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11 d'un impôt énorme, oiici-cux aux sujets sans aucun •< fruit pour l'État; qui, enflu, par la l'acilitû qu'elles « donnent aux membres des communautés de se liguer Il entre eux, de forcer les membres les i)lus pauvres à ■1 subir la loi des riches, deviennent un instrument de K monopole, et favorisent les manœuvres dont l'effet est 11 de hausser au-dessus de leur proportion naturelle le 11 prix des denrées les plus nécessaires à la subsistance 11 du peuple... »
Cetédit si sage n'eut pas de durée, il fit, dès la même année, place à un autre édit tout contraire ; mais la révolution de J78U vint bientôt faire triompher les idées de Turgùt.
Dans ia nuit du l au 6 août nSO, l'Assemblée constituante, proclamant le grand principe de la liberté du commerce et de l'industrie, supprima les corporations d'arts et métiers, les jurandes et les maîtrises, et si elle méconnut d'abord les droits dos inventeurs, elle ne tarda pas à réparer cette erreur par les décrets du 31 décembre I780-" janvier 1791, qui assurèrent une juste protection aux autours de découvertes industrielics. Un décret du 20 mai suivant réglementa l'obtention des brevets.
L'idée fondamentale de ces lois peut se résumer en quelques mots :
Garantir à tout inventeur, non un droit de propriété perpétuelle, mais, pendant un temps donné, la jouissance exclusive de sa découverte, à la condition do la livrer à la société à rexp:ration de son monopole.
Ce principe précieux avait été adopté en Angleterre depuis liiTi, et aux États-Unis depuis l'acte constitutionnel de 17 S7.
Une loi des 9-12 septembre 1791 interdit d'accorder des récompenses nationales à ceux qui ont pris des brevets pour leurs inventions.
Un arrêté du 17 vendémiaire an VII (1708) ordonna la publication do plusieurs brevets dont la durée était expirée.
Un arrêté du 5 vendémiaire an IX déclare que sur chaque brevet sera indiqué que le gouvernement, délivrant les brevets d'invention sans examen préalable, n'entend garantir en aucune manière ni la priorité, ni le mérite, ni le succès d'une invention.
Divers autres règlements s'ajoutèrent aux précédents, mais l'expérience ayant fait voir, dans les lois relatives aux brevets d'invention, des lacunes et mémo quelques crrcursv on dut se proposer la révisioii de la législation sur cette matière. Depuis le 13 oc:obre 1S2S, sous le ministère de M. de Saint-Cricq, jusqu'au lOjanvicr 1843, lu nouveau projet de loi fut à l'étude ; enfin, le lOjanvicr 1S43, M. Cunin-Gridaine, ministre du coujmerce, le présenta à la chambre des pairs et on exposa les motifs dans un travail très-remarquable. Le 5 juillet I8i3, M. Philippe Dupin Ht son rapport au nom dr la conmiission. Un nouveau rapport fut fait à la chainii r'.lc |uiirs le 4 juin suivant par M. Barthélémy, et m ii' . hanjlin' adopta le projet le 13 juin suivant. La ^aii< iinu i,,y;i!o ayant été donnée le 6 juillet 1814, la loi a L;ardo le nom de cette date. Ce n'est pas une création nouvelle, mais plutôt une amélioration sérieuse à la législation, qui la fait classer parmi les lois les plus achevées produites à cette é|)oque.
Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'en rapporter le texte complet, que toutes U^s personnes qui en auront besoin pourront trouver au liulletiu des lois, dans le Code, ou dans les ouvrages spéciaux traitant de cette matière.
Nous nous bornerons à en indiquer quelques points fondamentaux :
Sont considérées comme inventions ou découvertes nouvelles :
L'invention de nouveaux produits industriels;
L'invention de nouveaux moyens, ou l'application nouvelle de moyens connus pour l'obtention d'un produit ou d'un résultat industriel.
Ne sont pas susceptibles d'être brevetés :
Les compositions pharmaceutiques, ou remèdes de toute espèce ;
Les plans cl combinaisons de crédit ou de finances.
La durée des brevets est de cinq, dix, ou quinze années, à la volonté du breveté, et chaque brevet doimc lieu à une taxe do fidO francs pour cinq ans, I OOD francs pour m an», et l 6(H) francs pour quinze ans; cette taxe doit Cire payée par annuité» de 1(111 francs, sou» peine de déchéance, si le breveté laisse écouler un terme sans l'acquiiicr.
La demande en brevet est déposée au secrétariat de la
préfecture du département où est le domicile du demandeur, accompagnée d'une description et des dessins ou échantillons nécessaires i l'intelligence de la description.
Les brevets dont la demande aura été régulièrement formée, sent délivrés, sans examen préalable, aux risques et périls dus demandeurs, et sans garantie, soit de la réalité, de la nouveauté ou du mérite de l'invention, soit do la fidélité ou de l'exactitude de la description.
Un arrêté du ministre constitue le brevet.
Une ordonnance publiée au Bulletin des lois, proclame, tous les trois nioii, les brevets délivrés.
La durée des brevets ne peut être prolongée que par une loi.
Le breveté ou les ayant-droit au brevet ont , pendant toute la durée du brevet, le droit d'apporter à l'invention des changements, des perfectionnements ou additions qui sont constatés par des certificats délivrés dans la même forme que le brevet principal avec lequel ils prennent fin. La taxe est de 20 francs.
IN'ul autre que le breveté ou ses ayant-droit no peut, pendant une année, prendre un brevet pour un changement, addition ou perfectionnement à une découverte déj;'i brevetée.
Quiconque a pris un brevet pour une découverte, invention ou application se rattachant à l'obint d'un autre brevet, n'ap;is Ir droitil exploiioi l'jin ontiondêji brevetée, et réciproquement, le titulaire du brevet primitif ne peut exploiter linvenlion, objet du nouveau brevet.
La cession totale ou partielle d'un brevet, soit à titre oncTjux, soit à titre gratuit, ne peut être faite que par acte notarié et après le payement intégral de la taxe.-
Les descriptions, dessins, échantillons et modèles des brevets délivrés restent, jusqu'à l'expiration des brevets, déposés au ministère de l'agriculture et du commerce, où ils sont communiqués, sans frais, à toute réquisition.
Un recueil des descriptions et dessins, et le catalogue dos brevets, sontpubliés et déposés au ministère do l'agriculture et du commerce , ainsi qu'au secrétariat de la prélecture de chaque département, où ils peuvent être consultés sans frais.
