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diatcmeiit au-dessus d'une ramification, cela aurait pour eflet de diminuer sa vigueur. Souvent on laisse sur le tronc une partie de la branche coupée, 0", 15 à ()", 20; c'est li une pratique vicieuse, car cette sorte de moignon commence à se desséclier, puis s'il ne se pourrit pas, il reste au milieu des conclies qui se forment autour de lui sans y adhérer, et lorsqu'on exploite le bois, c'est coninic s'il y avait une cheville enfouie dans le tronc de l'arbre, qui laisse un trou lorsqu'elle se détache. Si ce chicot se pourrit, l'air pénètre jusqu'au bois parfait, et les accidents signalés plus haut surviennent. Mais il ne faut pas non plus que la section d'une branche soit faite trop près de la tige, parce que la plaie qui en résulte étant trop grande est moins vite cicatrisée; il en résulte que l'aubier restant exposé à l'air, pendant plusieurs années, finit par se décomposer et entraîner la pourriture du centre de l'arbre. Pour éviter cet inconvénient, il faut recouvrir les plaies d'un friglu»ii>nt jusqu'à ce qu'elles soient entièrement cicatrisées. Un mélange par parties égales de poix noire et de poix de Bourgogne est ce qu'il y a de plus convenable pour cela; on l'applique suffisamment chaud, pour qu'il soit liquide, deux ou trois jours après l'élagage, parce que les surfaces étant sèches, le mastic y adhérera mieux. On se gardera bien d'employer pour cet usage le goudron de gaz. L'instrument le plus employé pour l'élagage est la serpe que tout le monde connaît. On se sert aussi de l'échenilloir ou du croissant pour couper l'extrémité des branches dont on veut arrêter l'accroissement. On ne saurait trop s'élever contre l'emploi de ces griffes dont les élagueurs s'arment les pieds pour monter sur les arbres ; elles mutilent la tige en y laissant des plaies contuses, toujours préjudiciables aux arbres. La scie est aussi un mauvais instrument pour élaguer. La plaie qu'elle laisse est déchirée, rugueuse, et l'humidité y est arrèléii comme dans une éponge; s'il arrivait un cas où l'on fût obligé de l'employer, il faudrait enlever avec le plus grand soin toutes les traces de la scie. L'intervalle de temps qui doit s'écouler entre chaque élagage doit être calculé de manière à n'avoir à retrancher climiuc fois qu'un petit nombre de ramilicntions, et surtout dc^ branches peu volumineuses; nous ne pouvons entrer ici dans tous les développements de physiologie végétale qui doivent empêcher de trop éloigner l'époque des élagages ; nous dirons seulement que l'opération devra être répétée tous les deux ans pendant les douze premières années ; après ce laps de temps, les arbres commenceront à perdre une partie de leur plus grande vigueur, leur allongement annuel et leur accroissement en diamètre seront un peu moins prompts, et Ton pourra pendant les douze ou quinze années suivantes ne plus élaguer que tous les trois ans. Enlin, après cette seconde période, l'accroissement devenant moins rapide encore, on laissera un ititervalle de quatre ans jusqu'au moment où la tête de l'arbre, prenant beaucoup d'extension en largeur, ne croîtra plus que très-peu en hauteur ; cela a lieu vers l'âge de trente ù cinquante ans, suivant les espèces et la viguCur des individus. A cette époque on cesse toute espèce d'élagage, car le tronc a désormais acquis la longueur qu'il pouvait atteindre, et toutes les branches qu'il porte lui sont nécessaires pour former une tête volumineuse destinée à faire acquérirau tronc le plus grand diamètre possible.
Les plantations d'alignement sont soumises à des systèmes d'élagage assez variés, et qu'il n'est pas toujours facile de bien caractériser. On peut cependant les réunir dans les quatre modes suivatits, que nous appellerons élaf/a(/e complet, élai/age hidije ou en colonne, étagar/e en cône, élagnrjc prni/rex^if' ou en It'Ie.
