‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 318 sur 396 · EGO · texte numérisé non relu

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IVtat ordinaire; elle est tremblotante, saccadée comme celle d'une chèvre qui bêle; quelquefois elle parait tenir à une ré^onnance particulière de la voix à travers les petites bronches aplaties, surtout lorsqu'elle traverse des couches minces d'un liquide épanché ; dans le premier cas elle coiucide surtout avec le début d'une pleurésie; mais lorsque la maladie se prolonge et qu'elle prend le caractère chronique, c'est alors que l'on observe le second phénomène indiqué plus haut et qui dénote un épanchement, en général, peu considérable; de sorte que c est plutôt un symptôme favorable dans ce cas. Lorsque 1 égoplionie prend le caractère d'une espèce de bredouillement, on la dit voix de polichinelle. F— N.

EGOUTS (Hygiène). — On appelle ainsi des canaux souterrains destinés à recevoir les eaux ménagères, une partie des immondices, les eaux pluviales qui encombreraient la voie publique, à leur livrer passage et à les conduire dans un grand cours d'eau ; quelquefois les égouts partiels se déversent dans un puits perdu ou dans un sol absorbant. La construction des égouts de Pans, par sou admirable disposition, par ses vastes dimensions, par la direction éclairée que l'administration imprime à toutes les parties de ce vaste service, est nn modèle qui doit seiyir de règle à tout ce qu'il est possible de faire dans ce genre à notre époque. Voici comment s'expriment les auteurs du Dict. général des lettres et des beaux-arts, à l'article Paris cloacal (Dezobry et Tandou) : « Rien n'approche d'une pareille entreprise ni dans l'antiquité, ni chez aucune des plus puissantes nations modernes ; on n'a jamais vu et on ne voit encore aucune construction de ce genre qui soit aussi bien entendue dans son ensemble, aussi sagement et savamment ordonnée dans ses détails, aussi monumentale dans son exécution, aussi grandiose dans son aspect; et ce gigantesque travail aura été exécuté et complété en moins d'un demisitcle . » Nous n'entrerons dans aucun détail sur la construction des égouts en général, renvoyant à l'article cite plus haut pour tout ce qui a trait à ce sujet; nous en dirons seulement quelques mots au point de vue hygiénique. Il est bon, autant que faire se peut, que la voûte d un égout soit au moins à hauteur d'homme ; la vie des égouttiers est souvent à ce prix. La pente devra être réglée d après celle du cours d'eau dans lequel il se déverse; elle ne saurait être trop considérable. Le radier ou plancher inférieur d'un égout devra être construit en briques bien cuites ou en béton, toutes les parties seront enduites d un mortier hydraulique bien lisse, entretenu avec grand soin, afin de ne présenter ni saillie ni inégalités propres à re- ' tenir les parties les moins liquides qui viendraient s y déposer ; il en est de même des parois latérales qui doivent être parfaitement planes pour le même objet. Les changements de direction des égouts ne devront jamais présenter d'angles ; ils devront toujours être arrondis : on en comprend la raison. Le plancher supérieur, qui sera toujours voûté, sera percé de jours grillés aussi rapprochés que possible. Les matériaux de construction devront être solides et capables de résister à l'hnmidité, îi 1 action dissolvante des liquides et à la force des courants On devra établir dans les égouts un système de courants d'air soit au moyen du feu, soit au moyen de cheminées portatives au niveau des regards, soit au moyen de ventilateurs mécaniques; et lorsque les ouviiersseront au travail, on devra surveiller avec le plus grand soin 1 action du feu, la direction de la flamme des lampes, le degré do clarté qui indiquoront s'il y a du danger. Le meilleur moyen pour remédier à l'infection dos égouts, c est d çtablir, dans leur construction, des barrages aux points supérieurs, afin de pouvoir, à des moments donnes, ancer une masse d'eau considérable (lui enlève a 1 instant tout ce qui est contenu dans l'égout, entraînant les matières putrescibles ou les dissolvant à mesure que les cllluvcs délétères se forment. On consultera : Lssai siir les cha/iucs d éynuts de la ville de l'arts, Pareiit-Uuchalelct. Paris, 1821.— «a/);*/'( sur le curui/e des éyouts AmeM, de la linquetle, etc. [Ann. d'hyg., etc. I8^.>, t. Il, p. 5|. — Dupasquier, Des eaux, des i!'/ou'se du curarie des fosses d'aisances dans une grande ville {Oazelte médicale de Lyon du ao septembre IHW.)—1 reinier et second mémoire sur les eaux de l'aris, présentés j,ar te préfet de la Seine nu conseil mumcipiil. Pans, iflo»- 18.',», -i vol. in-4, dont 1 d.^ plunchcs. . .„ ,„ „,„.

. Les E'/outliers sont le» ouvrier» chmf.6s de la ».irvcillancc et du nettoyage dos <!g»""'0,"..''T''t^l"',"!, pour ce genre d« travail de» hommes liab.lués aux ouvrages péniblr;», cl surtout à ceux <iui exiçont certaines précaution» hygiéniques pnjci»t», des vidaiigeuis, par

exemple; on a pu voir plus haut les préc.iutions qu'ils doivent prendre pour éviter de se trouver au milieu d'une atmosphère délétère, au moyen des feux. Ils de- ■ vront, en outre, se bien nourrir, se bien vêtir, être pour- , vus de longues bottes imperméables ; on devra les surveiller avec grand soin sous le rapport de l'ivresse, et l'entrée d'un, égout leur sera sévèrement interdite lorsqu'ils seront dans cet état. ^~'^-

