‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 324 sur 396 · SOI · texte numérisé non relu

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Thunberg. Il comprend des arbres à fleurs t"0""'n"f^. rinnt les femelles out un ov.iire surmonte de 3-5 stigmates et creusé d'autant de loges, devenant une capsule Ti se sépare en autant de coques ayant chacune une 3 ôsse Rraine. - VÉ. du Jupon a é.é nommé nrbre 7nuile à cause de l'huile q.te ses graines fournissent en abondance; et celui de Chine orhre ,lu vernis pat- le môme motif. Ces produits sont utilisés dans I mdustrie; Vàcreté de l'huile est telle qu'il n'est pas possible de rpiiinlover dans l'alimentatinn.

ÉLÉOTRIS (Zoologie), Eleotris , Gronov.; du grec etos maréca-eux. - Genre de Poissons, de l'ordre des AcZlZÏÏryyîens,f^mmàcs Gob.oid>-s, établi par Gronov s «adopté par Cuvier pour des espèces qui constituent un groupe voisin des Gobies et qui ont la première dotale à aiguillons flexibles, mais dont les ventrales sont parfaitement distinctes; la tête obtuse, un peu dïpHnlée, les yeux écartés et la membrane branchiale p^tànt six rayons. La plupart vivent dans es luers riiaudes Le Dormeur {E/eotns dornntulrix, Cuv. ; flatZTa'lusMrmilator, Block) est des Antilles; c'est une espèce assez grande, à tête déprimée, à joues renflées, nageoires tachetées de noir; elle se tient dans .es maniis. lYen a a"ssi au Sénégal et dans l'Inde. Sur nos côtes des Alpes maritimes, la Méditerranée on a ..ne jolie pctke es éce, décrite par Risso, qui lui a donné le nom de G^T^à-ofus. Elle a le corps doré, ponctué^ de noir avec une tache bleue à la base des pectorales, bon corps e t d'u" beau jaune doré, couvert de PetHs points noir , Il têteerande les nageo rcs d'un ronge dore, les pectorales ot^.Teàleur ba^e d'une belle tache blcc C<;PO^son, long de 0»,IO, se trouve au milieu des roches coial-

^'^pÏÎpHANT (Zoologie), du nom grec e7(;p/i»s, désignant Vivc^re ett'aninial qui le'produit. - i-^^}'-^^Z:Z années du xviii» siècle, un n'avait pas imagine que le^ é Dlnnts si ditlérents par leur taille et leur confoimaio,"^ de tous lel autres quadrupèdes, .P;'.-ein appar emr k nluMeurs espèces; le vulgaire, aussi bien que es n.iturah, e a sînfilait, 'sauf d^s variations attribuées à des races locales, tons les éléphants répandus en Asie et e Afr que, dept'iis llndo-Chine et les i>« "f "-r^ J^^»'^ cap de Bonne-Espérance, au Congo et au Senc^al L. e é-.iidc attentive a conduit G. Cuvier en l i9(. a admettie de i" espèces d'éléphants et peut-être aujonrd hni en faut- ?1 reconnaîm. une troisième. Le nom d'e/ep/,"«^ s'app 1que donc à un genre iEle.lu.s. Lin.). où do.ven e^rc placées sans doute, auprès des espèces V"vant<"s «elqucs es pècfs fossiles aujourd'hui disparues. Ce g ''"^^e, dans . Kmdo de Cnviir, forme, avec le gem■o^,rHo,hue\a ^ u ille des V.'ohnsd.Uenso.^ Pacliydennesn t,r.n,,,e etorkf^ sr, la première de l'ordre des Pdchjdermes classe 'ào^Mammféres. Cuvier, donnant les caractères de cette famil e Tace, avec sa netteté habituelle, une courte desctÏp on de la conformation des élépliants. « Les proboscSiiens ont 5 doigts à tous le. pieds, bien Ç»'"!';; ^^^an , ^ <;nuclelte mais tellement enroules dans la peau calleuse nu entoure le pied, qu'ils n'appiu-aissent audehorsque S ■ les on"les attachés sur le bord de celte espèce de sabot. Les dent" canines et les incisives proprement dites leur niannuênt niais dans leurs os incisifs sont implantées deux défenses qui sortent de la bouche et prennent souvent un accroissement énorme. La grandeur nécessaire aux alvéoles de ces défi^nses rendlamicho.rc supérieure s Innte et raccourcit tellement les os du nez que les na inis se trouvent dans le squelette vers te haut d<> , ?• ce mais elles se prolongent dans ranimai vivant en une 'trompe cylindrique, composée de plusi,..rs milliers dcpctils muscles diversement entrelacés, mobiles en to s sens douée dun sentiment exquis et terminée par tin apA'ndice en forme de doigt. Cette trompe donne à l é^ lénhanl presque autant d'adresse que la perfection do a mail peut en donner au singe. Il s'en 8ert P»"'' «f^'f to l ce qu'il veut porter fi sa bouche et pour pomper sa b°:sso" qu'il Iniice'ensuite dans sou «"Bier en y recotir^ bant cet admirable organe et y supplée ainsi à >" ""g cÔ qui n'aurait pu porter cette grosse tête et ses lo des dé nsi's. Au reste, les parois dt. cr&ne contienne t <' grands vides qui rendent la tête plus I^S'^^e j 1« " ft» inférieure n'a point d'incisives du tout; les 'ntc""''»/" ' ',?ttToh.mincux. l'estomac simple, le cœcum é-^ me le» mamelle» au nombre do donx seule non , placu s !,o1."rpo!lrine. Le petit tet.e avec la bouc le et noi a la trompe i/l'V/"e unimnl, t. 1, p. 'i-iT- "^-"' ;"';,"' y. é cl Jointe est l'esquisse d'une coupe de a tête de 1 U, pUant, tirée des dessin» anatomiqucs faitsd api es nature

par G. Cnviei- et I.anrillard, et publiés soit dans les Ossewuls /oMite, soit dans VAnatomie conipnrép. rerneil de planches de myolofjie. Cette figure représente dans le contour extérieur de la tête de l'éléphant une coupe du crâne

903. -Co,,pe verlid. médiane •>« '» 't'ïoSnl'-ifê'îl'r'""'™" la comniumcalion de la Iromlie avec les fosses natales (i;.

osseux montrant : les cellules («) ?it''é« /a^^ ' !' *S des parois du crâne ; la cavité crânienne (A que ^e "P'' '^ cerveau durant la vie; une des fosses "a^al^s o«^ (^^ relie du côté gauche, s'abouchant avec le conduit charnu (rf du côté correspondant de la trompe. On peut se rendre a nsi puis facilement compte de ce 'l'-'e;";'"^";^! „Vglturalistes en présentant la trompe comme ».,?'^°"'"^!„ meû des narines. Il est bon de remarquer d'ailleurs que ^ lèvre supérieure fait partie de ce prolongement et complète les narines pour fermer en dessons le double condtt qu'elles format ; car à la bo;;^ '« - ,f ,X;« nue la base de la trompe en haut, ,n en dessous la icvre rféricure bien reconnaissable. Quavt aux dents on a déjà vu que ces animaux n'ontque d^vx «"rtes dj,. def comme les R.mgeurs, des incisives au tx)mbre de deux à cînqie mâchoire et des molaires; celle vci sont reltvées Tle couronne en un certain .nombre de sanies mousses ou collines enveloppées d'émail comme o reste de la de. et entre lesquelles vient se placer, chez 'es é'épiia us une substance osseuse Paniculière, connue sous le >^on de cément. L'ivoire, au contraire, «*' P''^=";^'\,'^,7^°"s Ao l'émail oui lui sert de recouvrement. Les incisives de- éh^ -V ts s' sent peu, sortent de la bouche en grand :s: I ' ' fo ment une pair'e de défenses dont la longueur est quelquefois considérable. Ce sont ces delenses qui ?o un issent le plus bel ivoire employé dans le a^" i «f. en tire des éléphants de l'Afrique aussi bien que des éltnha s de l'I de ; celui des éléphants fossiles est q.ielquefn s nsse? bien conservé pour «lu'on puisse l'employer aux mC^^ues "sàgës?èt l'ivoire foisile des Mastodontes qtu ^cTimprégné pendant son séjo.ir dans la terre de sels de eu vre fotirn l une sorte de turquoise dont ou se sert en bijotlterie (voyez Ivokip.). Les éléphants n ont do dé-

la eavilé «■■'^"'«""''•, " 'j^';"';,r,,n.|*c --°. rnrine de la détlitl'lmchè^ -T'a»^'^ ■»<>l»irc 8U|,cri.M,r<. se .leveloppant. i « inola"" u, i^rie, re en usugc précodee d'une molaire usée. 1 1 mo " e iu éneure. - i, o» ■i>a"lla'r« ■»'*"«'"•

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fenses qu'à la mâchoire supérieure ; mais on voit aussi une paire de défenses inférieures, moins grandes il est vrai que les autres, à la mâchoire inférieure de certains Mastodontes.