I" L'j!/a;/rige cnmjilct ifig. 8fi!)} est l'un des plus anciens. Il consiste d'almrd à n'appliquer le premier élagage aux Jeunes arbres que huit ou dix ans après leur plantation. A cette époque ou rctiancbe coni|ilrtei)i('nt sur la tige toutes les ramifications d<>puis la base jusqu'au seul met, moins un petit fa sceau de hraïuhis A l'exliéniité. De nouvelles ramifications se montrent bientôt sur tout le périmètre de la tige; on les laisse croître librement pendant cinq ou six ans, puis on les eoupe comme les pro mièrcs en supprimant de plus quelques-unes des branches réservées d'abord & l'extrémité, si l'arbre s'est scusiblomcnt élevé. La même opération est répétée tous les cinq ou six ans. Cette pratique a pour résultats primipaux de laisser d'abord, au premier élagage, des plaies tmp étendues, par la suppiosion de branchi's déjà trop grosses, ce qui détermine .souvent les accidents signalés plus haut. Kn second lieu, cet élagage fait périodi(|U( nient de toutes les rainincaiions de la lige, produit vers ces points
des nœuds qui grossissent d'année en année et déforment la tige. Par cela môme, l'ascension de la sève étant gênée par toutes ces nodosités répandues sur toute la surface de la tige, son allongement se trouve entravé, bien loin d'être favorisé conmie on l'espérait. Ces arbres alors vers l'âge de soixante-dix ans ont une tige difforme, souvent creuse, couverte de nœuds volumineux, cariés; qui du- reste fournissent tous les cinq ou six ans une abondante production de même bois; mais ce ne sont plus que des têtards dont la tige ne peut donner que du
. 8tj9. — nésullal de IVIa;
bois à briller. C'est une pratique nuisible aux intérêts du propriétaire, et qui n'est avantageuse que pour les fermiers et les usufruitiers du terrain planté, qui obtiennent ainsi une récolte fructueuse de menu bois tous les cinq ou six ans.
2» Dans la mélhorle belge, ou en colonne {fip. 870), le premier élagage se fait deux ou trois ans après la plantation. On supprime alors toutes les ramifications depuis le sol jusqu'à 2 mètres d'élévation. Au delà de ce point, on conserve toutes les branches, moins celles qui ont pris un développenient disproportionné, et que l'on supprime en deux fois, la première fois en coupant seulement les deux tiers de la branche ; à l'élagage suivant on retranche le reste. Au bout de trois ans, on fait un second élagage; à ce moinenton retranche les branches du bas jusqu'à 2'",50. et ce sera désormais la seule partie de la tige qui restera dégarnie de branches; ou se conduit pour les autres comme il a été dit plus haut, et on opère de même à chacjue élagage, tous les trois ans, supprimant en deux fois les branclios qui déliassent les autres, retranchant quelques-unes de celles qui, naissant trop près les unes des autres, forment une espèce de verticille autour de la tige, etc., retrajichaiit complètement les branches <|u'oil avait d'abord raciourcies, puis larioiirrissanl ci'lles qui ont pris un développement dis|iniportii>nnr pour les couper à ri''Ia a e suivant. Les arbres ainsi iiaités sont consiitiiéN il.' rii.iiih II- A Inruier une espèce de colonne de telle sorti' (p;.- I. s liiiiiih .iiiojis ne sont pas réunies an sommet de l'arhi e, iii.ii.^ ili.-.iril)uées sur loute l'étendue de la tige, exccjité sur la partie inférieure qui en est privée sur une hauteur de i"',iO. Les arbres soumis à cet élagage n'offrent rien de disgracieux ; nous no voyons aucune objection & faire 4 ce jirocédé, (|uant à la décoration. Mais il n'en est pas do môme à l'égard de la production du bois de service. Lo tronc de l'arbre ainsi obtenu est incontestablement beaucoup plus sain que celui des arbres soumis à l'élagage complet; toutefois, il n'est pas non plus iriéprochable. Ainsi, d'une part, co procédé diminue la rapidité de l'élongation en forçant la sévo ascendante .^ partager son action entre les nombreuses branches latérale», elcelaiiu déMiiinent du sommet. D'une autre part,
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ces suppressions exercées pendant toute la vie de l'arbre nuisent à son accroissement en diamètre, en le privant, à chaque élagage, d'une portion importante de branches et par conséquent de feuilles. Eutin, les branches étant
Fig. «70. — Orme Jo 70
disséminées sur toute la longueurde la tige, il en résulte que le diamètre du tronc décroit rapidement de la base au sommet, ce qui diminue la valeur du bois.
