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■^° rie n'opérer que lentement celte' transformation sur la fécule Cl ue : la sacchar-ilicatioii n'est alors elTectuée qu'au bout de plusieurs jours et avec l'aiile de la chaleur; inais si la fécule crue a été broyée préalablement, la transformaton ne demande plus ijne quelques heures, et plus la ti-ituration a été parfaite, plus l'action est rapide; 3" la salive n'a aucune action sur les matières albuminoîdes ni sur les corps gi-.is; •l" la diastase extraite de la salive et redissoute dans l'eau a toutes les propriétés de la salive.
Ces quatre principes expliquent l'activité de la digestion buccale chez l'homme, qui cuit presque tous ses alimerrts, l'utilité constanle de la mastication qui, en broyant les fécules, favorise l'action de la salive sur les fécules, la spécialité de la digestion buccale, qui ne peut intéresser que les matières amylacées à l'état féculent et. l'importance toute particitlière de la diastase. Quant aux fécules crues que n'aui-ait pas attaquées la salive, nous les verrons plus tard dans le duodénum subir de la pan du suc pancréatique une action analogue à celle de la salive sur les fécules citites.
Le rôle de la salive et son importance spéciale chez l'hoitime, due à l'usage des aliments cuits, explique en grande partie l'avanlagc hygiénique que trouvent beaucoup de personnes à manger lentement pour mâcher avec soin ; les troubles qite produit très-habiruellement dans la digestion le mauvais état ou la perte des dents; et enfin, dans ce dernier cas, les heureux efl'ets de l'emploi des dents artificielles et des dentiers.
Les phénomènes chimiques qui se passent dans l'estomac sont conrplexes et ont été confondus autrefois sous le nom général de chymification. On les désigne volontiers maintenant sous le nom de digestion stomacale. Si l'on se boi-ne à examiner physiquement le bol alimentaire après qu'il a subi l'action de l'estomac, on le trouve converti peu à peu, coirche par couche, de dehors en dedan«, en une pâte semi-fluide grisâtre douée d'une odeur aigre toute spéciale et (pre depuis longtemps on appelle le clii/ine. Cette pâte a une rcactioit acide très-marquée, les tis--us organisés des aliments ne s'y retrouvent plus et semblent avoir subi uire dissolution qui les rend mécoirnaissables. On regarda le chyme comme le premier résultat du travail digesiif, corume un magma des niatièr'cs nutritives avec celles qui ne le sont pas, taudi > que le chyle qui s'en sépare dans l'intestin duodénum ei pénètre par absorption dans le sang, parut être la quintessence nutritive des aliments, le résult.tt final de la digestion. Sans expliquer par quelles transformations successives ont p;issé nos opinions sur cet acte important, je m'.attacherai à bien établir pour'quoi nous regardons aujourd'liiri la chymificaiion comme un acte très-com plexe ei pourquoi le chyle n'est plus à nos yeux le produit essentiel et entier du travail digestif.
D'abord nous savons maintenant que les aliment.'', n'arrivent pas intacts dans l'estoruac; la salive, en réagissant sur les fécules, soit dans la bouche, soit jusque dairs reslonr:ic lui-même, dégage un premier produit absor'bable, le f/liicuse en dissolution dans l'eau, qui humecte en si grande abondance la masse alimentaire. Ce premier lait était inconnu des anciens physiologistes.
lin ourrr, saihant (|iie l'estomac, diiranl la chymification, i'\i-ii,:ni |iii' es couir-actions un broiement continu de la m. s r iniim- uii e l't prenait une part évidente et active au tr i\ ail iliL;i'stif, ils pensèrent que le |iliénomènc dont il était le siège était imimement lié à la vie et s'accomplissait sous sa mystérieuse influence sans qu'il frit possible à l'homme d'eu saisir les détails. Les uns y ont vu uni' sorte de /<H//'e/oc/io«, d'autres une /ermentalion comparables à celles qui s'i-lfecluent dans l'industrie, d'aulres encore nm: triluriition purement méciiiii(/ue.
