DOS
BORGNR (Médecine). — Qui n'a qu'un œil, qui ne voit que d'un œil. On a rencontré des fœtus monstrueux qui n'avaient qu'un œil, quelquefois au milieu du front. Certains enfants viennent au monde aveugles ou borgnes, et cette infirmité est plus ou moins grave suivant la maladie i|iii l'a produite. La perte d'un œil peut venir d'un accident, coup, blessure, etc., ou d'une maladie propre de l'œil ; dans ce cas, on peut toujours craindre que l'autre ne soit affecté de la même manière, et on doit prendre le plus grand soin d'éviter les causes qui ont pu déterminer la maladie du premier.
BoRGME (Anatomie). — Cette dénomination s'applique à certains conduits qui n'ont qu'un orifice. Ainsi, dans l'os frontal, le trou borgne ou épineux est situé au bas de la crétp front.ile, sur la ligne médiane, à la face interne de cet os. A l'angle de réunion des deux branches du V formé par les grosses papilles de la langue, en arriére du sillon superficiel, se voit un trou boryne iforarnen caecum de Moryagni).
BoBCNE (Chirurgie). — Les fistules à l'anus qui n'ont qu'une ouverture sont appelées fistules borgi.es; si l'ouverture est externe, la fistule est dite borgne externe; lorsque l'orifice unique est dans l'intestin, c'est une fistule bnrghe interne (voj'ez Fistule'.
BORIQUE (Acide) (Chimie) iBO'). — Composé naUirel lormé par la combinaison d'une proportion de bore et lie trois proportions d'oxygène et produisant les borates, par son union avec les bases.
Découvert en 1 702 par Homberg, cet acide s'extrayait autrefois exclusivement du borate de soude naturel ou ti/ikul, que l'on traitait par l'acide sulfurique. et prenait en médecine, ou il ét;ùt usité, le nom de sel sédatif rfe Homberg. Les lar/oni do Toscane on fournissent aujourd'hui des quantités telles qu'il sert, au contraire, à la jproduction du tinkal artificiel ou t,orax (voyez ce mot).
Dans certaii.is localités de la Toscane, il s'échappe des crevasses du sol des courants trts-chauds d'un mélange complexe de gaz et de vapeurs entraînant avec elles des •subsiances ordinairement solides, des sulfates d'ammoniaque, de fer, de chaux, d'alumine et d'acide borique. Autour de ces crt^ isses soufflantes appelées soffioni, on i construit des bissins circuhires A (fig, 345) appelés
lagoni 'petits lacs), et disposés par gradins les uns audei«ou3 des autrcBi on fuit arriver dans le plus élevé l'eau des sources voisines. Dès que l'eau est assez abondante pour pi»;iélrer dans le» crevasse^, elle est refoulée par le niélangc pazoux, soulevée en petits cônes qui se dérliircnt pour donner pas'^age fi une colorme de vapeurs blanchllre»; "lie se charge en même lejnp-i d'acide borique. Au bout do vingt quolre heures, l'eau est doveime presque bouillante et coulicnt une qnanlitr: nijtable d'aride. On la fait écouler dans le bassin linmédlalement inférieur et on rerliargc d'eau celui qui vient d'iHre vidé. A mesure qu'elle descend ver» les bassins inférieurs, l'eau s'enrichit de plus eu plu» d'acidi;. Quand elle
marque i,3 à l'aréomètre Baume, on la fait passer dans des bassin B, D où, par le dépôt, e'.le abandonne une grande quantité de matière terreuse, puis quand elle est éclaircie, elle passe successivement dans une série de bacs en plomb o, 6, c, rf, larges, peu profonds et pareillement disposés en étages; au-dessous de ces bacs, on dirige les mélanges gazeux qui s'échappent de soffloni trop mal situés pour qu'on puisse y former des lagoni, et ces courants suffisent pour produire l'évapcration du liquide. Ce liquide, suffisamment concentré, s'écenle finalement dans des cristallisoirs C où il dépose de l'acide borique brut employé à la fabrication du borax. La préparation de cet acide n'exige donc ni force mécanique ni combustible; l'inclinaison du terrain et les courants de vapeur chaude font tout le travail. 100 000 000 de kil. d'eau sont ainsi évaporés annuellement et produisent IdOOOuO de kil. d'acide borique ■cristallisé.
L'acide borique cristallise en écailles nacrée.s(B0''-|-3H0) contenant 4. .10 p. lOO d'eau qu'il perd au rouge en fondant. 11 se dissout dans 25 fois son poids d'eau à la température ordinaire. Il se dissout un peu dans l'alcool et dans l'esprit de bois dont il colore la flamme en vert. Cette coloiation verte, qui est surtout irès-marquée avec 1 esprit de bois, sert à reconnaître de petites quantités d'acide. L'acide borique se volatilise à une très-haute températui'e, surtout dans un courant de gaz ou de vapeur. Celte particularité explique la présence de ce corps dans les soffioni de la Toscane et a été mise à profit par Ebelinen pour la fabrication artificielle des pierres précieuses. En dissolvant de l'alumine et de la magnésie dans de l'acide borique fondu et évaporant celui ci par la chaleur, on obtient des cristaux de spinelle identiques aux beaux spinelles de la nature. La vaporisation de l'acide borique est singulièrement facilitée par la vapeur d'eau, et c'est évidemment là la source de l'acide borique dans les lagoni. Cette substance existe dans les profondeurs du sol ; elle en est tirée par la vapeur d eau qui l'entraîne pour la déposer dans l'eau des bassins. M. D.
BOniUGINÉES iBolanique). — Famille de plantes Dicoti/lédones gumopetales hypoyynes (de Juss.). Elle comprend de.s herbes et des arbrisseaux, plus rarement des arbres, à feuilles alternes, simples, ordinairement couvertes de poils plus ou moins longs et roides. L'inflorescence est en épi, en cyme scorpioîde ou roulée en forme de crosse. Calice \ 5 lobes; corolle ordinairement quinquélobée; 5 étamines, 4 ovaires uniovulés; fruit composé de 4 akènes à une seule graine dépourvue de péri- -l"rme. Les Borraginées se rappro- I li'nt des Labiées, elles habitent les ' 'ions extratropicales des deux connnts. Le genre Bo«/Toc/ie est le type 1' ce'te famille. Elles se rencontrent surtout abondamment dans la région méditerranéenne et l'Asie centrale.
Leure propriétés sont, en général, l'inollieutes par le mucilage qu'elles ti'nfermcnt.Genres principaux : Uéliiitrope iHëhotrupium, Lin.), Mélinct [l'eriut/ie. Lin.), Vipérine [Echium, Lin.), lliiurractie [Borragn, Tourn.i, l'imxoude ISi/mphi/tum, "Tourn.!, Ai.cliuse ou I}ui/losse{Anclius'i, hin.), L>jmpside (Lycopsis, Lin.), fulmonariu , 'l'nurn. ; Mi/osotis, Lin.; Cynngtossum, Tourn. G — S.
BOSSE (Anatomie), en latin, gibbv.
— On désigne sous ce nom certaines ,.iit,„f„i. proéminences qu'on observe à la sur-
face de quelques os du crâne; ainsi ; les B. frontales, au-dessus des sourcils ; la B. nasale, entre les arcades sonrcilières ; les B. pariétales, au centre des pariétaux ; la B. occipitale, sur la ligne médiane de l'os occipital, un peu au-dessus du trou occipital (voyez ces difléfcnls mots). On donne aussi, vulgairement, le nom de l'Oises aux protubérances du crftne qui servent (le base à l;i ciàuiulogic dans le système de Gall (voyez
(illAMOLOfilE, PlIui.^OLOlilE).
Bosse (l'aihulogie). — Los médecins ont donné le nom de^iwvf il toute déviation, tout vice de conformation deùos qui constituent le tronc, et particulièrement de la colonne vertébrale et du st(!rnum. Ces déviations peuvent être congénitales ou ne se produire que plus ou moins long.
BOU
iiUU
temps apn's la naissance ; elles dépendent généralement des scrofules, du racliilisme, de la syphilis constitutionnelle hérédilaire ou d'une maladie pariirulière des cartilages, des os, etc. Quand cette difformité est en arrière, elle prend le nnni de yiLbosilé; en avant, cilui de cunibrure, lonlof:f ; sur les côtés, on l'appelle obsti/'Ulion. On donne encore le nom de Oos.'its aux tumeurs qui s'élèvent subitement apiès une contusion sur les parties molles qui recouvrent les os du crâne ; elles peuvent avoir lieu aussi, quoique rarement, sur d'autres parties du corps par la même cause. Elles sont formées de sang épanché ou simplement infiltré ; il est rare qu'elles ne cèdent pas rapidement aux résolutifs (voyez ce mot).
Bosse (Zoologie). — On appelle bosses certaines grosseurs que quelques animaux ont naturellement sur le dos; ainsi le dromadaire {chnmeau d'Arabie} en a une; le cliameau proprement dit [chameau de Buctriune) en a deux; le bison d'Amérique en a une sur les épaules; le zébu une ou deux sur le garrot. Ces bosses qui sont des dépôts graisseux, sont recherchées comme très-bonnes à manger (voyez Chami-au, Bison, ZtBu).
BOSWELLIE (Botanique), Boswdha, Roxb., dédié au docteur Bosvvel, d'Edimbourg. — Genre de plantes de la famille des Burse'iacées^ qui a pour caractères : fleurs hermaphrodites; calice à 5 dents; 6 pétales étalés; 10 étamines ; capsule drupacée à 3 loges monospermes. La /(. denle/e'e(B. serraln. Siackh.) est un arbre élevé, h feuilles pennées avec impaire. Ses fleurs sont petites et blanchâtres. Elle croit dans les montagnes des Indes orientales. C'est, selon Roxburgh, cette espèce qui produit le véritable encens ou gomme d'Oliban sous forme de gomme résineuse odorante, qu'on obtient au moyen d'incisions faites au tronc. La B. ylubi-e [B. ylahru, Roxb.; Canarium bahiniiferum, \\i\là.] est un arbre du Coromandel. Elle donne aussi une résine abondante, que les habitants du Bengale emploient comme de la poix. Ces espèces sont de serre chaude. G — s.