3° L'élagnge en cône se fait en dégarnissant d'abord la tige dans une étendue deî",^!!, puis en conservant toutes les branches de quelque nature qu'elles soient; oji les raccourcit de façon à donner à leur ensemble la forme d'un cône dont la base égale trois fois la hauteur. On veille à ce que la flèche soit simple. L'été suivant on pratique le pinremeut (voyez ce mot) à chacune des brandies latérales, en vue de favoriser l'élongation de la tige, de diminuer la vigueur des branches latérales et de retarder leur accroissement en diamètre. Ces opérations sont répétées tous les quatre ans. Il faut aussi dans chaque élagage supprimer les ramifications des branches principales, sous peine de déterminer dans la tête de l'arbre une confusion inextricable qui pourrait le déformer et faire périr tout ou partie do quelques-unes des branches. L'aspect de ces arbres est séduisant pour l'ornoment; quant à la qualité du bois, c'est autre chose ; Ja présence «les branches qu'on maintient sur presque toute l'étendue du tronc détermine dans les fibres ligneuses de nombreuses solutions de continuité qui enlèvent au bois une grande partie de sa solidité. De plus, ces branches finissent par devenir très-giosses ; leur raccourcissement périodifpio, la suppression des ramifications •dont elles sont chargées, font qu'elles se couvrent avec le temps de noeuds plus ou moins volumineux qui finiront souvent par se carier. Cette altération atteindra de proche on proche le tronc qui perdra alors toute sa valeur comme bois do service. Comparé à l'élagage belge, l'élagagc en cOuc donne une forme a'issi agréable h l'œil,
mais la masse de bois produite est moins abondante, et surtout do moins bonne qualité, connue bois de service : d'où il résulte que si nous étions obligé d'opter entre ces deux méihodes, nous choisirions sans balancer l'élagage belge.
4" Quant à Vélagage proç/ressif ou en IHe, il est loin d'être une pratique aussi récente que le précédent, puisqu'il était connu avant Duhamel, mais elle a été successivement améliorée, et nous avons payé nous même notre modeste tribu ;\ la solution de cette importante question. Voici la description succincte de ce procédé :
Les jeunes arbres ayant commencé à pousser vigoureusement, c'est-à-dire vers la troisième année qui suit la plantation, on leur applique le premier élagage, ainsi qu'il a été expliqué au commencement de cet article ; on suivra de même les indications données pour les élagages subséquents. On peut voir à la ligure 866 un exemple de cette méthode. C'est la disposition qu'on donne ;\ la tête des aibres, lorsqu'ils sont plantés assez loin des propriétés riveraines, pour que cette tête puisse se développer librement sans s'étendre sur le terrain voisin. Mais quand ils n'en sont éloignés que de 2 mètres, il convient de maintenir constamment les branches dans cette limite, au moyen de l'élagage. Les suppressions de branches que l'on pratique à chaque élag.ige à la base de la tête de l'arbre, à mesure que la tige s'allonge et toujours avant que les branches aient acquis un grand diamètre, ont pour résultat de donner un tronc à la fois le plus long, le plus gros possible dans toute son étendue, et surtout dépourvu de nœuds. C'est pour cela que nous croyons devoir adopter le système de l'élagage progressif, à l'exclusion des autres qui n'olTrent pas le même avantage, ainsi que nous l'avons fait voir.
Lorsque de jeunes arbres, par une raison quelconque que nous n'avons pas ;\ examiner ici, ont été étêtés au moment de leur plantation, il convient de les soumettre à un mode d'elagage particulier, en vue du nouveau prolongement de la tête. Ces jeunes arbres, lorsqu'ils ont été bien plantés, se couvrent ordinairement de bourgeons dès la première année. Cette végétation se produit su.' le tiers supérieur de la tige. Lors du repos de la végétation, on laisse intacts tous ces jeunes rameaux, moina ceux qui se trouvent placés depuis le sommet de la coupe jusqu'à 0°,1.S environ de ce point ; ces derniers sont coupés entièrement. A O^ilS environ du sommet, on choisit un des rameaux les plus vigoureux et naissant, autant que possible, du côté de l'ouest; on le place dans une position verticale, en le redressant et en l'attachant contre le sommet de la tige. S'il existe dans le voisinage de ce rameau une ou plusieurs ramifications présentant aussi une grande vigueur, on arrêtera leur développement en retranchant au même moment environ la moitié de leur étendue ; l'arbre ainsi disposé est ensuite abandonné à lui-même. Le nouveau rameau terminal se développe beaucoup plus vigoureusement que les autres et forme bientôt un prolongement convenable à la tige. Deux anr. après, on supprime le sommet de l'ancienne tige en la coupant obliquement immédiatement au-dessus du point où naît le premier prolongement. Deux ans après, la plaie est cicatrisée, et on applique un mode d'elagage semblable à celui que nous avons conseillé pour les arbres non étêtés. A. Du Bn.
