‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 226 sur 396 · COA · texte numérisé non relu

COA

COB

en celui de LépadtU: - Ge.ire i' Insectes coléoptères iétmmères, de la faiiiille des Clavnmlpes. \\s ont neuf articles aux auteiuics, la tète cachée sous le corselet et le corps en foi-nie de bouclier. Le C. pubescens, Scliuppel,etleC. piceitf, Kuns, se trouvent aux environs de Paris sur les bois morts.

Clïpéastbe, Lamk. (Zoologie), Echtnnnthus, Kleni. — Genre à' Èohinoderme.i pédicel/és, famille des Uursm', établi par Lamarck pour des espèces qui ont le corps déprimé à base ovale, concave en dessous, «>"vert de très-petites épines; l'anus près du bord; le contour quelquefois n'est pas anguleux. Sur dix espèces signalées par Lamarck, six sont fossiles. ■ , „

CLYSOIR (Thérapeutique), du grec kluzein, laver. — Instrument destiné à remplacer la seringue pour donner des lavements, et au moyen duquel on fait souvent des injections dans différentes parties du corps G est un tube Ion» d'environ 1 mètre, flexible et imperméable auquel est adaptée une canule au bout inférieur, tandis que le supérieur est évasé en entonnoir. Le poids du liquide dont on le remplit suffit pour le faire pénétrer dans 1 intestin. S'il y a quelque obstacle, on exerce une légère pression dn haut en bas avec la main. , , , •

CLYSO-POMPE (Thérapeutique). — C est le clysoir auquel on a ajouté un petit corps de pompe visse au fond d'une petite cuvette graduée qui contient le liquide.

CLYSTÈRE (Thérapeutique). — Voyez Lavement. CLYTHf^E (Zoologie), Clythrn, Fab. — Genre dfasectes coléoptères tëlramères, famille des Ciicliques, tribu des Chrysomêlines ; ils ont été confondus avec les Gribouris, dont ils diffèrent par leurs antennes, les mandibules arquées et bideiitées, leurs tarses dont le quatrième article mince est un peu renflé à son extrémité Ce sont de petits insectes qu'on trouve ordinairement sur les fleurs des chênes. Ils ont le corps i\ peu près cylindrique; les plus grandes espèces ont à peine Om 012 de long. La C. quadrille (Chrijsomela quadripimclata. Lin.), longue de 0'»,01i), est noire, les étuis rouges avec deux points noirs sur chaque.

CLYTIE (Ziolo?ie), Ch/fia, Lamx. — Sous-genre de Polypes à tut/aux, de la famille des Tabulaires, genre des Campaimlaires, dont les tiges sont grimpantes, rameuses, quelquefois en forme d'arbrisseaux ou filiformes. Les animaux qui contiennent leurs cellules campanulées et portées par des pédicules sont toujours parasites sur les différents corps sous-marins.

CNEORUM (Botanique). — Voyez Camélée.

CNIQUE (Botanique), Cnicus, Vaill. Nom employé par Dioscoride pour désigner une plante épineuse, et dérivé du grec kuaô, je pique. — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Ci/nare'es, sous-tribu des Centaurées. La plupart des cniques de Linné ont été répartis entre les genre Sausswéc, Cirse, Rliapontique, etc. Le C. bénit (C. benedictus , Gsertn. ; Centaurea benedicta. Lin.), appelé vulgairement Chardon bénit, à cause des propriétés qu'on lui attribuait, est uiïe herbe annuelle originaire d'Orient, mais naturalisée dans quelques endroits de l'Europe méridionale. Ses capitules sont jaunes. Il possède une amertume qui peut être utilisée comme tonique. Caractères princi|iaux : akènes glabres, striés, terminés par une large aréole ; aigrette presque triple, composée de 11) soies.

COAGll.\llO\ ilMiysiologio). — C'est l'état d'un liquide cpii sé|Kii^-<ii, S'' fige, et se change en une masse molle, demi-solide, l.cs substances organiques seules sont susceptibles de se cuaguler, et dans cet état, elles ne présentent aucune forme constante, il faut donc, pour rendre un liquide coiigulable, la présence d'une matière organique. La coagulation peut être totale ou partielle, lente ou instantanée. Certaines substances se coagulent s|)oiitanénicnt; ainsi la fibrine de la lymphe et du sang ; d'autres par l'action de la chaleur, comme le blanc d'œuf cl tous les liquides qui contiennent de l'albumine. Il y en a qui ont besoin de l'intervention d'un acide, ou d'un autre corps, comme le lait, la bière, etc.

COAl'TATlOiN (Chirurgie), du latin cumaptor, ajuster avec. — On domic ce nom à l'action par laquelle on rétablit à leur place et dans leurs rapports les fragments d'une fracture, ou les os qui forment une articulation où il s'est opéré un déplarcMuent. Pour faire la coaptation dans une fracture (voyez ce mot), après avoir allongé le membre par le moyen de l'exlension et de la contre-extension (voyez ces mots), on pousse les fragments l'un vers l'autre, et on rend au membre sa rectitude naturelle, (ju'uu inainiieut cnuuiie au moyen des appareils et des

bandages (voyez ces mots). La coaptation dans les luxations se fait de la même manière, en allongeant le membre, etc. (voyez Luxation).

COAHCTATION (Médecine), resserrement. — Ce mot sert i désigner souvent le rétrécissement d'un conduit ou d'une cavité naturelle ; ainsi l'urètre, le conduit lacrymal. Il s'applique aussi quelquefois à la petitesse du pouls daus le début d'un accès de lièvre.

COASSEMENT (Zoologie). — On appeUe ainsi le bruit que font entendre les grenouilles et quelques crapauds. Cette espèce de cri bien connu des personnes qui habitent près des étangs est le résultat du passage de l'air expiré mis en mouvement de vibration dans le larynx s'upérieur au moyen des muscles de la gorge (voyez Gr.i;nouille). . „

COATI (Zoologie), Nasua, Storr. — Genre de Mammifères carnivores, tribu des Plantigrades. Ces animaux sont les moins carnassiers de tous ceux de cet ordre, avec les ours auxquels ils ressemblent en petit, si ce n est qu'ils ont une longue queue ; leur taille approche de celle du renard commun ; mais leur corps est plus allonge, leurs jambes plus courtes et leur queue presque aussi longue que le corps, et ils la portent horizontalement ou relevée verticalement. Ils ont un nez singulièrement prolongé en avant, en forme de gronin, au moyen duquel ils fouillent la terre pour y chercher les insectes et les vers que la finesse de leur odorat leur fait trouver facilement à traveis les herbes. Ils habitent les bois, montent facilement aux arbres, où ils vont chercher aussi les fruits, les insectes et les reptiles dont ils se nourrissent Du reste ils se creusent des terriers avec leurs fortes grilles. Les coatis s'apprivoisent assez facilement, mais ils sont assez indociles, ne s'attachent pas, grimpent partout, furettent sans cesse et sont, en un mot, des hôtes incommodes bien qu'ils recherchent les caresses. Ils expriment leur joie par un petit sifllement doux et leur colère par une sorte d'aboiement très-aigre ; leur vie est nocturne ; leur marche traînante les rapproche des ratons, et ils ont, comme eux, trois arrière-molaires tuberculeuses dont les supérieures sont presque carrées. Leurs pieds sont à demi palmés, et cependant ils grimpent facilement aux arbres et leurs ongles allongés leur servent à fouir. Ils habitent les parties chaudes de l'Amérique. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces. Le C. roux ( Viverra nasua. Lin.), d'un beau fauve roussâtre sur tout le corps, la queue annelée de noir et de fauve, le museau brun gris. Le C. brun [Vivrrra narica. Lin.) est d un brun noir ; sa queue est annelée de noir et de jaune sale ; des taches blanches à l'œil et au museau. Une troisième espèce, le C. noirâtre de Buff'., Nama quasje, Geoffr., a été considérée par Fr. Cuvier comme une variété; son poil est d'un roux noirâtre, la queue annelée de brun et do fauve. Il a O'-.GS de longueur de l'extrémité du museau à l'origine de la queue.

COB-EA (Botanique), dédié par Cavanilles an jesinte espagnol Barnabe Cobo, naturaliste du xvu' siècle. — Genre de la famille des Pulémoniacées. Ce sont des plantes grimpantes à feuilles alternes, ailées sans impaire, terminées par une vrille dichotome, à fleurs solitaires, axillaires, grandes, violettes, qui nous viennent do l'Amérique méridionale. Le C. grimpant {C. scandens, Gav.) est une plante grimpante, à tige grêle, pouvant s elever à une grande hauteur. Ses feuilles, d'un beau vert foncé, sont terminées par une vrille au sommet; leurs segments sont ovales et disposés par 2-3 paires. Ses fleurs sont solitaires, axillaires, munies inférieurement de 1 ;\ i bractées; elles sont souvent très-grafidos , colorées d'un pourpre violet, à calice largement lobé et à corolle à lobes orbiculaires. Le coba-a, aujourd'hui si commun, non-seulement dans les jardins, mais sur les fenêtres, le long des murs, n'existe guère que depuis une soixantaine d'années en Europe. Il a été rapporté du Mexîiiue. Cette e^preo se cultive comme les plantes annuelles. On lasènir in l.H lîci-, en terre franche légère, sous châssis chiiiMi. i:il.- innssite des aiTosements abondants, surtout quand elle est ;\ une exposition méridionale. On emploie aussi quelquefois, pour garnir les berceaux et les murs, le C. stipule [C. slipularis, Benlh.), introduit du Mexique en 18-iO, et donnant pendant tout l'été des Heurs jaunes Caractères du genre : calice camp.v nulé, iiuiiiquetideailé; corolle campanulée,i lobesétalés, larges; étamincs saillantes; ov.iire îi loges contenant do nombreux ovules et entouré d'un disque charnu présentant ;. lobes; le fruit est une capsule coriace s ouvrant en i valves et renfermant des graines comprimées, ailées.