BOTAL (Trou de) (Anatomie). — On donne ce nom à une ouverture qui existe chez le foetus, en arrière et en bas de la cloison qui sépare les deux oreillettes du cœur; de sorte qu'il y a à cette époque de la vie une communication entre les deux oreillettes et que le sang peut passer dans l'oreillette gauche sans traverser le poumon (voyez CiRCOLATroN). Cette ouverture s'oblitère après la naissance et il n'existe plus aucun mélange du sang noir avec le sang rouge ; cependant, quel(|uefois cette occlusion n'a pas lieu complètement, et alors presque toujours cet accident donne lieu à une maladie connue sous le nom de cyanose ou naladie bleue (voyez Cyanose). Le nom de trou de Botal a éié donné à cette ouverture à cause de Botal, célèbre médecin du xm' siècle, qui, dit-on, en a parlé le premif-r, quoiqu'elle ait déjà été connue de Galien (voyez Cqeub).
BOTANIQUE, du grec botuné, plante, ou Phïtolocie, du grec pliulon, plante. — Science qui s'occupe de l'étude, de la description et de la classification des végétaux (voyez Phythologie et Végétal {Béyne).
BOTANIQUE (Jardin). — Voyez Jardin.
BOTHRION (Médecine), du grec bui/irion, petite fosse. — C'est un ulcère de la cornée, commençant par une phlyctène, comme Varycma, dont il ne diflère que parce qu'il est pins profond (voyez Aroéma).
BOTRIOCEPHALE (Z.olotiie). — Voy. Tknia.
BOUC (Zoologie). — C'est le mâle de la Chèvre.
BOUC^GE (Botanique), du goût des boucs pour cette plante. — Genre de plantes appelé Pim/iine/Za, Lin. (altéré de biprnnu/a, à cause des feuilles deux fois pennées); elle appartient à la fiimille des Ombel/ifrres, tribu des Amminées, et a pour caractères: calice entier; pétales entiers, réfléchis ; fruit ovale, oblong, strié ; carpelles à 5 côtes égales; vallécules à plusieurs bandelettes. Le /(. unis (/'. unisum. Lin.) est l'e.spèce la plus importante (le ce genre à cause de ses graines aromatiques, si connues sous le nom à'utiis et em[iliiyéos clans la coiifi.serie et la parfumei'ie pour leur huile essentielle. Dans la fabrication de l'anisctlc, l'anis étoile est préférable. La médecine fait aussi usage de ces graines comme cor- <liales et stomachiques. Originaire de l'Egypte, cette l'spècc se cultive dans quelques départemenls méridionaux de la France. Le Grand Boiicacje (/'. niaynn, l.in.) est une grande herbe indigène dont les racines passaient autrefois pour diurétiques et résolutives. 11 Inurnit un bon fourrage ainsi que le /?. suxifraye (/'. saxifrnya. Lin. ), espèce très-commune dans nos prairies. Elle a les fleurs blanches, les tiges grêles et rameuses, et vient sur les pelouses ari(-!es. G — s.
BOUCANAGE. — Voyez Conservation dus MATii;nES oi.ganiqcies.
BOUCHE (Anatomie), bucca, des Latins; slonia,' des Grecs. — On appelle ainsi une cavité situ> à l'entrée des voies digestives, entre les deux mâchoires, limitée en haut par la voûte palatine, en bas par une grande partie de la langue, en arrière par le voile du palais, en avaut par les lèvres et par les aicadcs alvéo^...ires ?•, dentaires. Se.» parois latérales sont formée^ par ces mêmes arcades et par les deux joues : une ouverture postérieure la fait communiquer avec le pharynx; en raison de sou étroilesse, elle a reçu le nom d'isihme du gosier, enfin, l'ouverture antérieure est ce qui doit véritablement porter le nom de bouche (du grec buô, je bouche). La capacité de la bouche varie à l'infini, depuis l'état d'occlusion complète oij les mâchoires étant ra])prochées ne laissent aucun vide entre elles, jusqu'à l'état d écartemcnt extrême où cette cavité représente une pyramide dont la base est l'ouverture buccale. C'est dans la bouche que s'opère la fonciion qui constitue le sens du goût, ainsi que la mastication, l'insalivation des aliments, première phase du travail chimique de la digestion et le onnnencement de la déglutition. C'est là aussi que l'articulalion des sons a lieu.
BoLciiE (Zoologie). — Cette cavité varie beaucoup de formes dans la série animale, et les principales différences qu'on y remarque tiennent en général au genre de vie; ainsi, les animaux Carnivores ont une bouche plus large, plus grande que les Herbivores. Dans les Vertébrés, elle est toujours formée de deux mâchoires se mouvant verticalement l'une vei'-. l'autre ; près ,ue tous les Mammifèrts ont des dents; les Oiseaux ont un bec qui offre de nombreuses modifications ; parmi les Reptiles et les Poissons, les uns ont des dents, les autres en sont dépourvus. Dans les Mollusques, la diversité des aliments a dû déterminer de nombreuses modifications dans la bouche ; ainsi, les Céphalopodes ont un bec formé de deux mâchoires de corne semblables au bec d'un perrof|uet; plusieurs Gastéropodes ont dans la bouche une masse musculaire et une langue garnie de petits crochets ; d'autres ont une bouche en forme de trompe plus ou moins allongée. Dans la plupart des insectes, la bouche est composée de six pièces {fiy. 34G et 347) ; quatre sont placées par paires, deux de chaque côté, et se meu\ent latéralement; la paire supérieure s'appelle les manilibu/es, la paire inférieure retient le nom de tnûclioires ; des deux
autres pièces, l'une qu'on appelle labre, est située audessus de la paire des pièces supérieures eu mandibules, et l'autre au dessous de la paire inférieure ; elle porte le nom de lèvre, elle est elle-même formée de deux parties, l'une, plus solide et inférieure, est le menton, la supérieure, qui porte souvent deux palpes, est la languette. Parmi les Insectes suceurs, les uns ont de petites lames en forme de soies ou de lanceties, reçues dans une gaine tenant lieu de lèvres: tels sont lespwn«ise.t,le3/)!(ce>, etc. D'autres fois, on ne trouve que deux palpes supportées par la lèvre, les mâchoires ont acquis une longueur extraordinaire, et forment une espèce de trompe, se roulant en spirale, et qu'on nomme langue. Les Crustacés ont plusieurs mâchoires transversales qui ont quelc|ue analogie avec celles des Insectes. Dans les Arachnides, la
(I) 0, Antennes. — b, vcui composés. — i-, ocvllcs. — rf. labre. - e, maiulib .les. — f, mkhoircs. — (/, Uiigiicde. - h, l'alpcs labiales
\-l\ a, labro. — i, nian libulcs. — c, màcboircs. — </, mculon.
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bouche est armi'e de mâchoires. Chez les Aniiélido<5, la boudic est souveir armée d'une trompe protraciile et de màclîoires ayant la forme de crochets cornés. Les vers intestinaux ont des snç lirs ou ventouses souvent armées de pointes dures. Enfin, les Zoophvtes ont rarement la bouche munie de pièces dures lOursins', mais souvent entouréi' de tentacu. es (polypes, holothuries). Ad. F.
BOBl.'HÊ D'ARGENT (ZooIogic). — Nom vulgaire du Turbo arqyrostomus, espèce de mollusque du genre Snbnt.
Bouche sanglante (Zoologie). — Nom vulgaire du Ducciniim licemastoma. (voyez Buccin).
Plusieurs autres coquilles portent encore le nom de IxMche.
BocciiE-EN-FLUTE (Zoologie). — Famille de Pohsoiis acantlv'pléryyiens^ caractérisée par un long tube au-devant du crâne, prolongement de l'ethmoicle, du vomer, des préopercules, inter -opercules, ptérygoldiens et tympaniques et au bout duquel se trouve la bouche; les intestins n'ont point de grandes inégalités ; les côtes sont courtes ou nulles ; ils comprennent les genres Fislulaira et Cenirisque.