Le célèbi-e Spiillairzani orivrii \r piemier la voie des belles cxpr'rlnu'iilatiorrs sur !■■ ■|ih 11,-, ir|i(,se la science modei'iie. Un savaii i|urles p.nvi il- Irsh. mac ajoutaient aux alimenis un lii|uiili' pailniiliL-r sécrété par elles. Déjà Héariinur avait pensé i|uori pourrait avec ce liquide (i|iér-er en dehors de l'estomac des(//(/ra(i"/is artificielles. Cette idée hardie fut réali-ée par Spallanzarri; avec du suc gastrique a>sez imparfaitement extrait de l'estomac de divers animaux, il convertit en chyme des substances alimentaires soumises en vasi^ clos à l'aclion de ce liquide et maintenues A une lempératuie do HI" ci'iit. environ (tempérjiture du corps de l'hoinme). Ces expériences furent renouvel' es depuis par un grand nombre de physiologistes ; mais les plus céli'bres sont celles de Beauniiiiit. qui sut admirablement utiliser dans ce but une circonslancc extraordinaire olVerte par le hasard. Il fut
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;\ niÈme d'observer un jeune Canndion qui, par soiie de blessure, avait conservé une libre communication de l'estomac au dehors i travers les parois du ventre : c'est ce qu'on nomme une fistule stomacale. Avec le concours de ce jeune homme, il entreprit une série d'expériences dont les résultats furent du plus haut prix pour la science. Le grand avantage de Beaumont était de pouvoir prendre le suc gastrique bien pur dans l'estomac mémo. Il observa d'abord l'estomac vide, l'arrivée des aliments, puis leur transformation en chyme, et enfin il e\écuta des disestions artificielles dans les circonstances les plus variées et comparativement avec le travail qui s accomplissait en même temps dans l'estomac. MM. T.edemann et Gmelin, Eberle, Boncliardat et Sandras, Blondlot, B.rnard et Barreswil, et Miallie, sans arriver à des résultats identiques, ont, par leurs expériences, éclairé ce phénomène si curieux et si important de la vie. On peut aujourd'hui résumer ainsi les idées qui ont le plus généralement cours dans la science.
Les aliments arrivent peu à peu dans l'estomac à mesure qu'ils sont avalés ; à ce moment la paroi intérieure du viscère est ronge, excitée et couverte d'une quantité de suc gastrique. Quand il est rempli, le cardia se ferme, et, le pylore l'étant habituellement, la masse alimentaire se trouve, en vase clos, à la température de ii.°. Les contractions de l'estomac pétrissent cette masse et l'agitent d'un mouvement assez rapide qui fait glisser peu à peu les couches superficielles ver^ la portion pylorique, puis les ramène au grand cul-de-sac et ainsi de suite un grand nombre de fois. En méine temps, le suc gastrique imbibe cette masse de proche en proche, et sm action toute spéciale se manifeste peu i peu de dehors en dedans.
Mais l'étude de cette action ne peut se bien comprendre, si l'on ne connaît pas la nature même du réactif. Le suc gastrique est un liquide clair, transparent, d'une odeur aromatique toute spéciale, tiès-si'usiblement acide. Il jouit de laj-emarquable propriété d'être à peu près imputrescible par lui-même et d'empêcher ou d'arrêter la putréfaction des matières que l'on y tient plongées; c'est, en un mot, ce qu'on appelle un anliseplii/iie. L'acidité caractéristique du suc gastrique est due ;\ la présence d'un acide libre que, après bien des recherches contradictoires, on regarde aujourd'hui généralement comme de Viicide ludique. Cet acide n'expliquerait qu'une p;irtie des propriétés du suc gastrique; mais Th. Schwann, Dumas, Mialhe, Payen en ont extrait une substance spéciale, nommée pepsine, qui est, avec l'acide lactique, le principe actif de ce liquide, et qui, retirée chimiquement et obtenue isolée, peut toujours donner des dissolutions capables d'agir comme le snc gastrique. Ce liquide contient d'ailleurs 98 à U9 p. 100 d'eau et quelques substances minérales.
