‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 332 sur 396 · EN G · texte numérisé non relu

EN G

ENG

çst engainant^ comme dans beaucoup d'Onibollirrrcs. Les stipules des polygonées, des platanes, de l'aldiéniillc, etc., sont ignloment engainantes. Ou dit aussi quelqnofois'que l'andropliore (support de plusieurs anthères) est engainant lorsque, tubuleux, il formo une gaîne autour OLi pistil, comme dans la plupart des Malvacées.

EiXGASTRIMYSilE (Physiologie), du grec en, dans; gasfer, ventre, et mytiios, parole. — Nom scientifique employé quelquefois pour désigner la ventriloquie (voyez ce mot).

ENGELUPiE (Médecine), Per?!iO des Latins. Ce mot est évidemment dérivé du latin gehi, gelée, parce que la maladie qu'il désigne se développe dans les temps de gelée. — Cette affection consiste dans un engorgement chronique de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, avec ou sans ulcération. Elle se manifeste par une teinte violacée de la peau, avec gonflement, ordinairement indolent, quelquefois cependant douloureux, accompagné de démangeaisons d'abord légères, puis devenant insupportables, surtout lorsque la partie est exposée momentanément à la chaleur. On les observe de préférence chez les enfants, quelquefois chez les adultes, rarement chez les vieillards. Les enfants faibles, lymphatiques, scrofuleux y sont particulièrement sujets, surtout ceux qui manquent habituellement des choses nécessaires à la vie, telles tju'une bonne nourriture, des vêtements chauds; les jeunes gens des deux sexes exposés à une température très-variable, au froid humide, etc. C'est vers la fin de l'automne que les engelures commencent à paraître, elles augmentent pendant l'hiver et diminuent ou di.spardisent au printemps; à l'âge de puberté, quelquefois plus tard, elles ne reviennent plus. Les mains en sont particulièrement affectées, parce qu'elles sont plus exposées au froid humide, trop brusquement remplacé par la chaleur du feu ; viennent ensuite les pieds, quelquefois les oreilles, le nez. Elles naissent d'une manière lente; la peau, frappée par le froid, prend une teinte rouge plus ou moins foncée; il y a de la tuméfaction, de la chaleur, une apparence érysipélateuso , de vives démangeaisons; quelquefois il se développe de l'œdème sur les parties voisines; des picotemeutsdouloureuxsefont sentir, si l'on s'expose subitement à la chaleur. Quelquefois la maladie ne va pas plus loin , mais le plus souvent l'engorgement devient plus profond , il y a de la gène dans le mouveluent, de l'engourdissement, la peau prend une couleur pourpre, lie do vin, il survient des phlyctènes remplies d'une sérosité roussâtre, sanguinolente ; enfin il peut arriver que la peau s'ulcère, se crevasse; on voit paraître alors une plaie ulcéreuse de mauvais caractère, ii-régulière, très-douloureuse, d'où s'échappe une suppuration ichorcusc fétide, et qui est souvent longue à se cicaii-iser.

Abandonnées à elles-mêmes, les engelures légères peuvent guérir spontanément; cependant il n'est pas prudent de les négliger. Dès le début, il faut faire sur la partie des frictions sèches, aromatiques, des lotions avec l'eau froide, la neige, du vin, de l'cau-de-vie camphrée, des eaux spiritucusos étendues d'eau, du sel ammoniac, du savon; on évitera l'eau tiède, les émollient.s, à moins qu'il n'y ait une inflammation franche. Un moyen qui nous a particulièrement réussi, ce sont les bains locaux Binapisés. On a aussi obtenu des succès avec les baumes de Fioraventi, du Pérou, les teintures do benjoin, de gaiac, l'eau de Cologne. Lorsqu'elles sont très-gonflées et très-douloureuses, on pourra employer des cataplasmes avec la fleur de sureau, la camomille, etc., quelquefois mémo des sangsues. Les ulcères seront pansés avec le styrax, le digestif animé, lolionnés avec l'eau de chaux, l'eau blaiiclic, l'eau chlorurée, etc. Dans tous les cas une teinpiTdlurc n'^nlière. F. — N.

K.\(;illf,.\ (Médecine, Eaux minérales). — Village de l'raucc iSciue-il-0:sej, arrondissement et à 1!) kilomètres S.-E. de PoMtolse, canton de Montmoicncy , dont il est distant de 'i kiloujètrcs, et à 1 1 kilon]ètres N. de Paris ; il contient plusieurs sources d'eaux minérales sulfurées calciques d'une température de 10 à 14" cent. Le nom ù'Kngliien avait été donné au bourg de Montmorency ci venu de lettre» patentes délivrées eu lOSI) par Louis XIV à la famille do Condé, qui possédait près do son flef de Condé en llainaut une baromiic d'EnpIiien ; mais le nom de Montmorency a prévalu pour désigner la commune priniiiive, et celui d'Engliicn resta seul à un petit liamcau situé dans la vallée , et qui no consistait guère qu'en un moulin appartenant à l'abbaye de Saint-Ilenis. Depuis lfinglem|is on avait remarqué que Ic! trop-plein do ce moulin formait uu ruisseau fétide auquel on avait

donné le nom de Ruisseau pt/anl, lorsqu'en 17G6 le P. Cotte, curé de Montmorency, adressa à l'Académie des sciences une note dans laquelle il rendait compte de l'emploi qu'il avait fait de ces eaux et des guérisons qu'il avait obtenues. L'abbé Noilet et Macquer, chargés du rapport, constatèrent la nature sulfureuse des eaux; plus tard, Fourcroy, Vauquelin eu firent une analyse exacte. Enfin, de nos jours, leuruature hautement sulfureuse a été constatée par un grand nombre de chimistes; seulement, tandis que MM. 0.ssian Henri, Fremy père soutiennent qu'il existe avec l'acide sulfliydiique une certaine quantité de sulfure de calcium, Fourcroy, MM. de Puisaye et Lecontc n'admettent que l'acide sulfliydrique sans traces do sulfures. Mais, comme le fait remarquer M. Constantin James, <i cette question intéresse plus les chimistes que les médecins; >> il suffit pour ces derniers de savoir que les eaux d'Enghien sont très-sulfureuses, et qu'elles ne contiennent pas de barégine, substance organique qu'on trouve dans les eaux des Pyrénées, auxquelles elles peuvent être comparées sous tous les autres rapports.

