‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 314 sur 396 · ECL · texte numérisé non relu

ECL

Fis. 837. — Ombre el pénombre de la terre.

dans l'intensité de la lumière, ce qui donne un peu d'incertitude pour apprécier l'instant où la lune commence réellement à entrer dans le cône d'ombre.

Les conditions de possibilité qui ont été indiquées plus haut se vérifient constamment et, par suite, il devrait y avoir une éclipse de lune à chaque lunaison. En réalité, il n'en est pas ainsi i cause de l'obliquité de l'orbite lunaire sur le plan de l'écliptique, obliquité qui est représentée par un angle d'environ 1». On conçoit, en effet, qu'au moment où l'éclipsé pourrait se produire, la lune se trouve d'un côté ou de l'autre du plan de l'écliptique, à une distance supérieure à l'épaisseur du cône d'ombre. Il faut donc, pour que l'édipse puisse avoir lieu, que la

distance de la lune à l'écliptique, c'est-à-dire la latitude de la lune, soit assez petite et. par suite, qu'elle soit voi-

que, 52', il y aura toujourx éclipse partielle ou totale. Eclipses de soleil. — L'éclipsé de soleil a lieu lorsque la lune se trouve entre la terre et le soleil, c'est-à-dire au moment de la conjonction (fig. 838). Il faut, en outre, pour les mêmes raisins que celles qui viennent d'être dites, que la lune soit près de ses nœuds et que sa latitude n'excède pas 1° 1/2.

Si on cherche à quelle distance s'étend le sommet O du cône d'ombre de la lune, on trouve environ 56 rayons terrestres; comme la distance moyenne de la lune à la terre est de flO r.iyons terrestres, il semble que le sommet du cône d'ombre ne doive jamais atteindre la surface de la terre. Mais il faut remarquer <|ue cette longueur du cône est en réalité variable, et il peut arriver qu'il puisse atteindre la terre; mais jamais il ne la contiendra entièrement, et il n'y aura qu'une portion de sa surface qui s'y trouvera, de sorte qu'une éclipse de soleil peut n'être visible pour aucun point de la terre, ou bien l'être pour une certaine zone, mais jamais pour la terre entière, ou plutôt pour la moitié entière (lue le soleil éclaire en ce moment.

Supposons, comme le montre la fi<;ure 8,39, que le cône d'ombre atteigne la terre, les points qui sont dans la région ab ne peuvent recevoir aucun rayon du soleil ; pour les habitants de ces localités, le soleil est entièrement caché par la lune; il y a éclipse totale. De part et d'autre de ah s'étendent deux régions qui sont plongées dans la pénombre ; de ces points on aperçoit seulement une partie du disque solaire échaucré par la lune qui ne se projette qu'en partie sur lui et qui produit par conséquent une échancrure circul.aire (/îg'. 840). Si la terre et la lune restaient toujours dans la même position, la région ab de l'éclipsé totale serait une sorte de calotte, entourée d'une zone où se produirait l'éclipsé p.irtielle; mais le mouvement des deux ;istres déplace constamment la région occupée par l'ombre à la surface de la terre, et c'est en réalité sur une bande allongée qu'on observe le phénomène à des heures différentes.

