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dures, que l'jn nomme icttisoin ou boucliers. Ces plaques rayonnées sont ooniques et à pointe recourbée vers la quone. La jorsale commence par un rnyon très- 2ros 3t très-fort, 3t sst plus en arrière que les ventrales ; f'anale est exactement dessous. La caudale a le lobe supérieur plus long st plus large que l'inférieur. Disons snfin, pour compléter les généralités sur ce poisson, qu'il îst îxtrîmsment fécond, qu'on le trouve ihcns toutes les mers et dans tous les grands fleuves, où il donne lieu aux pèches les plus profiiables, que la plupart des espèces ont une cliair agréable et recherchée, et que, malgré ses grandes dimensions et sa force, il se nourrit de vers et de petits poissons.
L'espèce la mieux connue est VE. ordinaire [A. slitrio. Lin.), de l'ancien continent. Il est de couleur blanchâtre tachée de noir; sa taille dépasse quelquefois (i mètres de long. Au printemps, il remonte les grands fleuves pour déposer ou féconder ses œufs, et, au lieu des harengs, des maquereaux et des gades, qui lui servaient d'aliment au sein de la mer, c'est le saumon qu'il poursuit, ou les vers qu'il recherche en fouillant la vase avec son museau. Les Romains faisaient le plus grand cas de sa chair; elle n"est guère moins recherchée aujourd'hui. C'est sur le "Volga" surtout qu'on en fait les pêches les plus considérables, en pratiquant une ouverture au milieu d'un barrage provisoire et en forçant ainsi les estui-geons à entrer dans une grande chambre dont on soulève ensuite le fond. Mais comme ce poissonest d'une force considérable, les pécheurs ne s'en approchent qu'avec précaution. Du reste, il peut être gardé plusieurs jours hois de l'eau sans périr, parce que les opercuks de ses branchies en ferment exactement les orilices et y retiennent l'eau. L'Esturgeon habite presque toutes les mers et remonte dans les grandes rivières ; ainsi on le pêche abondamment non-seulement dans le Volga, dans le Danube où il abonde, mais encore dans le Pô, le niiin, l'Elbe, la Garonne, la Loire, la Moselle, et quelquefois même jusque dans la Seine. Bosc en a vu prendre cinq ou six dans l'enceinte de Paris. En 1800, on en prit un à Neuilly qui pesait 100 kilogrammes et avait 2'", 45 de long. 11 fut conservé vivant pendant quelque temps dans un bassin tic laMalinaison. Mais c'es tsurtcut dans les fleuves des contrées septentrionales que ces poissons se rendent en plus grand nombre pour frayer, en mars, avril et mai. ils y entrent par troupes, et on les voit fourmiller dans l'eau. On conçoit dès lors l'importance de leur pèche. non-seulement pour la chair délicate qu'ils fournissent à l'alimentation, mais encore par des produits très-importants, dont il sera parlé plus loin, le Caviar et la colle de poisson ou Iclitliyoco/le.
Le Pelit E. ou Sterlet (A. rulhenus. Lin.) a, au plus, 0","5. Son dos est noir et son ventre blanc rosé. 11 habite surtout la mer Caspienne, le Volga, etc. Frédéric 1" peupla les grands fleuves de Suède de cette espèce, dont la chair est très-délicato.
Nous donnerons une idée de la fécondité de l'esturgeon, en disant que l'on a compté plus de trois cent mille œufs dans le corps d'une femelle de l'espèce d'AUcmagcc, dite Sclierg [A. itellutus. Lin.). Cette espèce n'a que l°','il) de long.
Le Grand E. ou Hausen {A. huso, Lin.), des mers Noire et Caspienne, a de7 à 8 mètres. fUivier lui assi-
Fig. eSB. — Grand esluigcrn.
gnc au plus h mètres. Son bec est plus court, sa peau libsc, cl ses boucliers sont émoussés. C'est surtout avec les œuf» innombrables de cette dernière espèce, que les habitants des bords de la mer Noire font le cariar, mets très-rcclicrclié en llussie. Ces œufs forment le tiers et parfois la moitié du poids de l'animal. On fait deux cs- ])èccsdfi Caviar; \cCav. ijréut: et le Siick Caviar. Pour fabriquer le premier, on presse les œufs sur un crible, on les manie en tons sctis, pour les isoler des membranes et des petits vaisseaux ; on les plonge pendant une heure dan» une foric saiininre; on les lai.Ksc égonlicr Bur un tamis, et on les entnsso avec force dans des baril», pour le» conserver & l'abri de l'air. Le second se
prépare .^ peu près de même, seulement on ne manie les œufs que lorsqu'ils sont dans la saumure, pour les amollir, et on les tord dans des sacs de toile avant de les presser dans les barils. Il y aurait i donner encore plusieurs autres détails sur les procédés de fabrication, mais leur développement nous entraînerait trop loin. Le caviar est très-recherché en Turquie, en Allemagcn, mais surtout en Russie, d'où les Grecs en tirent une grande quantité pour leur carême.