Ainsi constitué, le suc gastrique paraît agir de la manière suivante : son acide sert à gonfler, hydrater et préparer les matières soumises à la digestion ; la pepsine agit sur les m.atières albuminoides de tout genre et les transforme en une substance solubledans l'eau et dans la Piirtie liquide du sang, et que l'on nomme f;//<»miHOsv; c'est la seule forme sous hiquelle les matières azotées puissent être assimilées, et toutes doivent nécessairement passer par cet état. Mais cette action du suc gastriquedissout et (îétruit les tissus animaux ou végétaux qui ont toujours pour base une matière azotée, et en même ti'inps la diaslase salivaire qui a pénétré le bol alimentaire poursuit son action sur les fécules à mesure que la dissolution lies tissus les expose librement à son contact; de cette façon, les graisses sont mises en liberté et le cliytne est en définitive le mélange des produits azotés dissous sous l'influence de la pepsine, des matières glucosiques diss-outes par suite de l'action de la diastaso saliv;iire, et enfin, des graisses encore intactes et qui ne doivent subir leur transformation que dans le duodénum.
Telle est la digestion stomacale; ù mesure qu'elle s'effectue, le chyme glisse vers l'ouverture pylorique et franchit, pour pénétrer dans le duodénum, le sphincter 'Hii, sous la forme d'un bourrelet saillaiil, enduire cet orifice et le ferme A toute nintièreinconipli'iemeni digéiéc. Ces act''s cnnipli(|ués ne s;mt copenciaiit pas lis seuls i|ui se passent dans l'i'stomac : j'y ai si^iKili' des | '
mènes niii-iiiiii|iii's. piii'; des pliiMUiniriii's cliiniiques d'un linut iniir I : i'inii H lu. ii'iii l'iu-, iscii de compléter l'histoire fniii I Mun. II,. ,|, ,ri jin|..irl:iiil \ isi'ère, eu y ciuista-
lant di's ph. ,1. iM", il;ilixnipiiMii ipii joueiit'dans la
digestion un rôle considérable.
La (iujesiioH duoclènnle ou c/iijli/icdlinn a lii.'U dans la
première portion de l'intestin arrosée par deux liquides qui, versés sur le chyme, y (iélerminent de nouveaux changements; ces deux liquides sont la bile et le suc pancréttlirjue.
La hile, sécrétée par le foie, est un liquide d'un vert sombre, amer et nauséabond, rendue visqueuse et filante par le mucus qu'elle contient. Klle a une réaction alcaline, et sa composition chimique rappelle la nature des savons ; c'est, suivant Berzélius, une combinaison des acides gras (oléiqne et margarique' et de certains acides résineux avec la soude et une base organique, la biline; pour Dumarsay, c'est un savon à base de soude formé par un acide spécial, l'acide cholèique (yM, bile). D'autres opinions ont encore été émises sans que la question soit aujourd'hui bien résolue.
Le suc pancréalique a surtout été étudié depuis que M. Cl. Bernard, dans dos expériences à la fois ingénieuses et célèbres, l'a extrait en quantité suffisante du corps des animaux vivants et a démontré son rôle dans le travail digestif. Ce liquide est cl.tir et incolore, et ressemble complètement ;\ la salive par ses propriétés physiques; mais il contient un principe spécial nommé dans ces derniers temps pancie'miiie, et qui lui donne des propriétés chim ques toutes particulières. On y a trouvé environ 9-,' p. 100 d'eau, du mucus et des sels minéraux. Il a normalement une réaction alcaline.
A son arrivée dans le duodénum, le chyme est arrosé par ces deux liquides ; il y reçoit de la bile une colora' tion jaune, légèrement verdàtre; mais bientôt apparais sent à sa surface des filaments d'une matière blanche, lactescente, très-riche en graisse et que l'on nomme le clii/le. On a beaucoup expérimenté pour déterminer le rôle respectif de ch.acun des deux liquides dans la chyliticntion. La bile paraît surtout destinée à neutraliser l'aridité du chyme; on ne peut dire autre chose de positif sur ce liquide, son véritable rôle est encore très-obscur et a donné lieu à une foule d'hypothèses que je m'abstiens de signaler ici.