A l'expiration des brevets, les originaux des descriptions et dessins sont déposés au Conservatoire des arts et métiers.
Les étrangers peuvent obtenir des brevets en France, même quand la découverte serait déjfi brevetée ;\ l'étranger ; mais, dans ce cas, la durée du brevet ne pourra excéder la durée des brevets pris antérieurement à l'étranger.
Sont nuls, et de nul effet, les brevets délivrés dans les cas suivants :
1" Si la découverte n'est pas nouvelle;
2" Si la découverte n'est pas susceptible d'être brevetée:
3» Si elle ne porte que sur des conceptions théoriques dont on n'a pas indiqué les applications industrielles ;
4" Si elle est contraire à l'ordre, à la sûreté publique, aux bonnes mœurs;
6° S'il y a eu fraude dans la demande ;
(i° Si la description n'est pas sufTisanto;
■" Si le brevet n'a pas été pris dan-s le tPnip<; voulu.
Le ministre do l'inlérienr annuir le Ihvm'I, l.nx.jih' les annuités no sont pas pMyi'i's régulirninrni ; m l'im l'ntion n'est pas mise on ex|il(iitation dans le dclai de deux ans, ou reste sans exploitation pendant deux ans, sans que le breveté puisse justifier son inaction.
Une amende de 50 francs à I 000 francs est applicable à (piiconque .se dit breveté sans l'être, ou mentionne sa qualité de breveté ou son brevet sans y ajouter ces mots : satis (/(iruntie du gouvernement.
L'action en nullité et l'action on déchéance peuvent être exercées par toute persoiuiu y ayant intérêt.
La contrefaçon est punie d'une amende de 100 à 20(10 francs.
Dalioz, liepcrtoîvc mclhodique et alpliabétique de légis'/filitnu
llomberg. Guide de l'inventeur.
l'irpigiia. Traite des brevets.
A. (;ii. lîcnouard. Traité des Ijrevets d'invention.
L. INnuguicr, Traité des brevets d'invention et de la contre/aniit, is.Sd.
Loisciiu ri Ver^é, Loi sur les brevets.
Tarilii'u, l.a lèmsiution en matière d'invention.
Varlet, Hecueil des lois et rèf/lements en usage en Bel(ji'/ne sur le.i brevets d'invention. li.
DnP.VIPKNNES (Zoologie). — Famille iVDiseaux do l'ordre des Écliussiers de Cuvicr, dont de lilaim illc ctCli.
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Bonaparte ont formé un ordre, le premier sous le nom de Coureurs (C!«\fO)-P4-), le second sous celui de Struthiones. Bien que semblable sous plusieurs rapports aux autres familles de cet ordre, celle-ci s'en distingue par un caractère tranché, la brièveté des ailes, qui ôte à ces oiseaux la faculté' de voler ; du reste, ils ont le corps massif; le sternum, en simple bouclier, est dépourvu de l'arête qui s'observe chez tous les autres, et qui sert d'insertion aux muscles de l'aile, si puissants dans les espèces à grand vol ; par contre, les muscles des cuisses et des jambes ont une épaisseur énorme, qui explique la lapidité de leur marche. Leurs plumes sont formées de barbes et de barbules d'une disposition et d'un aspect tout particuliers, qui les font rechercher pour la toilette des dames : ils sont privés de pouce. La nourriture de ces oiseaux se compose de graines, de fruits, d'herbes, de jeunes pousses, et même d'insectes, etc., ce qui leur donne de nombreux rapports avec les Gallinacés. On les divise en deux genres : les Autruches et les Casoars.
BRIDES (Chirurgie). — On désigne sous ce nom des filaments membraneux, qu'on rencontre au centre de certains abcès, où ils s'opposent à l'écoulement libre du pus et -déterminent souvent des adhérences vicieuses. Ou trouve aussi des brides dans le trajet des plaies d'armes à feu; elles proviennent des lamelles de tissu cellulaire ou des portions d'aponévrose qui n'ont pas été détruites par le projectile. On donne encore ce nom aux filaments cellulo-vasculaires qui forment les adhérences qu'où rencontre après les inflammations des séreuses. Enfin, on appelle brides certaines adhérences qui surviennent quelquefois dans l'urètre h la suite d'ulcérations de ce canal; elles sont beaucoup plus rares qu'on ne le croyait autrefois.
BRIGHT (Maladie de) (Médecine). — Voyez Maladie,
ALBIJllXiniE.
BRIXDOMKR ou Brindaonier (Botanique). — Noms sous lesquels les anciens botanistes voyageurs dans l'Inde ont désigné plusieurs espèces de Garcinia, Lin., et entre autres \q Mangoustan. G — .'^.
BRIO^'E (Botanique). — Voyez Biîïoxe.
BRIQUES (Technologie). — Prismes de terre cuite, de formes et de dimensions variables, employés aux constructions.
Les briques destinées aux constructions ordinaires se fabriquent en quantités énormes, dans les pays surtout où la pierre à bâtir est rare. Elles sont faites avec des argiles plus ou moins sableuses, ou des marnes argileuses, calcaires ou limoneuses.
Les briques employées à la construction du revêtement interne des fours et fourneaux ou foyers, devant supporter une température très-élevée sans fondre, sont fabriquées avec des argiles particulières, appelées re'friictaires, qu'on lave et qu'on dégraisse, pour les briques de premier choix, par une addition de un ou deux volumes de ciment delà uiùme argile, c'est-à-dire d'argile cuite, puis pulvérisée plus ou moins finement ; et pour les briques de deuxième qualité, avec des sables siliceux, beaucoup moins chers que le ciment réfractaire.
Préparation îles terres. — Les terres à briques ordinaires varient dans chaque localité. Lorsqu'elles sont trop argileuses, elles sont sujettes à se fendre et à se déformer pendant la dessiccation et la cuisson ; il faut alors les mélanger ou les dégraisser avec des matières sableuses et calcaires ; lorsqu'au contraire elles sont trop pauvres en argile, elles manquent de liant, se façonnent difficilement et s'émietlent à la dessiccation. On leur donne du liant par l'addition de marne ou de chaux, rarement d'argile plastique. Toutefois, ces mélanges rendent les terres facilement fusibles, ce qui empêche d'en pousser bien loin la cuisson. Les briques restent donc poreuses, friables et faciles à se désagréger sous l'influence des agents atmosphériques. Dans quelques fabriques cependant, et particulièrement en Angleterre, on pousse la cuisson jusqu'à la vitrification des briques, et on favorise même ce phénomène par l'addition aux terres de marnes calcaires, d'escarbilles on cendres de coke. Les briques ainsi préparées sont plus compactes, plus sonores et plus durables ; mais, i)our une même quantité de terre, elles ont moins de volume, parce que la terre y a subi une rétraction plus grande.
