‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 286 sur 396 · OVINES · texte numérisé non relu

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DISPENSAIRE (Matière médicale). — Ce mot sert à désigner le plus souvent les ouvrages qui traitent de la préparation, de la composition des substances médicamenteuses qui doivent exister dans les officines, aussi bien que des doses auxquelles elles doivent être prescrites par les médecins. On leur a encore donné les noms de codex, formuliiires, etc. Chaque pays doit avoir son dispensaire, son codex, sa pharmacopée en nipport avec le climat, les productions, l'alimentation, les maladies régnantes, les habitudes, etc. Ainsi il y a les pharmacopées de Londres, de Vienne, de Berlin comme il y a le codex de Paris, rédigé par la Faculté de médecine de Paris et qui doit être revisé de temps en temps pour être mis au courant de la science. Voyez Formiilaire, Puahmacopée.

Dispensaire (Médecine). — On a encore donné ce nom à un établissement créé par la société philanthropique de Paris punr donner des soins aux malades qui, pouvant pourvoir chez eux à quel(|ues-unes des dépenses de la maladie, répugnent à entrer dans les hôpitaux, où, du reste, ils tiendraient la place de gens beaucoup plus nécessiteux. Chaque souscripteur de la Société philanlhropi(|ue qui veut faire donner des secours à un malade lui remet sa carte, avec une lettre écrite de sa main et adressée à l'agent du dispensaire de son quartier; au moyen de cette carte, le mahide reçoit gratuitement les soins du médecin, les médicaments du |)harinacien jusqu'à sa guéiison, après laquelle il rapporle sa carte à la personne qui la lui a donnée. Plusieurs villes, à l'instar de Paris, ont aussi établi des dispensaires.

DISI'ERMK (lJotani(|ue), du grec dis, doux fois, et sperniii, graine. — Ou doinie ordinairement ce nom à un fruit, une loge qui renferme deux graines ; la baie de l'épiopvinette est dans ce cas.

DISPERSION (Physi(|ue). - On donne ce nom ik la dilatation qu'éprouve un faisceau di; rayons lumineux lorequ'il vient à traverser un prisme.

Si l'on pratique sur la paroi d'une chambre obscure une petite ouverture par laquelle on fasse pénétrer la lumière solaire, il se formeia sur un écran convenablement placé une image circulaire du soleil. Si l'on interpose alors sur lo trajet du fai,->ci;au solaire, un prisme en verre, ABC, le faisceau .SD se dévie suivant DE et vient former en un autre point du l'écran, une inuige

allongée VR dans laquelle on observe des couleurs se succédant dans l'oi'die suivant.

Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Lo violet occupe d'ailleurs la position de l'image qui correspond i la plus forte déviation, [.'image ">Hngue que

l'on obtient dans cette expérience porte le nom de spectre solaire.

La formation du spectre indique évidemment que les rayons lumineux qui constituent le faisceau solaire, sont inégalement réfrangibles, et que la réfrangibilité va en décroissant des rayons violets où elle est maxima, aux rayons rouges où elle est le pins petite possible.

11 est facile d'ailleurs de reconnaître par des expériences très-simples que la réfrangibilité et la couleur sont deux propriétés absolument corrélatives, de sorte qu'à telle couleur coirespond nécessairement telle réfrangibilité et vice versa.

On dispose sur un tableau noir trois petites bandes horizontales et très-étroites, l'une blanche, l'autre rouge et la troisième bleue. On les regarde ensuite avec un prisme dont les arêtes sont horizontales, et on aperçoit ainsi trois images, toutes les trois déviées, mais toutes les trois aussi verticalement élargies dans le sens perpendiculaire aux arêtes du prisme. Dans l'image provenant de la bande blanche, on observe les mêmes couleurs et dans le même ordre que celles qui constituent le spectre solaire ; dans les deux autres on voit aussi généralement quelques-unes de ces couleurs, seulement le rouge domine dans la première et le bleu dans .la seconde. Mais ce qui est important à remarquer, c'est que le bleu et le rouge se trouvent inégalement déviés, et l'un et l'autre à la même hauteur que les couleurs correspondantes dans l'image de la bande blanche. On tire de lA la conséquence que le bleu et le rouge sont des couleurs inégalement réfrangibles, qu'il en serait de même des autres couleurs du spectre, et que c'est à cette inégale réfrangibilité qu'est duo la dispersion d'un faisceau de lumière qui passe à travers im iirisrae.