COB

COB

COBALT (Cliimie) (Co\ Équivalent 29,5, densité S,C. — Métal d'un gris blanc comme le platine, ductile, malléable, et susceptible d'un beau poli II ne fond qu'à une température encore plus élevée que le fer; il résiste assez bien à l'air sec, même à une température assez élevée, mais, à l'air humide, il se recouvre facilement d'une rouille noire, qui est du peroxyde de cobalt liydraté. Du reste, avec les divers acides, avec le carbone, le chlore, le soufre, il se comporte à peu près comme le fer. Il est susceptible de former, avec les divers métaux, des alliages ductiles, et pourrait, sur ce point, recevoir quelques applications utiles. Il est à peu près sans usages. Ses composés ont au contraire une grande importance dans les arts.

Les principaux minerais de cobalt sont le cobalt arsenical et le cobalt gris. Le premier est d'un gris d'acier pur ; il se compose de cobalt, d'arsenic avec un peu de fer et de nickel. 11 renferme environ 20 p. lUO de cobalt. C'est le plus abondant des minerais de cobalt. On le rencontre particulièrement à Schneeberg et Annaberg, en Saxe, à Richelsdorf et à Bieber, en Hesse. Le cobalt gris ou ursénio-sul fure de cobalt, d'un gris clair teiiité de rouge, est plus riche que le précédent, car il contient de 32 à H p. 100 de cobalt, mais il est moins abondant. On le rencontre surtout à Tunaberg et à Skuterud, en Suède. Il se compose essentiellement de cobalt, de soufre et d'.arsenic, avec quelques traces de fer et de nickel. Ce minorai possède naturellement un éclat métallique assez vif. mais par son altération à l'air, il se transforme en arséniate de cobalt d'une couleur fleur de pécher passant au rouge cramoisi.

Les minerais de cobalt sont particulièrement employés à la fabrication du S7>talt, verre bleu que l'on prépare en fondant ensemble du minerai de cobalt grillé, du sable quartzeux et de la potasse, et qui, réduit en poudre impalpable, produit ['a:ur (voyez Smalt et Bleu). On les traite cependant aussi pour en retirer du piotoxyde de cobalt ou les divers sels que celui-ci peut former. Pour préparer cet oxyde, d'après M. Wôhler, on mélange le minerai broyé avec le triple de son poids de carbonate de potasse et autant de soufre en poudre, et on projette le tout successivement et par petites parties dans un creuset préalablement chaulTé au rouge. On obtient un culot de sulfure de cobalt mélangé d'un peu de sulfure de fer et do nickel, et une scorie de sulfarséniate de soude. t;elle-ci est enlevée par l'eau qui la dissout, puis le culot est traité par l'acide sulfurique étendu, et ainsi transformé en sulfate de cobalt. Au moyen d'un alcali lixe, l'oxyde de cobalt est déplacé, et peut être recueilli sur un liltre. Cet oxyde est loin d'être pur, car le fer et le nickel du culot se précipitent en même temps que le cobalt. On le dissout dans de l'acide nitrique, et on y verse une dissolution de carbonate de soude. Le fer se précipite le premier sous forme de peroxyde, et si l'on règle convenablement la dose de l'alcali carbonate, il ne restera plus dans la liqueur que du cobalt et des tr.aces de nickel. Celle-ci étant donc fdlrée, puis traitée par un excès d'alcali, donnera un oxyde de cob.ill satisfaisant à toutes les exigences de l'industrie ; mais pour les besoins de la chimie, il faut lui enlever encore son nickel. Pour cela, on le redissoudra dans de l'acide nitrique, et on le transforme en oxalate de cobalt que l'on dissout dans de l'aminoni.aque, et qu'on abandonne au contact de l'air. Le nickel se dépose en entier sous forme de poudre verte d'oxalatc double de nickel et d'ammoniaque. Le cobalt reste dans la dissolution qu'il colore en rose, et d'où on peut le retirer au ntoyen du carbonate de potasse. Il se précipite du rarhonate de cobalt qui, calciné en vase clos, perd son acide carbonique et laisse un résidu d'oxyde de cobalt anhydre gris cendi-c foncé.

CoBAi.T (OxïDES de). — L'oxygènc forme avec le cobalt quatre combinaisons, dont la der-nière se comporte comme un aciile. 'l'oulcs sont facilement décomposcrs par l'hydrogi'.'ic, le carbone, le soufre, le phnspbnii-. l'aisiriic. Avec le borax et le phosphate de soude, ils dorment au chalumeau, des verres transparents d'un beau bleu. Leur pouvoir colorant est considérable.

l'riiloxi/ilc )le cohall (CoO). — D'un gris foncé ijuand il est anhydre, et ayarrt ipielquefois un liiger éclat métallique. Son liyilratccsl bleu lavande, et devient spontanénii-nt, ou par l'i-bulliiion , d'un rose [rAle. Il se dissout dans l'ammoniaque et son carbonate qu'il colore en rouge. Il peut s'unir à tous les acides, et forme des sels diverhcmcnt colorés. Il s'rrnit également aux base». Le comriosé qu'il forme avec la mngnéHio est rose; d'un beau bleu d'outremer avec l'ulumine j d'un assez beau vert avec

l'oxyde de zinc, c'est le vert île Rinmann. Le composé bleu d'alumine et de cobalt est remarquable par ia stabilité, la richesse et la beauté de sa teinte. On en fait grand cas en peinture.

Le protoxyde de cobalt s'extrait directement du minerai de cobalt, comme il est dit plus haut ( voyez Co- DAr.T). On l'obtient aussi, soit en calcinant le nitrate do cobalt, soit en versant une dissolution de potasse caustique dans tme dissolution de nitrate de cobalt ou d'un autre sel quelconque de cobalt pourvu qu'il soit soluble.

Deutoxyde de cobalt. — Peu connu, ne s'unissant p,%s .•lux acides, on liri donne la composition de l'oxyde de fer magnétique CoO,Co-0'. A l'état d'hydrate, le seul sous lequel on le connaisse, il est de couleur vert sale. On le prépare en calcinant modérément le nitrate de cobalt.

Sesquioxyde ou peroxyde de cobalt (Co'O^). — Noir à l'état anhydre, brun à l'état hydraté. II ne forme pas de sels et n'est d'aucun usage. On l'obtient en traitant du protoxyde de cobalt par un hypochlorite alcalin.

Acide cobaltique (CoO'). — Peu stable, formant des sels appelés coballates peu stables eux-mêmes et se décomposant spontanément à l'air.

CoBAi.T (Sels de). — Ils sont tous à base de protoxyde. Tous sont plus ou moins colorés en rose, lilas ou bleu, quand ils sont anhydres, en rose fleur de pêcher passant au rouge grenat quand ils sont dissous ou simplement hydratés. Les alcalis caustiques précipitent complètement le cobalt de ses dissolutions ; le précipité, d'abord bleu de lavande, devient violet rougeàtre par l'ébullition; les carbonates alcalins le précipitent en rose; l'ammoniaque et son carbonate en excès redissolvent le précipité et se colorent en rouge. Les phosphates alcalins y donnent un précipité bleu, et les arséniates un précipité rose fleur de pêcher; enfin, l'hydrogène sulfuré ne les trouble pas, mais les snlfhydrates alcalins les précipitent en noir.

.izolate de cubait. — S'obtient en dissolvant l'oxyde de cobalt d.ans l'acide nitrique. Il est Irès-soluble et sert dans les essais au chalumeau.

Arséniate de cobalt. — D'une belle couleur rose fleur de pêcher, quand il est fraîchement préparé, mais tournant le plus souvent par la calcination au violet ou au lilas. On l'emploie à la préparation du bleu l'henard (voyez ce mot).

Phosphate de cobalt. — Gélatineux et bleu violacé qu.ind il est récemment préparé, devenant d'un beau bleu quand il est desséché à l'air, et noir violacé par la calcination. En mélangeant intimement 1 partie de phosphate de cobalt hrmiide, obtenu en versant une dissolution de phosphate de soude dans une dissolution de nitrate de cobalt, avec 8 parties d'alumine en gelée, faisant dessécher à l'étuve, puis calcinant ensuite au rouge ceri.se dans un creuset ouvert, on obtient la belle couleur bleue ai>pclée bleu Thcnnrd. Malheureusemeitt, ce produit noircit k l'air en perdant de son oxygène.

Cobalt (CHr.onunE de) (CoCI). — Composé très-soluble et même déliquescent; ses dissolutions sont roses ; ses' cristaux sont roses eux-mêmes à la' température oi'dinaire, mais ils deviennent d'un be.iu bleu (|uand on les chautVe poirr redevenir roses par le refroidissement. C'est sur cette propriété qu'est fondé l'emploi du chloritre de cobalt comme encre de sympathie. En écrivant .1V0C une dissolution de chlorure de cobalt, l'écriture ro^c très-pàle est presque invisible; mais si on l'approche du feu, elle devient bleue et facile à lire (voyez liNcnK).

