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température, GO" conl. Elles contiennont : chlorure dp sodium, 2«',2iO-, bicarbonates alcalins, |e','.'ii ; bromure alcalin, O'',0v5; 1/U en volume d'acide carbonique. Ces eaux, très-excitantes, sont ordonnées contre les maladies scrofuleuses des os, les paralysies, le rhumatisme, les engorgements articulaires, etc.
BOlIRBO.\^E-LES-B VINS (Médecine, Eaux minérales». — Petite ville de France (Haute-Marne), arr. et à 30kil. E. de Langres. Il y a trois sources salines thermales chlo^ rurées sodiques, d'une température de 48° à 58° cent, qui contiennent : chlorure de sodium, S«%78:!; sel de magnésium, 0'',:)9'2; bromure de sodium, 0",n(i.S, et quelques autres sels de potasse, de chaux, de fer. Elles sont excitantes. On les prescrit surtout contre les paralysies, les plaies d'armes à feu, les engorgements des viscères, suite des fièvres intermittenles, les fausses ankyloses, les caries, les nécroses, etc.
BOURBOUILLES îles) (Médecine). — Nom donné dans l'Inde à la maladie connue sous le nom de liihen tropicus de Johnson (voyez Lichen). Cette maladie, qui cause des déman^aisnns insupportables , est très-commune dans l'établissement français de Karikal (Côte-de-Coromandel), surtout parmi les Européens, dans les premiers mois qui suivent leur arrivée.
BOURBOULE (la) (Médecine, Eaux minérales). — Petit village de France i Puy-de-Dùme), i G kilom. du Mont- Dore, arr. et à 30 kilom. O. de Clermont. Eaux salines gazeuses thermales (chlorurées sodiques) d'une température de 5i° cent. Un litre d'eau contient jusqu'à l"',237 d'acide carbonique, et chlorure de sodium 2»', 791 ; sulfite de soude, l«',77" ; bicarbonate de soude, i^'.S.SG et 0",008 d'arsenic ; ce sont les pins arsenicales qu'on connaisse. Toj)iques et fortifiantes, elles réussissent dans les maladies de la peau, les scrofules, les fièvres intermittentes ri'beilos, les engorgements articulaires.
BOURDAINE (Botanique;.— Nom vulgaire d'une espèce à& Ner/in.n (Klmmrius^ fimigii/a. Lin.), appelée aussi Boui-géiie, B'iis àpoudre et Amie noir. Cette plante est
un arbl■i^seau de 3 à 1 mètres, très-commun dans les fonds humides de nos bois. Son écorce est noirâtre, ponctuée de blanc ; sa tige unie; ses feuilles sont alierncs, entières, ovales, marquées de veines parallèles. Ses fleurs sont hermaphrodites, petites, verdàtres, réunies en petits bouquets. Ses fruits sont des baies globuleuses longtemps rouges, puis noirâtres. Le bois de cet ai'brisseau est blanc et fragile. Son charbon est un de ceux qu'on préfère pour la fabrication de la poudre à canon. Son écorce amère et acre passe pour un purgatif assez violent ; elle donne, ainsi que les baies , une couleur rougeiltrc dont la teinte varie suivant le de;;ré de maturité; mais c'est la couleur verte qu'on en obtient le plus communément. G — s.
liOUliDON (Zoologie), Bimhu^, I.at., Fab.; liifmii.t, JnP. — Ceure d'Inserle-i hyniennplh-e.i, <le la famille des Me/lt/éics; distingué des autres genres de cette lamille par les caractères suivants : il y a trois sortes d'individus, les m(i/e.v, les f'mul/e», k'snfuilre.i ou mulels: pivdi postérieurs, excepté dans les mâles, ay;mt à la face extérieure de 1» jambe un enfoncement uoniméiociei/Ze, pour
recevoir le pollen des (leurs, et une brosse sur le côté interne du premier article de leurs tarses; ils ont les mâchoires et la lèvre prolongées en une espèce de trompe qui se replie en dessons, les jambes terminées par deux épines. Les bourdons, qui ne sont pas les mâles de nos abeilles, comme le croient certains cu'tivateurs, sont généralement plus grands ; ils ont le corps plus épais, plus élevé et hérissé de poils. Les femelles et les mulets sont armés d'un aiguillon; ces insectes font entendre en volant un bourdonnement d'où vient leur nom. Les bourdons vivent dans des habitations souterraines, réunis en sociétés de cinquante à soixante individus, quelquefois plus : les mâles d'une petite taille, la tCte moins forte; les femelles plus grandes que les deux antres sortes; enfin les mulets ou les ouvrières, d'une taille intermédiaire. Cette société dure jusqu'aux premiers froids, auxquels ils ne résistent pas; ils périssent tous, à l'exception d'un certain nombre de femelles, qui se cachent dans les fissures des murs ou dans les trous des arbies; aux premiers beaux jours, elles font leur nid, pondent, les œufs éclosent, et une nouvelle société recommence. On trouve dans nos environs les espèces suivantes : le B. terresIvR (B. lerrestris, Lin.), noir, long de 0'",ntfi, une bande iaunc-citron au cf rselet ; le B. des /liei-res {B. /(ipi</ariiix, i.ii-[.){ftg. 355), tout noir, long
de 0",n20, faitson nid dans laterre,dans les pierres; le h. drs mousses {H. muscorum. Lin.), fauve, ventre jaune, long de n",0I2 ; le B. des rochers {B. rudeiatns,^ Fab.), ressemble au B. des iiierre", mais ses ailes sont noirâtres.
BOURDONNEMENT (Médecine). — On donne ce nom à la sensation d'un bruit semblable à celui que produisent certains insectes en volant. Ilard distingue le bourdonnement en vrai et en fuux; le B. vrai est celui qui est déterminé par une cause réelle existant dansl'organe auditif: ainsi une dilatation anévrysmatique, un étatcongestif de la tête, un corps étranger, une accumulation de cerii>i,en{woyez ce mot), etc. Le B. faux est idiopathique lorsqu'il dépend d'un ébranlement violent du sens derouie,qiiia laissé une impression profonde dans le cerveau. Il est s}/wptimalique, lorsqu'il dépend d'une névrose, de l'hystéiie, des aliénations mentales et d'une multitude d'autres affections éloignées.
BOURDONNET (Chirurgie). — On appelle ainsi un peiit paquet de charpie de forme olivaire, de la grosseur d'une noix, que l'on l'ait en roulant mollement la charpie entre les paumes des deux mains, et dont on se sert pour remplir les plaies, en maintenir les bords écartés, lorsque cela est indiqué, ou absorber le pus qui en découle. Quand la plaie a une certaine profondeur, on attache le bourdonnet par le milieu avec un fil afin de pouvoir le retirer plus facilement. On y a recours aus-.i pour faire le tamponnement (voyez ce mot) dans certaines hémorrhagios, et souvent pour le premier pansement d'un membre amputé (voyez Amputation).
BOURGÉNE (Botanique). — Nom vulgaire de la Boia-duiiir {voyez ce mot).
BOURGEON Botanique). — Le bouryeon est le premier âge d'une branche dont les feuilles rudimentaircs sont rapprochées sur un axe très-court. On peut le comparer â un germe adhéreiU au végétal, à un embryon se développant sur la plante dont il fait partie ; on l'a quelquefois nonuné pour cette raison un emhn/nn fixr. Le bourgeon est d'abord un petit globule de tissu cellulaire qui soulève l'écorce, puis des vaisseaux s'y oiganisent, et sa surface se divise on lobules multiples dont ch;icun est l'ébauihe d'une feuille ; les vaisseaux se mettent en rapport et en continuité avec ceux de la tige, et il est alors
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à ce premier état où on le nomme vulgairement un œiV.Le bourgeon nait ordinairement dans Vaisselle d'une feuille, et chacune en abrite ainsi un ou plusieurs; mais il y en a souvent qui naissent isolés, indépendamment de toute feuille. Parmi eux, on dislingue le bnuryeon termina/, situé constamment à l'extrémité de l'axe primaire du végétal, et dont les analogues se retrouvent ordinairement à l'extrémité de chaque branche; d'autres bourgeons, iiommés ailvenlifs ou latents, se montrent, soit sur la tige et ses ramifications déjà anciennes, soit sur des racines exposées à l'air, soit sur les bords ou même sur la surlace de certaines feuilles ; enfin on distingue sous les noms de tvrioiis, bulhes, buUnllcs (voyez ces mots), diverses modifications de bourgeons dont il sera traité ailleurs. Les bourgeons spéciaux qui contiennent une ou plusieurs fleurs sont désignés vulgairement sous le nom de boatons. Les bourgeons axillaires et terminaux ont, en général, la même structure. A l'état d'oeil, c'est un petit corps arrondi, conique ou ovale, dojit la structure est eu harmonie avec les influences qu'il doit subir ; en général, développé pendant que la feuille épanouie remplit ses fonctions, il doit, apri'S sa chute, résister aux rigueurs de l'hiver, pour se développer au printemps en une branche chargée de feuilles et produisant de nouveaux bourgeons. Dans la prévision de cette épreuve, les feuilles les plus extérieures du bourgeon, rapprochées entre elles, enveloppent les autres et les protègent ; ce^ feuilles extérieures sont modifiées en écatlles dures et sèclies,souvent imprégnées d'une matière résineuse et par cela même insolubedans l'eau et propre à conserver la chaleur (peuplier); quehiuefois leur face inférieure est doublée d'un duvet moelleux (saule). Ces écailles sont ordinairement imbriquées comme les tuiles d'un toit. Linné avait donné à ces feuilles protectrices le nom poétique à'hihernaculu (logements d'hiver). Entre elles se trouve la jeime pousse qui s'allonge et se couvre de feuilles. Cette nouvelle branche reçoit souvent le nom de otîo». Lorsqu'elles ont atteint un certain développement, les feuilles renfermées dans les écailles se plient, s'enroulent pour se conformer à la capaciié du bourgeon ; la disposition qu'ellas affectent alors se nomme préfoliai^an ou veimition. Dans les pays chauds, où les végétaux n'ont pas à redouter l'hiver, les bourgeons n'ont pas d'écaillcs protectrices; ils sont tius et ne peuvent résister aux rigueurs de nos hivers. Quant aux bourgeons adventifs, comme leur développement est complet en une saison, ils sont également nus et s'épanouissent immédiatement en un rameau chargé de feuilles.
BouncEONS ciiABNDS (Pathologie). — On a donné ce nom à de petites élevures ou granulations coniques rougeâtres, qui se montrent sur la surface d'une plaie suppurante et précèdent la formation de la cicatrice. On les a appelés ainsi, parce qu'on leur a trouvé de l'analogie avec les bourgeons d'un végétal ; on les croyait comme eux le germe d'une production nouvelle, mais on sait aujourd'hui que les chairs ne se régénèrent pas. Les bourgeons charnus sont des productions qui se forment d'autant plus vite que le tissu sur lequel existe la plaie, est plus colluleux et plus vasculaire ; d'abord mous et saillants, ils s'affaissent bicniôt et forment une vraie membrane pourvue de vais'-caux sanguins ; ils sont composés surtout de tissu c<'llulairc , d'un élément fibroplastique, de capillaires, et constituent le tissu dos cicatrices (voyez CiCAxnicE).
Ou appelle aussi linurgeons oa boulons, certaines élévations tuberculeuses de la surface de la peau du visage ; on dit des jiersonnes qui en ont qu'elles sont bourytonniSes (voyez Iîouto.ns, CoupEnosE).
♦ BOUHRACIIE (Boianiquc), tforrayo, Tourn.— Altéré, dji-on, do roi'nt/n ; cor, cœur; ogo, je donne, à cause de SCS cfTcls cordiaux, selon Apulée. — Genre de plantes type de la famille des llnnat/incis et de la tribu des Hnrmt/iiiées vnncs. Caractères : calice quinqnépartite ; corolle rolacée ou i)rcsqne cimipanulée, i tube court ou nul, à gorge garnie d'appiiidici's érliancrés alternant avec le» éiamines; élamines à lilets épais, courts, 4 akènes ovoïdes implanlés dans le réceplacle. La lionrrachi- officinale {H. iiffiiinnlis. Lin.) est une herbe qui no s'élève guère 4 pin» de I mètre; «Ho est hérissée sur ses liges et tes .'cuilles de poils hispides. Ses fleurs, disposées en grappes unilalérales,80nt d'un beau bleu et s'épanouissent pendant lonl l'été. On soupçonne que cette plante est originaire d'Asie Mineure, quoiqu'elle se soit naturalisée depuis un temps immémorial dans nos climats. Klle est snîlorillque, précieuse dan» les maladies inflnnimaloirea, 01 facilite l'expectoration. Ses i)r«priéirs émollientcs et
rafraîchissantes sont dues à l'abondant mucilage et au nitrate de potasse qu'elle renferme. La plante à l'état sauvage est employée de préférence, parce que la culture diminue la force de ses propriétés. Dans certains pays, on mange les jeunes feuilles de bourrache dans les potages, ou bien on les fait frire. On se sert souvent des fleurs pour orner les salades. Quelques personnes prennent la bourr.iche en infusion comme boisson d'agrément et l'apprécient autant que le thé. On cultive encore la B. laxifloro, à fleurs petites, bleues. On appelle vulgairement Petite Bourrache, la Cynoglosse printunière {CynoyldSiUm rimphnloiles. Lin.). G — s.
BOURRELET (Hygiène). — Espèce de couronne qu'on met sur la tête des enfants qui commencent à marcher pour amortir les coups qu'ils peuvent se donner à la tête en tombant; c'était d'abord un coussin circulaire fait avec de la ouate de soie ou de coton et couvert ordinairement avec du velours, du taffetas ou du satin ; il fallait qu'il fût d'une certaine épaisseur pour remplir le bnt auqm I il était destiné ; de l.'i un inconvénient grave à cause de la chaleur qu'il portait i la tête de l'enfant déjà prédisposé aux affections cérébrales. Aujourd hui, on leur substilue avec avantage des bourrelets à claire voie, en osier, en baleine ou en acier, qui sont légers et n'ont aucun des inconvénients des anciens.
BoiiRBELET nu CORPS CALLEUX (Anatomio). — Partie du corps calleux (voyez Cerveau, Calleux [Corpi]).
Bourrelet (Vétérinaire). — Renflement de la peau de l'extrémité inférieure du membre au point où commence le sabot du cheval, des ruminants et du porc. Ce bourrelet, pourvu de glandes qui sécrètent le sabot et les onglons, est logé dans une cavité particulière nommée biseau ou ravité culiyérale.
Bourrelet (Botanique). — Maladie des arbres qne M. Léveillé classe dans la quatrième section , dite des lésions physiques, de la pathologie végétale. Les bourrelets se rencontrent à la surface des troncs et des branches sous forme de tumeurs allongées plus ou moins volumineuses. Ils résultent de contusions ou d'incisions. Les lianes qui s'enroulent sur les arbres produisent sur ceuxci des bourrelets par la constriction. On voit même dans nos climats ces accidents résulter de plantes grimpantes assez faibles, le chèvrefeuille, par exemple. On provoque souvent le développement de ces tumeurs pour former des dessins ou des spirales sur des branches destinées à être travaillées en canne. A cet effet, on applique des fils de fer sur la branche, et on les dispose de façon à produire les dessins que l'on veut obtenir. Quand les bourrelits résultent d'incisions, les fibres prenant une direction parallèle à l'axe du végétal, et l'accroissement ayant limi au point de contact avec le bois, dans la p;irlie entamée, il y a recouvrement par la partie extérieure dont le développement est arrêté. Une chose digne de remarque, c'est que, quel que soit l'obstacle qui arrêie le mouvement naturel de la sève, celle-ci s'accumule an-dessus, y développe de nouveau bois et une nouvelle écorce en plus forte proportion que partout ailleurs, et y forme le bourrelet dont nous parlons; ce qui prouve que la sève descendante est la sève nourricière ([ui a été élaborée dans les feuilles au contact de l'air par un acte analogue à celui que subit le sang, chez les animaux (voyez Respiration DES plantes). g — s.
BOURSES (Anatomie). — On n^ficWa bourses muqueuses de petits sacs membraneux formés par du tissu celluhiire condensé, et humectés par un liquide plutôt séreux que synovial, qu'on rencontre sous la peau dans les points où il y ade grands frottements: ainsi au genou, au coude.