On est donc conduit à admettre que la lumière solaire est formée de rayons de diverses couleurs et de diverses réfrangibilités ; quand eiiir hiiniè .■ tombe sur un corps, suivantque celui-ci renvoie. ililj'iiu\ (vojez ''e mot),'i notre œil une proportion dominuiilc de tel on tel r.tyon, il nous parait avoir telle ou telli^ couleur. Ainsi un corps rouge est celui qui renvoie de la lumière dans laipielle dominent les rayons rouges, un corps vert est celui qui renvoie une plus forte proportion de r;iyons verts, etc. Un. corps est noir lorsqu'il absorbe la totalité de rayons lumineux ; il est blanc lorsqu'il renvoie une proportion égale de chacun dos rayons du spectre.

On voit donc que le blanc est lo résultat de la réunion. de toutes les couleurs, ce qu'on démontre d'ailleurs trèssimplement de la manière suivante :

1" On trace sur un disque circulaire des secteurs que l'on colore aussi exactement que possible, des images surressivrs du spectre, puis on loi iMipriuie un mouveinrnt i\<- r"taiiou très-rapide. L'ieil peicevant toutes les conli'orv, viiiiult.iniMnent, ou du moins dans un intervalle de temps fort court, doit éprouver l'impression qui résulte de leur réunion, et l'expérience prouve que le disqueparait blanc.

1» On projette un specire solaire sur un écran, puis entre l'œil et lo spectre on fait passer rapidement un carton présentant des fentes très-rapprochées ; l'œil est encore iilTecté par la riHinion des diverses couleurs et il aperçoit une image lilanrbo. Cette seconde expérience est même plus nette ipie la iiremièro, en ce qu'elle porte sur les véritables couli'in'> s|ii'Ciilaires, tandis (|ue celles qu'on peint sur le disi|iic iic piMuent que s'en rapprocher d'une manière plus on moins imparfaite; aussi la couleur que

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l'on observe pendant l;i rotalii.n, est-elle plutôt grise que

'^''irest i peu près impossible de rencontrer dans la nature des corps qui ne présentent qu'une nuance specuiaire- aussi, quelle que soit la vivacité ou la pureté apnarenle de leur couleur, on observe toujours en les re<'ardant à travers un prisme, de véritables «pee/res, où se trouve ime proportion pliisnu moins forte des diverses couleurs. C'est de la sorte que dans la vision a travers un prisme, on, aperçoit l'image de tous les corps entoures de zones diversement colorées, ou, suivant 1 expression reçue, avec des contours irisés.

Les diverses lumières, autres que la luniiere solaire, sont aussi formées de rayons, dilVerant à la fois par la couleur et la réfrangibilité ; aussi donnent-elles lieu â ues specties analogues au spectre solaire ; toutefois la proportion des couleurs élémentaires varie >m peu ; c'est de a sorte que dans la plupart de* lumières artificielles, la couleur jaune domine plus que dans la lumière solUirc. Il est facile d'ailleuis de composer des lumières, dans lesquelles dominent exclusivement certaines nuances ; c est .ainsi qu'on produit des flammes rouges avec la strontiane, des flammes vertes avec l'acide borique, etc. Il suit de là que vues à ces diverses lumières, les couleurs des corps ne sont pas semblables i celles que l'on aperçoit à la lumière ordinaire du jour (voyez CooLEuns, Colora-

^'Lcphénomènede la dispersion jette quelqueincertitude sur la détermination des indices de réfraction {voyez Indices de RÉFUACTtON), puisquc l'imageformee par une substance transparente quelconque, est toujours élargie ou dispersée. On couvientdans la plupartdescas de prendre l'indice de réfraction par rapport aux rayons moyens du spectre. Pour la construction des instruments d optique, on est obligé de déterminer les indices de réfraction du verre, pour chacun desray.ons du spectre {voyez Raies du

SPECTRE). , j.™.,

Oi! appelle dispersion d'une substance, la différence entre les indices de réfraction des rayons extrêmes du spectre, et pouvoir dispersi/la quotient de la dispersion par l'indice de réfraction moyen, c'est-à-dire celui qui correspond aux rayons jaunes. P- p.

