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IV

disait Virgile, il y a dix-neuf cents ans, et l'on i^'iiorait alors la plus grande partie de ces mœurs étonnantes!

Les cellules ou alvéoles, selon l'expression de M. Michelet, sont généralement, l'été des berceaux, l'hiver des réservoirs de pollen et de miel, un grenier d'abondance pour la république.

Il Lorsque, dit Réaumur, la récolte du pollen est si Il facile et si abondante qu'il en vient plus h la ruche Il qu'il n'en peut être consommé, l'abeille qui arrive avec Il deux pelotes de cette matière, attendrait longtemps Il avant do trouver des compagnes qui vinssent les lui Il ôtcr. Toutes en sont goroi'es; relie qui en rapporte est « probablement aussi rafs.isiée; mais elle n'a garde de Il laisser perdre le fruit de son travail. Il vient des temps Il où il y a disette de poussière d'étamines, et même Il dans la saison la plus favorable, il y a des jours fâcheux Il oti les abeilles ne peuvent aller ramasser celle dont Il les fleurs sont chargées. Il leur convient d'avoir, pour Il de pareils temps, du pollen en provision. L'abeille qui Il arrive chargée de deux pelotes de cette matière s'accro- II chc avec ses deux jambes contre le bord d'une cellule 11 dans laquelle il n'y a ni ver ni miel ; elle y fait entrer Il ses deux jambes postérieures, celles qui sont chargées 11 de pelotes, et alors avec le bout de chacune de ses Il jambes du milieu, elle pousse dans l'alvéole la lentille 11 de pollen de chacune des jambes postérieures. »

Dès qu'une abeille a commencé à déposer ainsi du pollen, d'autres l'imitent en ayant soin de pétrir leur récolte et de l'humecter avec du miel. Outre le pollen et le miel destiné à la nourriture habituelle, les abeilles déposent comme provisions, ('ans ces cellules de cire presque incorruptible du miel incomplètement, préparé et par cela même susceptible d'une longue conservation. Toutes ces réserves ne sont employées que dans les moments de grande nécessité, n quand la bise est venue. » Aussi les cellules qui les renferment sont-elles heimétiquement closes par un couvercle de cire soudé aux bords de l'alvéole.

Quand vient le temps d'élever les petits, un certain nombre de cellules sont appropriées à cet usage. Chacune d'elles ne reçoit qu'un seul œuf et protège durant tout son développement le ver, ou larve, qui pendant cette période ne sert jamais de son berceau de cire. S'il arrive par hasaiil que |ilii,ieiii, MHifs soient déposés dans une même rellnle, le, eii\iieres ne tardent pas à détruire

ceux qui l'iiiit ilniilil iipliii ou les répartissent dans

d'autres relliiles. ],,-, \ ers, nu lar\e,, qui naissent de ces œufs sniit phins, uni, siii- le rmiil nieine ili- la rellnle, mais

sur une espère de hnllil lie quel.-, nin rieres appnrl l'ilt plusieurs fils par jnin-. Presque insipide ,hiiis les ]iremier3 temps, rette liMiiillie linil ji.ir ile\eiiir lles-suri-ee; c'est par de^îiésipie les nu\rièies iiounires auièiieul les larves â un état où le miel peut leur servir d'alimei;t. Cette bouillie destinée aux larves d'ouvrières, et même celle qui est donnée aux larves de reines, paraît être un mélange de miel et dg pollen dans des proportions variées. Au bout de six à sept Jours, la larve cherche à s'allonger; c'est le moment où elle \a pttsser â l'état de nymphe. Les ouvrières, rerniiiiaissaiil qu'elle n'a plus besoin d'être nourrie, ferment a\e(- ,1e la eir,- rnii\,-,-tiiri' de la

cellule, tandis que | ■ |iri-s,r\,'r la il, lirai, sse de sa

pe:ui, ;ni inn,ii,-iil ,-riii-pi,- ih- ri-i!,- ni,''IainorpIiose, le ver s'empn-s,,-, , niiune ,-, : min, s ,-li,iiilles, de tapisser de soie les parnis ,|i sa |n-i ,,;i h in pi uaire.

Ainsi sniit ,-li\,-s les nuM-ièies et les faux-bourdons; mais il en est tmit aiiii,iiie,it pour les reines. A leurs larves sont n-eiMi s ,i,s ah, -nies beaucoup plus spacieuses, plus snliiles, ipii nul la inriue d'un dé â coudre et sont siisiieii,lu,-s \,r(iriileineiit aux parties inférieures des

rajiiiis; un i,-s uniu 1,-, , .-lluli-s rmale,. Une nourri-

II, le spi'',ial,' ,-sl dnniii'e par les iiiiM-ièns aux larves qui les habitent.

Dans une ruche qui contient quelquefois 20 000 ou 31) 0(11) individus, dont 6(10 à 800 faux-bourdons, on ne trouve presque tiinjniirs qu'une seule reine. Mais au printemps, après rérlusiou des ouvrières et des faux-bourdons, qui'lipii's ji-uni's reines écloseiit à leur tour. Attentives et vigilant, s, des mivrières font la garde à l'entrée de leurs cellules rnyali-s, les empêchent de sortir dans la rurhe et forlilieiii .u,-, la rire la clôture fragile que la prisonnière s'elV,M,'e d,- In-isi'r; ell,- nianife-te son impatience pur un briiissenieul ass,-/ liirC ; l'aui'ii une reine

ABE

l'entend et le comprend fort bien. Émue d'une jalou'sie ppii maternelle, celle-ci parcourt la rui.he pour détruire les jeunes rivales auxquelles elle a donné le jour. Quelques-unes tombent sous ses coups et sont impitoyablement décliiiée'i; mais des rassemblements d'ouvrières l'arrêtent bientôt et l'entraînent vers une autre partie de la ruche. La plus grande rumeur règne dans cette cité ordinairement si paisible; les provisions mises en réserve sont livrées au pillage; enfin la vieille reine s'éUmce hors de la ruche qu'elle abandonne définitivement, et une nombreuse émigration d'ouvrières et de faux-bourdons la suit et forme ainsi le premier essaim, ou vulgairement jeton, qui se détache de la colonie.

