II
Ili.er.
Amstcrcintn
Maëstnclil
Bniicllt.s
la Haye
Saint-.Malu
Dunkori|iii'
In noclie'llo
l'our toutes ces villes, la tenipéraluro moyenne de l'hiver est restée sensiblement la même que dans le tableau précédent; mais en été les vents d'est, plus fréquents, donnent plus de beaux jours et permettent au sol de s'y échaulTer davantage :
Il„.r.
El*.
DDerence.
Tubiii"c
.\ugsbour"
Berlin
Dresde
Muuich
Yieune
Pclersbourg
Moscou
Les gr.ands courants marins exercent une influence très-marquée sur la temiiérature des côtes. Les alizés de l'Atlantique déieiminent dans cette mer un courant qui se dirige vers l'ouest et se divise en deux branches au niveau de la Floride orientale ; l'une descend vers le sud, l'autre pénètre avec impétuosité dans le canal de Bahama, où elle a une température de 2"°; puis elle remonte, sous le nom de Gulfstream, le long de la côte est de l'Amérique du Nord, en augmentant de largeur aux dépens de sa vitesse. A la hauteur de Terre-Neuve, le gullstrcam se divise à l'est pour redescendre le long des cotes occidentales d'Afrique, dont il tempère le climat brillant; mais il envoie une branche dans le nord, car on trouve sur les côtes occidentales de l'Ecosse et jusqu'au cap Nord et au Spitzberg des graines de fruits d'Amérique et des débris de naufrages qui ont lieu près des l'Ioridcs. Sous l'influ-ance de ce courant, la température des côtes occidentales de l'Europe est notablement plus élevée que celle des côtes orientales de l'Amérique.
Climats fr.4nç*is. — Le territoire de la France peut être partagé en'cinq régions chinatériques présentant entre elles des différences générales assez tranchées sous le rapport de la température, du régime des pluies, de la direction des vents, de la fréquence des orages, etc.
Climat du Nor.D-EST ou vosiiitN. — Climat de la région comprise entre le Rhin, la Côte-d'Or, les sources de la^aùnc et la chaîne qui s'étend de Mézières i"! Auxerre. C'est dans la vallée du Rhin qu'il est le plus accentué; il présente les plus grandes analogies avec celui de l'Allemagne continentale.
Teiiipe'radire. — La température moyenne y est dp 9",C. Les hivers y sont rigoureux, cai' leur moyenne ne s'y élève pas au-dessus de 0°,G, mais en même temps l'été y est plus chaud que dans les climats voisins à latitude égale : la température moyenne y est de 18", fi. La difl'érence entre les températures moyennes des deux saisons y est donc de 18°, ce qui constitue relativement un c/imat excessif. La différence moyenne entre les plus grands froids et les plus fortes chaleurs est de 44", 7 (de 1811 i 1831), tandis qu';'i Paris elle n'est que de 42",5. Les plus fortes gelées, notées à Mulhousi', Strasbourg, Épinal, Béfort et Metz, sont en moyenne de 23'',2 au-dessous de zéro. Le nombre annuel moyen desjours de gelée y est de 70 et à Paris senlrmcnt de C«.
Pluie. — La quant lié aiinui/lb' irniyenne d'eau pluviale est plus grande dans critc n gion que dans les régions voisines; la distribution des pluies dans le cours de l'année y est également dilVérente ; il y tombe, en efl'et, plus d'eau en été qu'eu automne, et le nombre des Jours pluvi(!ux, qui est de 32 dans la seconde saison, y est de 31 dans la première.
Le nombre total des jours de pluie dans l'année est d'environ 13" en moyenne.
Vents. — Les vents du nord -est y soufflent presque aussi fréquemment que les vents du sud-ouest, tandis qu'à Paris les premiers sont moitié moins communs que les seconds, et c'est en grande partie à cette particularité, qui maintient souvent le ciel pur, qu'il faut attribuer la rigueur des hivers dans la région vosgienne, comme aussi la température élevée de ses étés.
Oiiii/es. — Le nombre des orages est assez considérable dans cette région, qui se trouve comprise entre les lignes de V(t à 24 orages en moyenne par année; ils se produisent presque tous (G2 p. 100) pendant l'été.
Ci.iM.»T DU NouD-ouEST OU si-QUAMEN. — Climat dc la région nord-ouest di! la Franco, comprise entre la frontière du nord depuis Mézières jusqu'à la mer, le contre-
XempcraluT'
vftuKaat «le 33 (
npératurcai men
Janvier.