Cinq sources principales sont exploitées à Enghien : l» la source Cotte ou du lioi ; "i" la source De'ycux; S" la source Pe'ligot ; i" la source RoulatuI; 5° la source de la Pêcherie. Les sources du Roi et Déyeux sont seules employées en boisson ; on boit ces eaux pures ou coupées avec du lait, à la température désirée par le médecin ; la dose en est de un à cinq verres aux sources; ordinairement,lorsqu'on en fait usage au loin, un verre le matin suffit , mais le traitement doit durer longtemps. Des salles d'inhalation ont été établies à Enghien avec tout le confortable qui peut les rendre efficaces pour les différentes maladies des voies respiratoires. Il existe aussi dans l'établissement des appareils pour inhalations^ et douches, des cabinets de bains hydrofères, de bains russes, de bains électriques, munis de tous les appareils recomniaudés par la science, et avec tout le luxe que comporte le voisinage d'une grande capitale, lorsque cette capitale s'appelle Paris. Enfin, on vient d'y établir un traitement hydrothérapique d'eau ordinaire et d'eau minérale sulfureuse. Mais il est une chose qui manque et qui manquera toujours à Enghien, ce sont les sites des Pyrénées, par exemple, dont les eaux pourraient sous beaucoup de rapports être comparées à celles-ci, c'est l'altitude de ces sources. (L'altitude d'Enghien est de 48 mètres, celle de Cautercts de 992 mètres.) Et pourtant, telles qu'elles sont, il faut dire qu'elles rendent de grands services, surtout pour les personnes qui iio peuvent pas s'absenter longtemps pour aller au loin. En eft'et, elles sont tous les jours utilisées dans les différentes affections de la peau, surtout lorsque colles-ci ne sont pas accompagnées d'une trop vive irritation, qu'il n'existe pas dans l'individu des signes de pléthore sanguine ou d'érétliisme nerveux trop prononcé. On peut eu dire autant des affections des voies respiratoires; ainsi les catarrhes chroniques sans irritabilité fluxionnaire ou nerveuse trop vives; la diétèso tuberculeuse qui est souvent arrêtée ou tout au moins sensiblement modifiée par les eaux d'Enghien, surtout lorsqu'il n'y a aucun symptôme d'irritation intense, aucune prédisposition au crachement do sang, etc. On a aussi obtenu des succès marqués de leur emploi dans les scrofui s. Vantées par quchjues médecins dans le traitement de la goutte et du rhumatisme, elles n'ont pas répondu A tous les éludes i|ui en avaient été faits. F-n.

ENGORGElMEiNT (Médecine). — Ce mot sert ;i désigner une augiiieiitatiou de volume d'une partie ou d'un organe malade, tenant, a-ton dit, i ce que le mouvement des humeurs devenant difficile dans un point quelconque, par l'embarr.as <iu'elles éprouvent dans les vaisseaux, elles s'y accumulaient et déterminaient une tuméfaction plus ou moins grande. L'engorgement peut être in/lanitnatoire; dans ce cas, il est chaud, aigu, et ne constitue qu'un syuiptftmc, un état momentané de l'organe alTecté d'inflnnimation ; ainsi on dit qu'il y a un engorgement inflammatoire du poumon, du foie, dans la piieinnonio aigué, dans l'hépatite, etc.; ici, il a une inaiclie rapide, et est produit par l'afflux dos humeurs et paiiiculièremcnt du sang; mais il n'y a encore aucune altéraiion de la partie qui est le siège do l'eiigoisonient. Plus tard, si le cours régulier de ces flT]uides ne BC rétablit pas, si la résolution de riiiflaimuiitioii n'a pas lieu, il pourra survenir un autre ordre do phénomènes annonçant que lu maladie entre dans une nouvelle phase, celle de suppuration, par exemple. Ou peut doue définir un cngoigcincnt inflammatoire, celui qui

ENG

ENG

est produit par l'accumulation des humeurs dans une partie dont le tissu, quoique modifié dans sa manière 4'6tre, n'a point changé de nature.

L'enaorsement, au contraire, peut être froul, chronique ^lorsqu'il est produit par l'accumulation de liquides viciés dans leur nature, ce qui a lieu, le plus souvent, lorsqu'il existe une altération organique des tissus qui en sont le siège. On les observe surtout dans les parties dont la structure est peu compliquée et la vitalité peu active; ils peuvent aussi être la suite d'un engorgement inflammatoire, qui ne sera pas terminé par une résolution franche et complète. D'après ce qui vient d'être dit, on concevra que ce que l'on entend par engorgement n'éiant qu'un état particulier des parties ou des organes affectés, le traitement n'a rien de spécial, et rentre dans celui de l'état maladif dont il n est^qu un phénomène. ^, , , .- ^'

E-NGOt'EMENT (Médecine), Obsfittctio en latin. — Ou désigne ordinairement, sois ce nom, l'obstruction •l'un conduit, par suite de racciimulatiou de niatièic-. .iui ne peuvent plus en sortir à cause de la dilatation de, ce conduit, quelquefois en raison de son étroitessemémo. 11 en est ainsi dos conduits excréteurs, notamment du canal nasal, qui sont exposés à être engoués, lorsque les huiueurs qui les traversent iM-ennent une trop grande consistance, que leurs parois s'éi>aississent au point de ne plus permettre aux liquides d'y passer.