ELAIDINE (Chimie). — Matière qui résulte de l'action de l'acide hypoazotique sur t'huile d'olive, et en général sur toutes les huiles non siccatives (voyez Huiles gras- SKs). Véluiiline se change par la saponification en acide élaidique et glycérine.
On peut préparer facilement l'acide élaidique en faisant passer pendant quelque temps un courant de vapeur d'acide hypoazoïique dans de l'acide oléique. Le mélange refroidi laisse déposer d'abondants cristaux, qu'on traiti' par l'eau bouillante pour les débarrasser des produits nitreux. En reprenant ces cristaux par l'alcool, on obtient, par une crislallisatioa nouvelle, de l'acide élaidique pur. i
ELAN (Zoologie), Ccrvus alces, Ogilb. — Espèce dei genre Cerf (voyez ce mot), aussi grand que le cheval, ol, l)ar suite, le plus grand du genre (1">,70 aux épaules). L'î niAlc seul porte des bois terminés par une vaste cmpauniure divisée à son bord externe en deux parties dont J,i plus forte porte à son bord externe plusieurs digitations, et dont le poids peut atteindre ;10 kilogrammes fig. 871). Son cou est très-court, robuste, et surmonté d'une sorte dj crinière; son museau renflé, à lèvre supérieure épaisse, longue et mobile. Son train de devant, plus allongé quo celui de derrière, le force à se mctt;'C à genoax ou à écar-
Fig. 871. — Tèle d'élan.
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1er fortement les jambes pour manger l'herbe ; il se nourrit aussi déjeunes pousses d'arbre. La gorge du maie porte une oroéminencc garnie de poils noirs formant une sorte ^ de barbe ; il est de cou-
leur giis-foncé, et se plaît dans les forêts liimiides et marécageuses du nord des deux continents, passant une partie de la journée dans l'eau en été, pouréviter les insectes, et recherchant en hiver les lieux élevés. Il était autrefois employé comme bêle de trait, en Suède. Sa peau sert à confectionner des buffloteries, et sa chair est estimée comme aliment. La femelle de l'élan ne fait ordinairement qu un petit à la premifere portée, ensuite constamment deux, rarement trois. Les faons ont, la première année, des dagues de0"n,03 de long, la seconde U"',30, à la troisième elles deviennent fourches; dès la quatrième année, elles prennent six andonillers et s'aplatissent la cinquième sous la forme de lames triangulaires. L'élan vit vingt ans; ses bois se renouvellent tous les ans. F. L.
ELAl'HRE (Zoologie), Elaphrus, Fab. ; du grec W<iphros, agile. — Genre d' Insectes de l'ordre des Coléoptères, section des Penlamères, famille des Carnassiers, tribu des Cai-obiques, section des Grandipalpes, assez semblables par la forme et la vivacité aux cicindèles. Ils sont petits et se cachent dans les herbes et les fissures qui se trouvent an bord des étangs ù, demi desséchés ; on les fait sortir de leur retraite en y répandant de l'eau. VE. rfes rivage.^ {E. riparius,'F.ih.) est l'espèce la plus répandue. Il a 0",OOCde long; il est vert cuivré et taché do cercles foncés, mamelonnés, disposés sur quatre lignes.
ELAPIIUS (Zoologie). — Voyez Cebf.