Février.
Mars
Juillet lSo,61
Août 18 ,44
Septembre 15 ,76
Octobre 11 ,35
Novembre 6 ,78
Décembre 3 ,96
Masima «l« froid.
1709 13 janvier. ..
1788 31 décembre.
1795 25 janvier. ..
1820 Il janvier. ..
1830 17 janvier. ..
1842 20 janvier. ..
Mu
, tic cliulr
1793 8 juillet.
1802 8 CDÙl...
1842 18 août...
t8G3 8 août...
En moyeniip, le 8 janvier est le jour où le tlicrinomttrc descend le plus bus, et le 19 juillet celui où il monte le pluB liaut. Pour (|ue la Seino gfcio, il faut que le therniomttrc descende pendant plusieurs jours au-dessous do 9* de froid.
Cr.iMAT lit) si'D-ouEST ou ciiiONDiN. — Cliiiiut de la région di; la France comprise entre le Loir, le Cher et les Pyrénées. Il rcRne aussi probablement sur le plnleaii central de l'Auvergne. Il participe du climat séquunien et du climat rhodanien, tandis qu'il a moins d'analogie avec les climats du nord-est et de la Provence. C'est dans la partie méridionale du bassin de la Loire et dans les bassins de lu Gironde, d(i la Garunac et do l'Adour qu'il est le mieux caractérisé.
CLl 522
fort du plateau qui règne de Mézières à Auxerre et le cours de la Loire et du Clier. C'est sur les bords de la mer, de ^'antes à Dunkerque, qu'il est le mieux caractérisé ; il y ressemble beaucoup à celui de l'Angleterre et de la Belgique, tout en s'échauflant graduellement à mesure qu'on descend vers la Loire, et s'y rapprochant beaucoup du climat de la région du sud-ouest.
Température. — La moyenne annuelle des températures est de 10°, 9. La différence entre les mojennes de l'hiver et de l'été y descend de 14,1 (Paris) à 10%8 (Brest, Cherbourg). C'est donc un climat à température assez égale et s'éloignaut d'autant moins du climat des îles que l'on s'approche davantage de la mer. Le rjulfstream contribue d'une manière très-marquée à y adoucir la rigueur des hivers. A Dieppe, le maximum est en moyenne de 29°, le minimum de — 13°, 6. La température moyenne de l'hiver est de 3°,95 pour les villes de Bruxelles, d'Arr.is, Denainvilliers, Paris, Angers, Saint- Malo ; le nombre des jours de gelée est de 50 à hb. La température moyenne de l'été est de 17°,6 pour les mêmes villes.
Pluies. — La quantité moyenne animelle d'eau qui tombe dans la région séquanienne est de (l'",S"18 environ pour les villes de Paris, Bruxelles, Cambray, Lille, Troyes, Chartres et Bourges ; mais elle augmente en allant vers l'ouest, atteint O'",800 dans les départements de la Manche, des Côtes-du-Nord et du Morbihan, et probablement 0",900 dans celui du Finistère. Le nombre des jours pluvieux est en moyenne de 31 pour l'été, de 3" pour l'automne et de HO pour toute l'année. Toutefois ces nombres varient un peu en allant de l'intérieur des terres vers les eûtes. A Paris, les jours de pluie sont aussi fréquents en été qu'en automne. Mais à Dunkerque, Abbeville, Rouen, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Nantes, il pleut 10 jours de plus en automne qu'en été.
Vents. — Les vents dominants sont les vents du sudouest, inclinant ou à l'ouest ou au sud, suivant les localités et la configuration du sol. Après eux viennent les vents du nord-est ([ui sont près de moitié moins fréquents.
Oraç/es. — Le iiombie annuel des orages est en moyenne de 12 à 20. La plupart éclatent en été.
Nous donitons ici quelques tableaux des températures principales observées à Paris.
Température. — La température moyenne de l'année y est de 12°,7, de2°enviion plus élevée qu'à Paris. La ditlérenco entre les moyennes de l'été à l'hiver y est de Iti"; plus élevée que dans le climat séquanien et moins que dans le climat vosgien. La moyenne température des hivers n'y est encore que de 5°, mais celle des étés s'élève à 20°,t). Le nombre des jours de gelée y atteint vingtcinq ou vingt-huit en moyenne à Toulouse et à Pau. Le minimum moyen des villes de Poitiers, la Rochelle, Agen, Toulouse et Pau est de — 12° environ; la moyenne du maxima y est de 35°. Ce climat est donc en moyenne plus chaud que celui de Paris, mais il est aussi relativement plus excessif. La température y v.arie entre des extrêmes plus éloignés. Ce caractère est encore plus tranché vers le massif de l'Auvergne et la chaîne des Pyrénées.