COBALT (Minéralogie). — Le cobalt natif n'existe qu'associé au fer natif dans quelques pierres météoriipies, mais il entre dans la constitution de quelques minerais dont le plus important est le cubait gris. Les principaux sont les suivants :

Cnbult arséniate oa liri/lhrine (Ticud^i.nl). — Rem.1I>qualile par sa couleur fli-irr di^ pêcher. Deirsité, 'i,'^b; système cristallin ; prisme oblique rhomboidal sur les angles de bh°\!>' et de IOi°i;).

Cobalt arsenical ou Smaltine (Boudant). — D'un gris d'acier, noircissant ;Y l'air. Sa densité est environ de U,4. Il cristallise dans le système cubique.

Cobalt gris ou Cottaltine (Ueudant). — Il rossemblts art pn'c(kliint par sa coirleur i]rri a cependant itne légèr-e tcirrh- .■iHii;>'.i'iT. Dr plus, il |i,iss,\ir in,is .■liv,'i;;os i-oridiri-iarii ,iu rnlir ri ,m1. . i.- ii . ■|tirinni. m h-, i,,rnics

héniir(lrr.|lir,,|ll,|n,lr, .u,llV| r,,l.,;-ll,,l ri .Ir T , r r -, , ,r,hv.

Ce mi'rii-iMl qm, |i;u n.i |i..mIimii, m- moiiliv ,umiuo

un arséirio-siilline de cuLiail, est itnu des subslaitce» les

COG

COC

plus remarquables par la netteté et la beauté des formes cristallines. Sa densité est C,30. On le rencontre en filons dans les terrains anciens.

On trouve encore dans la nature un osyde noir de cobalt, du cobalt sulfuré et le cobalt sulfaté ; mais ces minerais ont peu d'importance. Lef.

COB\YE iZoologie), vulgairement Cochon dlncle; Anuma, F. Cuv. ; Cnvici, Ilig. — Genre de Mnimmferes ronr/eurs, division des .UoWociCu/ei, détachce par t. Cuvier des Cabiais, qu'ils représentent en petit; seulement, ils ont les doigts séparés, deux incisives à chaque mâchoire, quatre molaires ; la lèvre supérieure entière ; point de queue. L'espèce la plus connue, \e Cochon d'Inde {Aperea, d'Azara; Cavia cofxaja, Pall. ; Mus porcellus Lin.), e^t couuu de tout le monde; originaire du Brésil, il est très-miiltiplié aujourd'hui en Europe, où on l'élève dans les maisons , parce qu'on pense que son odeur chaise les rats. On le nourrit avec toutes sortes d herbes et de fruits, du sou, de la farine, du pain. « Ils aiment le persil de préférence à toutes les plantes ; ils ne boivent jamais, et cependant ils urinent beaucoup ; ils out un petit grognement semblable à celui d'un petit cochon de lait » ^Desmaresi). Leur chair est fade et insipide ; peutêtre cela tient- il à ce qu'ils sont continuellement enfermés dans des espaces étroits. Il y a lieu de penser que cette espèce vient d'un animal d'origine américaine nommé Apeiea, de même taille et de même forme, sur lequel d'Azara nous a donné des notions positives. Il est long de 0",28, se cache daus les trous des rochers et on léchasse comme un bon gibier; il abonde au Brésil et au Paraguay ; il court assez vite, est doux et s'apprivoise facilement (voyez Essai sur l'/dsloire naturelle des quadrupèdes du Pararjuuy, d'Azara; traduit par Moreau de Saint-Mery. -1 vol. in-8. Paris, 1801).

COBITIS (Zoologie), Cobitis, Lin. — Nom scientifique du genre Loc/ie (poisson).

COCA (Botanique), nom péruvien. — Espèce de plantes du genre En/ttuoj.tjlum, type de la famille des Ery- Ihroxijlées. VE. coca, Cav., est un arbrisseau du Pérou, à feuilles alterues très-entières, à stipules axillaires. On emploie souvent, daus les endroits où il croît spontanément, ses feuilles pour les maladies d'estomac et d'intestins. Les Indiens qui travaillent à l'exploitation ^ des raines mâchent sans cesse ces feuilles mêlées avec , les cendres (nommées ypa) de l'ansérine quiuoa {clienopodium quinoa), et doivent à cet usage la force de résister à la fatigue et à l'ennui de leurs travaux pénibles et dangereux. Lorsque l'emploi de cette substance masticatoire dégénère en abus, — ce qui-arrive souvent chez les Indiens, — il se produit dans l'organisme une excitation analogue à celle produite par l'opium.

COCCINELLE (Zoologie), Coccinella, Lin. — Genre d'Insecles coléoptères^ section des Trimères, famille des Aphidiphayes ; ils ont le corps presque hémisphérique, le corselet très-court, presque en forme de croissant. Plusieurs espèces sont très-répandues dans nos jardins, sur les arbres, sur toutes les plantes; on les connaît vulgairement sous les noms de Scarabées hémisphériques, Béies à bon Dieu, Bêtes de la Vierge, etc. Ce sont de petits insectes très-communs dont les enfants s'amusent beaucoup et qui paraissent des premiers au printemps; ils se nourrissent de pucerons, et, sous ce rapport, ils ne sont pas sans utilité. Les larves des coccinelles ont le corps allongé, conique et divisé en douze anneaux ; elles se nourrissent de la même manière. La C. à sept points (C. seiAem punctata, Lin.), longue de 0",008, est noire, les étuis rouges, trois points noirs sur chacun, un septième au milieu, la plus commune de notre pays. Il y en a plus de ci^nt cinquante espèces.

COCCULE (Botanique , CocaiJus, de Cand., de coccus, nom donné par les Latins, d'après les Grecs, à la graine d'écarlate. Les fruits des plantes de ce genre sont ordinairement rouges. — Genre de plantes do la famille des Ménispermées. Il comprend des plantes, en général dioiqucs, à 3 ou G sépales ; pétales en même nombre ; les mâles â 0 étainines distinctes; les femelles à i-d ovaires devenant des drupes. Le C. à feuilles de laurier (C. laurifolius, de Cand. ; Menispennum laurifolium, Roxb.) est un arbuste du Népaul. Ses rameaux délicats, d'un vert jaunâtre, et ses feuilles persistantes sont d'un Joli cflet dans les serres tempérées. Le C. subéreux (C. suberiisu<, D. C; Aiwmirtu rorruhi<:, Wipht et Arnott) est un arbrisseau grimpant, élevé <lo tmls à quatre mètres. Il croit dans le sable, au milieu des rochers, sur les côtes de 1 ile de Ceylan, du Malabar, de Java, etc. Ses fruits, qui renferment un violent poison,

sont connus en médecine sons le nom de coques du Levant. Le Colombo est la racine d'un Coccule (voy. CuLOMiiO). COCtJVX (Anatomie), en grec A-'A/c«j', qui veut dira coucou, parce que, dit-on, on a trouvé quelque ressemblance entre cet os et le bec d'un coucou. — C'est uu petit os triangulaire courbé d'arrière en avant; sa base, tournée en haut, s'articule avec la partie inférieure du sacrum. Antérieurement, il correspond au rectum, qu'il protège et qu'il soutient. Il donne attache à plusieurs muscres. Chez les jeunes sujets, il est composé de quatre pièces réunies par des fibro-cartilages qui s'ossifient avec l'âge et soudent toutes ces pièces entre elles. Dans les animaux, le nombre de ces pièces ou vertèbres varie beaucoup ; elles manquent complètement chez un trèspetit nombre de mammifères (quelques roussettes) ; dans d'autres cas, on en compte jusqu'à trente : c'est ce qui constitue la queue (voyez ce mot).

COCHE .Zoologie). — Nom vulgaire de la Truie, femelle du Cochon (voyez ce dernier mot).

COCHÉES (PiLui.Fs) (Matière médicale). — On appelle ainsi des pilules purgatives officinales dans la composition desquelles entrent VHiera picra (électuaire d'aloès), le Stœrhas (Lavandula stœchas), le Turbtth [Convolvulus ;«)-p^//i«m), etc. Elles sont très-peu employéesanjourd'hui. COCHEVIS (Zoologie). — Espèce i'Oiseau du genro Alouette (voyez ce mol).

COCHENILLE (Zoologie), du grec ■:occos, petite graine qui donnait une couleur écarlate et dont la nature est peu connue. — Plusieurs espèces portent ce nom; deux d'entre elles vivent en Europe, les autres se trouvent réparties dans les diverses parties du monde. Linné a réuni les unes et les autres dans un même genre nommé Cochenille (Coccus), qui a été maintenu jusqu'ici dans les classifications. Les cochenilles sont de petits insectes de l'ordre des Hémiptères, ^ection des Horiuiptères, famille des Gallinsectes de Latreille. L'étude d'une des deux espèces, la C. du nopal, si précieuse par la teinture rouge qu'elle fournit au commerce, fera connaître la singulière existence de ces animaux.