Les Proboscidiens, soit vivants, soit fossiles, sont les plus grands de tous les mammifères terrestres. Ils sont peu nombreux en espèces, mais si l'on joint les espèces perdues aux deux ou trois que possèdent l'Afrique et l'Inde actuelle, ou constate qu'ils ont eu des représentants dans les trois parties de l'ancien continent et que les deux Amériques en ont aussi nourri. Jusqu'à ce jour, on n'a point encore observé de débris de ces animaux à Madagascar, et quoi qu'on en ait dit, il ne paraît pas que la Nouvelle-Hollande en ait possédé. Les anciens mammifères de ce singulier continent ont été, comme ceux qui l'habitent aujourd'hui, des mammifères marsupiaux (voyez ÉLÉPH4NTS fossiles).

Le genre É/c'phant (Elephas, Lin.) a pour caractère ilistinciif la singulière disposition des dents molaires; chacune de ces dents se compose d'mi ceitain nombre de lames verticales juxtaposées et reliées entre elles par une substance corticale ou cément de nature osseuse ; chacune de ces lames se compose d'ivoire recouvert d"une couche d'émail et renfermant à son centre une pulpe dentaire. Cette composition des molaires des plus grands de nos quadrupèdes vivants est entièrement semblable à celle des molaires des cochons d'Inde, des rats et de plusieurs autres rongeurs. Mais ce qui est particulier aux éléphants, c'est le mode d'app.irition de ces dénis; comme chacune d'elles peut avoir 0°',25 et O^jSO de longueur, il semble qu'elles ne puissent tenir toutes ensemble dans les mâchoires, et elles s'y succèdent peu à peu en poussant d'arrière en avant, de façon que l'animal n'en a que 2 on 3 en même temps de chaque côté d'une de ses mâchoires. M. Corse {Trans. philos., lîîiO, texte anglais) nous a appris que cette succession se répètejusqu'à huit fois dans VE. des hides, qu'il y a par conséquent 32 dents molaires qui occupent successivement les différentes parties des deux mâchoires. Les premières paraissent huit ou dix jours après la naissance, sont bien formées à six semaines et complètement sorties à trois mois; les secondes sont bien sorties à deux ans; les trBisièmes paraissent à cette époque et font tomber les secondes à six ans ; elles sont à leur tour poussées en avant et en dehors par les quatrièmes à neuf ans ; on ne connaît pas bien les époques d'apparitioji des cinq dents suivantes. Pendant que s'opèrent ces changements de molaires, les défenses de lait tombent et sont remplacées définitivement par celles que l'animal conserve toute sa vie.

La trompe des éléphants est une sorte de tuyau conique assez long pour toucher le sol de son extrémiié, l'animal étant debout, ce qui, dans certains individus, suppose 2 mètres à 2",50 de longueur. Ce tube musculeux est creusé intérieurement de deux canaux correspondant chacun à une narine ; à l'extrémité de la trompe se voit nettement leur cloison de séparation ; cette extrémité est formée par une sorte de bourrelet délicat, légèrement renflé, très-sensible, et qui, à la partie moyenne et supérieure, est pourvu d'un prolongement triangulaire, mobile et jouant le rôle d'une espèce de doigt. Cet instrument curieux permet à ce colosse animal d'exécuter b(!aucoup des mouvements dont la main seule de l'homme est ca- |iable et lui donne une adresse qui ne se retrouve guère que chez certains singes parmi les animaux. Ainsi on a 1)U voir des éléphants tourner des têtes d'écrou, ouvrir une porte avec une clef, retirer le bouchon d'une bouteille, dénouer une corde, etc. Cette adiosse singulière peut faire illusion sur l'intelligence des éléphants, et on a eu raison de mettre à néant bien des exagérations accréditées sur ce sujet ; mais il faut cependant reconnaître qu'un instrument aussi délicat iie peut être l'organe d'un animal stupide et brutal, comme l'ont écrit quelques auteurs en exagérant en sens contraire.

Tout le monde connaît d'ailleurs les formes peu agréables des éléphants; leur tronc court et ramassé, soidevé vers le dos en une voûte peu charnue, repose sur des jambes droites comme des piliers, dont les articulaiions se distinguent à peine et qui, amincies vers le milieu, s'appliquent sur le sol par une largo plante arrondie comme un moignon. Cette masse, plus élevée sur le train de devant que sur celui de derrière, supporte une tête énorme â saillies très-marquées et voilée de chaque côté par deux larges peaux échancrées, qui sont les oreilles. Cel'endaut, on aperçoit dans celte masse bizarrement in- Inruie deux petit» yeux noirs, brillants et assez expressifs. I. ouïe des éléphants est assez linc, mais leur odorat est

surtout exquis, et le même organe qui reçoit les émanations odorantes est aussi celui du toucher le plus délicat. Il ne faudrait pas croire cepenilant que la trompe soit le siège de ces deux sens et prendre à la lettre l'expression singulière de Buftbn, n L'éléphant a donc le nez dans la main ; n l'odorat a -on siège, comme chez les autres mammifères, dans les fosses nasnles osseuses, à la surface de la cloison qui les sépare du crâne (voyez /J^r. 901, cl. La trompe est un simple tube d'aspiration pour les effluves odorants, et comme ce tube a aussi d'autres fonctions à remplir, une disposition spéciale, fort bien indiquée par Boitard,le rend au besoin indépendant des véritables cavités olfactives, n Les tuyaux de la trompe, dans l'endroit oii ils touchrnt aux parois osseuses qui les terminent et qui renferment l'organe de l'odorat, sont munis chacun d'une valvule cartilagineuse et élastique (sorte de soupape organisée), que l'animal ouvre et ferme à sa volonté. S'agit-il de remplir sa trompe d'eau ; pour porter cette eau à sa bouche, après avoir respiré l'eau, il ferme ses valvules. S'agit-il de flairer la piste d'un chasseur ou d'employer de toute autre manière le sens de l'odorat; les valvules restent ouvertes. » La peau des éléphants a un aspect tout à fait remarquable et peu fait pour flatter l'ceil ; elle est dépourvue de poils et ne porte que des soies clair-scmées dans les rides, assez nombreuses aux cils des paupières, derrière la tête, dans les trous des oreilles, au dedans des cuisses et des jambes. La queue, courte et menue, est garnie à l'extrémité d'une houppe de très-grosses soies, semblables à des filets de corne noirs, luisants et très-résistants. Sur tout le corps à peu près, l'épidermeest dur, calleux, comme gercé et ressemble assez bien, comme ledit Buft'on, à l'écorce d'un vieux chêne. Il paraît, du reste, que cet épiderme exige un certain entretien pournepass'accumnlerenplaquesépaisses sur la peau ; dans l'état de nature, les éléphants se lavent très souvent et se couvrent ensuite de boue, de vase ou même de sablequ'ils répandent sur eux avec leur trompe. En captivité, ils ont besoin d'avoir de l'eau à leur disposition pour s'y plonger; dans les Indes, on prend soin de les frotter avec de l'huile et de les baigner régulièrement.

« Il résulte pour l'éléphant, dit Buffon, plusieurs inconvénients de sa conformation bizarre : il peut à peine tourner la tête; il ne peut se retourner lui-même, pour rétrograder, qu'eu faisant un circuit. Les chasseurs qui l'attaquent par derrière ou par le flanc évitent les effets de sa vengeance par des mouvements circulaires: ils ont le temps de lui porter de nouvelles .atteintes pendant qu'il

fait effort pour se tourner contre eux Il a le genou

comme l'homme et le pied aussi bas; mais ce pied, sans étendue, est aussi sans ressort et sans force, et le genou est dur et sans souplesse; cependant, tant que Télépliant est jeune et qu'il se porte bien, il le fléchit pour se coucîier, pour se laisser monter ou charger; mais dès qu'il est vieux ou malade, ce mouvement devient si difficile, qu'il aime mieux dormir debout et que, si on le fait coucher, il faut ensuite des machines pour le relever et le remettre en pied. Ses défenses, qui deviennent avec l'âge un poids énorme, fatiguent prodigieusement la tête et la tirent en bas; en sorte que l'animal est quelquefois obligé de faire des trous dans le mur de sa logo pour les soutenir et se soulager de leur poids. » Ces derniers faits, très-exacts d'ailleurs, ne s'observent que chez les éléphants captifs, privés d'un exercice suffisant, qui languissent incomplètement soignés dans les ménageries.