Bourses synoviales. — Petites capsules membraneuses placées sur le trajet des tendons pour lacililer leur glissement an moyen de la synovie qu'elles contiennent; elles sont vaginales lorsqu'elles accompagjient les gaines des tendons; dans les autres points, ce sont de petites ampoules arrondies.
BoiRSK (linlaniqne). — Membrane qui enveloppe certains rli;ijMpit;nons avant leur entier développement; syniinynii' de rolva (voyez ce mot).
liOÙSAGE (Technologie). — Opération importante de l'impression dos indieimes, succédant au mordanç.age et ayant pour objet :
1» De fixer complètement le mordant aux places où il a été déposé et de l'empêcher ainsi do couler sur les autres points où il produirait dos taches;
i" Do sninri'r ou d'enlever les acides du mordant;
3° D'enlever une partie des matières employées pour épaissir le mordant ;
4" D'enlever l'excès de mordant.
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Le bousage s'effectue en trempant l'indienne dans un bain formé de 1 '.'(lO à ISliO litres deau et de :)0 kil. de bouse de vache pouvant servir pour 2n ou (iO pièces d'indienne, suivant la qualité et la quantité du mordant. La bouse de vache a;;it principalement par soji albumine, qui, s'unibsant à l'alumine ou à l'oxyde de fer, les rend insolubles et les fixe au tissu. L'alcali contenu dans la bouse contribue aussi à neutraliser l'acide du mordant. Dans l'application de certaines couleurs claires, on substitue le son à la bouse de vache ; mais celle-ci est plus efficace. MJL Mercer cl Blytlie, de Manchester, sont parvenus à fabriquer économiquement en grand un sel propre au bousage et composé de phosphate de soude et de chaux. M- D-
BOUSIERS (Zoologie), Co/jris, Geoff., Fab.; Scnrabœus. Lin. — Genre de Culeuptères pentamèi-es, famille des iame/Zicoraev, tribu des Scnrahéides^Aa grand gvnro Scarahœus. de Linné, section des Copro/i/mgcs (mangeurs d'excréments); caractérisé ainsi : antennes terminées par une massue à trois feuillets, labre caché sous le chaperon, palpes labiales à trois articles distincts, dont le premier plus grand, les qu.atre jambes postérieures en forme de cône allongé, forti m 'ut dilatées, tronquées à leur extrémité, ni écusson ni vide i sa place. Ce sont des insectes à corps toujours épais et dont les mâles ont souvent sur la tête ou sur le corselet des élévations en forme de cornes ; plusieurs espèces étrangères sont remarquables par la bizarrerie de la forme de leur corselet et par leurs proéminences; quelques-unes sont ornées de couleui^ brillantes et riches. Les bousiers font leur séjour ordinaire dans le fumier, les bouses de vache, etc. On en connaît un grand nombre d'espèces, surtout exotiques ; parmi les indigènes, on peut citer le /(. linia'i-e {Se. /«/(a/vs-. Lin.), long de ((".tUS .\ 0",018, noir, très-luisant, chaperon échancré en devant, portant une corne élevée, plus longue et pointue dans le mâle ; c'est le seul qu'on trouve aux environs de Paris ; le B. espagtiol [Cop, hispfinu^if Fab.), Fi". 3S6. - Bousier lunaire. u-oir, une corne longue et
recourbée sur la tète, corselet coupé obliquement en devant ; il est long de U",()20 à t.",0V5. On le trouve dans le midi de la France et en Espagne. .
BOUSSOLE (Physique). — Instrument de physique servant à reconnaître la direction des forces magnétiques terrestres et à étudier leurs variations. Comme la direction de ces forces est à peu près ceUe du nord au midi, la boussole est aussi vulgairement employée i trouver le nord d'un lieu; en mer, elle sert au marin à se guider dans sa route.
La boussole est essentiellement formée d'une aiguille aimantée mobile autour de son centre ; mais l'appareil dans lequel elle est installée varie dans ses formes générales suivant le but spécial qu'on se propose d'atteindre. Boussole u'arpeivtf.ur. — L'aiguille aimantée y a la forme d'un losange très-allongé ; elle est suspendue sur un pivot très-court situé au centre d'un cercle gradué ; le tout est logé dans une cavité cylindrique, creusée dans une planche de bois carrée et fermée par un verre qui permet de suivre les niouvcinents de l'aiguille. Sur l'un des cotés de laplancho est fixée unen/((/u(/e ou une lunette ordinaire que l'on peut faire mouvoir dans un plan vertical. Cette boussole est employée par les arpenteurs de la manière suivante : supposons qu'il existe sur un terrain dont on veut lever le plan et que l'on ne peut aborder dans toutes ses parties, trois points que nous désignerons par les lettres A, B et C. Nous voulons mesurer l'angle que font entre elles les directions .\B et AC. Nous établirons notre boussole au point A, sommet de l'angle ; nous dirigerons la lunette ou l'alidade dans la direciiouAB et nous lirons sur le cercle gradué à quel degré correspond l'extrémité nord de l'aiguille : soit l;i°. Gela fait, nous tournerons l'alidade dans la direction AC; l'extrémité noid de notre aiguille se trouvera en regard d'une autre division, 50" par exemple. L'aiguille aura aonc marché, iftulivement au cercle, de .'ib" moins 15 ou de 35°, et comme, en réalité, l'aiguille est restée sensiblement imniobllo, c'est le cercle qui a tourné de 3.')°, et cet arc mesure l'angle formé par les lignes AB cl AC. Cett» boussole, peu conipliquiC et d': n tianspori
facile, est d'une grande utilité dans le levé des plans. Boussole de dlci.in.^ison (voyez Déclinaison, MAdNÉtisme). — Instrument servant à 'mesurer pour chaque lieu la déclinaison de l'aiguille aimanlée, c'est-i-din; l'angle que fait la ligne qui passe par ses pôles avec le méridien teiresire. Celte mesure est dune grande importance eu mer, où l'on n'a souvent que la boussole pour se diriger dans sa route ; aussi est elle depuis longtemps et fréquemment l'objet des recherches des officiers de la marine des divers États. La boussole ordinairement employée sur mer à cet usage est représentée dans notre gravure 357.
Elle est disposée de telle sorte que, malgré les oscillations du navire, elle se tienne toujours dans un plan horizontal. Elle se compose d'une boite hémisphérique AA' lestée au fond et suspendue, suivant le système de^Car- ' dan, par le moyen de deux axes indépendants et croisés à angle droit. Dans l'intérieur de celte boîte est suspendu, sur un pivot d'acier, un disque de talc ou mica D au-dessousduquel est collée l'aiguille aimantée. Le disque est divisé en degrés; à son niveau, dans l'intérieur de la boite, est un trait vertical servant de repère. Enfin, sur le bord de la boîte s'élèvent, aux deux extrémités d'un même diamètre, deux pinnules F et K. L'une F est percée d'une ouverture assez large qui se trouve divisée en deux parties par un fil à plomb fixé à son rebord supérieur. L'autre, au contraire, n'est fendue que d'un trait de scie très-fin parallèle au fil à plomb Contre cette seconde pinnule s'appuie un miroir incliné L, dont le poli est tourné vers le bas et à la partie supérieure duquel une petite bande d'étamage a été enlevée dans la direction du rayon qui va de la fente K au fil à plomb.
Pour faire une observation avec cet instrument, on place l'œil en K et on dirige le plan des deux pinnules vers un astre connu près de l'horizon ; on regarde eu même temps, par réflexion sur le miroir, la division du hmbe qui piissedans ce plan. Le numéro de celte divisimi donne l'angle que fait le plan vertical de l'astre avec le plan du méridien mïignéliquc; puis, en consultant les tables de la cormaùsiuae dts temps, publiées chaque année par le liweau des longitudes de Paris, on trouve la valeur de l'angle formé dans le lieu et à l'heure de l'observation par le plan de l'astre avec le plan méridien terrestre. La somme ou la difl'ércnce de ces deux angles donne la valeur de la déclinaison cherchée.
Sur terre, on préfère i la boussole précédente celle que représente notre gravure 358. .
L'aiguille aimantéey est suspendue sur un pivot d acier situé au centre d'un cercle gradué Ilir reiifi-riné dans une caisse cylindrique A en cuivre et rennéc sopmeurcment par une glace. Sur cette caisse sont li\ésd.;ux montants en cuivre B, B, dont le premier B s élargit infetieureuient en un arc de cercle gradué BD et qui tous deux
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servent à supporter l'axe horizontal FF' d'une lunette astronomique remplaçant avec avantage les deux pinnules de la boussole marine. L'axe de rotation de celte lunette passe par le centre du cercle gradué BD; son horizontaliié est constatée par le moyen d'un niveau à bulle d'air O. L'ensemble de toutes ces pifcces est porté sur un cercle gradué CC horizontal et peut tourner autour de son centre.
Pour faire une observation avec cet instrument, on dirige la lunette vers un astre connu. Les tables de la Copnnissnnce des ttmps donnent, pour le lieu et l'heure de l'observatif n, l'angle quelaitle plan vertical de l'aslre
avec le méridien terrestre; on tourne la caisse A d'un angle pareil, afin d'amener dans le plan du méridien terrestre la ligue 0-1 80 du cercle gr.idué H H'. 11 suffit alors, pour avoir la déclinaison cherchée, de lire sur le même cercle l'angle dont l'aiguille s'écarte de cette ligne.
M. Ganibey a construit une boussole de déclinaison beauconp plus précise que la précédente et dont voici la disposition générale. L'aiguille aimantée y est remplacée par.un barreau d'acier aimantésuspendu par un faisceau de fils de soie sans torsion et portant à chacune de ses extrémités un petit anneau de cuivre garni de deux fils fins croisés à angle droit. La lunette supérieure est construite de manitre que l'on puisse y voir les objets trtsvoisins aussi bien que les astres. L'ensemble des pièces qui supportent cette lunette et l'aiguille est monté sur une plaque de cuivre munie d'un vernier et mobile sur un cercle gradué fixé au pied de l'instrument.
On commence par disposer l'appareil de manière que l'axe de la lunette soit dirigé sur le point de croisement des fils; on note la division du cercle gradué en regard de laquelle est alors le vernier; puis on tourne la lunette vers un astre connu et on note l'angle dont l'appareil a tourné sur le cercle pour obtenir ce dernier résultat. Cet angle est l'angle formé par le plan vertical qui passe par l'astre avec le plan du méridien magnétique. Les tables faisant connaître, pour l'heure et le lieu de l'observation, l'angle du plan vertical de l'astre avec le méridien terrestre, une simple addition ou soustraction des deux angles donne la déclinaison cherchée.
Boi:ssoi.i; I)'l^cI.lNAIsoN. — Boussoleservant à mesurer l'iiicliitnisnn ou l'angle que fait l'aiguille aimantée librement suspendue avec l'horizon. — Celle boussole, représentée figure D.'i'.i, se compose d'im cercle gradué venical AA', au centre dmiuel est situé l'axe horizontal d'une aiguille aimantée ah qui ne peut se mouvoir que dans le plan du cercle. Celui-ci, ainsi que la cage BB' qui l'enveloppe, est porté sur une table horizontale mobile sur le centre d'un second cercle grndné horizontal CC. Ce dernier sert A déterminer avec la boussole mCtiie 1» direction du plan du méridien magnétique et à tourner le cercle gradué \oilical dans ce plan. Ou lit alors sur l'appareil l'angle dont l'aiguille s'incline au-dessous de 1 horizon. Siiulenient, comme l'aiguille pn'si'ute toujours quelque li'ger défaut de ceniriigi' ou d'aimantation, il faut rer ..nmcncer à quatre reprises l'observation en toinnaut son axe bout pour bout, puis réaimanlant l'aiguille en sens inverse et
BOU prendre la moyenne des quatre observations (voyez Inci.i-
NAISOS, MA(;NKTISME TEI;BESTnE'.
Bous-^^OLE MAnmE, Compas i>e vaiiiation. — Boussole très-employée sur mer, où elle sert à guider les marins dans leur marche. Celte boussole est semblable à celle que nous avons représentée dans notre figure :i.S7, à quelques modifications près. Chaque bâtiment possède ordinairement deux boussoles, une qui est établie dans in chambre du capitaine, l'aiitre qui est installée sur le pont sous les yeuV du limonier tpii tient en main la barre du gouvernail. Cette dernière est sans pinnules; mais la caisse est percée inférieurement d'une ouverture au-dessous de la(|uelle e^t situé un miroir incliné à ïà", le poli dirigé vers le haut. En avant de ce miroir et sous le pont du bâtiment est placée une lampe dont les rayons réflé-
chis verticalement viennent éclairer p:ir-dessous le disque de talc gradué qui porte l'aiguille aimantée, de telle sorte que les divisions de ce disque restent visibles pendant la nuit. En dehors des 3(;0 divisions de ce disque gradué, on l'a partagé en 32 parties égales appelées niirs de vent "U rwmAv, séparées par autant dep-on/v. L'ensemble de ces :(',' divisions s'appelle rose des vents (voyez ces motsV Enfin, dans l'intérieur de la caisse et sur sa paroi dirigée vers l'avant du bâtiment, est nn trait vertical situé dans le plan ([ui passe par le pivot de l'aiguille et par l'axe du bâtiment. Le timonier, l'oeil fixé sur sa boussole, peut donc lire à chaque instant du jour et de la nuit 1 angle que fait la direction de sa boussole avec l'axe du bâtiu eut, el si, d'un autre côté, on conn.iit l'angle que fait la boussole avec le méridien terresti'e, on peut en conclure la direction du navire ou lui donner celle qu'il convient qu'il prenne.
On ne peut, toutefois, eu mer, se fier d'une manière absolue aux indications de la boussole. Le navire, au lieu de suivre exactement la direction de son axe, dérive toujours plus ou moins sous l'action du vent ou des courants marins dont il faut pouvoir apprécier l'influence; d'un autre côté, la di'clijiaison de l'aiguille aimantée variant d'un point à l'autre du globe, il est nécessaire de consulter les cartes qui font connaître ces variations; enfin, la direction de l'aiguille aimantée est encore influencée sur un bâtiment par les masses de fer qui entrent dans sa construction ou son chargement. Toutes ces causes d'erreur ont peu d'importance dans les voyages de peu de durée, ou tant que l'on reste dans despar.apes connus et fréquentés; l'habitude permet do s'y soustraire assez aisément. Mais dans les voyages de très-l.mg cours ou d'exploration, il est indispeusabk^ de faire usage de toute» les ressources (|ue. In science met â la disposilinn du marin pour assurer sa marche. On corrige alors l'influence du navire sur la direction do sa boussole au moyen du mmpeiisdleiir île Hiir/"V< (voyez ce mut).
Boissoi.E iiES VAniATiONS. — Instrument do précision servimt â observer et à mesurer les variations très- faibles que l'aiguille nimnniée subit journellemeul dans sa direction, soit d'une nntnière régulière, soit uccidcntcUement
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[voyoi Dkclinaison, Magnétisme TEnntsTnE). Le pUis parlait des instniiiiciils de ce genre est celui qui a été imaginé et construit pnr Gambey. Il se compose d'un barrean d'acier de O" (10 de long, suspendu en son milieu par un faisceau de fils de soie sans torsion et ror/crnié dans une caisse rectangulaire. Les deux extrémités du barreau sont munies de plaques d'ivoire portant des divisions angulaires très-fines, au-dessus desquelles sont deux lunettes verticales portées par la caisse et mobiles dans une direction transversale au moyen devis micrométriques. C'est an moyen de ces lunettes qu'on peut suivre avec une précision très-grande les oscillations du barreau.
L'origine de la boussole e-t d;s plus obscures. Suivant quelques auteurs, le P. Gauhil, Histoire de l'Astronomie chinoiie; B.irrow, Nouveau Voyage en C/iine; Hager, Mémoire sU'' lu boussole orietitule, etc , l'usage de la boussole remonterait en Chine à un temps immémorial. Les Cliinois auraient communi(|ué cette invention anx Arabes, qui l'auraient importée eux-mêmes en Occident vers le xii* siècle. On peut s'étonner, si cette opinion est exacte, que la boussoli-, employée KiOOou 2liOl) ans avant J. C. dans les mers de l'Inde, n'ait été connue ni des navigateurs égyptiens, ni des Grecs de Constantinople. D'ailleurs, des doutes très-sérieux ont éié élevés sur l'authenticité des tixies dans les quels iiuelqnes-uns des auteurs preciiés ont puisé les éléments de leur opinion. (Consulter le XLVl' vol. des Mémoires de l'Académie des inscriptions.) On peut don.; admettre connue vraisemblable, qu'en cette circonstance ainsi qu'en bien d'autres, on a fait aux Chinois un honneur inmiérité. La prétention qui attribue aux Arabes l'invention de la boussole ne paraît pas mieux fondée, et les érudits les plus autorisés supposent au contraire que ceux-ci ont emprunté l'instrument à l'Europe. En effet, dans aucun des ouvrages arabes antériem s à l'époque oii la boussole était connue en Occident, il n'en est fait mention.