Pluies. — Les moyennes de 177 ans d'observations ont donné 0'",58G pour les quantités d'eau pluviale qui tombent annuellement à Poitiers, la Rochelle, Sain^ Maurice, le Girard, Bordeaux et Espalais. Ce nombre s'élève d'une manière très -notable à mesure qu'on s'avance vers les Pyrénées, qui produisent ici le même etiet que l'Océau dans la région nord-ouest. La prédominance des pluies d'automne y est partout très-marquée, comme l'indique le tableau suivant :
Quanlittfs de pluie* relatives par «aisi
Hiver. . ,.
Printemps
0»,25 Cm ,21
Le nombre des jours de pluie n'est plus que de 1 30 ; ils sont répartis dans l'année à peu près dans le même ordre que les quantités pluviales. Les hivers y sont donc très-beaux, ce qui tend à les rendre froids. Remarquons d'ailleurs que le nombre 6° est calculé sur la température moyenne de chaque jour de l'hiver, nuit comprise, et que ce sont particulièrement les nuits qui y sont froides. Si l'on prenait la moyenne température des heures pendant lesquelles le soleil est au-dessus de l'horizon, ou trouverait un résultat beaucoup plus élevé qu'à Paris.
Vents. — Le régime des vents y est à peu près le même qu'à Paris ; cependant, à mesure que l'on s'approche des Pyrénées, les vents dominants remontent de plus en plua vers l'ouest et le nord-ouest.
Orages. — Un peu plus communs que dans le nordouest de la France, mais moins communs que dans le nord est. Ils varient de 15 à !0 en moyenne.
Climat du sud-est ou hiiodamen. — Climat de la vallée de la Saône et du Rhône, depuis Dijon et Besançon jusqu'à Viviers.
Température. — Elle est en moyeime de 11°. Les différences entre les moyennes de l'été et de l'hiver y sont de 18<>,G dans les villes de Besançon, Dijon, Mâcon, Lyon, Vienne et Viviers et, par consétpient, aussi fortes que dans la région vosgienne. Mais les hivers y sont plus doux (moyenne, 2°,5) et les étés plus chauds (moyenne, 2l»,3). C'est donc un climat continental tempéré-, tandis que le climat vosgien est un climat continental froid relativement aux autres climats de la France.
Pluie. — La quantité annuelle des eaux pluviales est supérieure à celle des autres régions de la France : 115 années d'observations faites à Dijon, Mâcon, Lyon, Bourg, Joyeuse et Viviers ont donné en moyenne 0'",9-iU, répartis proportionnellement de la manière suivante :
Quautité» relative» do pluies par saisuu.
Automne 0"' ,34
Le long de la S.iône, le nombre annuel des jours de pluie est de 120 à 130. Le long du Rhône, de Lyon à Viviers, il varie de 10» à 11 5. JJi les pluies sont relativement rares, elles sont très-a'uondantes; ainsi, à Joyeuse, il tomba, le 9 août 1807, 0'",2àO, et le « octobre 1827, pendant un orage, 0°',792 de pluie en 22 heures, plus que dans toute une année à Paris.
Vents. — Les vents dominants sont ceux du nord et du sud. Ceux du sud-ouest et du nord-est sont assez rares, ce qui distingue nettement cotte région des autres. Les vents du sud-est (pii amènent la pluie sont la cause principale des débordements du Kliône.
Orarjcs. — Cette région est une de colles où les orages sont le plus fréquents; leur nombre y oscille de 2S
à 30 par année. Le climat vosgieii est le seul qui présente une moyenne presque aussi élevée. Elle est aussi caractérisée par la fréquence et la violence des tremblements de terre et, sous ce rapport, elle ne peut être comparée à aucune autre région française.
Climat du midi, méditerkanéen ou pbovençal. — Le plus nettement tranché de tous les climats français. Aussi de tout temps les météorologistes et les botanistes l'avaient-ils séparé des autres, avec lesquels il forme un contraste qui se traduit dans la végétation et les habitudes du pays. Viviers en forme la limite nord et il s'étend sur la Méditerranée en se modifiant un peu sous la corniche et vers le pied des Pyrénées.