BOUCHER, Boucherie (Hygiène publique). — La viande étant un des éléments les plus importantsde l'alimentation publique, on conçoit que la quesîion de la boucherie ait di^ préoccuper de tout temps les gouvernements, et qu'ils aient seiUi la nécessité de réglementer cette industrie, non-seulement pour assurer les approvisionnements dans les grandes villes, mais surioiit au point de vue de l'hygiène publique et de la salubrité : aussi l'existence d'une espèce de corporations des bouchers se trouve-t-elle déjii à Rome, où ils avaient leurs lois, leur police, leurs tribunaux spéciaux. Dès les premiers temps de l'histoire de Paris, on trouve que tout ce qui regarde le service do la boucherie, les achats, les approvisionnements, le débit, est confié h. un certain nom'nre de personnes qui élisent ce qu'on appelait le muitre des bouchers. On sait le rôle que joua cette corporation puissante dans les troubles qui ensanglantèrent Paris pendant la déiûence de Charles VI, lors des terribles luttes des Armagnacs et des Bourguignons; plus tard, au lendemain de l'assassinat de Henri 111, le M janvier I.S90, intervint une sentence du Châtelet qui règle le mode d'élection des r/uatrejure's chargés de gouverner la communauté des bouchers; enlin, la révolution de 1789 ayant eu pour conséquence l'abolition des corporations, le commerce de la boucherie devint libre par toute la France : plus tard, cependant, la boucherie fut de nouveau réglementée à Paris, et le nombre des bouchers limité (en isll). Aujourd'hui, par l'ordonnance du 24 février 1858, on est revenu, après divers essais d'assez courte durée, à un régime de liberté, quant au nombre des bouchers et au prix de la viande tempéré par des mcsuroi de polices, protectrices de la salubrité publique: ainsi à Paris, un étal de boucher n'aura pas moins de :;",50 de hauteur, 3™, 50 de largeur et 4 mètres de profondeur; il ne doit y avoir ni àtre, ni cheminée, ni fourneau ; elle sera séparée de toute chambre à coucher par un mur, sans pouvoir communiquer directement avec elle; elle ne doit être fermée sur la rue, et seulement pendant la nuit, que par une grille en fer. Les boucheries seront construites de manière à n'admettre qu'une faible lumière, et à avoir toujours une température audessous de l'atmosphère en été, afin d'en écarter les insectes et les mouches qui peuvent nuire à la conservation de la viande; elles seront tetiues avec une propreté telle qu'elles n'exhalent aucune mauvaise odeur, grâce à l'iibondanco des eaux qu'elles reçoivent et qu'elles peuvent laisser écouler avec facilité. Une autre question intéressante pour l'hygiène publique est celle qui a rapport au transport des animaux de boucherie; on a reconnu que lorsque les animaux étaient surmené», il pouvait en résulter dos accidents givives pour la salubrité; aujourd'hui on amène dans des voitures les porc», les veaux cl souvent d'autres bestiaux dont la (hair est bien plus susceptible de s'altérer; et on fait en sorte de faire voyager les bœufs et les moutons à plus petites journées. On a beaucoup disserté aussi sur le» incoDvénioiils que présentent les vi;mdes déji avancées ot on état do décomposition au point do vue hygiéni(juo; la «cicnco a naguère proclamé l'innocuité de ces viandes comme aliments; mais il est probable que (le longtemps l'opinion publique ne sanctiormora cette décision (voyez AuATTOin, Viamor, Ole. i. Consultez sur cite malitrc : Bizcl, Du conimerre de la bowhcric et lie lu cliarcuirric de Paris, cl dei conimercps qui en di.'pendeni, Paris, 1817; — Guérard., Sur le transport
des: aniinnux denlinés à la limicherie, Annales d'hygiène', etc., t. XXXV, p. «5, 184(;; — Noiirc sur le régime du eommerce de ta bow^lierie, publiée p.ir le ministre de l'agriculture et du commerre, Paris, ISôd; — E. Millon. Delà liberté du commeree de la boucherie, ls'51. — Pour les produits de boucherie, voy. Viande.
BOUCHES A FBU (.Vrtilleiie). — On a donné le nom de boaeiies a feu aux annes à ieu de gros caliljre et d'un poids considérable, en réservant celui d'armes à feu pour les armes de faible calibre et facilement maniables pour un seul homme. A notre époque, on distingue trois espèces de bouches à feu : les canons, les obusiers et les mortiers.
C'est vers la fin du xiii» siècle (voyez Artillerie) qu'apparaissent les armes à f-u ; dès l'origine on trouve des armes de petit calibre, c'étaient les arquebuses dont l'arc avait été supprimé et remplacé par une boite mobile s'ajustant au tube et renfermant la pondre et le projectile; elles tiraient des balles ou de petits boulets en ploiTib. Ces armes prirent ditTérents norns : canons, serpentines, arquebuses ; leur poids était trop considérable pour qu'un homme put les porter; elles étaient placées sur de petits chariots et manœuvrées par un ou deux hommes. On employait en même temps une pièce compléteiTient différente, c'était la bombarde ; elle était composée de lames de fer et même de bois reliées fortement entre elles et solidement assujetties sur de fortes charpentes. Le calibre de la bombarde était très-considérnble, le boulet de pierre pesait quelquefois jusqu'à 1 .5110 livres; l'âme était divisée en deux parties : la partie antérieure, destinée â recevoir le boulet, était tronconique et cylindrique; la partie postérieure ou chambre, destinée ;\ recevoir la charge, était cylindrique et d'un diamètre beaucoup plus petit.
Vers 1400, l'arquebuse fut remplacée par la coulevrine, fondue en bronze d'une seule pièce, pesant 18 à 24 livres et manœuvrée par un homme; cette pièce devint rapidement l'arme de l'infanterie. Les services que cette pièce rendit décidèrent à augmenter son ci libre et sa longueur; on obtint ainsi une excellente pièce ayant un tir suffis.imment précis et une grande portie. En même temps, l'emploi des boulets de fonte permit de diminuer le calibre des bombardes, qui furent faites en bronze et un peu allongées; on put alors emp oyer une plus forte charge et supprimer la chambre ; on obtint ainsi le rnnnn.
L'artillerie ne se composa bientôt plus que de la coulevrine de poids et de calibre moyens et de grande longueur, du canon de gros calibre, de pelite longueur et plus lourd que la coulevrine, et enlin dn mortier ressemblant aux anciennes bombardes et que Jean Bureau employa au tir des bombes en I5'i2. La plus grande confusion régnait dans la fabrication de ce; pièces et dans les calibres. Louis XI réussit le premier à établir un peu d'uniformité et fit établir par Jean Bureau des pièci s types; aussi l'artillerie française fut-elle bientôt la première, et lorsque Charles VllI partit pour l'Italie, il emmena avec lui un parc remarquable par le nombre des pièces et le>r uniformité.
A partir do cette époque, tous les pays s'efl'orcèreiit d'imiter la France ; pendant la paix, l'uniformité s'établissait, mais durant les guerres étrangères ou civiles de nouveaux calibres s'introduisaient ; suivant le genre de guerre les bouches à feu vaiiaient de poids et de calibre; dans les guerres de siège, l'artillerie devenait lourde et grosse, dans les guerres actives légère et de petit calibre. Au commencement di xvii' siècle, le tir à mitraille se répandit; de Kitll ;\ itiOi, ausiége d'Ostende, un Français inventa les obusieis.
Gustave-Adolphe donna à son artillerie une légèreté qu'on ne connaisstiit p.as encore. Sa principale ;irtillerie se composait de pièces de 12 et do «, courlos et légères ; il donna aux bataillons de son infanterie de petites pièces de 4 eu fonte pesant 525 livres, deitii ées ;\ tirer à mitraille, ot, quelque temps après, il leur donna des canons du même calibre. Après les guerres de Louis XIV, l'artillerie frtmçaise sn trouva dans une grande confusion; elle fut réorganisée par Vallitre en I7:t2 ; le système était très-simple, les pièces bien construites, sufTîsammcnl lépiros et de 5 calibres diiïérents, 24, Kl, 12, K et 4; on ailopta l'obusier do R pouces (le calibre des obusiers et des mortiers est exprimé par le diamètre de râuie) et les mortiers de 8, 10 et 12 pouces et un picrrier do \< pouces ; le pierriep est im mortier do gr.indn dimension destiné A lancer dos paniers do pierres, do grenades ou d'obus. Ce système ne dura que jusqu'en ni;5 et fut remplacé par
BOU
DOU
celui de Gribeauval, qui, avec quelques modifications, a été le système français jusqu'en tS53. GribeauTal avait établi la séparation complète de l'arlillerie de siège et de l'artillerie de baiaillc : pour la première, il admettait les calibres de '24, Uî, U' et 8, un obusier de 8 pouces et les mortiers de même calibre que ceux de Vallière; pour l'artillerie de campagne, les calibres de U', S et 4 et un obusier de (1 pouces. Ce qui distingua ce système, ce fut le soin apporté à la construction des affûts, qu'on avait négligée jusqu'alors , et l'uniformité complète de toutes les parties du matériel. Les affûts furent cliaiigés en 1825, mais les bouches à feu ont été conservées, sauf le 8 de siège, le 4 de campagne, les obusiers de 8 et de G pouces.
En 185.3, l'empereur Napoléon III apporta une simplification considérable à notre artillerie de campagne; on adopta le canon-obusier de 12 et on supprima le canon de 8 et l'obusier de 0", 15. L'arlillerie de campagne fut alors composée du canon de 12, qui prit le nom de 12 de réserve, de l'obusier de (•'°,1G, formant avec ce canon les batteries de réserve et de position, et du canonobusier de 12 employé dans toutes les circonstances ordinaires. Enfin, en 1858, tout le système d'artillerie fut changé en France, sauf les mortiers.
L'artillerie de campagne se compose du canon de 4 rayé de campagne et du canon de 12 rayé de réserve qui est l'ancien canon-obusier de 12 rayé.
L'artillerie de montagne se compose du canon de 4 rayé de montagne.
Les canons de siège ont été remplacés par le canon de 12 rave de siège, qui est l'ancien canon de 12 de réserve rayé.' M. M.
BOUCHON, BoicHos de liéce. — Les bouchons de liège sont fabriqués avec l'écorce du Chêne liège [Quereus suhet), qui croit en Espagne, en Italie, en Algérie et dans le midi de la France. Leur forme est légèrejnent conique; ils doivent être bien arrondis, élastiques, unis, secs, sonnants et sans défauts. Du reste, leur qualité est extrêmement variable et, par suite, aussi leur prix.
Les bouchons sont fabriqués à la main par un ouvrier appelé bouchunnicr. Le liège est d'abord coupé en bandes plus ou moins étroites, puis débité en morceaux quadr.angulaires dont on abat les angles pour dégrossir le bouchon.
Dans cet état, chaque morceau de liège est pris par le bouchonnier armé d'un long couteau à lame large, mince et bien affilée. Le couteau est fixé sur le bord d'un établi, le tranchant en haut; le bouchonnier, tenant son bouchon des deux mains, le présente sur le tranchant, sur lequel il le fait glisser longitudinalement en le tournant sur lui-même entre ses doigts de manière à couper le liège en le sciant, ce qui donne une section plus nette. Cette opération marche très-vite entre les mains d'un ouvrier exercé.
