‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 376 sur 396 · FED · texte numérisé non relu

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dues prennent l'aspect et la conformation d'nne véritable pninc entourant le rameau qui porto l.i feuille ifig. 1057). Fruquemment, les stipules sont caduques, et après leur chute un grand nombre de végétaux à feuilles réellement stipulées semblent Otre naturellement dépourvus de CCS appendices; l'observation des feuilles récemment développées rectifie seule cette erreui'.

Il importe de remarquer que l'on n'observe jamais de stipules chez les végétaux monocotylédones.

Durée des feuilles. — Les feuilles, comme l'on sait, sont des organes temporaires de la plante ; arrivées à leurs dimensions définitives, elles durent un teiups plus ou moins long, puisseflétrissent et tombent [lour être remplacées par de nouvelles feuilles. Dans nos Lliiuats, la plupart des végétaux ne gardent leurs feuilles que quelques mois ; sous des climats plus chauds, beau-

Fi|î. 1073. —Feuilles oppoi

(cèptialanthe occidental) (2).

( oup de plantes conservent leurs feuilles plus longtemps; I 11 les y voit souvent persister deux ans et plus. Cette per- -istance comble la lacune qui existe dans la plupart des MUL'taux de nos pays entre la chute des feuilles anf icnnes et le développement des nouvelles. Ces plantes ij' se montrent pas dépouillées comme le sont nos arbres l'indaut la saison rigoureuse, et on les désigne souvent I :ii' les mots d'arbrisseaux, arbres verts ou toujours verts,

:, mieux encore, de plantes à feuilles persistantes. On

lit citer chez nous, parmi les plantes à feuilles persisles, les pins, les houx, les chénes-verts; le nombre de espèces est très-considérable dans les régions tropi ~. La feuille vieillie comirience par perdre l'éclat de

. ' iiileur verte; souvent, comme dans la vigne, les poi- I s, elle se marbre de taches jaunes et roiigeàtres,puis

I' tourne peu à peu à une teinte d'un brun jaunâtre, n une spéciale désignée sous le nom de feuille-morte. (rite couleur par.tît due à une altération particulière tli- la matière verte ou cldorophtjlle (voyez ce mot), qui se transforme en une nouvelle substance jaunâtre, et nommée, A cause de cela, xanthophylle (du grec xan- Ihos, jaune). Une fois flétries, tantôt les feuilles se désarticulent à leur base et tombent des rameaux, tantôt elles restent sur la plante et ne s'en détachent que lentement, à force d'être secouées par les vents.

Comparaison des feuilles des végélnux dicotylédones et dei véf/élaux monocotylédones. — Les feuilles des végétaux'dicotylédones présentent toutes les formes, depuis les plus simples jusqu'aux plus compliquées. Leurs nervures pennées ou palmées se ramifient en formant des angles de divergence bien accusés, et vont ensuite entremêler leiu's plus fines extrémités en un réseau continu qui s'étend sur tout le limbe. Cette disposition réticulée des nervures se retrouve à peu près constamment dans les espèces de végétaux dicotylédones. Dans le groupe des végétaux monocotylédones, les feuilles sont simples et le plus souvent. entières. Louis nervures ne forment jamais de réseau ; quelquefois, comme dans le bananier (fig. 1074) et quelques autn.s, elles se montrent pennées; mais les nervures secondaires, nées de la principale par une direction curviligne et non angulaire, restent parallèles entre elles, sans branches transversales de communication. Dans les autres plantes monocotylédones, lesner-

(1 1 f, portion de la feuille. — r, rameau, —s, stipules soudées cil une seule sur le côté opposé du rameau.

(2) r rameau. — f, feuilles. — s, stipules soudées d'une feuille il l'autre.

vures des feuilles sont toutes parallèles [fîg. 1 07 5), comme on peut le voir sur les iris, les roseaux, le blé, le mais. La plupart de ces feuilles peuvent être considérées comme de véritables pliyllodes, et doivent â cette circonstance la disposition parallèle de leurs nervures. Dans quelques

monocotylédones, comme le gouet, le lamier commun [sceau de Notre-Dame), la salsepareille, l'igname de la Chine, le limbe se développe, et il offre alors les nervures ramifiées et réticulées qui le distinguent cliez les dicotylédones. La partie vaginale des feuilles des monocotylédones est ordinairement très-développée ; elle forme souvent une gaine fort longue qui enveloppe la tige ifig. 1075), comme on peut l'observer dans le blé et dans les autres plantes graminées.

Quant aux plantes cryptogames ou acotylédones, les fougères seules, purmi elles, ont de véritables feuilles; ces feuilles sont grandes, en général très-compliquées de forme et pourvues de nervures très-ramifiées, formant dans le limbe un riche réseau. Chez les acotylédones, voisines des fougères, telles que les marsiléas, les lycopodcs, les mousses, on trouve encore des appendices foliacés, mais d'une organisation extrêmement simple ; chez les autres , comme les lichens , les champignons, les algues, etc., les feuilles manquent totalement.