Température. — La moyenne température de l'année est de I4°,8 pour les villes d'Alais, Avignon, Marseille, Montpellier, Nice, Orange, Toulon et Perpignan ( I82 années d'observations). La température moyenne de l'hiver est pour ces villes, la dernière exceptée, U",5 ; celle do l'été, 22°, G; diU'érence, IG". Malgré la douceur habituelle des hivers de la Provence, le thermomètre y descend quelquefois fort bas et le Rhône y gèle environ deux ou trois fois par siècle. La moyenne des minima pour les villes d'Alais, Arles, Avignon, Hyôres, Marseille, Montpellier, Orange et Nice est — 1 1'',5 ; mais ces températures basses se produisent pendant les nuits presque toujours belles, et il est assez rare qu'il y gèle pendant le jour. La moyenne des maxima est 36°, '. Les hivers les plus froids notés depuis le commencement de ce siècle ont donné à Marseille les résultais suivants :
Minima (le NarseiUe.
ISIi ...
Pluie. — Une série de 273 ans d'observations a donné, pour la quantité d'eau pluviale annuelle, 0",65I. La distribution des pluies dans le cours de l'année est donnée à peu près dans le tableau suivant :
Hher Om.25
Printemps U'",24
L'été y est donc une saison très-sèche, et cela ressort encore du nombre de jours de pluie qui y est très-faible : il est pour toute l'année de 56. Par contre, les pluies torrentielles n'y sont pas rares.
Vents. — La prédominance du vent du nord-ouest, ou magistral, mistnil, caractérise le climat provençal. Sa violence est souvent extrême ; sa vitesse peut atteindre 20 mètres par seconde. Il déracine alors les plus gros arbres et enlève les toitures les plus solides. Sa violence n'est pas la même dans toute la région méditerranéenne. C'est dans la vallée de la Durance qu'elle est le plus forte, puis à Aix, à Arles; à Marseille et à Nimes et Montpellier elle est déjà considérablement moindre.
Oraf/es. — Leur nombre annuel est de 11 à 25; la plupart ont lieu le printemps et surtout l'été. Ils ne sont cependant pas très-rares en hiver.
On a prétendu que le climat de la France devient de plus en plus rigoureux, rien no démontre une pareille assertion.
On a cité le Tiit cl>' la n'tmgradatinn des cultures vers le Midi; c'est un --niii'lr iVMiliat de l'élévation croissante du prix du sol et tir la laolin'' |ilus grande des transports. On ne cultive \ûn-, l'oraiigur clans la plus grande parliedu Languedoc, parce que l'on trouve ailleurs des oranges meilleures et à plus bas prix, transport compris, et que l'on a trouvé .'l utiliser d'une manièi-e plus prodlable les terrains occupés par les orangers. Les oliviers disparaîtront peu à peu à leur tour en beaucoup de (loints qu'ils occupent aujourd'hui. Que le climat de la Fiance passe par des périodes plus froides ou plus chaudes, il en est ainsi de tous les rlimats; mais nous ne sommes certainement pas actuellement dans une des périodes les plus rigoureuses.
CLIMATÉIUQUE (Année) (Hygiène), du grec Iclimactér., degré, et au ligure crise. — Ce motsignide donc véritablement année critique, et c'est bien 14 la signitirntion que tous les auteurs lui ont donnée. La doctrine des an-
nées climatériques, qui parait remonter jusqu'aux Chaldéens, a longtemps régné dans les écoles. Suivant les uns, c'étaient toutes les années de la vie qui étaient des multiples de 7 ; d'autres ont admis comme telles celles qui étaient le produit de la multiplication de 7 par un nombre impair. Un grand nombre ont séparé les années climatériques par un intervalle de neuf ans, et d'après cela la soixante-troisième année, qui est à la fois un multiple de 7 et de 9, a été considérée comme la grande climatérique; elle inspirait une telle frayeur, qu'on lui donnait les noms les plus singuliers ; ainsi c'était la pernicieuse, la fatale, etc. Parmi celles de la période par 9, on regardait comme dangereuse la quatre-vingtunième; puis une des plus redoutées était la quaranteneuvième, etc. On pensait dans les écoles que ces périodes qui séparaient les années climatériques étaient nécessaires pour le renouvellement de toutes les parties du corps et qu'il ne restait plus rien de celles dont il était formé auparavant. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il ne reste plus rien de cette doctrine dans nos écoles modernes, quoique cependant on ait conservé le nom de critiques ou àeclimatéri/jues à certaines époques de la vie ; ainsi la puberté, l'âge critique des femmes, etc. F — N.