ÉGOUTTEMENT des TcnitES (Agriculture). — Voyez Sol, Dkainace, Eaux {Épuisement des). Irrigation. ÉGRAINAGE (Agriculture). — Voyez Égrenace. ÉGRAPPAGE, ÉGRAPPOiR (Agriculture). — L'égrappage est une opération qui consiste à séparer les baies des raisins de leurs pédoncules vulgairement appelésni/îw. L'utilité de cette pratique a été contestée par les uns, prônée par les autres. Bonne ou mauvaise, cette opération se pratique dans plusieurs vignobles fins, et particulièrement eu Médoc. On y procède soit en jetant les raisins sur des claies où ils sont pressés à la main et 4 travers lesquelles passent les baies et non les rafles, soit à la faveur de petits râteaux en bois nommés égrappoirs. Ce dernier mode est moins expéditif, mais il est plus avantageux. Eu Bourgogne, on égrappe, en jetant et en

broyant i la main, sur une claie d'osier posée sur une petite cuve dite ronde ou rondeau, les raisins qui viennent de la vigne {fig. 854) ; les interstices da 'a claie laissent passer tous les grains du fruit ; la grappe seule reste sur cette claie. Deux hommes peuvent egrappcr dans une journée les raisins de 40 à 50 hectolitres de vin.

KGREFIN (Zoologie). - Voyez Morue.

ÉGRENAGE (Agriculture). — Opération par laqiielle, après avoir récolté les plantes que l'on cultive pour leurs -'•aines, on sépare celles-ci des tiges qui les portent. ■ l'éarenage, s'exécutant souvent au moyen de chocs repétés imprimés aux tiges, porte aussi, dans la plupart des cas kf nom de battage, et dans quelques-uns ce ui de i?^;/7«4rou dépicagï (de spiçâ,hovs do l' P' • H"' " «f qu'une autre forme du terme placé en tête de cet article. , L'éiireuaKe varie nécessairement dans ses procédés, suivait la nature des plantes et des graines qu on eu veut séparer. Il importe donc de traiter séparément des principales catégories de plantes cultivées que ]ff^^^^^ leurs ont ii égrener. D'abord, les cweate (blé, seigle, riz ma s, etc.), dont l'égrenngc est une des opérations îcs plus importantes de la mmiutenlion dos produits a.'ricolesi puis les plantes ho« -eVAite dans lesquelles son compiles les farineuses (féverolles, l'ancots, c c). dont régren.age est déj;\ beaucoup plus simple, et les irntcs à graines oléagineuses, tout aussi faciles à

^^TuÉyrenage des céréales. - La plupart des céréales, comme le^rom'cnt, le seigle, l'orge, l'avoine et même e sirrasin s'égrènent par les mêmes procèdes dans les nJnïes ^ontr^es; le Hz et le mais réclament çependan ■s façons particulières qui seront indiquées Pl'is loi et u'explinue assez bien la disposition spéciale de leurs grains Le^procédés généraux suiv s pour l'égrenage des céréales diffèrent profondément suivant es contrées. En ï'rance, on en peut signaler trois : \edép,quage,lo bat- In,,,' ait lléiiu enfin le hnttniie mécanique. '" o 'y^,,;p;î: Le dépiquage est un. procédé propre ail midi de la Franco et aux contrées méridionales do I hupc.comnle l'Italie et l'Espagne, et que ^-^o» ■:«^™';;^ ex'coptionnelleuient dans quelques P^'V' „«^P^^' '°";?.'iJ: Pn iîrncédé remonte i\ une très-haute nutiqmté, «est S:.^^;ts nibreux,les Égyptiç^ ^^^^ 'lo

^■"ruwlc'tl, Uv!l)i -Virgilo [Oéoryiques, ch. i), parmi les

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Romains, ont décrit avec plus ou moins de détails le dépiquage tel qu'il se pratique encore aujourd'hui dans la plupart des pays où ces auteurs ont pu observer, il y a deux à trois mille ans, ces pratiques agricoles et tel qu'on le voit encore dans les départements de Vaucluse, de l'Hérault, des Bouclies-du-Rliône, des Basses-Alpes, du Var, du Gard, de l'Ariége, de l'Aveyron. des Pyrénées- Orientales, de la Haute-Garonne, de l'Aude, de la Corse. On distingue, etles anciens distinguaient comme nous, le dépiquage opéré par le piétinement des chevmix ou des mulets et le dépiquage à l'aide de chariots ou de rouleaux. Quel que soit le procédé employé, l'opération Se fait sur une surface préparée dans ce but, de forme circulaire, qui doit être plane et résistante, que l'on nomme Vaire et que déjà les Romains nommaient area. Une aire à dépiquer exige de grandes dimensions (35 à 40 mètres de diamètre), puisque huit à dix animaux et autant d'ouvriers doivent s'y livrer à des évolutions répétées. Caton et Varron nous ont décrit avec soin les précautions que prenaient pour les construire les agriculteurs latins du ii» et du l" siècle avant Jésus-Christ. On creusait d'abord la terre sur toute la surface du cercle de l'aire, et on répandait dans l'excavation du marc d'huile jusqu'à en bien imbiber le sol. On rejetait ensuite les terres sur la fouille, en les émiettant et en les égalisant bien, et on les foulait ensuite avec un grand cylindre. Les agriculteurs les moins soigneux se contentaient alors de recouvrir le tout d'une couche d'argile; mais les plus intelligents faisaient caillouter cette surface et l'enduisaient d'une nouvelle couche de marc d'huile pour l'empêcher de se gercer au soleil de l'été et pour en éloigner les fourmis, les insectes, les mulots, les taupes. Certaines aires étaient même recouvertes d'un dallage en pierre. Aujourd'hui, les aires sont souvent encore, dans le midi de la France, construites d'après le procédé antique ; souvent aussi on les fait de terre franche (c'est-à-dire argileuse) convertie en mortier, puis pétrie jusqu'à former une masse bien homogène. On étend ce mortier sur l'emplacement choisi pour établir l'aire, et on le laisse ressuyer à l'air ; puis on le bat fortement avec des battes, sortes de plateaux en bois fixés obliquement au bout d'un long manche, et le battage est renouvelé chaque jour jusqu'à ce que la surface soit devenue parfaitement dure. On a soin de boucher avec de la terre franche pétrie toutes les gerçures qui peuvent se produire. L'aire prend plus de solidité et devient plus unie quand on a soin de l'arroser avec de la fiente de vaclie ou du sang de bœuf.

