DIT
glande fort analogue pour la structure aux glandes sali- | vaires et dont là forme est, chez l'homme, allongée et amincie vers l'extrémité. 11 est placé derrière l'estomac, dans l'anse que forme le duodénum avec ce viscfere. Va canal spécial (canal pancréatif|ue) conduit dans le duodénum le suc fourni par celte glande (voyez Foie, Pancréas). La muqueuse des intestins renferme un assez grand nombre de petits organe? sécréteurs dont les produits, confondus sous le nom général de suc intestinal, exercent des actions encore mal connues. On peut citer principalement, dans le duodénum, les //landes de Brunnec; dans l'intestin grêle et surtout dans le gros intestin, les glandes de LieberUûhn; dans la portion iléale de l'intestin grêle, les y/andes de Pej/w (voyez Gi.aimde). Il est un organe que sa position et ses rapports rattachent à l'appareil digestif, c'est la rate; sa structure et ce que l'on sait de ses fonctions sont indiqués dans un article particulier (voj'ez Rate).
Phénomènes physiologiques de ta digestion. — Parmi les actes physiologiques dont se compose la grande fonction qui nous occupe, on doit distinguer, d'après leur nature essentielle : 1° les actes mécaniques; 2° les actes chimiques; 3° les actes physiologiques proprement dits. Les premiers ont pour résultat général le transport des aliments depuis la bouche jusqu'à l'anus, et la division mécanique qui les prépare à mieux subir l'influence des sucs digestifs. Les seconds ont pour objet la transformation des aliments en matière absorbable; ils constituent le travail spécial de la digestion. Enfin, on cqnsidère comme essentiellement physiologiques les phénomènes d'absorption qui complètent la digestion en retirant du tube alimentaire les produits de cette fonction, pour les introduire dans le -^ang, oii ils sont employés aux usages de la nutrition. On peut énumérer ainsi les plus importants de ces divers actes :
1° Actes mécaniques :
Mastication, Déglutition; 2* Actes chimiques :
Digestion buccale.
Digestion stomacale ou chj'mification, Digi-stion duodénale ou chylification ; 3'' Actes physiologiques :
Absorption par les veines.
Absorption par les vaisseaux chylifères; I» Actes tiiécaniques. — Les aliments sont introduits dans la bouche par des procédés trè?-variés, qui ont paru à beaucoup de physiologistes constituer, sous lu nom de pre'hension, un acte distinct. Quand on considère que les aliments sont saisis et placés dans la bouche tantôt par des prolongements mobiles ou tentacules qui l'entourent (hydre, poulpe, seicliel, tantût par les mâchoires ellesmêmes (insectes, crustacés), tantôt par les lèvres seules (cheval;, ou aidées de la langue (bœuf, mouton), par les dents (chient, chat), par un prolongement nasal ou trompe (éléphant, tapir), par les membres antérieurs opposés eu manière de pince (écureuil, souris), ou même par une main plus ou moins parfaite (les singes, l'homme); on comprend quel intérêt a pu offrir à certains esprits l'étude de cet acte premier de la digestion.
La mastiailion a lieu dans la bouche et consiste dans la division des aliments solides i l'aide des dents CI sous l'influence des mouvements des mâchoires, de la langue et des Joues. En même temps le liquide que forme la salive mêlée aux mucosités buccales pénètre les aliments, les imbibe et les prépare pour être facilement avalés, lieaucoup d'auteurs ont désigné sous le nom spécial d'in<a/iialion cet acte qui accompagne la mastication proprement dite. Quoi qu'il en soit, les aliments introduits dans la bouche sont ordin;uremint divisés par les incisives et les canines, puis les mouvements de la langue et des joues les dirigent vers les molaires et les placent entre celles de la mâchoire supérieure et celles de la mâchoire inférieure Alternativement heurtées les unes contre les autres et écartées par les mouvements des mâchoires, celles-ci broient les aliments comme le ferait une meule, et en même temps la langue et les joues ne cessent de les retourner en tous sens pour rendre la mastication bien égale. Pendant cette trituration, la salive, dont les conduits excréteurs viennent s'ouvrir toujours au voisin;ige des molaires, jaillit sur les aliments et en pénètre la uiasse d'autant plus complètement qu'ils sont mieux mâchés. L'utilité de celte division préparatoire dos aliments est facile à concevoir ; elle rend toutes les parties de l'aliment plus accessibles aux sucs digestifs, elle rompt «t désagrège les tissus si résistants des
végétaux; c'est, en un iViOl, un acte analogue â la trituration qu'emploient si souvent les chiinistes pour faciliter les réactions entre les divers corps. M. (A. Bernard a déniiintré auSïi que l'insalivation avait un double but uK-ca iique incontestable, celui de favoriser d'abord la mastication, puis la déglutition. De ses expériences, il résulte q.ue les aliments s'humectenl d'autant plus de salive qu'ils sont naturellement plus secs, et que lorsqu'on empêche l'arrivée de la salive dans la bouche, la déglutition devient beaucoup plus lente et plusdifticile. Quant à l'action chimique de la salive sur les aliments, j'en pariétal plus tard.