Mais le mot em/ouemeiit sert plus particulièrement à désigner une espèce d'étranglement qui survient quel quefois dans les hernies inguinales. Il est occasionne par un amas de matières fécales dans la portion d'.n tcsiins herniée, mêlées parfois de corps étrangers, tels que noyaux de cerises, etc. On l'observe surtout chez les vieillards, chez lesquels les ti-sus lâches et exten sibles permettent une dilatation facile; dans ce cas,les matières s'accumulent peu à peu, les parois de l'ni testin n'ont plus le ressort nécessaire pour les faire cheminer; il survient alors un véritable étranglement. La tumeur qui le constitue, au lieu d'être dure, offre au contraire un empâtement mollasse ; elle est presque indolente, d'abord; les douleurs se développent plus tard sourdement, le ventre se méiéorise, se ballonne ; enfin arrivent des nausées, des vomissements simples, puis stercoraux, des hoquets, en un mot, tous les symptômes de l'étranglement, mais niarcliant très-lentement. Le traitement consiste dans l'emploi du itixis (voyez ce mot) répété souvent et avec une certaine force; la position déclive, la tète en bas est un très-bon moyen, aidé des lavements laxatifs, et même purgatifs. Enfin, si l'inflammation se décl.ire, s'il y a menace de gangrène, il faudra avoir recours à l'opération. Mais celle-ci n est jamais aussi urgente que dans la hernie ordinaire étranglée, dans laquelle il faut opérer dans les vingt-quatre ou trenie-six heures, tandis que, dans l'engouement, le débrideraent peut être reculé jusqu'au sixième, au huitième et même au douzième jour. F — x.

ENGOULEVENT (Zoologie), Capfimulgus,Un. — On désigne par ce nom des oiseaux crépusculaires et nocturnes vulgairement appelés dans nos campagnes Crapauds volimts et Tetle-chevre {en \MmCciprimu!gu'^), ii cause de leur conformation et de certaines erreurs accréditées sur leurs mœurs. Leur plumage, par sd finesse et ses couleurs sombres, rappelle celui des ch.ats-huants et des hiboux ; sur les cotés de la tète, de grands yeux trop sensibles pour supporter la lumière du jour, mais trèsperçants dans l'ob.scurité; un^bec à peine saillant à sa pointe, très-élargi à sa base et fendu jusque sous les yeux donnent â la tète de ces oiseaux une certaine analogie avec celle des grenouilles et des crap.tuds. Après le soleil couché, les engoulevents sillonnent l'air, leur large bec tout ouvert au veut qui produit en s'y engouffrant un bourdonnement particulier. Cette Iribitude explique le nom à'eiK/oiikvcnl (en/joui:-le-ventt,cl l'oiseau, par ce manège, engloutit au vol les insectes qui voltigent dans r;iir au crépuscule. La nuit venue, l'engoulevent va chercher dans ICi parcs de moutons et de chèvres les insectes parasites qui assiègent ces animaux et ceux qui vivent au milieu de leurs fientes. Voilà pourquoi on l'a accusé, par ignorance, d'aller teter les mères au milieu des troupeaux eiidorniis, et l'on peut regretter que le nom latin adopté par Linné semble consacrer celte erreur.

Les engoulevents des diverses contrées ont été réunis par Linné dans un grand genre qu'il a nommé Caprimulj«.ï(du latin tnulyerc, teter, traire, et capra, chèvre). Ce genre, adopté par Cuvier dans son Riyne animal, y est subdivisé en deux sous-gciircs : Enguulevents propre-

ment dits et Podarges. Le genre linnéen .a été depuis considéré par plusieurs auteurs comme une tribu comprenant les genres nouveaux Engoulevent, Podnrgi, lUfau et Guacliaro. Quoi qu'il en soit, le genre Engoulevent de Cuvier est placé dans son ordre des Passereaux, famille des Fissirosires, à coté des Hirondelles, et avec les caractères suivants : « Les engoulevents ont ce même plumage léger, mou et nuancé de gris et de brun qui caractérise les oiseaux de nuit; leurs yeux sont grands, leur bec, encore plus fendu qu'aux hirondelles, garni de fortes moustaches et pouvant engloutir les plus gros insectes, qu'il retient au moyen d'une salive gluante; sur la base sont les narines en forme de petits tubes; leurs ailes sont longues ; leurs pieds sont courts ; leurs tarses

Fig. 923. — Engoulevent d'Ei

emplumés... Les engoulevents vivent isolés, ne volent que pendant le crépuscule ou dans les belles nuits, poursuivent les phalènes et autres insectes nocturnes, déposent à terre et sans art un petit nombre d'œufs. » La conformation des doigts et les mœurs plus ou moins nocturnes ont fourni les caractères des subdivisions de ce groupe. Les diverses espèces du grand genre linnéen Capnmulgiis ont quatre doigts aux pieds; mais, chez les Engoulevents proprement dits et chez les Podarges, le doigt médian est beaucoup plus long que les deux doigts latéraux, et le pouce peut se diriger pour saisir les branches, tantôt en avant, tantôt en arrière; chez les Guacliaros, le pouce ne peut plus se diriger qu'en avant ou sur le coté, jamais en arrière; chez les Wijaux, il est toujours dirigé en arrière; dans ces deux subdivisions, le doigt médian dépasse à peine les deux latéraux; enfin, les Podarges ont les doiiits dépourvus de la membrane qui les unit à leur base chez les Engoulevents proprement dits, et ils ont aussi le bec plus large et plus robuste que ces derniers. Les Podarges sont des oiseaux propres aux îles de l'Asie orientale et à l'Australie ; les Ihijaux sont des oiseaux exclusivement nocturnes de l'Amérique méridionale et de l'Afrique; quant aux Guacliaros, on n'en connaît qu'une espèce qui vole seulement la nuit et se cache tout le jour dans de vastes cavernes de la Colombie (voyez GuAcii.mo).