Lorsque le sommet du cône d'ombre n'atteint pas 1\ terre Ijig. 842), si par le point où la ligne des centres perce sa surface on mène un cône tangent à la lune, il détachera du soleil une couronne qui sera lumineuse. Alors, pour un habitant situé en ce point, le soleil aura la forme d'un .anneau lumineux et régulier. On dit alors que l'éclipsé est annulaire {fig. 841). Des différents points de cd on verra aussi un ainic.Tu, mais sa largeur ne sera pas la même sur tous les points de son pourtour. De part et d'autre de cd il y aura éclipse partielle. Les éclipses totales de soleil sont fort rares; la dernière qui ait été visible en France est celle du 8 juillet IS42. Lors d'une éclipse totale, l'obscurité devient assez grande pour qu'on puisse voir à l'oeil nu des étoiles de troisième et de quatrième grandeur, les animaux donnent des signes d'effroi, et SI les hommes eux-mêmes ont cessé de s'épouvanter par suite de la connaissance qu'ils ont de la nature du phénomène, ils éprouvent toujours, outre un vif sentiment de curiosité, une émotion indéfinissable quand ils cessent d'apercevoir l'astre qui nous donne la chaleur et la lumière. Pendant la durée du phénomène, on aperçoit une zone lumineuse autour du disque opaque de la lune; cette lumière app.arlicnt sans doute soit à une atmosphère du soleil, soit à une atmosphère de la lune. Dans ce dernier c-is, elle devrait être concentrique à la lune et se déplacer avec elle. L'observation n'ayant pas vérifié cette conséquence, on est porté à croire que cette zone lumineuse appartient à une atmosphère solaire, peut-être à celle qui produit la lumière zodiacale.

Indépendamment de la zone lumineuse, on aperçoit généralement des protubérances violacées et disposées sur le contour de' la lune, comme le montre notre ligure 844.

, Aucune Iiyputhèse plausible n'a pu

jusqu A présent rendre compte do cet étrange et curieux phérioniène.

Souvvut aussi dcB rayons luminouXjtols que des éclairs,

ECO

ECO

smonnent le dis.ue opa.ue de .a lune; ce s^t peu^^.e , une peU. ouve.U,^^ U. ba^ ^^^^^^^^ rS mantes re'ndues visibles pa. 1 obscunté qu, | ^^^^^.e desséchées s'allument se cons^^^^^^^^^^^^

!. , j > rîlrine et acquiert des propriétés fertilisantes ; lorsque le

ve de, éclipses de sokii et de une- [f^^^f.^^Zl on éparpille sur le terrain écobué, e nnditions Se possibilité de l'une ou I tout est reiro, ,,J^,/après on stme le plus souvent

provient de l'éclipsé

Fréquence relative «c^ ^^...j,-^-^ — ■.,•;■., j„ ïn discutant les conditions de possibilité de

"g. 8^3. - Aspee. " L'I il pe.Jant la dorée d'un, éelips. loUl.

l'autre de ces sortes d'é. lipses, on f ':<^r,^"r®.''\Xil ditions sont moins étroites pour les «"Pf^'^J^. ^^° 7' nue pour les éclipses de lune; aussi, en considérant le ?,lb'reto,al d'éclipsesqui ontlieudans une année rou^^^^^^ t-on que celles de soleil sont plus nombreuses. Maib,d un autre^côté le nombre de points d'où l'on Peut voir une éclipse de lune est bien plus grand que ceU des points pour lesquels est visible une éclipse de soleil. Il suit de là que, dans un lieu déterminé, on voit plus d éclipses de lune nue d'éclipsés de soleil. , ,• „„

Jamais, dans une année, il n'y a plus de sept éclipses; jamais il n'y en a moins de deux. Quand il n'y en a que deux elles font toutes deux de soleil. . .„

ÉCLIPTIQUE (.\stronomie). — Plan qui contient 1 orbite due la terre décrit annuellement autour du soleil, ou l'orbite apparente du soleil autour de la terre. L écliptique fait avec le plan de Téquateur terrestre un angle de 2;r2T environ, qu'on appelle l'obliquité de 1 écliptiniie La droite d'intersection de l'écliptiquo et de 1 eqnaicurest la ligne deséquinoxes ; l'intersection de 1 eciiptique et du plan de l'orbite hinaire est la ligne des nœuds. Ue li la dénomination d'écliptique; car les éclipses ont lieu lorsque la lune est voisine des nœuds, par conséquent voisine du plan de l'écliptique (voyez Solkil). ÉCLISSE (Médecine). — Voyez Attelle.