ELAPS (Zi'ologie), du grec elaps, nom que les anciens donnaient à un serpent non venimeux. — Genre de Reptiles de l'ordre des Ophidiens, famille des Serpents, division des Venimeux, groupe des Vipères; caractères : les mâchoires peu dilatables; la tête couverte de grandes plaques polygonales, renflée en arrière, aussi grosse que le corps avec lequel elle est tout d'une venue; celui-ci est recouvert d'écaillés oblongues. Les nombreuses espèces de ce genre habitent les régions australes, et leur corps est annelé de blnnc, de noir et de rouge très- vifs; on le nomme parfois Serpent-corail. Au reste, plusieurs espèces de serpents venimeux ont reçu ce nom vulgtiire de corail ou coral dans la Guyane, la Caroline, etc., où on les rencmtre et où ils sont la terreur des habitants, ainsi la Noire et Fauve de Lacép. {Elaps corallinus, Merr.) ; le Triscale de Lacép. {Elaps iriscalis, Merr., CoIuIj. corallinus,h\a.), etc.
VE.de Marcyrave [E. /e»m!sca/!(S,Cuv.), l'un des plus grands, est gros comme le doigt et long de (r,'i>. Il habite la Guyane, et sa morsure est très-dangereuse. Cuvier remarque que co serpent fait redouter, quoique innocents, le Tortrix sci/tale {rouleau) et la couleuvre d'Esciilopc qui lui ressemblent par leur formç, leur grandeur et leurs couleurs.
ÉLASTICITÉ (Physique). — L'élasticité est la propriété qu'ont les corps de reprendre leur forme primitive, lors(|uo certaines causes extérieures l'ont modifiée, et que ces causes cessent d'agir. C'est ainsi, par exemple, qu'une lame d'acier fixée à une de ses extrémités, et dont on écarte l'antre, revient à sa première position en exécutant autour d'<'llo une série de vibrations. Les corps prési-ntent do très-grandes différences au point do vue de l'élasticité; les uns, comme le caoutchouc par exemple, peuvent subir de très-grandes déformation», sans cesser de revenir à leur premier état, tandis que d'autres, comme la cire molle, conservent successivement les diverses formes qu'on leur imprime. Dans les (iremiers, la limite d'élasticité est trts-étcnduc- dans les seconds, elle est très-faiblo ou nulle. On dit aussi que les premiers sont l ès-élasiiques, tandis que les second» le sont très-peu. Toutefois, ces expressions ne sont pas très-précise» et peuvent donner lieu h de» équivoque». En ellet, on peut dire qu un corps est très-élastique, lorsqu'une certaine action extérieure développe une très-forte lénction, circonstance qui no suppose pn» du tout qne sn limite d'élasticité son étendue,
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et qui, généralement même, est exclusive de ce dernier phénomène. A ce point de vue, les corps analogues au caoutchouc seraient peu élastiques.
Si l'on considère la limite d'élasticité comme la mesure de cette importante propriété de la matière, on pourra dire que les liquides et les gaz sont des corps parfaitement élastiques , car, quelque modification qu'on fasse subir à leur volume, celui-ci revient toujours le même lorsque le flnide est placé dans les circonstancts primitives de pression.
Les applications de l'élasticité des solides sont nombreuses et importantes. C'est à son élasticité que le caoutchouc doit d'éire employé dans un si grand nombre de circonsiances. L'acier plus ou moins trempé est une des substances qui présentent cette propriété à un degré remarquable, et c'est avec lui qu'on construit tous les ressorts. Les ressorts sont employés comme moteurs dans les montres, les pendules, les tonruebroches, par suite delà tendance qu'ils ont à reprendre leur première forme, lorsqu'on les a tendus; dans ce mouvement de réaction, ils entraînent avec eux un système de rouages qui sont eux-mêmes liés aux pièces que l'appareil doit faire mouvoir.
Les ressorts sont d'un usage continuel dans les machines, pour maintenir et ramener dans des positions invariables certaines pièces qui ne doivent s'en écarter que très-peu, comme, par exemple, les soupapes.
Dans les voitures suspendues, le corps de la voitnre est porté par des ressorts formés de plusieurs lames d'acier assujetties ensemble, mais dont les longueurs vont en décroissant. De cette façon, le milieu où s'exerce l'effort principal du poids a une épaisseur suffisante pour y résister, tandis que les extrémités possèdent la flexibilité nécessaire au but qu'on se propose, et qui est d'atténuer la violence des chocs que l'essieu peut subir.
L'élasticité des ressorts fournit un moyen très-commode de comparer les forces entre elles (voyez Dynamo-
MlîTnES).