DISQUE (Botanique). — Ce mot a trois signihcations. Ou nomme disque de la feuille, le centre de cet organe ; c'est-à-dire de la partie située entre les bords. Applique a l'inilorescence, le mot disque désigne le centre des capitules de fleurs radiées, comme dans le soleil. Ce disque se compose de fleurons, tandis que la circonférence est composée de demi- fleurons. Quelques botanistes ont aussi nommé disque, la partie centrale des inlloresceiices en ombelle. Eulin, la troisième acception de ce terme, la plus importante, s'applique à une sorte de bourrelet qui, dans ccrtiiiiies fleurs, entoure l'ovaire à sa base, (^et organe qu'Adanson a nommé le premier, représente en quelque sorte un qualrièmc verlicille. Sa forme et sa position varient suivant les plantes. 11 est tantôt annulaire, tantôt glanduleux, réduit parfois à l'état de glandes qui sont au nombre de quatre .^ans la giroflée jaune et d'autres crucifères ou bien à deux corps écailleux charnus comme dans la pervenche. Le disque peut présenter les trois modes d'insertion des étamiiics, c'est-à-dire V hj iMrjy un' comme dans les crucifères, la rue, la sauge, le muflier et les plantes de leur fainillc, hi ijériiji/nir comme dans 1er, rosacées, et vnt\n\'épiffynie, comme dans Icsombellifèrcs, ctc ^ — *■

DISSECTION (Anatomie). — Opération par laquelle on met à découvert les différentes parties des corps orga- •lisés pour étudier unn-seulement ranatomie,mais encore ics causes et les siège» des maladies Les instruments dont on fait usage sont des >cal])els, des ciseaux, des pinces, des marteaux et des scies. On emploie encore les injections, la macération et les léuclifs chimiques, !e microscope. L'horreur naturelle qu'inspire à riiommc I aspect d'un cadavre, le» préjugé» religieux et un grand respect pour les mort» empêchèrent pendant de longues années la pratique d''» dissections, et Hippocraie n'a jnmai» ouvert que de» animaux. Iléropliile fut le premier qui porta le scalpel sur de» cadavres humains. On dit qu'il en disséqua six cent». L'» injections di> liquides dans IC4 dlITéicnW canaux du corp» l't pnucipalrment dan» lesnClèrc», pour la>-iliter le» dissection» et lacoiiservolinn de» cadavres, ont été mise» en honneur par Morgiigiil et IViiisch. Oi dernier, ft l'aide de procédés qu'on n'a pu retrouver diqiiii» su mort, conservait aux rhniis la couleur de la vie. Ou (lit même (|U0 Pierre lo Grand, visitant le cabinet de iluisch, ne put s'enipéclicr

de donner un baiser sur la figure d'un enfant qui semblait lui sourire. Au reste, plusieurs procédés ont été mis , en usage dans ces derniers temps pour cet objet; ainsi, les préparations mercurielles et arsenicales proposées par Chaussier; et plus récemment et avec plus de succès le chlorure de zinc additionné d'hydro sulfite de soude de M. Suqnct ; le liquide de Falconi, qui a pour base le sulfate de zinc.