Les Grecs et les Romains no connurent ceitainement pas la boussole, car plusieurs de leurs auteurs, notamment Lucrèce et Pline, ont parlé avec détails de la pierre d'aimant, et leur silince sur une propriété au-si curieuse que celle de sa force diiectiice, prouve surabondamment qu'elle leur était iiiconnue. On ne saurait préciser au juste l'époque où, en Europe, il a été question pour la première fois de cet instrument, encore moins lui attribuer un inventeur proprement dit. Toutefois il est incontestable que le célèbre Albert le Grand (né en 1193, mort en 128(1) indique comme un fait connu, dans sou traité de MineraliOuf, les propriétés de la pi>'rre d'aimant. Le cardinal de Viiry, dans son flistoria orientalis, publiée vers 12lô, parle eu termes non équi\oqncs de la boussole, comme d'un instrument indispensable aux marins et d'un usago déjà lépandu vers U'U4. Nous citerons encore un document devenu classique dans cette discussion ; ce sont les vers de Guyot de Pi-ovins, tirés du poème satirique aj'pelé lliOle, ouvrage qui fut composé vers l'année I20II. L'ojùnion généralement accréditée qui suppose que la boussole était déjà répandue vers le commencement du xii' siècle, paraît donc fondée. A cette époque, la boussole était l'oimie d'une aiguille aimantée qu'on f.iis.iit nager sur l'eau en la soutenant par deux brins de paille ou par un morceau de liège. Ce procédé, très incommode, devait se trouver souvent impruticahlo par suite de l'agitation de la mer. C'est Flavio Gioia, d'Amalfi, né vers la fin du xai'^ siècle, qui eut l'idée de la suspendre sur un pivot ; mais c'est à tort qu'on lui a attribué l'invention même de la bous,sole M. D.
BODT DE SEIN (Médecine). — On donne ce nom à un petit instrument en caoutchouc ou en ivoire raïuolli, que l'on adapte au mamelon des femmes enceintes ou nouvellement accouchées pour former le bout que l'enfant doit saisir pour téter. Souvent aussi, lorsque le sein devient malade, ou que le mamelon se crevasse, pendant l'allaitement on l'applique sur le sein, et l'enfant saisit le mamelon artificiel de l'instrument pour téter (voyez CntvAssE, Allaitement).
BOLTfi (Hippiatrique). — Cheval ljou!e' (voyez Bouleté).
BOUTEILLE (.Médecine vétérinaire). — On donne ce nom à une tumeur molle, produite par l'infiltration du tissu cellulaire qui se forme sous la gorge des moutons dans la cachexie aqueuse (voyez ce mol).
BOUTEILLES (FAnniCATio.N oes) (Technologie). Matières premières. — Le verre à bouteilles se prépare avec du sable ferrugineux, des cendres neuves, des cendres lavées, des soudes brutes de varech, du sel, du sulfate de soude, de l'argile Jaune et des morceaux de verre
BOU
(groisil). Le sable ferrugineux renferme de la silice et do 1 oxyde de fer ; les cendres fournissent de la potasse, l'argile de l'alumine. La fusion de toutes ces matières donne un verre qui est une combinaison de silice avec diverses bases, c'est-à dire un composé de silicates alcalins (de potasse ou de soude), alcalino-terreux et terreux (de chaux et d'alumine), de silicate d'oxyde de fer. Les maliens premières qui fournissent les éléments du verre sont de peu de valeur, à cause du bas prix auquel il importe de livrer les bouteilles.
Quant aux proportions suivant lesquelles ces diverses matières entrent dans If mélange, elles sont nécessairement variables. Voici la composition de l'un de ces mélanges :
Sable SîHi
Ctiam 10 97
Sulfate de soude 107
Soiiile et sel 3 11
Groisil 2 44
KjOHO
Principes. — Le verrier doit connaître les propriétés des différents silicates qui composent le verre. Les silicates alcalins sont les plus fusibles de tous. Plus ils renferment d'alcali, plus ils sont fusibles, mais plus aussi ils sont attaquables par l'eau; plus ils renferment de silice, moins ils sont attaquables par l'eau et les acides, mais plus ils sont difficiles à fondre. Ils ont aussi la propriété de ne pas cristalliser par le refroidissement. Les silicates terreux ne so it pas attaqués par l'eau, mais ils ne fondent qu'à des températures élevées et ont une certaine tendance à la cristallisation. Le silicate d'oxyde de fer fond très-facilement.
Le silicate multiple qui résulte de l'association de ces silicates simples peut avoir un point de fusion inférieur à celui du silicate le plus fusible, être peu altérable par l'eau et par les acides et ne pas cristalliser par le refroidissement, toutes conditions recherchées par l'industriel.
L'oxyde de fer, qui donne de la fusibilité au verre, donne aussi aux bouteilles une couleur verdàtre que l'on fait disparaître presque complètement, en ajoutant au mélange une quantité convenable de peroxyde de manganèse.
Fabrication. — Le four de fusion, rectangulaire et chauffé à la houille, renferme ordinairement quatre creusets placés sur deux banquettes disposées latéralement de chaque coté do la grille. Au-dessus de chaque pot est une embrasure qui sert à le charger et à cueillir (prendre) le verre.
Les matières mélangées sont toujours cilcinées [frit- /e'.'.v) avant d'être introduites dans les creusets de fusion. Quand la fusion est terminée, oaécume, on ralentit le feu et on règle la chaleur de manière que le verre s'épaississe et se calme, puis ou commence le travail.
Avec une canne (tube) de fer longue de I mètre environ, et percée dans sa longueur d'un canal de O'°,003 da diamètre, un ouvrier cueille du verre à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il ait ramassé à l'extrémité de la canne une pelote de verie suffisante pour faire une bouteille. Il passe alors la canne au maître verrier, qui façonne sur une plaque de fer le goulot de la bouteille, souffle ensuite dans la canne pour gonfler le verre et lui donner la forme d'un poire (fig. Util), puis l'introduit dans un moule qui lui donne enfin la forme et les dimensions voulues (/îj. 302). Lorsque la bouteille est bien formée, le souffleur la re- ,^'s-. '?,'■ S'°.^'i?'
.. j , î » i . * Buiileitle Bouteille
tire du moule, la relevé en haut et commencée, torméc. pousse le fond en dedans avec une petite feuille de tôle rectangulaire dont il appuie un des angles .au centre de la bouteille, pendant qu'il tourne colle-ci avec la canne. Enfin il détache la bouteille, la retourne, la reprend par le fond avec le sabot qu'il tient de la main gauche, cueille dans le creuset du verre qu'il allonge en filet autour du goulot pour faiie la bague, puis il récliaulTe le goulot et façonne l'embouchure. Hecuit. — Coninic la différence entre la température de la bouteille et celle du uàlieu où elle se refioidit est considérable, elle subirait un refroidissement brusque qui la rendrait très-fragile, si on ne faisait recuire.
UOU
A cet effei, les bouteilles sont placées dans des fours spéciaux, cliauffés au rouge sombre et dont le refroidissement esi très-lent. Pour éviter le dépôt des matières charbonneuses qui se produisent dans le chauffage à la houille, on chautTo au bois les fours à recuire.
Essai des bnutetlles. — Les bouteilles doivent présenter plus ou moins de résistance, suivant l'usage auquel elles sont destinées. Les bouteilles à vin de Champagne peuvent être soumises à une pression intérieure et continue de l2 atmosphères. Aussi, ,ivec les bouteilles ordinaires, la casse s'élève dans les celliers jusqu'à 20 et :iO p. lOii. Dans certaines usines, on fabrique des bouteilles spéciales, qu'on essaye avant de livrer au commerce. L'usine de Châlon-sur-.Saône fabiique des (-/(«mp'noises qui, soumises à la machine de M. Collardeau, résistent à une pression moyenne de 25 atmosphères (voyez VEr.RE- L.
BouTEii.i.E DE Leïde (Physique). — Instrument de physique destiné à comletiser une quantité plus ou moins considérable d'électricité, que l'on puisse ensuite employer à tel objet qu'on se propose.
Elle se compose [fig. MVi) d'un flacon on bouteille de verre à parois minces et d'une épaisseur uniforme, dont la surface extérieure est recouverte jusqu'à une certaine distance du col, d'une feuille d'étain que l'on appelle ornialuiv eirtenie. L'intérieur est rempli de feuilles de clinquant , froissées et légèrement tassées, qui constituent Yarmiiture hiterne. Quand le col du flacon est assez large pour qu'on puisse aisément y passer la main, le clinquant est rempl.acé par une seconde feuille d'étain qui produit le même etTet.
Dans l'un et l'autre css, la bouteille est fermée par un bouchon de liège que traverse une tige de cuivre recourbée en forme de crochet, termin''e à son extrémité supérieure par une boule de cuivre, et communiquant par son extrémité opposée avec l'armature interne dont elle forme la continuation et dont elle |iorte également le nom. Toute la l)ariift extérieure du verre qui n'est pas recouverte d'étain, l'est d'une couche de vernis à la gomme laque qui la préserve de l'Immidiiéet la rend plus isolante.
Pour charger d'élei-tricité cette bouteille, on la tient oidinairrment à la main par l'armature externe, et on met le crochet en contact avec le conducteur d'une machine électrique en activité. L'électricité positive ou vit?re de la marhine se répand 'Sur l'armature interne, agit par influence au travers du verre sur l'armature externe, et en attire k elle l'électricité négative ou résineuse; celle ci, retenue .'l la surface du verre qui s'oppose à son p.issage, réagit .^ son tour sur l'électricité de l'armature interne qu'elle condense en l'attirant, et permet ainsi \ cette armature de se charger d'une quantité d'électricité positive, beaucoup plus grande qu'elle ne le ferait si elle était seule.
Si, tenant toujours la bouteille d'une main, on touchait le crochet avec l'.uitre main, les deux électricités empêchées par le verre de se réunir se recombineraient au travers du corps; une étincelle jaillirait, et on éprouverait une secousse brusque, d'autant plus violente que la bouteille serait do dimensions plus grandes et plus fortement chargée. En réunissant ensemble plusieurs bouteilles, on forme ce que l'on appelle une butti-rie éhclnqw d nit la puissance peut devenir redoutable (voyez CoNiiEN.SATEun, ÉriN(;Ki,i.E).
BouTEii.i.K DE Laxk. — C'est une bouteille do Leyde ordinaire D {fiij. :ici'i), fixée sur un pied portant en outre une tige de verro A mobile au moyen d'une vis microniétriquo V. Au sommet de celte tige d(! verre s'en trouve une seconde en cuivre, terminée par une boule do cuivre (I, qui se trouve ainsi élevée A la hauteur do la tjoule h (le l'armature interne do la bouteille. Les deux boule» n et // peuvent donc être placées à une distance variable l'inie de l'autre, et mesurée au moyen do la vis. Si on met cet appareil en coimuiuiiialion avec une batterie que l'on ch.arge, rh.'ique fois qur' In quantité d'électricild sera sullisantc, une étincelle jaillira entre les deux boules n et h; le nombre des étincelles ainsi produites pendant la cliargit totale de-t batteries sera propnrtinnnel A la quantité d'élertiirili! employée. La bout-illede Lanc fournit dinr un mnven de mesurer des
quantités d'électricité et devient un véritable éleclromèlre (voyez ce mot).
Ce fut en 17 IG que Musschenbroek et deux autres-
Fig.
— Douleille df Lai
physiciens hollandais, Cunéus et Allaman, observèrent pour la première fois et fortuitement à Leyde les of- • fets de la bouteille de Leyde. L'nn de ces physiciens, Cunéus, voulait électriser, en présence des deux autres, de l'eau contenue dans un vase de verre qu'il tenait à la main, et, pour y arriver, il faisait plonger au milieu du liquide une pointe qui communiquait aux conducteurs d'une machine. Lorsqu'il jugea la charge suffisante, il approcha le doigt de la surface de l'eau. A l'instant il reçut une commotion incomparablement supérieure à celle qu'il pensait recevoir. L'eau et la main avaient fait l'office des deux armatures de la bouteille. Mussclienbroik répéta l'expérience, l'étudia avec soin et la fit connaître à l'Europe savante, qui l'accueillit avec un vif intérêt. On remplaça ultérieurement l'eau et la main par des feuilles méialliques; mais l'appareil conserva le nom de la ville oii il avait été découvert. M. D.
Bouteille inépuisable (Physique amusante). — Voyez
ENT0\N0lf\ MACIQUE.
BOUTOIR (Zoologie). — Le museau ou groin du sanglier et du cochon domestique, après s'être aminci sensiblement, est tronqué à son extrémité et tirminé audevant de la mâchoire supérieure par un cartilage plat, arrondi, nu, marqué de petits points et qui déborde par les côtés, et surtout par le haut, la peau de la mâchoire, c'est ce qu'on nomme le bonloir. Il est percé par les deux ouvertures, petites et rondes, des narines, entre lesquelles existe, dans le milieu du boutoir, un petit os qui sert de base et de point d'appui à cette partie et qui contribue <\ lui donner de la solidité et de la force pour fouiller la terre. On remarque une disposition .A peu près analogue dans le museau du tapir, du bali-saur, du coati, etc.
BouTom (Vétérinaire). — On donne ce nom à un instrument au moyen duquel les maréchauxferrants enlèvent l'excédant de la corne du pied du cheval lorsqu'ils le pnreni pour le ferrer. C'est une espèce de lame ou gouge aplatie, qui termine une forte tige en fer coudée et fixée solidement à un manche de bois. Les maréchaux s'en servent aussi pour couper la queue d'un cheval : pour cela, ils l'appuient sur le tranchant du boutoir et frappent dessus avec un bâton; c'est une mauvaise pratique.
BOUTON I Conchyliologie). — Ce mot sert à désigner plusieurs espèces de coquilles : ainsi on a nommé timiton de miiiis-'i/r on llniilaii de l'Iiaraon, le Trnrhiiv l'harnonis; Grnnd lloulun de Clitne, le Tmchts: mifuhfti^: Jiouloti de Chine, le Troc/ns ni/ntinis, tous trois du genre Toupie {Troc/iut, Lin.) (voyez ce mot) : liouton de rose, le liutln nmplusii-a, du geiu'e Bnllec [Hnll'Pn, Lin.) (voyez ce mot) ; Itniiton terrestre, Vllelix rntiwd.iin, du genre des Esnirgnls {lle/ix, Lin.) (voyez ce moti.
Bouton (Médecine). — La signiHcaiion de ce mot est loin d'être déterminée d'une manière absolue; cependant Alibert on a circonscrit le sens d'une manière assez rigoureuse pour qu'on l'adopte. Suivant lui, les tmutnxs sont do petites tumeurs cutanées, tuberculeuses, isolées, pinson moins dures, i\ peine doulnureuses, ne se terminant jam,ais p;ir suppuraliim, mais p^ir ilcsi/ntoiunntiiin (voyez ce mol) : réduits A ces ternies, ce q\i'on appelle tinitlmis p'it une alTection légère, qui guérit pres(|ue seule, mais qui peut se renouveler souvent. Pour les autres affections avec lesquelles ils pourraient être confondus, voyez Piiuiiino, I'acim'.
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Bouton d'Alf.p. — Maladie particulitre à la Syrie, et entre autres aux villes d'Alep et de Bagdad, et qui n'affecte, dit-on, qu'une seule fois dans la vie; les renseignements les plus complets que nous ayons sur cette maladie sont renfermés dans un mémoire envoyé à la Société royale de médecine, par M. Bo, médecin. Elle attaque indistinctement les indigènes et les étrangers ; quelquefois il n'ya qu'un seul bouton, on l'appelle alors l.oulon r:(jle; quelquefois il y eu a plusieurs, et cette \ ariété se nomme boulon femelle. Les enfants sont sujets à cette maladie; le bouton d'Alep est un tubercule intéressant l'épaisseur de la peau et croissant pendant quatre ou cinq mois ; alors il devient douloureux et la suppuration commence ; puis il se forme une croûte qui se dessèche, tombe et se reforme jusqu'à la guérison ; la maladie dure environ un an. Le traitement est nul; on se borne à quelques applications émollientes.