Nous avons déjù dit un mot de la délicatesse de la chair de l'esturgeon ; elle a une saveur fine, un certain degré do compacité qui lui donne l'apparence de celle d'un jeune veau. Celle du niàle est plus estimée que celle (le la femelle. Malgré toutes ces qualités et l'abondance de cet énorme poisson dans un grand nombre de pays, les natiojis modernes ont peut-être trop négligé cette .source d'alimentation, di nt les peuples anciens ftraient un grand parti. Les Grecs et les Romains l'avaient en grand lionneur; Ovide a célébié ses louanges dans ses vers [Acipenser nobiH^). En Grèce, on le regardait comme le meilleur morceau des festins. Autrefois, eu .Angleterre, le roi s'api)rop;iait tous ceux que les pêcheurs pouvaient prendre. On dit qu'en Chine, l'esturgeon est un poisson destiné à l'empereur.'
Enfin, la vessie natatoire de l'esturgeon sert à fabriquer, par une préparation très-simple, l'iclithyocollo 01. colle d3 poisson, si usitée dans l'industrie et les arts (voyez Colles). F. L.
E'I'ABLE (Économie rurale), stabulum des Latins. — Lieu destiné au logement des bestiaux, et plus particulièrement des bœufs et des vaches; dans ce cas, on les a encore ajipelées bouveries, vacheries. C'est sous ce point de viie que nous en parlerons. Pour les autres logements des bestiaux, voyez BEr.cEniE, Écuiiie.
Les étables doivent être construites d'après les mêmes principes hygiéniques que les écuries: l'air, l'espace, la propreté, sont indispensables; mais deux points doiveiit ici particulièrement fixer l'attention, et cela tient à la conformation du bœuf ; ce spnt les dispositions qui se rapportent aux crèches et aux râteliers. Dans une étable bien entendue, ics râteliers doivent être remplacés par un système de mangeoire plus en rajjport avec la conformation de l'encolure du bœuf qui ne lui permet pas, comme au cheval, de lever facilement la tête pour prendre sa nourriture. Une auge en maçonnerie pleine, peu profonde, haute à peine de U",40:\U'",45 et régnant tout le long de l'étable, en laissant seulement un passage i chaque bout, constitue le meilleur mode pour cet objet. On disposera sur le devant de la mangeoire une barrière de 2 mètres d'élévation, formée de pilastres verticaux etl bois, séparés l'un de l'autre juste assez pour laisser passer la tête de l'animal avec ses cornes. Cette barrière peut être divisée, aussi bien que la mangeoire, en compartiments pour chaque bête. Les étables peuvent être disposées sur un seul rang d'animaux ; dans ce cas, on ménagera entre la crèche et le mur un couloir pour donner la nourriture aux animaux. S'il y a deux rangs de bêtes, on aura deux crèches séparées par un couloir: quelquefois les animaux sur deux rangs sont opposés par la croupe; alors il faut un couloir derrière chaque mangeoire. Ce système demande plus de place et plus de temps pour le service que lorsqu'il n'y a qu'un couloir. 11 est bon aussi d'avoir à l'une des extrémités de ce couloir un robinet qui fournisse l'eau nécessaire pour ;ibreuver le bétail et pour entretenir la propreté.
ETAIN (Chimie). — Métal connu de toute antiquité, d'un blanc grisâtre, susceptible de prendre un très-beau poli, qui se ternit d'ailleurs assez promptement i\ l'air par suite de la formation de l'oxyde d'éiain. L'étain est un métal fort mou et très-malléable ; lorsqu'il est en baguettes, il peut être courbé facilement en faisant entendre un craquement particulier, appelé cri de l'étain. Ce phénoniène est d'autant plus maïqué que l'étain est plus pur ; aussi les persomies qui sont habituées à manier de l'étain, jugent de son degré plus ou moins grand de pureté à la nature même du cri.
L'étain fond ù 2111"; c'est donc un des métaux les plus fusibles ; aussi peut-on le couler sur du papier ou sur du linge sans briller ces uiatièies organiques. Quand il e.st en fusion, il s'oxyde très-rapiilcinrnt sous l'action de l'air atmosphérique, et, en enlevant la couche d'oxyde i, mesure qu'elle se forme, on obtient niio bub^tauce fréquemment employée dans les arts comme matière â polir, c'est le ptotoxyde d'étain SnO, ou vulgairement la potée d'étain. On ajoute quelquefois un peu do plomb à i'clain que l'oti veut transformer ou potée; l'opération
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est nloi'S pins rapide, :\ cause de raflinitd miitucUe des diHix oxydes.