Le dépiquage par les chevaux ou les mules, exige un grand nombre de ces animaux et ne peut se pratiquer que dans les exploitations rurales assez importantes pour posséder beaucoup de bCtes de somme; encore le dépiquage ne se fait-il bien que par les animaux do race légère dont le sabot frappe avec souplesse les épis et la paille ; il est décrit avec soin tel qu'il se pratique dans le midi delà France, par l'abbé Rozicrdans son Cours complet d'agriculture, et par M. L. Pons-Tande dans le Livre de la ferme, de P. Joigneaux (liv. l", p. 225). Les gerbes sont placées sur l'aire, droites, liées, la paille verticale, les épis regardant le ciel ; elles sont fortement pressées les unes contre les autres, et à mesure qu'un côté de l'aire est garni d'une rangée de gerbes bien serrées, une femme qui suit les travailleurs coupe les liens sans laisser disjoindre la gerbe. On élève ainsi sur l'aire une masse circulaire ou ovale semblable à une moisson debout et que l'on nomme la molee; les abords en ont été disposés en plan incliné au moyen des gerbes mal liées ou désunies qu'on a mises autour. Tous ces travaux se font sous la direction de Véquassié oaaigassié, comme ou l'appelle dans le Midi, qui est le conducteur de la trouie de chevaux, nommée équataile (eqmts, cheval), uigalade ou monade. Les meilleurs chevaux à dépiquer sont ceux de la vallée de l'Aude, et surtout ceux de la Camargue, petits et gris de robe. Dans beaucoup de contrées du Midi, les chevaux sont remplacés par des mules ou mulets; les anciens y employaient niCme les bœufs. Les chevaux sont attachés deux à doux par un bridon auquel tient une lonçcdont le conducteur garde l'autre extrémité dans sa main ; ce conducteur guide ainsi parfois jusqu'à six paires d'animaux. L'équassié suit dans les positions qu'il prend successivement le cercle blanc continu tracé à la partie moyenne de l'aire sur la figure ci-jointe. Dans chacune de ces positions, il représente le centre d'un cercle dont les longes sont les rayons et dont les paires de chcv;uix suivent la circonférence (maniuée par les traits ponctués, ftg.iùb). « Ou comprend, dit M. L. Pons-

Tande, combien doivent être pénibles les premiers pasque font les chevaux sur un pareil terrain... Ces pauvres animaux s'enfoncent d'abord de toute la longueur de leurs membres et ne parviennent qu'avec des efforts inouïs à se créer un peu de sûreté sous leurs pas. 11 faut toute l'ardeur et la souplesse des races chevalines du Midi, réunies à la très-grande douceur de leur caractère, pour l'accomplissement de ce barbare travail. .'>

Il Ces pauvres animaux, dit de son côté l'.abbé Rozier, vont toujours en tournant, il est vrai, sur une circonférence d'un assez large diamètre, et cette marche circulaire les aurait bientôt étourdis, si on n'avait la précaution de leur boucher les yeux avec des lunettes faites exprès ou avec un linge. » Bientôt cependant la molée se tasse sous les pieds, la marche plus facile permet de mettre Véquatade au trot. Pendant ce travail, les valets de ferme relèvent à chaque instant et aux ordres de l'equassié\çii parties de la tnoléc peu atteintes ou écartées hors des cercles de dépiquage. Après trois heures de ce rude labeur, les animaux se reposent et prennent leur repas; pendant ce temps, les ouvriers disposent un peu plus loin dans l'aire les gerbes à moitié dépiquées en une seconde molée bien moins haute, mais du double plus large que celle du matin. Les chevaux piétinent de nouveau cette molée du soir pendant trois heures environ, comme ils ont foulé la première ; à mesure que les pailles sont complètement brisées, les ouvriers les retirent, et la molée disparaît ainsi peu à peu. On peut, pour le froment , compter sur un égronage de 200 gerbes p.ir tète de cheval tt la dépense peut s'estimer à 0',ao ou I franc. Le premier aspect de cette opération est un tableau animé et pittoresque; ces chevaux à demi sauvages tournoyantsur les gerbes, ces hommes qui les excitent et relèvent la paille sous leurs pieds, saisissent fortement les yeux ; mais on est bientôt choqué de la torlure imposée à ces malheureuses bètes : les fragments de paille et les barbes des épis écorchent les boulets de leurs pieds et les font gonfler. « Il est vraiment pénible, dit M. L. Pons- Tande, de voir le piteux état de ces animaux lorsqu'ils descendent de la molée, blancs de pou.ssiôre et de sueur, marquant leurs traces par le sang de leurs blessures. » D'ailleurs, le dépiquage aux pieds des bètes de sonune est un mode imparfait d'égrenage; il laisse dans les épis 1, 2 i/'.', ■) et 5 p. 100 des grains; puis la paille coupée en menus fragments se mêle trop aux grains, de f.açou qu'on en emporte toujours avec elle et que, d'autre part, les grains recueillis contiennent, outre les balles, des morci'aux de paille et sont difllciles & nettoyer (voyez Grains); la paille brisée donne des litières trop faciles à imbiber, et salie par les crottins et l'urine de Véquatade, elle répugne souvent aux bestiaux comme aliment; enfin, au milieu de ce mouvement d'hommes et de chevaux, le cultivateur peut difiicilemcnt surveiller la bonne exécution du travail. On vante en faveur de ce procédé l'économie; on assure que la paille ainsi brisée plaît mieux aux chevaux et aux bestiaux quclapailie longue. Sans nier ces avantages, il faut se borner a constater que, depuis vingt ou vingt-cinq ans, le dépiquage aux pieds do chevaux disparaît progressivement de la grande et do la moyenne culture du Midi OÙ il régnait presque seul .tuparavant.