Bouton (Chirurgie). — Instrument dont on se sert dans l'opération de la tnille (voyez ce mot), et qui consiste en une tige d'acier d'une longueur do 0"',20 à 0'",25. Une de ses extrémités est terminée par un bouton olivaire; il est armé sur toute sa longueur d'une crête sur laquelle on fait glisser les teneltei (voyez ce mol) ; l'autre extrémité de l'instrument est une espèce de curette avec laquelle on s'assure qu'il n'y a plus rien dans la vessie, lorsque l'opération est terminée.
Bouton de feu. — Espèce de cautère actuel, dont l'extrémité cautérisante se termine en un bouton de forine olivaire (voyez Cautère). F. — n.
Bouton (Anatomie végétale), gemma. — On désigne sous ce nom un petit corps arrondi, un peu allongé, quelquefois pointu, qui se forme aux aisselles des feuilles ou À l'extrémité des rameaux dans quelques plantes herbacées et d;ins les arbres et les arbrisseaux. Lorsque le bouton commence à paraître, on lui donne le nom à'œil. Dans nos climats, les boutons des arbres sont protégés par des écailles extérieures, sèches et dures, par nn duvet particulier, un suc visqueux, etc., dont l'usage est de les défendre contre le froid et la pluie. Les boutons peuvent être à. fleurs : alors ils sont plus gros, plus courts, moins pointus; ou bien h feuilles : dans ce cas, ils sont minces, allongés et pointus; dans quelques espèces cependant, ils sont arrondis, comme dans le noyer, et trèsgros, comme dans le tiiarrounier cflur/e. Quelquefois le bouton est mixte, et il produit des feuilles et des fruits. Les boutons reçoivent encore différents noms, suivant leur position sur l'arbre ou les produits auxquels ils donnent lieu; ainsi on nomme boutons rudiryiux,ceax nui naissent près de la racine, et qui, comme dans le framboisier, par exemple, doivent recevoir une destination particulière lors de la taille. D'autres sont nommés boulons stipulaires, etc. La plupart des boutons s'épanouissent au printemps; à cette époque, l'ascension de la sève commence à se faire avec force, la base du bouton se gonfle, l'enveloppe écailleuse s'entr'ouvre, les feuilles commencent à paraître, et le bouton passe à l'état de bourgeon (voyez ce mot).
Bouton (Botanique). — Ce nom a été donné à plusieurs plantes de groupes très-dilVéïeuts, et surtout d'après la forme et la couleur de la fleur; ainsi on a appelé :
Bouton d'arcent, l'Acliillée sternutatoire [Achillen j'Iarmica, Lin.) ; la Camomille romaine {.inthemis nobilis. Lin.); la Matricaire commune {.Malricaria parlhenium. Lin.) ; la Renoncule à feuilles d'aconit {Ranunculus ncontttfolms. Lin.).
Bouton de bacheuer , Bouton de i.a mariée, la Lychnide visqueuse [Ltjchnis viscaria, Lin.) (voyez Lychnide).
BoLTON xoiR, la Belladone {Atropa bellndona. Lin.).
Bouton d'or, l'Immortelie jaune {Gnaphaliuin orientale, Lin.) ; la Renoncule acre, variété à fleurs pleines {lianunculus aeris. Lin.); la Renoncule rampante (fiannncului repens. Lin.).
Bouton rouce, le Gainier du Canada {Cercis ca»adensis. Lin.).
Bouton (Technologie). — Petite pièce du vêtement reiTiplaçant les agrafes, cordons, rubans, aiguillettes, épingles, usitées par nos ancêtres. Les premiers boutons étai'nt formés d'une petite pelote recouverte de la même étoffe que les parties du vêtement qu'ils devaient réunir. Cotte forme incommode a été ultérieurement remplacée par la forme plate ou légèrement concave ou convexe adoptée aujourd'hui.
Les boutons sont fabriqués avec des matières très-diverses. Ceux qui doivent être reconveits de soie ou de toute autre étotVe, sont ordinairement en bois ; pour les
autres, nn emploie l'os, l'ivoire, la corne, l'écaillé, la nacre, les métaux. Tous les biutons, à l'exception des boutons métalliques et des boutons en corne, sont découpés et percés au tour. L'outil varie suivant que la pièce doit avoir un seul trou eu son centre ou en avoir plusieurs ; mais, dans l'un et l'autre cas, la matière première doit être débitée à l'avance en petites planchettes d'une épaisseur égale à celle des boutons.
Boukim à un seul trou. — L'arbre du tour porte à l'une de ses extrémit.is une mèche de vilebrequin ; l'autre extrémité est creusée d'une gorge qni est embrassée par un levier que l'on gouverne à la main, au moyen d'une manivelle ; de cette manière, l'arbre du tour peut être à volonté poussé de dioite à gauche ou retiré de gauche à droite; il reçoit en outre un mouvement de rotation rapide d'une roue de rémouleur. En face de la mèche est un petit plateau sur lequel est appliquée la planchette, la mèche est avancée, su pointe centrale fore le trou, et les deux ailes découpent circulairement la planche à moitié de son épais-cur. On recommence la même opération du même côté, jusqu'à ce que la planche ait été travaillée ainsi dans toute son étendue, puis on la retourne. La pointe centrale de la mèche étant introduite successivement dans les divers trous, et la mnlière étant de nouveau découpée circulairement jusqu'à mi-épaisseur, les boutons se détachent et viennent tomber dans une caisse destinée à les recevoir.
Pontons à plusieurs trous. — Ces boutons sont d'abord découpés au tour, comme précédemment avec une mèche dépourvue de pointe centrale et intéressant d'un seul coup toute l'épaisseur de la planche ; ils sont ensuite percés au moyen d'un tour composé de quatre arbres portés sur un même support et terminés par des crochets. Les quatre mèches, simplement accrochées aux extrémités des quatre arbres, sont soutenues à leurs bouts libres par un chevalet eu cuivre qui les traverse librement. Les boutons, disposés en pile sur un support cylindrique, sont poussés peu à peu sur les mèches ; celles-ci, mises en mouvement toutes à la fois, forent en même temps les quatre trous.
Quelques boutons en os ou en ivoire sont en outre ornés de dessins que l'on grave à la main.
Boutons en corne. — Ces boutons sont quelquefois traités comme précédemment ; mais le plus souvent ils sont moulés, grâce à cette propriété qu'a la corne de se ramollir dans l'eau bouillante et de reprendre sa dureté primitive en se refroidissant. La corne est d'abord taillée en plaques d'une épaisseur uniforme; ces plaques sont ensuite découpées en petits carrés dont on abat les angles pour eu former des octogones; puis ensuite on les introduit entre les deux mors d'une large pince portant chacun six coins d'iicier ayant en creux le relief à donner aux boutons. Les octogones ayant été ramollis dans l'eau bouillante et posés sur les coins, on serre les mors de la pince et on introduit ces mors sous une presse à vis trèspuissante. Au bout do quelques minutes le moulage est terminé. Ou retire les boutons, on abat les angles avec des pinces à couper et on arrondit à la lime. La queue de ces boutons est ordinairement formée d'un demi-anneau de laiton placé à l'avance dans le coin correspondjut à la face inférieure du bouton, et ses deux extrémités s'incrustent solidement dans la corne pendant le pressage.
Boutons-métalliques. — Les boutons métalliques étaient^ primitivement coulés dans des moules de sable à la manière ordinaire; puis la queue, formée d'un demi-anneau métallique, était soudée à leur face inférieure ; on les polissait enfin sur le tour. Ces opérations ont été considérablement simplifiées par l'emploi du balancier. Le métal employé, ordinairement formé d'un alliage d'élain, de cuivre et de zinc, est d'abord laminé en feuilles d'une épaisseur convenable, coupé en bandes d'une longueur arbitraire et d'une largeur peu supérieure à celle du bouton , puis introduit sous le poinçon du balancier. Chaque coup de l'instrument détache de la bande le disque qui doit former un bouton, et perce les trous du bouton suivant. Les boutons ainsi enlevés à l'emporte-pièce sont introduits entre les poinçons d'un autre balauciiT seniblable à celui qui sert à frapper la monnaie et en reçoivent la courbure qu'ils doivent avoir et eu même temps la légende du fabricant de boutons, ou plus souvent du. confectionneur de vêtements. Ce^ boutons sont ensuite polis au rouge d'Angleterre et légèrement dorés ou argentés. Les ioîi/oîîï niililnires ou de /ivceV' sont généralement formés de deux pièces ; l'une d'elles, qui est eu laiton milice et a reçu la légende d'un coup de balancier,.
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tst un peu plus graide que ne doit être le boulon tei'miné ; elle s'applique sur une autre pièce formant moule, ù laquelle a clé soudée la queue, puis ses bords sont repliés ou scilis sur le moule. C'est encore par un procédé semblable que sont fabriqués les boutons semi-métullique', cimposés de deux rondelles métalliques entre lesquelles est pincé un disque de coutil, et sertis l'un sur l'autre, de manière qu'ils restent intimement unis.
Bouliins en pâte céramique. — Ces boutons, destinés à remplacer les boutons de nacre employés da is la lingerie, ont été imaginés en ISiO par M. Prasser. Dans le procédé de fabricalion du à l'inventeur, des matières légèrement fusibles, telles que le feldspath, le phosphate de chaux, étaient réduites en poudre, mélangées, à une douce chaleur, à une petite quantité d'un corps gras, tel que le lait, et dcsiiné à donner un peu de liant à la pâte, puis la poudre ainsi préparée était moulée à l'aide de petites machines à balancier qui frappaii^nt les boutons un à un. Ces boutons étaient ensuite placés à la main sur des rondeaux en terre cuite, et introduits dans des manchons que l'on superposait dans un four à cuire la porcelaine tendre. Ce procédé a été amélioré et la fabrication amenée à un degré fabuleux de bon marché par un fabricant français, M. Bapterosse.
M. Bapterosse fabiique deux espèces de boutons : les boutons dits ngafe et les boutons strass. La pâte des premiers est formée de feldspath lavé aux acides pour le débarrasser de l'oxyde de fer qu'il pourrait contenir, et additionné d'un peu de phosphate de chaux ; celle des seconds est composée de feld-.palli pur. Dans l'un et l'autre cas, un peu de lait sert à donner le liant nécessaire. Le moulage a lieu dans des presses pouvant donner bOO boutons à la fois et 2 ou ;i coups par minute. En tombant de la presse, les boutons viennent se ranger sur une feuille de papier tendue sur un cadre rcctangidaire en fer et servant à les transporter. La cuisson s'effectue dans dos fours circulaires contenant chacun une soixantaine de moufles autour desquelles circule la flamme, et contenant chacune une plaque en terre réfractaire, de la grandeur du la feuille de papier qui porte les boutons. Lorsque l'une de ces plaques est rouge, on la retire, on po' e dessus la feuille de papier garnie de ses boutons; cette feuille brûle, et les boutons sont ainsi déposés sur la plaque dans l'ordre où ils sont sortis de la presse; on enfourne, et au bout de 10 minutes la cuisson cit terminée. On retire la plaque, on enlève avec un râble les boutons qui la garnissent, et comme elle est rouge elle peut recevoir immédiatement une nouvelle charge. Les boutons ainsi obtenus peuvent évidemment recevoir toutes les formes exigées par les capric'S de la mode et par des mélanges de divers oxydes à la pâte, Ctre colorés de nuances diverses. M. D.
BOUïUnE, BoiTiinAr.E (Horticulture). — On donne le nom de hauture à une partie d'un végétal qui, séparée de son pied-mère, e^t mise en terre pour y développer des racines si c'est un fr;ignient de la tige (racines adventives), ou des bourgeons si c'est un fragment de racine: ainsi, prenez un rameau de saule ou de peuplier et placez-en une extrémité quelconcpie dans l'eau ou dans la terre humide, cotte extrémité se couvrira promptement de filets radiculaires, qui sont des racines advenlives, et transforment le végétal en un nouveau plant capable de devenir un arbre comme celui dont il a été primitivement détaché; celte opi'ration constitue ce qu'on appelle le houturi/r/e, et le raujcau prend le nom de buuluri: On fait des boutures de diverses manières : tantôt, on opère comme il vient d'être dit; c'est le bouturage simple. Si le végétal appartient à une espèce qui développe moins facilement ses racines adventives, on enterre partiellement une branche flexible et tenant encore au végétal; c'est ce qui se pratitpie lorsqu'on couche la vigne, ou bien on pa-sc cette branche dans un pot à fleurs rempli de terre, et l'on ne sépare la bouture de la plante-mère que lorsqu'elle a poussé ses racines. Cette opération porto encore lo nom de mnrcotluye. Certains végétaux émettent des racines adventives sur des parties i|iji m nui |i,is iil.mgécsdans le sol ; ce» racines, poussi .Lm , i ,iim,i pii< iv,
pendent ver» la terre, où elles vont • ni- .iin. , nu
tr ijet plus ou moins long; on lesiuiumii- un lue-Mt/ie/i/»»',,. M. Du Breuil di^tinguedt la manière suivante les princi])ale» espères de bouture (Cnursilarlioricdllure): l" par laincaux : c'est le mode dont il a été parlé plus haut; 2" par rantcaux avec talon ; ici on coupe le rameau tout près du point où il s'unit à la branche et on l'enlève avec le talon qui est & sa base; ',i° par rros'setles: on enlève avec le ra neau une rerlaiix étendue de la branche qui
lui a donné naissance. Celte méthode offre plus de chances de succèsque les précédentes ; -i" par /ilimams: c'est une branche de trois à cinq ans, droite el vigoureuse, de 2 à 3 mètres, que Ion taille en pointe aiguë et qu'on enfonce dans la terre à (i'»,.SO de profondeur (peuplier, saule, aune, etc.) ; !>' par étronylenvnt ; on place une ligature au-dessous d'un bouton; il s'y forme un bourrelet; au bout d'un an, on coupe la branche au-dessous du bourrelet et on la met en terre; 0° par ramées: on enterre une branche garnie de rameaux que l'on redresse et que l'on coupe hors de terre en laissant deux boutons à chacun; 1° bouture semée: on coupe par petits fragments munis chacun d'un œil une branche de l'année précédente et on les sème en rigole, en terre légère, au printemps (mûriei); 8" bouture au moyi'ii de frar/ments de racine: on divise par tronçons de O",!» à 0",1.S des racines détachées du pied-mère; on les plante en laissant leur gros bout sortir légèrement de terre.
BOUVIER (ZTOlogie). — On a donné ce nom, I» au Gùbe-mou'-he c/rii, parce qu'il a l'habitude de voler autour des bœufs dans les praiiies pour attraper les mouches ; 2" à la Bergfronnette ou Lavandii ;v, parce qu'elle voltige dans les prés autour des bestiaux ; '-i" quelquefois en Provence au Motteux, espèce de Trnquel.
BOUVIER (Économie agricole). — On désigne sous ce noin le domestique chargé de soigner et de conduire les bœufs de travail ou ceux de l'engrais. Par extension, ou a aussi donné ce nom à celui qui fait le service des marchés de bètes bovines et qui est chargé le plus souvent de les soigner et de les conduire jusqu'au moment où ils arrivent à l'abattoir. Une grande partie des qualités du berger doivent être aussi celles du bouvier (voyez Berceb); ainsi la vigilance, l'exactitude, la ponctualité et surtout l'égalité de caractère, soit qu'il s'agisse de conduire les animaux au travail, soitqu'il ait à dresser déjeunes bœufs; et qu'il se persuade bien qu'il ne fera rien s'il ne montre pas une grande douceur, car la brutalité n'engendre que la résistance. Il devra aussi distribuer la nourriture à des heures régulières et en quantité convenable; il veillera à entretenir la propreté de ses bètes et il mettra tous ses soins à avertir son maître des moindres indispositions qui pourraient leur arriver, aussi bien qu'à leur donner tous les secours nécessaires jusqu'à l'arrivée du vétérinaire, s'il est appelé. Les bœufs à l'engrais devront être l'objet d'une attention toute particulière, et le bouvier devra veiller encore avec plus de précaution à la bonne distribution de la nourriture ; on devra, à cet égard, lui recommander une sage réserve, une nourriture trop abondante pouvant compromettre le but qu'on se propose. Enfin, li bouvier chargé du service des marchés n'oubliera pas que, indépendamment delà nourriture et des soins particuliers qu'il doit donner aux animaux qui lui sont confiés, il faut qu'il évite avec soin de les surmené-, de les faire marcher trop vite et surtout de les frapper brutalement, comme cela se voit trep souvent.