Histoire naturelle de la cochenille du nopal {Coccus cacti. Lin.) — Le cactus nopal, répandu dans plusieurs provinces du Mexique, est la plante qui nourrit la cochenille fine sur ses larges raquettes à peu près dépourvues des épines que portent la plupart des autres cactus (voyez Raquette et Nopal). La présence des cochenilles se révèle à certaines époques sous la forme de gros globules rouges fi.\és à la surface des jeunes raquettes ; à d'autres moments par des taches blanches d'aspect farineux au milieu desquelles se sont cachés les globules rouges si visibles auparavant. Ces globules sont les cochenilles femelles qui, à leur plus grand développement, au moment de la ponte, atteignent jusqu'à 0",006 sur O^iUOi de largeur et 0°',002 d'épaisseur; elles sont fixées au nopal par leur bouche armée d'un bec plus long que leur corps, légèrement conoîde, très-mince et assez pointu. Leur corps, bombé sur le dos, aplati en dessous, montre neuf ou dix plis transverses d'autant moins marqués que l'animal est plus gros et qui limitent une dizaine d'anneaux; on distingue à la tête deux antennes filiformes, sous les trois anneaux suivants trois paires de pattes très-courtes, et à l'extrémité postérieure du corps deux soies fines, divergentes, beaucoup moins longues que l'animal lui-même. Avant d'avoir atteint son complet développement, la cochenille femelle se meut lourdement à la surface des raquettes du nopal ; à mesure qu'approche le temps de la gestation des œufs, elle augmente considérablement de volume en se renflant comme un petit pois, jusqu'au moment où elle se fixe délinitiyemeiit pour pondre. Alors elle donne issue, par un orifice placé sous l'extrémité postérieure du corps, à deux cent cinquante ou trois cents oeufs d'un rouge foncé, d'une forme ovale et fort petits, qui restent cachés sous leur mère ; celle-ci se couvre alors de cette sécrétion farineuse qui dissimule à ce moment l'insecte et sa famille. A mesure que l'expulsion des œufs vide le ventre de la cochenille, la paroi inférieure abdominale, repoussée on haut parles œufs mêmet, se rapproche do la paroi dorsale de manière à former sur la couvée une sorte de double coquille protectrice. Dans cette position, la mère meurt au bout di' quelques heures et se dessèche sur les œufs en les abritant de sa dépouille. L'éclosioii a lieu au bout de trois ou

COC 530

quatre jours; on voit alors sortir sous le bord postt'riour de la coque niateruclle de petites larves ronges, plates, ovales et visibles seulement à la loupe. Ces larves se répandent sur les plus jeunes rameaux des nopals, pour en sucer la stive en les piquant de leur bec ; après dix jours, elles subissent une mue, que suivent plusieurs antres, et leur corps ne cesse de grossir jusqu'au moment où leur abdomen s'emplit d'œufs, ce qui a lieu environ six semaines après leur naissance ; puis la ponte a lieu et elles meurent ; leur vie n'a duré que deux mois.

Dans tout ce qui précède, il n'a été parlé que des femelles; quant aux mâles, les naturalistes ne sont pas encore complètement fixés à leur égard. La plupart des auteurs considèrent comme tels des insectes rouges comme les cochenilles femelles, dont le corps étroit et allongé mesure à peine 0'°,002 de longueur et porte deux ailes notablement plus longues que l'abdomen, transparentes et croisées horizontalement sur le dos lorsque l'animal ne vole pas. La tète de ces petits insectes ailés est petite, pourvue de deux antennes filiformes assez longues et d'im bec rudimentaire insuffisant pour percer l'écorce du nopal : deux soies divei'gentes plus longues que le corps sont implantées à l'extrémité postérieure de l'abdomen. Ces cochenilles mâles vivraient seulement un mois, dont dix jours à l'état de larves semblables à celles des femelles, et quinze jours sous la forme de nymphes immobiles; leur vie à l'état parfait ne serait donc que de quatre ou cinq jours. Telles sont les idées adoptées d'après les travaux de Réaumur et de de Geer sur des espèces de nos paj'S, fort analogues à la cochenille du nopal. M. Costa, de Naples, les a contestées {Atli scienz. nat. nap., 1827. — Nuove Osservazioni ininrno aile Cocciniglie ed ai loro pretessi masc/ii, 1835; Faun, tiapol.), d'après ses propres observations sur une espèce également très-voisine; il regarde les petits insectes ailés comme des diptères ennemis des cochenilles et vivant à leurs dépens ; les mâles véritables seraient des individus un peu plus petits que les femelles, mais très-semblables à elles et que l'on a considérés auparavant comme de jeunes individus. M. Em. Blanchard {Dict. d'hist. nat. de d'Orbigny, t. IV, article Cochenille), après avoir observé, dans les serres du Muséum d'histoire naturelle de Paris, des cochenilles du nopal vivantes, regarde comme fondées les assertions de M. Costa, tout en avouant qu'elles sont eu contradiction avec tous les faits admis et ne sont pas encore entièrement démontrées.

La cochenille desséchée et mise en poudre sert à composer le carmin et la laque carminée (voyez Cakmin).

Lapremière description de la cochenille et du uopal fut donnée, en 1525, par Lopez de Gomara; jusqu'à lui la cochenille du commerce, désignée sous le nom de graine écarlate, était regardée comme une sorte de fruit et non comme un insecte desséché. En 1G92, le père Plumier démontra que la cochenille avait, par son organisation, des rapports avec les punaises; puis, en 1787, Thierry de Ménonvillc fit paraître un ouvrage qui, encore aujourd'hui, est le meilleur traité sur la culture du nopal et l'éducation de la cochenille. Les travaux de Réaumur sur les cochenilles européennes se trouvent dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des insectes.

Culture de la cochenille du nopal. — Originaire du Mexique, la cochenille se trouve à l'état sauvage dans les bois des différentes provinces de cet empire, sur diverses espèces de cactus nommées Nopal vulgaire, N. porte-cnclieiiitle, Tuna. La production des cochenilles pour le conunerce est due à une industrie spéciale comprenant nécessairement la culture du nopal et l'élevage de l'insecte.

La plantation ou nopalerie s'établit habituellement sur un teirai» découvert, abrité dos vents, que l'on clOt d'imc haie protccti-ice ; chaque nopalerio no comprend pas plu» d'un hectare. Après avoir égalisé et ameubli le terrain, on plante des boutures do nopal par rangées parallèles distantes de 1 mètre et à O",:)!) les unes des autres dans chaque rangée : il faut attendre trois ans pour mcltrc la nopalerie en rapport. .4 cette époque, on tèmc le» cochenille», c'est-à-dire que l'on fixe sur les plante» do petit» saclicls ou do petits panier» contenant de» conlieiiille» femelles prêtes à pondre. Peu do jour» après, le» Jeune» larve» se répandent sur les pousse» nouvelle» du nopal. La récolte qui se prépare ainsi peut Ctrn détruite par |c'» pluie» ou le» vents ; on conjure ce danger en étejidanl, s'il est besoin, des paillasson» sur le» plants. Au Mexique, pendant le» six mois de la saison de» pluie», ceitain» propriétaire» conservent même les coclicnillus sur dus nopal» qu'ils rentrent dans

COC

leurs habitations. Deux mois après se fait la récolte ; elle doit avoir lieu immédiatement avant la ponte, car les œufs de l'insecte constituent précisément cette matière carminée que recherche l'industrie humaine pour teindre nos étoffes. On coupe les raquettes couvertes de femelles gonflées d'œufs, on les brosse doucement avec un balai de palme ou avec un couteau non tranchant, et l'on reçoit les cochenilles ainsi détachées dans des paniers, des bassins en fer-blanc, ou simplement sur des toiles étendues au pied des nopals. Quelquefois on se dispense de couper les raquettes, mais il parait que cette opération est utile et équivaut à une sorte de taille périodique. Suivant Thierry de Ménonville, et conformément d'ailleurs aux suggestions du bon sens, il y a six génération» par an ; on pourrait peut-être faire autant de récoltes dans un pays où il n'y aurait pas de mauvaise saison; mais les générations qui naissent durant cette portion de l'année subissent de fortes pertes et servent seulement à assurer la production de nouvelles cochenilles ; en réalité on ne fait annuellement pas plus de trois récoltes, et souvent deux seulement.

A Malaga, en Espagne, où cette culture a été introduite avec succès depuis longtemps, on se borne habituellement à une seule récolte. Voici les époques indiquées par un propriétaire de nopaleries importantes : on sème les cochenilles du \" au |5 septembre et la ponte dure jusqu'aux premiers jours de décembre; en janvier, la moitié des petits a péri sous l'influence de l'hiver, pourtant si doux dans ce pays; les cochenilles survivantes pondent vers le milieu de février et jusqu'au 1" mai. Une nouvelle mise-bas a lieu du 25 mai au 1" juin. On récolte les femelles de cette génération du 15 août au 1"' octobre. Parfois on récolte une seconde fois en décembre; mais on obtient une qualité inférieure à celle de la première récolte. Au Mexique, on récolte toujours de\ix fois, l'une en juin, l'autre en septembre.