La tiéglulition est l'acte par lequel les aliments, mâchés et imbibés de salive, sont portés, à travers le pharynx, de la bouche dans l'œsophase et bientôt dans l'estomac. Le mot vulgaire avaler désigne cette idée et se dit en latin dégluti' e; telle est l'origine du n in adopté par les physiologistes. Les matières convenablement triturées et insalivées vont former un bol alimentaire qui sera avalé tout ensemble. Pour cela, d'abord la bouche se ferme; par les mouvements des parties molles de celte cavité, les aliiucnts sont réunis sur le dos de la langue qui les fait glisser entre elle et le palais vers l'oritice du gosier. Dans cette positio i, le bol alimentaire, eu venant toucher le voile du palais, provoque dans tout le pharynx un mouvement compliqué très- rapide et très-précis. Toute la partie inférieure du gosier se porte vers la bouche, en même temps le voile du palais, qui, durant la mastication, pendait sur le dos de la langue perpendiculairement à l'axe des voies digestives et de façon à fermer en arrière la cavité buccale, le voile du palais, di<-je, se relève obliquement en arrière et va, pour ainsi dire, audevant du pharynx qui, de son côté, s'avance vers lui. Ces mouvements ont des résultats faciles à constater : Ir dernier ferme tout accès dans les fosses nasales et maintient, du côté supérieur, le bol alimentaire dans sa marche; mais le premier est bien plus complexe dans ses eftets : d'abord la partie inférieure du pharynx se présente à l'orifice postérieur de la bouche que le voile du palais a ouverte en se reculant; cette partie inférieure fonctionne comme une sorte d'entonnoir béant et vient recevoir le bol alimentaire qui glisse delà cavité buccale. Celni-ci tombe dans ce récipient, qui s'est avancé au moment précis et s'éloigne aussitôt en l'emportant avec lui. Mais en même temps que l'entonnoir pharyngien placé à l'entrée de l'œsophage allait ainsi au-divant du bol alimentaire, le larynx s'est porté avec lui vers la bouche, et la glotte, fermée d'ai leurs par ses propres contractions, s'est Cîichée sous la hase de la langue, pendant que ce mouvement même faisait tomber l'épiglotte comme une soupape sur l'orifice glottique et .achevait ainsi de fermer le canal aérien. A peine le bol alimentaire a-t-il glissé de la bouche dans le pharynx, ainsi porté à sa rencontre, qu'aussitôt celui-ci .s'abaisse ainsi que le larynx, la glotte se relâche, l'épiglotte, libre d'obéir à l'élasticité de son tis--u, se relève, et enfin le voile du palais retombe et ferme de nouveau toute communication entre la bouche et le pharynx. Une fois introduits dans l'œsophage, les aliments sont poussés le long de ce canal par les contractions simultanées des fibres musculaires, circulaires et longitudinales, qui font partie des parois de ce tube membraneux, et ils arrivent ainsi dans l'estomac. Le mouvement essentiel de la déglutition est celui qui tout à la fois porte le pharynx vers la bouche, heurtile larynx et la glotte contre la base de la langue et relève en arrière et en haut le voile du palais. Tout ce qui dérange ce mouvement entrave la déglutition. C'est ainsi que l'on s'étrangle lorsqu'on rit en avalant ; car alors h pharynx s'éloigne de la bouche, avec le larynx, pour laisser la glotte ouverte donner libre issue à l'air. Il peut arriver alors soit que des particules .alimentaires s'intro duisent dans la glotte, et une toux sulTocante tend â les en expulser aussitôt, soit que la colonne d'air les entraînant avec elle les projette dans les foss 's nasales. Chacun a pu éprouver quelque accident de ce gi nie ; il est inutile d'y insis'er davaniagc. La déglutition des liquide^ n'olfre avec celle des solides que des dilTércnces de détail.
Dans les autres portions du canal digestif, l'action mécanique de ses parois fait cheminer les matières de proche on proche jusqu'à l'anus. Ce mouvement a pour principe les contractions de la tunique musculaire deintestins; il s'exécute de proche en proche sur les diverses anses de l'intestin, de façon à y produire une sorte d'agitation vermiculaire qui, même après la mort, persiste quelque temps dans le cadavre encore chaud. Dans l'es-
DIG
tomar, les liliics musculaires exercent une antre action et foiii snliir i lu musse nlimcntaire une sorte de pétrissage coniiiiu.
i" Acles Lliimiquet:. — L"éiude des réactions et transformations cliimi(|ues qui constituent la digestion suppose nécessairement, pour être intelligible, une connaissance préalable de la nature des aliments et des liquides versés sur eux comme réactifs.