Les éléphants se nourrissent exclusivement de substances végétales ; ce sont des herbes, de jeunes pousses d'arbres et d'arbustes, des grains et des fruits. Ils en doivent consommer une quantité énorme, si l'on en juge par ce qu'ils mangent en captivité ; la ration quotidienne d'un éléphant d'.M'rique, qui vécut iV la Ménagerie de Versailles, de l(i08 â I()81, était, selon Buflon, do 3i à 10 kilogrammes de pain, environ 2s litres de potage contenant 2 kilogrammes do pain ou de riz cuit à l'erui, 12 litres devin, une gerbe do blé dont il mangeait le grain et jouait avec la paille. En comptant les rations de sept éléphants qui ont vécu au Muséum d'histoire naturelle de Paris, de 183G à ISG2, on voit que chacun d'eux recevait par jour : 3 à 4 bottes do foin et 4 à 5 bottes de paille; de 30 â 50 litres de son; 4 pains de 2 kilog. et souvent une dizaine do hottes de carottes. Il faut tijouter à cela tout ce que leur donne le public pendant tout le jour en été.

Tous ces aliments sont, comme les boissons, pris avec la trompe et portés par cUc dans la bouche ouverte jus-

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qu'à rentr(!e du gosier. On assure que les iSlépliants se montrent gourmands et gloutons ; ils paraissent prendre volontiers le goût des liqueurs fortes et s'y livrent, quand on le leur permet, jusqu'à s'enivrer. Adolphe Delegorgue rapporte mOme un fait remarquable, qu'il affirme n'avoir voulu croire qu'après en avoir été témoin ( Voyage dans l'Afrique australe, t. Ij : « L'éléphant, dit-il, a cela de commun avec l'homme, qu'il aime une légère inflammation du cerveau que lui procurent les fruits fermenlés par l'action du soleil : YOm-kouschlouùne et le Makano des Araazoulous. Ces fruits sauvages, qu'il abat avec sa trompe, acquièrent en quelques jours d'abandon sur la

terre les propriétés qu'il désire l'éléphant repasse

alors, les cherche un à un, les ramasse et les mange. » Leur jus fermenté, qui enivre l'homme, n'épargne pas l'éléphant et produit chez lui une ivresse passagère qui le rend très-dangereux pour l'homme niiilencontreusenient amené à troubler cette singulière orgie.

Malgré le passage de Buflbn que nous citions plus haut, il ne faut pas croire que les éléphants manquent d'agilité; ils ont un trot assez rapide et un cheval au galop les suit avec peine lorsqu'ils se hâtent ; leur allure habituelle est le pas. Leur marche est bruyante et laisse une large piste. Leur voix est un roulement grave, profond et très-sonore ; les anciens affirmaient qu'il pouvait pousser par la trompe un son rauque et lilé comme celui d'une trompette; mais les éléphimts font rarement entendre ce cri en captivité. Delegorgue en parle et le compare à un étonnant bruit d'orgues ; c'est en chassant dans l'Afrique australe des troupes d'éléphants sauvages qu'il a eu loccasion de l'entendre; pins d'une fois il a vu un de ces animaux avertir toute la troupe de la présence du chasseur par ces bruyants « sons de trompe. »

Les éléphants vivent dans les lieux humides et d'une végétation active ; comme ils se tiennent en troupes souvent nombreuses et consomment une grande quantité 'de noui riture, ils ont bientôt dévasté le pays oti ils s'étaient établis et il leur faut en changer. Leurs bandes sont conduites par quelque vieux niftle qui a sur ses compagnons un grand ascendant. Les femelles sont mêlées à la bande avec leurs petits. En p.irlant de chaque espèce, nous reviendrons un peu sur ce sujet et nous parlerons de leur reproduction.

Le trait le plus curieux pour le vulgaire,dans l'histoire de l'éléphant, est sans contredit son intelligence si vantée. Ce colosse, grave, lent et puissant, inspire l'idée d'une sagesse supérieure; l'aspect de son front large et fortement boiTibé lui en donne presque le signe extérieur. lVI;»is, d'une part, la lenteur des éléphants de nos ménageries est l'inertie mélancolique dti prisonnier inactif; d'une autre paît, leur front doit son ampleur aux énormes cellules situées dans les parois du crâne (voyez /i^. 90i,a), elnou au développement du cerveau qui, proportionnelle^ ment au corps, est beaucoup moins volumineux que celui de la plupart do nos animaux domestiques. Les anciens ont vanté avec raison la douceur des éléphants, la facilité avec laquelle on les apprivoise, r^ittacheineut qu'ils ont pour leur maître et leur ressentinn'nt pour les injures, toutes qualités que les éléphants possèdent en elVel, mais qui leur sont en grande partie commums avec le chien. Mais ils ont notablement exagéré leur intelligetice et souvent ils leur ont prêté les raisonnements les plus subtils et jns(|u'à des sentiments religieux, un culte des offrandes à la lune, l'adoration du soleil et des prières à la terre pendant leurs maUidies. Ils ont ;uissi supposé aux éléphants utie fidélité conjugale intiltérable, de la pudeur et une résistance invincible .'i se faire les ministres de l'injustice. Ce» exagérations ridicules, acci éditées par Pline, ont du reste leur origine dans les préjugés asiatiques. Les Malais désignent les éléphants par nu nom 3ui leur est commun avec l'homme et qui implique l'idée 'un être raisonnable. Les Indiens ont In prétention de pouvoir gouverner les éléphants en agissant sur leurs passions cooime on agit sur celles des hommes, et il n'est pas ju qu'à la coquetterie et à l'amour de la louange auxquels ils noie» aient crus sensibles. Beaucoup de voyageur» et mtmo de naturalistes, heureux d'avoir 4 parler d'fitros aussi mcrvcilloux, outtidupté trop facilement les récils mensdiigei-s ou exagérés qu'ils avaient recueillis, et longlcmp» I histoire de» éléiihiuits a tenu du romnn plu» que de la vérité.

L'ivoire de» éléplinuis a été connu bien avant que l'on »at de que;» animaux il provenait. Il en est plusieurs foi» question dans In llihie, où il est désigné sous le nom de aiasnhim {Ira /lo/v, liv. III, chap. x). Hérodote est le plus ancien des auteurs grec» qui nient (larlé des élé-

phants. Il les cite, ainsi que les lions et quelques autres animaux, parmi les productions de la Libye orientale; toutefois, ce ne fut guère qu'à l'époque d'Alexandre que les Européens eurent à leur égard des renseignements un peu exacts. Aristote parle longuement des éléphants, et ce qu'il en dit est, en général, fort exact ; il est certain, d'ailleurs qu'Alexandre eut des éléphants indiens à sa disposition. 11 les avait conquis sur le roi indien Porus, lorsqu'il le vainquit et le fit prisonnier, et ce fut Séleucus Nicator qui commanda le corps d'armée dont ces animaux firent partie. Plus tard, il en reçut luimême cinquante de Sandrocottns, lorsqu'il reconnut à ce dernier la possession du Pendjab et de quelques autres provinces indiennes que Sandrocottns avait soulevées après la mort d'Alexandre. Les Ptolémées, qui régnèrent sur l'Egypte après le démembrement de l'empire fondé par ce grand conquérant, possédèrent, comme les Séleucides, en Syrie, de nombreux éléphants, mais il parait que ce furent des éléphants de l'espèce africaine. Annibal conduisit de Cartilage en Europe, après la seconde guerre punique, un certain nombre d'éléphants et. pour les f;ùre parvenir en Italie, il leur fit traverser rEsp:igne et la Gaule luéridionale. Trois des /juarante éléphants qu'il possédât en quittant l'Espagne avaient péri lorsqu'il traversa le Rhône, et, suivant Polybe, les trente-sept qui lui restèrent moururent tous, à l'exception d'un seul, à la bataille de la Trébie, oii cependant Annibal fut vainqueur. Ces éléphants étaient des éléphants africains. De leur côté, les Romains avaient déjà possédé des éléphants asiatiques en r.in de Rome 47!) ('27.3 av. J.-C). Curius Dentatus, vainqueur de Pyrrhus, lui avait pris qu.itre de ces animaux, que Pyrrhus lui-même avait enlevés à Démétrius Poliorcète, roi de M;icédoine. C'étaient les premiers que l'on efit vus en Italie. Ils parurent au triomphe de Curius Dentatus.

