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bleue en répandant des fumées jaunes. 11 est. peu attaquible par les acides même concentrés, à l'exception de l'acide nit que qui le dissout assez rapidement. Comme la glace et queli|ues autres substances, il est plus dense à l'état liquide qu'à l'état solide ; il se dilate en se congelant.

Le bismuth métallique et pur est à peu près sans usages, mais il entre dans la composition de plusieurs alliages utilisés dans les arts ou l'industrie; il abaisse toujours d'une manière très-notable la température de fusion des métaux auxquels il s'allie. Avec le mercure, il l'orme un amalgame coulant employé à l'étamage dos V rrcs courbes

Le bismuth se rencontre fréquemment à l'état natif ou métallique dans la nature; ses minerais sont, au conti'aire, très-rares; son traitement métallurgique est donc des plus simples. La roche qui lui sert de gangue est concassée, triée et introduite dans des tuyaux en tôle ou en fonte disposés dans un four suivant une direction inclinée. Une température peu élevée fait cotiler le métal que Ion recueille dans des capsules chauffées et que l'on verse ensuite dans des moules. Les résidus de ce traitement sont ordinairement coba/li/rrcs et servent à la préparation du verre de cobalt. Le métal ainsi obtenu contient du soufre, de l'arsenic et quelques métaux étrangers ; on le purifie en le fondant avec un dixième de son poids de nitre (azotate de potasse). Pour l'avoir chimiquement pur, il faut fondre dans un creuset de terre un mélange de sous-azotate de bismuth et de flux noir. Le bismuth peut s'unir à la plupart des métalloïdes.

Le bismuth était confondu par les anciens avec d'autres métaux analogues, étain, plomb. Ce n'est qu'au xvi' siècle qu'il a été distingué et décrit par Agricola.

Bismuth (Oxïde, sesqiioxyde de) (Bi-O'). — A l'état ihihydre^W est pulvérulent, jaune clair, fusible au rouge, et donne un verre jaune plus foncé attaquant avec une grande énergie les creusets de terre cuite. Sa densité est de 8,'i.S. Ou l'obtient en brûlant le bismuth à l'aii- ou en décomposant le sous-azotate de bismuth par la chaleur.

A l'état li'idralé, il est en poudre blanche et s'obtient en décomposant le sous-azotate de bismuth par un alcali. Si on le fait bouillir avec une dissolution de potasse, il perd son eau et se transforme en une poudre cristalline jaune qui est de l'oxyde anhydre.

Bismuth (Soisoxïde de). — Poudre noire, de composition mal connue, se produisant quand on chauffe du bisnmih à l'air à une température de 300°. A une températurc plus élevée, cet oxyde brûle comme de l'amadou et se transforme alors en acide bismuthique (Bi O').

Bisvuthiqcr (Acide) (Bi-'O'). — Poudre d'un rouge clair perdant une partie de son oxygène par l'action d'une température peu supérieure à liiu" qui le transforme en oxyde salin iBiO-). On obtient cet acide soit en faisant passer un courant de chlore dans la potasse contenant (l(! l'oxyde de bismuth en suspension, soit en chauffant longtemps au contact de l'air un mélange de po'asse et d'oxyde de bismuth additionné ou non d'un peu de chlor.iie de polasse dont la présence abrège la durée de l'opération.

Bismuth (Chiobure de) (Bi'CI'). — .\ l'état anhydre, il forme une poudre blanche facilement fusible, attirant prompiement l'humidité et se transformant en un chlorure qui cristallise. On l'obtient anhydre soit en traitant directement le bismuth par un courant de chlore gazeux, soil en distillant dans une cornue un mélange de bismuth en poudre et de bichlornre de mercure. Le même chlorure hydraté se prépare en dissolvant le bismuth dans l'eau régale et évaporant la liqueur.

Le chlorure de bismuth se dissout sans altération dans de l'eau chargée d'acide chlorhydrique ; dans l'eau pure eu excè», il ec décompose en partie; il se forme de l'acide chlorhydrique et un oxychlorurc de bismuth (Bi'Cl^, lli 0',:iHOj employé comme 4/(i;ic de fnrd et appelé lilaitc (II' perte.

ItisHUTii (Sui.FUKE Dr) (Bi'S'). — Composé gris doué d'un éclat métallique et présentant une cassure flbreusc. 11 se rencontre tout formé dans la nature ou se préparc directement en fondant cnitemble un mélange de soufre et de bismuth en poudre. Le sulfure anillciel est employé en médecine.