BOUVREUIL (Zoologie), l'yrrbula. Bris., Cuv., dn giec jjurros, rouge;'itre. — Sous-genre A'Oi^euux du grand genre des Momeaux, famille des Cuuirustre^\ ordre des Passereaux de Cuvier; de la famille des Fringitlidœ., tribu des Oscines, ordre des Passeres de Cli. Bonaparte; caractérisé par un bec très court, très-gros, très-bombé, également rcnllé partout, et assez fort pour pouvoir briser les semences les plus dures. Parmi les espèces de ce sous-genre , nous citerons : 1° le B. ordinaire {l.iixia l'i/rrhii/n. Lin.), cendré dessus, rouge vineux dossous, calotte noire ; c'est un des oiseaux les plus charmants de notre pays, remarquable par son joli plumage, sa b lie voix, son gosier flexible ; il ne l'est pas moins par la facilité avec hiquelle il devient familier, par les chants harmonieux qu'on parvient à lui faire répéter, et par rattachement dont il est susceptible pour ceux qui l'ont élevé ; cependant, avec toutes ces qualités, le bouvreuil est un oiseau assez nuisible à l'agriculture par les dégâts qu'il fait en mangeant les bourgeons des arbres fruitiers. Son chant n;iturel est un silllemeiit très-;.ur d'abord, suivi bientôt d'un gazouillement enroué terminé en fausset; il n'est composé que de trois notes. Il y en a une variété plus grande d'un tiers. Parmi les espèces exotiques, on peut citer : 2" le II. vert liruuct (FriiujiHa linliirarai. Cm.), qui a le front, les tempes, le ventre jaune; d'or, le dessus vert olivâtre; on le trouve au cap dO Bonne-Espérance, etc.
BOVAU (Analomie). — Nom vulga'ro de ['intestin.
BovAii roi.i,ir<iQiji! (Botanique). — Lor qu'un grain de pot /eu est déposé suric v//7»i«^e, ilsepontle, l'enveloppe extérieure {rxhijméuinr) se romjtt, et alors la membrano
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interne {endhi/ménine) fait saillie, s'allonge, pénétre dans le style, forme un véritable boyau fermé contcjiant la fovillu; c'est là ce qu'eu nomme le B. po/linùjue, filament très-délié, visible seulement au microscope; arrivé dans la cavité de l'ovaire, il rencontre le micropi/le de l'ovule, le traverse ; arrivé au sommet du nucelle, il s'applique contre le sac embryonnaire, et c'est là que s'opère la fécondation.
SOYAUDERIE (Technologie). — Industrie dont l'objet est la transformation des intestins (boyaux) des animaux, bœuf, cheval, âne, cliien, mouton, en divers produits dont les principaux sont les hoijaux soufflés pour charcutiers, la baudruche, et les diverses espèces de cordes à boyau. Cette industrie est une des plus fétides qu'on puisse imaginer : Jl. Labarraque est cependant parvenu à faire disparaître presque entièrement l'épouvantable infection qu'elle répand, et à accroître en même temps !a qualité des produits obtenus. Il est arrivé à ce résultat au moyen du chlorure de soude, dont nous indiquerons l'emploi et dont les propriétés sont expliquées à l'article Chlorure. La boyauderie est une industrie complexe qui se partage en plusieurs branches que nous examinerons séparément.
Boyaux insufflés servant d'enveloppe aux saucisses et aux saucissons. — Les boyaux employés sont ordinairement les intestins grêles des bœufs ou vaches, qui ont été débarrassés par le boucher de la plus grande partie du suif qni les enveloppait. Ces intestins doivent être, le plus tôt possible, dégraissés d'une manière plus complète. A cet effet, après les avoir trempés dans l'eau, on les attache par un de leurs bouts à un anneau, et l'ouvrier, les tendant avec la main gauche, racle leur surface de haut en bas avec un couteau de charcutier. Cette opération conduite d'un bout à l'autre du boyau, et toujours dans le même sens, en chasse en même temps la plus grande partie des matières fécales qu'ils contiennent. La graisse ainsi obtenue est lavée, séchée, puis fondue, et donne des suifs de qualité inférieure.
Les intestins, dégraissés à l'extérieur, sont retournés de manière que la membrane interne vienne en dehors, puis soumis au ratissage, dont le but est de séparer la muqueuse interne de la tunique fibreuse qui doit seule être conservée. Cette opération du ratissage ne peut se faire sur les intestins frais; il faut que ceux-ci aient déjà subi un commencement de putréfaction, après laquelle la muqueuse, en partie décomposée, s'enlève aisément sous la pression de l'ongle.
Les intestins, ratisses et lavés avec soin, sont noués par un fil à l'une de leurs extrémités, tandis que l'autre est passée sur le bout d'un tuyau dont l'ouvrier se sert pour les gonfler d'air. La seconde extrémité est alors nouée comme la première, et la membrane ainsi tendue est portée au séchoir. Après la dessiccation , les boyaux sont percés à un bout, dégonflés, réunis par paquets de 15 à 20 mètres, puis exposés dans urt lieu où ils puissent s'imprégner d'humidité et portés ensuite dans le soufroir; là, ils sont exposés pendant 4 heures à la vapeur d'acide sulfureux qui les blanchit et empêche la fermentation de s'y établir ultérieurement; ils sont de nouveau séchés, puis emballés d;ms des sacs avec du camphre et du poivre pour être livrés au commerce. Pendant cette série de manipulations, les boyaux répandent une odeur infecte que l'on peut détruire en très-grande partie en se servant pour la macération des intestins; au lieu d'eau pure, d'une dissolution de l kil. de chlorure de soude par lOii kil. d'eau. L'opération marche d'une manière plus régulière et moins pénible pour les ouvriers, qui peuvent travailler d'une manière plus continue, et les produits ont un meilleur aspect.
Cordes à bot/aux. — Elles sont de grosseurs et de qualités très-diverses, suivant les usages auxquels on les destine. — Les principales espèces sont les cordes des rémouleurs, dites des Lorrains. Les cordes à ra/juette, à fouet et d'arcltct; et les cordes des instruments de musique.
Cordes des rémouleurs ou cordes de tour. — Elles se font avec les boyaux de cheval, débarrassés de leur graisse et de leur membrane muqueuse, comme il a été dit plus haut. Le boyau, encore féiide, est passé par un de ses bouts sur une boule en bois fixée à l'extrémité d'un couteau à -i lames cojivexes, disposées do manière à former 4 angli'S droits. Le boyau est ainsi coupé dans toute sa longueur eu 4 lanières d'égale largeur. Ou réunit ensuite i, (i, 8, II) lanières, suivant la grosseur que l'on veut donner à la corde, on les tend parallèlement entre elles par bouts de 10 mètres, puis on donne à l'ensemble
un premier degré de torsion. La corde ainsi tordue est tendue entre deux chevilles et abandonnée à elle-même pendant 4 heures; après quoi on donne une nouvelle torsion, puis une troisième IS heures après la seconde, et la corde est frottée dans sa longueur avec une corde de crin humide qui l'unit, ce qu'on nomme étricher. Un dernier tordage est effectué 3 heures après, et la corde est séchée tendue.
Cordes de raquette et d'archet. — Elles se font avec les intestins de mouton. Ces intestins doivent être vidés avec soin dès qu'ils sont extraits du ventre de l'animal, à l'abattoir même, et apportés dans cet état à la boyauderie. Là, on les plonge pendant un jour ou deux dans de l'eau que l'on renouvelle de temps en temps. Une ouvrière prend alors un des intestins qu'elle racle vers l'un de ses bout? avec le dos d'un couteau. Si la macération est assez avancée, la membrane péritonéale doit s'en détacher aisément; l'ouvrière prend ;tlors le bout libre de cette membrane, et l'enlève ordinairement dans toute la longueur du boyau en deux lanières ayant chacune une largeur égale à la moitié du pourtour du boyau. Cette opération, qu'on nomme filer, ne réussit bien toutefois qu'à la condition do commencer par le petit bout de l'inteslin. La partie membraneuse détachée est la filandre, dont on se sort comme de fil pour coudre les boyaux, et que l'on emploie également dans la confection des cordes à raquette.
I Les boyaux filés sont remis dans l'eau, et le lendemain I on les ratisse dans toute leur longueur, en les faisant I glisser sur un banc de bois incliné sous la lame mousse d'un couteau, ce que l'on nomme curer. Ou les replonge I dans l'eau de puits, et le lendemain on remplace cette I eau par une eau alcaline formée par la dissolution de 1 kil. de potasse dans (iO ou 70 litres d'eau. Le traitement par la potasse dure quelques heures, est suivi d'un ratissage sur toute la longueur du boyau, et se renouvelle un plus ou moins grand nombre de fois, suivant la qualité du produit qu'on veut obtenir.
La corde à raquette est fabri(]uée avec les boyaux de qualité inférieure préparés comme il est dit précédemment ; s'ils ne sont pas assez longs, on les coupe de biais à leurs extrémités, et on les coud bout à bout avec de la filandre, on donne un premier degré de torsion, puis on réunit parallèlement deux, trois, quatre boyaux que l'on tord ensemble en une seule corde que l'on étriche avec soin, et que l'on met en couleur en. la trempant à une ou deux reprises dans du sang de bœuf; puis on donne une dernière torsion, et on laisse sécher la corde tendue. Pour les cordes parfaites, ou ne prend qu'un boyau que l'on renforce avec des filandres.
La corde à fouet se fait avec un seul boyau, rarement deux ou trois; on la soufre une fois ou deux, et quelquefois on met en couleur noir, rouge ou verte : les boyaux prennent bien la teinture.
Corde des chapeliers ou d'arçon. — Beaucoup plus grosse et plus soignée que la précédente, elle se fait avec les boyaux de mouton les plus gros et les plus longs, que l'on réunit pour les tordre au nombre de (i. S, 10 ou U>, selon la grosseur de la corde qui a de s à lO mètres de long, et ne doit présenter ni coutures ni nœuds. La corde est soufrée deux fois, et à chaque fois mouillée à l'eau de potasse et élrichée avec beaucoup de soin.
Corde des horlogers. — Cette corde , extrêmement mince, est faite avec les plus petits intestins, bien travaillé; par la potasse et tordus seuls, ou le plus souvent avec des intestins coupés en deux dans le sens de leur longueur. Les horlogers emploient cependant aussi des cordes plus grosses que l'on prépare comme les cordes des instruments, mais avec moins de soin.
Cordes des instruments. — Pendant longtemps, Naplcs eut le privilège de la f:ibrication de ces cordes; cependant celles que l'on prépare à Paris ne le cèdent sous aucun rapport anx cordes d'Italie, bien que l'on continue à les vendre sous ce dernier nom. Il n'y a que pour les chanterelles que nous ne puissions encore lutter avantageusement avec N'aples, ce qui tient uniquement à ce que les moutons que l'on consomme à Paris sont plus gros que les napolitains. Pour obtenir de bonnes cordes, les boyaux doivent être vidés encore chauds et avant d'être irortés à l'atelier. Là, on les met dégorger dans de l'eau de Seine fré(|nemmeiit renouvelée, et on cure le plus tôt possiI)le aver le dos arrondi d'un couteau. Ou fait ensuilc niaiérrr le boyau dans des eaux alcalines reuouvclées deux fuis par jour, et d'une force progressivement croissante, afin de les débarrasser le plus possible de leur matière grasse, et ù chaque rcnouvellenieut d'eau, on les
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ratisse avec un ongle en cuivre formé d'un dé ouvert que l'on met au pouce. Le soin avec lequel ces opérations sont exécutées, et le choix du moment où il faut y mettre fin pour filer la corde, exercent une grande influence sur la finesse et la qualité du produit. Avant de filer la corde, on lave les boyaux à l'eau courante ou fréquemment renouvelée, puis on les réunit au nombre de trois ou quatre pour les tordre ensemble. On les soufre et on les huile avec de bonne huile d'olives. Elles prennent de la qualité en vieillissant, aussi doit-on les conserver longtemps en magasin avant de les livrer au commerce.
baudruche. — l'Ule se préparc avec la membrane péritonéale de l'intestin ccecum du bœuf ou du mouton. Cette membrane, détachée par les charcutiers, est livrée sèche aux boyaudiers ; ceux-ci la font détremper dans de l'eau de potasse faible, la ratissent, la font dégorger dans de l'eau, puis retendent sur une planche en ayant soin de poser en dessus la surface qui était en contact avec la membrane musculeuse de l'intestin , et l'autre surface ou la fleur du boyau en dessous. Sur cette première membrane, ils en étendent une seconde la fleur en dessus. Ces deux membranes se collent intimement l'une à l'autre et se sèchent avec rapidité, puis on les détache de la planche en en coupant les bords, et on les livre à un autre ouvrier qui leur fait subir un second apprêt pour les rendre propres au battage de l'or (voyez Batteur d'or). A cet cflet, la baudruche est collée sur les bords d'un châssis en bois, lavée avec une dissolution d'alun, puis, quand elle est sèche, recouverte au moyen d'une éponge d'une dissolution de colle de poisson dans du vin blanc, dans laquelle on a fait macérer des substances aromatiques telles que girofle, muscade, gingembre, camphre, qui préserve la baudrui^ie des insectes ; enfin, cette baudruche est recouverte d'une couche de blancs d'oeufs. Il ne reste plus qu'à la couper en carrés de 0",13 de c6té, que l'on soumet à la presse pour les aplatir, puis à les mettre en tas ou livrets qu'on vend aux batteurs d'or.
Crin à pécher, crin de Florence. — Sa fabrication n'est pas bien connue. Selon M. Rcgnart, on obtiendrait de bons crins de la manière suivante : on prend des vers à soie au moment où ils vont filer leur cocon, et on les met macérer 24 heures dans de bon vinaigre. \u bout de ce temps on leur rompt la tète, et en tirant celle-ci, on la voit suivre d'un fil qui s'allonge de plus en plus, et qu'il sudit de sécher à l'air entre des bâtons pour lui faire acquérir une grande consistance. M. D.
BRACHfiLYTRES (Zoologie), du grec, brachus, court, et elulron,(:im,k cause du peu de longueur de ses élytres qui nerecouvrentqu'unepartie de l'abdomen. — Deuxième ia.mi\\cà' Insectes coléoptères pentanwres, qin présente les caractère» suivants : ils n'ont qu'une palpe à chaque mâchoire, quatre en tout; les antennes le plus souvent filiformes, composées d'articles lenticulaires; les étuis beaucoup plus courts que le corps; celui-ci étroit, allongé; deux vésicules près de l'anus; l'animal les fait sortir et rentrer à volonté, et il s'en échappe une liqueur subtile qui se volatilise rapidement et a le plus souvent une odeur d'éther sulfurique. La plupart des espèces ont la tète grande et aplatie, les mandibules fortes, les antennes courtes ; ils vivent en général dans la terre, le fumier, sous les pierres; quelques-uns liabitent les lieux aquatiques; ils sont voraccs et vivent d'autres insectes, marchent très-vite, et pour peu qu'on les touche, ils relèvent avec force le bout de leur abdomen; leurs larves sont longues, ressemblent en qurl(|nr iiKinière à l'insecte parfait et se nourrissent demènn'. Crtio famille no comprend que le grand genre Slaphi/lin (Stiiji/(!jlinus, Lin.), que Cuvicr subdivise en cinq sections et en plusieurs genres : l" section des Fissilabres, genres Oxy/iorcs, Staiihi/lins propres, etc. ; 2° section des Longipalpes, genres Vé(ti:r<:s,Stènes, etc.; 3° section des Dcnticrures, genres Ziropliores , Coiirop/iilcs , etc.; 4" section des Aplatis, genres Omalies, Protéines, A léochares, etc. ; !i° section de» Microcé/iliales, genres Loméchuses, Tachines, Tiirhijioi'es, etc.
nilACIIIAL (Anat(imie), qui a rapport au bras. — Muscte brachial autérieur, siim' profondément sous le biceps, à la partie anii:ri'nii- ^ i m,'.. riiMire du bras, embrassant en bas rnrlicul;iii' Il il nie. Ce muscle s'attache en haut aux faces iriinu ■ ■ i ■ \tirne et aux bords antérieur, interne et cxlernu de l'huniérus et en bas à l'apophyse coronolde du cubi tus (/iM7«cVo-c«4i7o/,Cliau».). il liécliil l'avanl-bros sur le bra.s. — L'artère brachiale ou /(K,Hc';vi/c, continuation de raxi7/nii-c, commence au bord inférieur de l'aisselle, est placée d'abord en dedans de
l'humérus, descend le long du bord interne du biceps, se trouve en bas placée au-devant de l'humérus ; arrivée au pli du coude, elle en occupe la partie moyenne, devient superficielle et n'est séparée de la peau que par l'aponévrose du biceps et par la veine médiane basilique qui la croise i angle très-aigu; cette disposition est très-importante à considérer dans la saignée (voyez ce mot) ; enfin, elle se bifurque en radiale et cubitale. L'artère brachiale donne de nombreuses branches à tous les muscles du bras; on remarque surtout V humérale profonde et la collatérale interne. — L'aponévrose brachiale, formée d'expansions des tendons du grand dorsal, du grand pectoral et du deltoïde, enveloppe tout le bras. — Les nerfs brachiaux tirent leur origine du plexus brachial, ce sont Vaxillaire, le cutané, le musculo-cutané, le radial, le cubital et le médian (voyez Bras). F — N.
