DAU
leur. Ses feuilles, longues de 3 à 4 mètres, sont formées de divisions ou piniiules lancéolées-linéaires et offrant par lenr ensemble une cime arrondie . Sa spathe est trèsgrande, pubescente extérieurement. Cette espèce, dont la pairie est inconnue, se cultive abondamment dans les Indes orientales, en Perse, en Syrie, et surtout en Arabie où elle est connue de temps immémorial. Ou la trouve aussi en Italie, en Espagne et même dans le midi de la France; mais ses fruits y mûrissent mal. En Algérie, le dattier est également cultivé en grand, et les dattes de l'oasis de Souf, dans le Sahara algérien, sont les plus estimées. Le dattier est connu dès la plus haute antiquité. Théophraste, Dioscoride, Pline, Ovide, Claudieu, etc., en ont fait mention dans leurs ouvrages. C'est par la fécondation du dattier qu'on a commencé à comprendre la présence de sexes dans les végétaux. Pline a dit poétiquement à ce sujet (liv. XIII, chap. xiv) : « On assure que, dans les forêts, les palmiers femelles ne produisent rien sans màles; que plusieurs femelles, placées autour d'un seul, inclinent et baissent vers lui leurs têies caressantes : il se dresse, se hérisse, et, par ses émanations, parsa vue seule et la poussière qu'il envoie, il les féconde toutes. On ajoute que cet arbre étant abattu, ses veuves demeurent stériles. Cet attrait d'un amour réciproque est si sensible, que l'homme a imaginé pour ces arbres une sorte d'union des sexes, eu secouant sur les femelles la fleur, le duvet ou seulement la poussière du mâle, u Cette opération fait partie de la culture des dattiers et facilite ainsi la production des dattes. Au xv'= siècle, un poète napolitain, Jovianus Pontanus, a chanté en vers latins la fécondation d'un dattier femelle cultivé à Otrante par un dattier mâle qui croissait à Brindes, c'est-à-dire à 60 kilomètres environ du premier.
Plusieurs peuples, tels que les Arabes des bords du golfe Persique, du Tigre et de l'Eupln'ate, font leur nourriture ordinaire des dattes; et par son utilité trèsrépandue, le dattier est sans contredit le plus important des palmiers. Les dattes, généralement de forme elliptique, varient de couleur et de grosseur suivant les variétés. Dans un grand nombre de localités où le dattier se cultive, on fait avec ses fruits un miel de datlcs qui sert d'assaisonnement au riz et aux farines et qu'on obtient simplement par une pression qui fait couler la pulpe. Le nectar des dattes est une sorte d'eau-de-vie très-estimée qu'on préparc par la fermentation et .la distillation des dattes. En Chine, les noyaux brûlés entrent dans la composition de l'encre dite de Chine. Broyés et ramollis par l'ébuUition, ils sont aussi donnés aux chameaux et aux moutons. Les jeunes spathcs, le bourgeon terminal (chou palmiste) et la moelle servent d'aliment .\ l'homme. Par incision du tronc, on obtient une liqueur douce connue sous le nom do vin ou de lait de palmier, dont la saveur, très-agréable et trèssaine, la fait souvent ordoiuier aux malades. Les feuilles du d.attier servent fréquemment à recouvrir certaines habitations. Elles fournissent par la macération une bonne filasse qu'on utilise pour une foule d'objets. Enfin, le bois, qui est très-dur et qui a l'avantage de se conserver loiigicmps même dans l'eau, trouve aussi de nombreuses applications. En médecine, les dattes sont un des quatre fruits dits bécliiques et servent à préparer des tisanes pectorales. Le daltiercroit dans les terres légères, sablonneuses et un peu humides. On multiplie ordinairement ce végétal par rejetons. La fécondation arliiïcielle » se pratique, nous l'avons dit plus haut, dans le but d'augmenter la fécondation des fruits. Pour cela, on coupo les spadices de fleurs mâles et on les secoue dans les spathes femelles. Un seul spadice sert à féconder une centaine de femelles. A l'Age adulte, un palmier femelle peut produire de huit à dix régimes (voyez ce mot) de dattes pesant chacun de (ià 10 kil. Le dattier produit dès l'àgc de cinq ans, mais la production n'est guère complète avant la irentième année; elle dure Jusqu'à soixante quelquefois soixante-dix ans. G — s.