L'élasticité est évidemment un phénomène moléculaire; aussi toutes les circonsiances qui tendent à modifier la constitution moléculaire des corps, modifient-elles aussi son élasticité. Mais il n'est pas généralement possible de prévoir à priori dans quel sens ont lieu ces modifications. Ainsi par exemple, tandis que la trempe
V\%. «\ï. — Apptnil de H. Wcriboim pour l'iltiliclU de tcMUoD.
angnienlo si notablement l'élnsticilé de l'acior, du verre, etc., elle diminue celle du broiuo (voyez DuoNZf).
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C'est à l'obscurité qui règne encore à quelques égards dans tout ce qui regarde les actions moléculaires, qu'est dû l'état d'imperfection où se trouve la théorie matbématique de l'élasticité, malgré les importants travaux faits sur ce sujet par Coulomb, Cagniard- Latour, Savart, Masson, Wertheim , etc. Toutefois, il existe à cet égard une loi générale et d'une haute importance, c'est que toutes les fois que dans l'écart subi par les particules d'un corps, la limite d'élasticité n'est pas dépassée, cet écart est proportionnel à la force même qui le produit. Dans le cas, par exemple, d une barre soumise à des tractions successives, les accroissements de longueur qui en résultent croissent regulieremeut comme la traction. Quant à la valeur absolue de 1 alloneement pour une traction d'un kilogramme, elle varie d'une substance à l'autre. Cette différence que présentent lis corps .'i ce point de vue est définie par ce qu on appelle le coefficient d'étusticitê. On désigne ainsi le rapport à la charge en kilogrammes par millimètre carré, de l'allongement par mètre exprimé eu millimètres. Quand ce coefficient est connu, on peut en déduire l'allongement d'une barre soumise à une traction quelconque. ,, . ^
La mesure du coefficient d'élasticité d une substance se réduit d'ailleurs à la mesure de l'allongement d'un hl ou d'une barre de la substance considérée sous 1 action d'uu poids quelconque. Notre figure 873 représente l'appareil employé pour cet objet par M. Wertheim. La verge ce dont on veut observer rallongement est fixée supérieurement dans un fort étau D fixé à la potence F. Inférieurement, un second étau D' supporte la caisse B qui reçoit les poids destinés à produire la traction ; on ot> serve avec un catliétomètre des points de repère tracés sur la tige. Pour produire la traction d'une manière continue "et sans secousse, on se sert de \is calantes. Enfin, pour éviter les ballottements, on a fixé à la caisse une tringle qui se meut dans la coulisse I que porte la poutre E servant de support général à l'appareil.
Plomh lS03k
Or
Argent .
Fer 2»*S9
Acier »9519 P. D.
ÉLASTICITÉ DES LIQUIDES. — VoyeZ. COMPRESSIBILITÉ.
Elasticité des gaz. Loi de Mariotte (Physique). — Les gaz sont extrêmement compressibles; aussi, dès l'origine de leurs recherches, les pliysiciens se sont occupés de cette compressibilité , et déjà, au xvii* siècle, Mariotte et Robert Boyle étaient arrivés séparément à une loi qui paraissait caractériser l'état galeux. Voici cette loi : A la même température, les volumes d'une môme masse de gaz sont inversement proportionnels aux pressions qu'elle supporte. 3i V est le volume de cette quantité de gaz sous la pression H, V son volume sous la pression H', ou a donc: X = îil. On déduit de là VH = V'H'. D'où cette autre forme de la loi : Le produit du volume par la pression est un nombre constant. Une conséquence, c'est que : A la même température, les poids spécifiques d un même eaz sont proportionnels aux pressions, car sous le même Doids les volumes sont inversement proportionnels aux
poids spécifiques p =Y ' " "" lT'~ il"
Mariotte vérifia sa loi à l'aide d'un appareil trèssimple, qui se compose (/îr/. 873) d'un tube de verre recourbé AliCil'une longueur aussi grande que possible, et dont la courte branche AC est feimée. On met du niercuro dans la ciurbure do l'appareil, et ou isole ainsi une certaine quantité d'air. 0;i s'arrange d'ailleurs de façon que le ni\cau du mercure soit égal dans 1rs deux branches et s'élève jusqu'au zéro des deux graduations. L'air contenu dans la iourte branche se trouve alors à la pression ambiante que donne le baromètre. Soit H la hauteur du baromètre, V le volume du gaz sous cette pics-ion. Si I on \erse du mercure dans la biaiiclie Cli, l'air se comprime et le mercure s'élève dans les deux bninclies. Soient D et E les niveaux. Si on mesure la hauteur Dlv, le gaz dans la courte branche suppo.ic la pre-'jion atmosphé-
rique, plus la pression de la colonne de mercure DE. Soit h sa longueur : la pression sera H-|-/i. Soit V le volume DA. SiH-i-/i = 2H, V' = |, si H -(- /i = 3H,
V'=J. Telle est la loi trouvée par Mariotte, qui d'ailleurs n'opéra que sur l'air.