ÉCOBUAGE (Agriculture). — Mode de défrichement désigné aussi sous le nom à'essartage. Voici en quoi il consiste : par un temps sec et chaud de l'été, on lève avec

Pij. «H. -Pourntm a'écol"J«B»-

Yécohue, cspiicc de hune large et forte, des plaques de oazon que l'on dispose deux par deux en forme do toit ; mielquefoU on a recours à une charrue spéciale pour lover ce? plaques. Lorsqu'elles sont bieriNéchécs, on le» arrange lit par lit, en forme du cône ou du calotte, on meiiageaiU

peu de temps après on stme le plus souvent du seigle. Quelques cultivateurs, en France, sont dans l'usage d'enterrer les cendres par un labourage superficiel et de n ensemencer que quinze jours après. L'écobuago. ne doit pas être pratiqué sur les terres légères; U convient bien dans les terres argileuses, compactes, humides (voyez LtBOtiB, Sol)

ECONOME (Campagnol) (Zoologie). — espèce de Rongeur du genre Campagnol.

ÉCONOMIE RLRALE. — Voyez Agbiccl- TCRE, Exploitation AcnicoLE.

ÉCORCE (Botanique), du latin cortex, qui a pour primitif cor, peau, en celtique. — Partie extérieure de la tige des végétaux. Dans les tiges ligneuses des plantes dicotylédones, l'écorce atteint son organisation la plus compliquée ; elle se compose de quatre couches distinctes : Vépiderme (voyez ce mot), la couche ou enveloppe subéreuse, 1 enveloppe cellulaire et le liber ou les fibres corticales. Venveloppe subéreuse (de suber, liège, parce que cette partie fournit le liège) résulte ordinairement de l'assemblage de celliUes par plusieurs rangées et souvent de différentes formes. Dans le chêne-liége (voyez Liège), leur développement est considérable et leurs rangées très-nombreuses. Venveloppe cellulaire e^t nommée aussi moelle externe, couche herbacée, couche verte à cause de sa couleur verte très-prononcée qui la fait distinguer aisément de l'enveloppe subéreuse so"S laquelle elle se trouve immédiatement. Parfois les relues qui la composent, au lieu de contenir de la '^^^'«'•"P'^f"^ S ce mot), renferment des cristaux. ,Le • f*'^^ o^^f ermtre partie intérieure de l'écorce, qui s applique presque immédiatement sur le bois, résulte de l'assemblage de to^ ceaux de fibres grêles et colorées ordinairement d un blanc brillant. Elles sont, en outre, trës-rés.stantes, et cette ténacité est surtout remarquable dans 'es Plante» dont on tire parti pour la préparation de i^atièi es textiles ; ainsi, les fibres du chanvre et du lin sont douées de cette précieuse propriété. Les fibres ^o^'^;^,"''-^. \°"' ^ ^'^ posées par couches superposées qui fig^''eut/°^'^""« 'comme un feuillet; de là le nom de liber qu on a donné à cette enveloppe. Plusieurs auteurs ont reconnu en outre de ces par ies de l'écorce. une antre e^nveloppe étant aussi une couche cellulaire qui s'étend à If surface de l'écorce et qu'où a nommée périderme. C<^st elle qui se détache de l'écorce des platanes, comme tout le monae l'a remarqué ; ce péridcrme est simplement repoussé par un au^re^ui commence à se développer. Le periderme peut aussi Être regardé comme une partie de la couche subéreuse. L'écorce présente souvent, W f ^ ^ jeune, de petites taches allongées qu on nomme ^enf'celles. Ou leur attribue le même usage qu aux stomates pour la respiration. Elles remplacent ceux-ci lorsque

''lit^XoS^^^E (Botanique).-- Voyez At^^JlR^ ÉcoacE DE CITRON (Zoologic). - Nom vulgaire d une belle cotiuille du genre Cône. .