La préparation des terres exerce une grande influence sur la qualité des produits; on la rend beaucoup plus facile quand on prend la précaution d'extr.iirc l'argile en automne et de la laisser exposée tout l'hiver à la gelée pour ne l'employer qu'au printemps. La gelée la désagrège et en améliore ainsi beaucoup la qualité. Qoand on veut employer cette terre, on lu détrenii)e peu à peu
avec un peud'cau et on l'élend sur un sol uni, où un ou.t vrier la pétrit avec ses pieds, ce qui s'appelle marc/ier la terre. Cette o|)ération fatigante a en outre l'inconvénicut d'être très-défectueuse; le mélange des diverses parties est incomplet, le pétrissage imparfait, et si la terre contient des fragments de pierre calcaire, ces fragments y restent avec leur volume et se transforment en chaux pendant la cuisson; puis, dès que l'humidité la pénètre, la chaux s'hydrate,se gonfle et faitéclater la brique. Aussi, dans les tuileries un peu mieux installées, remplace-t-on le murc/iage par le passage plus ou moins répété de la terre entre des cyUndres cannelés ou unis, qui la réduisent en pâte plus fine et plus homogène, ou même par un broyage entre dos meules tournantes. On emploie au même usage des tinnes ou tonneaux corroycurs munis d'un axe de rotation vertical, armés de couteaux obliques disposés en plans inclinés, qui divisent la terre, la coupent, la recoupent un grand nombre de fois, et l'obligent en même temps de descendre , parce qu'ils agissent à peu près comme une vis pour la pousser de haut en bas, et la faire sortir par une ou plusieurs ouvertures pratiquées à la partie inférieure de la tinno. Le mélange de la terre avec du ciment, du sable, des escarbilles, etc. , se fait par les mêmes procédés.
Façonnage des brigues. — La plus grande partie des briques se façonnent encore à la main au moyen de moules ordinairement tout en bois, quelquefois doublés intérieurement en métal. Ces moules ont la forme d'un cadre allongé, sans fond supérieur ni inférieur et de dimensions variables suivant la grandeur des briques et le retrait que subit la terre en cuisant. L'ouvrier mouleur sable son moule intérieurement pour empêcher l'adhérence de l'argile, puis il le pose à plat sur une table, le remplit de tcrre-à brique à l'état de pâte demi-dure, comprime cette terre et en enlève l'excédant à la main, et l'unit à la surface au moyen d'un couteau de bois appelé plane. Il transporte ensuite le moule et sa brique sur une planche sablée que tient un apprenti, détache le moule par un choc léger, puis l'apprenti porte la brique sur l'aire de la tuilerie, dont le sol est bien uni par le battage et sablé.
Aux environs de Paris, une compagnie de briquetiers se compose de quatre ouvriers : un qui mêle, marche et prépare la terre; deux mouleurs, dont l'un se détache de temps en temps pour aller chercher la terre préparée ; et un garçon pour transporteries briques sur l'aire. Cette compagnie fait, en moyenne, 7000 briques ordinaires par 12 heures de travail eflectif, ce qui fait environ 5 briques par minute pour chaque mouleur.
Les briques éprouvent à plat sur l'aire un premier degré de dessiccation, qui leur' donne assez de fermeté pour qu'on puisse les mettre sur champ et hâter leur assèchement. Quand elles ont pris assez de consistance pour être transportées à la main sans se déformer, un ouvrier les pare, c'est-à-dire qu'il les prend une à luie sur un banc et les bat sur toutes les faces avec une batte pour leur doimer plus de cohésion, et en même temps régulariser leur forme. Ou les met alors en haie, en les disposant de champ les unes sur les autres, de manière à en former une espèce de muraille à claire voie pour que leur dessiccation s'achève. Il ne reste plus qu'à les faire cuire.
Cuisso7i des briques. — La cuisson des briques se fait tantôt en plein air, tantôt dans des fours. Dans le premier cas, les briques sont disposées par lits alternant avec du combustible ; le tout est recouvert de terre qui empêche la trop rapide déperdition de la chaleur et permet aux briques superficielles de recevoir un degré de cuisson à peu près suffisant. Ce procédé n'a d'autre avantage que de permettre la fabrication des briques à l'endroit même où elles doivent être employées ; il est usité dans quelques pays, comme la Belgique, aux environs de Bruxelles, où le combustible est à bas prix, et où, immédiatement au-dessous de la couche arable, ou rencontre la terre a brique.
Les fours à briques sont à section ordinairement carrée ou rectangulaire, et formés de murs épais, afin de concentrer autant que possible la chaleur. Ces fours sont quelquefois entièrement découverts ou simplement abrités contre la pluie par un toit ordinaire, placé à une hauteur sufllsaiite pour que la charpente ne puisse prendre feu ; d'autres fois on les recouvre d'une voiite cylindrique, percée d'un grand nombre de trous destinés à donner issue à la fumée et aux gaz provenant de la combustion ; ces ouvertures doivent être disposiH's de telle sorte que In chaleur se répartisse aussi oxactonicnl que possible dans toute la masse. .\ la partie inférieure de ce fourneau se trouvent les foyers, que l'on charge do
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houille, de tourbe ou de menu bois. Les briques sont disposées dans le fourneau au-dessus de voûtes qui les séparent des foyers, et qui tantôt font partie du fourneau, tantôt se construisent à chaque opération au moyen de briques simplement séchées à l'air. Dans l'un et l'autre cas, ces voûtes sont percées de trous nombreux pour laisser passer la flamme. Les briques à cuire doivent également être séparées parde petits intervalles ménagés entre chacune d'elles, toujours dans le même but de permettre une diffusion plus facile et plus complète de la chaleur.
La mise en feu du fourneau doit être très-ménagée et très-lente. En effet, les briques simplement séchées à l'air conservent encore beaucoup d'eau et subissent un retrait considérable pendant la cuisson, et, d'un autre côté, la terre dont elles sont formées est un mauvais conducteur de la chaleur; elles se trouveraient donc sous l'influence d'une chaleur trop rapidement croissante, dans un état d'inégale tension dans leurs divers points, qui amènerait la rupture d'un grand nombre d'entre elles.