Nous connaissons mieux l'action du suc pancréatique. Dès 1834, Eberle lui reconnut la propriété de transformer les matières gr.isses en une éinulsion semblable à du lait. En IS-iS, d'une autre part, MM. Boncliardat et Sandias ont démontré qu'il déterminait la transformation des fécules en glucose, et complétait ainsi, après la désorganisation accomplie dans l'estomac, l'action incomplète de la salive. Quelques années plus t.ird, M. Cl. Bernard, par des expériences nombreuses et bien faites, confirmant les observations d'Ebe."!e, établit que l'émulsion graisseuse que subissent les matières grasses neutres dans le duodénum est provoquée par le suc pancréatique. Ce suc a la propriété de les transformer en un liquide émulsioiiné, lactescent, qui donne au chyle son aspect particulier, et qui est parfaitement préparé pour être absorbé et porté d.ans le sang. C'est donc une véritable digestion des matières grasses neutres, et la pancréatine est l'agent spécial de l'émulsion des graisses par le suc pancréatique.
Là se bornent les notions précises que nous possédons sur les phénomènes chimiques de la digestion. Les aliments continuent à cheminer dans les intestins ; à nos yeux, les phénomènes d'absorption qui s'y passent ont la plus gr.inde importance, et les liquides qui humectent le long tube de l'intestin font éprouver aux matières de nouvelles tr.ansforniations que trahissent des changements physiques évidents, dont la nature nous est encore inconnue.
.3° Actes physiologiques. — J'ai réservé sous ce nom, comme dérivant plus spécialement des propriétés vitales, les phénomènes d'absorption qui dirigent vers le sang les produits de la digestion. Sons l'influence combinée des actes niécaniipies et des phénomènes chimiques de la digestion se sont élaborées des matières susceptibles d'être introduites dans le sang par la voie à'ahsorplion. On appelle rilisnrplioii, en pliysiologie, un acte par lequel des substances matérielles déposées sur un point de la surface d'un tissu se retrouvent du côté opposé après avoir nécess.nirement traversé sa masse. C'est par un phénoini'iie de ce genre que les produits de la digestion passent ;\ travers les parois du canal alimentaiieet [lénètrcnt dans les vaisseaux où cirrulent les liquides nonrriciei^ du corps. Une portion cnusidérable de la surface interne du'tubc digestif sert à l'absorption ; elle se fait par ime double voie, les veines, vaisseaux sanguins où circule le sang qui a servi i nourrir les organes, et les vaisseaux chyli/hvs, appareil spécial d'absorption intestinale qui se rattache à un grand sysième de vaisseaux absorbants
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répandus dans tout le corps dos animaux supérieurs. L'absoi-ptiou des produits de la digestion se l'ait par les veines, dans l'estomac et dans les intestins. L'absorption par les veines, généralement admise chez les anciens, fut niée lorsqu'Aselli, professeur à Pavie, eut découvert, en 1622, les vaisseaux chylifferes et à leur suitel'appareil lymphatique en général. Mais des expériences incontestables faites de nos jours par Magendie, Mayer, etc., ont démontré que les veines exercent l'absorption concurremment avec les vaisseaux lymphatiques et chylifères; et aujourd'hui on pense que les veines de l'estomac et celles des intestins jouent dans cette fonction un rôle considérable. Les veines de l'estomac sont en présence de produits digestifs absorbables : le glucose formé sous l'influence de la salive ; les matières déjà solubles, comme le sucre de canne; puis l'albuminose formée dans l'estomac lui-même; enfin les boissons. Une absorption considérable, portant sur ces dernières principalement, réduit notablement le volume de la masse alimentaire qui passe dans le duodénum et les intestins; et quant aux véritables produits de la digestion, le glucose, l'albuminose, l'absorption commence dans l'estomac et va se continuer dans l'intestin grôle et plus faiblement dans le gros intestin. La masse alimentaire qui pénètre dans l'intestin grèUi, en franchissant le pylore, apporte avec elle de l'al-