BRACHLNE (Zoologie), Brachimis, Fab. Web., du grec bracliein, craquer, faire du bruit. — Sous-genre de Coléoptères pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, du grand genre Carabe, section des Étuistronqués ; caractérisé par les palpes filiformes un peu plus grosses au bout, jambes antérieures échancrées au côté interne, élytres tronquées à leur extrémité; tète et corselet plus étroits que l'abdomen ; voisins des Aptines, dont ils se distinguent seulement parce qu'ils sont pourvus d'ailes et qu'ils n'ont pas de dents à l'échaucrure du menton ; ils s'en rapprochent par leur abdomen ovale et assez épais, refifermant des organes sécréteurs d'un liquide caustique qui s'échappe de l'anus avec explosion en se vaporisant aussitôt et laissant exhaler une odeur pénétrante. On trouve ces insectes sous les pierres, dans les décombres , souvent en grand nombre. Les plus grandes espèces sont exotiques; tel est le B. aplati (8. complanatus,F^h.), long de 0'",015 à 0", OIS, jaune roux, les élytres noires ; il est commun à Cayenne et aux Antilles. On trouve aux environs de Paris le B. pétard {B. crepitans, Fab.), long de 0'°,n08 à O'",010, fauve, élytres bleues ou vertes; le B. pistolet (S. sclopeta, Fab.), qui a les élytres d'un rouge fauve ; le B. bombarde {B. bombarda, Ilig.) ; le B. exhalons et le B. causticus sont deux jolies espèces qu'on trouve aux environs de lUontpellier.
BRACHIO-CÉPHALIQUE (Tronc) (Anatomic). — Appelé encore tronc innominé ; c'est le tronc commun des artères sous-clavière et carotide primitive droites ; il naît de l'aorte au moment de sa première courbure ; sa longueur est de 0'°,n28 à O^.OSO, situé en avant et à droite des autres artères formées par la crosse de l'aorte ; derrière le sternum, en avant de la trachée-artère, ce tronc se dii-ige obliquement de bas en haut et de dedans en dehors.
BRACHIOXIDES (Zoologie). — Famille d'animaux mfusoires, microscopiques, placée entre les Crustacés et les Zoophytes. Ils Rivent iudifl'éremment dans les eaux d(uices et salées.
BRACHIOPODES (Zoologie), du grec brachiôn. bras, et piius, /iiii/os, pied. — Classe de Mollusques établie par M. Duméril et adoptée par Cuvier dans la Méthode du Hi'ijne iinimat. De Blainville,sans admettre cette dénomination, en a fait l'ordre des Palliobranches à6 sa classe des Acéplui/'ip/iores et mieux Acéphales. Quoi qu'il en soit, la classe des Brachiopodes, de Duméril et de Cuvier, est caractérisée de la manière suivante : animaux à coquilles bivalves, fixés à des corps solides, dépourvus de locomotion; ils ont, comme la classe des Acéphales, de Cuvier, un manteau i 2 lobes, toujom-s ouvert ; la bouche située entre les bases de 2 bras charnus, qu'ils ont au lieu de pieds, et pourvus de nombreux filaments ; ils peuvent les faire sortir ou rentrer en les enroulant en spirale. On les trouve rarement vivants, parce qu'ils habitent les eaux de la mer à de grandes profondeurs ; mais on en connaît un grand nombre de fossiles. Cuvier les divise en trois gom-es : les Un;/u/es {Limjula, Brug.), les Térébratules {Terebratula, Brug.) et les Orbicutes [Orbirulii, Cuv.).
nRAC,lll()l'Tl';iU'.S (Zoologie). — Dans .sa division des P()M,v(,;(ï, (Ir lilainville donne ce nom A la quatrième famille ilr la soiis-i'Iasse des Gnathodontcs hétéiodcrmes, elle ciirnspiiiid en grande partie à celle des Pectorales péilvidrrs, (le l'Drdri' des Acanlhoptéri/r/icns, de Cuvicr.
liltACin PI i;iu;s (Zoologie), du grec liraehns, court; plérim, aile.— Cuvier a donné à la première famille de son ordre des Oiseaux palmipèdes le nom de Plonr/eurs ou Brachi/ptères. Duméril a donné le môme nom ;V la troisième famille do SCS (lallinacés. Vieillot i"! la sixième famille de son ordre des Nageurs.
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BRACHYURES (Zoologie), du grec brachus, court, et aura, queue. — Famille de Crustacés décapodes, établie par Latroille et dont M. Milne-Edwards a fait une section, qu'ils ont nommée tousdeux Décapodes bracliyures ; ils comprennent tous les Crustacés nommés généralement Cra/jes (grand genre Craha, Guv. ; Cancer, Lin.)- Us
Fig- 365. ■'*' ^îapode bracbfure 0^ crabe tourteau). CtnOKh
ont pour cara'^-iïîS ! "^-e queue plus courte que le tronc, sans nageoire à svH ■-■Strtmité, et se reployaut en dessous dans le repos; les branchies en une seule pyramide à deux rangées de feuillets vésiculeux ; le tronc, recouvert d'une carapace d'une seule pièce, portant les yeux, les antennes et les parties supérieures de la bouche, est tantôt en segment de cercle ou presque carré, tantôt arrondi, ovoideou triangulaire; les antennes sont petites, formées d'un pédoncule de trois articles et les extérieures insérées près du côté interne des yeux ; les quatre pieds mâchoires inférieurs sont courts, larges et très-comprimés ; les pieds mâchoires extérieurs recouvrent toute la bouche comme une sorte de lèvre ; la première paire de pieds se termine par une serre. Latreille divise cette famille en sept sections : 1° les Nageurs; 2" les Arqués; 3° les Quadrilatères; 4° les Orbiculaires ; 6° les Triangulaires; G° les Cryptopodes; '" les Notopodes : sousdivisées en cinquante-six sous-genres. L'auteur, frappé de quelques rapprochements peu naturels dans cette distribution, changea plus tard l'ordre des sections et leur donna le nom de tribus, répondant à autant de genres partagés en sous-genres ; ainsi, première tribu : 1° les Quadrilalaircs ; 1° les Arqués (fig. 36ô) ; 3' les Crijtopodes ; 4° les Orbiculaires ; 5" les Triangulaires ; 6° les Notopodes ; les Nageurs furent supprimés et répartis dans les autres tribus. M. Milne-Edwards a divisé les brachyures en quatre familles : les Oxyrhinques , les Cyclométopes [fiq. 3G6), les Catornétopes, les Oxystomes.
BRACHYSTOCHROiN'E, ou courbe de plus vite descente. — On nomme ainsi la courbe que doit suivre un point matériel pesant pour descendre d'un point à un autre dans le temps le plus court possible. La recherche de cette courbe fut proposée aux géomètres par Jean Bernouilli au mois de juin de l'année I69C. Il donnait six mois pour résoudre la question. Peu de temps après, Lcibnitz lui envoya une solution. Le délai fixé ayant été prolongé jusqu'à Pâques, Jacques Bernouilli, L'Hôpital et Newton donnèrent de nouvelles solutions. Eulcr a aussi étudié cette courbe et en a trouvé plusieurs propriétés remarquables.
Le calcul des variations permet de trouver très-simplement cette courbe. C'est une cycloide dont la base est horizontale et dont l'origine se trouve au point le plus élevé. Si les deux points donnés, au lieu d'être fixes, sont simplement assujettis à rester sur deux courbes données, la trajectoire est toujours une cycloide et, de plus, cette dernière est perpendiculaire aux deux courbes données aux points de départ et d'arrivée.
La question peut f tre généralisée et posée de la manière suivante : Trouver la courbe que doit suivre un poin t matériel soumis à des forces quelconques pour aller dans le temps le plus court possible d'un point à un autre. Euler, dans sa Mécanique, a traité le cas où la force donnée est dirigée vers im centre fixe et proportionnelle à la distance. La courbe suivie par le mobile est, dans ce cas, une épicycloide dont le cercle générateur roule, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur du cercle fixe suivant que la force est attractive ou répulsive (voyez le Dictionnaire des sciences mathématiques, par Mojilfcrricr ; V Histoire des malliématiques, par Montucla ; Acia erud., Lips., IcOfi et 1CT7 ; Mémoires de l'Acadé-
mie des sciences de Paris, 1718; Jean Bernouilli, Opéra, t. II ; Commercium epislolicum,Leihn. et Bern. , episU 28 ; Plalosoph. Trans., KiOT ; Euler, Meclt., t. II).
BRACONNAGE, Braconnier (Chasse). — Le braconnier est, à proprement parler, celui qui chasse contrairement aux prescriptions de la loi; autrefois ce mot s'appliquait aux valets chargés d'entretenir et de conduire les chiens (du mot braque, nom d'une variété de chien), mais aujourd'hui il se prend toujours en mauvaise part et désigne indistinctement l'homme qui chasse en temps prohibé, ou sans permis de chasse, ou sur les propriétés d'autrui. A ces différents points de vue, le braconnier est un être dangereux, et le moindre mal qu'il puisse faire, c'est de contrevenir à la loi et de s'habituer au mépris de son autorité et de ses prescriptions, et de plus de détruire le gibier en toute saison ; mais ce qui est bien plus grave, c'est que le braconnier contracte des habitudes d'oisiveté, de paresse, souvent de maraude, et que plus d'une fois le garde auquel est confié le soin de faire respecter la loi est tombé sous ses coups. Aussi, de tout temps, le braconnage a-t-il été sévèrement puni, et l'ancienne législation avait édicté contre lui, selon les circonstances, les peines les plus sévères, depuis l'amende jusqu'aux galères, et même la mort. La loi actuelle est infiniment plus douce; elle n'étublit pas une catégorie de braconniers et ne prononce de peine que contre les délits de chasse ; en cas de récidive, par exemple, ils peuvent être punis d'une amende et même de l'emprisonnement, suivant les circonstances énoncées dans la loi ; cette amende peut être portée à 1 000 francs, et la prison à deux ans, si le délit a été commis pendant la nuit ; et, dans ce cas, le délinquant peut être privé du droit d'obtenir un permis de chasse jusqu'au délai de cinq ans. Voyez, pour tous les renseignements, la loi du 3 mai 18-14.
BR.\CTÉE (Botanique), du latin bractea, lame, corps mince ; les bractées sont les plus fines et les plus délicates des feuilles. — Terme de botanique s'appliquaut aux feuilles qui accompagnent les fleurs et qui offrent en quelque sorte la transition entre les feuilles proprement dites et le calice, composé ordinairement de parties foliacées. Quelquefois même, les bractées prennent la coloration de la fleur. A mesure qu'elles s'élèvent sur la plante (ainsi, du reste, que les feuilles ordinaires), les bractées deviennent plus petites. C'est à leur aisselle que naissent les axes floraux ; les bractées sont dites stériles lorsque ceux-ci ne se développent pas. Dans certaines plantes, telles que les crucifères, les bractées avortent complètement. Souvent elles sont extrêmement caduques et ont ainsi donné lieu à des méprises dans les descriptions qui signalaient leur absence alors qu'elles avaient réellement existé. Quant à la forme des bractées, elle se rapporte à peu près à celle des feuilles. Dans le niélampyre des prés, les bractées sont pennatifides et pectinécs ; dans le mélampyre crête de coq, ainsi que dans certaines espèces de sauge et de moutarde, elles sont trèsvivement colorées. Les bractées sont un peu épineuses dans la soude, la molucelle, etc. Les spatlies qui entourent les fleurs d'un grand nombre de plantes monocotylédones, l'involucre et V involucelle qui accompagnent l'inflorescence des Ombellifères, le calicule qui n'est en quelque sorte qu'un calice extérieur, comme dans les Malvacées, la cupule qui accompagne les fleurs femelles de certains arbres amentacés , enfin les organes connus sous les noms de glume, glumelle et glumellule et entourant les fleurs des Graminées, ne sont autre chose que des bractées. G — s.
BUADYPE (Zoologie), du grec bradupous, qui marche lentement, de bradus, lent, et pous, pied. — C'est le paresseux, genre de mammifères, aussi remarquable par la singularité de ses formes extérieuresque par ses habitudes de lenteur qui lui ont valu ce dernier nom. Du reste, cette lenteur dans les mouvements provient de sa bizarre construction ; ses cuisses sont toujours écartées à cause de l'extrême largeur du bassin, les membres antérieurs plus longs que les postérieurs, les pieds de derrière articulés obliquement sur la jambe et n'appuyant que par le bord externe, les doigts réunis ensemble et ne se marquant au dehors que par d'énormes ongles crochus; tout cela constitue un ensemble qui rend les mouvements trèslents, en sorte qvio quand ils marchent ils sont obligés de se traîner sur les coudes; aussi sont-ils essontiollement grimpeurs; ils vivent sur les arbres au milieu des branches, où ils se tiennent souvent suspendus on se cramponnant au moyen des puissants crochets formés par leiM-s ongles. Trompés par une certaine analogie de couformation, quelques zoologisti's, et entre autres Liuué
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et de Blainville, les avaient clr.ssés parmi les Primafes : mais cette opinion n'a pu se soutenir devant un examen sérieux. Les Bradypes appartiennent à l'ordre
— Bradype Ai fpai
des Edenfés, tribu des Tardigrades , de Cuvier. Outre qu'ils manquent de dents sur le devant des mâchoires, ils ont des molaires cylindriques et des canines aiguës; deux mamelles sur la poitrine; la femelle ne fait qu'un petit qu'elle porte sur le dos. Ils vivent d'herbes et de fruits. M. le professeur P. Gervais fait des bradypes une famille qu'il divise en deux genres : 1" Les Cholépes (Cho- Ifpptis, Ilig.; Uncni, Button [voyez Unau]); 2° les Bradypes proprement dits. Le Bradype (B. tridadylus. Lin.; Aï, de BufTon) {fig. S^G) a trois ongles très-longs à tous les pieds ; ses bras ont le double de la longueur de ses jambes; le poil long et grossier qui le recouvre tout entier, est presque comme de l'herbe fanée ; sa couleur est grise ; il est de la grosseur d'un chat. C'est l'espèce où la lenteur et les détails d'organisation qui la produisent sont portés au plus haut degré. On rencontre ces animaux, ainsi que tous ceux du même groupe, dans les parties les plus chaudes de l'Amérique, au Brésil, au Pérou, à laGuyane.
BR.^I I Botanique industrielle). — On appelle ainsi la poix que l'on retire du pin et du sapin, et qui, par l'action de l'air, se sohdifie et devient cassante et vitreuse. Lebrai se présente sous plusieurs aspects différents; tantôt il résulte de la distillation de la térébenthine, dont on veut extraire l'huile essentielle, alors le résidu prend le nom de hrai sec, colophane, arcanson ; dans cet état, il est employé à une foule d'usages industriels, tels que la cire i cacheter commune, le mastic dur, et eu pharmacie pour la confection de certains emplâtres; enfin, les musiciens s'en servent pour frotter les crins de leurs archets, d'où vient son nom à'arcanson. Les vieux bois de sapins, brûlés dans un fourneau, donnent le goudron ou brai liquide, qui est un mélange de sève et de suc résineux (voyez GotDROs). Enfin, le brai gras, poix noire, peg, provient d'addition de brai sec pendant la combustion qui produit le brai liquide, ou del'évaporation dus goudrons de pin; on le préparc aussi au moyen d'un mélange de brai sec, de goudron, de poix noire, qu'on fait fondre dans une chaudière de fonte ; les brais sont employés surtout pour le service de la marine, dans les constructions navales. Us se fabriquent surtout dans les pays du Nord et sont l'objet d'un grand comn<erce international.