Les combustibles à longue flamme sont les meilleurs pour la cuisson des briques, parce qu'ils chaufl'ent plus également. On se sert donc de menu bois, de tourbe ou de houille grasse. La durée de la mise en feu varie suivant les conditions dans lesquelles on opère et la masse de produits que l'on traite à la fois. Dans un bon fourneau en maçonnerie, 48 heures sutïisent pour 20 000 briques environ ; au bout de ce temps, on bouche toutes les ouvertures du fourneau pour permettre à la chaleur de s'y répartir uniformément, et on laisse refroidir lentement. Le défournement n'a guère lieu qu'au bout de quinze jours, trois semaines.
Dans quelques briqueteries fonctionnantsur une grande échelle, on remplace les fours rectangulaires par six ou huit fours prismatiques, qui, par leur réunion, forment une galerie circulaire divisée verticalement par six ou huit murs, dont la direction passe par le centre de l'espace compris dans l'intérieur de l'anneau. Ce fourneau composé travaille d'une manière continue; l'un des compartiments est en chargement, tandis que les autres sont en feu ou en voie de refroidissement, ou en voie de défournement. Ce système économise la place, et aussi le combustible, parce que les gaz chauds qui s'échappent du compartiment mis en feu peuvent être conduits au travers des compartiments voisins et commencer à les échauffer; on utilise ainsi la chaleur perdue dans les fourneaux ordinaire;!.
Le caractère que présentent les briques bien cuites, et celui auquel on les reconnaît, est le son clair qu'elles rendent îi la percussion. Quand le son est voilé, la brique est fendue, ou bien la cuisson est incomplète, et la brique ne résiste pas à la gelée. Ce grave défaut, du reste, est plus ou moins prononcé, suivant la nature des terres employées à leur confection.
On nornmc hriques réfractnires celles qui peuvent résister sans se fondre .lux températures les plus élevées. Elles sont d'un prix notablement plus élevé que les briques ordinaires et sont exclusivement employées à la construction des fourneaux. Leur fabrication est la même que celle des briques ordinaires; toute leur qualité réside dans le choix de la terre employée, et aussi dans les soins apportés à sa préparation. Les argiles réfractaires sont des argiles pures, ne contenant que de la silice, de l'alumine et de l'eau. La magnésie n'augmente pas la fusibilité de l'argile, mais la chaux, et surtout le fer et les alcalis, produisent ce résultat à un haut degré ; aussi les briques qui forment le revêtement intérieur des foyers fondent-elles peu à peu à leur surface, parce qu'elles s'y comliinenl avec les cendres fournies par le combustible.
BHIQUET. — Instrument destiné à se procurer du feu.
BniQLET onniNAiiiK. — Il se compose tout simplement d'uu fragment de silice appelée «icne à fusil, à cause de «on ancienne destination et qu on liât avec un morceau d'acier de forme variable dont on fait glisser vivement le bord sur l'arête de la pierre. Ce frottement détache de l'acier de petites parcelles qui se trouvent en même temps portées à une température assez élevée pour s'enflammer dan» l'air. Ces parcelles incandescentes venant toucher l'amadou qui recouvre la pierre y mettent le feu. Dans les anciens fusils à pierre, c'était, au contraire, lo silex qui venait frapper vivement la platine d'acier, mais le résultat était le même.
Le nom de briquet ii été ultérieurement étendu à des appareil» qui n'ont avec le précédent d'autre ra|iportque celui de fournir du feu.
BntQCET A r.Az hydhogènb. — Ce briquet, imaginé par Gay-Lussac, ét.^it assez répandu avant l'invention des allumettes chimiques.
Il se compose d'une petite cloche de verre ouverte par le bas et communiquant par son extrémité supérieure avec un tube de cuivre recourbé horizontalement et que l'on peut ouvrir ou fermer à volonté au moyen d'un robinet. Dans l'intérieur de cette cloche est suspendue, par un fil de cuivre, une masse de zinc descendant un peu au-dessus de l'ouverture inférieure de la cloche. Celle-ci est pl.-vcée au milieu d'un vase de verre que l'on remplit en partie d'eau acidulée par de l'acide sulfurique. Enfin, en face de l'ouverture du tube à robinet, se trouve une petite colonne creusée à son sommet d'une cavité latérale contenant delà mousse de platine (voyez Platine).
Lorsqu'on veut monter cet appareil, on ouvre le robinet en masquant la mousse de platine au moyen d'un couvercle de cuivre ou d'un morceau de papier. L'eau acidulée prend dans la cloche le même niveau qu'i l'extérieur et baigne conséquemment le zinc. Une action très-vive se manifeste; le zinc est attaqué. On voit se former à sa surface de nombreuses bulles d'un gaz qui est de l'hydrogène à peu près pur (voyez Hydrogène). Lorsqu'on juge que ce gaz a chassé de la cloche l'air qu'elle contenait, on ferme le robinet. L'hydrogène continue à se dégager, mais, ne trouvant plus d'issue au dehors, il s'accumule à la partie supérieure de la cloche, d'où il refoule l'eau acidulée, de sorte qu'au bout de quelque temps le zinc est à sec et que la production de l'hydrogène est suspendue. L'appareil est monté. Lorsqu'on veut s'en servir, on découvre la mousse de platine et on ouvre le robinet. Un jet d'hydrogène vient frapper la mousse, qui rougit, et bientôt le jet s'enflamme et brûle avec une flamme pâle, mais pouvant très-ciisément allumer une petite bougie ou une petite lampe. Pendant ce temps, la cloche s'est en partie vidée d'hydrogène, mais l'eau acidulée qui s'y est élevée, venant au contact du zinc, compense promptement la perte éprouvée. L'appareil est donc toujours prêt. De temps en temps seulement il faut ajouter un peu d'acide ou renouveler à neuf l'eau acidulée quand des cristaux de sulfate de zinc commencent à y apparaître, ou enfin remplacer le zinc lorsqu'il est usé.