Les Engoulevents proprement dits sont représentés en Europe par une seule espèce que l'on y trouve presque partout, r£. d'Ewojie (C. europwus. Lin.). C'est un oiseau gros comme une grive (longueur totale 0",?8; envergure, U",59), gris-brun ondulé et moucheté de noirâtre, avocune bande blanche du bec à la nuque; le mâle se distingue par une tache blanche ovale placée au coté intérieur des trois premières pennes ou

grandes plumes de l'aile et par une autre située au bout des deux pennes les plus externes de la queue. Sorte de grosses hirondelles ctépusculaires et nocturnes, les engoulevents ont aussi leurs migrations; ils arrivent par paires RU printemps dans nos pays et nous quittent isolément pendant l'automne pour chercher des climats plus doux où les insectes dont ils se nourrissent n'aient pas péri comme dans nos contrées. L'Angleterre ne les voit arriver qu'en mai ou juin, et ils éniigrcut dès le mois d'août; leur séjour

. 924.— Tclo deiigouleTCnl d'Eiiiopc.

ENG

ENG

cstencoremojnslongdans les rijgions plus septentrional! s de l'Europe. Ces oiseaux vivent isolés dims les bois, tapis durant le jour au pied des oirelles, des genêts ou sous les bruyères; mais, dès le coucher du soleil, ils commencent à chasser les insectes, surtout auprès des gros arbres dont ils font le tour un grand nombre de fois, d'un vol soutenu et vif, mais souvent irrégulier, au gré de la proie qu'ils poursuivent. En même temps, ils font entendre le bourdonnement dont il a été parlé plus haut; ils ont, en outre, plusieurs cris assez rau(|ues, mais médiocrement sonores. « Les engoulevents, dit M. Le Maout (Hùt. nat. des Oiseaux), ne se donnent pas la peine de construire un nid : un petit trou en terre ou entre les pierres, au pied d'un arbre ou même dans le milieu d'un sentier, leur suffit. » Us y déposent deux œufs allongés, blancs ou jaunâtres, avec des marbrures foncées et un peu plus gros que ceux du merle. S'ils s'aperçoivent qu'on les a touchés, ils lus poussent plus loin avec leur bec, mais sans se préoccuper de les mieux c;iclier. Lanière couve avec soin pendant quatorze jours environ, puis naissent les petits couverts d'un vilain duvet jaunàire, mais destinés à prendre, au bout de peu de semaines, leur plumage définitif. Les engoulevents sont très-utiles par la grande destruction qu'ils font d'insectes tous nuisibles, phalènes, teignes, cousins, hannetons, etc. M. FI. Prévost, dans ses Recherc/ies sur le réyime aliuwntuire des oiseaux, a particulièrement constaté la guerre meurtrière que les engoulevents font aux hannetons et recommande énergiqucment aux culiivatours de respecter et de protéger ces défenseurs de nos productions agricoles. On ne saurait trop insister sur la mise en pratique d'un conseil st utile et si peu suivi.

On connaît près de trente autres espères d'engoulevents de toutes les parties du monde, parmi lesquels on peut citer, en Amérique, YE. de la Caroline (C. Cnrolinensis, AVilson), nommé par les Anglo-Américains Cfiuck- WiU's-widow (.Appelez la veuve de William), en imitation desoncri ; !'£. criard ^C.vocifel•us,^\Us.), nommé pour la même cause Wluji-ponr-Wtll (fouettez le pauvre William), et enfin l'E. d'Amérique {C. Americunus, Wils.), que son habitude de sortir surtout lorsque le ciel est couvert a fait nommer Rain-bird (oiseau de pluie), et que sou plumage d'oiseau de proie fait appeler encore communément aux Etats-Unis Night-Hawk (faucon de nuit); c'est le Popelué de Vieillot. L'Afrique en possède aussi des espèces remarquables .*i divers titres.

Consultez : de Lafresnaye,il/a3««K zuolog. deGuérin- Mèiieville, IS37. — Des Murs et Chenu, Encyclopédie d'iiist. tint.. Oiseaux, t. II. Ad. !•'.

ENGOUilDISSEMENT (Médecine). — Etat particulier d'une partie du corps et surtout des parties charnues musculaires, qui fait éprouver une fensation de pesanteur, de fourmillement plusou moins incommodeetmême douloureux, avec diminution ou abolition et perversion de la sensibilité et du mouvement. Il peut résulter d'une contusion sur un tronc nerveux, d'une pression longtemps prolongée, d'une commotion violente, l'électricité, par exemple. Si la cause n'a pas agi d'une manière permanente, ou avec une grande intensité, l'engourdissement cesse de lui-même au bout de peu de temps ; cependant on a vu la douleur persister longleuips encore, surtout lorsqu'il est question d'une contusion. Mais si l'action vulnérante a éié grave, elle peut êtie >uivie d'une véritable paralysie, ou temporaire ou permanente. L'engourdissement précède aussi quelquefois la paralysie, et en est un symplùme précuiscu-; dans ce cas, il peut persister pendant longtemps avant de s'aggraver; ici, d'ailleurs, il rentre liajis riiistoire Ue cette maladie principale, reconnaît les mêmes causes et réclame le munie traitement (voyez Paiiai.ysie;. K — N.

ENGHAIN (Agriculture).— Nom d'une variété de froment, le Velit Epeautre ou Locuiur (voyez lii.É, Ei'eau-

TIIF.).