1 ÉconcE ÉLECTUÉRIEN^E (Botanique). - Nom vulgaire

•^"ÉcoRcf pT'm^gellan [Botanique). - C'est l'écorce de Winter (\ovez Dbimïoe). . ,

ÉCORCE «'ORANGE (Zoologie). - Nom vulgaire duue codiiille du genre Ci'iuc. , „ ■

koRCE DU PÉROU (Botanique). - C'est le Quinquina.

ÉCORCE DE SoGMioA (Botanique). - On appelle ainsi l'écorce du Swielenia sogmida Lin., grand arbre des Indes orientalesqui appartient à la famille des Cediélées. Cette écorce,dunc cassure serrée, rougeàtrc, .-i une odeur iigiéablc Cl aromati<iue, une saveur très-amere, aslrtngentc et balsamique. C'est un médicament tonique trèsusité dans l'Inde. ^> . ,„ „„„, „,,vn

ÉCORCE i.E Surinam (Botanique). - C'est le nom qu on donne à l'écorce du Geairro,insurummensis, Lin., delà funillu des Papilluna'-éiv, tribu des /ta/tov/ices, grand arbro des Antilles, l'.lle est amère, désagréable. On la employée comme vennifuge ; elle est très-peu usitée m-

^"'écorce tB WiNTBR (Botanique). - Appelée encore

ECO

ECO

E. saTis pareille^ est tirée du Drimys Winieri, Forst. (voyez DniMYDF,).

ÉCORCEME^T (Sylviculture). — On sait que pour tanner les cuirs (voyez Tannage) on se sert du tan que l'on fait avec l'écorce de jeunes branches de chêne, t. est dans les taillis de dix-huit à trente ans quel on trouve la meilleure ; on s'en sert bien encore plus tard, mais alors il faut en enlever les rugosités, les mousses les lichens qui la recouvrent. L'écorccment se fait vers la fin de mai et consiste tout simplement, après avoir coupé la tige, à fendre l'écorce avec un instrument spécial à cet usage; on l'enlève ensuite facilement et on la met en paquets. Quelquefois l'opération se fait sur place et ou ne coupe la branche qu'après; dans ce cas, il faut préalablemeiit faire une indsion circulaire à la base de la tige, afin que l'écorcement ne se prolonge pas trop bas.

ÉCORCHEUR (Zoologie). — Espèce d Oiseau du genre Picf-oriéc/ies. o • n

ÉCORCHURE (Médecine). — Petite plaie superficielle de la peau qui peut tenir à des causes très-variées ; ainsi le frottement d'un corps dur, raboteux, d'une chaussure trop dure et appuyant fortement sur les parties saillantes des pieds, des coups d'ongles, l'action d'un rasoir mal dirigé, des fragments de bois, des épines, etc. Cet accident, qui n'a généralement aucune gravité et qui guérit de lui-même, ne doit cependant pas Être négligé entièrement, et il faut, autant que possible, soustraire les écorchures au contact des corps extérieurs, éviter surtout celui des matières en putréfaction et de toute espèce de malpropreté ; on a vu des accidents redoutables résulter de la négliçence de ces simples précautions. ÉCOUFLE (Zoologie). — Nom vulgaire du Milan. ÉCOULEMENT des liquides (Physique].— Nousaurons à considérer l'écoulement par les orifices et l'écoulement par les déversoirs.

I. Ecoulement par les orifices. — Il y a dans ce cas une loi fondamentale qui peut s'énoncer ainsi : Lavitesse d'un fluide à sa sortie d'un orifice pratiqué dans les parois d'un réservoir est celle qu'aurait acquise un corps pesant, en tombant librement de la hauteur comprise entre le niveau de l.i surface fluide dans le réservoir et le centre de cet orifice.