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On substitue peu à pou à ce procédé primitif le dc'pigtinf/e ati i-oiilemi. Cette sorte de machine à dépiquer n'était pas inconnue des anciens; Varron et Columelle nous ont laissé, entre autres, la description du plostelhim, punicum ou cli;n-iut punique qu'on employait en Espagne cinquante ans environ avant la n;\issance du Christ et qu'on y retrouve encore aujourd'hui dans plus d'une ferme audalouse. C'était un bâti rectangulaire en bois ayant, au lien de rones, des cylindres transversalement placés l'un devant l'autre sous le bâti et tous hérissés de dents arrondies; on avant était une petite plate-forme oii se plaçait un conducteur; on attelait à ce chariot sur rouleaux deux ou trois chevaux qui le faisaient rouler sur les gerbes déliées et étendues sur l'aire (I). Les mêmes auteurs ont décrit encore une autre machine à dépiquer très-commune de nos jours en Espagne; C'est le tii'ailum des Romains, le trillo des Espagnols. Cette machine antique se compose d'un plateau de bois long de 1"',S0 environ sur 1 mètre de large, portant de gros fragments de pierres à fusil ou des morceaux de fer incrustés dans sa face inférieure et légèrement relevé en avant pour mieux glisser sur les gerbes. On attache à l'avant de ce plateau une paire de chevaux ou de boeufs; on le charge d'un poids assez considérable et un conducteur se place dessus debout ou assis sur un petit siège surajouté. Les gerbes sont étalées sur l'aire à plat et en rayonnant autour di- son centre, et le conducteur dirige son chariot en tournant, suivant une spir.ile qui le rapproche peu à peu du centre. On trouve en usage dans certaines contrées des Apennins une sorte de chariot à dépiquer nommé hattidore, formé de traverses en bois arnu'es de sortes de fourchettes ;\ leurs extrémités au lieu de cailloux en dessous; c'est encore une forme altérée du tribiilum romain. Enfin les Romains employaient encore au dépiquage un simple rouleau nommé rotu/uf!, qu'on trouve encore en usage sous le nom de ritolo dans toute l'Italie centrale et dont le rou/eau-bntleur moderne généralement employé aujourd'hui dans le midi de la France est un perfectionnement. Dans cer-

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Fig. 85R. — Uoiileaii .i dq'iqiier en cliSiie^ du midi de la France.

taincj parties du Midi, le rouleau-batteur est une rondelle de chêne cerclée de fer, comme on le voit dans la ligure Sic ; elle mesure l '",4 'i de diamètre, 0°',(i2 de laigcur

F.f. «^-.- n.ulem ballciir on plcire, du midi de la F.aiicc.

l't pèse environ 1 000 kilogrammes. Mais notre autre figure Hâ7 reprékcnto celte inncitine sous sa forme la plus ordinaire. Le rouleau proprement dit est un tronc de côno (forme de la buse d'un pain du sucre) en pierre.

(0 DiDi un lableou récciil ci|i'iii tu nalnn de Parii de ISCI, M litiome n rcprétenlA le ilc|iiquttge du 1)16 en r.|;y|ilc au luuyi'ii d'une machine ((rottiëro nuintnec norry (|ui eil une altération ^•idente du chariot puoiquc {Maf/atin jiilloretqM IDIil, \><i^t IÎ3).

Dans les grandes exploitations, il pèse 2 000 kilogrammes environ et mesure 1 mètre de largeur sur l",2i) de diamètre à la pliis grande base e: I'°,I5 à la plus petite; mais les dimensions et, par conséquent, le poids varient beaucoup suivant la puissance dont on a besoin. L'aire est circulaire et sa surface doit être proportionnée M '",50 carré par gerbe) au nombre de gerbes qu'on y veut battre dans une journée. On forme avec les gerbes étalées circulairement un lit de C'.IG d'épaisseur et leurs épis placés en dessus doivent avoir leurs barbes dirigées en sens inverse de celui oii marche le rouleau. Celui-ci est tr.iîné par trois chevaux qu'une longe aussi longue que le rayon de l'aire attache à un long piquet planté au centre. A mesure que les chevaux avancent, la longe, en s'enroulant autour du piquet, les ramène en spirale de la circonférence au centre, et quand ils y arrivent, on retrouve le piquet, et en continuant leur chemin, ils déroulent peu h peu la longe et décrivent une spirale inverse en allant vers la circonférence. Parfois aussi on leur fait décrire des cercles successifs comme dans le dépiquage aux pieds des animaux. Le roulage se fait en deux fois, il dure de 7 à 10 heures du matin, puis on retourne les gerbes et on roule encore de midi à 3 heures. Selon M Pons- Tande, 3 chevaux et 8 ouvriers battent ainsi SOO grosses gerbes par jour sur une aire de 40 mètres de diamètre: le prix de revient est d'environ l'.oc par hectolitre pour le froment. Le même auteur apprécie ainsi cette pratique agricole : « Le batt.ige eu plein air, aux mois d'août et de septembre, sera encore longtemps la pratique généralement employée dans le Midi. L'absence des locaux pour remiser les gerbes, la régularité du climat, les échéances des fermages fixées ordinairement en novembre, le besoin de connaître le produit de la récolte, celui de la soustraire aux accidents de la malveillance et aux ravages des rongeurs, sont autant de considérations qui justifient ce système. Cependant, lorsqu'on voit la population agricole du Midi abandonner, i ce moment de Tannée, les labours, les sarclages, les déchaumages, négliger la série des travaux et des soins que réclame encore la vigne et se livrer exclusivement à une occupation qui pourrait être ajournée .'i des temps de chômage, ou ne peut s'empêcher de désirer la i éforme r.adicale d'un semblable système. » Ce système, d'ailleurs, qui exige d'être pratiqué en p/c;>î a2'r,au grandsoleil,serait mal accommodé au climat septentrional; aussi doit-on peu s'étonner de ne plus le retrouver dans le centre et le nord de la France. De temps immémorial, l'égrenage se fait dans ces contrées par un hallage au moyen de l'instrument nommé fléau; depuis une vingtaine d'années, ce mode d'égrenage a été remplacé dans plus du tiers des exploitations rurales par le hallage à la mécanique.