Les Romains employèrent bientôt eux-mêmes des éléphants dans leurs armées on pour les divertissements publics de l'amphithéâtre. L'an 50? de Rome, dit Pline, on amena à Rome cent quarante-deux éléphants pris dans la bataille que Métellus gagna sur les C;irthaginois, et on leur fit passer le détroit sur des radeaux soutenus par des toimeaux vides; ils combattirent dans le cirque, et on les tua à coups de javelots. Pompée, Cés,ar et ses successeurs firent combattre ainsi devant le peuple des éléphants contre des bandes d'hommes armés. D'une autre part, les Romains .ivaient de ces animaux dans leurs guerres contre Persée, contre Antiochus et contre Jugurtha. Valère Maxime dit que, sous Septime Sévère, on en posséd;iit trois cents dans les armées de l'empire. Élien (liv. Il, chap. Xi), Coliimelle (liv. III, chap. viii) disent positiscmeiit que du temps du Néron on possédait à Rome d.s ('l/'|.li.Tiits nés dans cette ville en domesticité et qu'on IHiiiiuni (Ir leur jeune âge pour les dresser à mille tours iI';mIi.— r. L'riiipereur Gallien en posséda encore dix au nulieii du m' siècle. Tous ces éléphants étaient, sans aucun doute, tirés du nord de l'Afrique, et la preuve, c'est que les médailles romaines représentent totijours des éléphants africains , comme le montre la grandeur de leurs oreilles.

Pendant le moyen âge, l'Europe n'en eut qu'un trèspetit nombre. Le calife Haroun-.il-Rascliid, qui sollicitait l'alliance de Charlemagne, lui envoya un éléphant qui arriva à Pise en 801 et que l'on conduisit à Aix-I:i- Chapelle, oit il vécut jusqu'en 810. En V2T2, Frédéric II, de retour de la Terre-Sainte et après avoir conclu la paix avec le soudan d'figypte, ramena un éléphant, et saint Louis en eut un autre qu'il donna au roi d'Angleterre, Henri 111. Trois siècles après, lorsque les peuples do l'Europe occidentale, et en particulier les Portugais eurent établi des relations avec le Sénégal et la côte de Guinée, on revit l'éléphant en Europe. En LSli, Emmanuel, roi de Portugal, eu envoya un au pape Léon X. La France n'en reçut un qu'en 1(1(18; il avait été rapporté du Congo et oiïert à Louis XIV par le roi de Portugal. Depuis lors il en est venu dans plusieurs occasions, et rAiigletorro en a reçu plus fiéqucmmenl encore.

Depuis son institution, la méuagoiio du Muséum d'histoire naturelle de Paris a reçu six éléphants d'Asie (i m.Mes et 2 femelles); et 4 éléphants d'Afrique (2 mâles tout jeunes et 'i femelles). Elle en compte encore :ictuellement ."> vivants (3 .isiatiques, 2 africains). Celui de ces animaux qui a vécu le plus longtemps e.st une frmello d'Afrique donnée en 182.') par le vice-roi d'I^gvpte, morte en IK.ii.

La" grande force dos éléphant», leur intelligence, la facilité avec liu|uclle il» se prClcnt aux désirs de leur maitri

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en font dos animaux précieux dont les Indiens et les Européens établis dans l'Inde font usage dans beaucoup d'occasions. Les peuples africains de notre époque ne se servent point des éléphants comme le faisaient les Carthaginois et les anciens Égyptiens. Les nègres, les Cafres et les Hottentots ne chassent ces gigantesques animaux que pour se nourrir de leur chair, et surtout pour recueillir leurs défenses destinées au commerce de l'ivoire.

On admet maintenant trois espèces parmi les éléphants vivants qui nous sont connus.

§ 1. VÉ. des Indes ou É. d'Asie [E. indiens, Cuv.) se distingue par une tête oblongue, un front concave, relové et bombé des deux côtés ; des oreilles plus petites que dons l'espèce africaine; quatre sabots seulement aux pieds de derrière, qui néanmoins ont 5 doigts comme ceux de devant ; enfin des dents molaires dont la couronne présente des rubans transverses, ondoyants et festonnés sur leur contour et qui se composent à l'âge .adulte de vingt et quelques lames. Le squelette compte 19 côtes; 5 vertèbres sacrées et 34 caudales. La taille ordinaire est de 2™,"iO à 2"" ,50 pour les femelles et de 2",60 à 3 mètres pour les mâles (hauteur mesurée aux épaules^. La femelle a des défenses très-courtes; certains mâles leur ressemblent à cet égard et, dans les Indes, on les nomme mooknu, tandis qu'on nomme dnuntelah ceux qui ont de longues défenses. Les éléphants de cette espèce se trouvent dans

l'Inde continen- x,

taie, principalement dans le loyamnedeSiam, dans l'empire des Birmans, au Bengale et dans 1 Jndoustan. Il est probable que ceux de Sumatra et de Bornéo formnit une antre espèce, mais ceux de C( y Lan parai» ont identiques .\ ceux de l'Inde. Celte espèce est celle qu'Aristûte a con nue et obseivLC C'est aujoiiid liui la seule c|ui soit employée i 1 état domestique mais non pas exactement à la m mi ri des animaux qui p.irt.igeiit nostia vaux. Les tl phants que 1 i emploie aux lu I ont été pris nul m diK'llenient i 1 1, tat sauvage On a prétendu fort à tort que ces mi iuau\ refus m ut de se prnp ig r sous les yeux de l'hommeetqu une sorte de pudeur leur faisait redouter tout regard indiscret. C'est une erreur grossière. John Corse (pii, de l';!)2 à 17!)", dirigea, pour la Comp:iguie anglaise des ludos, la chasse aux éléphants dans le Bengale, s'est assuré que l'éléphant so leiirndtiit on captivité du moment ort on lui en laisse la liberté; il a observé la gestation de femelles domestiques et a constaté qu'elles portent pendant près de 21 mois («18 ft (120 jours) et ne donnent qu'un seul polit; celui-ci a 0'",9.^ à I mètre de hauteur en naissant, il a les yeux ouverts et marche aussitôt; sa croissance est lente et ne se termine guère qu'à 2'i ou 25 ans. Biiffon en a conclu que la vie des éléphants doit durer au moins 15(1 ans. Il Les éléphants, dit Aristnte, vivent, selon les uns, 200 ans, 120 ans scinn lesaiiins: la force de l'iige rat pour eux â liO ans. ,, ,M„j„s précis dans un autre pas- Slige, Il parle d'une Imigévilo prétondue de 200 ;i 300 ails; d autres auteurs ont été moins réservés ; Pliilosirate, entre aune», prétend que l'éléphant Ajax, qui avait oouibaitii

d.ins l'armée de Porns, vivait encore 400 ans après. Il jr a là une exagération à peu près incontestable. Dans nos ménageries, nous ne les conservons guère au delà d'une vingtaine d'.années; ceux qu'on nourrit dans l'Inde vivent beaucoup plus longtemps captifs, mais leur âge est rarement connu avec exactitude, de sorte que sur ce point on n'a aucun renseignement certain.

En captivité l'éléphant des Indes se montre assez doux, docile et même facile à intimider. On n'a jamais pu, malgré les efforts les plus persévérants, l'habituer à entendre la détonation d'une arme à feu sans prendre la fuite avec terreur, et à cause de cela les Indiens, dans les temps modernes, ont dû renoncer à employer dans les batailles ces gigantesques auxiliaires. Leur possession est néanmoins très-recherchée encore comme un des signes les plus apparents de puissance et de richesse; on installe sur leur dos une sorte de tourelle en forme de tente et les femmes y prennent place pour se promener sur cette puissante monture. Il faut, du reste, prendre l'habitude de son pas dur et saccadé pour ne pas le trouver fort désagréable; la meilleure place est sur la b.ase du cou. On a trop répandu dans le monde l'opinion que l'éléphant est un animal afl'ectueux, dévoué, capable de générosité, de fidélité, de rancune et de reconnaissance. Pour quelques faits qui peuvent faire supposer des sentiments de ce genre, on eu citerait mille autres qui en démontrent l'absence habituelle. Il est bien vrai que l'éléphant s'accoutume i».

obéir à sou cornac ou conducteiir(iiommédaus 1 Inde mahoud), qu'il p.arvient à deviner ce que lui dit celui-ci et à exécuter avec adresse ses ordres habituels; m.ais il n'aime jamais assez ce conducteur pour ne pas épier t mtcs les occasions deretourner da.ns les bois même après de longues années do domesticité. Eu marche , l'éléphant doit toujours avoir son 'la/ioud s^^ï^\e cou <* pour le maintenir , t le gouverner, ' te que celui-ci fait „ avec une vergo ,arnie à son extrémité d'un fer pointu et d'un rochet, au moyen duquel il le pique sur la tète et lui tue une des oreilles do diverses manières. L'amour maternel ne saurait mjme a:ri,'< in.i ■«. rfincUi). tacher ;issoz les