Ce théorème, connu sous le nom de théorème de forricelli, a été établi par ce physicien, en 1643, comme une conséquence des lois de la chute des corps due à Galilée ; il mène à la formule :

D étant la vitesse du liquide à la sortie de l'orifice, H la charge, c'est-à-dire la hauteur de l'eau dans le réservoir au-dessus de l'orifice de sortie.

Cette loi n'est pas toujours rigoureusement exacte, surtout quand on se sert de certains orifices; mais on peut admettre comme rigoureux le principe suivant fort utile dans la pratique. Les bouches de sortie étant identiques, les vitesses sont toujours entre elles, comme les racines carrées des charges.

On appelle dépense d'un orifice le volume de liquide qui en sort dans l'unité de temps. Si la vitesse moyenne de toutes les molécules du liquide étiiit due à la charge 11, cette vitesse serait théoriquement \l'Zg\\\ si en même temps il sortait des molécules liquides de tous les points de l'orifice et en filets parallèles, le volume d'eau écoulé dans l'unité de temps serait celui d'un prisme qui aurait l'orifice pour base et cotte vitesse pour hauteur; il serait donc, en appelant S la section de l'orifice, SV^ffH. C'est ce que l'on appelle la fk'/.ense iMorù/ue. On a voulu vérifier la loi de Torricelli en vérifiant l'exactitude de la formule do la dépense Ihéoriquc, mais on n'a point trouvé de concordance, mémo dans le cas où l'ouverture n'est niuuic d'aucun ajutage; cependant Bossut avait trouvé (lu'alors il y a accord à ^fr près entre la vitesse réelle et la vitesse donnée par la loi de Torricelli, La dépense réelle est toujours moindre que la dépense théorique. Pour s'en rendre compte, il suflit do couper la veine un peu après sa sortie de l'orifice par un plan perpendiculaire à sa direction. La dépense scr-i évidemment équivalente au produit de la section par la vitesse moyenne des filets au moment où ils la traversent. Si •cette section était égale à celle de l'orifice, et si la vitesse était donnée rigoureusement par la loi de Torricelli, la dépense réelle serait aussi égale i la dépense théorique; mais il arrive, ou que la section do la veine est inférieure il celle de l'orillce, ou que la vitesse à la section est plus faible que celle qu'on déduit théorique-

ment de la charge, ou l'un et l'autre à la fois. La dépense réelle est donc moindre que la dépense théorique, et en la désignant par Q et conservant les notations précédentes, l'on a :

Q = toS l^îgM

m étant une fraction. Cette diminution de dépense est toujours le résultat d'une contraction qui s'opère dans la veine, b. Irès-peu de distance de son origine ; aussi le coeflicient m s'appelle-t-il coefficient de contraction.

La nature de la contraction dépend de celle des orifices. Ces orifices peuvent affecter des formes très-variées, dont les plus importantes à considérer sont les suivantes : .,.,,,,•

1» L'orifice dit en mince paroi, dans lequel l épaisseur de la paroi est moindre que la plus petite dimension de l'ouverture ; .

2° L'orifice formé d'un court tuyau cylindrique appelé ajutaqe cylindrique;

3° L'orifice formé d'un ajutage conique convergent vers l'extérieur du réservoir, ou quelquefois divergent.

Lorsque l'orifice est en mince paroi, la contraction est extérieure; on la voit, on peut mesurer les dimensions de la section où la contraction est maximum, et au delà de ce point la veine se continue sous forme d un cyUndre dont la section est celle de la veine contractée; la vitesse est sensiblement la vitesse théorique. On a, par expérience, déterminé le coefficient de contraction. Quand l'orifice est en mince paroi plane, l'on a reconnu qu'il ne s'écartait jamais des limites 0,(iO et 0,04, on a adopté 0,62, ce qui donne pour la dépense :

Q = 0,62 S )/2ffU

Dans les orifices cylindriques, la contraction se produit à l'intérieur du conduit, puis l'attraction des |iarois de l'ajutage occasionne une dilatation de la veine ; elle en porte les filets contre les parois, de sorte qu'à la sortie la section de la veine est bien égale à celle de l'orifice, mais la vitesse a diminué. La dépense est ;