BniQUET PHOSPHORiQUE. — Également moins employé depuis l'invention des allumettes chimiques. On le fabrique de plusieurs manières. Le plus ordinairement, on fait fondre, à une très-douce chaleur, un peu de phosphore dans un tube de verre long et étroit; lorsque le phosphore est en fusion, on plonge dans le flacon une petite tige de fer rougie au feu; le phosphore s'enflamme; on agite pendant quelques instants, et lorsque la couleur est devenue bien rouge, on retire la tige, on bouche le flacon et on laisse refroidir. Il ne reste plus qu'à fixer le flacon dans un étui métallique pouvant contenir, en outre, quelques allumettes bien soufrées. Pour faire usage du briquet, on introduit une allumette dans le flacon ; on lui imprime un mouvement de rotation sur elle-même en appuyant sur le phosphore dont on détache ainsi quelques parcelles, et on la retire ; l'inflammation de ces parcelles a lieu aussitôt et se communique au soufre.
Souvent, au lieu du fer rouge, on projette dans le flacon renfermant le phosphore fondu de la magnésie calcinée que l'on agite avec une tige de fer jusqu'à ce que tout le phosjihore soit réduit en poudre ; on bouche alors et on laisse refroidir. Le phosphore ainsi divisé devient spontanément inflammable à l'air et sert connue i)récédemmont.
Enfin, on se contente quelquefois de faire fondre le phosphore dans le flacon, de boucher et de laisser refroidir. Le briquet est alors de plus de durée ; mais les parcelles de phosphore qu'on détache do rallumcfte n'étant plus spontanément inflammables, il faut les frictionner sur un corps doux, tel que lo liège, le drap, le feutre.
Los allumettes chimiques sont de véritables briquets phosphoriciues, chaque allumette portant avec elle sa provision de phosphore (voyez Allumette).
DniQiiKT PNEiiMATiQUE. — Instrument do physique servant à démontrer que la cnmpressidu des gjz dévrioiipe en eux de la chaleur. Il se ciimposr d'un uiU: de verre AB (/>>/. 370) fermé par un liout et dans l'intérieur du(|U('l se meut un piston D. Lorsqu'on introduit le piston dans le tube, une cur-
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taine quantité d'air s'y trouve emprisonne;. Si on le pousse rapidement, cet air est comprimé brusquement, et dégage une quantité de chaleur suffisante pour porter le gaz au rouge et enflammer de l'amadou qu'on place préalablement dans une petite cavité ménagée sous le piston. M. D.
BRIQUETTES. — Prismes ou cylindres de charbon servant de combustible dans les fourneaux où l'on n'a pas besoin d'un feu très-vif, ou lorsqu'on veut l'entretenir longtemps sans veiller à son entretien.
Ces briquettes se fabriquent avec la poussière de charbon mélangée avec une bouillie claire d'argile grasse ou terre g/aise. On en forme une pâte épaisse que l'on moule en briques et qu'on fait sécher à l'air. Les bûches e'conomiques, pour former la partie postérieure des feux de cheminée, se fabriquent de la même manière. — Les briquettes peuvent très-bien servir au chauffage des appartements si l'on a soin de les y associer au bois.
Il y a encore, pour allumer ou ménager les feux de locomotives de chemins de fer, de grosses briquettes quadrangulaires, longues de 0", 28, larges de 0",19, épaisses de 0", 14. Elles sont faites avec du poussier de houille et des résidus de charbon mal brûlé, repris sous la grille des fourneaux. Le tout est agglutiné avec du goudron provenant de la distillation du charbon, dans les grands appareils à gaz, et fortement pressé dans un moule.
BRISE. — Nom donné à un vent frais et léger, mais spécialement réservé par les marins aux vents qui régnent sur les côtes aux différentes heures du jour. En l'absence de vents généraux, il s'élève sur les côtes, vers dix ou onze heures du matin, une fn-ise de mer allant de la mer vers la côte et qui tient à ce que la surface du sol est plus fortement échaufiée par les rayons solaires que la surface de la mer. L'air chauffé par le sol, tendant toujours à monter, glisse le long des côtes vers l'intérieur des terres et donne lieu à un appel d'air de la mer. Cette brise dure jusque vers le soir. Quelques heures après le coucher du soleil, elle est remplacée par une brise de terre allant de la terre à la mer et due à ce que c'est alors la terre qui s'est plus refroidie que la mer par l'effet du rayonnement nocturne. L'air froid tendant, au contraire, à descendre, un effet inverse au précédent se produit.
Des effets analogues ont lieu dans les pays montagneux, surtout dans les principales gorges. Les frises de montagnes vont de la plaine à la montagne pendant le jour, et de la montagne à la plaine pendant la nuit. C'est à ces brises qu'il faut attribuer le froid que l'on éprouve en traversant une gorge ou vallée pendant la nuit. Dans certaines vallées des Alpes elles acquièrent une intensité suffisante pour former de véritables vents.
Les brises marines sont d'un grand secours aux marins dans les pays chauds pour pénétrer dans les ports ou pour en sortir. Le mot hrise a été peu à peu étendu & tout vent qui n'est pas très-violent, quelle qu'en soit d'ailleurs l'origine.
BRISE-PIERRE (Chirurgie). — On donnait ce nom à une espèce de pinces ou de tenettes, qui servaient à briser la pierre en plusieurs fragments lorsqu'elle était d'un volume trop considérable pour sortir à travers l'ouverture pratiquée par l'opérateur; son usage est abandonné aujourd'hui (voyez Taille). Dans l'opération de \&lithotritie, on s'est servi aussi, pendant quelque temps, d'un brise-pierre avec lequel on écrasait par la pression les petites pierres ou les fragments de pierres. Amussat eut le premier l'idée d'employer cette méthode; en 1822, il proposa un brise-pierre droit, qui, d'après l'expérience, ne pouvant agir sur des calculs entiers, fut réservé, aussi bien que le brise-coque de M. le baron Heurteloup, pour les fragments résultant de la perforation et de l'évidement. Plus tard, en 1829, M. Jacobson fit connaître un brise-pierre qui a joui pendant quelque temps d'une importance méritée, surtout après les améliorations et les perfectionnements que lui avaient fait subir MM. Leroi, Amussat, Cliarrière, etc. Mais l'expérience ayant révélé l'insuflisancedela pression seule appliquée au broiement de la pierre, M. Heurteloup eut l'idée d'employer la percussion, et inventa son percuteur fi marteau' ce fut un progrès réel dans cette partie de la chirurgie. Construit sur le principe du podomètre des cordonniers, cet instrument a la forme d'une sonde à courbure terminale un peu brusquée ; il se compose de deux tiges glissant facilement l'une sur l'autre et terminées chacune par cette partie recourbée qui, en se séparant à la volonté de l'opérateur, laisse entre cha(iue courbure un espace dans lequel vient se loger la pierre ; lorsqu'elle est solidement
fixée à cette place, le chirurgien fr.appe avec le marteau sur un bouton qui termine l'instrument au dehors et qui communique le choc au calcul ; celui-ci se brise plus ou moins vite, et on s'en aperçoit au rapprochement des deux mors de l'instrument. Plusieurs modifications ont été encore apportées au percuteur par MM. Amussat, Ségalas et Charrière (voyez Lithotritie). F — N.