Les cochenilles recueillies par le procédé indiqué cidessus sont enfermées dans des paniers que l'on trempe dans l'eau bouillante pour tuer les insectes que l'on fait ensuite sécher d'abord au soleil, puis à l'ombre, sur des claies couvertes d'une toile. Par ce procédé, on obtient une cochenille dépouillée de sa poudre blanche, d'une couleur ronge brun, que l'on nomme ranaf/rida. Il vaut mieux les passer seulement dans un four chauffé à environ 80° cent. ; on a ainsi une cochenille d'un gris cendré, c'est la jaspeada. D'autres producteurs les tuent et les sèchent sur des plaques de fer chauffées; elles y deviennent noires et se vendent sous le nom de negra. Trois livres de cochenilles vivantes et pleines donnent une livre de cochenille sèche bonne A vendre; les cochenilles qui ont pondu se réduisent plus, il en faut quatre livres pour produire une livre de cochenille commerciale. Réaumur estimait qu'une livre de cochenilles sèches contenait G5 000 insectes ; M. Fée n'en admet que -42 000 ou 451100 par demi-kilogramme; cela doit dépendre de la qualité de la cochenille.

La cochenille a pour ennemis redoutables les larves des coccinelles (voyez ce mot).

Le commerce connaît trois qvialités de cochenilles : 1" qualité, la Mestèque ou C. fine (Ja^peadai; l' qualité, la Noire {Ranagrida ci Negra). un peu plus grosse ; 3' qualité, la Sglvestre, plus petite que les précédentes et qui paraît provenir d'une espèce distincte de la C. du nopal, que l'on a nommée C. syliestre ou Coccus tomcntosus, et qui vit au Mexique.

Production de la coclieni/le, — Le Mexique, berceau do la cochenille du nopal, en est encore aujourd'hui le principal pays de produetion, surtout à Mestèque et à Cuaxaca (pruviri.'- d.- llniidiM-as). A la fin du xvii' siècle, Thierry de M.'iiniiville iuiniiluisit ce précieux insecte à Saint-Domingue ou Haïti ; il en a complètement disparu au milieu des désordres de la révolution des noirs. Il y a une quarantaine d'années que les Espagnols ont réussi à naturaliser la cochenille du nopal aux lies Canaries et mCmo en Europe dans leurs provinces de Valence et d'Andalousie; peu de teiups après (1835), les Hollandais l'importaient aussi heureusement à Java; enfin, après plusieurs tentatives infructueuses faites do I8.'!l à ISiO, on paraît avoir réussi à produire la cochenille du Mexique en Algérie, n En 1853, dit M. le professeur Moquin- Tandon, dans la seule province d'Alger, on comptait quatorze! nopaleries, contenant G150I» nopals, et leurs produit» so vendaient jusqu'à 15 frane» le kilogramme. » Cette situation prospère a continué juscpi'en 1858; puis cette culture est tombée dans l'abandon sans disparaître entièrement. Quant nu comuicrce général de la cocho-

coc

COC

nille, je me bornerai, pour donner une idée de son importance, à dire que la France en reçoit actuellement par année environ ïnOOim kil. dont la valeur peut être estimée à 3 millions de francs.

Autres espèces du genre Cochenille. — Le genre Cochenille ou Cocciis, de Linné, est aujourd'hui généralement remplacé par deux genres : Kermès (Chermes, Geoff.) et Cochenille (,Coccus, Geoff.); ce dernier genre ainsi limité est caractérisé par un corps épais, mon, privé d'ailes; neuf articles aux antennes, au moins chez les femelles, et un seul article à tous les tarses. Outre la C. du nopal et la C. sylvestre déjà indiquées, on peut encore citer dans ce genre la C. des serres (C. adonidum), la C. laque (C. lacca) et enfin la C. de Pologne (C. polonicus), que la plupart des entomologistes placent dans un genre spécial nommé Porphyrophora .

La C. des serres, importée du Sénégal avec des plantes (Je ce pays, s'est naturalisée dans les serres du Muséum de Paris; sa couleur est seulement rosée ; elle n'est emplojée à aucun usage. — La C. /n^ueestune espèce extrêmement précieuse qui vit aux Indes sur divers figuiers, jujubiers et quelques autres plantes ; elle est l'objet d'une exploitation importante, car elle fournit la laque du commerce (voyez Laque). — La C. de Pologne, ou Sang de saint Jean, vit en Pologne et en Russie, mais rarement en France, sur les racines de diverses plantes, la Gnavelle virace [Scleranthus perennis. Lin.), la Potentille blanche {Potentilla alba. Lin.) et la P. rampante [P. reptanSyLin.) et plusieurs espèces de Renouées {Polygonum). On en tire une couleur rouge sanguin l'n peu plus foncée que celle de la cochenille du nopal ; cette couleur est encore employée quelque peu dans les pays où cet insecte est commun. Une autre espèce d'Arménie, très-semblable à celle de Pologne, fournit une couleur rouge aux habitants de l'Asie Mineure. La C. du chêne vert n'appartient plus à ce genre (V. Kermès). Ad. F.

COCHLEARIA (Botanique), Cochlearia, Tourn., de cochlear, cuiller, ayant pour radical coc, mot celtique par lequel on désigne toute chose creuse. Les feuilles de quelques espèces ont la forme de cuillers. — Genre de plantes de la famille des Crucifères, tribu des Alyssine'es. Les cochléarias sont des plantes herbacées ou vivaces, à feuilles de forme variable, sagittées ou auriculées, fleurs généralement blanches. Le C. ofpcirud [C. officinalis. Lin.), appelé aussi Herbe aux cuit/ers, est une petite plante annuelle presque couchée, à feuilles lisses et succulentes. Il croit spontanément dans les lieux humides, bourbeux des régions du nord, au bord de la mer. Sa saveur est acre et piquante. Cette plante est incisive, détersive, et fournit un remède efficace contre les maladies scorbutiques. Ou la cultive dans les jardins, parce que son emploi dans l'état frais est toujours préférable. Dans certains pays, on la mange en guise de saladet Les Irlandais surtout l'emploient fréquemment comme condiment. Le C. rustique {A. armoracia, Lin.), appelé aussi Raifort sauvage, Cranson, Moutarde cfAllemogne. Moutarde de capucin. Cran de Bretagne, etc., est une herbe vivace qui s'élève quelquefois jusqu'à 1 inètre. Sa racine est charnue. Ses feuilles inférieures sont grandes, oblongues, crénelées. Ses fleurs, disposées en grappes courtes, sont blanches, ainsi que celles de la précédente espèce. Elle vient dans les endroits humides, au bord des ruisseaux, dans l'Europe septentrionale. On en trouve abondamment en Angleterre et mémo en France. Sa racine, grosse comme un fort radis, sert d'aliment; râpée et mêlée avec du vinaigre, elle oiïre une saveur piquante et peut remplacer la moutarde. Ses propriétés sont aussi fortement antiscorbutiques. Caractères du genre : silicule cordiformc, renflée, échancréc, un peu rude; valves ventrues, obtuses; graines non ailées connne celles de quelques genres voisius ; cotylédons plans, radicule latérale. G — s.

COCHON (Zoologie), Sus, Lin. — Au point de vue de l'économie domestique, le cochon est un des animaux les plus intéressants à étudier et à connaître ; il en sera question plus loin. Considéré dans le cadre zoologique, cet animal forme, dans la méthode de Cuvier, le grand genre Coc/ion, compren;uit les sous-genrcs Coc/ioii proprement dit, Phncocho-res, Pécaris. Dans la classification do Is. Geofl'roy-Saint-Ililairc, c'est le type de la famille des Suidés, divisée elle-même en genres Pécaris, liabiroussas, Phncuclio:ri:s, Cochons ou Sangliers. Ils appartiennent à l'ordre des Pncliydennes, classe des Mammifères. Les cochons se distinguent parce qu'ils ont à tous les pieds deux doigts mitoyens grands et armés de forts sabots, et deux latéraux beaucoup plus courts et ne tou-

ch;uit presque pas à terre ; les dents incisives, au nombre de six à chaque mâchoire, celles du bas toujours cou- r chées en avant, des canines sortant de la bouche et se recourbant vers le haut ; le museau terminé par un boutoir tronqué propre à fouir la terre et renfermant un petit os particulier, nommé Vos du boutoir ;oTe\]\es médiocres, yeux petits, corps couvert de poils roides et longs nommés soies, assez rares, queue courte et grêle ; ils ont le sens de l'odorat très-fin. Ce genre peut être divisé en plusieurs espèces qui ont pour type le Sanglier {Sus scophra, Lin., Bufl'.): c'est la souche de nos cochons domestiques et de leurs variétés; il aies défenses prismatiques, recourbées en dehors et un peu vers le haut, le corps trapu, les oreilles droites, le poil hérissé, etc. Il existe plusieurs autres espèces du même groupe ; il en sera traité plus longuement au mot Sanglier. Le Coclioyi domestique présente des variétés infinies par sa grandeur, la hauteur de ses jambes, la direction de ses oreilles, sa couleur; mais, malgré l'ancienneté de sa domesticité, son naturel est resté brut, sauvage et tout à fait rustique ; sa voracité et sa gloutonnerie sont connues; tcut lui est bon pour remplir son estomac : la chair, les fruits, les racines, lesvers, les plantes et même celles qui sont vénéneuses, et c'est là précisément une précieuse qualité qui rend sa nourriture facile ; du reste, on connaît l'excellence de sa chair, la propriété qu'elle a de se conserver longtemps au moyen du sel et de fournir ainsi une ressource importante pour l'alimentation des populations rurales surtout. Un autre avantage qu'il présente, c'est une fécondité prodigieuse, puisqu'une truie peut mettre bas jusqu'à douze ou quatorze petits et souvent deux fois par an. Elle porte quatre mois; le cochon grandit jusqu'à cinq ou six ans et en peut vivre vingt.