buminose et du glucose que n'a pas atteints l'absorption des veines stomacales et qui ne tarde lias à ressentir l'inlluence des veines intestinales, de telle sorte que le sang de ces veines s'enrichit pendant la digestion de matières albumiuoidcs et de matièies saccharoides Ces veines intestinales, habituellement nommées /«t'.wyv/ïi/Kes (contenues entre le-. tuni(|ues intestinales) et les veines de l'estomac, se réunissent de proche en proche on un gros tronc unique placé sous le foie et que l'on nomme la veine piirli-. De mimbreuses expériences ont montré dans le »ang de la veine porte l'existence de ces produits digestifs pendant l'absorption iniestinale et leur absence eti d'autres temps. Cette veine, qui les réunit ainsi, se distribue ensuite dans le l'oie où s'exerce une fonction spéciale dont je parlerai plus tard en traitant des phénomènes généraux de la nutriliou (voyez ce mot)
Ainsi <|uc je l'ai dit, les veines ont pour auxiliaires trfes-actifs dans ces phénomènes d'absorption les (.vinviYiKX chi/li/'ères. Dès 1(122, Aselli découvrait que, si l'on ouvre uii animal pendant la digestion d'un repas copieux et surtout riche en matières giasses, on aperçoit dans le méicntère, à cùté des vaisseaux sanguins, d'autres vaisseaux rendu» visibles par un liquide blanc laiteux qui les remplit : Aselli les iioiniii" mi'.-nni.r /ni-tr\-; mais ayant appelé '.■/////'•■ le liqui.l. .pi il r,,„ii, nim'h', 1.- physiologistes donnèrent aux \ u ' .n\ i. imii) di- rh'/h/m:';. Ils naissent des divers ijoini, d.' l'inirsiiu gnlc, abondent surtout dans sa prcinièru portion, sont moins répandus
|l) Le cmiiil lliornciquc cl Ici voinesui chylifèrcn, i-lici l'homnu; la vcim* porte et lei veiuei de riittviiiii. — i. porlioii de l'iatttliH iirf:li: •u>|>i'U(liie > un Uiiiln'aii ilu miaeulcrc ipii cuntitiil lïneiiii'icl Iph vniucaiii cliylifàri'» coriei|)onil«iil». — <'. iliophraKine. — f, fuie. — up, veine |iurle qu> reunil li» veiiii'» de l'iiiieiiin et v» te mminer ilnii» le fuie il'oii |.- biiiik c«I ramené don» la «eine cnve iiiterii'ure et de In au rieur dri.il. — o. '«■iciiie du ranal lhiir«ri.|iie, reiicr»<iir de l'i diuel. — ri, ciiiiiil Ihoraeinuc <|ui rrijoil let ehylifere» el le» lyiu|ilmlii|ue>. — cii, nbuurhi'ineiii du caunl lhiirarii|ue daui la velue (uufclavicre. — CM, vciur cave au(i(''rieure.
dans la dernière et deviennent rares dans le gros intestin. Leurs premières racines, en sortant du tube intestinal, sont très-fines, mais bientôt ils s'unissent en des rameaux plus gros, et de proche en proche vont se confondre en quelques troncs principaux qui, en avant de la colonne vertébrale et un peu au-dessous du diaphragme, forment un canal unique nommé cmial t/toracigue, réunissant en même temps les chylifères et tous les vaisseaux lymphatiques, c'est-à-dire absorbants, qui naissent des divers points du corps. Dans le canal thoracique sont donc rassemblés le cliyle, un des produits de la digestion, et la lymphe, produit de l'absorption générale qui s'exerce sur toutes les surfaces membraneuses du corps. Ce canal, qui commence au-dessous du diaphragme par une sorte de renflement nommé \a citerne ou réservoir (le Pecquet, chemine le long de la colonne vertébrale et un peu à gauche, à coté de l'artère aorte et jusqu'au niveau des clavicules ; là il vient se jeter dans une veine pincée sous la clavicule gauche qui ramène le sang du bras gauche et que l'on nomme la veine sous-clavière yaiiche.
L'origine des vaisseaux chylifères dans les parois de l'intestin et à sa surface interne mérite de fixer notre attention. Il existe sur toute la surfac de la muqueuse, dans l'intestin grêle, un nombre incommensurable de. petits filaments de nature membraneuse nonmiés les villoiile's inleslirtnie'. Leur longueur varie de 1/2 millimètre à 0",003; leur forme est pyramidale, lamelleuse ou cylindrique. Chacun de ces prolongements a une organisation compliquée que fera comprendre la figure ci-jointe ; mais
ce qu'il faut surtout signaler ici, c'est que chaque villosité est l'origine d'un ou de plusieurs vaisseaux chylifères et leur constitue une sorte de racine plongeant dans la masse alimentaire. Ainsi le chyle, c'est-à-dire ce li- (]uide opaque ou même laiteux que les chylifères extraient des matières digérées, est .ibsorhé d'abord par les villosités et pénètre ainsi dans les vaisseaux lactés, puis parvient au canal thoraci<iue qui le verse enfin dans la veine sous-clavière gauche et le mêle au sang noir.
