SI
BOI
fiisnins, saiden, tiges écorcées de chanvre, sont employas à la préparation des allumettes ou d'un charbon trèscombustible, (vny. F,s'it^cES i.io.nku.'Es Forets.
Les /lOii- (iiirt indigènes, que l'on uiilise le plus communément pour le chauffage et pour la menuiserie, sont ceux de c/icne, de hc/rr, de chiirme, d'orme, de frêne, de C'irmirr, de noyer, de cli(Unii/nipr et d'acncia. Ce dernier bois, remarquable par la rapidité de sa croissance et par son facile accommodement aux terres les plus médiocres, ne l'est pas moins par sa grande dureté et par sa résistance au frottement et à la pourriture. Ainsi les dents des roues d'engrenage, les hnhines di-s filatures de lin, les chevilles, les gurnabics (chevilles des navires), les rais des roues, les coins des rails, les trarerses rfeschemins de fer, les échalas des vignes, les tuteurs des l'e'pinières, etc., d'acacia ollrent le double avantage de la bonne qualité et de l'économie. On doit donc regretter que ce bois ne soit pas plus cultivé en France.
A ces bois de travail viennent s'ajouter les bois exotiques employés surtout par l'ébénisterie pour le plucage ou le plein : Vacojou, Véhène, le citronnier, le palissandre, le gninc, le hois de férnie ou de feroè, de Cai/enne, le thu;/ii, et autres bois d'Afrique. Leur beauté tient aux matières colorantes et incrustantes qui ont injecté leur tissu. Ils peuvent se débiter en lames très-minces et prennent un beau poli.
Plusieurs de ces bois ré|)andent une odeur agréable, qui les fait rechercher pour la confection de petits meubles et pour garnitures et objets de luxe : tels sont les bois d'a/i es, de cail-cédral, de citronnier, de cèdre, de girofle, de cannelle giroflée, de gai/ac,àe rose, ûe sassafras, de santal cilrin, santal blanc, arbres résineuv en général, etc ■:
Les bois dits résineux, tels que le pin, le mélèze, le cèdre... doivent à la résine dont ils sont imprégnés de résister longtemps aux agents atmosphériques, et de donner en brûlant plus de chaleur que les bois blancs.
Le prix du bois varie essentiellement suivant les usages auxquels on le destine et les qualités qu'il présente, eu égard à ces usages. Comme combustible, il doit se payer surtout en raison de la quantité de chaleur qu'il dégage en brûlant. Il résulte des expériences comparatives du général Morin, que, sous ce rapport, l'usage et la pratique avaient équilibré d'une manière assez exacte, les valeurs vénale et réelle de chaque bois.
Le bois, quelles que soient sa dureté et sa compacité, subit tôt ou tard une altération profonde sous l'influence combinée de l'air et de l'eau. Le principe azoté qu'il contient est le point de départ de cette transformation ; il se modifie et devient par rrpport aux autres un véritable/)?/-meH^ (voy.z Fl•r.5IE.\TATlo^). Un travail lent s'établit, qui a pour effet la désorganisation du bois, la décomposition de la cellulose et de la matière incrustante, et leur transformation en une poudre brune de composition incertaine, renfermant de Vhumus ou acide hunvquc et du bois non encore entièrement transformé en humus {voyez ce mot). Ce même principe azoté eierco encore une autre influence également fâcheuse : pouvant servir de nourriture aux insectes, il les attire sur le bois qu'ils pénètrent en tous sens et qu'ils détériorent rapidement ; il forme également l'un des aliments principaux de diverses végétations cryptogamiquos qui, se développant à la surface et jusque dans le centre des bois les plus résistants, y occasionnent des dégâts aussi grands que ceux produits par les insectes. Le Foudroi/out, vaisseau de 81) canons, lancé en 17"J8, dut être radoubé et refondu presque en entier en i802 ; les cryptogames l'avaient tellement envahi qu'il tombait en pourriture. 11 y a quelques années, les termites se propa'çèrent avec une telle rapidité dans les ports de Rochel'ort et de la Rochelle, qu'en peu de temps des travaux considérables furent détruits. C'est surtout dans les pays sans hiver que les nsectes font les plus grands ravages (V. FMPt.oi nrs tioisV
Conservation dc^^ Ijois. — La destruction rapide du bois dans des conditions où sa conservation serait si importante, a fait rechercher de tout temps les moyens qui pourraient eu accroître la durée. Les anciens semblent Ctre parvenus, à cet égard, à des résultats assez remarquables, si l'on en juge par les échantillons de bois présentés récemment à l'Académie, et qui proviennent du quai de Cari liage dont la construction remonte à plusieurs milliers d'années. Pline et Vitruve décrivent l'un et l'autre le procédé employé dans l'antiqiu'té. L'arbre étant debout et en pleine sève, on pratiquait en son pied un trait do scie intéressant tout l'aubier et s'arrètaiit au cœur, et on l'abandonnait à lui même. La sévc coulait