2" Hallage au fléau. — Le battage s'exécute au moyen d'un instriim nt nommé fléau, représenté dans la figure S.S'J; il se compose d'un b.àton ou manche de bois, à l'extrémité duquel est rattachée par des courroies de cuir fort une masse en bois ou ballf, pins courte que le manche, et qui sert à fiapper la gerbe. Le battage se fait parfois à l'air; mais le plus souvent il a lieu l'hiver, et l'abri d'une grange est indispensable. Dans l'un et l'autre cas, le battage a lieu sur inie aire construite à peu près comme celle destinée au dépiqu.ige, mais de forme carrée et de dimensions moindres lorsqu'elle est sous la grange (voyez Ami;). Les gerbes sont étalées par couches de O^JS à 0",20 d'ép;usseur, les épis dirigés tous d'un même côté, c'est ce qu'on nomme Vaire'e ; un ou plusieurs hommes armés de fléaux frappent alternativement en mesure et sur les gerbes et sur toute In longueur de la paille. Lorsqu'un côté e>t bien battu, on le retourne et on bat le second côté, puis on retourne encore et ainsi de suite, de fa(,nn que chaque gerbe passe huit fois sous le fléau. A l'air, le grain plus sec se détache mieux, et six fois suHiseni. Ensuite ou secoue avec soin la paille battue et on l'enlève; puis, pour séparer les épillols restés ;\ hisurfacedu grain, onelllcure celle ci avec un balai de bouleau Fig.8!i8.Fli!«ularge de I mètre sur ()°',2.'> environ d'épaiss(!ur. Quand II ne rO'le plus que le grain sur l'aire, on le couvre de nouvelles gerbes et on bat de nouveau ; on ramasse en une seule fois le grain de six nirées, à la (In de la journée. Très- fatigant pour l'ouvrier, le battage au fléau est long à exécuter, brise trop peu la paille pour la rendre convenable h l'alimentation du bétail, ul n'ollVe pas l'uvuntuge de récanomic. Voici

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l'évaluation donnée par M. L. Hervé dans le Livre de la Ferme, déjà cité précédemment : « Oii estime qu'un « fléau léger pesant I'',àOll, à batte de 0",7(), doit frap- <c per 150 coups pour égrener une gerbe de 8 à 9 kilo- « grammes. La journée d'été d'un batteur doit donner o 550 kilogrammes de paille, et près de ^",50 de grain. « On doit compter une perte de 7 p. IIIO, tant en grain Il resté dans la paille qu'en grain qui entrera dans le ■I sol. En hiver, dans une journée de dix heures, il faut Il compter sur une diminution d'un tiers dans le rende- " ment. M. Darblay a calculé qu'un bon batteur débite Il en un jour 8n gerbes de 8 à 9 kilogrammes rendant Il 3 hectolitres de grain par 100 gerbes, soit 240litres de Il blé par jour et 150 kilogrammes de paille. En évaluant u à 2',50 la journée du batteur, on obtient un chiffre de Il 1 franc pour frais de battage de chaque hectolitre de (I froment. N'oublions pas d'ajouter à cette dépense une •< perte de 7 p. 100 sur le grain » (ce qui donne environ I',|5 pour prix total de revient). D'après les données mentionnées par MM. Girardin et Du Breuil (Traité éle'm. d'arp'iculture, Paris, 1863, V. Masson), le prix de revient du battage au fléau peut s'établir par hectolitre de la manière suivante : seigle, 0',75 à 0',80; avoine, 0',45; orge, 0', 50; sarrasin, 0',7S.

Ce mode de battage n'était pas inconnu des Romains, qui, pour se ménager de la paille longue, opéraient le battage avec des haculi on bâtons, comme on le voit encore faire parfois dans le même but en Provence, en Dauphiné.

3° Battage par les machines. — Le battage mécanique, destiné à remplacer progressivement, à peu près partout, le battage au fléau, se fait à l'aide de miichines exécutant Tégrenage, et nommées d'une façon générale machines à battre ou hatteiisen. Quelques tentatives ont été faites pour créer des machines imitant le jeu des flé.anx; cette idée n'a pas eu de succès et les machines actuellement en usage sont de véritables érjreneuses, frappant à petits coups répétés l'épi engagé entre une surface fixe et \\n cylindre tournant autour de son axe et muni de parties saillantes; souvent, en outre, la machine sépare le grain de la menue paille et en opère le nettoyage. Pour donner de ces machines une idée générale, je suis heureux d'emprunter à MM. le baron Seguier et Barrai le passage suivant de leur rapport sur les machines à battre, publié à la suite du concours général agricole de Paris, en 1860 (Compte rendu des opérai, du co«c., Paris, Bouchard-Huzard, 18G3). a Les machines à battre peuvent se classer tout d'abord en deux catégories, celles qui agissent sur la paille dans toute sa longueur à la fois, désignées généralement maintenant sous le nom de batteuses en travers, ei colles qui soumettent successivement la paille présentée par l'une de ses extrémités à l'action de l'organe batteur, et pour cela nommées batteuses en bout. Chacune de ces deux classes peut encore se subdiviser en machines simplement batteuses, ne faisant que détacher le grain de la menue paille et de l'épi sans les séparer, et en machines batteuses complètes, c'està- dire séparant le grain de la menue paille, et même de toutes espèces de graines ou de corps étrangers.