Longtem|)S on a regardé ce chyle comme le produit imique et complet de la digestion. iXous ne pouvons ;uijourd'hui conserver de telles idées, puiscpic nous savons qu'une partie notable des produits digesiirs provenant des matières saccharoides et albuminniclcs prend la route des veines et pas-e à travtîrs le fuie. Ce qui caractérise le chyle, c'est l'ubondaïu-f des matières grasses ; lo chyle
laiteux cièiurc.in le hiit.i'tmCine, lorsqu'il est simple-
mentopali'scrni,cc licpiide montre encore au microscope de nonibriMix glnbulcs graisseux; aussi W rcg;ir(lons-nous comme l'cnuilsinu gi-ai.sseusc> produite sous l'inllucnce du suc pancré:ilique el roimne rcpréscutaiil surtnul li's produits delailigesiioiides corps gras. Celle en] ulsioii a pour base la dissolution qui imbibe la massr alimentaire, de telle sorte que lo chyle renferme aussi de l'aHumiinose ot dos (pianiiir, ].liis (Ml nidins grandes de sucre; mais les chylifères pai.ii- rni • irc lo chi'inin pnrliculii^r que suivent les main n s crasses pour arriver dans lo sang.
Les notions cpii |inc cdent résument ce que nous savons sur les pliénomèm!s de la digestion chez riioinme <l chez les animaux supérieur», principali-iucnt les imunniifères. On trouvera luix mots Kaui, Smr, I.namiio.v, HuminarioN, ExciitMHivrs, VoMUistMisNT beaucoup d'indications
(I) l'iie vi;lo«ilc inleslinolc du Injiin. — n, orlériole. — r. veiuule. — r/i, viiisaeiiu cliytitére qui n «ou origine dnub lu villoaite. — «, épilheliuni qui recouvre la villotili.
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spéciales qui n'ont pu trouver place ici. La disposition comparative de l'appareil digestif chez les divers animaux et les niodificalioiis qui en résiilteiil sont indiquées soinmaireincnt dans les principaux «ronpes d'entre eux.
L'étude de la digestion a donné lieu à un nombre immense de publications; je signalerai ici les plus importants parmi les travaux généraux sur cette matière; dans ces travaux mêmes ou trouvera en abondance des indications bibliographiques plus détaillées : Tiedemann et Gmelin, Recherches physiol. et chiin. sur la digestion. Paris, 1827. — W. Beaumont, Expériences et observations sur le suc gastrique et la digesliou (texte anglais) . Plattsburg, 1833. — Eberle, Pliysiologie de la digestion (texte allemand). Wurtzburg, 1834. - Magendie, Prec.s élém. de physiologie. Paris, 1836. - Burdach, fraie de physiologie. Paris, 1837. - Blondlot 7ra!fe amlytu,ue delà digestion. Nancy, 1843. — G. Colin, Traitéde physiol. conip. des anim. domest. Pans, 1864. — Loiiget, Traité de physiologie. Paxis, iSbl . Ad. F.
DIGITAL (Anatomie). — Épithète que l'on applique aux vaisseaux, aux nerfs destinés aux doigts. Les artères digitales àe la main, co//af(;)-a/esrfe.?rfoi9*^, sont fourmes par l'arcade palmaire superficielle qui est la continuation de l'artère cubitale ; elles sont ordinairement au nombre de six ; la sixième, qui va au côté externe du pouce, vient souvent de l'arcade palmaire profonde. Les artères digitales du pied sont fournies par l'arcade plantaire qui naît elle-même de la pédieuse et de la plantaire interne. Elles sont au nombre de quatre. Les veines digitales ont la même disposition. Les tierfs digitaux sont fournis à la main par le médian, le cubital et le radial ; au pied par les nerfs plantaires internes et externes, branches du tibial postérieur.