ENGRAIS (Agriculture), du mot Enqraisser. — Toute matière qui, appliquée sur la terre, Vetirjraiste, comme dit le cultivateur, c'lSt-;^-(lire qui répare, conserve et augmente la fécondité du sol (lioussingault, Econ. rw., t. l)('st un en/irais. « Pour ncuis, ajoute M. lionssingnult, le plâtre, la mnrjic, les ccndrrs,sontdea e/if/raii, comme le tuinicr de cheval, le sang, l'iu-inc; tous concourent au but qu'on se propose en les employant, et qui est d'accroilre la produciion végétale. » — « Un cm/'-nis, dit M. Ad. Bobierre, est un aliment, une nourriture. Que cet aliment puisse cl doive varier selon la végétation, la nature du sol ou du climal, chacun l'accordera; miiis lu fccence cst-ello tellenicnt inglruiio de sou action

qu'elle puisse dire hardiment : Ceci est un amendement, ceci un stimulant, ceci un engrais proprement dit ?... Reconnaissons une fois pour toutes que là où l'action est complexe, il faut se borner à des définitions générales. Appelons engrais ou nourn'tuie tout ce qui, à divers titres, engraisse ou nourrit la récolte. » {L'atniosp., le sol et /es engrais.) — Précisant davantage le rôle des engrais, MM. Girardin et Du Breuil comprennent sous ce nom « toutes les matières, de quelque nature qu'elles soient, qui sont nécessaires à la vie des plantes et qui concourent directement, soit par leur décomposition, soit par leur absorption immédiate ar. grand acte de la nutrition. » [Trotte' éle'm. d'ogric, t. I.)

Il résulr.o do ces définitions que 1rs engrais servent à rendre la terre capable de nourrir les plantes qu'on lui confie; en portant des récoltes, elle a consommé une certaine portion des matières alimentaires qu'elle tient en réserve pour les plantes ; l'engrais vient remplacer ces matières alimentaires, ou même accroître la richesse du sol à cet égard ; c'est ainsi qu'il conserve et augmente la fertilité de celui-ci. Aux articles Nutrition bes plantes et Végétation, on pourra voir que les aliments empruntés au sol par les plantes qui y croissent, sont de Veau; du carbone à l'état d'acide carbonique, de carbonates en dissolution; de Vazoïe à l'état rie sels ammoniacaux et d'azotares; des se/s minéraux, variables selon la nature des plantes. Quanta Voxygène que renferment les plantes, il provient de l'atmosphère, ainsi qu'une notable quantité à'eau, et la plus grande partie du carbone qu'elles fixent dans leurs tissus. La fertilité du sol se maintiendra donc; si l'on a soin d'y entretenir une quantité convenable d'eau, d'acide carbonique, de composés azotés et de matières salines solubles. Mais l'expériencea montré qu'on ne saurait avec succès administrer au sol chacun de ces éléments do fertilité séparé des autres. Les meilleurs engrais sont, en général, ceux qui oITrent rénnis tous les principes fécondants, laissant la terre puiser à ce trésor selon ses besoins. « Le plus efficace des engrais, dit M. Boussingault, celui dont l'usage est le plus général, est précisément le fumier de ferme, qui, par sa nature complexe, réunit tous les principes fécondants: ceux qui entrent dans l'organisation des plantes, et les substances minérales réparties dans leurs tissus. On y trouve en efl'et le carbone, l'azote, l'hydrogène et l'oxygène, unis aux phosphates, aux sulfates, aux chlorures, etc. Tout engrais, pour être immédiatement actif, doit présenter cette composition mixte. Les cendres, le plâtre, la chaux, répandus sur un terrain stérile, ne l'amélioreraient pas; des matières azotées qui seraient privées de phosphates, de substances alcalines et terreuses, no produiraient pas un meilleur etfiH. C'est l'association de ces deux ordres de principes, dont les premiers appartiennent à la partie solide de notre globe terrestre, et les seconds à l'air atmosphérique, qui constituent l'engrais normal. » (Encyclop. P'-at. de l'agriculteur, t. VI.) Cette contposition mixte néces?ain! aux engrais ne se rencontre pas dans les substances organisées, abandonnées aux effets de la putréfaction. Les matières animales, qui contiennent toutes de l'azote, et, parmi les matières végétales, celles qui contiennent aussi cet élément, se putréfient rapidement, et les produits définitifs de leur décomposition sont surtout des sels d'ammoniaque. L'azote que contenaient ces matières s'est uni à de l'hydrogène également contenu en elles ou provenant de la décomposition de l'eau qui les imprégnait, et a donné naissance ;\ l'ammoniaque qu'ont salifiée les acides engendrés dans la putréfaction, et que dissout !i l'état de sels l'eau qui humeclc les matières ou la putréfaction se développe. Les matières végétale.», comme le bois, la paille, les feuilles des végétaux, se putréfient plus lentemenr et offrent une autre série de phénomènes. Sous i'iulluencc de l'air et de l'eau, elles se transforment peu à peu en une matière nrire, nommée terreau par les cultivateurs, et dont la propriété la plus remarquable, dit M. Boussingault, est d'éniettie du gaz acide carboiiii|uo, lorsqu'il est exposé à l'air; après avoir été humecté, |o terreau éprouve alors une combustion lente et Clins iiii^' ;iii, si dans la terre une source constante di' I .ulHiH' |i ■ 1,1 11 -itation.(£>o«o»i. no-., t. Ii

Lanatuicri ii s |iin|iii. t. s du terreau ont surtout étééttidiées par do Saiis^iuc ili-clienlirs rliimiqiirs); il in serti traité !\ l'article siiécial (pii le coni-crnc, A cr-. ilrii\ oi-divs de phénomènes, essentiels pour l'histniic ilr^ i njrais, il faut ajouter un l'ait; c'est c|uo dans li'^ Iuui.li» éic^ndus sur 1103 chanipsen culluio se forme i|ui'lque pou de nitiv, dû ù l'oxydation d'une puiile pai tic do l'azote des u a-