On a imaginé plusieurs machines destinées à fabriquer les bouchons par des procédés mécaniques. Le travail est ainsi plus rapide et plus régulier ; mais le déchet est tel qu'on a dû y renoncer. Le liège, en eflet, n'est pas un produit homogène ; il est sillonné par de nombreuses veines, dures, friables et perméables aux liquides et acx gaz. La machine passe au travers de ces défauts sans aucun choix, et les bouchons qui les pièsentent doivent être mis au rebut ou taillés à neuf: l'ouvrier les évite, au contraire, et passe. à côté; il obtient un bouchon plus petit, mais de bonne qualité.
Les bouchons de qualité très-médiocre suffisent encore pour les boissons ordinaires. Les vins non mousseux que l'on met en bouteilles pour la consommation ordinaire ne donnent pas de pression sur le bouchon, et pour peu que cilui-ci soit un peu serré et<|u'il ne soit pas trop défectueux, la fermeture est suffisante; mais pour les vins fins, de garde, et surtout pour les vins mousseux, on ne doit faire u^îigc que de bouchons de premier choix. La ciie no pourrait être utilement employée, comme pour le- vins routes, à compl-'ter la fermeture.
BOUCHOT. — Voyez Pèche.
BOUCLE (Vétérinaire I. — Anneau en fer ou on cuivre que l'on pa^se à travers le boutoir du porc pour l'empêcher de fouir la terre.
On donni' le nom de boucle à des vésicules qui se développent dans l'intérieur de la bouche du porc affecté do stomatite aphiheuse ; ces vésicules se teiim'nent par la formation d'une escharc. On emploie contre cette maladie les lotionsavcc l'eau aiguisée d'acide sulfurique, les iKii'Sons rafraîchissantes, etc.
BOUCLÉ, Doixi.ÉE (Poisson). — On a ajouté cette épi-
thète au nom de certains genres de poissons pour indiquer des espèces particulières qui présentent sur- le corps Av. gros tubercules osseux garnis d'un aiguillon recourbé nommé hnurle, comme dans la lime bouclée {lima clm'nln. Lin.), ou qui ont la peau toute garnie de petites épines, tel que le Si/uale bouclé^ Lacép. (Sijuulus s/jiwjsus, Blochj (voyez Raie, Squale).
BOUCLIER (Zoologie), Si/pAo, Lin.- Felli", Geoff. — Genre A' Insecles coléoplèi es pentainères, famille des ClavicorneSy tribu des Silphales; caractérisé par : le corps en forme de bouclier, un peu déprimé ; corselet grand, dilaté ;élytres fortement rebordées; palpes filiformes; tarses composés de 5 articles. La plupart de ces insectes vivent dans les matières en putréfaction et exhalent une odeur infecte; quelquefois ils laissent échapper par la bouche et par l'anus une liqueur très-fétide; ils recherchent les lieux sombres et retirés, où ils trouvent les cad.avre3 ou les excrèini-nts des animaux. 11 y en a qui vont souvent sur les arbres à la recherche des chenilles; leurs larves, qui sont aussi agiles, vivent de la même manière ; parmi les espèces d'Europe , on remarque : le B. thoracique [Silpha thm-acica. Lin.), le corps noir, le corselet rouge, qui habite nos bois; il est long de (i",0i5. Le B. quatre points [S. qnartripunetata. Lin.), noir, le corselet jaune, qui vit de chenilles sur les jeunes cliênes. Le B. obscures, ohscura)^ d'un noir obscur, long de (.'",'115, très-commun. Le B. réticule' (S. reticulala, Lin.), d'un noir opaque ; auT environs de Paris.
BOUE (Médecine), en latin cœnum. — Mélange de détritus minéraux, végétaux et animaux qui se forme dans les rues et sur les places publiques, dans les villes et les campagnes et sur les routes et les chemins. L'enlèvement des boues dans les rues des grandes villes constitue un point très-important dans l'hygiène publique et dans le service de la police de salubrité ; les substances végétales et animales qu'elles contiennent et qui sont en voie de décomposition, dégagent des gaz et des exhalaisons trèsnuisibles à la santé dans les temps humides et chauds. 11 faut donc, comme cela se pratique à Paris et dans les grandes villes, que l'autorité veille avec le plus grand soin à ce que le balayage, l'arrosement et l'enlèvement des boues soient faits le plus souvent possible et que les habit.ants secondent efTicacement l'administration dans l'exécution des mesures qu'elle prend à cet égard. Mais, à un autre point de vue, les boues des villes, mélange de substances anim.ales, telles que résidus de cuisine, de boucheries et autres et de détritus végétaux de toute espèce, deviennent un engrais très-énergique et très-fertilisant; aussi, dans presque toutes les villes, elles sont alTermées à des ciUtivateurs eu à des industriels qui en font une spèculaiiou ; mais c'est dans les villages, dans les petites localités, que l'on voit avec peine une masse de ces houes presque perdues pour l'agriculture par l'incurie et l'ignorance de nos paysans, qui non-seulement, en les utilisant, assainiraient leurs villages, mais ejicore feraient tourner au profit de l'agriculture des principes funestes à la santé publi<|ue ; dans les campagnes , les boues des marais, des mares, des fossés, des cajiaux appellent aussi la surveillance des magistrats, et il est bien i désirer que, par une mesure générale, ce remuement des boues, ces curages, en un mot, se fassent à une époque oii les miasmes qu'ils dégagent soient moins dangereux ; ainsi jamais au printemps ni eu été, à moins que les boues ne soient enlevées immédiatement, mais vers la fin de l'automne et au commencement de l'hiver. F — N.
Boce ces couteliebs (Matière médicale). — Voyez CiMoi.ÉE (TEnnEl.
Boues minéhales (Matière médicale). — Ou donne ce nom à des dépôis des eaux minérales, ou à des terres imprégnées des m.atières que les eaux cliarrient et qu'elles abandonnent soit sur le sol, soit dans les réservoirs. Elles sont assez peu consistantes pour qu'on puisse y entrer comme dans un bain ordinaire. Les boues minérales diffèrent suivant qu'elles sont composées exclusivement d'éléments minéraux, ou qu'il y entre une plus ou moins grande proportion de matières végéto-thermales ou de conifcrvcs. En général, ces bains n'ont pas de propriétés spéciales .autres que celles des eaux minérales dont les boues sont le produit; seulement elles doivent posséder une plus grande énergie d'action, en raison de la pression plus considérable, du frottement plus fort subi par la peau, de la forme plus concentrée des principes minéralis;iteurs, des matières organiques qui y existent quelquefois en quantité notable, des gaz nouveaux qui se produisent et de la frrnientaii n qui y a Ueu : on obtient donc une médication plus excitante et
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plus tonique que par les eaux minérales ordinaires. Los principales boues de France sont celles de Saiiit-Amand (Nord), d'un brun nciirâtre et répandant une odeur prononcée d'acide sulfhydrique ; on les prend ordinairement à la température du bain ordinaire tempéré, et on y reste plusieurs heures ; eu en sortant on se plonge dans un bain dit de propreté. Il y a aussi des boues minérales à Bourbonne. Celles où prédomine l'élément végétal se trouvent à Néris, à Bagnères-de-Luchon, à Dax. Mais c'est surtout en Allemagne qu'on trouve les boues minérales en plus grande quantilé. F — m.
BOUÉE (Marine). — Corps flottant attaché i un orin ou cordage nnnce, servant à marquer la place où a été jetée l'ancre d'un navire, et à la retrouver dans le cas où le câble de l'ancre viendrait à se rompre par accident. La bouée est formée, pour les navires marchands, d'un morceau de bois de sapin ou d'un tonneau vide; et pour les gros navires, de doubles cônes en bois ou en tôle formant un vase creux qui surnage l'eau de mer. Des bouées de dimensions plus grandes sont employées dans le voisinage des côtes à signaler un écueil, un danger quelconque, ou la direction d'un chenal ou d'une passe difficile. L'orin est alors muni à son extrémité inférieure d'une ancre de bouée qui le fixe au lieu marqué.
Lal/iiiiée lie sauvetage est un grand plateau de liège ou un cylindre creux en tôle, lesté sur une de ses faces et portant sur l'autre une hampe de drapeau destinée à le faire voir de loin, et qu'on jette à la mer lorsqu'un liomnie y est tombé. Elle a pour but de donner au naufragé un point d'appui eu attendant qu'une barque aille à son secours.
BOUFFISSURE (Médecine), en latin infliitio. — Gonfleuient, le plus souvent partiel, occasionné par ime infiltration de sang, de sérosité, et même de gaz dans le tissu cellulaire ; quelquefois la bouffissure est tout à fait accidentelle et tient à de la fatigue. La bouffissure sanguine peut êlre la suite de fortes contusions. L'emphysème traumatique (voyez EsiPnvsiîME) détermine une bouffissure plus ou moins considérable du tronc ou de la face; c'est de l'air échappé du poumon. Il y a souvent bouffissure dans les hydropisies par infiltration séreuse.
BOUGIE (Chimie industrielle). — De Bougie, ville du littoral de l'Afrique algérienne, d'où la France retirait la plus grande partie de la cire nécessaire à sa consommation.
Le nom de bougie fut d'abord exclusivement réservé aux chandelles r/e rire, puis il fut successivement étendu à celles que l'on fabrique avec le blanc de baleiiie et avec l'acide stéurique.
Bougies de cire. • — L'usage de la cire comme moyen d'éclairage paraît avoir été connu des Arabes dés la plus haute antiquité ; il fut importé en Europe au vin' siècle par les Vénitiens, alors maîtres du commerce de l'Oiient ; mais le prix éh.'vé de la cire en fit toujours un objet de luxe.