I.a ruche presque déserte voit bientôt revenir les ouvrières qui étaient occupées au dehors à la récolte du pollen; de nouvelles éclosions augmentent leur nombre; les jeunes reines libiTs enfin sont sorties de leurs cellules, et la colonie va retrouver un chef. Celles-ci en décident le choix par un de ces combats si poétiquement décrits par Virgile, qui les avait vus lorsqu'ils se livrent hors de la ruche mais racontés par Huber qui les avait observés dans la ruche, même. Deux jeunes reines sortirent en m ème temps de deux cellules voisines ; à peine se furentelles vues qu'elles s'élancèrent l'une contre l'autre avec fur-Hur et se saisirent de la manière suivante ; chacune d'elles avait ses antennes prises entre les dents de sa rivali'; tète contre tète, coi-selet contre coi-sclet, ellesse tenaient face !i face, et n'avaient qu'.'k reijlier l'extrémité de leur corps pour se percer mutuellement; mais elles se dégagèrent et s'enfuirent, chacune, de leur côté. Sans doute leur instinct défend un mode d'attaque où les deux adversaires périraient. Plusieui-s fois la même manœuvre se renouvela, les ouvrières s'opposèrent à la fuite des deux ri'iues et les retinrent en présence; enfin la plus forte des deux, profitant d'un moment où l'autre ne la voyait pas venir, fondit sur son ennemie, la saisit avec ses dents près de la naissance de l'aile, monta sur son corps et lui plongea son dard dans le corps entre deux .inneaux. I.a viriimc tomba, s'alTaiblit r.i|iiclenient et niournt peu de temps aprf.'S. Ainsi se reconstitue l'unité monairliiciue de la Miche et les ouvrières reprernii!iit bientôt leurs travaux.

I.'essaim qui a pris son vol an dehors s'éloigne peu de son ancienne habitation; il ne songe qu'à fonder une ne.uvelle colonie. Généralement les abeilles qui le composent vont se poser sur les arbres voisins où elles se suspendent en s'attacliant les unes aux autres par les petits crochets qui terminent leurs pattes, comme si elles se tenaient par les mains. Il est assez hv-W'- dr rli'ri.liT l'i'^suim à entrer dans une ruche ; on a n-iiKu'in- '|iir (|;,n^ .eite circonstance les abeilles font trrs-iaii nimi m^aj^i- i\>- leur aiguillon. A peine installées dans leur maiMli ■ deinenre, elle» se mettent au travail avec ardeur, et, en quinze jours, elles en font plus que dans tout le re^te de l'année.

Une ruche bien peuplée donne souvent deux et trois ev>aims,niais le dernier l'affaiblit beaucoup et la met en ■langer de périr pendant l'hiver.

On a souvent comparé ces laborieuses cités des abeilles aux sociélén humaines, et il faut en convenir, celte coniparaison est fertile en rapprochements curieux. Mais il importe de ne pn.s »'en laissiT imposeï' par les mots et de ne rien prêter de nos idées aux habitants des ruches. La reine, qui sirniile le chef do leur colonie et que l'on a longtemps appelée le roi (voyez les (ii'nrijiques), n'est pas une niHliress<: ijui ronimande et gouverne. Le peuple iionibri'ui di-s ouvrières a se» devoirs tout tracés par une loi mystérieuse; elles travaillent librement; si elles enliiiiniil la reine de tous li's égards d'une espèce de culte, l'Ilei veillint A Cl' que celle-ci remplisse dans la ruche son rôle de providentielle maternité, et si par hasard elle teule de »'en ériirler, le» ouvrières l'y contraignent avec une wirle de fermeté respertneusc!. C'est ainsi qu'au moment ou In reine vn dépo it les o;nfs, on voit marcher aiitnur d'elle un vériiabli- rorlége d'ouvrières. Celle suite uom- Im-UM' cl vlgilnnle In guide di' relhili' im celltde, liii.fournit nu Ix'Hoin In nourriliire (pi'elle ni' peut aller preiulre, et lui prêle a«siHiniMe (Inin i,n tache laborieuse. D'anin's foii, nu higiial de leur reine, elle» Kuspeiident leurs ir.ivniii p<'ndaiil que relle-ri fnit entendre nn boiirdnimemi ni pnriiriilier. SI In reine vii'nt k périr A ime époque «Il l'on nii |H'iii la remplacer par une nouvelle, chni|ue mir le» nlxulle» font enleiiiln' A deux ou tioi» reprises une Mirl" de rliniit liigiilire; le reste ilii Jour l'Iles demenrent Inncllve» et »ileniien«e«; enfin elle» ne dispei'sent et llnluent mi»érnldeineiit. « Dnii» une de me» riirlii'», dit « un «b«ervnleiir (M. de Krnrièi-e), une vieille reine, div > venue (oiilo iioirr, «ami poih, li« niira déchirée», muin

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