Les usages de l'étain sont aussi nombreux que variés. L'innocuité reconnue de ses compO!.é3 le fait appliquer directement à la fabrication de la vaisselle ou poterie d'étain. Souvent aussi on recouvre avec une couche de ce mi5tal les vases de cuivre qui pourraient donner lieu, au contraire, à des produits excessivement vénéneux (voyez Etamage). Sa grande malléabilité permet de le réduire en lames très-minces, employées dans le commerce comme enveloppes d'un trfcs-grand nombre de produits. On peut aussi le réduire en poudre par la percussion ou par tout autre moyen, et l'appliquer ensuite à la surface de différents corps, où on lui donne ultérieurement un degré plus ou moins grand de poli avec le brunissoir.
Etain (Oxydes d"). — Il en existe deux : le protoxyde SnO dont il vient d'être question précédemment, et l'acide stannique SnO-. C'est à la formation du protoxyde qu'est due l'altération du poli desvases d'étain. Il est bon de remarquer toutefois que la couche d'oxyde ainsi formée est fortement adhérente au métal lui-même, de telle façon que l'oxydation demeure tout ;\ fait superficielle, et qu'en définitive les vases d'étain ont une assez grande durée.
L'acide stannique SnO^ se forme lorsqu'on traite l'étain par l'acide azotique dilué (voyez Acide azotique). Il se précipite alors sous la forme d'nne poudre d'une trèsgrande blancheur, qui est un hydrate d'acide stannicp-.e. C'est l'acide stannique qui constitue le minerai ti'étain ou cassitérite.
ExAiiv ( CHi.oituRES d'). — Il en existe deux correspondant aux deux oxydes : le protochlorure SnCl et le bichlorure SnCl^.
Protnchlorure d'étain, sel d'étain. — Ce composé, si précieux dans l'art de la teinture et de l'impression sur étoffes, s'obtient en traitant de l'étain en grenailles par l'acide chlorhydrique concentré; la réaction est très-vive; il se dégage du gaz hydrogène, et il reste une liqueur que l'on concentre jusqu'à ce qu'elle se prenne en une masse cristalline. C'est sous cette forme que la substance est livrée au commerce.
C'est une matière blanche, d'une saveur très-astringente, très-acide, et présentant une odeur caractéristique que l'on a comparée ii celle du poisson pourri. Au contact de l'eau, le protochlorure d'étain qui commence par s'y dissoudre ne tarde pas à s'y altérer, en donnant lieu à la formation d'un oxychlorure dont la formule est SnCI,SnO. Il s'altère également au contact de l'air, même sans l'intervention de l'eau; aussi convient-il de le conserver dans dos flacons bien bouchés, et, quand on doit l'employer dissous, de ne faire la dissolution qu'au moment de s'en servir.
Le sel d'étain est doublement précieux dans l'art de la teinture, comme mordant et comme rongeant (voyez Teinture, Impression sun étoffes). La seconde propriété est due à sa tendance chimique très-prononcée à passer à l'état de bichlorure, phénomène qui s'accompagne nécessairement de la fixation de l'oxygène sur le métal devenu libre. Aussi, vient-on à verser du protochlorure d'étain sur des dissolutions métalliques au maximum, celles-ci sont ramenées toujoursau premier degré d'oxydation. Si, par exemple, on l'applique sur une étotfe teinte en violet par un sel de manganèse, celui-ci passe à l'état de sel de protoxyde incolore, et, partout où le sel d'étain a agi, il se produit du blanc. En mélangeant le sel d'étain avec diverses matières colorantes, on peut, sur le fond oxydé, obtenir des dessins de la nuance que l'on veut.
Ilicidnrure d'étain. — S'obtient en faisant passer jusqu'à refus un courant do chlore dans le protochlorurc. L'est un liquide fumant, appelé souvent liqueur fumante de Liijavius, lia nom du chimiste qui l'a préparé pour la première fois. D'une importaTice moindre que le protochlorure, il est d'ailleurs employé, comme lui, au mordanrage de certaines couleurs. On se sert souvent aussi de chlorures mixtes, à constitution complexe; c'est ce qui a lieu, par exemple, pour la fabrication du jiourpre de Cassiwi (voyez Or).
On emploie souvent aussi les chlorures d'étain à la fabrication de stannates divers, utilisés soit comme mordants, soit comme matières colorantes propres. C'est ainsi, par exemple, que le stannale de chrome forme la partie essentielle de la belle couleur rose que l'on applique sur la faïence Une d'Angleterre.