0 Pour effectuer le battage, la première opération consiste à faire arriver la paille sons l'organe batteur. Certains constructeurs ont pensé qu'un appareil spécial était indispensable pour obtenir cet effet. Une toile sans fin, des rouleaux cannelés agissant à la façon d'un laminoir, constituent ordinaiiement ce que l'on est convenu d'appeler le livreur on Veugreneur. D'autres mécaniciens ont laissé aux mains d'un manœuvre le soin de soumettre successivement la paille provenant des gerbes préalablement déliées à Vnrgane Imlteur. Celui-ci est le plus ordinairement composé d'une espèce de tambour À clairevoie, tournant très-rapidement sur luiniéme, frappant la paille an moyen do lames parallèlement espacées autour de sa surface enveloppante. Le mode d'action des l.ames du cylindre les n fait appeler baltes j leur nombre varie selon les dimensions de l'appareil. Elles sont en bois ou en fer, quelquefois l'un et l'autre à la fois; leur surface est piano, striée on boutcrollée (conformée comme l'extrémité d'un fourreau d'épée). Quoique en France, les batteurs à lanterne, c'cst-à dire composés de baltes distancées soient généralement employés, et que les tjatteurs à surface continue, munis seulement do nervures parallèles, soient la très-rare exception, nous devons indiquer la composition particulière du batteur des mncliincs américaines, formé d'un cylindre à parois continues , revêtues do nombreuses liges métalliques qui peuvent juslilie; par leur grand nombre et leur mode

d'implantation le nom de batteur-hérisson. L'organe batteur est complété dans toutes les machines par sa contrepartie, c'est-à-dire par le contre-batteur ; celui-ci consiste en une espèce de caisse curviligne, tantôt pleine, mais à surface cannelée parallèlement à l'axe de la courbure ou bouterollée, tantôt à claire-voie et composée alors de tringles de fer rondes ou carrées, posées à petite distance les unesdes autres. L'opération du battage étant le résultat du frappement de la paille et des épis par les battes du batteur, et du froissement de cette même paille et de ces mômes épis entre le batteur et le contrebatteur, on conçoit que la distance entre ces deux organes doit varier suivant la grosseur des épis et des tiges de céréales qu'il s'agit de faire passer entre eux pour obtenir toutes leurs graines; aussi l'une de ces deux pièces mécaniques est disposée de façon à s'écarter ou à sa rapprocher de l'autre de la quantité précisément nécessaire pour opérer un bon batt.age.

« Dans l'ordre naturel de l'opération du battage, après le p.issage de la paille entre les organes batteurs vient sa descente sur le /)/rtn incliné de sortie. Dans certaines machines, ce plan incliné est fixe; une grille formée par l'assemblage de tringles de bois le compose, ou bien encore c'est une feuille de tôle percée de trous symétriquement disposés qui le constitue. Pour plusieurs machines, le cheminement de la paille sur le plan incliné est opéré simplement par la seule expulsion du batteur. Dans quelques-unes, nu organe particulier prévient l'encombrement des tiges de céréales à leur sortie du batteur; cet organe, rarement employé, a reçu le nom de cfe'éourreur. » Pour assurer la sortie régulière de la paille, certains constructeurs ont rendu mobile le plan incliné de sortie; animé d'un mouvement régulier de sassement, il fait descendre la paille en la secouant, ce qui l'a fait souvent nommer alors le secoueur. Dans les machines anglaises, ce secoueur est formé de trjngles rapprochées et parallèles formant deux systèmes de mobiles; toutes les tringles d'ordre pairsesoulèvent pendant que s'abaissent celles d'ordre impair, et réciproquement. Dans plusieurs machines françaises, constniites à l'imitation des machines américaines, la paille est saisie et secouée par un'i série de rouleaux armés de pointes crochues. C'est à la sortie du plan incliné on secoueur que se trouvent dans les batteuses complètes les organes destinés au vannage et au nettoyage des grains (voyez Instruments agricoles, Grains).

Pour mieux faire comprendre les dispositions décrites ci-dessusj il a p.aru utile de donner ici une coupe (fig. 859)

. — Coupé I

i battre de MM.

d'une des machines françaises les pins connues, la machine à battre de MM. Renaud et Lotz,de Nantes. En A se trouve le livreur ou engrcncur, et l'ouverture où l'on présinte la paille j deux petites flèches indiquent le chemin qu'elle suit, attirée par le liallcur BBCBB, pour soriir par l'ouverture C. Le cylindre batteur tourne dans le sens indiqué par les flèches qui l'entourent; en chacun des points B se voit une des côtes saillantes ou haltes disposées pour frapper la gerbe en bout. La poulie, représentée en D par un cercle pointillé, fait tourner le cylindre sous l'influence delà courroie sans lin EE. Lo contre-batteur est en CGG; il consiste en trois grillages qui donnent passage aux grains, aux balles et aux menus débris pour les laisser tojnber dans la caisse pincée audessous, tandis que la paille va sortir plus loin en C. Lo batteur fait 1100 tours à la minute et fournit 100 li 300 hectolitres do blé eu dnnze heures, selon que la paille est pinson moins longue (voyez aussi la llgnre représentée :\ l'arlirli- \\\\\Kr.\iiiailiinc à]), l.a machine do MM. Renaud et Lutz peut être transportée et e.^t mise en mou-