éléphants pour les empêcher de fuir. Du reste, une fois de retour dans les bois, ils ne savent pas reconnaître les pièges employés une première fois à les prendre et y rolombont aussi' facilomeiit; quelquefois, il a sufti de la voi\ iinp^riiMis.- do leur cornac entendue à travers le bois pour los miiiniilor et les faire revenir auprès de lui, mêmeapris il.'ux on trois mois de liberté. L'éléphant est sujet à queli]ues accès de colère sous l'empire d'un mauvais traitement ou d'une soiiIVrance aiguë, et sa force le rend alors terrible; mais il ledovieut proni|)iement calme et inoflensif, comme ill'esi d'habitude. On lui apprend à s'tigonouiller sur un goste de son cornac, à se charger lui-niêine avec sa trompe des objets qu'il doit porter sur son dos, enfin il aide luimême sou condiirtoiir à uionler sur son con, en pliant un de ses pieds do devant pour lui servir coininc d'échelon. Il est d'ai lieu l'scjipahie de remplir un service régulier do transports ou de travaux plus ou moins analogues et de comprendre d'une façon étonnante la voix ,accomp;i-

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cnée de certains gestes. On s'est assuré an Muséum de Paris que cet animal prend plaisir à entcjidre la musique, mais, comme on l'a vu plus haut, le bruit, la flamme l'épouvantent. . , ,

Les Indiens voient dans 1 élepliant un animal sacre, dans lequel a passé l'âme de quelque grand prince trépassé; les plus vénérés sont les éléphants blancs, variété de l'espèce ordinaire, mais que leur rareté fait regarder comme renfermant l'âme d'un grand roi. « Le roi de Siam, dit Durooiit d'Urville en \SM) {Voynç/e pittoresque autour du monde), était alors possesseur de six éléphants blancs, nombre inouï dans les annales de la contrée et regardé comme d'un favorable augure pour la prospérité de son règne. Nous en vîmes quatre, les deux autres étant de trop capricieuse nature pour Cire visités sans péril. Ces animaux avaient la robe vraiment blanche, sauf quelques places couloir de chair dans les endroits où le poil était tombé. Nul indice ne témoignait que cette blancheur fût une maladie ; leur taille variait de (i à 9 pieds (2 à 3 mètres). Leur généalogie, soigneusement constatée, les faisait originaires du royaume de Laos. Chacun de ces éléphants a une étable séparée, avec dix "ardiens pour son service. Les défenses des mâles sont Garnies de clochettes d'or, une chaîne à mailles d'or leur couvre aussi le sommet de la lÈte, et un petit coussin de velours brodé est fixé sur leur dos. »

Parmi les éléphants ordinaires, on vante surtout ceux de Ceylan et de la Cochinchine. Ils servent aux Indes à transporter du bois, des fardeaux très-pesants, de l'artillerie en temps de guerre. Quelquefois on les attelle à dos voitures au moyen d'une corde passée autour du cou et à laquelle s'attaclie de chaque côté une autre corde formant trait. Un éléphant, dont Buffon évalue approximativement le poids à 4 OdO kilogrammes, peut porter de I 500 à 2 000 kilogrammes; avec sa trompe il enlève sans peine un poids de 150 kilogrammes pour le placer sur son dos. Il peut faire deSO à lOo kilom. (20 à 26 lieues) par jour etjusqu'à IW à IGO kilom. lorsqu'on le presse On estime que cet animal fait le service d'environ six chevaux ; mais sa structure et sa niasse rendent sa force difficile à utihser, et on porte à 7 ou s francs par jour la dépense de sa nourriture. Le prix d'un éléphant apprivoisé varie sur les marchés de l'Inde de 1000 à :, 000 francs, selon la taille, la beauté, le bon état de la queue, des oreilles et des ongles.

On distingue aux Indes une variété dont le? mâles ont de grandes défenses et que l'on nomme dmmteiah (de daund, dent) et une autre variété nommée nwohim, dont les mâles n'ont que de très-petites défenses, comme les femelles.

La chasse aux éléphants se fait en Asie de différentes manières suivant les contrées, mais tous les procédés se rapportent à deux méthodes générales déjà décrites dans les auteurs grecs et latins. Tantôt on entreprend cette chasse avec plusieurs centaines d'hommes et quelques éléphants privés. On forme avec les traqueurs un vaste cercle qui circonscrit la troupe et l:i pousse en l'effrayant par des cris, du bruit et des flambeaux vers une enceinte de pieux (nommée keddalt) qui va en se rétrécissant peu à peu jusqu'à ne plus admettre qu'un éléphant de front sans qu'il puisse se retourner pour en sortir. Celte sorte de couloir est fort long, puisqu'on en peut prendre souvent une centaine et plus en une même chasse. A son issue, l'on place un ou deux éléphants privés qui successivement prennent avec eux et maintiennent chaque éléphant sauvage. La seconde méthode consiste à s'emparer . isolément de l'éléphant, soit avec un nœud coulant adroitenienl passé à un de ses pieds, soit en l'attirant au moyen d'une femelle apprivoisée. En toutca'i,dc quelque manière que l'éléphant ait été pris, l'éducation ne dure pas très-longtemps; familiarisés après quelques jours, les nouveaux captifs sont dressés au bout de six mois.

§ 2. On u pensé, dans ces deniieis temps, que les éléphants de Sumatra, qui ont vingt vertèbiis dorsales nu lieu de dix-neuf et quatre vertèbres sacrées au lieu do cinq, formaient une espèce ù part, et Teuiniinck a donné à cette e9p<-ce le nom d'IUeplias !^iiiualrauus. Leurs dent» présentent des rubans uiialogucs à ceux do l'éléphant des Indes, mais un peu inuiiis étroits.

§ 3. VÉ.d'Afritfuetli. A/ncii„us,C»'/.) so distingue par sa tête ronde, son front convexe, ses priiiides breilles couvrant une partie de l'ipaule, ses dent» molaires composées de lamelles moins nombrousc» cl piéseiilaiit sur leur couronne, au lieu de rubans Iransvorses, des ligures en forme de losangi's. Se» défenses sont généralement beaucoup plus grandes dans les doux sexes qu'on ne le

voit chez l'espèce indienne; aussi l'éléph-int d'Afrique est-il spécialement chassé pour le commerce de l'ivoire. Souvent on ne lui trouve que trois sabots aux pieds de derrière. Son squelette possède 21 côtes, 4 vertèbres sacrées et 2(i caudales. Sa peau est d'un ton foncé noirâtre. Sa taille paraît varier selon les contrées. Les anciens s'accordent tous à représenter les éléph.ints de Libye (Afrique barbaresque) comme moins forts et moins gros que ceux de l'Inde ; les modernes, en observant les éléphants d'Abyssinie, du Sénégal, du Congo, ont confirmé cette observation ; mais ceux de l'Afrique australe se sont montrés, au contraire, de plus grande taille, comme en témoignent plusieurs voyageurs et en particulier Delegorgue. L'éléphant d'Afrique, selon lui, l'emporte sur l'asiatique par ses formes plus dégagées, par ses 12 pieds (4 mètres) de hauteur, par ses redoutables défenses et par son pas plus large. Il importe d'ajouter qu'ayant tué près d'une cinquantaine de ces animaux au pays des Cafres,Delegorgueen avait souvent mesuré les dimensions. Depuis plus de quinze siècles l'éléphant d'Afrique a cessé d'être réduit en captivité par aucun peuple ; il a même disparu de l'Afrique septentrionale. Dans les autres parties de ce vaste continent, il n'est chassé que pour l'ivoire de ses défenses ; beaucoup de souverains nègres se réservent le monopole du commerce de cette riche matière. On a prétendu, sans aucune raison, que cette espèce était indomptable; il est cependant bien établi •que les Carthaginois et les Romains ont asservi ceux des côtes barbaresques, comme les Indiens asservissent les leurs, et, d'un autre côté, dans nos ménageries, les éléphants d'Afrique qu'on a possédés se sont toujours montrés plus doux et moins irritables que ceux de l'Asie. Le voyageur Levaillant ( (o^aje rfn'is l'intérieur de l'Afrique\ a chassé l'éléphant dans l'Afrique australe et a donné quelques détuils intéressants sur cette espèce; mais c'est d.ans la relation d'Ad. Delegorgue qu'on trouvera les plus curieuses observations sur le caractère et les mœurs de l'éléphant d'Afrique qu'il a chassé (I83t;-isi4) dans le pays de Natal. Ne pouvant étendre devantage un article déjà si long, nous renvoyons le lecteur curieux aux récits profondément originaux du chasseur. Il a rencontré quelquefois l'éléphant isolé, mais le plus souvent par troupes de trois, sept, quinze, trente, cinquante, quatre-vingts.voire même de plusie«rs centaines; il décrit ainsi la fuite désordonnée d'une troupe qui a essuyé le feu du chasseur : « La masse s'ébranle au son de la trompe et présente un lai'ge front où chacun se presse et marche comme si la foule le poussait. Les défenses se heurtent et résonnent, riche bruit d'ivoire qui tente, armes terribles qui eftrayent. La poussière se soulève en nuages impénétrables à l'oeil ; les taillis sont piétines comme de l'herbe menue ; tout est couché : l'escadron unit tout... Un arbre sain et solide, à toutes branches, de 60 pieds (20 mètres) de haut, de 9 pieds (3 mètres) de circonférence, brisé aussi nettement qu'une canne sur le genou d'un homme, voilà ce qiiHJ'ai vu! C'était l'ouvrage d'un ou detrois éléphants; que l'on juge maintenant de leur force collective. Rien au monde ne saurait donner une idée du tableau de destruction qui s'offre après la retraite hâtée d'une troupe d'éléphants Dix ans, vingt ans ensuite, la nature n'a pas encore réparé tout le dégât ; des troncs renversés tous dans le môme sens attestent encore le trajet du bataillon monstre, et les jeunes arbres devenus grands portent la trace de la courbure qui leur fit de la tôte toucher la terre.» Eli bien ! une pareille masse rebrousse chemin ou se détourne sià soixante pasdevant elle se présente un seul homme agitant avec des cris un bouclier retentissant ou tirant un coup de fusil. On peut traquer ainsi ces animaux sansdifliculté, les pousser de tel ou tel côté, les diviser peu à peu ; ces mouvements rapides et répétés écliaufTout autant les chasseurs que leur monstrueux gibier ; mais les éléphants ont pour se rafraîchir une curieuse ressource. « Au besoin, dit Delegorgue comme témoin oculaire, lorsque la chaleur les accable, ils se pressent les uns contre les autres pour recueillir l'eau que l'un d'eux fait sortir d'une poche de son estomac et qu'il lance en l'air avec sa trompe. • Un autre fait vu par Delegorgue,c'est Il protection donnée par les nièresà leur petit, lorsque la troupe fuît un danger. « Entre les qua're pieds de l'éli^pliaiile, sous olle-mènie, sous co dôme maternel, courait le ji:uu<>, dont les pas inceriains étaient guidés par sa mère. La trompe de celle-ci, passée sous son poitrail, s'unissait à celle de son petit et la dirigeait comme la main d'une femme conduisant son enfant. » Quant à l'agilité de l'éléphant, voici ce qu'en dit le mémo obsi'rya-