Bismuth (Sei.s de). — L'oxyde de bismuth (Bi'O') est une base faible, qui forme cependant avec plusieurs acides des sels suBccplibh'S de cristalliser. On les reconnaît aux caroctèrcs suivants : généralement incolores, ils stipporteul mal le contact de l'eau quand ils y sont solubles (voyez

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Cni.oistaE et Xithate). Leur dissolution peu étendue traiti'i' par la potasse ou l'ammoniiique d mn.î un précipité hlniir d'oxyde hydraté de bismuth insoluble dans un excès d'alcali et devenant jaune par l'ébuUition. Les cartjonates alcalins donnent également un précipilé blaiv: de carbonate à peu près complètement insoluble dans un excès d'alcali carbonate; l'hydrogène sulfuré et le snlfhydrate y donnent un précipité noir do sulfure insoluble; le fe> rocyanure, un précipité blanc l'iodure de potassium, un précipité brun noir ; le chromate de potasse un p-écipité jaune.

Enfin le bismuth n'est pas précipité de ses dissolutions par l'acide sulfurique, ce qui le distingue du plorab dont il se rapproche le plus.

Bismuth (Azotate ou Nitrate de). — Le seul des sels de bismuth qui présente quelque intérêt. L'azotate de bismuth, que l'on prépare en dissolvant le Jjismuth dans de l'acide nitrique, est décomposé par l'eau et y forme un précipité de sous-azotulf dont la composition varie avec la proportion d'eau employée. Ce précipité blanc est appelé xuui-uitrale de bi^inulh, maqistère de biimuth et employé en médecine. On l'emploie aussi comme blanc de l'ard ; mais comme il est très-impressionnable à l'action de l'hydrogène sulfuré, les personnes qui en font usage s'exposent à voir leur teint devenir blafard ou même noir, et cette coloration ne disparait que très-lentement avec l'épiderme ; d'ailleurs, l'emploi fréquent d'un pareil fard flétrit la peau et la vieillit avant le temps.

Bismuth (Sous-nitrate ou Sous-azotate de) (Matière médicale). — L'usage de ce médicament date du siècle dernier et son introduction dans la thérapeutique est due à Odier de Genève (1786), cependant il était tombé dans l'oubli lorsque Bretonneau et le professeur Trousseau l'ont remis en honneur. La déconsidération qui l'avait frappé tenait probablement à ce que, lorsqu'il n'a pas été bien préparé, il contient une certaine quantité d'arsenic qui a pu donner lieu à quelques accidents (voyez Bismuth) ; mais lorsqu'il est pur, il est tout à fait innocent et peut même être donné à des do es très-considérables, et d'après les indications de M. Monrteret, nous avons pu en donner avec avantage jusqu'à une cuillerée à café et plus. Il a surtout rendu des services dans les affections de l'estomac avec disposition à la diarrhée, dans les cholérines, dans le choléra; dans les diarrhées des enfants débiles, surtout au moment du sevrage et dans les dentitions; il réussit aussi contre les spa-mes, les crampes d'estomac, etc. La dose ordina're de ce médicament varie de 1 à 3 ou 4 grammes donnés par moitié avant chaque repas.

BISON DES anciens (Zoologie). — 'Voyez Aurochs.

Bison d'Amérique, Bnffalo des An^lo- Américains, Uns americanus., Gm. — Espèce de Mammijérc^ ruminan/s du genre Bœuf, qu'on rencontre dans toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale. On a

dit, à tort, que c'élait le même que VAumcbs, ou tout au moins que c'étaient deux variétés d'une même espèce; mais il en diffère assez pour constilucr une espèce à part, par le plus grand développement de sa crinière, par la plus grande longueur des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, par sa couleur plus brune et surtout par l'existence de l5 paires de côtes, tandis que l'aurochs n'en a que 14 (voyez Aurochs). En admettant donc que l'aurochs soit le bison des anciens, ce qui par.iît probable, il e^ certain qu'il existe en Amérique un animal appartenant au mCme genre, auquel on a donné le nom de bison d'Amérique et qui constitue une espèce à part. Il

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a la tîte os";eiiso trt<;-spmblable à celle de l'aurochs et rouverte de môme, ainsi que le cou, d'une laine ciépuc ■ lui devient fort longue en hiver; mais ses jambes et surtout sa queue sont plus courtes. Il produit avec nos \aclies dans l'éial do deuii-domeslicité. Les bisons sont d'un naturel l'arouchc, surtout pendant le temps du rut et lorsqu'ils traversent en troupes innombrables les vastes plaines de l'Amérique pour aller chercher de nouveaux pâturages î dévorer. Cependant, pris isolément, ils ne sont pas très-redoutables, et toute la ville de New- York a pu voir, il y a une quarantaine d'années, le voyan:eur français Milbert faisant conduire par les mes de la ville, nvec une simple corde, un bison qu'il envoyait baigner dans l'Hudson; c'est le même que les Parisiens ont vu plus tard au Jardin des Plantes. La viande de bisou peut fournir une nourriture de bonne qualité; les voyageurs vantent beaucoup, comme nn mets délicieux, la bosse qu'il porte sur le gari-ot.