CLIMATOLOGIE. — Branche de la météorologie : elle embrasse l'étude de toutes les causes qui constituent et caractérisent les divers climats, et exercent une influence si marquée sur les genres de culture qui leur conviennent, sur la nature des maladies qui y prédominent et les soins hygiéniques qu'il convient de leur opposer (voyez MÉTÉOROi.or.iE, Climats).
(JLINANTHF, (Botanique), du grec kliné, lit, anthos, fleur. — Terme de botanique qui sert h désigner le sommet dilaté et chargé de fleurs d'un pédoncule commun simple. C'est principalement pour les plantes si nombreuses de la famille des Composées que de Mirbel a créé cette expression. Le clinantlieest platie dans la matricaire, l'achillée ptarniique, l'achillée millefeuille. Il est convexe dans le carthame tinctorial, la marguerite des prés ; conique dans la pâquerette, la camomille des champs. Il présente^souvent à sa surface des poils, des soies, des paillettes on des alvéoles; quelquefois il est nu comme dans le pissenlit, l'armoise, etc., etc. G — s.
CLINIQUE (Médecine), du grec clinc:, lit. — On appelle clinique l'enseignement médical fait au lit même des malades. Cet enseignement fut le seul dans les premiers temps de la médecine ; Hippocrate et même ses prédécesseurs n'eurent pas d'autre école : mais lorsque ce grand homme, par ses écrits, eut fait de la médecine un corps de doctrine, on oublia les voies lentes et difficiles par lesquelles il était arrivé avec tant de succès ; et après lui on se jeta dans les discussions scolastiques, dans les théories spéculatives; on négligea alors l'observation et la médecine clinique. Depuis ces époques reculées, des siècles se sont écoulés, et ce n'est qu'au xvii^ siècle que les études cliniques, recommandées du reste par quelques auteurs , ont enfin revu le jour. Sylvius de la Boë, Guill. Straten,Otho Heurnius, eurent la gloire d'inaugurer cet enseignement vers 1650; Boerhaave vint ensuite vers le commencement du xviii^ siècle; mais ce fut Van Swieten qui fonda véritablement la première clinique, i Vienne, vers 1750. Desbois de Rochefort est le premier qui ait fait de l'enseignement clinique en France, où il reçut enfin une organisation spéciale à la création des écoles de médecine; Corvisart son élève, Pinel et Dosault lui donnèrent tout de suite un vif éclat. Aujourd'hui, la Faculté de médecine de Paris a huit chaires de cliin'que, dont quatre médicales, trois chirurgicales et une d'accouclicment, sans compter au moins autant de cliniques particulières sur toutes les parties de l'art de guérir.
CLINTOMK (lUilaniquel , Clintonia , dédié par Douglas à de \\ iit Clinton, gouverneur de New- York, président des Kials-Unis. — Genre de plantes de la famille des LuhcUucées, type de la tribu des Cliulome'es. Son fruit est une capsule à 3 angles et s'ouvrant en 3 valves. I^cs espèces de ce genre sont des herbes annuelles, à feuilles et à fleurs sessilos. La C. éle'f/anle (C' e/egans, Lindl.), origiiiairc di- In Calilnrnic, et la C. gracieuse [C. pulohclla, Lindl.), ont les fleurs d'un beau bleu avec une tache centrale jaune. L'une a la corolle de la longueur des lobes du calice, tandis que la corolle de l'autre dépasse ces lobes.
CLIQUET (Méi-ani<|ue). — Pièce de fer mobile .autour de l'une de ses extrémités, et dont l'autre, amincie et légèrement recourbée, vient appuyer sur les dents d'une roue il rochet (roue à dents obliques). Celle-ci peut alors tourner librement dans un sens, chaque dent soulevant
le clii]uct quand elle passe ; mais si on veut la faire tourner en sens contraire, le cliquet s'engageant entre deux dents s'oppose à ce mouvement. La ^ roue à rochet et son cliquet forment Vencliqueiuije. L'encliquetage est fréquemment employé en mécanique. Les treuils , cabestans, grues, etc., en sont presque tous munis ; c'est également un encliquetage qui s'oi)pose à ce q\ie le grand ressoi-t Fif. 5"3.-aiquei. d'une montre ou pendule si; déroule par l'extrémité par laquelle on vient de le tendre ou monter.