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teur : « L'éléphant n'a non-seulement aucune peine à se relever de terre, mais encore le fait-il avec la plus grande facilité, quand il s'est vautré dans ces bourbiers si fréquents dans les forêts, où il laisse sa colossale empreinte ; et, sans aucun doute, si l'animal devait craindre une chute faute de pouvoir aisément se relever, on ne le verrait pas s'exposer à descendre des pentes d'une forte inclinaison, sablonneuses, de 80 pieds (25 mètres environ) de haut, glissant sur ses pieds qui, raides et immobiles, tracent un large sillon comme une voiture enrayée. »

Les défenses seules fournissent l'ivoire à l'industrie; les uues sont droites, les autres plus ou moins courbées; les plus longues qu'ait vues Delegorgue mesuraient 2", 15 suivant la courbure et pesaient (iO kilogrammes chacune. Levaillanten a eu qui pesaient chacune jusqu'à 80 kilogrammes ; la longueur moyenne est de I mètre environ et le poids moyen de 9 kilogrammes. L'ivoire des femelles est plus dense et comme tel plus esiinié que celui des mâles ; il ne jaunit p.ts si promptement ; mais le poids d'une défense de femelle n'excède jamais 15 kilogrammes, souvent il atteint à peine 7 ou 8 kilogrammes. Les Cafres se livrent à la chasse aux éléphants en véritables armées dont l'ensemble peut monter jusqu'à 15 000 et 20000 réunis solenuellemeut dans ce but. C'est alors une véritable battue exercée sur toute une forêt que l'on cerne entièrement ; le cercle se resserre peu -à peu, et enfin on en vient à une mêlée, u Les animaux, dit Delegorgue, surpris par tant d'ennemis, se débandaient, et quelque grand mâle s'écartant, les guerriers l'entouraient et le perçaient de mille coups. Furieuse, la bèie se retournait, chargeait, renversait, brisait et lançait en l'air hommes, boucliers, javelots. A l'un succédait l'autre, tous des plus braves ; dix, vingt, cent hommes quelquefois étaient ainsi traités. » Le Boschjesman procède à moins de frais ; rampant comme un serpent et muni d'armes empoisonnées, il arrive inaperçu jusque sur les talons du colosse, se dresse alors et plante son arme envenimée au ventre, à l'aine ou simplement àlajambe, puis il s'esquive, et quelques heures après sa victime a succombé au poison. Les colons hollandais chassent l'éléphant au fusil ou à l'aide de chausses-trapes, de pièges de divers genres. Un dernier fait est signalé par Delegorgue, qui l'avait constaté trois fois pur lui-même. Si, dans la fuite d'une troupe, un élé-

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phanteau tout jeune est abandonné par sa mère, on voit le pauvre anim.tl tourner, s'agiter avec inquiétude pour la chercher. Un des chas-eurs parvient-il à lui couper la retraite, il n'a qu'à s'approcher, au risque d'être culbuté d'un coup de tête, et si, après s'être passé la main sur le front inondi' de sueur, il en frotte le bout de la trompe de l'eléphautcau, celni-ci, calmé aussitôt et trompé sans doute par l'odeur, suit obstinément le chasseur comme il aurait suivi sa mère, et on est assuré dès lors de sa possession. La chair du jeune éléphant ressemble à celle du veau ; toutes les parties sont bonnes, mais les pieds ofl'rent surtout un mets exquis. La chair des éléphants adultes est très-grossière, très-coriace et peu mangeable pour un Européen ; les morceaux de trompe donnent un excellent bouillon. Quant à la peau de l'éléphant d'Afrique, c'est un cuir ridé, inégal, spongieux et peu solide qui n'est guère d'aucun usage.

ÉLÉPHANTS FOSSILES (Géologie). — On trouve en Europe et dans le nord de l'Asie un grand nombre de débris d'éléphants fossiles qui appartiennent à une ou à plusieurs espèces perdues. Pendant longtemps ces ossements ont été attribués à des hommes, à des géants des temps héroïques, et l'on a ainsi trouvé des os d'éléphants suspendus dans les églises comme des reliques de cegenre; ces fables n'ont cédé que peu à peu à une connaissance plus exacte des faits. G. Cuvier {Ossements fossiles) a fait une longue et minutieuse étude des débris de ce genre. 11 a reconnu qu'on trouvait abondamment des ossements d'éléphants fossiles dans toutes les parties de l'Italie, en Grèce, sur presque tous les points de la France, dans toute la vallée du Rhin, par toute l'Allemagne, dans les îles Britanniques, en Scandinavie, etia Russie européenne et asiatique en est véritablement couverte. L'abondance inexplicabledesdents d'éléphants fossiles dans la Sibérie a même accrédité chez le vulgaire la fable du mammout ou mammouth, animal souterrain, ne pouvant impunément voir le jour et dont ces dents seraient les cornes. Elles y sont d'ailleurs activement recherchées et sont l'objet d'un commerce important (voyez Ivoihe). Cette fable est corroborée par la découverte dans ces pays glacés d'os d'éléphants conservant encore quelques lambeaux de chair et même d'un de ces animaux entier, chair, cuir et poil, échoué dans une montagne de glace, en 1799, sur les bords de la mer

Fig. 90e. — Squelette d'éléphinl dit miiumoulh.

Glaciaie, près de l'embouchure de la Lena; après cinq innées, la glace fondue peu à peu laissa voir un éléphant couvert de crins noii-s longs de 0">,10 à O",!» et d'une laine roug'itre extrêmement abondante. Celle étonnanic découverte s'est renouvelée vers 18 iS. On conserve an musée de Saint Pétersbourg le squeleitede 1799, qui porte encore desséchées une partie dos chairs de la tête, niuis qui a perdu les doigts des pieds; nous en don-

nons ici une figure où l'on pourra admirer l'énorme proporlion et l'élégante courbure des défenses. Les parties de l'Afrique et de l'Asie tropicale qu'on a pu explorer ont également fourni des ossements fossiles de ce genre; enfin on en a trouvé aussi en Amérique. Ces ossements si nombreux se rapportent surtout à une espèce détruite aujourd'hui, plus voisine de l'éléphant des Indes que de l'espèce africaine, et que Cuvier a nommée, d'après Blu-

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menbach, Mammouth ou E/ephas pnmirjeiitus. Cette espèce vOtue d'une laine épaisse, pouvait sans doute habiter les régions froides. On a, d'après l'étude des ossements fossiles, admis encore sept ou neuf espèces encore fort contestées aujourd'hui. Les débris fossiles d'éléphants se rencontrent dans les couches des terrains de l'époque pliocène, qui a immédiatement précédé l'époque géologique actuelle ; les pins anciens se trouvent en Europe et aux Indes dans les couches de l'épo(|ue miocène. P. G. et Ad. F.