Cochon (Économie domestique). — Le cochon est l'animal domestique le plus généralement répandu partout. Sa nourriture, nous l'avons dit, est facile, peu coilteuse dans les ménages de la campagne, et c'est souvent la seule viande qu'il soit donné au travailleur peu fortuné de consommer. La plus grande partie de nos gens de la campagne en font leur nourriture journalière, et sans le lard et les autres pièces de porc dont ils s'approvisionnent, ils seraient souvent réduits à manger leur p.iin sec. Le jour où le villageois tue son cochon est un jour de fête; il distribue des portions de la dépouille à ses voisins, à ses amis ; les morceaux de choix sont offerts aux personnes que l'on honore, et souvent la soirée est terminée par un sou])er oij la table est couverte de viande de cochon, de boudin, etc. Nous avons déjà parlé de la nourriture du cochon au point de vue de sa voracité; mais lorsqu'il est conduit dans les bois, il mange avec délices les glands, les faines et autres fruits sauvages, et, dans les campagnes, il ne dédaigne pas de i amasser les grains après la moisson ; il recherche les trutTes avec ardeur; aussi est-ce un moyen qu'on emploie souvent pour découvrir ce précieux champignon. Du reste, ces animaux, dont le cuir est épais et la graisse abondante, recherchent les lieux humides et la fange pour s'y vautrer. L'usage du cochon comme animal domestique destiné à la nourriture de l'hoinnie, est très-ancien ; cependant aucune métliode de perfectionnement n'était employée pour son élevage, et ce n'est guère que depuis un siècle environ qu'on est entré dans cette voie. Mais aujourd'hui, après toutes les modifications que la domesticité a fait subir à l'espèce porcine, on ne doit ji.as être étonné de la quantité prodigieuse de races et de variétés qu'on rencontre dans toutes les contrées. D'après les zootechniciens les plus autorisés, on peut grouper toutes ces variétés dans deux sections : l'une, que l'on désignera sous le nom de rar."s naturelles, comprend celles d'anciemie date, dont la création et l'origine sont très-anciennes et qui sont plus particulièrement liées àdes pays, à des climats, à des localités spéciales. Par opposition, on désignera sous le nom de races artificielles celles qui, par les progrès récents de l'agriculture, par ceux qui ont été faits dans l'élevage et la production des animaux domestiques, ont été plus ou moins soustraites aux influences naturelles et qui sont pour ainsi dire le fruit des soins plus grands des éleveurs.

Parmi les races naturelles, on distingue : l° les Porcs à grandes oreilles; ils sont haut jambes, ont la poitrine aplatie, le dos convexe, recourbé ; leurs oreilles sont flasques et pendantes; ils courent assez bien ; en général, ce sont les plus grands et les plus lourds de tous les porcs, mais leur développement est lent ci tardif; on ne peut guère les livrer à l'engrai^semcjit avant deux ans.

COG

COC

On les trouve en France et dans presque toute l'Europe. Chez nous, ils constituent les races craonnaùe, normande [fia. 681), churolaise, bourguignonne, etc. ; 2° le Porc africain noir a le dos large, l'écliine droite, les jambes plus courtes, les oreilles droites, rele\ées et pointues, les joues épaisses, le cou court, le groin allongé, les soies rares, fines, de couleur foncée. On le trouve en Italie, où il est représenté par le type Xopo/itain; 3° le Porc à soies frisées a le corps court, les oreilles droites, pointues, dirigées en haut et en avant, les soies frisées et comme feutrées; taille au-dessous de la moyenne du porc à longues

oreilles. Il a pour type le C. turc; on le retrouve en Pologne; 4° :e Porc indien a les côtes très-recourbées, le dos large et enfoncé vers son milieu, les oreilles courtes et relevées, le front haut, le boutoir court ; il est généralement noir; il y en a en Cliine des variétés blanches, tachetées etc. ; leurs jambes sont si courtes que, dans l'engraissement, leur ventre touche à terre. Le C. chinois, le Tonguin, le C. de Siiim sont de cette race. Depuis quelques années on les a beaucoup employés pour le croisement de nos races.

Les races artificielles sont plus particulièrement des

:. 581. — Tore normand.

races agricoles; elles ont, en général, le torse approchant créées; elles sont très-nombreuses et se modifient tous d'un parallélogramme, l'ossature, la tête et les membres les jours. On peut les diviser en races noires et races petits; les soies sont fines, rares, la peau mince, le cou blanches; nous n'en citerons ici que deux exemples : large;' elles donnent à l'abatage très-peu de déchet. | 1° la grande race d'York {fig. 582), le type des grands C'(.st surtout l'Angleterre qui est la patrie des races i porcs anglais; il est généralement blanc et résulte de

l'ancienne race Indigi ne améliorée par le porc indien. 1 noirs améliorés ilo l'Anglelcrro; il a été importé dans Jl n été beaucoup imporié sur le conlin-'nl où il a él<:' beaucoup do pays où il est très-ostimé pour sa féconprûné ; 2° le i'orc d Esscx {fi'j. 683), type des petits porcs | dilé. 11 est le résultat du croiscmeul avec le porc napo-

COC 533

COC

litain, auquel il ressemble beaucoup. Tous ces aiiinnu\ ont les os minces, la tète petite, les oreilles piDiitui -. e dressées, les jambes courtes, le corps cylmJi npio IN

sont très-aptps à l'en-

graissement (voyez , , "-' — -- Engkaissement Élevage, PorCHEPlE, Ponc, Races)

Le cochon est sujet à quelques mal i diei qui pemeut n grande partie tie évitées par les s m-, de l'hygiène i -,i des porcheries n 1 saines, la nnu\ nourriture, les lI genients brusques di température, 1 1 \( ts ou le manque d e\eicice , peuvent eau ser des angviPS dont le traitement sera à peu de chose pn s le même que dans l'espfece humaine. Ils peuvent aussi être affectés de ladrerie, de diarr/iée, de constipation, de la soio ou du soi/on, etc. (voyez ces mots).

Cochon d'.Àmériqie (Zoologie). — C'est le nom qu'on donne quelquefois au Pécari.

Cochon CEr.F (Zoologie). — Nom vulgaire du BaUronssa.

Cochon d'Inde (Zoologie). — Voyez Cobaye.

Cochon de lait (Zoologie). — Petit cochon qui tête encore. — Voyez Cochon.

Cochon marin (Zoologie), Phoca porcina, Molina. — Espèce de Mnmini/erex de l'ordre des Amphihiex, genre plio'jue. Ce sont d"s animaux carnivores aquaticiues qu'on voit quelquefois sur la côte du Chili. On le regardait généralement comme de l'espèce du lion marin. Mais Molina le distingue de celui-ci par des oreilles plus relevées et un museau plus allongé.

Cochon de terre (Znologie). — Nom vulgaire donné par les Hollandais du cap de Bonne-Espérance à YOrycti'rope du cap {ilyrmecophac/n capensif, Pall., espèce du genre Oryctérope , Mammifère de l'ordre des Edcntés, voisin des Fourmiliers, auxquels il ressemble surtout par sa langue filiforme et qui peut s'allonger beaucoup. Il est un peu plus grand qu'un blaireau, bas sur jambes, à poil ras. Il habite dans des trous qu'il creuse avec une grande facilité au moyen de ses doigis antérieurs et postérieurs tous armés de fortes griffes aplaties. Il est bon à manger.

COCHYLIS , Znologie), Cochylix, Treits., du grec /coycliulê, nom d un co(|uillage d"où l'on tirait la poiirpre. — Genre i'imecti'.s /épidoptrres, famille des Nocturnes, section des Tordcuses, émbli par Treitschke aux dépens des Pyrales de Fabricius. Ce sont de petits papillons d'un a.spect luisant et nacré, dont la chenille cause dans quelques pays des dégâts analogues à ceux de la pyrale. Ils ont en\iron 0",010 d'envergure et sont eu général d'un jaune d'ocie.

COCO (Botaiii(iue). — Fruit du Cocotier.

COCON (Zoologie). — Ou donne le nom de cocon à de petits sacs dont divers animaux entourent leurs œufs ou dont certains insectes s'enveloppent pour se transformer en chrysalides ou en nymphes. La matière qui forme le cocon est tantôt, comme chez les sangsues, nne matière muqueuse coiiciOtéc, tantôt, et le plus souvent, un tissu soyeux ourdi par l'animal avec des fils qu'il a la faculté de produire à l'aide d'organes spéciaux ; les araignées, les insectes lépidoptères (papillons, bombyx) filent particulièrement des cocons fort remarquables. Le plus célèbre est le cocon du ver à soie qui fournit à l'industrie humaine le fil de soie propre à fabriquer les plus beaux tissus qu'elle produise (voyez Abaionke, Arcïronete, Ver a soie, Iîombyx, LÉPinOPxiinES, Fourmilion, Sangsue, etc.).

