AER
, aux acclamations d'un nombre prodigieux de spectateurs ! garnissant jusqu'aux toits des maisons. A dater de cette époque les voyages aériens se multiplièrent en France et a 1 étranger tantôt dans un but de pure curiosité, tantôt dans un but utile ou scientifique. Les ballons captifs, c'est-à-dire retenus par des cordes, ont servi avec succès à faire des reconnaissances militaires (voyez Aérostiers) — d'abord à l'armée du nord en 1791 , et depuis en Cri-
1 mée et en Italie. Arago a proposé leur emploi pour décharger les nuages orageux, mais il faudrait empêcher le vent de rabattre ces ballons à terre. On a fait des essais avec quelques succès, en associant à un ballon captif un cerf-volant que le vent tend toujours à soulever. Les aérostats ont déjà rendu, et sont encore appelés à rendre de véritables services à la science. La première ascension scientifique fut faite le 24 août 18(14 (6 fructidor an XII) par MM. Biot et Gay-Lussac. Quelques jours après, le l(i septembre (29 fructidor), Gay-Lussac s'éleva seul à une hauteur d'environ 7 Ontl mètres. Le baromètre était descendu de 7(;°,52 à 32»,8S, et le thermomètre de 2 1°, 75 à 9°, 5 au-dessous de zéro. La sécheresse de l'air de ces régions était si grande que le papier et le parchemin humide s'y desséchaient et s'y crispaient comme devant le feu. Le pouls et la respiration s'y trouvaient très-accélérés. L'air recueilli dans ces régions a présenté à l'analyse la même composition que l'air de la surface du globe. Les observations faites par Gay-Lussac sont relatives à l'électricité atmosphérique, à l'intensité magnétique du globe et au décroissement de la température. Parti du Conservatoire des arts et métiers, il descendit lentement près de Rouen, après six heures de navigation. En 1850 MM. Barrai et Bixio ont fait deux ascensions scientifiques, lis ne purent dépasser de beaucoup la hauteur de 7 000 mètres à laquelle ils parviennent dans leur seconde ascension à cause d'une déchirure qui se fit à leur ballon, et qui les obligea à descendre avant d avoir terminé leurs observations. Plus récemment MM. Glaisher et Coxwell se sont élevés à plus do 9000"". C est la plus grande hauteur à laquelle l'homme soit jamais parvenu.
Parmi les aéronautcs les plus connus, nous citerons Jacques Garnerin, inventeur du paracucte, et sa fille Élisa Garnerin, la première femme qui osa descendre à l'aide de cet appareil ; Blanchard qui conçut l'idée du parachute ré.ilisée par Garnerin et qui, le 7 janvier 1 785, en compagnie du docteur Jeffries, traversa la Manche de Douvres à Calais et faillit périr avant d'atteindre la côte lie France. Robertson, Green, Margat, Godard, Poitevin 1 lien connus de nos jours. M. Green prétend s'être élevé à plus de 7 000 mètres; il a aussi renouvelé en 1851 la traversée de la Manche avec moins de difficultés que Blanchard. Quelques victimes de leur courageuse témélité ont laissé un douloureux souvenir parmi les aéroiiautes.Pilàtre Desroziersen 1785 voulut avec Romain recommencer le voyage de Blanchard, en attachant une montgolfière à un ballon gonflé d'hydrogène ; ce dernier -az prit feu, enflammé sans doute par une étincelle pari ie du réchaud, le ballon se dégonfla tout à coup, retomba sur la montgolfière, et les deuxaéronautes, précipités d'une hauteur de 400 mètres environ, périrent sur le coup. En 1809, madame Blanchard, femme de celui qui a été nommé ci-dessus, périt d'une manière analogue; elle s'éleva du jardin de Tivoli et fit partir de sa nacelle un fou d'artifice qui enflamma l'hydrogène. On peut ciier encore les noms de quelques autres victimes de l 'aérostation, Zambeccari, Harris, Sadler, Arb:in, Galle; toutefois, si l'on tient compte de la grande quantité de voyages aérostatiques exécutés jusqu'à présent, qui dépasse certainement le chiffre de 12,000, on pourra dire que le nombre des accidents est peu considérable ; on en conclut que les voyages en ballon n'ofl'rent pas autant de dangers que l'on avait lieu de lo croire au premier abord.
Ouvrages à consulter: Afa,7nsm pittoresque {mai 1844); Sur /es moyens de diriger '/es néroslals (par M. Francallot, Paris, 1849); Ae'rnslalion ou Guide pour servir à /'/lisloire et à /a pratimie des ba/lons, par M. Dupm's- Delcourt( Paris, 1849); Ba//ons, liisloirede/a locomotion aérienne, depuis son origine jusqu'à nos jours, par M. Turgaii (Paris, tS'jO]; Exposition et histoire des principa/es découvertes scientifiques modernes, par M. Louis Figuier, tome IV 'Paris, I85S). L. G.
AÉROSTATIQUE. — Partie de la physique ou do la mécanique qui traite des conditions d'équilibre des gaz ou des vapeurs. Ces conditions basées sur l'excessive mobilité des particules de ces fluides sont aussi celles de l'équilibre des liquides (voyez Hvdhostatique).
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AÉROSTIERS. — Corps militaire formé en 1792, sur la proposition de Couteile, par le Comité de salut public. Le? aréostiers étaient chargés, à l'aide d'ascensions faites en ballon captif, d'observer les mouvements et les approches de l'ennemi, et de faire connaître le résultat de leurs observations à l'aide d'un système particulier de signaux. Les aérostiers rendirent quelques services sérieux dans les premiers temps de leur formation et notamment à la célèbre journée de Fleuras ; mais on conçoit combien de pareilles manœuvres sont à la fois incertaines et périlleuses ; aussi le corps des aérostiers fut- L supprimé par Bonaparte à son retour d'Egypte (voyez