ÉLÉPHANTI ASIS (Médecine), du grec e/ep/ias, elephanios, éléph.inl, parce que, dans la maladie de ce nom, la peau offre quelqiif ressemblance avec la peau de l'éléphant. — Les médecins grecs ont d'abord donné ce nom à une espèce de lèpre, caractérisée par des tubercules durs, proéminents, par la chute des poils, la diminution, souvent l'abolition de la sensibilité dans les parties de la peau affectées ; celle-ci devient rude, épaisse, rugueuse comme celle de l'éléphant. Plus tard, les médecins aiabes ont aussi désigné sous ce nom une maladie remarquable par un gonflement de la peau, dû à l'inflammation des vaisseaux et des ganglions lymphatiques et du tissu cellulaire sous-cutané, accompagné de douleur, rougeur, tuméfaction permanente devenant de plus en plus considérable. De là. deux maladies distinctes décrites par les modernes : VÉ. des Grecs et l'E. des Arabes.

§ 1. Èléiihantiaiis des Grecs. — Cette affection, que quelques auteurs regardent comme le tsanWi des Hébreux, nommée aussi lèpre tuberculeuse, léonlimis, suti/riasis, mat rouye de Cayenne, parait Stre originaire de l'Egypte. Lucrèce, dans le tableau qu'il a tracé avec tant d'énergie des ravages de cette cruelle maladie, ditqu'elle n'existe nulle part ailleurs que dans le centre de l'Egypte,

auprès du t\i\ {firo/iler flumina Nili iieqiie prœterea

nsquam), et il entend bien parler de l'éléphantiasis, qu'il nomme e/ephas niorbus, et non pas d'u[ie antre espèce de lèpre que l'on savait parfaitement exister chez les Hébreux de temps inmiémorial, comme on le verra à l'article LiiPRE. Arétée de Cappadoce, qui fut peut être contemporain de Lucrèce, lui donne le nom li'e'léphanfiasis, et deux cents ans après, Lactance parle des leprosi, des elepliaiiliuci. Cette maladie a été aussi appelée Imntiasis, parce que, dans certains cas, la peau du front, épaissie et ridée, les lèvres déformées, les oreilles et les narines développées outre mesure, donnent à la physionomie un aspect léonin. Le nom de satyririsis vient probablement de la ressemblance que l'on a cru trouver avec la ligure des satyres de la Fable, ou peut-être encore avec l'espèce de singe nommée en grec Sali/ros. On trouve eu effet dans Arislote la désignation d'une m.iladie dans laquelle le faciès parait prendre la ressemblance d'un autre animal et d'un satyre (sn(î/)-ian) (voyez Denenerid.Jib.lV, ch. m;, linfin, cinq cents ans plus tard, Galien la désigne sous le nom de salynasmos. Nous avons des doutes sur l'existence de cette espèce do lèpre chez les Hébreux ; mais il est certain qu'elle se répandit dans les pays occidentaux avec les autres variétés de cette maladie et qu'elle exerça des ravages au moyen âge et jusqu'à la suppression des léproseries ou maladrcries. Elle envahit aussi l'Ecosse, la Nonvége, jusqu'au pays d'Astracaii, et dans le Nord on lui donna le nom de lèpre arclù/iie. 11 paraît I) 1 11 aussi que la maladie décrite en Norwége par MM.Dai.irN-iii et Bœck est véritablement l'éléplianiiasis des (iri'cs. Du resio, il règne une grande confusion dans l'histoire de la lèpre et de l'éléphantiasis, celli' confusion que nous avons déjà signalée à propos des Hébi-cux, se reirome au moyen âge dans nos pays de l'Occidont ; toutefois, il parailhors de doute que la maladie élépliantiaipie était rare dans les nombreuses léproseries (|ui existaient en France ù cette époque. Auj"urd'hui, on en trouve quelques las dans les pays tropicaux, aux Aiililles, à Cayenne, où elle porte le nom de mal ruuye de Cnj/enue ; mais en France, on ne l'observe guère que chez des malades qui l'ont apportée des pays où elle est répandue; elle pariill donc conccntiée principalement dans sa patrie prinillivc.

VÉ. des Grecs e.st caractérisé par l'apparition do taches rouge cramoisi ou fauve, accompagnées de l'insensibilité de la partie de» téguments sur laquelle elles se développent, quelipicfois, mais rarement, la sensibilité y est exaltée ;par(le» tubercules proéminents, irrégniiers, d'une grosseur variable depuis cille d'un petit pois jusqu'à une noix cl même un ojnf de poule, couleur fauve ou pourpre, faciles à inoluxcr ; plus tard, pur des ulcérations, des destructions de parties plus ou moins coiisidéiabli». Cette maladie se piésenlc sous plusieurs osiiccts dillérenls qui

n'avalent pas été bien étudiés jusqu'à ces derniers temps, où Biet proposa d'en distinguer deux variétés: cette division généralement adoptée et principalement par MM.Cazenave et Schedel, constitue VÉ. des Grecs tuberculeux et VÉ. des Grecs non tuberculeux. La première est à peu de chose près celle que nous avons présentée plus haut et dont la plus haute et dernière expression est la destruction des muscles, la nécrose des os, la gangrène partielle des membres, la séparation des doigts, des orteils, etc. Dans la seconde variété, il y a absence préalable de tubercules, partielle ou générale; ce dernier cas a été observé surtout par MM. Danielssen et Bœck dans la spedalskhed ou éléphantiasis de Norwége, et par M. le docteur Faivre au Brésil, où la maladie porte le nom de morphée. Cette variété, du reste, est beaucoup plus rare que l'autre. La durée de l'éléphantiasis des Grecs est à peu près indéterminée.

La maladie qui nous occupe se développe le plus souvent sous l'influence des températures extrêmes; mais elle paraît surtout déterminée par la négligence des soins de propreté, la mauvaise nourriture, les habitations malsaines : voilà pourquoi elle a toujours reculé devant les progrès de la civilisation. Elle paraît héréditaire dans certaines familles, mais non contagieuse; elle est endémique en Egypte et dans quelques auti-es contrées. Le traitement opposé à celte terrible maladie a été le plus souvent inefficace ; on a préconisé tour à tour l'ellébore noir, le mercure, l'arsenic, enfin, dans ces derniers temps, l'iode, puis les bains, d'abord ceux que l'on conseille généralement dans les maladies de la peau, ceux de l'eau du Jourdain, puis les bains mercuriaux; dans l'antiquité, on avait même recommandé les bains de sang, et surtout ceux de sang humain. Un régime très-sévère, les émollients, les mncilagineux, l'opium, seront aussi employés de temps en temps pour calmer l'irritation momentanée produite par une médication énergique.

§ '2. É/eplin/iliasis des Arabes. — Connue aussi sous les noms de iiiii/ndie ç/huidulaire des harliades, jambe des Barbadfs, è/ephiiiitiasis tubéreux,dal-fiHm'Ald.à\e de l'éléphant) des peuples orientaux, cette maladie avait à peine été .signalée au x" siècle par lemédecin arabe Razès quiavait cherchéàlaséparer de l'éléiihantiasis des Grecs. Après cetteépoque,confondue pendant longtemps soitavec la lèpre, soit avec l'éléphantiasis des Grecs, ce n'est que dans le siècle dernier qu'elle a été bien étudiée aux Barbades par Hillary et Hendy, qui lui donnèrent le nom de maladie glandulaire des Barbades, et plus tard par Alard dans un travail plein de recherches savantes publié d'abord en 180G,puisunesecondefoisen 1824. Enfin, ledocteur Louis Valentin a enrichi la science et éclairé l'histoire de cette cruelle maladie par un certain nombre d'observations faites surtout en Provence, à Vitroles, aux Martigues, près de Marseille, à Nice, etc. (voyez Dictionnaire des sciences médicales , article Éi.éph*ntiasis). Cette mal.adie, qui a été, comme on le voit, observée en France, où on en trouve même aujourd'hui quelques exemples, est encoreendémique dans quelques vallées du Piémont (vallée d'Aost); mais elle sévit particulièrement en Egypte, sur la côte de Malabar, à Ceylan, au Japon, aux Barbades, à Bourbon, etc. Elle est caractérisée par une tuméfaction plus ou moins considérable de la peau et du tissu cellulaire, causée par l'inflammation des lymphatiques cutanés. La maladie peut se développer sur toutes les parties du corps, mais c'est aux membres, et surtout aux membres inférieurs, qu'on l'observe plus particulièrement, le plus souvent d'un seul cûté. Elle débute ordinaiiemflut d'uiio manière insidieuse par des symptômes légi'is et peu graves; c'est ou un érysipèle fugace, des fr.ssoiis, des envies do vomii ; ce dernier symptùnie a une imporlance réelle pour certains observateurs; une espèce de corde noueuse, tendue, douloureuse, rouge. Iti long des membres; puis ces petits accidents s'apaisent pour revenir au bout de quelques mois plus forts, plus longs, et cha(|ue accès laissant le membre empâté ; enfin, au bout de (|uolqucs ;iniiées, ils se rapprochent et le gonflement devient permanent, peut afl'ecler les formes les plus bizarre» et acquérir un développement énorme qui quelquefois se complique de crevasses, de gerçures. La sensibilité est plus obtuse, mais rarement elle est abolie dans les parties alfertées. Cette nniladie attaque les deux hc\rs, 1 II.- ii'e^i pas luntagieuse et ne parait pas liérédi-