CL1T0RI12 (Botanique), Clitoria, Lin., du grec kleitoris, allusion faite à la forme de la fleur, mot dérivé de kleiô. je ferme. — Genre de plantes de la famille des Papilionacées. tribu des Phascohvs II comprend généralement des herbes des pays chauds, à gousse linéaire comprimée. La C. de Teniate (C. lernateii. Lin. ; Ternatea vnlgaris, Humb., Bonpl. et Kunili.) est ime trèsjolie espèce comme plante d'ornement. Ses tiges volubiles sont un peu pubescentes. Ses feuilles sont à 5-7 folioles, et ses fleurs sont d'un beau bleu avec une tache blanche. Cette espèce croît aux Moluques (particulièrement dans l'ile de 'Ternate), à Cuba, et même en Arabie. Les Indiens obtiennent de ses fleurs une matière colorante bleue, avec laquelle ils teignent différentes substances alimentaires. Traitée par l'eau vinaigrée, celte couleur sert aussi i teindre la toile. G — s.
CLI VAGIi (Minéralogie), de l'allemand h/cchen, fendre. — Il laxiste dans les cristaux certains sens où la cohésion des molécules est plus faible que dans tous les autres; il sufllt alors d'un faible effort pour opérer la division immédiatement d'une manière nette et suivant un plan naturel qui forme la surface do rupture. Cette séparation, à laquelle on donne le nom de clivage, est loin d'être aussi facile dans tous les cristaux; mais il en est quelques-ims qui possèdent cette propriété à un trèshaut degré. Nous citerons en première ligne le gypse, le mica, le carbonate de chaux. Ce fait s'explique aisément dans l'hypothèse d'un réseau cristallin (voyez Cristal) et a contribué particulièrement à faire naître cette hypothèse. On est porté à croire que les fissures suivant lesquelles s'opère le clivage ne sont pas produites par l'action mécanique même qu'exerce l'opérateur, mais qu'elles préexistent réellement dans le cristal. Cette h/pothèse conduit à admettre la possibilité du clivage dans tous les cristaux, bien que beaucoup d'entre eux ne puissent subir le clivage dans aucun sens. En tous cas, un minéral clivable est toujours cristallisé et ne se laisse jamais cliver que dans un nombre assez restreint do direction-,.
l'yif elles lie clivage. — Pour cliver un minéral, on emploie plusieurs procédés. Quand le cristal est facilement clivable, comme le gypse, il suffit d'appuyer la lame d'un couteau dans le sens convenable i>our détacher des feuillets de clivage. Il faut surtout remarquer la netteté et le poli des plans que l'on obtient; on les nomme plon.i de clivage. En ré|)étant convenablement l'opération, on détache des lames de plus en plus minces, et si l'on se sert d'un scalpel fin, les feuillets que l'on forme n'ont plus que quelques millièmes de luillimètrc d'épaisseur. Le mica se |>i-'tr |.:ii raiiiiiu ni à crite expérience. L'esprit conçoit .un i I id. ^ d division de
cette espèce poussée à 1 nilmi; m.u. (r|iiiidant il faut admettre une limite, celli- un le li-uillii oliienu n'aurait plus que l'épaisseur d'une molécule et ne serait autre chose que le réseau cristallin élémentaire lui-môme. Aucun de nos instruments n'est assez fin pour séparer réellement un feuillet d'une épaisseur moléculaire. Quand la substance ne se laisse pas cliver aisément, un place le minéral dans les mâchoires d'un étan et on appuie sur la partie laissée libre un ciseau que l'on frappe légèrement avec un marteau ; si la direction dans laquelle agit le ciseau est celle d'un clivage, il y aura ordinairement séparation. Quand le corps possède un assez grand nombre (T(! clivages faciles, il suffit souvent de frapper sur le cristal avec un marlcnu pour qu'il se partage en morceaux dont le» faces seront formées par des plans de clivage. Le spath d'Islande, la galène, la fluorine se clivent par ce moyen. Quand le cristal est très-résistani, on i)arvii!llt seulement par ce pron'ilé i VcUiinirr, c'està-dire i faire naître drs lissiin> dans le sens des clivages. Qui'.'quefoia enllii le niariraii ni' iloiine ((uc de> induré , de ttiiiiit/r ; il n'y a pas de véritables llssures, mai» seulement un comincnccnient de néparalion con»ialé par des rcllels ou de» irisations que l'un voit te produire à
l'intérieur du cristal et qui indiquent l'existence de lames de moindre cohésion. La trempe ou l'immersion du minéral chaufté dans l'eau froide est quelquefois employée pour le même effet; le quartz n'est nullement clivable par les procédés ordinaires ; quand on le casse, on n'obtient qu'une cassure vitreuse irrégulière. Mais la trempe de ce minéral fournit les indices de trois clivages qui mettent en évidence la structure rhomboédrique de ce corps.