ENG

ENG

tières putrifiées. Les fumiers contiennent enfin et fournissent aux plantes des matières salines renfermant du silicium, du chlore, de l'iode, de la poiasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie, de l'alumine, du fer, du manganèse, selon les plantes ou les matériaux organiques employés k la confection du fumier. Comme il est impossible d'imaginer qu'un engrais contienne en niCme temps tous les principes capables de fertiliser, et comme, dans le fait, une terre déterminée n'a pas besoin de les récupérer tous, mais réclame seulement un certain nombre d'entre eux; ou conçoit qu'il n'y a pas d'engrais absolu, bon à employer toujours et partout. Il faut faire son choix, selon les circonstances, et en se rendant compte à la fois de ce qui manque à la terre qu'on veut engraisser, et de ce que renferme l'engrais qu'on y applique. On a pu ccnstiter cependant, dit H. Barrai, que généralement les matières qui font le plus souvent défaut dans les terres arables, celles qu'il importe le plus d'y ajouter à cause do leur rùle important dans la végétation, celles qui, en outre, sont les plus coûteuses et peuvent servir de régulateur pour le prix de tous les autres, sont les matières azotées; viennent ensuite au secund rang les matières phospliorées et principalement le phosphate de chaux; on place enfin au troisième rang les matières riches en se/s de poiasse et de soude. On trouvera i l'article Fumiers les évaluations comparatives de la puissance des engrais que l'on a pu déduire de ces principes généraux et du contrôle de l'expérience; on trouvera au mot Jauffret (Engrais) quelques indications sur la valeur commerciale des engrais. Enfin, il sera traité au mot Soi. de ces substances souvent nommées amendements (voyez ce mot), et qu'il est si difficile de séparer des engrais. Ad. F.

ENGRAISSEMENT (Zootechnie). — Les animaux élevés pour servir à la nourriture de l'homme ott'rent un aliment beaucoup plus savoureux et plus substantiel, lor.-ique leur viande contient entre ses fibres une assez forte proportion de graisse. Aussi prépare-ton la plupart des animaux destinés à la consommation en les engraissant. Toutes les espèces et toutes les races d'une même espèce ne s'y prêtent pas avec la même facilité; mais, en tout cas, les principes sur lesquels reposent les diverses méthodes d'engraissement sont toujours les mêmes : administrer à l'animal un régime spécial, aLjondaut et riche en matières grasses et eu matières farineuses ; le condamner en même temps à un repos aussi voisin que possible d'une somnolence continue. Les méthodes d'engtaissement reposent donc sur une idée très-simple, sinon très-facile à mettre en pratique : donner beaucoup à l'animal, et faire en sorte qu'il dépense le moins possible. Aux articles Rkgime et Viande, on trouvera des renseignements sur les procédés d'engraissement et leurs résultats, je me bornerai ici à quelques indications générales.

Dans l'espèce bovine, les animaux spécialement destinés à la boucherie, et par conséquent à l'engrais-sement, ne sont pas les taureaux, ni les vaches, mais les bœufs. Cependant la vache et le taureau même sont souvent soumis à l'engraissement, loi-squ'ils ont passé l'âge de la production, qu'ils ont déjà donné un rapport en lait, en veaux, en travail, et qu'il n'y a plus qu'à les livrer à la boucherie. L'âge le plus avantageux pour pratiquer l'engraissement des bêtes à cornes est celui de sept à huit ans ; c'est l'épotiueoù elles s'engraissent le plus vile, et en consommant la moindre quantité d'aliments. Certains caractères extérieurs peuvent faire reconnaître les races et les individusqui sont les plus propres à l'engraissement; on peut résumerces caractères de la manière suivante : os petits, pi^au mince, jambes courtes, épine dorsale plate, avecle dos large et plat ; corps arrondi, presque cylindrique, poitrine large. C'est le fermier anglais R. Bakewell qui a résumé en ces termes les fruits de sa longue expérience et de ses nombreux succès dans l'art de l'engraissement du bétail. Sinclair ajoute à ces traits physiques un caractère doux et docile qui évite toute dépense de force et de mouvement. L'engrai.sscment le plus rapide se fuit à l'étable où les aniuiatix sont constamment maintenus, et où leur sont régulièrement distribuées des "■ations abundantos. Mais, dans les pays d'herbages, comme bLaucoup de plaines de l'Angleterre, de la llol- '.ande, de la Suisse, des provinces Rhénanes, et comme en Normandie, en Bretagne, l'engraissement a lieu au pâturage où il est moins rapide, mais aussi moins coûteux. Ce que je viens do dire d'une fat^on générale sur rcngraisscmcntdes bêtes à cornes s'applitiue aussi à celui dos bêtes à laine.

L'animal le plus remarquable au point de vue de l'engraissement, parmi nos animaux domestiques, est, sans contredit, le porc. Se développer, s'engraisser et mourir, voilà la vie ordinaire de cet animal, et cette vie ne dure, le plus souvent, que deux ou trois ans. Cet engraissement ne peut être utilement entrepris, ni avant quinze ou dix-huit mois, ni au delà de cinq ans ; il dure de douze à dix-huit ou vingt semaines, suivant le degré d'engraissement que l'on veut. Après douze semaines, on doit avoir obtenu déjà un lard de 0"',(J3 d'épaisseur. Comme chez les bœufs et les moutons, la petitesse des os, la finesse de la peau, la brièveté des jambes sont les caractères fondamentaux des races les plus propres à l'engraissement.

On pratique aussi l'engraissement des volailles, et surtout des oies; mais le lecteur voudra bien se reporter pour ce sujet aux articles Oie, Cour (Basse-).

ENGRAULIS (Zoologie). — Nom latin du genre de Poissons appelé .inchois (voyez ce mot).