COCOliLI (Zoologie). — Cuvier a établi à cflté des Miiiii 11,-s tir iiirr{Pidiil7ia,Cuv.) un sous-giMire d'Oi^onu.r (V/«)vM, ,v Ininiirnstres, faisant partie du genre tldaissc. Ils ne iliilViTMl (lu reste des alouettes de mer que parce i|Ui' liiii' bi c- rst on \tr\i aripii'. I.'esjièce t\ pe, la srule

connue, Soill,l„li sl,l„li;ll,llll,(;i\U'\.; Sllill'ninis ,l/rtr,l-

n«v, Lath , est nuiiatic i-n drssus I hiuT; \r dns imlirlé de noir et de fauve l'élc. Ou lu rencontre paituul, mais elle est rare.

rorOTE (VLtcrmaire). — On appelle ainsi une maladi( h plus sdiuent c'pizootiqucqiii sévit particulièrement SU! Us|PLLi boMUL et est caractérisée par des aphthes sur la muqueuse de la bouche, entre les onglons et souvent aux mamelles. Cette affection, qui est contagieuse, débute par la perte de l'appétit, la soif, la sécheresse di nez, de la langue, Iii l'ougeur de laboucIh', etc. Les animaux maigrissent , ils mâchent avec difculté ; quelquefois les onglons des pieds se détachent et tombent, ce qui rend le rétablissement trèslong à cause de la lenteur de la reproduction de la corne. Malgré la gravité apparente de ces symptômes, cette maladie fait rarement périr les animaux. Le traitement consiste dans l'emploi des astringents en lotions, en injections ; mais une chose importante, c'est l'assainissement des étables, des lieux que fréquentent les bestiaux et souvent l'abandon momentané des étables malsaines. COCOTIElî (Botanique), Cocos, Lin. Il est généralement admis que ce mot est dérivé du latin coccus, coque. Cependant, d'après Garcia d'Orta, les Portugais auraient donné le nom de coquo, parce que la noix de cet arbre ressemble, par la disposition des trois trous qu'elle présente à sa surface, à la figure d'un singe macaque (mac ICO ou macoco en portugais). Les nègres de la côte d'Afrique avaient déjà fait la remarque que certains singes font entendre un cri pouvant se traduire à peu près par le mot coco. — Genre de Pnlniiers, type de la tribu

— Porc ingtais dit de peUle

Kij. h«4. - l.c Coi-olier i-l le Vaquoit. (I.e Cocotier vsl sur lu dcvaiii.)

des Cocotne'es. Il renferme un petit nombre d'espèces, tontes utiles sous plusieurs rapports; mais une surtout peut être regardée comme un des plus précieux dons de la nature pour les habitants des pays où elle se trouve-, c'est le C. ordiiiiiire (C. nncifcra. Lin.). Il s'élève ordinairement à la hauteur de 20 i '25 mètres. Le diamètre

coc

de sa tige est de 0°',30 h 0m,50. Ses feuilles, longues de 4 à's mètres, sont formées de pinnules lancéolées, étroites, aiguës, ayant de 1",50 à 2 mètres de longueur. Ses fleurs sont disposées eu épi ramifié nommé régime, lequel est enveloppé à sa naissance dans une grande feuille, la spathe. Aux ovaires que renferment les nombreuses fleurs femelles succèdent des fruits nommés cocos qui ne sont guère, sur le régime, qu'au nombre de quinze à vingt destinés à parvenir à la maturité. Al'àgedesept mois, ce fruit a acquis toute sa grosseur. C'est une drupe fibreuse, de la grosseur de la tête d'un homme. Quatre parties principales la composent : le brou, la noix, l'amande et l'eau. Le brou est composé d'une substance en partie fibreuse. La noix, qui est de couleur brune et dure comme l'ivoire, présente trois nervures qui la divisent en trois parties inégales. L'amande est blanche, huileuse, et donne par la pression un liquide blanc, sucré, mucilagineux ; elle tapisse en quelque sorte les parois de la noix. L'eau de coco renfermée dans la cavité de l'amande est appelée cytob/asfème ; c'est l'albumen ou périsperme destiné à nourrir le jeune embryon au moment de la germination. Le cocotier habite de préférence le bord de la mer d'une zone dout la température moyenne n"a pas moins de 20°. Il est abondant dans l'Inde méridionale, Ceylan, la Malaisie, le Mexique et l'Afrique occidentale. Sa véritable patrie est incertaine. Le cocotier fleurit à peu près tous les mois ; il ne commence guère à rapporter qu'à l'âge de cinq ans. Sa fécondité est extraordinaire. On a compté sur un seul pied cent cinquante fruits déjà gros. Comme ceux de la plupart des palmiers, les usages du cocotier sont nombreux. Le bois est employé pour la charpente ; l'ébénisterie en fait aussi de très-jolis meubles. Les feuilles servent généralement à couvrir les cases des indigènes; on en fait aussi des objets de toute sorte, des paniers, des éventails, des chapeaux, etc. Dans certaines localités, on en fait même des vêtements. On obtient, par des incisions pratiquées sur les régimes, une liqueur connue sous le nom de vin de palme, et qtie donnent aussi d'autres palmiers. Le bourgeon terminal se mange comme le chou palmiste. Les Indiens appellent saggai-y-, — dont nous avons fait sagyre, — le sucre qu'ils obtiennent par évaporation du vin de palme. On obtient aussi par la distillation, de l'alcool connu sous le nom à'arack. Le entre est le brou de la noix et sert à faire de la filasse dont on fabrique d'excellentes cordes. L'amande est un aliment de première nécessité pour les peuplades de l'Océanie. On en prépare souvent une foule de friandises. Mais le point le plus important est celui de ses propriétés oléagineuses. L'huile de coco est connue en Europe sous le nom de Ijeun-e de coco ; elle est un mélange de plusieurs matières grasses ; on l'obtient par pression ;elle est employée à de nombreux usages, entre autres pour les préparations culinaires et l'éclairage. L'eau ou le lait de coco, qui est la boisson par excellence, est claire, très fluide ; clic est douce, rafraîchissante et légèrement astringente. Tous les voyageurs et navigateurs qui ont été i même d'observer ses efl'ets, ont déclaré que l'eau de coco était le plus puissant antiscorbutique connu. Comme tous les végétaux importants, le cocotier a été le sujet d'une foule d'anecdotes et de fables. Chez certains iieuples barbares, il jouit d'une grande vénération et de propriétés dont la superstition l'a seule doté. Parmi les autres espèces les plus importantes du genre Cocotier, on distingue le C. flexucux (C. flexuosa, Mart.), arbre qui ne s'élève guère à plus de 5 mètres et qui croît dans le Brésil. Ses fruits sont oblongs, verts, prolongés en bec. Le C. comestible (C. oleracea, Mart.), au contraire, est un arbre très-élevé qui atteint quelquefois jusqu'à 30 mètres. Sa spathe, longue de 0'",50 à 0°,'0, est par.semée dans sa jeunesse de flocons de poils cotonneux. Cette espèce, dont le bourgeon terminal est très-esiimé en salade, croît aussi dans les forêts du Brésil. Caracl. du genre : fleurs monoïques dans le même spadicc accon)|)agné d'une spathe, simple, ligni'usc, toutes à 3 sépales et .'i pétales; mftles, ti étamines ; femelles, ovaire ovoïde ou globuleux à 1 loge parfaite sur 3; 3 stigmates pyrauiidaux ; fruit; drupe ovah^trigone, à rnésocarpe llbreux, à noyau dur, avec 3 porcs à la ba.sc. G — s.

(;0CU1";TF., CocmsiK, Cbéte de coq (Botanique). —

Voyez HllINANfllUS.

COCTIO^ (Physiologie, Médecine). — On a donné ce nr.ni à l'une de» ihéoriis par lesquelles on a cherché à expliquer le travail de la digestion de» aliments; mais si quelques physiologiste» ont pu croire que le» substances jjjtroUuite» dan» Pcslomac y subissaient une véritable

coction, tel n'a pas été le sens que les anciens ont voulu donnera cette expression qui représentait peureux l'idée d'une élaboration de ces substances en vertu de laquelle elles étaient transformées en une matière homogène nommée chyme, destinée elle-même à dtfnouvelles transformations, de nouvelles coctions, avant d'être converties en sang. Voilà le sens «métaphorique que les anciens donnaient à ce mot en pliysiologie.

Ces quelques mots pourront faire comprendre la théorie de la coction dans les maladies aiguës, due à Hippocrate qui l'a énoncée brièveinent. Une maladie aiguë qui se termine heureusement passe par trois états : crudite', coction, crise. Dans le premier état, il y a dureté du pouls, sécheresse, aridité delà peau, de la langue, etc., et, par conséquent, suppression génér.ale ou partielle des excrétions. Cet état dure plus ou moins longtemps, jusqu'à ce que les matières morbides, changées, élaborées pendant ce travail de crudité, deviennent enfin mobiles et propres à être évacuées ; c'est à raison de cette mobilité que la nature médicatrice les pousse, les dirige vers les émonctoires naturels, tels que la peau, les reins, les intestins, etc. Alors la circulation rentre dans sou mouvement naturel, la peau s'adoucit, s'humecte, les évacuations reprennent leur régularité; la coction est opérée et a ainené à sa suite la troisième période, celle des crises (voyez ce mot). Ces considérations, que nous ne pouvons développer plus longuement, ont une grande importance au point de vue du traitement des maladies, qui doit toujours être dirigé en vue de favoriser la marche régulière de chacune de ces périodes. F — N.