ErAiN(Sui,Fi;uKS d'). — Il existe deux sulfures d'étain,
SnS, SnS-. Le protosulfure s'obtient par précipitation» en traitant un sel de protoxyde d'étain par l'acide suifhydrique. C'est un composé sans usages. Il n'en est paS de même du bisulfure, appelé aussi or mussif, cr de Judée, bronze des peintres, et qui sert de temps immémorial pour dorer le bois, bronzer les poteries, le plâtre, etc. C'est aussi avec cette substance qu'on frotte les coussins de la machine électrique, pour rendre plus intense le développement de l'électricité.
On le prépare en faisant d'abord un amalgame de 12 parties d'étain et G de mercure, qu'on broie ensuite avec 7 parties de fleurs de soufre et 6 de sel ammoniac. On chauffe le tout au bain de sable dans un matras, d'abord modérément, puis à peu près jusqu'à la température du rouge naissant. En cassant le matras, on trouve l'or mussif sous la forme d'écaillcs jaunes et brillantes, légèrement agglomérées.
Etain (Alliages d') — L'étain s'emploie rarement dans la poterie à l'état de pureté. Il est ordinairement allié avec une certaine quantité de plomb. Toute-fois, en raison des propriétés toxiques de ce dernier métal, la proportion qui peut en être introduite dans la vaisselle ne doit pas être trop forte, et est d'ailleurs soumise à une surveillance spéciale.
Le plus important des alliages d'étain et de plomb est l'alliage des plombiers, formé de 1 partie d'étain et 2 do plomb (voyez Alliages).
Nous empruntons au Traité de chimie de M. Girardin, le tableau suivant renfermant la composition des alliages d'étain et de plomb les plus employés.
Alliage pour les vases et mesures de capacité
.alliage pour cuillers, flambeaux, écritoires, sabliers, capsules de bouteilles, etc
Alliage pour plats, vaisselle, fontaine, etc
Alliage pour brillants de fahlun..
Alliage pour jouets d'eufanis, etc.
Alliage pour feuilles des boites à the, à envelopper le chocolat, le sucre de pommes, te tabac, etc.
.\.lliage des tubes pour vases syph'iïdes des fabricants d'eaux
ETAIN (Métallurgie). — Le seul minerai d'étain est l'oxyde. Il se trouve en sable, et est connu alors sous le nom de minerai d'aliuvion; on le trouve aussi en filoiis dans les terrains métamorphiques, avec du quartz, des pyrites de fer et de cuivre, de la pyrite arsenicale, du wolfram. L'oxyde d'étain est en cristaux, en veines ou veinules, disséminé dans les gangues. En France, on a exploré plusieurs gisements d'étain ; aucun n'est exploité. On le trouve principalement dans le Cornouailles, en Allemagne, au Pérou, dans l'Australie, à Malacca et Banca dans l'Inde. La production totale de l'étain peut s'élever à 9000 ou 10 000 tonnes par an. L'Angleterre en produit 6000.
On extrait l'étain par deux méthodes différentes : Is méthode anglaise et la méthode allemande.
Méthode anglaise. — Le minerai est presque toujours très-pauvre; on l'enrichit par préparation mécanique. La pesanteur considérable de l'oxyde d'étain rend cette préparation facile. Pour les minerais impurs, on fait d'abord un grillage qui élimine du sonfre, de l'arsenic, et donne dus sulfates et arséniates ; ceux-ci sont entraînés par l'eau dans e lavage auquel on soumet les matières grillées. Le grillage s'elïectuo aujoui'd'hui en Angleterre à l'aide d'un four à sole tournante que représente notre figure. Au centre du plafond est une trémie C, par laquelle on projette le minerai; la sole est formée par un plateau conitpic 13 en fonte, qui peut recevoir un mouvement très lent. Le râteau D est destiné à renouveler les siu-faces du minorai. Celui-ci descend peu à peu et s'échappe par Iccarneau E. On peut arriver à avoir un minerai riche à 06 ou 70 p. 100, en moyenne; le wolfram reste, mais le quartz est enlevé en grande partie. La réduction de l'oxyde d'étain se fait dans \m grand four à réverbère dont"la sole a une surface de G à 7 mètres carrés et dont nous donnons (/ijr. !)'.)!) la coupe et le plan. A cstlasolc concavcdans laquelle sont des carneaux destinés à laisser circuler l'air froid, F le foyer, B la porto do charge, C la porte de tr.avail, placée près du carneau conduisant à la clieminéo U. E ouverture communiquant avec les bassins de réception I. Le minerai mé-