BRANCHES (Anatomie). — On donne ce nom à certaines divisions des vaisseaux et des nerfs : ainsi, tandis que les principales divisions portent le nom de tronc, et les plus petites celles do rameaux, de ramuscules, les moyennes s'apjiellent branches. On désigne encore sous ce nom certains prolongements des os; ainsi les branches du pubis, la branche montante du maxillaire, etc.
BiiANcne.s (Botanique). — On appelle ainsi les division» principales et secondaires de la tige d'un végétal ; on réserve toutefois presque exclusivement ce nom pour lo» orbres et les arbrisseaux. Elles résultent de l'évolution et de l'allongement des bourgeons qui ont d'abord constitué des rameaux, dont chacun, à son tour, se couvrira de bourgeons nouveaux, se développant en ramifications nouvelle» et préparant une troisième, une qu.v Irièine génération. Du resli', ces branchi» et ces rameaux »onl compo»*';» de» méui''» partii's que la tige, et il ne leur njanque que la racine pour ■Ire un petit arbre; aussi a-t-on imaginé de cnupiT les plus jc'unes branches pour le» mettre en terre et avoir un nouvel arbre, et on a Honvent réussi. On distingue plusieurs sorte» de branche» dan» les arbre» fruitiers soumi» k la taille : les /). maîtresses ou nt"res-iranches, qui t'einient au tronc et d'où parlent les autre» ; les H. à bois, U. soui-mères, qui
forment les extrémités des branches; elles ne doivent pas porter de fruits l'année suivante; les B. tertiaires, qui naissent sur les précédentes; les B.à fruits, B. eoursonnes, plus faibles, à boutons ronds, qui naissent des branches à bois de l'année précédente: on peut encore citer les B. folles, chiffonnes, courtes et menues; les B. gourmandes, qui prennent trop de nourriture et qu'il faut couper; enfin, les B. aoûle'es, qui ont acquis après le mois d'août la consistance nécessaire pour l'opération de la greffe et résister à la gelée.
BRANCHIES (Zoologie), du grec branchia, branchies. — Les branchies sont des organes de respiration aquatique caractérisés par ce fait, qu'ils sont en général saillants à la surface du corps et baignés dans l'eau aérée, sans que celle-ci, comme l'air dans les poumons, soit obligée de pénétrer dans une cavité intérieure où le sang
Fis. 367 — Tête du bran
et l'élément respirable vont pour ainsi dire au-devant l'un de l'autre. La forme des branchies varie extrêmement. Chez les poissons, ce sont dos lames arquées exactement disposées comme des peignes, et dont chaque dent contient une portion du réseau capillaire respiratoire. Ces lames sont situées de chaque côté du cou, et leurs interstices communiquent avec la cavité buccale. Le poisson attire l'eau dans sa bouche en l'ouvrant largement, puis en la refermant il chasse ce liquide vers la partie postérieure de cette cavité. A droite et à gauche, cette eau rencontre les fentes qui séparent les arcs branchiaux et glisse entre eux pour aller s'échapper par les ouvertures extérieures de l'appareil branchial. Cet appareil est en efi'et recouvert par une lame plus ou moins mobile, nonmiée Yopercule, et communique avec le dehors de chaque côté du cou par une fente unique ou multiple, que l'on nomme Vouïe ou les ouies. Quant au sang, il est amené aux branchies par l'artère née du ventricule uni-
que du cœur. Un très-grand nombre d'animaux invertébrés respirent i)ar des branchies : ainsi parmi les Arli-
(1) c), branchies du maquereau conimun. — b, branchies. — np, naRcoire pectorale. — na, nageoire ventrale.
(2) Cette figure rciiréscnle au double de la grandeur naturelle une littorine littorale tirée cnlicrcmcnt de sa coquille, et dont le manteau a été fendu pour montrer la cavité branchiale. — m, le manteau fendu et rejeté de coté. — h, la branchie. — a, l'anus cl le rectum, — x, masse musculaire contenant la houche et la première partie du tube di(;estif, et qui forme le pied en dessous. — t. un des l.■ll»lc■llle^ situes de chaque côté au-dessus de la bouche.— y. "u .l.s ;,in, a la hase du tentacule Organes vus par lr.ii,-|..u .ii.-.' .i Ir.ivcrs le manteau. —
mr.musclc retracteur par loipul l'uiiiuKd rentre dans sa coquille. — c, le creur aortiquc placé à la basî de la veine branchiale et recevant le sanu oiygéné. — i, le cuual iutcsliual. — [, l« foie.
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cillés; les cnistarôs, les cii-rliopodos, la pkipart des annélides; presque tous les mollusques ont la respu-alioii branchiale. Du reste, ces organes présentent de trèsgrandes différences dans ces animaux.
BRANCHIOPODES (Zoologie), dugrec branchta, branchies, et poHS, p&f/os,pied. — Premier ordre de la division des Crustacés entomosfracés (dans le Rèijiie tmimal), qui renferme des animaux presque microscopiques, pour la plupart, et caractérisés par des pieds propres à la fois à la nage et à la respiration, ou garnis soit de petits feuillets ciliés, soit d'appendices branchiaux ; la bouche est composée d'un labre, de deux mandibules, d une languette, d'une ou deux paires de mâchoires: beaucoup n'ont qu'un seul œil; le corps du plus grand nombre est recouvert d'un test corné, souvent membraneux : la tête est rarement distincte du tronc. Ces animaux sont aquatiques, les uns habitent la mer, les autres les eaux douces ; ils nagent très-bien, et presque toujours sur le dos ; ceux qui sont suceurs vivent surtout dans |a mer, où ils s'attachent à la peau des grands poissons dont ils sucent le sang. Ils sont sujets à des métamorphoses comme les batraciens. L'ordre des Bmnchiopndes ne comprend que le genre des Monocles, de Linné, qui a été divisé parCuvier en deux sections : 1" Les Lophyropes subdivisés en trois groupes : les Carcinoïdes, où l'on trouve les genres- Zoé, Cyclopes, etc.; les Ostracodes, genres Cytliérée, Ojpris; les Cladocères, genres Polyphème, Daphnies, Lyncée; 2» les Phi/llopes, subdivisés aussi en deux groupes: les CératopMhalmes, genres Limtmdie, Branchippe, et les Aspidophores, genre Ap^(S. Latreille joignait aux Bnmchiopodes une troisième section, celle des Bœcilopes, dont Cuvier fait le deuxième ordre des Entomosiracés.
BRANCHIOSTÈGE (Anatomie comparée), du grec branchia, branchie, et stego, je couvre. — Terme par lequel on désigne, chez les poissons, Vopercule osseux et membraneux qui recouvre l'orifice extérieur de la cavité branchiale et des muscles qui le meuvent.
BBANCHIOSTOME (Zoologie). — Voy. Amphioxcs. BRÂNC-UBSINE, BRANCHE-unsiNE (Botanique). — On a donné ce nom presque indistinctement à des plantes différentes : ainsi ou on a appelé hranc-ursine ou Fausse Branc-ursine , la berce branc-ursine (Heradeum spoiidtjlium. Lin.); Branc-ursine ou Branche-nrsine, I acanthe moWe {Acanthus mollis. Lin.); Branche -ursine sauvage, le chardon des prés {Carduus ou Cnicus o/eraceus. Lin.) et une autre espèce de chardon {Carduus tuberosiis). BRASDES (Botanique). — Voyez Landes.
BRAQUE (Chien) (Chasse). — Race de chiens de chasse à museau épais, à poil ras, à oreilles larges et pendantes; ils sont bons pour la plaine et pour les broussailles, sont légers et vigoureux, ont beaucoup de finesse d'odorat et une quête brillante. La chaleur ne les incommode pas autant que les autres chiens de plaine, et ils sont moins sensibles aux épines. Ils ne font véritablement qu'une seule et même race avec le chien courant et le basset ; car dans la même portée on trouve quelquefois des chiens courants, des braques et des bassets, le père étant indistinctement un des trois, hebi-ar/ue du Bengale ne diffère de celui-ci que par sa robe qui est mouchetée.
BRAS (Anatomie), brachium , des Latins. — Dans le langage ordinaire, on appelle ainsi tout le membre supérieur; il ne doit désigner cependant que la portion comprise entre l'épaule et le coude ; sa forme est i peu près cylindrique, plus arrondie chez la femme dont la graisse est plus abondante et les muscles plus faibles. Un seul os, qu'on nomme humérus, en constitue la partie centrale (voyez Humérus). Divers muscles l'entourent et s'insèrent sur lui, mais quatre seulement appartiennent en propre au bras ; ce sont les muscles triceps brachial {scapulo-olécrnnien) Cliaus. en arrière, coraco-brachial i,coraco-huméral) en dedans, brachial antérieur [huméro-cubital), et biceps {scapulo-7-adial) en avant. Un muscle qui s'attache à la clavicule et à l'omoplate, le deltoïde ^sousucromio-hnméral) , après avoir contribué au relief que forme l'épaule, se termine en pointe et vient s'insérer sur l'humérus on formant une dépression à la partie moyenne et externe du bras. Cette dépression est utile à connaître; les médecins choisissent ce point pour vacciner et appliquer des cautères, à cause de l'abondance de la graisse qui existe au-dessous de la peau dans cette région. L'artère principale du bras est l'artère humérale ou brachiale, qui fait suite à l'artère axillaire ; sa direction est celle d'une ligne qui s'étendrait obliquement du creux de l'nisselle à la partie moyenne du pli du coude OB peut sentir ses battements ii la partie interne du
membre, au-dessous de l'aisselle. Dans ce point, l'artèi e humérale repose immédiatement sur l'os, ce qui permet de la comprimer et d'arrêter ainsi une hémorrhagie qui résulterait de la blessure de quelques-unes des brandies situées au-dessous. Le bras possède deux veines principales sons-cutanées, la basilique en dedans et la céphaliqne en dehors, deux veines profondes accompagnant l'artère. Les nerfs sont au nombre de cinq : les nerfs médian, radial, cubital, musculo-cutané et brachial cutané interne. S — y.
BRASAGE (Technologie). — Opération qui a pour objet de souder ensemble et par leurs bords des pièces de fer, de cuivre ou de laiton, au moyen d'un alliage ordinairement composé de cuivre et de zinc additionné quelquefois d'un peu d'étain, ou plus rarement d'un alliage de cuivre et d'argent.
Les surfaces que l'on veut braser doivent être nettoyées avec soin à la lime ou au burin ; on les rapproche et on les tient réunies au moyen de quelques tours de fil de fer fin et recuit; puis on applique sur le joint une bouillie faite de borax en poudre et d'eau avec l'alliage appelé soudure, que l'on trouve dans le commerce tout préparé et réduit en grains ou grenaille. La pièce est alors mise au feu et chauffée jusqu'à ce que l'on voie couler la soudure. Le borax fond bien avant ce moment en formant à la surface du métal un vernis qui le préserve de l'oxydation , et qui dissout en mÈme temps l'oxyde qui aurait pu se former avant que le sel ne fût fondu.
On soude le plus ordinairement le fer au fer sans métal intermédiaire. A cet effet, on chauffe les deux pièces au blanc élincelant, en projetant à leur surface un peu de sable siliceux qui, en fondant, produit le même effet que le borax; on applique l'un sur l'autre les bouts à réunir et on roartelle rapidement, afin que la jonction soit bien complète avant que la température se soit notablement abaissée, et aussi pour expulser les scories ferrugineuses provenant de l'action de la silice sur l'oxyde de fer.
BRASQUE. — Mélange d'argile humide et de charbon en poudre dont on garnit l'intérieur des creusets dans lesquels on veut réduire les minerais oxydés ou les oxydes.
BRASSE. — Ancienne mesure de longueur employée dans la marine pour mesurer la profondeur de la mer; elle valait h pieds, h peu près la longueur des deux bras étendus, d'où lui est venu son nom. Estimée en nouvelle mesure, la brasse vaut 1°',624.
BRASSICA (Boianif|uel. — Voyez Cnou.
BRASSERIE (Terlmologie). — Voyez Bièrh.
BTîASSIC AIRES iZoologie). —Geoffroy a donné ce nom à un petit groupe d'Insectes qui forment aujourd'hui parmi les Lépidoptères, le sous-genre P/eriV^e, du genre Papilio, de Linné, famille des Diurnes, dont les chenilles se nourrissent plus spécialement de plantes crucifères, et dont quelques-unes dévorent les choux de nos jardins (voyez pour les caractères du genre, le mot Piéride). On y remarqueles espèces suivantes : la Piéridedu chou, le grand. Papillon blanc du chou (Papilio brassica, Lin.) ; ailes blanches en dessus, lés supérieures tachées de noir, avec un peu de jaune pâle aux inférieures; la chenille est rayée de jaune et de bleuâtre, avec des points noirs, d'où il sort un poil ; long. nm,027, larg. 011,005 ; elle dévore les chous et autres crucifères. La Piéride de la rave {P. râpa', Lin.), Petit Papillon blanc du chou, Geoff., semblable à la précédente, mais plus petite; sa chenille vit sur le chou, sur d'autres crucifères, sur le réséda. On l'a nommée ver du cœur, parce qu'elle s'introduit dans leur intérieur ; elle est verte, une ligne plus pâle sur le dos. La Piéride du navet [P. nnpi, Lin.», Papdlon blanc veiné de vert; cette espèce est moins répandue; elle habite les prairies près des bois. La Piéride de la moutarde (P. sinapis, Lin.), Papillon blanc de lait; il est petit, les ailes plus allongées ; on le trouve dans les bois ; sa chenille est peu connue. On peut encore citer le Papillon blanc marbré de vert, Geoff. (P. daplidiœ. Lin.), le Papillon aurore, Geoff. (P. cardamines. Lin.). Presque toutes ces espèces se trouvent au printemps (voyez Piéride, pour| les autres espèces du genre).
RRASSICÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Crucifères, et ayant pour tvpe le genre Chin, {llra^sira). Les divisions général. Mnoiit adoptées aujourd'hui (mélhode do M. Endliclii-r), pour la famille des Cruci/'ères, rejettent cette tribu. Ses principaux genrc3 étaient: Moutarde {:>inapis. Lin.); Roquette [Eruca, Tourii.); Chou [Broisica, Lin.) (voyez Ciiou). G — S.
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BRASSICOURT (Hippiatrique). — On donne ce nom à on cheval qui a le membre arqué naturellement et non par suite de fatigue ou d'usure, ce dernier cas est beaucoup plus grave que le premier (voyez Arqué).
BRAVER (Médecine), en latin bracherium. — Ducange prétend que ce mot vient de bracae, braies, parce qu'il se met sous les braies: quoi qu'il en soit, on donne ce nom à une espèce de bandage destiné à contenir les hernies inguinales et crurales (vo3'ez Hernie). Ce ne fut d'abord qu'une ceinture de toile ou de laine, montée sur une plaque de fer par une de ses extrémités et terminée par une courroie ; la plaque était garnie d'un morceau de liège ou même de plomb creusé pour servir de pelote. Aujourd'hui on se sert de bandages élastiques qui offrent bien plus de résistance : ils consistent dans une lame d'acier très-élastique, contournée sur sa largeur, garnie d'une substance molle recouverte d'une peau de chamois, et dont uric extrémité se termine par une plaque deferque l'on garnit d'une substance molle ; c'est la pelote; celle-ci peut être creuse dans les cas où la hernie est irréductible, on l'appelle alors brayer ù cuiller. Dans les brayers à raquette, la pelote est remplacée par un simple cercle de fer, dans lequel est cousu un morceau de toile recouverte de peau. Frappé des nombreux inconvénients du bandage ordinaire, un mécanicien anglais, affecté lui-même de hernie, confectionna le bandage dit anglais; il embrasse le corps du côté opposé à la hernie et prend un point d'appui en arrière sur la colonne vertébrale, au moyen d'une pelote qui fait opposition à celle qui est en avant sur la hernie; celle-ci est montée sur un pivot qui la rend mobile. Ce bandage, qui peut se passer de courroies et de souscuisses , offre des avantages incontestables dans beaucoup de cas. Pour appliquer le brayer, il faut être couché sur le dos, à plat, les jambes pliées, les cuisses relevées ; lorsque la hernie peut être réduite, il faut qu'elle le soit entièrement avant d'appliquer la pelote; celle-ci doit être à nu sur la peau, et non pas sur la chemise, comme le font certaines personnes ; lorsque la pelote est appliquée, il faut bien s'assurer que la hernie est contenue exactement et qu'elle ne s'échappe pas; car dans ce cas, il faut la réduire de nouveau et tie jamais laisser le bandaye en place sur une hernie non réduite : ce serait le moyen d'amener des accidents qui pourraient devenir graves. F — n.