DATUHA (llotaniquc), IJalura, Lin.; do rfrt^ora, nom Arabe de la plante. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales /ii/pogi/ncv, famille des Snlanées, Les espèces de ce genre sont des herbes ou des arbrisseaux a feuilles alterne» et fleurs solitaires répandant souvent une odeur vircusc. I..C I). en arhre (/>. arljona. Lin). atteint 2 4 3 mètres de haut. Ses corolles, très-grandes, blunchci, sont découpées en !> lanières allongées. Cc.ua espèce Cït originaire du Pérou. Le D. ndnrinU [D. siuiveolens, llumb. et Bonpl.) e.tt souvent plus grand que lo nréoidcnt; il en diffère par ses corolles à 5 lobes couris. L'odeur eu cbt assez agréable. Ou cultive souvent des
variétés de cetteespècequi ont les flenrsdoubleset jusqu'à 3 corolles emboîtées les unes dans les autres et présentant souvent 0™,30 de longueur : cette dimension, avec l'éclat de la blancheur, font de ces fleurs un très-bel ornement des parterres. Le D. fasticosa^ Lin., dont quelques auteurs ne font qu'une variété du D. d'hgypte (D. hummata, Bernh.) , est également d'un joli efl'et. Ses fleurs sont d'un beau pourpre violet en dehors et blanches en dedans. Cette espèce, nommée vulgairement Trompette du jugement, à cause de la forme de ses corolles, est originaire d'Egypte. Sa culture ne peut se pratiquer qu'avec une assez forte chaleur. Quant au D. stramoine commun {D, stramonium , Lin. ) , nommé vulgairement Herije des magiciens. Herbe du diable. Pomme épineuse, à cause de ses fruits chargés d'épines et ressemblant aussi à ceux du marronnier d'Inde, c'est une Iierbe indigène annuelle à feuilles ovales, glabres, inégalement sinueuses, dentées et à fleurs blanches qui s'épanouissent vers la fin de l'été. Pour les très-importantes propriétés médicales de cette plante, voir au mot Strasionium. Caractères du genre : calice tubuleux tombant à la maturité par suite de séparation circulaire à sa base; corolle en entonnoir à limbe à 5 ou 10 dents, plissé, étalé; 5 étamines ; anthères à déhiscence longitudinale ; ovaire presque à 2 loges, renfermant de nombreux ovules; capsule hérissée d'épines et s'ouvi'ant en 2 valves. G — s.
DAUBENTONIA (Botanique), Daubentonia, de Cand. ; dédié à Daubenton. — Genre de plantes Dicotjj lédones dialypétales périgijnes, famille des Papillonacées , tribu des Lotées ; calice à 5 dents courtes ; étendard à petit onglet; ailes ovales, oblongues; carène obtuse; gousse stipitée, aiguë, indéhiscente, à 4 ailes et renfermant plusieurs graines. Le D. ponceau {D. punicea, de Cand.) est un arbrisseau inerme, élevé de I mètre environ. Ses feuilles sont à 8-9 folioles et ses stipules persistantes. Ses fleurs, do couleur ponceau, sont disposées en grappes simples. Cette espèce vient du Mexique et se cultive en serre chaude dans la terre de bruyère.
DAUCCS (Botanique). — Voyez Carotte.
D.MJPHI.N (Zoologie), du nom latin delphinus. — Los Grecs et, d'après eux, les Romains ont rendu célèbre sous ce nom un animal qui, d'après les figures parfaitement reconnaissables qu'ils nous en ont laissées, était évidemment celui que nous nommons aujourd'hui D. commun. Mais, de même qu'ils ont souvent dénaturé sa forme de manière à en faire un animal fantastique que la sculpture ornementale moderne s'est plu à reproduire, de même ils ont, dans son histoire, mêlé à des faits exacts et dignes d'intérêt un bien plus grand nombre d'erreurs. Tantôt, dans leur culte pour un animal sacré à leurs yeux, ils ont orné les dauphins de qualités imaginaires : l'un sauvait Arion, l'autre restait fidèle et dévoué à l'enfant qui l'avait guéri ; ils allèrent jusqu'à le représenter suivant les sons do la flûte des bergers et allant se reposer avec les troupeaux sous l'ombrage des bois. Tantôt, les confondant avec les requins, ils leur attribuaient la bouche reculée sous le museau, qui oblige ceux-ci à se renverser pour saisir leur proie, et d'autres traits de mœurs et d'organisation qui leur .sont entièrement étrangers.
Le mot Daupliin {Detphinus, Lin.) désigne, pour les naturalistes modernes, un genre do Mammifères, de l'ordre des Cétacés, famille des Cétacés ordinaires ou Souffleurs, circonscrit par Cuvier de façon à présenter les caractères suivants : un front bombé, au bas duquel nait et se prolonge en avant un museau aminci en forme de bec, étroit, environ trois fois an-si l^n^ ijnc le crâne; des dents nombreuses aux deux n];i. li. ik , hmirs semblables, coniques et pointues. La taill' ■! ■ • iurs de co genre varie entre 2 et 5 mèfi-n'; ; <■]]■■-. , ni . ,iriia<-iièn>s et sa montrent g('néralemeni i ii -. \ii::i.i , I ,. (hnipliin . nagent en général avec une li.i ni ; jjikIiI' . . i ., ..nirliauten arc à chaque mouvonieuL di; luu^u'aii'ii ; ch s qn ils touchent la plage, ils s'échouent, se débattent le plus souvent inutilement pour regagner le large et finissent par mourir étouffés, leurs corps, faits pour être immergés dans l'eau, étant trop lourds pour se mouvoir facilement dans l'air. Dans ces moments critiques, on les entend pousser des gémissements qui rai)policnt un peu le mugissement du taureau. ;
Lo /). commun ou 7). vulgaire- {D. dclphis. Lin.), nommé aussi Oie de mer et firc il'nie, est long d'environ 2 mètres à 2"', 50, noir m île .su ,, Iilanc en dessous, avec 42 à 47 dents à chaqie m h Ii nr i.cs animaux de cette espèce vivent en trouer hmuIi vu.r, (|ui suivent souvent les navires pour rccueillii' les ilelnis que l'on jette par dobsus le bord. Ou en n vu, en s'ébattant alentour, sau