Les bougies de cire se fabriquent soit à la cuiller, soit au moule. Par le premier procédé, on fixe les mèches sur le pourtour d'un ch.lssis circulaire suspendu au-dessus d'un bain de cire fondue dans une chaudière de cuivio étamé; on verse avec une cuiller la cire fondue 8ucc(^ssivcmcnt au sommet de chaque mèche, le long de laquelle elle coule et se solidifie. Lorsque, par dis dépôts suffisamment répétés, la bougie a acquis une grosseur convenable, on la détache et on lui donne la régularité conventiblc en la roulant sur une table en noyer poli, au moyen d'une planche rectangulaire également en noyer poli. Pour la fabrication des cierges, on procède un peu dinéremmcnl ; la mèche étant suspendue verticalement,on ramollit simplement la cire dans l'eau chaude; on la prend par portions que l'on pétrit avec les doigts, que l'on applique sur la mèche et que l'on roule entre les mains. La régularité est ensuite dontiée à l'ensemble entre deux [ilatfaux de bois. Les dessins dont les cierges sont oïdinaircrni'iit chargés sont faits à la main.
On fabriqui' égaleujcnl les bougies de cire au moule, en coulant de la cire fondue dans des cylindres en métal ayant intérieurement la forme que doivent avoir les bougies, et dans l'axe desquelles on a tondu les mèches 4 l'dvance. Ce procédé exige d'assez grandes précautions à cause de la difficulté avec laquelle la bougie se détache (lu moule : on est cependant parvenu & vaincre cet obslacli' assez C0in))lttcment.
11 existe une autre espèce de bougie, appelée hourjie si/de, rat de cave, que l'on obtient en faisant plonger une mèche d'une longueur indéfinie dans un bain de ciro fondue, puis la faisant passer dans une lllièro qui régu-
larise la couche de cire déposée. Cette opération est i-épétée autant de fois qu'il est nécessaire pour donner à la bougie la grosseur convenable. C'est de cette manière que l'on prépare le corps des allumettes-bougies.
Boi'GIES DE Bl.ANC DE BALEINE, BoCdlES DIAPHANES. —
Elles sont remarquables par leur blancheur, leur transparence, la pureté et l'éclat de leur lumière. Les plus belli'S sont obtenues au moyen du blanc de baleine raffiné, que l'on trouve dans le commerce en grosses masses à texture fortement lamellaire, et sèches au toucher. On les obtient toutes par le moulage à une température de G()°. Le blanc de baleine, toutefois, ne peut être employé pur ; sa texture cristalline rendrait les bougies trop fragiles; on le mélange toujours avec une proportion variable de cire très-blanche. La matière coulée dans le moule se contracte beaucoup en se refroidissant; en sorte qu'il se forme dans chaque bougie et autour de la mèchCj un vide qui peut atteindre la moitié de sa longueur et que l'on doit remplir après coup. Les bougies froides sont retirées des moules, et on leur donne le dernier poli en les roulant entre les doigts avant de les mettre en paquets.
Les bougies diaphanes sont assez souvent colorées en jaune, en rose ou en bleu. A cet effet, on ajoute à la matière en fusion de petites quantités de carmin, de chromate de plomb ou de bleu de Prusse, préalablement broyés à l'huile, et on mélange intimement avant la coulée. Les matières colorantes sont en quantité si faible, qu'elles ne peuvent nuire à la pureté et à l'éclat de la flamme (voyez Blanc de baleine).
Bougies stéauiques. — La fabrication des bougies stéariques, qui a reçu depuis quelques années une extension considérable, a pris naissance à Paris, des travaux de M. Clievreul sur les corps gras. M. Chevreul, associé à M. Gay-Lussac, prit un brevet en France et en Angleterre, et fonda une fabrique de bougies qui, malgré l'excellence des procédés de fabrication, n'eut qu'un médiocre succès ; les mèches se charbonnaient et avaient besoin d'être mouchées fréquemment. L'un des successeurs de ces deux éminenis chimistes imagina de substituer aux mèches cylindriques les mèches plates, tressées, employées actuellement , et cette simple modification suffit pour assurer l'avenir industriel de la fabrication nouvelle. Par cette disposition, la mèche en se charbonnant se recourbe, sou extrémité sort de la flamme, et, se trouvant ainsi en contact avec l'air, se brûle d'une manière complète en laissant quelques cendres, que l'on réunit en petits globules brillants, au moyen d'un peu de borax dont la mèche est en outre préalablement imprégnée. Les procédés de fabrication, qui, à part la confection des mèches, n'ont subi aucune modification importante depuis leur origine, peuvent se diviser en douze opérations dont voici l'analyse.
1° SaponiflcatioH. — La matière première employée est le suif de bœuf: le suif de mouton, plus dur et d'un prix un peu plus élevé, est généralement réservé à la fabrication des chandelles. Le suif, déjà purifié par une première fusion, est introduit dans une cuve en bois AA [fiy. 318) au fond de laquelle est disposé un tube annulaire, percé de trous et mis en communication avec une chaudière à vapeur. Cette cuve est recouverte par un couvercle fermant exactement, et traversée exactement dans son axe par un arbre l> muni de bras ce, servant d'agitateur et mis en mouvement au moyen d'un manège. Le suif est fondu par la vapeur; on verse alors peu à peu dans la cuve, pour 1110 parties de suif fondu, un lait di' chaux composé de \i parties de chaux vive, élcinic (l.iiis iiin p^nties d eau, en ayant soin d'agiter conlinurliiiiK ni la masse et d'entretenir l'arrivée de la va|ii'iir. l.a masse rsi dahord pâteuse ; mais au bout de deux heures l'eau coiiimeiii-e :\ se séparer du savon calcaire, et la niaiièn> pi-eiid la ccuisislance d'une pâte molle et giaisseu.se. Ou cesse d'agiter tout en continuant à chauffer. Le savon calcaire pit'iul alors une consistance de plus eu plus grande et finit par acquérir une cassure terreuse; on cesse alors de chauffer, on laisse reposer et refroidir lentement, la cuve étant exactement fermée, puis ou fait écouler la liqueur qui s'est séparée du savon. Cette liqueur est formée par de l'eau tenant en dissolution de la glxjcérine (voyez ce mot et Sa\on.). h lesie daiii la cuve un mélangi^ de sliarute, do muryarute cl ù'olétte de chaux sous forme do savon très dur. La durée totale de la sapiinification pour ,ViO kil. de suif est de six & huit heures- La qualité (le la chaux exerce une grande influence sur /a réussite de l'opération; elle doit être aussi pure <pie possible, et surtout exemple de fer; le lait de chaux est lillré dans
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lin tninis tri'S -fin qui retient les gnimeanx avant d'être introduit dans la cuve.
2» Les savons calcaire" sont pitlvérisés entre des cy-
Fig. 3V8. — Cu\c à saponincalio .
lindres broyeurs ou sous des menles verticales, puis introduits dans les cuves à décomposition.
3» La décomposition du savon s'opère par l'acide sulfuriquc ; elle a lieu dans des cuves analogues à celles qui servent à la saponification, mais doublées de plomb à 'l'intérieur. Le savon pulvérisé y est agité avec de l'eau fioide, de manière à former une bouillie claire, puis on y ajoute 26 kil. d'acide sulfurique étendu préalablement de 100 litres d'eau pour lO'i kil. de suif saponifié ; on laisse reposer la masse pendant plusieurs jours en agitant fréquemment. L'acide sulfurique s'empare de la chaux ] our former du sulfate de chaux, et met en liberté les acides stéari^iue, margarique et oléique. Lorsque cette réaction est terminée, on fait arriver dans la cuve un courant de vapeur d'eau; sous l'influence de la chaleur, le sulfate de chaux se rassemble au fond de la cuve, les acides gras fondent et viennent surnager la liqueur ; ils sont décantés dans une trois'ème cuve.
4° Les acides ainsi séparés sont lavés d'abord avec de l'eau légèrement acidulée par de l'acide sulfurique pour enlever l'excès de chaux, puis introduits dans une quatrième cuve, où ils sont lavés de nouveau à l'eau pure pour les débarrasser de l'acide sulfurique.
5° Ils sont enfin soutirés dans des moules en fer-blanc où, en se congelant, ils forment des pains du poids de 25 kil. environ, d'une couleur jaunâtre et d'un aspect désagréable.
fi" Ces pains sont coupés par un couteau mécanique en fragments minces, et introduits dans des sacs en forie serge, on les étend en couche peu épaisse.
1» Les sacs sont ensuite superposés sur le plateau d'une presse liydraulique, et soumis à une première compression à froid.
8" Une seconde compression à chaud est opérée au moyen d'une seconde presse hydraulique chauffée à la vapeur. Dans ces deux dernièrcsopérations, l'acide oléique qui est liquide se sépare d'une manière presque complète des acides stéarique et margarique solides.
9» Ces derniers subissent enfin une épuration finale qui les rend propres à la fabrication des bougies ; à cet effet, on les fond au bain-maric, on les filtre dans une chausse de laine, puis on les transporte dans les cuves d'épuration où ils sont lavés d'abord i l'eau acidulée par i'acidesul 'urique et (uisuite à l'eau pure. Le suif, après toutes ces manipulations, est réduit aux 0,45 de son poids.
10» Le moulage des bougies exige certaines précautions à cause du retrait considérable éprouvé par les acides au moment où ils se congèlent, et de leur tendance à la cristallisation. On est parvenu de la manière suivante à éviter ces inconvéïiients. Les moules sont formés par des tubes de fer étamés B (fig. Si!)) obtenus sans soudure par les procédés à'eniboulissoge: ces tubes vont fixés au nombre do M par trois rangées de 10 au fond d'une ange commune b, ainsi que le montre notre gravure; dans
l'axe de chacun d'eux est tendue une mèche de colon tressée, préalablement trempée dans une dissoluiion de borax et séchée. Chaque appareil est en outre posé dans une caisse à double enveloppe CC, maintenue à une température un peu inférieure à la température de fusion des acides au moyen de vapeur d'eau qui circule entre les deux enveloppes. Les acides fondus sont coi iJs ,\ une température très-voisine de leur point de congéla-
Fig. 349. - Moulaçe des bougi
tion, puis les moules sont enlevés et transportés dans un endroit frais où la prise des acides se fait assez pi^omptement pour que la cristallisation ne puisse avoir lieu. Pour combattre les effets du retrait de la matière, on en verse dans l'auge une quantité beaucoup plus grande que celle qui est nécessaire [.our remplir les moules; le retrait porte alors sur cet excédant que l'on enlève ensuite.