BRISÉES (Chasse). — Marques que l'on fait en chasse pour indiquer l'endroit où est la bète et de quel côté on l'a détournée. Ce sont ordinairement de petites branches que les chasseurs cassent aux arbres et qu'ils sèment sur leur chemin, en ayant soin de tourner le gros bout dv. côté où va l'animal. Lorsqu'elles ne sont pas faites avec cette précaution, elles détournent de la voie, et on les appelle fausses brisées,
BRIZE (Botanique). — Genre de plantes de la famille des Graminées (voyez Amourette).
BROCARD, Broquart (Vénerie). — Les chasseurs donnent souvent ce nom au chevreuil mâle, u Tous les chevreuils mâles qui ont passé deux ans, dit Buffon, et que nous appelons vieux brocards, sont durs et d'assez mauvais goût. »
BROCATELLE (Minéralogie). — On adonné ce nom à des variétés de brèches ca/caires (voyez Brèche) dont les fragments sont petits et à peu près de la même couleur que le -fond, mais ils sont moins foncés; ils constituent un marbre précieux dont la couleur générale est jaune doré, et qui a quelque ressemblance avec ces anciennes étoffes brochées d'or, d'argent et de soie, connues sous le nom de brocart. Le plus remarquable se trouve à Tortose en Catalogne ; sa couleur générale tire sur le rouge vineux, tacheté de jaune Isabelle, de gris et do blanchâtre. Quelquefois aussi on a donné ce nom à des lumachetles ou marbres composés de fragments de coquilles réunies par un ciment calcaire (voyez Lumachelle).
BROCHET (Zoologie), Esox; Lin. — Genre de Poissons Malacopte'rygiens abdominaux, famille des Ésoces, dont il est le type ; c'est un grand poisson, caractérisé par une ouverture de la bouche grande, de petits intermaxillaires garnis de petites dents pointues au milieu de la mâchoire supérieure ; mais les maxillaires des côtés n'ont pas de dents; tout le reste de la bouche et même les arceaux des branchies sont hérissés de dents en carde ; le museau oblong, obtus, large, déprimé, le corps allongé, fusiformc, couvert de petites écailles oblongues et dures ; une seule nageoire dorsale vis-à-vis de l'anale; estomac
ample, plissé, se continu.int avec un intestin mince et sans coecuni ; vessie natatoire très-grande. On ne connaît que trois espèces de ce genre : le B. ordinaire (Esox lu- C!K.ç,Lin.)(/Î5. 371), qu'on trouve abondamment danstoutes les eaux douces de l'ancien et du nouveau continent, si connu pour sa voracité et dont la chair est assez estimée ; ses dents sont fortes, acérées, inégales ; les unes immobiles • et implantées dans les alvéoles, les autres mobiles et attachées seulement à la peau. Le brochet ordinaire, parvenu à une certaine grosseur, a le dos noirâtre, le ventre blanc, avec des points noirs ; ces teintes varient, du reste, suivant la nature et la pureté des eaux, et aussi suivant les époques de l'année ; il parvient communément à la longueur de 1 ou 2 mètres, et on en a vu de beaucoup plus grands; on raconte l'histoire d'un brochet qui fut pris à Kaiserslautern, en 1497, et qui pesait, dit-on, 350 livres, et avait plus de 6 mètres de long; son squelette est à Manhcim; mais on prétend qu'il y a dans sa colonne vertébrale des vertèbres qui ne lui appartiennent pas. On lui trouva au cou un anneau extensible, avec la date de 1230; il le portait par conséquent depuis 2G7 ans. Le brochet grandit très-vite: ainsi, à la fin de la première année, il a ordinairement 0",30 de long; :X deux ans, 0°',40; à six ans, près de 2 mètres, etc. 11 vit de poissons; mais il est si vorace qu'il s'élance même sur des oiseaux d'eau, des rats, de jeunes chats, et môme de petits chiens tombés â l'euu. La chair du brochet est assez agréable au goût ; elle est blanche, ferme et de facile digestion ; mais comme elle prend facilement le goût de vase, on concevra que les brochets qui habitent les eaux limpides, et où leur nourriture abonde, sont bien meilleurs que les autres; on les recoiuiaît surtout à co
BRO
BBO
qu'ils ont le dos vert, et la chair qui avoisine l'iipiue dorsale de mùme couleur. Les œufssout difficiles à digérer, malsains; ils escitent les nausées et purgent assez violemment. On pèclie le brochet avec toutes espèces de filets ; on le pèche aussi à la nasse, à la ligne ; il mord assez facilement à Thameçon amorcé d'un petit poisson, et surtout de goujon. Dans certaines contrées, et surtout dans le Nord, on sale, on sèche et on fume le brochet, comme on fait du saumon ou du maquereau. Les pécheurs donnent aux petits brochets les noms de /atiçons, lancerons ; ih appellent les moyens, poignards ; les gros, brochets-curreanx ou poissons-loups. La seconde espèce, VE. reticuluris,hesueuT; E.nmericanus,'Lacép.,a,iUTles flancs, des lignes brunâtres qui forment quelquefois un réseau ; la troisième, VE. estor, Lcsueur, a le corps semé de taches rondes et noirâtres : ces deux espèces habitent les eaux douces de r.\n)érique septentrionale.
BROCOLI (Horticulture), en italien broccolo. — Variété de tliot- fleur, qui se distingue par ses feuilles plus ondulées, par ses dimensions plus grandes et par ses couleurs; les principales variétés sont : Le B. blimc, qui donne une pomme semblable à celle du chou-fleur, mais de meilleure qualité ; on a fait en Angleterre, sous le nom de mammouth, une sous-variété de brocoli blanc, d'un volume aussi considérable que les plus gros choux-fleurs et qui parait complètement rustique. Le if. i'!o/ei«aî/î, semé en mai ou juin, pomme dès l'automne suivant. Il y a aussi des B. rouges, verts, jaunâtres; mais les meilleurs sont le violet et le blanc. G — s.
BROIEMENT (Chirurgie). — Broiement de la pierre (voyez LiTiioTRiTiE).