BISSECTRICE iGéométrie), du latin bis, deux fois; sernre, couper. — Ligne qui passe par le sommet d'un angle et partage celui-ci en deux parties égales.

Les principales propriétés géométriques de la bissectrice sont les suivantes :

La bissectrice de l'angle intérieur ou extérieur d'un triangle coupe le côté opposé eu segments proportionnels aux côtés adjacents.

Les trois bissectrices des angles d'un triangle se coupent en un mémo point qui est le centre du cercle inscrit dans le triangle, etc.

BISSEXTILE, du latin i/f, deux ; sexiilis, sixième. — Année de 366 jours ou comptant un jour de plus que l'année ordinaire. Dans la réforme julienne opérée dans le calendrier romain par Jules César, 47 ans avant J.-C, ce jour intercalaire se plaçait 6 jours avant les calendes de mars et s'appelait bis<:cxto ca/mdas, d'où le nom d'année bissextile. Dans le calendrier grégorien, toutes les années dont le millésime est divisible par 4 sont bissextiles, à l'exception des années séculaires dont les centaines ne forment pas un nombre divisible par 4. Ainsi l'année 1900 ne sera pas bissextile, 2000 le sera (voyez Calendrier).

BISTORTE Botanique), Bistoi-ta, du latin bis, deux fois, et tortue, tordu, à cause des racines entrelacées de la plante. — Espèce du genre R^nonéi', famille des Poliigonées. La Bistorte {Po/i/gonum bistoiin. Lin.) présente un rhizome épais, replié sur lui-même plusieurs fois. Ses feuilles sont ovales-lancéolées. Ses fleurs, disposées en une sorte d'épi, sont purpurines. Elle est indigène, et habite spécialement les prairies et les pâturages des endroits montagneux. Sa racine, très-astiingente, contient du tannin et de l'acide gallique ainsi qu'une matière tinctoriale. Les feuilles de cette plante se mangent quelquefois comme les épinards. G — s.

BISTOURI (Chirurgie^. — Le savant Huet prétend que ce mot vient de la ville de P/stoc/o, aujourd'hui Pisloie, en Toscane, oii était la meilleure fabrique de ces instruments. Le bistouri est une espèce de petit couteau trèssouvent employé en chirurgie soit pour pratiquer les petites opérations telles que ponctions, ouvertures d'abcès, incisions, etc., soit dans presque toutes les grandes opérations, où son usage est réclamé à chaque instant. Cet instrument se compose d'une lame de u°',Oii à 0",itS de longueur, montée sur un manche. Ordinairement, cette lame est mobile et se ferme entre les deux châsses du manche; lorsqu'elleest ouverte, elle est retenue au moyen d'un ressort ou d'un autre mécanisme plus ou moins ingénieux. Dans tous les cas, le chirurgien devra choisir celui qui maintiendra le mieux l'instrument ouvert; ceci est un point important pour la manœuvre des opérations : c'est pour éviter cet inconvénient qu'on a imaginé des bistouris à lames dormantes, c'est-â-dire fixées sur le manche, de véritables scalpels (voyez ce mot). Mais ils ont l'inconvénient de ne pouvoir entrer dans une Ironsse (voyez ce mot), que le chirurgien doit toujours porter sur lui. La forme de la lame est la partie la plus importante de la construction d'un bistouri ; elle est géncralementdroite, pointue et pyramidale, c'est le bistouri ordinaire. Elle peut être convexe par le tranchant; on s'en sert pour faire des incisions sans ponction; c'est avec ce bistouri que Dupuytren débridait dans la hernie crurale; cette tonne de bistouri est peut-être la plus utile, et à l'exception des cas où on doit commencer par une ponction, il n'y en a p:is où il ne mérite la prélércnce. La hime pi'cit avoir son tranchant sur le bord concave, c'est le liistouri de l'ott, auquel Astley Cooper a fait subir une modification heureuse; la partie tranchante commerce

à 0"',ni2 on n"',01.3 de la points et n'a que dm, OIS à 0'",fll8 d'étiMidue; elle servait aussi pour le débridim 'Ut dans les hernies voyez DKonii)EME\T, IIeiimiî, Kéi.oto «tiF.'. En général, tous ces bistouris sont boutonnés, c'està-dire que la pointe est remplacée par un renflement ou bouton, à la manière des fleurets boutonn 's ; les bistouris droits le sont aussi très-souvent. Le bistouri rm/nl était à lame étroite courbe,*à tranchant concave, terminé par un stylet boutonné ; c'est celui dont se servit Félix pour pratiquer l'opération de la fistule à l'anus à Louis XIV. Il y a encore le bistouri fjnstriqiie dont se servait Morand pour dilater les plaies du bas-ventre; le litlinlome {\oyez ce mot), etc. F — n.