On fait avec des graisses communes et de très-peu de valeur, telles que les graisses d'os, les dépôts d'huiles, les résidus des cuisines, etc., une espèce de bougie inférieure à la précédente et beaucoup moins chère, en eniployant un autre procédé de saponification dit par distillation. Ce procédé consiste à traiter les matières grasses par l'acide sulfurique à la température de 100°. L'acide forme, après diverses réactions intermédiaires, des composés doubles avec les acides gras : ce sont les acides sulfo oléique, sul/o-margarique, sulfn-stéarique. Ces acides, devenus libres par l'action de l'eau et de la chaleur, sont soumis à la distillation sous l'action de la vapeur surchauffée et à faible tension ; ils sont ensuite séparés de l'eau et traités comme il a été dit précédemment. M. D.
BOUGIE (Chirurgie). —On a donné, à c~ use de quelque analogie de forme, le nom de bougie à un instrument de chirurgie plus ou moins flexible, destiné soit à dilater ['urètre [voyez ce moti, soit à porter dans son intérieur des substances médicamenteuses ou des caustiques, soit à explorer l'état du canal ou de la vessie et de son col ; cet instrument, dont le diamètre varie de CiOOl à 0°, 005 0'° ,001) et même plus, est d'une longueur de 0",|S à 0°','.'0 environ ; les bougi(!S peuvent être en cire, en matière emplastique, en gomme élastique ; la base est presque toujoui's une bandelette de toile roulée, et trempée dans de la cire fondue, ou recouverte de couches successives d'huile siccative {huile de lin et litharge), de succin, d'huile de térébenthine, de résine, de gomme élastique, etc. Les bougies de métal, de baleine, de corde à boyau, ne sont plus guère usitées, à cause de leur rigidité et de leur dureté : celles en cire et en gomme élastique sont bien préférables ; leur mollesse et leur flexibilité en rend l'usage beaucoup plus facile et moins douloureux. Quant à leur forme, elles ])cuvent être coniques, cylindriques ou fusiformes. Les bougies diflèrent des sondes en ce que '?s pren ières tont pleines, tandis que les autres sont creuses (voyez Sondk). Les boui/ies médirinneuteuses sont celles dans la composition desquelles il entre certaines substances propres à agir sur les tissus, ou bien celles au moyen des(|uelles on peut transporter des matières médicamenteuses; lis bougies de Daran, entre autres, ont en une grande vogue dans le siècle dernier. Ces bougies ont été pour la plupart abandonnées. Il est diftkile de savoir aujourd'hui ;\ qui on doit l'invention des bougies ; toutefois, il par;iit bien positif qu'elle ne remonte pas au del;\ du milieu du xvi' siècle : maintenant l'honneur en revient-il au médecin espagnol Knâvé Lacuna, au charlatan p.irlugais Philippe, au médecin Amatus Lnsitanus, au professeur Aldercto, de Salamanque, ou au médecin napolitain Alphonse Ferri ou Fcrrius'î bien plus, faut-il remontei: jusqu'à Alexandre de Tralles (vi« siècle), suivant le même Ferri et Astruc 7 F — N.
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BOCGRAI.NE, BoicRANE (Butaiiiquc). — Nom vulgaire | de la liityrnw.
BOUILLEURS. — Longs cylindres de tôle disposés audessous des chaudières à \ apeur, parallèlement à ces chau iière» et communiquant avec elles chacun par deux ou trois tubulures. Les bouilleurs sont destinés à augmenter l'étendue de la surfaie de rhaulfe^ à recevoir la principale action de la chaleur du foyer et à ménager ainsi le corps principal de la chaudière. Ils doivent pouvoir être remplacés facilement quand ils sont usés (voyez Cu.audiéiie;. BOUILLIE (Hygiène). — Espèce d'aUment composé de farine de froment, de seigle, de mais, d'avoine gruau), que Ion délaye ot que l'on fait cuire dans du lait jusqu'à une certane consistance; on en prépare aussi quelquefois à l'eau en y ajoutant des jaunes d'oeufs, avec ou sans sucre. Cette nourriture, lorsqu'elle est bien préparée, qu'elle est cuite à point, est un excellent aliment pour les petits enfants dès l'âge de quatre ou cinq mois. Et cependant clip a rencontré de nombreux et puissants détracteurs, qui n'ont pas manqué d'arguments pour appuyer leur opinion; c'est ainsi qu'ils ont regardé la bouillie comme une cause fréquente du carreau (voyez ce mot). On pourrait peut-être trouver l'explication d'une pareille antipathie, il'une part dans l'usage exclusif et trop abondant d une seule espèce de bouillie chez les mêmes enfants, d'autre part dans la négligence apportée dans la cuisson de cet aliment; il faut en effet qu'il soit cuit à point, comme il a été dit plus haut, sans quoi il fatiguera ces peûts estomacs et les prédisposera certainement aux affections des organes digestifs. 11 faudra donc, pour obtenir de bons résultats, varier autant que possible les farines<|ui devront être employées. On pourra même ajouter à celles dont nous avons parlé la farine de riz, la fécule de poiimie de terre, le sagou, le salep, le tapioka, etc., et mine la croûte de pain bouillie dans l'eau, avec un peu de beurre et de sel ou du sucre ; mais, nous le répétons, tout le secnt consiste à bien préparer la bouillie et h en changer souvent la nature.
BOUILLON (Hygiène). — C'est véritablement une décoction, le plus souvent de viande de bœuf dans une quantité déterminée d'eau; cette décoction ou ce bouillon se prend seul, comme une boisson, chaud, quelquefois mais rarement froid; d'autres fois avec du pain il constitue la soupe, ou bien il sert de véhicule de coclion pour certaines pâtes, et prend lenomdepotaje. L'ébullition dépouille la ch lir de bœuf d'un certain nombre de principes qui lui sont enlevés par l'eau et lui communiquent une saveur et des propriétés nutritives présentant quelques différences, suivant la manière dont il est préparé. Ces principes sont en général l'albumine, la créatine, une matière gra-se, puis des sels à base de baryte, de potasse, de magnésie, etc., enfin la gélatine : il est bien difficile de se rendre exactement compte du rôle que peuvent jouer ces différents principes dans la confection du bouillon; il en est un qu'il faut d'abord mettre hors de cause, c'est la gélatine préconisée par les travaux de Darcet, .^ont le nom est resté attaché à son histoire; on sait au- ^JoUrd'hui que non seulement sa présence dans le bouillon n'est pas nécessaire, mais encore qu'elle « dérange les fonctions digeslives chez un grand nombre d'individus » (termes du rapport de Bérard). Quant aux autres priuripi's, faut il croire avec les chimistes que l'albumine, la fibrine et l'hématosine, matières coagulables par la clialeurct insolubles dans l'eau, ne sauraient passer dans le bouillon? Je le veux bien, puisque les chimistes le disent; mais alors que devient l'observatioti sur la puissance nutritive et réparatrice du bon bnuillim , que les médecins ont eu l'audace d'aji|ieler la i/uiiilisseiice de la viut d : il pourrai! bien en être de cette question comme de celle des eaux minérales, dont la puissatice thérapeutique n'est pas toujours en rapport avec ce qu'y découvre la chimie. M. le professeur Longel s'exprime ainsi : « Sans admeiirc qu'on puisse appeler lo bouillon la nuiidfsv)!, e fir la viimilo, nous croyons qu'on ne saurait lui refuser, indi'pendanime.nt de sa sapidité, un certain pouvoir nutritif qui semble, en juirt-e au moins, être dû à l'inlervention d'une légère quantité de gélatine, et aussi surtout & la présence d'éléments salins, médiateurs indi'.pcnsables de di\ei-ses transmutations organiques. » Indépcrirliunmcnl du bouillon de b(i;ur, on fait encore de» bouillons de veau, de poulet, de grenouilles, de tortue, d'érrevisses, de limnroni, etc. Ils sont, en général, prescrits dans les maladies inlIainmiituin^H et dans toutes celb's qui ont un caractère d'irritation. Voyez /{«/i/mW de. Bérard (llullelin de l'Acudéniie de médecine, t. XV, l'arls, I8i)l,. F — M.