DISSÉ.MINATIOX (Botanique), dissennuaho. — C^est la dispersion naturelle des graines à la surface de la terre. Lorsque le fruit est arrivé à sa maturité, les graines qu'il renferme se détachent, tombent ou sont entraînées plus ou moins loin par diflérentes voies. Ce moment m.arque le terme de la vie des plantes annuelles. Pour les plantes ligneuses, elle arrive pendant la période de repos qui suit l'accomplissement des phases de la fonc lion de reproduction. Cette dissémination aurait des résultats prodigieux pourla fécondité, si l'immense majorité des graines ne devenait inutile par une foule de circonstances qui en amènent la destruction. Rai a compté sur un pied de pavot 33 ,000 graines et 360 ,000 sur un pied de tabac. Dodart rapporte qu'un orme en donna 529,000 dans une année. Et ce ne sont pas là encore les plantes les plus fécondes Plusieurs causes contribuent à favoriser la dissémination des graines ; quelquefois le péricarpe s'ouvre avec une sorte d'élasticité, et les graines sont lancées plus ou moins loin; c'est ce qu'on remarque dans la balsamine, la fraxinelle, etc. VErhalium élastique^ \-u\'zs\K<nQn\.Concombre snurarje I^Momordira elatertum, LinO, a une baie hérissée de pointes qui se sépare du pédoncule et lance avec violence et détonation, par l'ouverture qui résulte de cette se] aration, un mucilage rempli de graines. Un grand nombre de graines minces et légères peuvent étre'facilement entraînées par les vents ; il y en a qui sont pourvues d'espèces d'ailes Iles érables, les ormes), de soies fines et délicates (plusieurs plantes de la fîunille des Composées) ; souvent ces graines ont des ailes membr.inenses comme dans les bignoma ou des houppes de poils comme dans les apocynées. La Vergerelte du Cnnada (Erigeron canadensis. Lin.), suivant Linné, a été naturalisée en Europe au moyen de ses graines transportées par la mer d'un hémisphère à I autre. L'homme et les animaux sont encore des moyens de dissémination des gr.iines ou des fruits; ainsi les graterons les aigremoines s'attachent aux poils des animaux . aux vêtements ; les oiseaux peuvent transporter à des distances considérables des gr.iines qui sont encore susceptibles de germer même après avoir été avalées; l'homme emporte avec lui dans tous les climats des graines des fruits qui peuvent, abandonnés à eux-mêmes, trouver' des circonstances favorables pour se développer. DISSOI.L'TIO.N' (Cliimie). — Opér.ition dans laquelle les parties constitutives d'un corps solide en contact avec un liquide se désagrègent et se confondent pourainsi dire avec ce dernier, sans en troubler la limpidité ou la tr.insparence. Le corps liquide prend dans ce cas le nom de dissolvant. Ainsi, par exemple, du sucre, du sel marin mis en contact avec l'eau s'y dissolvent, et il devient impn-sihle uiéine avec l'aide du plus puissant microsc"! .■ ilr iii^iiu;;uer dans la masse lic|uide aucune par- (■■■Ih- ilu ^mIkI.' qui y est contenu. Lu grand nombre do sut) iiniccs s(.lides sont susceptibles de se dissoudre dans l'i-iii ■ uui'Niui's-unes y sont insolubles; tels sont, par exruiùlr !■■ chlorure d'argent, le sulfate de baryte, etc. La ilissoUUion ne doit pas être considérée comme une action chimique véritable; en elïet, le corps qu'on obtient en dissolvant une substance dans l'eau présente toutes les propriétés de la substance elle-même, tempérées seulement par la présence de l'eau; il n'y a p.is ce clian- .'.■nient iadic;d qui est le signe ordinaire de 1 action chimique \insi une dissolution de sucre dans 1 eau ne pré-eute p.a» d'autres propriétés que celles du sucre liiimêuie. tandis quc^ si l'on vient à mêler, par exemple, dans des proportions convenables , de I acide clilorliydriiiue et de la sonde, substances toutes les deux causti- (uicset vénéneuses à un haut degré, il y aura entre elles rombiiiaisnn cliimique (voyez (•.o^tlll^AlSox), et le produit qui en résulte, non-seulement n'est point un poison, m.,i. est employé dans raliiueutaiion do l'homme et de» animaux, car ce n'est autir chose que le sel marin. Il maïupie d'ailleurs au pliéiiomèue de la dissolution un des C'iraclères les plus invariables de l'action chimique, le dégagement de chaleur C'est le contraire qui a heu car tmile» les fois qu'un corps solidî se dissout dans 1 cau, il V a abaissement de température. C est sur ce fait que »)nt fondés les mél.mges réfrigérants (voyez co mol);