ENGRAVÉE (Méd. vétér.). — On appelle ainsi un mal de pieds qui survient particulièrement aux animaux domestiques du groupe des didactt/ies (à deux doigts), tels que les bœufs, les moutons, les chèvres, les porcs. Cette maladie consiste dans une espèce de contusion, de foulure causée par une longue marche sur des terrains durs, raboteux, garnis de cailloux ; l'animal boite, les pieds sont sensib es, rouges, gonflés. Le repos absolu, les bains locaux, les applications émollientes, suffisent, en général, contre cette affection. Chez les bœufs, elle arrive surtout quand on n'a pas eu la précaution de les ferrer, lorsqu'on veut les faire travailler on marcher longtemps, dans les conditions dont nous avons parlé plus haut.

ENGRENAGES (Mécanique). — Système de roues denie'cs fréquemment employé dans les machines et servant à transmettre le mouvement d'un axe ou arbie à un autre et en même temps à en changer la vitesse ou la direction. Les roues dentées, toujours accouplées deux i deux, ont leur circonférence garnie de saillies ou dents par lesquelles elles s'engrènent mutuellement. Les dents, appuyant ainsi les unes sur les autres, assurent la transmission de la manière la plus efficace, mais en donnant lieu à des frottements qui absorbent une partie de la force motrice. Pour que ces frottements soient le plus faibles possible, les roues dentées doivent satisfaire à plusieurs conditions que nous allons éuumérer.

1" Toutes les dents d'une même roue doivent avoir les mêmes dimensions et le même écartemcnt ; la somme du )ilein et du vide., c'est-à-dire le pas., doit y être constante. Cette somme doit également être la même pour deux roues qui engrènent; mais l'épaisseur des dents peut varier d'une roue à l'autre. Ainsi, les roues en cuivre, à force égale, doivent avoir les dents plus épaisses que les roues en fer; les dents de la plus petite des deux roues dentées ipif/non), se trouvant plus souvent en prise et s'usant plus rapidement, doivent être également plus épaisses ; dans ce cas, le vide des dents de la grande roue doit y surpasser le plein pour loger le plein des dents du pignon.

2° Les roues dentées tournant tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, leurs dents doivent être symétriques des deux côtés de leur plan moyen.

3° La surface des dents doit être taillée de telle sorte que le mouvement régulier de la roue conductrice donne lieu à un mouvement également régulier de la roue c(miluite, afin d'éviter dans la marche do la m.tchine des oscillations périodiques dans sa vitesse, ce qui accroîtrait la proportion de l'orceabsorbée par l'engrenage, fatiguerait la machine et nuirait à la bonne exécution de son travail. Les roues dentées doivent donc p,, ^,;-

marcher connne le feraient rouIciui Je transmission, deux roues à circonférence

lisse, <|ni rouleraient sans glissement l'une sur l'autre par la simple adhérence de leurs surfaces, ainsi que le montre notre ligure 'J25. Les rayons de ces roues sont ce que l'on appelle les rayons des cercles primitifs des roues dentées dont les roues lisses tiendraient la place.

4" 11 convient que les pressions et les frottements exercés p.ar les roues les unes sur les autres soient constants dans les diverses positions que prennent ces dents, afin

ENG

ENG

que l'usure s'y fasse d'une manière uniforme et que leur profil conserve la régularité qui lui a été donnée primitivement par la taille.

5° Le frottement de roulement étant beaucoup moindre que le frottement de glissement, il convient également que, pendant tout le temps que deux dents sont en prise. Elles roulent autant que possible sans glisser l'une sur l'autre.

Il importe de remarquer toutefois que cette dernière condition ne saurait être rigoureusement remplie. Puisque les circonférences primitives roulent elles-mêmes sans glisser l'une sur l'autre, il n'en saurait être de même des dents d'engrenage ; il y a donc toujours un frottement de glissement. Le profil qui a été clioisi en atténue seulement l'intensité dans la plus forte proportion possible. C'est en voj'ant la fatigue des palettes planes employées autrefois, que le géomètre Delahire eut l'idée de la diminuer en rendant curvilignes les surfaces frottantes, et fut conduit à chercher la forme géométrique qui convient le mieux.

L'exécution pratique de ces diverses conditions présente de très-grandes difficultés; aussi ne sont-elles remplies que dans des circonstances exceptionnelles. Le meilleur engrenage, question de prix à part, est celui dans lequel elles sont le moins imparfaitement réalisées.

Le profil le plus simple et le plus généralement adopté pour les dents de la roue conduite est la ligne droite dirigée vers le centre même de la roue. Le profil de la roue conductrice est alors un arc d'épicychiiile (voy. ce mol) .

, Comme chaque roue dentée doit, suivant les cas, être indifféremment conductrice on conduite et qu'elle doit pouvoir marcher dans Fi". 5:c.— Engren.i"c S Danci. "u sens OU dans l'autre, chaque dent est formée [pg. 92G) d'une partie plane appelée flunc, qui est limitée par deux lignes droites dirigées vers le centre de la roue et d'une partie courbe limitée par deux arcs d'épicycloide. Ordinairement on abat à la lime le raccord aigu des deux profils curvilignes, parce que le. sommet qui en résulte n'aurait pas en général l'épaisseur suffisante.