en abondance par la blessure, entraînant avec elle I* plus grande partie des matières soinbles et azotées. Puis quand l'écouleiuent avait cessé, l'arbre était abattu; il se séchait rapidement et résistait beaucoup plus longtemps aux causes de destruction. On arrive à un résultat à peu près pareil en laissant le bois séjourner quelques mois dans l'eau. C'est ce qui se pratique dans nos ports de mer pour les bois de construction des navires, et on sait à Paris que le bois de charpente flotté se gaide mieux que le bois neuf amené par terre ou par bateaux. L'exposition du bois à la vapeur d'eau produit encore le même eflet, et les luthiers traitent souvent de cette manière les bois destinés à la confection des tables de leurs instruments à cordes, qu'ils rendent ainsi plus sonores et plus durables. Ces procédés, toutefois, ne constituentque des palliatifs ; aussi les bois qui sont exposés aux intempéries sont-ils recouverts il leur surface de préparations ayant pour but de les préserver de l'action de l'air et de l'eau. Tel est un des objets prijicipaux de la peinture k l'huile, du goudronnage, etc. Dans quelques chantiers de constructions n.avales, on applique au pinceau sur toutes les surfaces des pièces de bois à conserver une so lution bouillante de soude ou de potasse caustique ; douze heures après, la première application étant sèche, on la recouvre d'une dissolution de pyrolignite de fer ou de plomb, et quelquefois ces préparations sont remplacées par une dissolution de sublimé corrosif, à raison de 2 kil. de sublimé par hectolitre d'eau. Ces diverses applications ont une grande utilité, mais elles ont un défaut dont on saisit sans peine la gravité; elles s'arrêtent à la surface du bois qui seule est préservée; qu'elle se fissure, et les parties intérieures, rendues accessibles aux causes de destruction, pourrsnt s'altérer; aussi voit-on assez souvent des bois peints qui extérieurement paraissent intacts, tandis que l'intérieur en est pourri.
Le problème de la conservation des bois n'a été résolu d'une manière complète que dans ces dernières années. Les premiers essais, dus à M. Boucherie, datent de 18.3'.'. Des billes de bois injectées dans toute leur masse de substances salines diverses furent enterrées dans la forêt de Conipiègno, en même temps que d'autres billes de même nature, mais sans préparation. Au bout de dix ans, les premières étaient intactes et les secondes entièrement pourries. Les procédés d'exécution de M. Boucherie sont très-simples. Lorsqu'il peut opénr sur l'arbre encore sur pied, il pratique vers son extrémité inférieure deux incisions à quelques centimètres de distance, de manière que par elles deux il intéresse presque toute l'épaisseur du sujet, eu ayant soin de le consolider par des cordes sur sa base ainsi affaiblie. Puis il enveloppe le tronc au-dessous de l'incision avec une toile goudronnée, formant ainsi un sac dans lequel il fait rendre la liqueur conservatrice contenue dans un tonneau. L'aspiration qui s'effiCtue p.ar les feuilles fait monter la liqueur jusqu'au sommet des branches au travers de toute la masse du bois. L'opération se fait aussi rapidement et d'une manière commode sur un arbre récemment abattu, pourvu qu'on lui ait conservé une partie de ses feuilles, surtout celles du sommet. Ce procédé, toutefois, ne réussit d'une manière complète que pour les bois tendres et Vauliier des bois durs. Le cœur ne se laisse pénétrer que diflicilernent et d'une manière irrégulière, les canaux y étant presque entièrement obstrués par la matière incrustante. Pour les billes des cheriiins do fer et les poteaux des lignes télégraphiques, on se contente de les placer dans une position inclinée et de garnir leur extrémité la plus élevée d'une toile goudronnée formant réservoir dans lequel on verse le liquide à injecter. C'est alors le seul poids du liquide qui le fait pénétrer dans le bnis. L'opération est pins lente, mais elle donne encore de très-bons résultats. Les substances généralement employées sont : le /) irniignile de fer, le sul/ate de cuivre, les chlorures dp cilriifn, de zinc, de mercure, etc.
Le procédé de IM. Payne, imaginé par M. Bréant, donne encore de moiilenrs produits; mais il exige le concours d'appareils di^pcmlioux. M. Payne se sert de grands cylindres très-résisiants, en tûle de fer, dans lesquels il introduit le bnis h injecter ; il en chasse l'aii' au moyen d'un courant de vapeur d'ean, puis il le ferme. Le vide s'y fait par la condensation de la vapeur. Au bout de quelque temps, en tournant un robinet il met son cylindre en communic;Uion avec le réservoir de la liqueur conservatrice qu'il y refoule à une pression de dix atmosphères, au moyen d'une pompe foulante. Au bout de six i\ douze heures, suivant la nature du bois, la pénétration du liquide a eu lieu jusque dans le cceur.
BOI