Le mot digital signifie quelquefois aussi, en anatomie, qui a la forme d'nn doigt : ainsi on dit quelquefois l'appendice digital du cœcnm pour désigner l'appendice verrniforme. Les impressions digitales du crâne sont de légers enfoncements de la face interne du crâne qui correspondent aux circonvolutions du cerveau.
DIGITALE (Botanique), Digitalis, Lin.; du latin digitus, doigt ; allusion à la forme de la corolle. — Genre de plantes Dicotylédones gamopétales hypogynes, famille des Scrophularinées, type de la tribu des Digitalées. Les espèces assez nombreuses de ce genre sont ordinairement des herbes à feuilles supérieures amplexicaules ; leurs fleurs sont disposées en belles grappes allongées d'un joli effet dans les parterres. La plus commune est la D. pourprée (D. purpurea. Lin.), plante indigène cultivée soit pour l'ornement, soit pour ses propriétés médicin.-iles. Los feuilles de la digitale ont une action diurétique très-marquée: mais leur propriété la plus précieuse est de ralentir les battements du cœur, aussi est-elle très-employée dans les maladies chroniques de cet organe. On l'administre en décoction, en teinture alcoolique, en sirop; mais on ne peut 1 employer qu'à petites doses, car elle est vénéneuse et purge très-violemment ; même à doses modérées, elle fatigue souvent l'estomac. On l'applique aussi extérieurement en frictions. Le principe particulier auquel sont dues ses propriétés a été extrait et isolé par MM. Homolle et Quévennc, qui l'ont nommé digitaline et l'ont préparé en globules pour l'usage des médecins. Souvent, dans les campagnes, on désigne la digitale pourprée sous les noms de Oantelée, Gants de Sntre-Dame, Doigts de la Vierge et même Doigtier, par allusion à la forme de sa corolle. Elle croit principalement dans les terrains sablonneux dos contrées tempérées de l'Europe. La culture a obtenu, par hybridation d'une autre espèce, la l). jaune {D. lutea. Lin.), avec difTércntcs espèces voisines, des variétés qui figurent avec avantage dans les jardins. Caractères du genre : calice à 6 divisions ; corolle rappelant la forme d'un bout de doigt de gant ; 4 étainines didynamos; capsule déhiscente, ovale (voyez ScR(Miii,Aiti,\ci:Es). *'—'*•
UIGITE (Botanique), du latin diç/itus, doigt. — Se dit des organes dont les parties sont insérées en nn même point en diverp<'.%nt comme les doigts de la main. Los racines de certaines dioscorées, les fouilles du marronnier 4l'Inde, l'épi de certalnos graminées sont digités.
DIGlTÉE-PENNfiE (Kkuii.i.e) (Botanique). — Lorsque la feuille, au lieu d'être simplement digitée, a son pétiole terminé par des péliolcs secondaires sur les côtés desquels les folioles sont attachées, on dit qu'elle est digilae-pennée. Dans le Mimosa purpiirca, les pétioles sccon- .daircs sont au nombre de doux ; il y en a quatre dans le Mimosa pudica, etc. Dans ce cas, les feuilles sont liidigilves-pennées,tridigities-pennées,<juadyidigitées-peimées.
DIGITIGRADES (Zoologie), du latin digitus, doigt, et gradi, marcher. — Nom d'une tribu de Mammifère i, de l'ordre des Carnassiers, famille des Carnivores, qui ont pour caractère de marcher en s'appuyant sur les doigts sans que la face plantaire ou palmaire des extrémités touche le sol. Cette tribu comprend les Maries, les Chiens, les Cicettes, les flyènes et les Chats, parmi lesquels se trouvent les carnassiers les plus forts et les plus redoutables.
DIGLOSSA (Zoologie), du grec rf!î,deux {o\s,et glâssa, langue. — Genre d'insectes, ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Brachélytres, section des Aplatis de Latreille, établi par Haliday- La seule espèce connue, D. mersa, Halid., habite dans les sables sur les bords do la mer, en Islande. Elle est noire, les palpes et les pieds ferrugineux.
DIGYNIE (Botanique), du grec dis, deux, et gynè, femelle. — Nom adopté par Linné pourdésigner, dans ceitaines de ses classes, l'ordre comprenant les plantes à fleurs pourvues de 2 styles ou de 2 stigmates.