BRAYÈRE (Botanique), Brayera, Kunth, dédié au médecin botaniste allemand Brayer.— Genre de plantesde la famille des Rosacées, tribu des Spirées. La B. anthelmintique [B. anthelminiica, Kunth) est un arbre d'Abyssinie qui s'élève à (1 ou 1 mètres au plus. Ses feuilles sont composées, à folioles finement dentées ; ses fleurs ont un calice d'un vert passant au rouge pourpre; les pétales, au nombre de 5, sont blancs. Cet arbre parait être le cusso des Abyssins que James Bruce figure dans son Voyage en Suijic, sous le nom de lianksia Abyssinica, m&is qu'il ne faut pas confondre avec le genre Banksia de la famille des Protéacces. Les (leurs de la brayère passent pour être un puissant anthelmintique. Bruce racojite les heureux effets de ce médicament dans les maladies vermincuses dont sont affligés les Abyssins. G — s.
BRfiBIS (Zoologie), Uuis, des Latins. — La femelle du bélier ; il en sera traité au mot Mocton.
BRËCIIE (Artillerie). — Une brèche est l'ouverture qu'on exécute dans les remparts d'une place, afin de pouvoir donner l'assaut. On fait brèche, soit en minant une partie des murs et les faisant sauter (voyez Mines), soit en les détruisant i coups de canon.
Lorsque rartillcrie employait des boulets en pierre, on aurait perdu beaucoup de projectiles en tirant do prime abord en plein mur; aussi faisait-on brèche en commençant par la crête du mur et descendant peu à peu ; lorsque l'usage des boulets en fonte de for se fut répandu, on reconnut l'avantage de couper le mur à une certaine hauteur; la partie coupée entraîne dans sa chute le terrassement placé en arrière, et la brèche est tout de suite praticable.
On eiiiploin pour faire brèche les canons de l'i et do IC, et exceptionnellement ceux de 12, tirant à la charge du lier», et même de la moitié du poids du projectile. On coupe ordinairement le mur au tiers de sa hauteur à partir du sol ; les pièces du centre de la batterie do brèche font une tranchée liorizontali!, en tirant leurs premiers coups espacés de 5 & K diamètres du projectile, afin de pronier de rébraiilemcnt produit autour du logement du boulet ; les deux pièce» extrêmes commencent chacune une trancliia vcrticalo limitiuit la brèche ; lorsque la
tranchée horizontale est arrivée aux terres du rempart, on travaille activement aux tranchées verticales; si le mur ne s'écroule pas, on en commence une troisième à égale distance des deux premières ; cette nouvelle tranchée est presque toujours nécessaire dans les parties circulaires ou polygonales; lorsque le mur s'est écroulé, il ne reste plus qu'à abattre les parties de5 terres qui tiennent encore. Une brèche a ordinairement de 20 à 25 mètres d'ouverture. Avec le canon de 24, la brèche s'exécute plus rapidement qu'avec le canon de I(i, mais avec ce dernier, on dépense moins de poudre et de fonte ; dans un mur de 2", 20 d'épaisseur, le canon de 24 tiré à la charge de la moitié du poids du projectile, consomme 52'',90 de pondre par mètre courant de brèche, et le canon de 16, 47»,70.
On peut faire brèche en tirant obliquement, jusqu'à l'angle de 25° à 30»; dans ce cas, on commence la tranchée par l'extrémité la plus rapprochée de la batterie, et la pièce la plus éloignée du mur qui voit cette extrémité le moins obliquement tire la première; toutes les autres tirent successivement sur le même point, afin de profiter du trou fait par la première. M. M.
Brèche (Minér.-ilogie), de l'italien breccin, brèche; rupture. — Nom donné à un aggrégat pierreux de fragments anguleux, non arrondis comme les poudingues, tout au plus émoussés et disséminés sans ordre dans une pâte; ces fragments ont rarement l'aspect cristallin dans leur cassure, et ne l'ont jamais dans leur forme ; et du reste ils ne se pénètrent jamais et ont toujours leurs contours nets. On observe encore que la pâte et les fragments qui composent ces roches n'ont pas la même origine et n'ont pas été formés dans le même temps. Parmi les nombreuses variétés de brèches connues, on peut citer les divisions suivantes : B. siliceuse; elle appartient en général à la variété qu'on désigne sous le nom de silex agate, B. silicéo-calcaire, composée de fragments anguleux, de craie durcie réunie par un silex pyromaque, voisin du silex agate. B. olcaire, variété la plus commune à laquelle on doit rapporter tous les marbres nommés brèche, marbre d'Alet, près d',\ix (Provence), marbre brocatelle, etc. (voyez Marbre). B. granitique, composée de fragments de granit, même de porphyre (brèche dure d'Egypte). B. schisteuse, formée de fragments anguleux de divers schistes agglutinés par un cimenta peine visible ; A. Brongniart l'a trouvée près do Saint- Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées).
Brèches ossecses (Géologie). — On appelle ainsi des amas formés d'ossements brisés ou intacts, mais unis par un ciment rouge et ferrugineux, et qui, dans une multitude de lieux, remplissent Jes fentes des rochers et les cavernes qui ont jadis communiqué avec la surface du sol. Elles ont sans doute été formées par ces grandes inondations, ces immenses courants qui, en charriant les débris rencontrés sur leur passage, ont trouvé des fentes plus ou moins considérables, surtout dans les terrains jurassiques, ont pénétré dans des cavernes contenant des débris organisés, s'y sont mêlés, accumulés avec certains produits minéraux, et remplissent aujourd'hui ces fentes et ces cavernes. Tout le bassin do la Méditerranée offre à son pourtour des brèches de ce genre.
BRECHET (Zoologie). — On désigne généralement sous ce nom la partie antérieure du sternum et l'appendice xiphoide chez les oiseaux, principalement lorsque ces os présentent une espèce de carène saillante et longitudinale, destinée à donner plus de force aux muscles abais- .seurs de l'aile, qui s'y insèrent; c'est ce qui a lieu chez ceux dont le vol est puissant; au contraire, cette carèr.o manque chez ceux qui ne peuvent pas s'éli'ver dans les airs et qui n'ont que des ailes rudimcntaires, tels sont le casoar et l'autruche : quelquefois ce nom sert à désigner seulement l'appendice xiphoide.
BRP.DES (Botanique). — Nom collectif que l'on donne dans les lies Maurice et de la Réunion, aux plantes herbacées qu'on mange en guise d'épinnrds. La Bride par excellence est la Morclle noire {Solanum nigrum. Lin.), dont on fait un grand usage en la préparant cuite dans l'eau, assaisonnée de saindoux, dr sel, de piuiiiit, de gingembre, etc. ; la variété sauvage, dite /(. Mmliii.fsi plus acre. La I). 'le Malabar, ou Épiiianl de Midabar, est une espèce à'nmarante armée d'épines à l'aisselle des (cm\lrs,\'A»uir/inleépineuse{AmaraHtttsspiniKius,L\n.). Elle est annuclh! et s'élève jusqu'à I mètre. Ses feuilles sont longuement pétiolées, ovales ou oblongueslancéolécs. Ses fleurs, do couleur verte, sont en épis cylindriques aigus, et ses fruits, un peu rugueux, sont terminés par deux ou trois pointes. Cotte espèce croit dans
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l'Inde : il y a encore bien d'autres plantes potagères qui portent le nom de Brades. G — s.
BRÈME (Zoologie), Abrnmis, Cuv. — Sous-genre de Poissons malacoptéryqiens abdominaux, famille des Ci/prinnides , du grand genre des Cyprins, qui a pour eàractères : absence d'épines et de barbillons, dorsale
courte placée en arrière des ventrales , nageoire anale très-longue; ces poissons liabitent les eaux douces de toutes les rivières de l'Europe, et même des grands lacs ; leur chair, sans être très-délicate, est assez bonne à manger, et comme ils multiplient beaucoup, ils constituent un des genres les plus précieux sous le rapport de l'alimentation ; on n'en connaît que deux espèces : la B. cor.imune {Cyprimis brama, Lio.) (^^. 3Gfl), très-abondante dans la Seine, où l'on a dit qu'il en existait trois ou quatre variétés; elle a 29 rayons à sa nageoire anale : la Petite Brème, la Bordelière ou Hazelin (C. blicca,C. latus, Gm.) a 24 rayons à l'anale, les pectorales et les ventrales sont rougeàtres ; elle est plus petite que l'autre ; sa chair est peu estimée.
Brème de meb (Zoologie), Sparus brama. Lin. — Voyez Canthèbe.
BRÉSILINE. — Matière cristallisable qui s'extrait du bois de Brésil {Cœsalpuda echinata B/'asiliensis). Elle se présente sous la forme de cristaux aiguillés d'une couleur orange, volatilisables partiellement par la chaleur, solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther. Sa réaction caractéristique, c'est de se colorer en pourpre violet au contact des alcalis. Sous l'influence de l'ammoniaque et de l'air, elle se transforme en brasitéine. La découverte et l'étude en sont dues à M. Chevreul, qui a pu l'extraire aussi des bois de Fernambouc, de Sainte-Marthe, etc. ; aussi la nomme-t-on quelquefois roufje de Fernambouc.
BRÉSILLET (Botanique). — On donne ce nom à plusieurs espèces du genre Césalpinie {Cœsalpinia, Lin.). Ainsi, le 6. de Fernambouc est le Cœsalpinia echinata, Lamk ; le B. des Indes est le Cœsalpinia Sappan, Lin. (voyez Césalpinie).
BRETELLES. — Les bretelles élastiques ont été pendant longtemps formées au moyen de fils de laiton enroulés sur eux-mêmes en spires égales et serrées composant autant de petits ressorts à boudin. Ces petits ressorts, tendus parallèlement d'une certaine quantité, étaient cousus entre deux bandes d'étoffe qui se fronçaient dès que les ressorts étaient abandonnés à eux-mêmes de manière à ce que l'enveloppe ne gênât pas leur élasticité ; ils étaient ensuite cousus par leurs extrémités à des lanières de peau qui portaient les boutonnières.
Depuis que MM. Rattier et Guibal ont imaginé de filer le caoutchouc et d'en composer d'excellents élastiques, ceux-ci ont presque entièrement remplacé les élastiques de laiton (voyez Caoutchouc).
BRÈVE (Zoologie), Buffon, Cuv. ; P!»a, Vieil. — Genre d'oiseaux aussi mal déterminé qu'il est mal connu ; ainsi, Lesson en fait une famille, Temminck un genre, d'autres en placent les espèces dans différents genres ; nous suifrons la méthode de Cuvicr qui en fait un genre détaché de la division des Fourmiliers {Myolhera, Ilig.l, famille des Dcnlirostres, ordre des Passereaux, caractérisé ainsi : bec allongé, fort, robuste, crochu ; queue courte, rectiligne ou légèrement cunéiforme ; formes lourdes, massives, en général plumage fort brillant. Ces oiseaux habitent les parties reculées de l'Afrique, de l'Asie et de l'Australie; ils vivent d'insectes, et surtout de fourmis. Ses principales espèces sont : la B. commune (Corvus braclvjurus. Cm.), de la cûte d'Angola; la B. à ventre rouge {Pitta eryllirogaster, Cuv.), de Manille; l'Azurin (Turdus c>/nnurus,'Gm.), de Java.
BREVETS D'INVENTION. — On nomme brevet d'invention le titre que celui qui prétend avoir fait une décou-
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verte ou une invention industrielle obtient du gouvernement, à l'effet de s'assurer sous diverses conditions, et pour un certain temps, le droit exclusif d'exploiter ou de faire exploiter cette découverte ou invention.
Cette dénomination de brevet (du latin brève, court), s'appliquait d'abord à une sorte d'expédition, non scellée, par laquelle les rois accordaient autrefois certaines grâces, certains avantages ou certains titres. On appelle encore aujourd'hui actes en brevet, des actes, comme une obligation, une transaction, une procuration, dont le notaire ne garde pas minute, et qu'il délivre sans y mettre la formule exécutoire. Le nom de brevet a été depuis étendu à tous les titres et diplômes délivrés au nom d'un gouvernement, d'un prince souverain, etc., comme le titre d'un grade dans l'armée, le titre d'une pension, et enfin certaines déclarations qui établissent les droits et les privilèges des inventeurs, des importateurs de quelque découverte industrielle, dont la nature est déterminée par des règlements spéciaux à chaque nation.
L'usage de concéder de pareils titres date des temps modernes.
Dans l'antiquité, tout travail industriel était regardé comme avilissant et ne pouvant être le partage que des esclaves, des vaincus et des serfs. Il s'ensuit qu'il était sans aucune protection de la part des lois. Ce n'est que bien plus tard qu'il a conquis enfin le respect et les garanties qui sont dus à cette application si utile et si féconde de l'activité humaine, à cette source légitime de propriété de laquelle dépend aujourd'hui à un si haut point la prospérité des États.
En France, par exemple, avant 1790, les lois offraient plutôt des entraves qu'une juste protection à l'esprit de découverte et de perfectionnement dans l'industrie. L'institution des jurandes et des maîtrises, qui put être utile à son origine, eut bientôt pour résultat d'exclure les inventeurs eux-mêmes de l'exploitation de leurs découvertes, s'ils n'avaient point acquis le droit et la liberté du travail par leur affiliation aux corps d'arts et métiers, aflSliation souvent très-onéreuse et très difficile à obtenir. Ces jurandes et maîtrises prirent naissance dans les corporations que les artisans adonnés à un même métier durent former pour se protéger au moyen âge contre les violences des seigneurs, des gens de guerre et même du clergé. Simples statuts d'abord , elles se transformèrent peu à peu en institutions tyranniques , dont les abus criants sont si bien dépeints dans le préambule du fameux édit de 1776. Plusieurs rois de France, parmi lesquels Henri III, trouvant dans l'existence de ces corporations une source de revenus certaine, en encouragèrent et en régularisèrent même la formation. On prétend même qu'on alla jusqu'à poser eu principe que le droit de travailler était un droit royal, que le prince pouvait vendre et que les sujets devaient acheter.
Voici l'es réflexions que cet état de choses inspirait au vertueux Turgot dans cet édit de 1776 que nous venons de rappeler :
(1 Dieu, en donnant à.l'homme des besoins, en lui ren- « dant nécessaire la ressource du travail, a fait du droit i( de travailler la propriété de tout homme, et cette pro- (1 priété est la première, la plus sacrée et la plus impres- <i criptible de toutes. — Nous regardons comme un des (I premiers devoirs do notre justice et comme un des actes Il les plus dignes de notre bienfaisance, d'affranchir nos Il sujets de toutes les atteintes portées à ce droit inalié- « nable de l'humanité ; nous voulons, en conséquence. Il abroger ces institutions arbitraires, qui ne permettent Il pas à l'indigent de vivre de son travail ; qui repoussent Il un sexe à qui sa faiblesse a doiuié plus de besoins et Il moins de ressources, et semblent, en le condamnant à Il une misère inévitable, seconder la séduction et la dé- II bauche; qui éloignent l'émulation et l'industrie, et Il rendent inutiles les talents do ceux que les circons- II tances excluent d'une communauté ; qui privent l'État Il et les arts de toutes les lumières que les étrangers y Il apporteraient ; qui retardent le progrès des arts par les Il ditiicultés multipliées que rencontrent les inventeurs Il auxquels les différentes communautés disputent le droit Il d'exécuter les découvertes qu'elles n'ont point faites ; Il qui, par les frais immenses que les artisans sont obligés Il de payer pour acquérir la faculté de travailler, par les Il exactions de toute espèce qu'ils essuient, p.ar des saisies Il multipliées pour oo prétendues contr.aventious, par les Il dépenses et les dissipations de tout genre, par les pro- II ces interminables qu'occasionnent entre toutes ces com- II munautés leurs prétentions respectives sur l'étendue « de leurs privilèges exclusifs, surchargent l'industrie