So/iile de clivage. — Quand on rénnit tous les clivages possibles dans une espèce cristallisée, on observe que l'ensemble de ces plans forme un solide qu'on appelle
Pig. 574. Ri-. 5-:
Extiii^les de solides de i
solide de clivage. Hauy lui donnait le nom de forme primitive ou de noyau ; elle se montre toujours la même dans un même corps, et, si le minéral a une forme cristalline extérieure définissable, le solide de clivage est toujours un solide élémentaire du système cristallin dont la forme extérieure du cristal fait partie. Les faces de clivage sont toujours parallèles à une face d'une des formes de ce système.
hnportancc minéralogique du clivage. — Dans une même substance minérale les clivages se montrent plus ou moins faciles suivant leurs directions. En général, quand la facilité de clivage n'est pas la même, les faces de ces clivages diffèrent par l'éclat, la coloration des reflets, le degré de netteté, etc. Le nombre et la nature des clivages se relient d'ailleurs avec les caractères géométriques du système cristallin auquel le minéral emprunte ses formes. Ainsi le talc, le mica ne possèdent qu'un seul clivage. Ces corps affectent la forme de prismes, et c'est parallèlement aux bases de ces prismes que se fait le clivage. Mais cette division unique ne s'observera jamais dans le système cubique, ovi la régularité des formes produit toujours un nombre assez considérable de faces géométriquement semblables, parallèlement auxquelles peuvent être effectués des clivages dans plusieurs directions. Il est donc évident que les clivages doivent figurer parnji les caractères qui f(mt reconnaître le système cristallin auquel appartient une substance minérale et conduisent à déterminer l'espèce de cette substance. L'observation du nombre et de la disposition des clivages permet en outre, dans beaucoup de cas, de distinguer une espèce minérale d'autres espèces qui en sont trèsvoisines. Ainsi le feldspath orthose et le feldspath albite, qui lui ressiMiiblc braucoup, se reconnaissent au nombre différent de kiiis i'livag(!s. Quatre minéraux très-répandus ■■! foi I ^riiihlables sereconnaissentégalement à leurs (■liv:iLT, ddlcniiis de nombre ou de disposition ; ce sont : raMi|iliilinli', \r pyroxène, l'hyperstène et le diallage. L'étude des clivages est donc à la fois un élément essentiel de la connaiss.anco des formes cristallines et de la constitution moléculaire des minéraux et un guide utile dans In détermination des espèces minéralogique».
CLOAQUE (Anatomie comparée). — On numnie ainsi chez les Oiseaux, lo cavité commune qui précède l'anus et 011 viennent s'ouvrir en même temps, l'eMiéniiié inférieure de l'intestin, les uretères qui y amènent l'urine, et lo canal qui conduit les œufs au deliors. Voili pourquoi les oiseaux semblent ne pas uriner, parce que se mêlant aux matières exciémc^ntitielles qui viennent de l'intestin, l'urine est rejetée avec elles au dehors. La même conformation anatoiniqiic existe encore dans l'ordre des Muniitrhncs {M,ii,iiiiifcrc.i),&Mn les llepliles, les llatraciniK cl un grand n(iinl)re de Poissons.
CI.OCllI'; (l'atliiilngie^ — On donne vulgairement ce nom à une petite tumeur formée par l'épiderme soulevé el ri'uqilie de M'nisilé (vnyiv. Ami'iii i.l-;, l'ni.ïCTiiMî". En l'i' te ri lia ire, on apprlli^ ainsi qiiel(|url'iiis la caclicxie iii;i(cn.sc du mouton ou du bœuf, dite aussi l'ourrilnre (uiye/. Caciikxik aqueusk).