DIRE (Minéralogie), du mot anglais dike, digue, chaussée. — Dans les éruptions volcaniques, il se forme souvent sur le flanc de la montagne des crevasses dans lesquelles sont restées et séjournent des laves, des matières basaltiques qui n'ont pas été rejetées au dehors, et qui ont formé des filons. Plus tard, la roche environnante étant dégradée, le filon, plus résistant, reste eu saillie sur l'escarpement, ou même au milieu des champs, comme une muraille; c'est cette dernière circonstance qui lui a fait donner, en Angleterre, le nom de dike appliqué plus tard aux filons mêmes.
DILATABILITÉ (Physique). — Propriété qu'ont les corps de se dilater sous l'influence de la chaleur quand leur température s'élève (voyez DiLiXATioN).
DILATANT, Dilatateub, Dilatation (Chirurgie). — On a recours quelquefois à la dilatation, soit pour élargir une plaie, une fistule, un canal naturel obstrué, afin d'en faciliter la guérison ; on emploie pour cela des corps spongieux, de l'éponge préparée, de la corde à boyaux, des mèches en tissu, en coton, etc. Ainsi, dans la fistule lacrymale, pour désobstruer, pour dilater le c.nnal nasal, on a recours souvent à des mèches, à des fils de plomb, etc. On dilate une ouverture fistuleuse au moyen de petits morceaux d'épongé préparée, de racine de guimauve, etc. On a aussi donné le nom de dilatateur à un instrument proposé par Leblanc dans l'opération de la hernie, pour éviter de faire une trop grande incision. Un autre dilatateur était aussi employé dans l'opération de la taille pour dilater l'ouverture faite à la vessie par l'instrument tranchant.
DILATATION (Physique). — Accroissement que subissent les corps, soit dans leur volume, soit dans leurs dimensions linéaires ou superficielles, sous l'influence de la chaleur. Tous les corps se dilatent quand ils s'échauffent; une exception, à peu près la seule, nous est présentée par l'eau dans des conditions définies et restreintes ; mais ils se dilatent de quantités inégales suivant leur nature, alors même qu'ils sont placés dans des conditions semblables.
On appelle coefficient de dilatation en volume ou cubique la quantité dont l'unité de volume d'un corps à zéro se dilate quand sa température augmente de 1°. On appelle de même coefficient de dilatation linéaire la quantité dont l'unité de longueur à zéro d'un corps se dil.ite quand sa température monte de 1". Les corps solides sont les seuls pour lesquels on ait à envisager la dilatation linéaire.
Dilatation des corps solides. — Toujours contenue dans des limites très-étroites, elle n'en produit pas moins des effets très-appréciables dans certains cas (voyez PïRO-
MÈTBE, PeNDII.E COMPENSATEUR).
Le plus ordinairement, dans la pr.itique, on n'a à considérer que les allongements des solides.
Laplace et Lavoisier ont publié de concert, en 1782, sur CCS dilatations, un travail important dont les résultais ont été généralement admis. Les barres sur lesquelles ils opéraient étaient suspendues horizontalement par des lames de verre dans une auge qu'ils remplissaient de glace fondante et d'e.iu bouillante. Los barres butant par une de leurs extrémités contre la lame fixe S, leur changement de longueur se traduisait par un déplacement de la lame opposée 0 dont les oscillations se transmettaient à une lunette L dirigée sur une mire plantée verticalement à une grande distance. De cette manière, chaque dilatation des barres était accusée par un mouveineut de l'axe de la lunette le long des divi.sious de 1»
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mire. M. Poiiillct :i repris ces expi5riences à l'aide d'un appareil donnant d'une niauiére plus directe et dans des conditions plus variées la valeur de la dilatation linéaire des solides. D'autres physiciens se sont également occupés du même sujet. Les résultats qu'ils ont obtenus ne concordent pas entre eux d'une manière bien rigoureuse, ce qui tient à ce que les métaux ne sont jamais purs etque des différences même peu considérables dans leur degré de pureté ou leur état moléculaire suffisent pour modifier leur dilatation. Voici les principaux résultats obtenus par Lavoisier et Laplace à l'aide de l'appareildont nous donnons une vue perspective dans notre figure.