Ce mode de tracé de l'engrenage à flancs est encore trop compliqué pour la pratique; mais comme à son origine l'épicycloide se confond sensiblement avec un r.rc de cercle et que les dents ont toujours très-peu d'étendue, on peut procéder plus simplement. Pour les dents d'une roue dentée d'un diamètre un peu grand par rapport aux saillies, ce qui est le cas le plus ordinaire, on prend pour centre de la ' courbe d'une dent la naissance de la dent suiv.-inte sur la circonférence du cercle primitit et pour rayon de cette courbe le p;is de l'engrenage mesuré sur le même cercle. Pour les piyiinna dont lo nombi'e de dents est peu considérable et dont la saillie des dents est grande par inpiiint au rayon du cercle primitif, on détermine le Cl iiiiv (I, |.:ii- cnii-'ciiicnt, le rayon du ccicle qui doit reiii|il.ii 11 r, pn v'""!'' par la condition que ce cercle passr j^h h. mu -.:iiii c- ilu la conyexilé de la dent et par son deinicr élément utile, ce qu'il esl toujours facile de déterminer par les dimensions des roues et la longueur de leur p.is. Le profil de l'engrenage à lianes n'est, comme on voit, qu'une approximation rendue plus grossière encore par les défauts d'cxécuiion du modèle et les impcrfcrlioris du monhigo, les roues en fer venant ii.uti-. .l.ni.r, ■> la fonte. Aussi les engrenages sont-ils ;• I" i.il' 11" "' très-défectueux. Mais l'engrenage épicyrliMil.il, lu! il iixéculé avec une extrême précision, présniu-raii im me des inconvénients dont les principaux sont les suivants :

1" Le cercle générateur de l'épicycloide qui forme le profil des dents dune roue n pour dinmèlrc lo rayon du cercle primitif de l'aiitic roue. (;iia(|ue lone n'a dune jias 508 dents taillée» pour (nii-niêmc, mais pour lu roue avec laquelle elle cngi'ènc. Que l'on change ccllc-ci ou seulement qu'on la dépince, l'autre devient inexacte.

2" Les pressions des dents l'une sur l'nntre varient à mesure que leur point de contact s'éloigne de la ligne de» centres; l'usure n'y esl donc pas unil'oime et le jfw- (Il t'alt<:rc.

3" Tant que le profil est juste, la roue conduite marche avec autant de régularité que la roue conductrice, mais les dents glissent encore l'une sur l'autre, ce qui accroît l'usure, en même temps qu'il en résulte des frottements préjudiciables à la conservation de la force motrice. Il est un autre tracé des dents qui fait disparaître ces inconvénients. Dans ce tracé, le profil des dents de la roue conductrice, aussi bien que de la roue conduite, est un arc de développante de cercle (voyez Enveloppes), dont les dimensions dépendent d'ailleurs uniquement des dimensions de la roue qui porte la dent dont il s'agit. C'est déjà un grand avantage. Il en présente un autre remarquable, c'est que le contact des dents a toujours lieu sur la ligne des centres; la pression y est sensiblement constante et le glissement très-faible. Malheureusement, au point de vue pratique , ce mode d'engrenage est trèsdifficilement exécut.ible.

Les imperfections des engrenages sont d'autant plus saillantes que leur denture est plus large, parce qu';ilors les dents doivent entrer en prise à une distance plus grande de la ligne des centres et que l'arc décrit par les roues pendant chaque contact est plus étendu. 11 y a donc avantage à multiplier les dents, sauf à donner aux roues plus de largeur pour conserver aux saillies une résistance suffisante. Le mécanicien White a imaginé, en 1821, de rendre le nombre des dents pour ainsi dire infini par l'artifice suivant : les dents de ses roues, au lieu d'être planes et p.trallèles à l'axe, sont inclinées sur cet axe et hélicoïdales, de telle sorte que l'extrémité gauche de l'une d'elles se trouve à la même hauteur parallèlement à l'axe que l'extrémité droite de la dent suivante. Le contact des dents se fait par un seul point qui se déplace d'une manière régulière sur chacune d'elles, de l'une des extrémités à l'autre ; le glissement est évité, mais l'usure est riipide; aussi ces engren.iges, dits de précision, ne sont-ils employés que pour transmettre des efforts peu considérables et de srandes vitesses. M. Bréguet les a utilisés avec un grand succès pour imprimer un mouvement de rotation s'élevant à 8 000 tours par seconde, -180 000 par minute à un miroir destiné à mesurer la vitesse de la lumière. On obtient à peu près le même résultat au moyen des engrenages à gradins. Chaque roue dejitée y est formée par la juxtaposition de trois ou quatre roues dentées de même rayon, de même dentuie, réunies entre elles, de telle sorte que les dents y forment, non pins d'une manière continue, mais par gradins, la même inclinaison que dans l'engrenage de White. Ces engren.iges, d'une grande douceur, ont été employés avec succès pour mouvoir l'arbre de l'hélice des bâtiments à vapeur.

Vitesses angulaires des foiies dentées. — Le rapport des vitesses angulaires des roues qui s'engrènent ou des nombres de tours qu'elles exécutent dans un même tenips est éi;al au rapport inverse des rayons des cercles primitifs ou des nombres de dents des deux roues. On peut donc, au moyen de pignons .lyant de six à douze dont?

IS^ c >-^

fX-ê-y /vv

'Vv-lTO^

Fig. 927. — noues di-uttiea el pigr.oni.

seulement engrenant avec des roues d'un grand rayon l'aire varier la vitesse dans dos limites très-éicnduos ; cependant, q\iand la variation est trop considérable, il vaut mieux employer un système de plusit'urs roues A, C et pignons B, D ipg. !I27), ainsi qu'on lo fait dans 1(1 tournr'lirnrhiv les mouvements d'hoilogerie, le.-^ fortes 141 iM , .1. . In ih^ignant par >■, >•',/■".,. les rayons

„u les n.iiiii ■ il.' (iriiisMcs pignons, par l\, R', R" les

i-ayons ou ks iniinbres de dents des roues dentées, le rajiport des vitesses des axes extrêmes sera fourni par

l'expression ^^.'tïïJt;;-

/loues d'angle. — Quand les axes autour desquels doivent s'effectuer les deux mouvements direct et traas-

Page 1