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jjoutous qiip, tandis que rafliriitc chimique est d'autant ])lus prononCL'C, que les corps ont des propriétés, pour ainsi dire, plus opposées, les corps paraissent d'autant plus propres 4 se dissoudre l'un dans l'autre, qu'ils ont une p'us grande analogie de constitution. Ainsi les métaux sont presque tous solubles dans le mercure; les corps gras, riclies en hydrogène, sont très-solubles dans l'alcool et l'étlier qui présentent la même particularité, etc. Toutefois, si la dissolution n'est pas, à proprement parler, une action chimique, elle favorise puissamment le développement de celle-ci. C'est en dissolvant les corps dans des liquides appropriés qu'on les rend éminemment propres à ré:igir les uns sur les autres; aussi les anciens chimistes avaient-ils émis cet aphorisme, qui, quoiqu'il ne soit pas absolument vrai, est pourtant en général conforme à robser\ation : « corpora non oijmit n>si soluta. »

L'eau est de tous les dissolvants le plus général et le plus employé ; après elle on peut citer l'alcool et l'étlier. Lapropriélé de diverses substances de se dissoudre dans l'un de ces véhicules et d'être insolubles dans un autre fournit aux chimistes un moyen précieux d'obtenir un grand nombre de corps. On peut, dans la préparation d'une foule de matières organiques, faire l'application de cette méthode. Quand au sein d'un liquide se forme un corps qui n'est point susceptible de s'y dissoudre, il s'en sépare sous forme de précipité, et c'est là un des moyens les plus généraux de séparer et même de doser les corps dans les analyses chimiques.

Ce n'est pas seulement sur les soUdes que s'exerce le pouvoir dissolvant de l'eau ou des autres véhicules, c'est aussi sur les liquides. Ainsi l'alcool se dissout dans l'eau en toute proportion, l'éther dans la proportion d'un dixième environ. La plupart des huiles essentielles (essences) sont insolubles dans l'eau; c'est .la cause du trouble qu'on observe quand on les verse dans ce liquide ; elles sont, au contraire, très-solubles dans l'alcool. "Tous les liquides aromatiques destinés aux usages de la toilette et qui sont vendus dans le commerce sous différents noms (eau de Cologne, eau de Botot, vinaigre de Bully, etc ) ne sont autre chose que le résultat de la dissolution de certaines essences dans de l'alcool plus ou moins rectifié.

Les gai eux-mêmes peuvent être dissous par l'eau dans diverses proportions ; c'est à l'air que l'eau tient toujours en dissolution, que les poissons et les autres animaux aquatiques doivent de pouvoir vivre dans ce liquide. Si l'on place un vase contenant de I eau sous le récipient de la machine pneumatique, on pourra enlever l'air qu'elle contient, et, dans ce cas, un poisson qu'on plongerait dans son intérieur périrait presque immédiatement. La quantité d'un gaz qui peut se dissoudre dans l'eau augmente avec la pression; elle diminue, au contraire, très-rapidement quand la température augmente. Ainsi de l'eau portée à 100° perd la totalité de l'air qu'elle renferme. C'est un résultat contraire qui a lieu ordinairement pour les solides; la plupart de ceux-ci se dissolvent en proportion d'autant plus giande que la température est plus élevée. P. D.

DISTANCE (Géométrie), — 1» de deux points, longueur de la ligne droite qui joint les deux points ; 2° cFun point à une di-oile, longueur de la perpendiculaire aba;,-5ée du point sur la droite ; '■i° d'un point à un plan, longueur de la perpendiculaire abaissée du point sur le plan.

On appelle aussi distance d'un point à une circonférence ou « une surface sphérique ]& portion de la droite qui va du point au centre, comprise entre ce point et la circonférence ou la surface sphérique.