B0U1LL0.\-BL.\NC (Botanique). — Espèce de plante appartenant au genre Molérie {Verf/osciaii, Lin.), dans la famille des Scrnphn/urînée.'^, tribu des Vfrha.scèes. Elle est désignée sous le nom de Verijaicnm Tlinjisii.i, Lin. (de Thupsos, dans la mer de Sicile, dont la plante est originaire) ; on la désigne aussi vulgairement sous les noms de muléne, bon-hotutne. C'est une herbe vivace ou b'sanimelle, revêtue sur ses organes de végétation d'un duvet blanc ou jaunâtre. Sa tige, haute souvent d'un mètre,
Fi,-. -.:0. — Bouilk.n-bUriC. (Mulenc iii(;iiiCMi..le j
est droite ; ses fleurs jaunes, disposées en grappes souvent interrompues à la base, s'épanouissent de juin en août ; on la trouve dans les terrains secs et arides, au bord des chemins. Le calice est tomenteux, à lobes lancéolés aigus, la corolle à gorge concave, et les étamines à filets couverts de poils blanchâtres. Le bouillon blanc croit spontanément en France. Ses feuilles sont emolliontes, et ses fleurs souvent employées en infusion dans les bronchites. On extrait de celles-ci, depuis peu, un principe colorant qui peut teindre le coton en un jaune solide. G — s. B0UL.4N<;ER, BoruiNGERiE (Hygiène publique). ^ On ne sait pas bien quelle est l'étymologie de ce mot. Vient-il detuccel/uriu-. (d'après Ménage), celui qui avait la garde du pain dans les armées romaines? ou de huUa i d'après Diicange), parce qu'en pétrissant on tourne la pâte en boule? Dans tous les cas, la profession de boulimç/er est une des plus anciennes que Ion connaisse. Dans r;incienne Rome, on appelait les boulangers pistorei-., parce qu'ils étaient d'abord chargés de piler dans des mortiers le blé préalablement torréfié, avec lequel les femmes pétrissaient et faisaient cuire le pain ; plus tard, près de six cents ans après la fondation de Rome, ces pùtores durent aussi faire le pain, et les établissements dans lesquels s'opéraient ces deux industries prirent le nom de pistrinœ. Elles devinrent très-nombreuses à Rome, et du temps de Pub. Victor, il y en avait jusqu'à deux cent trente. Le pain qu'on fabriquait était fermenté et le levain était fait de pâte pétrie avec du vin doux, \u rapport de Pline, les Romains pensaient que ceux qui mangeaient du pain fermenté étaient plus vigoureux. Du reste, les jiisteurs romains faisaient le pain la nuit comme nos boulangers; et on leur avait accordé certains privilèges qui en faisaient un corps assez important; ils étaient constitués en un collège jouissant de grands biens. En France, dès l'origine de la mojiarchie, l'administration persévéra à peu près dans le système romain, toutefois en soumettant la boulangerie à une réglementation qui .ivait pour but do conjurer les crises alimentaires et de maintenir le pain au meilleur marché possible; cet état se maintint avec des changements varias jusqu'à la révolution de l"8!l,où les corpoiations furent iibolies avec les privilèges et les charges qui en étaient la conséquence. Mais, le 19 vendémiaire an X, le gouvernement consulaire, frappé des abus introduits successivement dans cette industrie au détriment du bien public, la réglementa de nouveau, sans pourtant limiter le nombre des boulangers, en leur imposant toutefois des conditions d'approvisionnements pour empêcher qu'elle
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ne fi'it abod('e i>ar te premier venu ; par suite des nombicusps nindifi-ations apporté 'S successivcmoni à la police de la boulangerie, le nonibie de ces Oiablissements fut liuiiié et la tase du pnin établie ; de plus, l'api rovisionnem-m de la ville d,- Paris dut ûtre garanti par une réserve de l.!8 5X3 quintaux de farine d premiète (|ualité. soit trente deux jours de consominatioti (ancien Paris). Ce système a été di cuié . aguère par le conseil d'État, à là suite d'un rapport de l'un de ses membr s, M. Le Play. Ctinlbrménient aux conclusions de ce travail, le régime de 1 • liber é a été adopté pour cette iudustiie; le nutubre des boulangeries n'est plus limité; le prix du pain n'est plus fixé par une taxe officiille; la ré-erve des farines a été supprimée iDécr. du 2 juillet liiii3). Plusieurs questions d'bygiéue se ratt.ichent à la pr fession d,' boulanger; nous dirons un mut sur chacune d'elles. Autrefois le travai! se faisait dans une chambre au rez-de-chaussée, le plus souvent aérée des deux côtés ; aujourd'hui il se fait presque généralement dans des caves étroites, mal aéréi s, dont l-p murs suintent c plus souvent, et dans le dégradations desquelless'abfitent un-fiule d'insectes plus ou moins dégoûtants; sous ce rapport nous sommes loin du progrés; peut-être, à la vérité, serons-nous débarrassés avant peu du mode de pétiissageqne le pétrin mécanique, bien ( erfectionné, ne peut niiuiquer de rempl.icer bientôt. La profession de boulaug r est-elle plus malsaine qu'une autie? Sans contridit elle résume en elle plusieurs causes d'insalubrité; ainsi le travail de nuit, la cliaicurexcessive du feu du four et celle que détermine le dur travail du pétrissage, la poussière de la farine, sont des causes incessantes qui doivent produire des rhumatismes, des affections de la poitrine, etc. On a parlé aussi du danger des réservoirs en plomb dans lesquels les boulangers conservent les eaux; mais la question examinée, il a été reconnu qu'il n'en pouvait résulter aucun danger, surtout si l'on pose les robinets à 0°',08 du fond du réservoir, les sels de plomb qui peuvent se former étant insolubles (voyez Blé, Pain, etc.). On consultera : Notice sur le régime (lu commerce de la bou'angtrie de Paru., par M. Julien, Paris, IS50; —Question de la boulangerie de Paris; Deuxihne rapport au conseil d'Etat, par M. Le Play, conseiller d'État.
BOULE-DE-MARS (Médecine'. — Boules vulnéraires qui sont un proto-tartratc de potasse et de fer : elles se préparent avec : hmaille de fc-, 1 partie, tartrate acidulé de potasse, 2 parties, qu'on fait chauffer avec de l'eau-de-vie; on a soin d'en ajouter à mesure qu'elle se volatilise; puis on forme, avec la pâte qui en résulte, des boules de différentes grosseurs. On les appelle aussi bou/es de A'aiic!/, parce qu'on en fabrique beaucoup dans cette ville. Elles s'emploient à la suite des coups, des entorses, des chutes, etc. Pour cela, on agite une de ces boules, pendant quelque temps, dans une certaine quantité d'eau, jusqu'à ce que le liquide soit d'un brun rougfàtre, et on recouvre la partie malade de compresses trempées dans ce liquide, qui est astringent et résolutif. C'est ce qu'on appelle J-tiU rtr hnvli:
BOULE-DE-NEIGE (Botanique). — Jolie variété cultivée de Viiiriie aubier (voyez ce mot) {Viburnum opulm. Lin.), du genre Viorne, famille des Caprifoliarées. On l'appelle aussi rose de Gueldres, pain-blanc. C'est un arbrisseau de 3 à 'i mètres de hauteur. Ses feuilles sont à 3 lobes acnminés; ses fleurs à corolle amplifiée, en corymbe serré, s'épanouissent en mai et juin, elles sont tontes stériles et ramassées en boule. G — s.
BOULEAU (Botanique), K<>^«/", Tourn., de Ae^/, bouleau, en langue celtique ; suivant d'autres, du latin baluo, je frappe). — Genre de plantes type de la famille des Itétiiiniée'. 11 renferme des arbres et des .arbrisseaux à feuilles alternes non persistantes. Leurs fleurs sont monoïques, en chatons cylindriques; les màlis sont nues pondant l'hiver, tandis que les femelles sont abritées par (les écailles. Les fruits consistent en nucules lenticulaires, ailées des deux rétés. Le II. rouge l/î. ruhra, Michx), est un arbre qui :iii( ini jii-..|n'i 20 mètres. Son tronc présente alors 1 nn' in- .m imn di' diamètre. Il est abondant dans les parties ni/iidHinal.'s des États-Unis, «l sa végétation devient plus vigoureuse sous l'influence do la chaleur; aussi rocommande-t-on sa propagation <lans le midi de la Franco et l'Italie. Le II. vermqueu.r. [H. verrucosa, Ehrh.i, désigné aussi sous le nom de l). bliinc, n. commun {/ig. 3.M) des auteurs (fl. allni, non Lin.), est un arbre un peu moins grand que le précédent. Il est élancé, grêle; il croit de préférence dans les terres sablonneuse-s ds l'Europo et de la Sibérie. La couleur
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blanche de son écorce et d'un effet très (Sfe60resque dans les jardins paysagers. Ce bouleau est faiportant comme arbre forestier, parce qu'il végète dans les terres nKii:;res ; sa cul- y
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ture est des plus faciles, et il croit n at u rellemen t dans beaucoup de forêts; sou accroissement assez rapide permet qu'on en fasse la coupe à peu près tous les dix ans, eu égard à l'usage au(|uel on le destine. L'écorce, qui contient un principe résineux et qui, pour cette ra son, est près- ij^ que incorruptible, }0^p est employée par -^^L les habitanis du Nord A couvrir leurs cabane?, à faire des corbeilles, des chaussures nattées des cordes, etc. Son bois est soSi'.ae, moins dur dans nos pays que dans le Nord. On «B fait des ustensiles de ménage, des sabots, du charr^nage, etc. 11 donne du reste un bon combustible employé souvent pour le chaufl"age des fours. Son charbon e«»fecherché pour les forges. U sert aux dessinateurs et antre dans la composition de la poudre à canon. La sé7« de cette espèce est un peu sucrée, et donne par la fermentation une liqueur vineuse et un bon vinaigre. Les feuilles servent à nourrir les bestiaux et contienna» une matière colorante jaune. Le suc de bouleau a été vanté comme diurétique et vermifuge ; l'écorce e été administrée comme fébrifuge. Le B. puliescent {B. pnbescens, Ehrh.) est encore moins élevé que le précédent. Il croît dans les parties froides et humides de l'Europe ; ses branches sont plus fortes, étendues et formant une large cime; ses jeunes pousses sont recouvertes d'une sorte de matière séreuse. Cette espt-e se rencontre fréquemment en forêts dans le Nord. Le B. à papier {H. pnptjracen, \\ illd.) s'élève souvent à 20 mètres. Il croit dans l'Amérique septentrionale, où on le nomme B. à canot. Sou bois est rougeâtre vers le centre; son écorce, pour ainsi dire indestructible , est employée à faire des canots, précieux par leur légèreté. C'est par la soudure et la couture de grandes lames détachées adroitement de l'arbre , que les Canadiens excellent dans cette fabrication. La grande résistance que présente cette écorce, fait qu'on peut s'en servir en guise de papier,
on peut encore l'employer à une foule d'autres usages. I-c B. merisier, H. odorant (B. Icnta, h'm.) {fig. 35'2) est un grand arbre d'Amérique. Sa cime est pyramidale; son bois, qui peut recevoir un beau poli, A une odeur aiomatiquc agréable; il possède une qualité supérieure à celle des autres espèces; aussi l'emploie-t-on beaucoup en menniserie. Les jeunes pousses de ce boulc.au sont aromatiques; mâchées, elles laissent oa bon goût dans la bouche. On les prend souvent en (nflasion mélangée avec du lait. Le II. jmaïc {H. /"''•"•«"■'"'«» également américain. U donne un h.,is de cbarpenie et d'ébéniste; ie nic.ins estimé que le prérédc-iit^soii écorco
Fig. 35i. — Bouleau BSTisi
est estimée pour le tanna
nou
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BOULET (Viitérinaire). — On appelle ainsi, dans le cheval, le renflement formé par l'articulation du canon avec là prcmiùre plialange ou l'os du pnluron (voyez ces mots). Le boulet doit êtro arrondi, son diamètre doit être plus long d'avant en arrière que dans l'autre sens; il ne doit pas avoir de bosselures. Les engorgements du boulet sont toujours longs à guérir : ils déterminent des boiteries (voyez ce mot) qui demandent souvent l'emploi du feu. Un cheval qui a le boidot trop flexible ne peut résistera un travail pénible, il est bientôt fatigué et usé.