BISTRE. — Couleur brune que l'on emploie delà même manière que la ^épa et Ymrre de Chine, à l'eau, et jamais à l'huile. On la prépare avec la suie de bois, particulièrement de hêtre. La suie broyée, passée au tamis, est lavée à l'eau froide, puis à l'eau chaude pour en extraire les sels solubles et incorporée avec un peu de gomme pour lui donner du liant.

BISULFATE (Chimie), Sulfate acide. — Sulfate contenant pour une môme quantité de base une quantité d'acide double de celle qui entre dans la composition des sulfates neutres, tels que le sulfate de chaux ou plâtre (voyez Sulfate).

BISULFURE ii'nYDiiocÉNE (Chimie), Acide sulfhijdi-ique sulfuré. — Composé de soufre et d'hydrogène (HS-) correspondant à l'eau oxygénée (HO^) et renfermant, pour la même quanti:é d'hydrogène, le double de la quantité de soufre qui entre dans la composition de l'acide suiftiydri'pie ou protosulfure d'hydrogène. C'est un liquide oléagineux jaunâtre très-peu stable que l'on obtient en versant une dissolution de polysulfure de calcium ou de potassium dans de l'acide chlorhydrique. Il se décompose promptemcnt au contact de l'eau puie et de l'air en soufre et acide suldiydrique (voyez Si'lfhynniniiE).

BlTESTACftS (Zoologie), du latin bis, deux fois, et testa, coquille. — Quelques naturalistes ont donné ce nom aux crustacés de l'ordre des Hranchiopodes. dont le test est formé de deux pièces ou valves comme celles de la coquille d'une moule, c'est ce qui a lieu dans les Cypj'is, ou bien encore lorsque ce test est plié en deux sans charnière, comme dans les Daphnies.

BIT-NOBEN (Médecine). — C'est le nom que donnent les Indous à une préparation dont la composition mus est complètement inconnue, et dont ils font un usage fréquent. C'est une substance blanche, saline ; ils la regnrdent comme un spécifique dans les obstructions du foie et de la rate, et presque dans toutes les maladies chroniques.

BITUME, Asplialle. — Substance minérale noire ou brune, d'une composition mal définie, formée de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, comme les matières végétales dont elle est originaire, et toujours mélangée avec du sable et du calcaire. On le sépare de ces dernières substances par l'eau bouillante, et il porte alors le nom de br/ii gras, qu'il ne faut pas confojidre avec le biai, résidu de la distillation du goudron. Sa cassure est brillante, analogue à celle de la poix, d'où le nom de /lûix minérale qui lui est quelquefois donné ; sa densité varie de 1,07 à l,IG; il fond à 100°, s'enflamme aisément et brûle avec vivacité en répandant beaucoup de fumée. Chauffé à 280°, il donne une huile volatile particulière, appelée par M. Boussingaultpe7/o/'HP (C'IP*), un peu d'eau, une petite quantité de gaz combustibles, des traces d'ammoniaque et un résidu charbonneux renfermant, outre le charbon, l'asphaliène (C^^H^'-O'), et une très-petite quantité de substances minérales, silice, alumine, chaux, oxydes de fer, de manganèse, etc.

Le bitume a été employé dès la plus haute antiquité à la confection de ciments d'une grande dureté ; on le rencontre à cet état dans les vestiges de la tour de Babel. Il entre dans la composition des vernis noirs, appelés vernis du Japon, qui servent il couvrir les boîtes à thé. On prépare un vernis très-beau en dissolvant 12 parties de snccin fondu, 2 parties de résine, 2 p;irties de bitume dans G parties d'huile de lin siccative et 12 parties d'essence de térébenthine.

Les gisements de bitume sont très-nombreux ; le plus ancieimement connu est le lac Asphaltile ou mer Morte (Judée), qui en contient des quantités immenses que les flots rejettent sur le rivage, et qui constituent la plus grande partie du bitume livré au commerce. Le plus remarquable est le lac de l'oix, qui en est rempli, dans nie de la Trinité (Antilles); ce bassin, situé au point cul-

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