C'est ainsi que l'on dit en géométrie que la circonférence et la surface sphérique ont tous leurs points à égale distance d'un point intérieur appelé centre ; que la perpendiculaire élevée par le milieu d'une droite a tous ses points à égale ilistance des extrémités de la droite et que la bissectrice d'un angle a tous ses points à égale distance des eûtes de l'angle.

Si l'on considère deux parallèles, la distance d'un point quelcouque de la première à la seconde est toujours la même. Quand deux ligues droites ne sont pas situées dans un même plan, on appelle plus courte distance de «e,? droites la longueur de la perpendiculaire commune aux deux droites.

DlSTA^CE i)F.s ASïKES (Astronomie). — On la détermine par les procédés trigonométriqiies qui servent à trouver la distance d'un point inaccessible (voyez Parallaxes).

DISTIILNE ou CvAMTE (Minéralogie). — Silicate d'alumiue naturel. Ce minéral ae rencontre fréqucnuncnt

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en cristaux d'une teinte bleuâtre !x laquelle il doit son nom : on le trouve aussi incolore; il est souvent transparent, toujours au moins translucide, d'une densité 3,6. Sa forme cristalline est le prisme oblique dyssymétriquedont les angles sont : lOl,",!.-/, 100° 50' et 'J3" 15'. 11 est clivable dans un sens parallèlement .\ l'une des faces du prisme. Au chalumeau, il est absolument infusible. Les cristaux de disthène appartiennent aux roches appelées taischistes et micaschistes.

DISTILLATION (Chimie), disfiHafio, de di, particule séparative, et stillu, goutte qui tombe. — On désigne sous ce nom l'opération par laquelle, au moyen de la production de vapeur par ébullition, 0)i sépare un liquida volatil d'avec des matières fixes non volatiles ou d'avec un ou plusieurs autres liquides dont l'ébullition s'opère à des températures différentes du premier. Dans le premier cas la distillation est dite simple, elle est comjosée dans le second. Elle se fait dans les deux cas dans le même appareil, qui nous a été transmis par les Arabes et a reçu d'eux le nom à'alamlnc; mais autant la distillation de la première sorte est facile à diriger, puisque, à part l'économie de combustible, on peut chauffer à. volonté, autant l'autre exige de précaution et de surveillance afin de conserver constamment la température pour laquelle l'expérience a appris que les vapeurs mélangées qui se dégagent contiennent la plus forte proportion du liquide, qu'on veut obtenir. Nous avons décrit l'alambic ordinaire à l'article Alambic.

On modifie cet appareil pour opérer la distillation dite au hain-marie. La chaudière est remplie d'eau ou d'eau salée dont on laisse dégager la vapeur par un orifice latéral fermé quand l'alambic fonctionne à la manière ordinaire. Au milieu de la chaudière est un vase vissé au chapiteau. Il contient la matière à distiller qui subit ainsi l'action de la chaleur dégagée par l'ébullition du liquide extérieur. On y place habituellement l'eau et les plantes dont on veut dégager pour [a parfumerie les huiles essentielles entraînées par la vapeur d'eau. Sans cette précaution qui amène partout une température uniforme, il serait à craindre que certaines parties des plantes au contact du fond de métal très-chaud ne vinssent à se décomposer, ce qui amènerait dans l'essence une odeur d'empyreume altérant la suavité du parfum. On recueille l'eau mêlée d'essence dans le récipient florentin, et l'essence se sépare habituellement en se plaçant à la couche supérieure.

On se sert très-souvent dans les laboratoires de chimie et de pharmacie d'un appareil distillatoire fort simple destiné aux liquides en petite quantité. Il se compose d'une cornue, d'une allonge si le col de la cornue n'est pas assez long, et d'un ballon récipient tubulé ofi pénètre l'extrémité de l'allonge ou du col de la cornue. Le récipient est entouré ou d'eau froide ou de glace, ou de linge, sur lequel on fait couler de l'eau goutte à goutte. Un long tube le surmonte afin de rendre la condensation des vapeurs plus facile et de porter dans la cheminée les gaz non liquéfiables, fétides ou délétères. Parfois on accélère la condensation en entourant le col de la cornue ou l'allonge d'un manchon cylindrique de fer-blanc dans lequel remonte à contre-pente un courant d'eau froide, c'est le réfrigérant de M. Liebig représenté dans Ma figure 795.