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vement, soit par un msnùge avec des botes de sommR, soit rable de se contenter d'un manège. Il y a de petite»

rarnnemacliiiieàvapeiirlocomnbile, comme lereprésento batlcnses à mani-go qni débitent 60 gerbes par lieure et

I; figure K(jl, soit même par un cours d'eau pour les fonrnissent un battage à raison de 0',G5; mais les gran-

1 iachines fixes, et dans certaines conditions locales. En des batteuses, mues par la vapenr, que l'on emploie dans-

eJnéral, la vapeur est nn moteur pins avantageux, parce les grandes exploitations, donnent seulement 0',30 de

que le travail est à la fois plus rapide et moins dispen- prix de revient par hectolitre. L'emploi de l'eau comme

dieux; cependant, pour les petites exploitations où la ] moteur est préférable même à la vapeur dans certaines

vapeur ne peut s'employer en mûme temps à faire mar- ! conditions, mais ne peut être recommandé d'une façon

cher plusieurs machines agricoles, il est souvent préfé- I générale, surtout parce qu'il ne peut s'appliquer aux bat-

teuses transportables, particulièrement précieuses pour l'agriculture française où domine la moyenne propriété. MM. Girardin et Du Breuil résument dans les termes suivants les avantages du battage à la mécanique (Tniilé lîMm. d'at/ric.) : « 1° Le rendement en grain dépasse d'un vingtièniC environ celui des autres procédés, parce que les épis sont mieux battus; 2° comme l'opéiation est faite avec une rapidité beaucoup plus grande, le cultivateur peut excrcBr une surveillance plus complète et disposer plus tôt de ses produits; 3° les ouvriers sont affranchis d'un travail dur et pénible; 4'" non seulement la machine à battre peut être facilement installée dans les granges du centre et du nord de la France, mais, comme elle est cnnstniite de manière à pouvoir être montée et démontée Irès-proiriptenient, elle peut aussi être installée en plein air, et remplacer avantageusement les procédés d'égrentige employés dans le midi de !a France; !)° enfin, l'avantagi^ le pins incontestable de cette machine est le prix pen l'imé de sou travail. » A l'appui de cette dernière assntioii, dn pi'nt citer le tableau suivant, extrait des cIiIiIm' . dunn/s par Math, de Domba-lc, et qui concernent priucip.ileniiiit le froment.

Novinnr!

mil m nniF.st HD niTHGE mit inîriOLiTni.

D'ancTOLiTiiBa

de ffriin.

Milcl m.lrll.nc!.

r„..nilcl m.'i.hiTiFS.

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0,liD

CV<t en Angleterre que furent invonlécs les premières ninctiines à battre. Un avocat écnssiiis, nommé Miclml Menaies, ronstmlglt, au commencement du xviii' siècle, une niaciiinc composée d'un Jeu de fli'aux mu» par un nioiilhi il eau ; les fléaux no purent ritsislcr sans se rompre k lu vitesse de la machine, et l'on rçnonça ù l'em-

ployer. En I"68, un fermier du comté de Pcrth exécuta une autre machine formée d'im axe vertical, animé par une roue à eau d'un vif mouvement de rotation, et armé de quatre bras auxquels on pré-entait le blé pour le faire battre. A la même Époque, Elderton inventa une machine à battre d'un autre système, où l'épi était frotté entre plusieurs cylindres cannelés ; mais cette machine, même après les perfectionnements du savant Kinloch, avait le défaut d'écraser les grains. André Meikie, mécanicien écossais, transforma la machine d'Elderton en voulant la perfectionner, et, en 1780, son fils construisit la première des machines à battre, à cylindre armé de battes, que l'agriculture anglaise adopta rapidement, et dont In di>position générale, conservée jusqu'ici, a été décrite précédemment. D'Angleterre, les machines de Meikie se répandirent bientôt en Suède; en 1802 commença leur introduction en Pologne, et c'est seulement ou 1818 que la machine écossaise, décrite et '■ecommandéc par M. le comte de Lasteyrie, fit son apparition en France, nous arrivant t'i la fois de Suède et d'Angleterre. Math, de Dombtisle en propagea l'emploi dans nos provinces de l'Est; m.iis c'est surtout sons l'influence des expositions et des concours périodiques que notre agriculture a compris les avantages du battage mécanique. I/exposition de Londres, en I8.M, a doimé une impulsion toute-puissante i\ l'adoption des .batteuses dans les diverses contrées de la France; l'Allemagne, jusque-là rebelle à ce grand progrès, s'est rendue ;\ l'évidence; enfin, l'Amérique du ^(lrll, s'appropriant hardiment tous les résultats (iliteiiiis par les \uglais et les Français, a bientôt dmnié l'exemple des plus heureux perfectionnementsdtins la construction de ces appnreils. L'aliondance des UKichiiies à battre A l'exposition de IH.'i.'i et tiu ciincours de 18(ill, \ Paris. et enfin ;\ Londres, \ l'exposition de I8(i2, montre :isse7. que depuis une di/ainc d';imiéo3 l'agriculture n'a pas cessé d'en multiplier l'emploi (voyez Instruments Af.nicoi.r.s).