BROMATES. — Sels formés par la combinaison de l'acide bromique avec une base. Les bromates ont une grande analogie avec les chlorates ; ils fusent comme eux sur les cbai'bons ardents, et se décomposent en abandonnant leur oxygène- sous l'influence de la chaleur; mais ils s'en distinguent en ce que, traités par l'acide sulfureux ou l'eau de chlore, ils se colorent en jaune rougeâtre par du brome mis en liberté (voyez Brome I.
BROME (Chimie) (Br=SO), du grec bromos, fétide. — Corps simple présentant de grandes analogies avec le chlore et que l'on rencontre en petite quantité dans certaines eaux minérales (Bourbonne-le»-Bains , Lons-le- Sauhiier), dans les mines du Chili à l'état de bromure d'argent, dans les plantes marines et dans l'eau de la mer, également i l'état de bromures alcalins. C'est un liquide d'un rouge brun ou pourpre, très-vénéneux, d'une saveur repoussante, d'une odeur forte et pénétrante rappelant celle du chlore. Il attaque fortement la peau qu'il corrode et colore en jaune. Sa densité est près de trois fois celle de leau (■.',i)G(i) ; il se congèle â 22" au-dessous de zéro, bout à 02° et se volatilise rapidement à la température ordinaire en donnant des vapeurs d'un jaune orangé. Sa solubilité dans l'eau est très-faible, bien qu'il forme avec ce li(|uide un hydrate. Ce composé cristallisé brun ronge se détruit â I ;> ou 20°. Ses dissolvants naturels sont l'alcool et l'éllier.
Le brome n'a qu'un petit nombre d'usages. En médecine, il exerce une action assez énergique sur les appareils glanduleux et est employé contre les scrofules concurremment avec l'iode ; en photographie, il accroît la sensibilité des plaques daguerricimcs ou des papiers impressionnables à la lumière et par.iît modifier d'une manière favorable le Ion des épreuves.
Le brome a été découvert en 182G par M. Balard dans les eaux mères des marais salants à l'état de bronuire de magnésium. Ces eaux mères, résidus de l'extraction du sel par l'évaporation de l'eau de mer, sont traitées par lu cliaux, qui précipite la magnésie, et filtrées; la chaux en est précipitée à son tour à l'état de sulfate do chaux par le sulfate de soude. On filtre une seconde fois, et on obtient une liqueur qui ne contient plus que du bromure, de l'iodure et du chlorure de sodium. La concentration de la liqueur en élimine presque entièrement le sel marin; puis on la distille avec du peroxyde de manganèse et de l'ncide sulfuri(|ue. I/'S bromure et iodurc sont décomposés. Le brome mis en liberté se dégage le premier; puis, quand les vapeurs d'iode commencent à apparaître, on change de récipient [hiuc ne pas mélanger les deux sub- Mnnccs. La lolaliié du brome livi-éi; actuellement au commerce provient du Iraitenvnl des eaux mères des soudes de varech (voyez Vaiikcii, Soi hk).
Le brome forme avec l'oxygène et l'hydrogène (les composé» analogue» à ceux que donne le chlore ; nnijs son alTiuité pour l'Iiydrogùne est un peu moindre et son alli-
nité pour l'oxygène un peu plus forte que celle du chlore pour ces mêmes gaz. jl D.
Brome (Botanique), Bromui, Lin., de bromos, nom que les Grecs donnaient à une sorte d'avoine; du mot bramé, nourriture. — Genre de plantes de la famille des Graminées, tribu des Festucace'es. Il comprend des herbes annuelles ou vivaces, qui croissent dans les climats tempérés de l'hémisphère boréal. Leurs feuilles sont
■ Brome des près.
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Fij. 37:1.
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1 il i\ j:;V. '.'. I..', L-liilll.ssi.iil li.'ihlii-t'.'^.'l inllliques.
l.,i liiiip llriul-Ti.MUvr-l c.lui.M., Il, .11 riinMl.T.bulcntée
on liiliil.-, .1 nuniii- cruni.' arèti', un plus rarenifut mutique par avortemcnt, les 2 stigmates naissant vers le milieu de l'une des faces de l'ovaire. Les bromes, consi- (li'rés roirune plantes fourragères, donnent en général un f.iin dur c|ui se dessèche promptement et que leurs longues hnrbcs, leurs -valves acérées et leurs feuilles couliantes font rejeter par les bestiaux. On recommande pourtant le B. (les pri<s [B. pratensis, Lam., Kœeler) (fig. 372 et. 373), remarquable par ses panicules droites, ses épillets oblongs â 8 ou 10 fleurs terminées par des barbes droites ; les feuilles inférieures légèrement velues ainsi que les tiges; c'est une espèce vivace, haute de 0°',fi.S, qui donno un fourrage tardif; c'est la plus utile du genre, etelloduro jusqu'à quinze ans dan» les sols salilnnnrux, calcaires ou siliceux. 11 est bon cependant d.' la fiirr fancli.r nu plturer de bonne heure, pour diminuer lis inriniv.'nients signalés plu» haut. Les autres espères qui se trouvent aux environs de Pari» sont les suivantes: le II. stérile [B. slrnlis, Lin.)et le W. ries toits {II. teclorum, Lin.)qui ont leurs fleurs latérale» nninies d'arêtes très-longues, et dépassant ou égalant celles de» fleurs supérieures. La
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première a les épillcts glabres; la seconde les a pubescents. Les arcaos des fleurs latérales sont plus courtes dans le B. dressé (B. erectus, Huds.), qui a les feuilles étroites, pliées, carénées, et dans le B. rude (B. asper, Murr.), dont les feuilles sont larges et planes. Ces deux bromes sont vivaces. Les suivants sont annuels : le B. des champs (B. arvensis. Lin.) a les épillets étroits, lancéolés, ce qui le distingue des trois dei-niers, qui ont les épillets ovoïdes ou oblongs; le B. seigle (B. seealinus, Lin.) a les gaines des feuilles glabres ; et enfin le B. mollet, B. mollis. Lin.) et le B. à grappe (B. racemosus, Smith) sont caractérisés l'un principalement par ses épillets mollement pubescents, l'autre par ses épillets glabres ou presque glabres. Les B. dressé, rude et mollel sont aussi recommandés comme plantes fourragères ; quelques espèces ont des graines assez grosses pour qu'on puisse les mêler i des céréales pour faire du pain. G — s.