Cependant Boyle, Musschenbroek, Sulzer , Robison, tout en constatant la loi de Mariotte trouvèrent qu'à partir de 4 atmosphères, ou un peu plus, elle ne représentait plus la compressibilité de l'air. En 182(j, OErsted et Weudsen, par des expériences poussées jusqu'à des pressions de tl8 atmosphères, trouvèrent la loi vraie pour l'air, mais erronée pour l'acide sulfureux.
M. Despretz, ayant soumis simultanément à la même pression des volumes égaux de différents gaz, a constaté qu'ils ne se comprimaient pas de même, et que, par suite, la loi de Mariotte n'était pas générale, si même elle se trouvait exacte dans certains cas.
M. Pouillet, de son côté, trouva que jusqu'à 100 atmosphères l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, le bioxyde d'azote et l'oxyde de carbone suivaient la même loi de compression que l'air atmosphérique ; que les gaz acide sulfureux, ammoniac, acide carbonique, protoxyde d'azote, commencent à être notablement plus compressibles que l'air atmosphérique, dès que leur volume se réduit au tiers ou au quart. L'appareil employé par M. Pouillet est très-propre pour montrer, même dans un cours, l'inégale compressibilité des différents gaz. C'est une disposition imitée d'ailleurs de celle qu'avait employée autrefois Despretz, auquel il convient de faire honneur des premières contradictions sérieuses relatives à la loi de Mariotte, et des premières expériences précises destinées à éclairer cette question importante de la mécanique des gaz Uneboiteen fonte d' {fiy.8Tb) renferme du mercure, et au-dessus de ce métal del'liuile. Dans ce dernier liquides'enfonce un piston plongeur en bronze A, dont la partie supérieure façonnée en vis passe à travers l'écrou K, et peut être mue à l'aide du levier g. La boite d' communique par un tube de fer avec la boite d également en fonte. Sur cette dernière sont solidement fixés deux tubes a et // de '2 mètres de longueur chacun, et renfermant les gaz desséchés que l'on veut comparer l'un à l'autre. Ces deux gaz ayant primitivement le même volume, on enfonce le piston plongeur de manière à les comprimer, et on peut ainsi reconnaître aisément s'ils suivent ou uon la même loi de compressibilité.
En 18'.'5, une commission de l'Académie des sciences, composée de Duloiig, Aiago, Girard et Prony, chargée d'un travail sur la force élastique des vapeurs, fut amenée à s'occuper de la vérification de la loi de Mariotte. On trouva i|ue jusqu'à 27 atmosphères la loi était sensiblement exacte pour l'air.
Dans toutes les expériences précédentes, l'on n avait pas tenu un compte suffisant de l'iiygroscopicitédu verre, et les gaz sur lesquels l'on avait opéré n'étaient pas suffisamment secs. De plus, le procédé employé était toujours le même que celui de Mariotte; on comprimait une même masse d'air par une colonne de mercure sans cesse croissante; il en riîsultait que la précision de la mesure du volume gazeux devenait de moins en moiii.grande à mesure que la pression augmentait.
M. llegnault a évité les cavises d'erreurs qui entalaient lcsex|iériciices antérieures aux siennes. .Son ap-
. 873. — Tube de Mariotte.
chaient lcsex|ic ,, , •
pareil est très-simple ; il se compose (/ïr/.STiJ) d un réservoir en fonte V, contenant du mercure, et dans lequel on peut cnmprimer de l'eau iiu moyen d'une pompe aspirante et foulante. A la partie infcrieure, le réservoir porte deux