Q = 0,82 S l^lgn = 3,62 S y^

Les ajutages coniques convergents vers l'extérieur du réservoir augmentent encore plus la dépense ; ils donnent des jets très-réguliers et les lancent à une plus grande hauteur. La dépense est maximum quand l'angle de convergence est entre 13° et 14°! le coefficient de contraction est alors 0,95, et, par suite, la dépense

Q=0,95SK2sU.

Les ajutages coniques divergents sont très-peu employés; des expériences de Venturi montrent que l'ajutaçe de plus grande dépense doit avoir en longueur neuf fois le diamètre de la petite base, et en évaseuienti" G'; on aurait pour déjiense :

Q= l,46S \/iijH.

Au lieu de supposer un écoulement produit par une ouverture pratiquée à une distance notable au-dessous du niveau du liqu'de, considérons le cas d'un déversoir, c'est-à-dire d'une échancrure pratiquée à la paroi du b.assin et descendant jusqu'au-dessous du niveau du liquide, la basedel'échancrure s'appelle le seuil. SoientH la charge sur le seuil, l la largeur du déversoir, et Q la dépense, on a :

0=1.77 H \/Ti

du moins quand la largeur du déversoir est inférieure .%u tiers de celle du bassin. Si ces deux largeurs étaient égales, on aurait :

Q = l,96 ml/îi

Toutes les furmulcs précédentes supposent la charge H constante ; s'il n'en était pas ainsi, la valeur do la dépense varierait pendant la durée do l'écoulement; on a trouvé cette loi : Uu vase mot à se vider entièrement un temps double do celui qui serait nécessaire pour l écou-

ECO

ECO

Icmont de la même quantité de liquide par le même orifice, si le niveau était constant.

]I est parfois nécessaire d'eniretcnir par un orifice un écoulement constant; on voit d'abord qu'on peut y arriver en maintenant la cliarge constante, ce qui s obtient facilement au moyen d'un trop -plein. L'écoulement se fait par un orifice S, mais, afin que le vase A ne se vide pas, il reçoit s;tns cosse de l'eau par un robinet R. La dépense de R est un peu supérieure i celle de S, de sorte que le niveau dans A s'élèverait au lieu de baisser,

si un déversoir T ne laissait échapper l'excédant de liquide. Le trop-plein est souvent employé en grand pour régulariser la vitesse d'écoulement de l'eau destinée à faire mouvoir les roues hydrauliques.

Un procédé fort curieux pour régulariser l'écoulement d'un liquide est celui qui a été décrit par Mariotte dans son Traité de V écoulement des eaux. L'appareil consiste en un aucon A sur lequel peuvent être disposés plusieurs orifices dont nous ne considérerons ici qu'un seul K. Le

nique avec le tube a, dans lequel on veut faire passer une quantité détermime d'air. Ce tube sort de la pièce où l'on fait l'expérience et va puiser l'air que l'on veut examiner ; il pourrait aussi communiquer avec un g.^.20» mètre renfermant un gaz autre que l'air.

A la tubulule S' est adapté le tube qui met en communication l'aspirateur avec a; à la tubulure »■" sont ajustés un thermomètre et un tube de dégagement. Au-dessous du robinet r se trouve un vase jaugé V dont la capacité est connue jusqu'au trait O. Si l'on ferme les robinets 1-" , r"' et si l'on ouvre les robinets/,»*, l'eau passe de l'aspirateur F dans le vase V et autant il s'en écoule, autant il entre d'air ; de façon que lorsque l'eau aura atteint le trait O que nous supposons raar- Fj;. >i:. — i' mum i^imiicur.

quer 10 litres , le

même volume d'air aura pénétré dans le vase F en parcourant le tube a,

La disposition de l'appareil est telle, qu'on pourrait opérer surautant d'air que l'on voudra. A cet effet, on n'aura qu'à remplir d'eau successivement l'aspirateur F, ce à quoi l'on parviendra sans peine en fermant d'abord les robinets r et r' et en ouvrant ensuite le robinet r'" qui donne entrée à l'eau et le robinet r" qui donne issue h l'air précédemment entré dans le flacon.

