de Newton.

L'astronomie pratique continue à se perfectionner : Flamsteed construit ses cartes et ses catalogues d'étoiles. Halley calcule d'après les méthodes de Newton, l'orbite des comètes connues, et reconnaît ainsi la périodicité de la comète qui porte son nom, et dont il annonce le letour pour n.'iii. 11 indique également le passage de Vénus sur le solril en rtil comme pouvant servir à déterminer la parallaxe du soleil.

Bradicy découvre en 1727 \'ahen-at\on des étoiles et en donne l'explication. En 1715 il reconnaît la nutalion de Taxe terrestre et ses lois.

Lacaille, l'un de nos meilleure observateurs, vérifie la méridienne de France, construit des catalogues d'étoiles et de nébuleuses du ciel austral, des tables du soleil et de réfraction. I me urc un degré du méridien au cap de Bonne-Kspérance, et y observe la parallaxe de la lune.

C'est l'époque l'es grandes expéditions envoyées par la France en Laponie et au Pérou pour la mesure du globe terresti'c dont l'aplalissenient se trouve mis hors de doute. Quelques années plus tard, les passages de Vénus en I76l et 170!) donnent lieu à d'autres voyages scientifiques auxquels diverses nations prennent part, et qui concourent aux progrès de la géogra])hio et do la navigation.

Les télescopes de Xewion et de Grégory avaient remplacé les lunettes depuis longtemps, lorsque la découverte de Vacliromalisn.c par Dollond rend la supériorité à CCS derniers instruments. Citons encore le perfectionnement des tables lunaiies, celui des montres marines, la conslruciion du cercle répétiteur dé Borda, pour les scniccs rendus à la navigation dont les progrès sont intimement liés à ceux de l'astronomie.

La fin du xmii* siècle est surtout célèbre par les travaux d'ilcrsclicll, dont on trouve une analyse détaillée dans VA'iTiuaire ilu bureau îles lonyiliiflm pour I8i2, et parmi lesquels nous mentionnerons seulement la découverte d'L'ranus en 17X1, et les recherches sur les nébuleuses cl les étoiles doujjles.

Le XIX' siècle s'ouvre par la découverte de Céiès par Piazzi & Palcrmc. C'est la première de ces petite» plaiittes toutes comprises entre Mars et Jupiter, dont le nombre est sans doute trtsconsidOrable, puisqu'on en .sonnait déjà plus de uo.

♦ .' i mesure de la méridieiuic occnpe encore les astronomes. A l'occasion du nouveau système des poids et mesures dont le mèlrc devait former la base, Mécliain 0! Delambrc avaient repris la triangulation de la France de Duiikcrquc à Monijouy, près de Barcelone; Biot et Ajago la continuent jusqii A Formenlera. Depuis lors, de nouvelles mesures ont été elTocluée» en d'autres contrées, notamment en Russie. O.i a ainsi mis en évidence

les irrégularités des divers méridiens et déterminé avec plus de précision l'aplatissement terrestre.

L'application de la télégraphie électrique à la détermination des longitudes a réalisé de nos jours un perfectionnement important pour la construction des cartes et la connaissance de la forme de notre globe; mais on ne l'a utilisé jusqu'ici que pour le calcul des longitudes relatives de Paris, Grecnwich et Bruxelles.

Nous n'avons pas à parler dans cet article des travaux de I.agrange, Laplace, Poisson, Le Verrier, travaux qui se rapportent particulièrement à la mécanique céleste. Nous signalerons seulement les recherches modernes sur les étoiles doubles, sur les parallaxes et la distance des étoiles, les comètes, les petites planète, etc. ; elles seront exposées à chaque article spécial avec l'indication dos principaux astronomes qui y ont pris par*.

Il existe un très-grand nombre d'ouvragos consacrés à la science qui nous occupe ; nous citerons parmi les plus utiles à consulter le grand Traité de Lalande en ;i volumes in-4'', celui de Dolambre et les abrégés qu'en ont donnés cesasitronomes, V Exposition dusystème du monde, par Laplace, le Traité élémentaire d'astronomie àe BioU Pour l'astronomie descriptive, VA'slronnmie populaire d'Arago, et le Cosmos de Humboldt. Enfin, comme traités élémentaires, la Cosmographie de AL Faye, celle de M. Briot, le Cours (T astronomie de M. Delaunay, l'Uranoç/mplii'! et l'Astronomie pratique de Francoeur, les ouvrages d'IIorscholl fih, de Quetelet, etc. E. R.

ASYMPTOTES (Géométrie). — Vasi/mptote d'une courbe est une droite dont une branche de cette courbe se rapproche indéfiniment sans jamais r.attoindre. La figure 22y nous présente l'hyperbole comprise entre deux droites qui sont ses asymptotes. Cotte particularité de deux lignes s'approchant constamment sans se rencontrer, étonne toujours les personnes peu familiarisées avec les notions mathématiques; ce n'est , en réalité , autre chose qu'une forme de l'idée de la divisibilité d'une grandeur à l'infini.

On conçoit que si un point, par exemple, se meut vers un autre, de façon que dans chaque unité successive de temps, il ne parcoure que la moitié ou en général une fr,action quelconque de l'espace qui lui reste ;'i parcourir; le mouvement se continuera toujours sans que le second point soit atteint. Le nom d'usi/m/ilote vient du grec a privatif, et sympiptein, se ronroulrer.

ATAXIE (Médecine), du grec taxis^ ordre, et a privatif, sans ordre, désordre. — État de désordre des phénomènes nerveux dans certaines maladies, et particulièrement dans la fièire dite atnxique (voyez Ataxique^ C'est toujours un symptôme fâcheux et qui indique une complication plus ou moins grave du côté du cerveau ; on observe alors une perversion des sensations; des convulsions ou une immobilité anormale, l'irrégularité du pouls, les soubresauts dans les tendons, le délire, l'insomnie ou la somnolence, la stupeur, etc.

ATAX1QUE [FiiiMiE) (Médecine). — Pinol a consacré ce nom, qui avait déj;\ été employé par Sydcnham, pour caractériser cot ensemble de phénomènes dont il a été question au mota(«x!P,et qui s'applique aux fièvres nommées autrefois mulignes, nerveuses, à cause des irrégularités et des anomalies qu'elles présentent dans leur marche. \u\ symptômes cités plus haut, il faut ajouter une indiflérenco apathique, un air hébété, quelquefois une crainte o\rpssivc de la mort, absence de douleurs, fièvre irrégulirri', langue aride et souvent sans soif, d'autres fois liumido, (|uolquefois une soif ardente, sécheresse de la pciiu sans chaleur, etc.

A'I'ÈLE (Zoologie). — Genre do Mammifères quadrumanes, établi par Et. Geoffroy Saiiit-IIihih'e dans la section des Sinoes du nouveau continent, sousgenre Sapaj"us, caractérisés surtout parce que dans leurs mains antérieures le pouce manque, ou qu'il est caché en grande partie sous la peau ; c'est ce qui leur a valu leur nom (en grec atélh, iniparf^iiU rnsuiir leur queue, très-longue ei très-mobile, est rs . mirll, mnit prenante et est tout à fait dépourvue de pnil^.u d.^^nus .^ son extivmiié. Us habitent tous l'Amérique méridionale, vivant en troupes sur les arbres, où ils se tiennent aussi bien avec leur

Page 1