taii.-, ,1 I i:iiii I.. Valenliii cite des faiis iiui doivent

au iiiMin . III piii'i' drs d'il tes. ludépeiidannnent delà

j malpiiipii lé, lie riiabilation dans les lieux bas, humides

et chaud-, de In mauvaise nourriture, etc., le froid subit

et intense peut jouer un certain lole comme cause. Alaid

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ÉLI

avait t'mis l'opinion que cette maladie était duc à l'inllamination des vaisseaux et des ganglions lympliatifiues cutanés (Histoire d'une mnlmlic pnrtiriitière au si/stihnc /ymphatiqiic, in-8. Paris, ISiiO). Cette opinion, adoptée l)ar M. Rayer, admise aussi par M. Cazenave, est mise en doute par M. le prof. Grisole. « Elle n'a encore en sa faveur, Jit-il, aucune preuve anatoniique certaine. L'é!éphantiasis consiste pour nous en une perversion de la nutrition dont la cause est encore inconnue. » Le pronostic est toujours fâcheux ; bien que cette maladie entraîne rarement la mort et qu'elle n'altère pas, en général, d'une manière grave les fonctions de la nutrition, elle n'en constitue pas moins une infirmité incommode et de longue durée, presque toujours rebutante et dont la guérison est excessivement rare.

Le traitement antiphlogisiique aeu de bons résultats, an début de la maladie surtout, entre les mains de Hendy; il préfère les saignées locales aux saignées générales ; on aura recours aux applications éninlliente-s, narcotiques. Le môme médecin a calmé les envies de vomir avec l'oxyde de zincsubliméàla dosedeO,B'30 à Oe',40 par jour. Les premiers accidents inflammatoires une fois calmés, on appliquera un bandage compressif; cette pratique est trèssouventefficace -, on yjoindra quelques topiques légùrement répercussifs, tel que l'acétate de plomb;ces moyens seront aidés par le repos, au lit si la maladie siège aux jambes. Si la maladie est ancienne, il reste bien peu de chances de succès, et l'amputation même, pratiquée quelquefois sur les instantes prières des malades qui voulaient être débarrassés à tout prix du poids incommode qui les fatiguait, l'amputation, disons-nous, n'a procuré qu'un soulagement momentané, la maladie reparaissant bientôt sur d'autres parties du corps. F — N.

ELEUSINE (Botanique), Gasrtn., de E/eusis, ville d'Attique, où Cérès était adorée : allusion aux propriétés alimentaires de la plante. — Genre de plantes Monocoly/édones péril fjermées , de la famille des Gramine'es, tribu des Cliloride'es. Caractères : épis digités, fascicules ; épillets sessiles à 2 ou un plus grand nombre de fleurs ; glumes et glumelles sans arête: graine libre à la maturité et lidée en travei-s. Les plantes de ce genre sont des herbes annuelles à feuilles planes. Elles liabitent les régions tropicales. VE. coraraniË. coractinn, Gaertn.) s'élève souvent à plus d'un mètre. Elle est très-répandue par la culture datis l'Inde et le Japon. Sa fécondité est extraordinaire. On a vu cette espèce produire 500 pour un. Son fourrage et son grain rendent de grands services, ainsi que ceux de \'E. stricto, Gasrtn., et VE. tocw^so, Fresen, qu'on cultive en Afrique. {L'E.d'Egi/pte. — Dactyloctenium cegyptiacum, Willd.; Cynosurus œyyptiiis. Lin.) fait partie du genre Dnclyloctcne. C'est une plante dont la tige, la racine et les graines sont très-préconisées dans la médecine africaine.

ELEUÏHÉIUTKS (Zoologie). — Ordre de la classe des /nsec/eï, établi par Fabricius dans son Système entoinologique, qu'il caractérise par : mâchoire nue, libre, portant des palpes, ce qui peut s'appli(|uer à tous les insectes màcheurs. Cet ordre correspond à celui des Cnlhqit res, adopté par tous les entomologistes.

ÉLEVAGE (Zootechnie, Agriculture), du motéicver. — On nomme ainsi les diverses pratii|ues suivies pour élevernosdiversanimauxdomi'sti(|ues, quadrupèdes, oiseaux, insectes, etc. Il est impossible de traiter dans un même article une matière aussi variée. Le lecieur voudra bien chercher au nom de chaque espèce et au mot RiCES les indications concernant l'élevage.

ÉLÉVATEURS (Mi'sci.Es) (Anatomie). — Muscles destinés \ élever une partie quelconque du corps. Ce nom a été plus particulièrement donné à quelques muscles de la face : 1° E. de t œil; c'est le droit supérieur de l'œil fvoyoz DnoiT).2° E.dela pinipi"resupiirirure[itrliito-p(iti>f''- //(«/, Chaus;.). situé à la pai'tiesupérieurcde l'orbite, s'étend de la gaine méningienne du nerf optique au bord supériiHirdu cartilage tarse de la paupièic supérieure. A" E, commun de In lèvre supérieure et de l'aile du nez [grand sus-ntaxillii-tat/ial, Chauss.); sur les côtés du nez, il va do l'apophyse montante de l'os maxillaire aux cartilages de l'aile du nez et à la peau de la lèvre supérieure. 4" E. propre de la lèvre supérieure {Moyen sus-maxillo-laéia,',Oiiauss. ) ; dans l'épaisseur de la joue, il s'élend de la partie inférieure de la base de l'orbite à la peau de la lèvre supérieure. Le nom et la situation de ces muscles indiquent leurs fonctions.

ÉLÉVATION (Géométrie).— Projection verticale d'une n*chino ou d'un bàiiment sur un p!an vertical qui ne coupe pas l'objet que l'on veut représenter.

ELEVATOIRE (Chirurgie). — Instrument destiné à relever les os. On se sert particulièrement de l'élévatoire pour faire cesser la compression que les os du crâne brisés et enfoncés déterminent sur les méninges et sur le cerveau. On l'emploie aussi pour soulever et extraire le disque osseux détaché par la couronne du trépan dans l'opération de ce nom. L'élévatoire de J. L Petit, modilié par Louis, est le plus généralement employé.

ELEVURE (Médecine). — Nom vulgaire par lequel on désigne quelquefois les différents exanthèmes de la peau, pustules, papules, vésicules, tubercules miliaires. Ce mot, n'olîrant aucun sens rigoureux, doit être retranché des descriptions nosologiques.

ELIMINA riOi\ (Algèbre). — Nous indiquons à l'article Equations comment on s'y prend pour résoitdre un certain nombre d'équations du premier degré contenant un égal nombre d'inconnues. Pour cela, on élimine successivement toules les inconnues, moins une, ce qui conduit à une équation ne contenant plusque cetteseule inconnue. Il n'existe alors qu'un seul système de valeurs satisfaisant aux équations. Si les équations sont d'un degré supérieur au premier, il y a généralement plusieurs sj^stèmes propres à satisfaire aux équations proposées ; le but de l'élimination est de trouver tous ces sj^itènies. La marche à suivre consiste encore à déduire des équations données une équation qui ne renferme plus qu'une inconnue, et qu'on appelle Véquatton fino.le. Ou démontre que le degré de cette équation finale est au plus égal au produit des degrés des équations proposées. Si l'on a deux équations du second degié, l'équation finale est généralement du quatrième degré, ce qui indique l'existence de quatre solutions.

En voici un exemple. Soient les deux équations

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