On donne aux aspirateurs diverses formes. Ainsi la figuie S4U représente un appareil dans lequel l'aspira-

goulot est fermé par un bouchon traversé par un tube de verre BC ouvert à ses deux extrémités ; imaginons le flacon plein d'eau, ainsi que le tube, et sup|iosons le tube enfoncé dans le flacon, comme le représente la figure. Ouvrons l'orifice V., l'ciiu s'écoule d'abord avec une vitesse décroissante, en même temps que le liquide descend dans le tube jusqu'à son extrémité inférieure ; puis 1 écoulement continue alors avec une vitesse constante, et des bulles d'air rentrant par le tube viennent se loger à la partie supérieure du flacon. Lorsque le liquide est arrivé cil C au bas du tube, la pression supportée par le liquide dans le plan liorizonlal qui passe par ce point est la prcfBioii atmosphérique. Si la distance vcrinnle de Len !■, cul H, la vit'-sve d'écoulement sera donc s/'A'/" ""'* 9'"' le niveau du liipiidc dans le flacon iiese sera pas aliaiSM au-dessous de loiiverlure du tube. 11 est à reuianpHr i que pour que les bulles d'air pénètrent dans le flaKJU, il faut qu'elles aient atteint un certain excès do prcsgjon; elle» pi cnneiit donc en Cuiie f-iniif héniispliénque, donc le niveau o-.cille entre deux pl:in hMri/"Hi,inx, c est-

i-dire que l'écoulenieiit n'est piisn; ■>■" ' "m nt coiis-

lonl; de 14 le» ogc-illatinns qu'on a|» i', n "l'iMi.iiieinent dans la vcino liquide ; tonlefois.si la disiaiin' verticale de C en V. est suffisamment grande, le» oscillutioiis deviennent insensible».

On pcnt utiliser récoulcmonl des liquides pour produire l'écnulenicnl d'un gaî Le flacon V (fiy. HlK), que nou»Bp|)clleron» aspiruleur, est rempli d eau et conmiu-

l.g. 8VH. - A-imalcur

„ipl.

- An>"

leur B a la forme d'un cylindre terminé par deux cônes. Par une ouverture latérale, on peut introduire uri tliermomètro dans l'appareil; celle tul.uluro sert aussi à remplir l'appareil d'eau. La figure H.Mi représente un aspirateur double, pouvant servir indéfiniment, chacun d'eux est disposé .^ peu près comme l'aspirateur simple, et lorsque l'un des vases 11 ou A est plein, on n'a qu'à retourner l'ap|)areil ipii n'a en réalité ni haut ni bas, et peut se pkicer indilVéremmeiit sur I un ou l'autre ilo ses supports.

Eco 773

Cette disposition des deiu aspirateurs, de façon qne le liquide s'écoule de l'un dans l'autre, est tout à fait analogue à ce qui a lieu dans les sabliers ; on retourne simplement l'appareil quand l'écoulement est arrêté.

Les jets d'eaii, les fontaines de Héron, les fontaines intermittentes, les siphons (voyez ces mots), donnent des exemples d'écoulement des liquides par des orifices.