La nature des matières alimentaires a été indiquée à l'article Aliments, et il importe surtout en ce moment de se rappeler que les aliments solides se rapportent à deux grandes catégories de substances organiques : les alimetits uzotés (viande et sang, cervelle et nerfs, glandes, caséum du lait, fromages, œufs, bouillon, tendon, os, peau, gluten du pain et certaines parties des végétaux, et les aliments non azotés, qui sont de deux sortes, les matières ami/facées ou saccharoïdes farines, fécules, haricots, lentilles, pommes de terre, fruits, graines, racines, sucre, etc., et même l'alcool des boissons) et les matières (/russes igraisses, beurj'e, huiles animales et végétales). Quant aux liquides digestifs <|ui réagissent sur les aliments, leur nature sera expliquée à mesure que nous nous occuperons de leur action.
— Les actes chimiques de la digestion peuvent être réduits à trois principaux : la digestion buccale, la digestion stomacale ou cliymificaiiun, la digestion duodéuale ou chylilication.
La (lif/estion huccule se passe dans la bouche. Nous savons déji qi e les aliments y subissent une division mécanique au moyen de la mastication et y sont en même temps imbibés de la salive mixte qui humecte abondamment la cavité buccale. J'ai déjà assigné un premier rôle à la salive, celui de favoriser la mastication et même la déglutition. Mais cette action mécanique n'est pas la seule que puisse exercer la salive; ce liquide est un véritable réactif de la digestion, et il contribue à transformer en matière absorbable certains principes contenus dans nos aliments.
Le rôle chiraii|ue de la salive dans les phénomènes digestifs a été établi U'aiiord par les expériences de Leuchs (1831), Schwann (183(i), Sébastian (IS;i7), en Allemagne, et surtout depuis 1846 par les travaux de M. Mialhe et de M. Cl. Bernard, eu France. Ces physiologistes ont démontré que la salive mixte qui imbibe les aliments dans la bouche y transforme les matières féculentes en dextrine, puis en glucose; c'est-à-dire que, sous l'empire de la salive buccale, les férules insolubles dans l'eau à la température du corps se changent en une matière sucrée parfaitement soluble et absorbable. M. Cl. Bernard a soutenu que le principe qui détermine cette méiamorphose est fourni par la muqueuse buccale, et ainsi ajouté à la salive qui découle des glandes salivaires. M. Miallie le regarde au contraire comme propre à la salive; en tout cas, il est incontestable que la salive buccale renferme un agent capable de saccharilier les fécules, et cet agent paraît très-analogue à celui (|ui, dans l'oige g ■!■niée, manifeste les mêmes propriétés et que l'on a nommé la diiislase véyètiile. (>et agent de la digestion buccale a reçu le nom de diasiase iinimate et se trouve ceriaincment dans la salive qui inonde la bouche lors de la mastication. Tel est le fait esscniicl qui caractérise le liquide buccal. Mais je compléterai celle indication de premier ordre par quelques détails sur la nature de la salive, qu'un rôle si important signale à noire attention. La salive mixte, c'est-à-dire celle qu'on recueille dans la bouche, est un liquiilo incolore, vistiueux et chargé de mucus. En général, elle est un peu alcaline, parfois neutre, rarement acide. Ce lirpiide contient une grande quantité d'eau, près de i)ll p lOu en poids ; le reste est formé par du mucus (ï niillièrnes environ), un peu de graisses et pli:sieur,s sels minéraux : les cliinii>tcs y ont enlln signalé une substance spéciale nommée /ih/aline [ptiiiilon, salive), et qui y Kguie pour près do '■! millièmes. M. Minllie a montré <pie c'e^t une aliéralion de la diasinse salivaire que lui-même a cxtraile dircctiinent de la salive mixie. Lorsqu'un examine rc li>|ulde dans l'une des glandes nalivaire», un curmiato dans les propriétés de cette salive parolidiemie, ou sublinguale, elc, des différences assez notables Je ne m'en occuperai pas ici, In salive mixte <!lant le vériiabh; ag<:iil de la digestion bucrale, le seul qui non» iiiléres c en ce moment. Les expériences de M. Mialho ont prouvé que la nalivc mixte, réagissant hors di' noire organisnlinn, mais à uni! ti'mpéialiire voisine do celle du corp». a Ict prnpiiélés suivantes : 1" do convertir en glucose, diiiii l'espace de i|uel'|iies inslants, la féculu cuitu telle «lue cvllo de ruiiipuis ou du puin ;