La cornue peut être chauffée à feu nu, posée sur un triangle. Elle est alors en verre ou en terre enduite de lut. Parfois la cornue est entourée d'un bain de sable contenu dans une chaudière de fonte et recouverte d'une enveloppe de tôle pour éviter le refroidissement et rendre la distillation plus rapide. La cornue est en verre quand on emploie le bain de sable.

De même si l'on distille au bain-mar.'e. On place alorsla cornue sur un cercle de corde fixé aux anses d'une chaudière pleine d'eau bouillante. Le bain-marie s'appli(|ue dans le cas de matières très-volatiles, comme les solutions alcooliijues ou éihérées, pour lesquelles le feu donnerait une ébullition tumultueuse. Si l'on veut distiller au bain-marie au-dessousdo IOO"',onscsijrt d'un baind'eau recouverte d'huile pour empêcher l'évaporation et l'on y maintient un thermomètre qui sert de guide. Pour les températures allant jusqu'à ISO*, on prend le mercure pour bain-marie et l'acide sulfurique jusqu'à 200». Au delà, ces liquides dnniient des vapeurs dangereuses. Le bain d'huile permet d'aller jusqu'à liOO" et les alliages de Darcet (voyez ce mot), avec cornue degrés, jusqu'au rouge.

liicn de plus facile à diriger qu'une opération de distillation simple. Le liquide de la chaudière ou do la cornue forme des vapeurs qui, en vertu oc l'ébullition,

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jont à la piTSiion ramospliériqiie, et, comme cllrs sont poussées par les nouvelles vapeurs qui se forment, elles expulsent bientôt l'air de l'appareil, puis se condensent dans les parties froides et sont remplacées par des vapeurs qui se condensent à leur tour. Les difficultés expérimentales se manifestent dès qu'il s'agit d'une distillation composée. Le plus volatil des liquides entre en

ébullition dès que sa température d'ébuUition isolée est atteinte, mais le moins volatil distille en même temps, de sorte que, pour une température donnée, il tend à distiller un mélange des vapeurs en rapport déterminé avec leurs volatilités respectives. Ce rapport change si la température change. Enfin, complication nouvelle, ce rapport peut changer aux diverses époques de l'opération à même température en raison des affinités réciproques des liquides qui distillent. Ainsi, pour un mélange d'eau et d'alcool, loin que les deux liquides condensés restent en proportions constantes, les premières liqueurs qui distillent sont plus alcooliques et le produit s'affaiblit de plus en plus. Aussi le point d'ébuUition dans la cucurbite s'élève sans cesse jusqu'à 100°. Si on distille du vin, l'expérience constate que tout l'alcool passe dans le premier tiers.

Dans certains cas on opère la séparation des liquides mélangés en profitant de la propriété que possède un des liquides de former un composé fixe avec une substance qu'on ajoute. Ainsi on obtient l'alcool absolu (C''H'''0-) en laissant l'esprit du commerce en contact pendant un jour ou deux avec de la chaux vive, puis en l'introduisant dans l'alambic avec do la chaux nouvelle qui enlève le pou d'eau qui reste. On purifie l'étlier du commerce eu le distillant sur du chlorure de calcium calciné qui, i la température d'ébuUition de l'éther, retient l'eau et l'alcool. On peut encore séparer les liquides par la méthode dite du Iraclionnumrnt des liqueurs. On recueille i. part les portions qui distillent aux environs de chaque point d'ébuUition, on reprend chacune et on la fait distiller de nouveau une ou plusieurs fois jusqu'à ce qu'on obtienne un liquide distillant tout entier à la même température, ce qui est le caractère de sa pureté.

