‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 30 sur 396 · A FI · texte numérisé non relu

A FI

AFF

nu'on peut être assuré que notre artillerie trouvera bieu peu d'endroits où elle ne puisse passer. ]

Au point de vue du tir, voici quel a été le problème : construire un affat léger, ne reculant pas trop quand la pièce lance un projectile assez lourd. Or, quand un projectile part, il laisse sa pièce animée d'une quantité de mouvement à peu près égale à la sienne. Le recul dépend donc de la vitesse du projectile et augmente avec elle, et comme la vitesse avec laquelle part le projectile dépend de la cbarge qui le lance, pour avoir un faible recul, il fallait une faible charge, et pour obtenir un résultat avec une faible charge, il fallait un projectile offrant peu de prise à la résistance de l'air; l'invention des projectiles à ailettes a résolu le problème.

Les ferrures hâtant le pourrissement des bois, on a songé à faire des affûts avec une autre matière. On a fait des essais sur la fonte et le fer forgé. Mais à part l'inconvénient du poids qui rend ces affûts inadmissibles pour les pièces de campagne, il a été reconnu que la cohésion de ces métaux était telle, qu'en recevant le choc d'un boulet, ils éclataient fréquemment et pouvaient ainsi faire office de vrais projectiles.

Affdt de campagne. — 11 est formé [fig. GO) d'une flèche en bois portant à l'une de ses extrémités deux flasques sur lesquels repose la bouche à feu par ses deux tourillons ; l'autre extrémité de la flèche appelée crosse est posée sur le sol, quand la pièce est en batterie, ou bien est portée par Vavant-train, voiture à deux roues et à timon qui sert à traîner la bouche à feu. La jonction de l'avant- train à la crosse, s'opère en engageant la hmefte (anneau fixé à la crosse), dans le crochet clievillc-ouvrière, que porte l'avant-train. Une chevillette traversant le crochet empê-

che la lunette d'en sortir quelque forte secousse que reçoive le système.

Outre la lunette, la crosse porte encore deux anneaux destinés à recevoir le levier de pointage à l'aide duquel on donne à la pièce une direction déterminée. Toutes les fois qu'on réunit l'affût à l'avant-train, on dégage lo levier de ses anneaux et on l'accroche sur l'un des eûtes de la flèche; on place de l'autre côté l'écouvillon, longue tige munie d'une brosse pour nettoyer la pièce et d'un refouloir pour enfoncer la charge. Chaque affût porte deux leviers de pointage et deux écouvillons.

Enfin, à la partie de l'affût située sous la culasse de la pièce, se trouve une vis dont la tête porte cette culasse et qui sert à faire varier l'angle de la pièce avec l'horizon. C'est la vis de pointage.

On peut traîner la pièce avec l'avant-train sans engager la lunette dans le crochet cheville-ouvrière. Une longue corde, la prolonge, fixée à l'avant-train par une de ses extrémités, porte à l'autre extrémité une tige en fer qu'on engage dans la lunette. L'avant-train peut ainsi traîner sa pièce à distance. Tant qu'on ne se sert pas de sa prolonge elle reste ployée sur deux crochets fixés derrière l'avant-train. Ce sont les crochets de prolonge.

Le nouvel affût pour canon rayé de 4 diffère peu du précédent. Il a des roues beaucoup moindres, la pièce est moins élevée, la flèche courte et légère. De chaque côté de la pièce et en dedans des roues, l'essieu porte deux coflrets, pouvant contenir chacun deux charges. La tête de la vis de pointage porte le bouton de la culasse; cette vis est plus longue et ses filets sont arrondis au lieu d'être saillants.

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Fig. 60»— Affût de campagne.

Affdts d'obdsiees de montagne. — 11 est unique dans son espèee, aflecte à peu près la même forme que la précédente avec des dimentions deux fois moindres environ et pfese 65 kil. sans les roues. L'avant-train est remplace

par une limonière {fig. 61) qu'on adapte à volonté à la crosse de l'affût.

L'affût de montagne porte un obusier de 12 qui pèse lOii kil. ; cet obusier se transporte avec son affût et les munitions à l'aide de trois mulets, le premier porte l'affût et les roues, le second la pièce et la limonière, le troisième porte deux coffres à munitions.

Il existe déjà un obusier de montagne rayé. Mais son affût est le même que le précédent. Le chargement sur les mulets est le même. La seule modification a trait à la disposition des charges dans les coffres à munitions.

Fig. 61. — Affût d*obusKr do montagne

Affût de siéce. — On en distingue deux qui ne diffèrent guère que par les dimensions do quelques pièces.

L'un pour le canon de 2'i et l'obusicr de siège de 22, l'autre pour le canon de \'î.

L'affût lie siège est plus grand et plus lourd que l'affût de campagne. Il ne porte aucun levier de pointage sur les côtés, ni anneau de pointage et lunette i la crosse. Son avant-train ne porte pas de caisson. Enfin sa vis de pointage est quelquefois remplacée par un coin en bois. A l'extrémité postérieure des flasques se trouve un talus servant d'arrêt. Il est destiné à servir d'en-

castrement pour les tourillons de la pièce dans la position de route.

La pièce en batterie est manœuvréc à l'aide de leviera par quatre ou six servants sous la direction du pointeur.

Quand on veut transporter la pièce h une distance un peu considérable, on In met dans la position de route, c'est-fi-dire qu'on la recule jusque sur l'avant-train da manière à placer les tourillons contre les arrêts de l'affût dont nous avons parlé. Une partie du poids de la jiièce est alors portée sur l'avant-train.

Affûts he place et de cote. — On distingue quatr ■ affûts de place. Chacun peut recevoir une ou plusieurs pièces.

1° L'affût d'obusier de place;

-" L'afTùt du canon de place de 24 ;

3" L'aflût du canon de place de 16;

4" L'affût du canon de place de 12;

Un même mode de construction s'applique à tous ces afiùts.

La défense des places et des cotes exigeant un vaste champ de tir pour les pièces qu'on y emploie, les affûts de ces pièces les élèvent au-dessus du parapet, tout en permettant de les manœuvrer sans trop se découvrir.

L'affût de place [fig. (i2) est porté sur deux châssis qui s'appuient l'un sur l'autre. Le premier est le grand chn^si'^; le second est le petit chiUsit.

L'affût est porté directemcrit par le grand châssis. Ce dernier se compose de trois poutrelles horizontales et parallèles, réunies par des entre-toises. Les deux poutrelles extrêmes portent les moyeux des roues de l'affût; ci?lle du milieu appelée poutrelle directrice parce qu'elle sert à diriger la pièce sur le but, porte la crosse de l'affût. Elle dépasse de beaucoup les autres et se trouve munie à son extrémité d'une roulette qui repose sur le sol et dont l'axe est parallèle aux poutrelles. Cette roulette permet de donner à la directrice et par suite à l'axe de la pièce, telle direction que l'on veut.

. — Allul Je lilace el de cote.

Affûts de mobtiers. — Il y a 5 affilts de mortiers ; les affûts de mortiers de 3::', de 2"", de 22", de \b° et l'oflùt de mortier à plaque de .32' en fonte.

Comme nous l'avons déjà dit, ces affûts ne portent pas de roues. Ils sont formés [fig. G3) de deux flasques en fonte

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