CODÉINE (Chimie) (C^eH^'AzO»). — Alcaloïde qui se rencontre dans l'opium en même temps que la morphine et la narcotine. Il est constitué par des cristaux octaédriques à base rhombe, d'une grande netteté ; sa saveur est amère; sa solubilité dans l'eau plus grande que celle de la morphine; son action sur les réactifs colorés, nettement alcaline. Il fond vers 150° et perd alors deux équivalents d'eau de cristallisation. — La codéine sedistingue nettement de la morphine par son insolubilité dans les alcalis en solution dans l'eau, par l'absence de coloration au contact de l'acide azotique et du sesquichlorure de fer. — Ou l'obtient, comme produit second.iire, dans l'extractioEi de la morphine. Les chlorhydrates de morphine et de coiléine sont obtenus simultanément. On les traite par l'ammoniaque qui précipite la morphine, et forme avec la codéine un chlorhydrate double de codéine et d'ammoniaque. Le sel double, qui demeure dissous, est traité par la potasse pour en séparer la codéine sons la forme d'une masse visqueuse qui, à la longue, devient cristalline. Ce dernier produit est lui-même soumis à l'action de l'éther aqueux, qui le dissout en partie et abandonne ensuite la codéine cristallisée. — La codéine a été quelquefois employée en médecine comme calmant. Elle agit principalement sur les nerfs de la région hypogastrique. Découverte par Robiquet, en 1832.

CODEX. — Voyez Formulaibe, Uispensaire.

CC8ECUM et mieux C.ecu.m (Anatomie), du latm cœcus, aveugle. — C'est le nom que l'on donne à la première portion du gros intestin; celui-ci reçoit l'intestin grêle par côté et commence lui-même par un cul-de-sac trèsdévoloppé chez les herbivores, presque nul chez les car-

rl|t. 895. - Cœcum Je l'hommo (I). Fig. liSC - Valvule iloo-ccccale (1).

nivoics et nettement indiqué dans l'hommo : c'est le ccccum (de cœcus). Il est muni, chez ce dormor et cliez

(Il Fil! liSS. Cœcum de l'iiommc. - i. Malhi grilc, son i„se.lion .Un. le gros intestin. - cœ, cœcum avec suu appeuilicc vcriiiioulairc 011. — co, célon nsccnclniit.

(2) F r 590. Dessin linéaire de r.,b.„,-h>.n,onl .le l'.ntcstin

— V, appcuilice vcrmiformc.

quelques animaux très-voisins, d'un petit prolongement contourné nommé appendice vermifûnne, et qui semble une portion avortée de ce cul-de-sac membraneux. L'intestin grêle pénètre dans lo gros intestin par sa face postérieure, à peu près perpendiculairement à sa direction générale. En s'y abouchant, il forme un repli intérieur «n entonnoir dont le bec dirigé vers le gros intestin ne laisse passer que les matières qui doivent y pénétrer, puis se rebrousse et fait obstacle dès qu'il s'en présente pour revenir en sens inverse. Ce repli a reçu le nom de valvule de Bauhùi, valoule ileo-cœca/e, parce qu'elle est placée sur la limite du cœcum et de l'intestin grêle dont la dernière moitié environ porte le nom d'ile'on. Le cœcum se continue avec la portion du cûlon nommé côlon ascendant (voyez Côlon).

CODEX MÉDICAMENTAIRE (matière médicale), recueil de formules pharmaceutiques (voyez Dispensaire).

COEFFICIE.NT (Mathématiques). —Lorsqu'une quantité désignée par une lettre est multipliée par un facteur numérique, on écrit le facteur au-devant de cette quantité, et on l'appelle coefficient. Ainsi, dans l'expression bx^, 5 est le coelTiciont.

COENDOU (Zoologie), Si/netheres, F. Cuv. — Genre de Mammifères rongeur!;, de la tribu des Porcs-rpics, de F. Cuvier (voyez ce mot); caractérisé surtout par une queue longue, nue au bout et prenante comme celle d'un sapajou ; leurs pieds n'ont que quatre doigts armés d'ongles, au moyen desquels ils grimpent aux arbres ; ils ont le museau gros et court, garni d'épaisses moustaches ; la tête bombée au front. Leurs sens paraissent obtus, les yeux sont petits, saillants, les paupières très - étroites ; le pelage est presque entièrement formé d'épines tenant à la peau par un pédicule très-mince ; aussi tombentelles avec une grande facilité. Ces animaux vivent sur les arbres dont ils mangent l'écorce, les feuilles et les fruits. Leurs mouvements sont lents; on ne les a encore trouvés que dans l'Amérique méridionale. La seule espèce bien connue est le C. à lomjue queue (S. preliensilis, F. Cuv.), long de 0"", 36.

COEXUBE (Zoologie).— Voy. Ténia, Vers INTESTINAUX.

CCËUR (Anatomie), cor des Latins, harjin des.Grecs. — Organe qui a pour fonction de chasser le sang dans toutes les parties du corps. Chez l'homme, les mammifères et les oiseaux, le cœur est un organe charnu placé au milieu de la poitrine, sous le sternum et entre les deux poumons. Son volume chez l'homme est un peu plus grand que le poing fermé ; il a la forme d'un cône émoussé, dont la base est dirigée en haut, vers la droite et un peu <n arrière, tandis que son sommet ou sa pointe est dirigée en bas, à gauche et un peu en avant, de manière à venir battre entre la cinquième et la sixième côte gauches.

Le cœur est un muscle creux divisé en quatre cavités. Une cloison longitudinale, s'étendant delà base au sommet, le partage en deux moitiés semblables ; à chacune de ces deux moitiés sont dévolues des fonctions spéciales, de telle

façon que l'on considère habituellement les deux moitiés du cœur coninie distinctes : le cœur drvil, centre d'im-

(1) Fig. 587 et 538. Vues antérieure et postérieure du cœur lie l homme. — 0'. oreillette droite. — V, ventricule droit. — O, oreillette gauche. — V, ventricule gauche. — aa, artère aorte. — an, artère pulmonaire. — r/), veines pulmonaires gauches. — vp , veines pulmonaires droites. — es, veine cave supérieure. — et, veine cave inférieure. — ca, tronc commun de l'artère du bras droit el du cAlé droit de la télé. — c, artère du «Aie gauche de U tête. — o, ancre du bras gauche.

pulsion de la circulation du sang noir; le cœur gauche, centre d'impulsion de la circulation du sang rouge. Chez l'homme, les mammifères et les oiseaux, il n'existe au-

cune communication du cœur gauche au cœur droit, de sorte que, dans le cœur, le courant du sang noir et celui du sang rouge passent à côté l'un de l'autre sans se mêler en rien. Bien que reliées entre elles par des libres musculaires, les cavités gauches et les cavités droites oft'rent dans lenrs mouvements une simultanéité et une dépendance réciproques qui seront expliquées plus loin.

A la même Hauteur et du côté de sa base, une cloison transversale divise en deux cavités chaque moitié du cœur. La plus petite, placée à la base, se nomme oreillette; l'autre, plus vaste, s'étend jusque dans la pointe du cœur, c'est le ventricule. La cloison qui sépare chaque oreillette de son ventricule est percée à son centre d'uu grand orifice de communication que l'on appelle l'orifice auriculo-veniriculaire. Son pourtour est garni d'un repli membraneux disposé en valvule et qui joue un rôle trèsimportant pour assurer la direction du courant sanguin. U résuite donc de ce qui vient d'être dit que le cœur de riiomme et des animaux supérieurs est divisé eu quatre compartiments :

, .. ( oreillette droite

droit „„„,. ;„..!„ A..r..,

I droit

ule dr

llette gauche.

Iricule gauche.

Chaque oreillette communique par son orifice auriculo-ventriculaire avec le ventricule correspondant; il y a séparation complète entre la moitié droite et la moitié gauche du cœur. Les oreillettes ont pour fonction de recevoir le sang ramené au cœur par les \eines ; les ventricules poussent, au contraire, dans les artères le sang que contient le creur. Il ne faut donc pas oublier que tout vaisseau aboutissant à une oreillette est une veine et que les ventricules ne communiquent directement qu'avec les artères. On ne comprend la circulation du sang que lorsque tous ces faits s'offrent à l'esprit comme découlant réciproquement les uns des autres.

La base du cœur est percée de plusieurs gros vaisseaux dont les uns apportent, les autres emportent le sang. Le tableau suivant fera saisir bi'ièvement et d'une manière précise ce détail de l'appareil circulatoire.

eines pulmonaires

gauche mg rouge.

. droit sang noir..

[ oreillette gauche..

' ventricule gauche 'oreillette droite...

*• ventricule droit.,,

2 veines pulmonaires droites.

l'artcrc .lorle.

la veine cave supérieure.

la veine cave iufé-

Tous ces vaisseaux tiennent au cœur par sa base et l'attachent aux parties voisines, mais sa surface latérale et son sommet sont complètement libres.

La structure du cœur est simple : c'est un muscle creux formé de deux moitiés, à fibres musculaires bien distinctes, puis relié en un seul et même organe par des fibres qui passent d'une moitié à l'autre. L;i principale couche organique des parois du cœur est donc formée par les fibres musculaires et son épaisseur varie dans les divers points de l'organe. Elle est faible au niveau des oreillettes et plus considérable pour les ventricules; mais les parois du ventricule gauche sont les plus épaisses et

Page 1