II. Écoulement par les canaux. — Les canaus ont un lit régulier, partout le même profil et la même pente ; c'est ce qui les différencie, des rivières. La vitesse moyenne dans une section transversale est donnée par la formule

ECR

M. Navier que la vitesse d'écoulement est nulle. Il y aurait un maximum de vitesse de l'écoulement pour

M. d'Aubuisson a tenté des expériences pour vérifier la formule de Bernouilli,mais la différence des pressions dans l'espace d'amont et dans l'e-pace d'aval ne s'élevait pas à plus du soixante-dixième. M. L.Tgerhjelm a expérimenté le même sujet, mais la ditîérence des pressions n'excédait pas le vingtième de la plus petite. La formule de Bernouilli et celle de M. Navier concordent alors suffisamment avec les faits. MM. de Saint-VenantetWantzel laissaient rentrer l'air extérieur dans une cloche où ils faisaient le vide; ils ont déduit de leurs expériences la formule empirique

dans laquelle H est la pente correspondante à la lon- "ueur L, oU A est l'aire de la section, et S son contour ou périmètre mouillé. Ou se sert encore des formules suivantes :

^ V + 3,15312 V étant la vitesse à la surface, et 2 v = t> -t- u

u étant la vitesse de fond. Ces formules, la dernière surtout, ne donnent que des approximations assez grossières.

Pour les tuyaux de conduite, la vitesse est donnée par des tables calculées par M. de Prony, et qui se trouvent dans les traités d'hydraulique (voy. les articles Canal, Codes d'eau (vitesse d'un). Conduite des eab\).

D'ailleurs, pour ce genre de questions, nous ne pouvons que renvoyer aux traités spéciaux, et particulièrement aux Leçons de mécanique pratique du général Morin.

ÉCOULEMENT DES GAZ (Physique). — D'après Daniel BernouilU, les lois de l'écoulement des gaz ont le plus grand rapport avec celles de l'écoulement des liquides (voyez le mot Écoulement). Si l'écoulement a lieu dans le vide, sa vitesse doit être, d'après cela, donnée par la formule v=\/'2gh, dans laquelle A représente la hauteur d'une colonne gazeuse ayant partout la même densité qu'à l'orifice de sortie dans l'espace d'amont, et dont le poids ferait équilibre à la force élastique du gaz considéré. Supposons, par exemple, qu'il s'agisse de l'air atmosphérique pris à la température deO° et soumis à la pression de O^i'e milhm. La hauteur h s'obtiendra en multipliant O^jTfi par le rapport entre la densité du mercure et la densité de l'air par rapport à l'eau. On trouverait ainsi 7 954 mètres, ce qui conduit à une vitesse d'écoulement de 395 mètres par seconde. U faut remarquer d'ailleurs que cette vitesse est indépendante de la force élastique de l'air, car, quand cette force élastique diminue, la densité augmente dans le même rapport ; elle dépend, au contraire, de la nature du gaz, car ici la densité change indépendamment de la force élastique. Ainsi, pour l'hydrogène, la viiesse de sortie dans le vide doit être environ de 1 500 mètres par seconde.

Si l'écoulement n'a pas lieu dans le vide, mais dans un espace contenant déjà un gaz, on se trouve dans un cas analogue à celui où, dans l'écoulement des liquides, l'orifice est noyé. La vitesse doit être v — \/'2yl,/t — h'), h' étant la hauteur d'une colonne du deuxième gaz qui aurait partout la densité du gaz qui s'écoule, et qui ferait équilibre par son poids à la force élastique du gaz dans l'espace d'aval. Si donc p et p' sont les forces élastiques des deux gaz, et A la densité de celui qui s'écoule, l'on aura

du moins dans le cas de l'air. Il faut dans l'évaluation de A introduire la température du gaz.

Ces formules de Bernouilli reposent sur des hypothèses parmi lescpiplles il en est qui ne peuvent être rigoureusement admises. M. Navier, en reprenant la question, est arrivé à l'expression :

,=™'i:i/..î;,og.hyp.'':

iJ/l + 0,00365 t l/l

dans laquelle les constantes m, n, n' dépendent delà nature de l'orifice. Ainsi, pour les orifices en minces parois,

Page 1