BROMÉLIACÉES (Botanique). — Famille de plantes monocotylédones établie par A. L. do Jussieu et rangée par M. Brongniart dans la classe des Broméiioidées. Elle comprend des herbes quelquefois sous-frutescentes propres aux régions chaudes de l'Amérique. Leurs fleurs sont hermaplnodites, composées d'un calice libre ou plus ou moins adhérent, à 3 sépales, d'une corolle de 3 pétales, de 6 étamines. L'ovaire est à 3 loges contenant les ovules ordinairement en grand nombre. Le fruit est une baie ou une capsule s'ouvrant en 3 valves. Les graines ont un périsperme abondant. En attendant une meilleure classification de cette famille, on divise les Broméliacées en deux sections, ainsi que \. L. de Jussieu l'a fait dans son Gênera. La première comprend les genres à fruits en baie et à ovaire infère, et la seconde ceux dont le fruit est une capsule. L'ovaire de ceux-ci est aussi infère, à l'exception des Pitcairnies dans lesquelles il est demi-infère. Genres principaux section A : Ananas (Ananassa,\Àvn\\.)., Bromélie [Bromelia, Lin.), Bilberr/ie IBilbergia,Tlmnh.]. Section B : Pilcairnie [Pilcairniii, L'Hérit.), Tillandsie (Tillandsia,h\i\],Bonapartea, Ruiz et Pav., Gusmannie {Gusmantiia, Raiz et Pav.). G — s.
BROMÉLIE (Botanique), B)-o»ie/ia, Lin. ; dédié à Olaus Bromel, botaniste suédois. — Genre de plantes type de la famille des Broméliacées. Caractères : fleurs accompagnées de bractées; sépales dressés carénés; pétales convolutés sans écailles basilaires; G étamines courtes à filets connés; ovaire à 3 loges contenant un grand nombre d'ovules; style à 3 angles; 3 stigmate*, courts et charnus ; baie ovale ou oblongue. Les espèces de ce genre habitent principalement l'Amérique tropicale. Elles présentent souvent un beau feuillage épineux teint d'un rouge plus ou moins éclatant et qui est d'un très-joli efl'et dans les serres chaudes. On a retiré des broniélies les ananas pour en faire un genre à part (voyez Ananas).
BliOMliS ou UnosMES [Zoo\og\e), Brnsini us, Cuv. — Grands poissons du genre Gade, qui liabilcnt les mers du Kord ; les gens du pays les salent et les font sécher.
BROMHYDRATES (Chimie). — Sels formés par la combinaison de l'acide bronihydrique avec les bases. Lebronihydrate d'ammoniaque est le seul que l'on soit en droit de considérer comme renfermant de l'acide bronihydrique; les autres sels métalliques sont confondus avec les bromures,
BROMHYDRIQUE (Acide) (Chimie) (HBr). — Combinaison de brome avec l'hydrogène. C'est un gaz ijicolore, d'une odeur piquante analogue ;\ celle de l'acide chlorhydrique, avec lequel cet acide présente les plus grandes analogies, sauf qu'il est moins stable que lui et qu'il est décomposé par le chlore. L'acide bromhydrique est trèssoluble dans l'eau, mais sa dissolution s'altère peu à peu au contact de l'air : l'hydrogène de l'acide est brûlé, du brome devient libre et colore la liqueur en brun.
Si l'on verse de l'acide sulfurique sur un bromure, il se forme de l'acide bromhydrique qui se dégage, mais est décomposé en partie par l'acide sulfurique. Il \ aut donc mieux, pour le préparer, remplacer l'acide sulfurique par de l'.icide phosphorique ou faire p.asser des vapeurs de brome sur des fragments de phosphore humide, ou enlin traiter l'essence de térébenthine ou une essence (luelconque par le brome.
BROMIQUE (AciiiF) (IirO',110). — Combinaison de brome avec l'oxygruc. Li(|uide incolore, sans odeur, trèsacide et très-altérable. Il donne des bromates en s'unissant aux bases. On l'obtient en versant du brome dans une dissolution do potasse. Il se forme du bromure de potassium et du biomate de pot.asse que l'on sépare, p&r voie (le cristallisation, du bromure beaucoup plus soluble que lui. 1-e bromate est traité par l'acide liydrofluosili-
cique, qui forme un hydrofluosilicate dépotasse insoluble que l'on sépare p:ir lilti'ation.Mais, comme on a été obligé d'introduire un excès d'acide, on traite la liqueur par de la baryte. Il se forme un hydrofluosilicate de baryte insoluble et un bromate de baryte soluble. Ce dernier est enfin décomposé par l'acide sulfurique. L'acide mis en liberté est concentré dans le vide.
Le brome forme encore avec l'oxygène deux combinaisons : les acides brometix et hijpobromeux, analogues aux acides chloreux et hypochloreux, mais ils sont peu connus.
BROMOFORME (C^HBrS). — Substance analogue par ses propriétés et sa préparation au chloroforme (C-HCP). C'est un corps liquide d'une grande densité (2,1), faiblement volatil, se transformant facilement, par l'action de la potasse, en formiate de potasse et bromure de potassium.
C2HBr3 -I- 3(K0) = K0,r.ni03 + 3(Kr!r)
foraie. de potasse. tie
potassium.
On peut le considérer comme dérivant de l'acide formique anhydre par la substitution de 3 équivalents de brome à 3 àiuivalents d'oxygène.
C2H03 Aoide formique anhydre.
C2HUr3 Bromoforme.
On le prépare en faisant réagir à chaud l'hypobromite de chaux sur l'alcool. Le bromoforme a été découvert par M. Dumas. B.
BROMURE. — Combinaison de brome avec un autre corps. Los bromures ont les plus grandes analogies avec les chlorures; ils ont presque tous les m^mes caractères et s'obtiennent de la même manière ; mais ils sont assez généralement colorés. On les distingue des chlorures quand ils sont blancs par la coloration jaune rougeàtre qir'ils prennent quand on les met en contact avec une dissolution de chlore ; d\i brome est alors mis en liberté. Le bromure d'argent se rencontre dans quelques mines; le bromure de magnésium existe avec les iodures et chlorures dans l'eau de la mer et dans plusieurs eaux minérales; les bromures de fer, de mercure et de potassium sont utilisés par la médecine.
BRONCHES (Anatomie), du grec bronchas, gosier. — Ce sont les deux branches de bifurcation de la trachéearlére, avec laquelle elles ont la plus grande analogie de