Comparé avec le pied ou la main de l'Iiomme, le boulet
représente l'articulation du métacarpe ou du métatarse {/e cfinoii) avec la premièie phalange {patm-on). t BocLET (Artillerie). — On appelle hoii/el les projectiles pleins lancés par les canons; en général, ils sont sphériques. Dans l'origine, les boulets étaient de pierre dure, et quelquefois de très-gros calibre ; il en existait du poids de 100 à 150 livres; Mahomet II, au siège de Constantinople, avait une bombarde qui lançait un boulet de pierre pesant environ 1200 livres, mais elle éclata ap:ës quelques coups. Les boulets en fer commencèrent à être employés sous Charles VII. Les boulets actuellement en usage dans l'artillerie sont en fonte de fer; la fonte qu'on emploie pour leur fabrication doit être teintée ou légèrement grise ; la fonte blanche donnerait des boulets très-durs mais très-cassants, et la fonte grise des boulets trop mous. Les boulets sont moulés en s.iijle ; on se sert, pour confectionner le moule, d'un modèle composé de deux pièces liémisphériqnes s'assemblant par emboîtement; ce modèle est légèrement ellipsoïdal, le poids de la fonte, dans le coulage, tendant à agrandir le diamètre qui se trouve vertical. Le moulage et le coulage s'opèrent paf les procédés ordinaire'. Lorsque la fonte est refroidie, on démoule, et on débarrasse les boulets du sable, des jets et des coutures, à la main, ce qui constitue l'ébarbage. Ensuite on 'es fait tourner dans un tonneau en fonte, faisant quinze tours par minute; enfin , pour polir les boulets, on les Ci.aufl'e au rouge brun ou blanc, suivant la qualité de la fonte, et on les frappe à coups de marteau; le marteau et l'enclume portent des pièces mobiles ayant la forme de calottes sphéiiques. Ces opérarions prennent le nom de lissage et de rebulfnge. Les boulets ont été jusqu'ici désignés par leurs poids exprimés en livres : ainsi, le boulet de huit pèse 8 livres.
On appela boulets rou/jes, des boulets qu'on a chauffés au rouge blanc, et qui sont destinés à incendier; ces projectiles étaient employés avec avantage contre les vaisseaux, mais on les a abandonnés pour les obus, qui produisent deseffets d'explosion en même temps que d'incendie; pour tirer les boulets rouges, il suffit de les séparer de la charge par un bouchon en foin et un bouchon en argile, ou simplenicni par un bouchon de foin mouillé. On désignait autrefois sous le nom de boulets etichainés, deux demi-boulets creux réunis par une chaîne de fer qui se renfermait dans leur concavité, et sous le nom de iou/p/sî'omi?*', deux demi-boulets ou boulets traversés par une barre de fer au bout de laquelle ils se plaçaient dans le mouvement : ces projictiles sont abandonnés. M. M. BOULETÉ, BouTK (llippiatrique).— On dit qu'un cheval est boulete, lorsqiu; le boulet est porté en avant de l'axe du membre (voyez Boulet) par le raccourcissement du tendon du muscle perforant ou fléchisseur profond; il est l/oule, quand cette déviation est considérable ; alors, le boulot étant fortement en avant, le point d'appui ne peut plus avoir lieu que sur la pince (voyez ce mot). Dans l'état normal, le t,oulet, le piituron et le canon doivent former une ligne droite voyez ces mots). Ce vice est déterminé par la fatigue, et surtout par un travail prématuré des jeunes chevaux; si le sujet est jeune, le npos peut le remettre en partie; mais, s'il est vieux, il n'y a pas de remède.
BOULIMIE (Médecine), du grec limos, faim, et hou, particule angminialive). — Appétit voracc ; c'est une anomalie des fonctions digcstives, dans laquelle les personne» qui en sont afTeclées sont tournienlécs par une faim insatiable. En général, la boulimie doit être regardée comme une névrose des organ<'3 de la digestion, ou bien elle n'est qu'un sympiftme d'autres maladies: ainsi on l'observe dans plusieurs alVectionsverminouses, et surtout dans le lœitin (voyez Vk», T*\ia). Elle accompagne quelquefois la grossesse; mai» il peut arriver aussi qu'elle ne ticnnc& aucune de ces causes, et dépende d une disposilion particulière de l'estomac, ou d'un drieloppemcnt anormal de l'intestin, etc. Lorsque la bouliniic |)irsiste depuis quelque temps, la surcharge d'idiun nth qu'elle iin|K)SC h l'esloinac entraîne la maigreur, la lluvre hec-
tique, l'hydropisie, etc. Il faut donc combattre les maladies dont elle est une complication, et régler le régime du malade de manière à ne pas donner à l'estomac plus d'aliments qu'il n'en peut digérer (voyez Appétit, Faim,
P0LYPH»r.lE). . F — N.
BOUQUET ou NoiR-MusEAu (Médecine vétérinaire). — C'est le nom d'une espèce de dartre qui affecte le nez des moutons ; elle s'étend quelquefois sur les côtés jusqu'aux tempes et aux oreilles. Le traitement consiste dans l'emploi des pomni;ides soufrées et de l'huile de Cade (voyez ce mot), etc. Cftte maladie a reçu différents noms suivant le pays: ainsi, Ijouquin, baihowpu-t, faux-museau, charbon, verreiiie, feu sucré, etc.
BOUQUETIN (Zoologie), Capra ibex. Bouquetin des Alpes ou Houquetin proprement dit. — Espèce de Mammifère ruminant du genre Chèvre, remarquable par la forme de ses cornes, très longues chez le mâle, trèsgrosses, recourbées, carrées en avant ; la face antérieure plate, ridée, avec des ;ir6tes longitudinales et des côtes
Fig. 3&8. — Bouquelio îles Al))i
transversalessaillantes ; la tète est courte, le museau épai«, comprimé, les yeux petits, vifs ; les cornes d'une couleur livide; la queue très-courte, d'un brun noir en dessus, blanche en dessous ; pelage gris brunâtre, avec une raie noire le long du dos; en hiver, ils sont recouverts de poils longs et rudes, entremêlés de poils fins et toufl'us. Ces animaux ont env"on 1 mètre à i",2n de longueur sur 0",S0 à 0",!10 de hauteur. Selon Pallas, les bouquetins de Sibérie ont jusqu'à l°',40 à l'".50 de longueur. On trouve les bouquetins sur toutes les grandes chaînes de montagnes de l'ancien continent et plus particulièrement sur les rochers les plus escarpés et les plus arides ; d'où vient leur nom, en allemand Stein bock, bouc des rochers. Une autre espèce, le B. du Caucase [Capra caucasicu, Guld.), se distingue par de grandes cornes triangulaires obtuses et non carrées en avant. On en cormaît encore deux ou trois autres espèces.
BOUQUIN (Zoologie). — Nom vulgaire, donné quelquefois au bouc, et surtout au vieux bouc. Les chasseurs donnent aussi le nom de bouquin au lièvre mâle (voyez CniîviiE, Lii:vRE).
BOURBILLON (Médecine). — Corp'^blanrh.itre, grumeleux, tenace, plus ou moins volumineux, qu'on rencontre au fond des furoncles ou clmis parvenus à l'état de suppuration. C'est une portion de tissu cellulaire frappé de mortification par l'inflammation. S il ne sort pas seul, une pression plus ou moins forte parvient il l'expulser; il en résulte un trou ;issez profond qui se remplit bientôt, et la guérison s'opère (voyez Fi lU)^cl.Kl.
BOIIIIIÎON-LANC.'V (Médecine, Eaux minérales \ — Petite ville di^ France (Saône-et-Loire), arr. et A :iO kil. iN.-O. de Cliarolles, :i(i K. de Moulins. Sources d'eaux minérales Caiblenicnt salines, clilciruré(s sodiques; six son! thninalrs, (l'une température de 'iir à (lO" cent. Une est froide (2S"). Elles coniiemient par litre : chlorure de sodium, 1«',I';0; carbonate de chaux, 0«', '210; sulfate de soude, 0", i:iO; un pou d'acide carbonique mélangé d'azote. Leurs propriétés médicales sont assez analogues il celles de Néris (voyez ce motl.
BOUnilON-L'AUCIlAMBAULT (Médecine, Eaux minérales!.—Petite ville de France (Allier), arr. et 4 20 kil. 0. de Moulins. Eaux theniialcs salines, clilorui eus sodiques;