Cette longue et dispendieuse méthode, perdant une partie du produit, fut cependant la seule employée pendant longtemps nour extraire les eaux-de-vie et alcools du vin. En 1801, Edouard Adam, do Nîmes, construisit le premier appareil à distUlatiim continue. Son appareil, perfectionné parOllior-Blumenihal, par M. Laugier, est celui qu'on emploie encore dans le midi de la France (voyez Eau he vif.). Dans le nord, les distillateurs d'eaudcvlc de grains, de pomme de terre, de betterave ou de mais se servent surtout do l'appareil dû à M. Derosncet réalisant les mêmes conditions. Voici les principes de la dlslillalion continue : 1° Si les vapeurs d'eau et d'alcoul mélangées panourent un réfrigérant, les vapeurs condensée» les premières sont les plu8 aqueuses et celles qui »c liquéfient les dernières sont les plus alcooliques, c.c sorte qii'uno longueur donnée dcserpenliu permi'ttni t\r ne conserver 4 l'ctiil de vapeur qu'un niélan^;"' ayant atteint un titre détei ininé. T Quand de la vapeuiil cun rrnconlro un mélang.' dVau et d'alcool A plus liasse Icuipérature.une porlicii d" la vapeur d'eau se coiulrnscct la cluileur devenue libre, provenant de celte condrnsalKin, forme do la vapeur d'alcool. 3° Enfin un ujélange d'eau et d'alcool boni à une lempérulurc d'autant plus basse qu il est plus riclie en alcool.

Nous empruntons au Trailé île la chaleur, deî/l. Péclet, la description et la figure de l'appareil représenté cicontre, l'un des plus employés de nos jours par les distillateurs. C'est un app.arcil Dorosne simplifié.

n A est un cylindre de fonte ou de cuivre, où l'ébullition du liquide à distiller est produite au moyen d'un serpentin de cuivre dont les orifices d'entrée et de sortie sont désignés par les lettres a et i; c est l'orifice de sortie de la vinasse épuisée; Best la colonne d'analyse des vapeurs, dans laquelle le liquide à distiller marche en sens contraire de la vapeur. Différentes dispositions sont employées pour augmenter les surfaces de contact. Les vapeurs s'élèvent dans le réservoir E, et passent par le tube F dans le rectificateur C qui est formé d'un serpentin disposé suivant la méthode ordinaire ; les vapeurs condensées retournent à, la colonne d'analyse par le tuyau H, et les vapeurs non condensées passent dans le serpentin du vase D où elles sont condensées et refroidies, et s'écoulent au dehors par la tubulure M qui communique avec un vase renfermant un alcoomètre. Le liquide à distiller arrive d'un réservoir supérieur dans l'appareil par le tuyau LI, muni d'un robinet K qui sert à régler l'écoulement ; il s'élève dans le vase D, puis dans le vase C, d'où il passe dans la colonne d'analyse B par le tuyau G et tombe enfin dans le vase A. » Nous avons à peine besoin de faire remarquer que dans cet appareil les liqueurs spiri-

1 1 dut lltio 0 do D

tueuses A distiller servent à condenser les vapeurs et subissent un premier échaulTenicnt aux dépens do la chaleur latente de vaporisation, co qui économise le combustible (voyez E\UDE-viE).

DisTiLi./iTmN siîCiiE. - Quelques autours de clnmi.nomment ainsi l'opération qui consiste A décomposer iiar la chaleur les substances organiques- non volatiles, lilin d'obtenir de nouveaux corps, ainsi l'acide pyroli- Lucux ainsi, en opérant ;\ des températures ménagées, l,.s produits pyrogénés (voyez ce mot), comme 1 acide pviogallique, l'oximiido, etc. . ]\ ,, ■

DISTIQUE (Botanique).— Épithèto qui sert i désigner Ux disposition de certaines partie, en deux r.angées U 1, ne d'un axe commun; ainsi les fenilles sont dtstiniu: lorsqu'elles naissent de n.ends altrnu:. placés sur deux rangs à droite et à gauche, comme cela a lieu dans 1 u

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