Parmi l('s moteurs que l'on peut employer pour faire marcher les machine» 4 battre, jo n'ai pas voulu citer l'homme, parce (prévidemnient c'est une idéo nialheureuso do vouloir l'employer ainsi; le travail mécanique

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fourni par un ouvrier batteur étant toujours le mOme, rju'on lui mette un fléau en main ou qu'on lui fasse tourner la manivelle d'une batteuse, on ne saurait à priori voir aucun avantage à cette dei'nifrre combinaison. Aussi M. Barrai s"e\prime-t-il ainsi au nom du jury de iSGO [Compte rendu deiope'r. du conc. de ISUO) : « Nous ne « croyons pas qu'il soit utile d'encourager la- fabrication " de ces sortes d'appareils qui exigent, de la part des ou- « vriers, un déploiement de force considérable. Les mali chines doivent. remplacer avec avantage le travail des !■ hommes par celui des animaux on des moteurs inani- ■ mes. Toutes celles qui s'écartent de retie destination " ne sont que des engins imparfaits. Il faut que l'ouvrier •• des champs dirige les machines, et non pas qu'il soit M le moteur destiné à les mettre en mouvement. En ce n qui concerne particulièroment les machines à battre, « faites en vue d'utiliser la force de l'hounne, le fléau « est peut-être encure l'instrument le meilleur qui oit » été' construit jusqu'à pre'sent. » MM. L. Moll et Hervé- Mangon, an nom du jury de 1855, avaient déjà apprécié de même, et presque dans les mômes termes, les batteuses mues à bras d'homme [Rapports du jury mixte internat. l>aris, 185U).

Egrenaffe du riz. — On emploie pour égrener le riz le dépiqn:ige ou le battage au fléau ; le grain recneilli est mis en tas, vanné aussitôt, puis séché au soleil jusqu'à ce qu'il soit entièrement sec et dur, enfin purifié par trois criblages successifs. Mais après toutes ces façons, il est encore couvert de sa balle jaunâtre ; c'est le riz en yiallleo» rizou. Pourobtenir \eriz blnnchion riz mondé, il faut le blanchir eu enlevant ses balles. Ou peut employer pour cela la machine dont la figure 8U1 représente

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ou un cheval; en Espacne, on y cmpluie des moulins analogues aux moulins à farine : la machine décrite cidessus est préférable à tous égards.

Egrenaye du innii. — La récolle du maïs se fait tantôt en arrachant les tiges, tantôt en les coupant à fleur de terre, tantôt enfin en coupant seulement les épis. En

une coupe verticale. Elle se compose d'un tronc de cône fixe en bois, haut de 1»,C2 à S^j-JI, sur 1 mètre à l™,e2 do diamètre à la base inférieure, et 0"',32 à 0'°,-10 à l'inférieure. Ce tronc do cône repose sur une pièce 6 scellée dans une plateforme en maçonnerie CC, et sa surface latérale est armée de cannelures de 0",0I)3 de profondeur sur 0'°,0ll9 à 0»,011 de largeur à leur base. Une chappe D a sa surface intérieure disposée connue l'extérieur du tronc de cône, mais les cannelures dirigées en sens inverse; elle recnuvre le tronc de cône, comme une sorte de cuve renversée et peut tourner sur un pivot placé au centre de son fond, et reposant sur le sommet du tronc de cône. Deux barres opposées, mues chacune par nu ouvrier, fout tourner la chappe D autour du tronc de cône; une trémie à fond percé de trous . . reçoit à la partie supérieuj'e do l'appareil 'ff^^^î^^ le riz en paille qui, entre les deux surfaces - " " cannelées, se dépouille de ses balles et tombe mondé dans un ré-ervoircirculairc qui se voit '

à la base de la m.icliiue sur le bàtiCC. En une journée de dix heures, les deux ouvriers qui meuvent cette machine nettoient jusqu'à 200 kilogrammes de riz (Girardin et Du Breuil, Traité d'af/ric); un hectolitre de riz en paille donne en général «5 litres de riz blanchi ou mondé. En Italie, ou blanchit le riz au nv^yeu de mortiers et de . pilons eu bois dur ou en pierre, mus par une chute d'eau

tous cas, ceux-ci exigent d'être sécliés avec grand soin pour se bien conserver, puis les grains se détachent en frottant deux épis l'un contre l'autre. C'est alors seulen.eut que l'on peut procéder à l'égrenage. Le moyen le plus simple, mais aussi le plus lent, est de frotter à la main les épis les uns couire les autres; ce moyen ne convient qu'aux petites récoltes, ou pour le mais destiné aux semences. D'autres fois on racle chaque épi successivement sur une lame fixée à un banc où lonvricr s'assied. Dans les grandes exploitations, on bat les épis au fléau. « En o diveri endroits de la Sicile, dit Math. a Bonnafous, les garçons et les jeunes « paysannes se rassemblnt au son d'une Il cornemuse, et, eu dansant ou trépi- <i gnant sur les épis avec leurs sabots de • hêtre, ils dépiquent le mais par cette «joyeuse opéiaiion. » Tous ces moyens grossiers et dispendieux durent peu à peu céder le pas à Végrenoir mécanique proposé, en 18-34, par le même Bonnafous.

Depuis lors, l'égrenoir à mais a subi bien des transformât ions, mais en gagnantsans cesse du terrain sur les anciens procédés. L'un desplus employésparmi lesappareils de ce genre est l'égrenoir de Carolis dont on voit ci-dessus {fig. 802) la figure, et qui agit à la manière des moulins

à calé,froissintlcsLpis eritK une suifacc cinniléc fixeet une noix également cannelée, que fait mouvoir une manivelle et un système de roues dentées. Cette machine fournit facilement '.'5 ou 3n hectolitres do mais en huit heures, et un enfant su Hit à la faire marcher.

§ 2. Egrennr/r (1rs ]ilaiites non ce'rénles. — L'égrenage des luzernes, trèlles, sainfoins, etc., se fait pour recueillir

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