Insertion et arrangement des feuilles. — La feuille normalement conformée est essentiellement constituée par un faisceau de vaisseaux qui va s'épanouir dans une lame celluleuse ou limbe de la feuille, pour y faire respirer la sève de la plante. La tige ou la branche qui porte les feuilles n'a jamais nne année accomplie de développement, et elle contient à son centre un étui médullaire formé de trachées et d'autres vaisseaux. De cet étui se détachent les vaisseaux qui occupent le centre du pétiole de la feuille et vont se distribuer dans les nervures. Ce faisceau central du pétiole est entouré de tissu cellulaire qui va se joindre à celui du limbe, et qui, à la base de la feuille, correspond i l'enveloppe celluleuse du rameau. Souvent, au point de jonction, une structure plus serrée du tissu cellulaire indique un point de rupture, que l'on nomme articulation, et où la feuille se détache dès qu'elle commence à se flétrir. Cette disposition articulée des feuilles s'observe surtout chez les plantes dicotylédones A feuilles composées.

On nomme caul inaires [au latin caulis, tige) les feuiUcî qui s'insèrent sur la tige; raméiiles (du latin ramu.f, rameau), celles qui s'insèrent sur un rameau. Parfois, la tige extrêmement raccourcie dépasse à peine le collet de la plante, et les feuilles, ramassées vers ce point, forment nne toulTe qui semble naître de la racine, coimuo

(\]go, partie va^-iiiale de la paiue. — gl. partie libre de la gaiue, noiiiinee ligule. — /', limbe de la feuille.

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on le voit, par exemplp, dans les prinicvi''i'es; dans ce cas, les feuilles sont appelées radicules (du latin rodix, racine).

Quelle que soit la partie de la plante où les feuilles sont insérées, leur arrangement n'y est pas abandonné au liasai'd, mais y est déterminé par certaines combinaisons dAit les règles constituent une étude spéciale, encore nouvelle et désignée sous le nom de plujllolaxie idu grec phiillon, feuille, et Iaxis, disposition). Souvent la régularité de l'arrangement des feuilles sur le rameau se révèle i tous les yeux, et depuis longtemps tous les botanistes ont distingué sous ce rapport les feuilles opposées, les feuilles verlinllées, les feuilles alternes, les feuilles éparses. Les feuilles sont opposées, lorsqu'elles sont insérées deux par deux, chacune d'un côté opposé de la tige, à la même hauteur vis-à-vis l'une de l'autre. Habituellement, dans ce cas, la direction des pairessuccessivcsde feuilles alterne, de façon aies placeren croix les unes parrapport aux autres ifîg. 107G),eton ditalorsque les feuilles opposées sont déeussées (du latin decussalus, croisé). On nomme feuilles verticillées [fig. 10Î7) celles qui s'insèi eut au nombre de plus de deux, à la même hauteur autour de la tige, et y lorment une sorte de cercle nommé verticille. Lesfeuilleso//e/-«es(/fy. 1078), sont insérées touri tour à gauche et à droite de la tige, à intervalles égaux, mais jamais à la même hauteur.

Enfin, on dit que les feuilles sont éparses quand elles s'insèrent sur divers points du rameau sans régularité apparente.

Vers le milieu du dernier sècle, le philosophe naturaliste Cil. Uonnet fit remarquer, le premier, que les feuilles alternes sont insérées de telle façon, qu'en reliant par une ligue leurs intersectionssuccessiveson obtient une spirale régulière contournant le rameau qui les porte. MiM. Al. Braun et Schimper reprirent, vers 183i, cette étude de l'arrangement des feuilles sur la tige, en niémetempsqueMM. L. etA. liravais>e livraient, de leur coté, à des travaux analogues. De ces recherches est résultée la mise en lumière de quelques lois dont on trouvera une exposition succincte au mot Végétal. Mais on doit dire ici d'une manière générale que les feuilles des végétaux sont toujours insérées suivant une spirale décrite à la surface de l'axe qui les porte. Cette disposition est caractéristique de ces orgaites, et, comme ils subissent parfois des modifications capables de les rendre méconnaissables, ce seul fait autorise à décider de la nature des appendices où on l'observe, n Ainsi, dit Ad. de Jussieu, sur l'asperge, observant de petites écailles insérées sur la tige et disposées en spirale, nous n'hésiterons pas .1 penser que ce sont les feuilles réduites à Ictir partie vaginale. »

Les végétaux monocotylédonos ont, en général, leurs feuilles alternes ou éparses; un trèspetit nombre semble avoir des feuilles opposées ou verticillées; mais elles ne sont pas rigoureuse- Vj5^^ N^ ' ' ' '/ ment i la mèuie

X^^^si;. ■ ' -^ iiauteur. Lesdicoty-

' lédunes ont leurs

piemiéres feuilles opposées, conmio les cotylédons ; mais beaucoup d'entre eux perdent immédiatement ou peu à peu cet arrangement. Dans un grand nombre de familli's initurollps de plantes, la disposition des feuilles peut-caractériser tout le groupe I.es acolylédoncs qui possèdent des feuilles les montrent oii«'ti disposées siiivarit une ligne spirale. Cette régularité dans rarrangement des feuilles a iinc'

conséquence importante; comme chacune des feuilles porte tiii bourgeon à son aisselle, les rameaux qui naissent de ces bourgeons se conforment aux mêmes règles d'arrangement, et tout le port du végétal se trouve ainsi en rapport intime avec le mode d'insertion des feuilles. Modifications de la jemlle. — On trouve sur certains végétaux les feuilles transformées : 1° en filaments contournés, nomméivrilles, comme dans les pois, les vesces,

les gesses {fiq. lOTfl) ; 2° en piquants qui s'observent, soit ;\ l'extrémité de certaines nervures, comme dans les houx, les chardons, soit à la place de la feuille elle même et par une transformation complète de cet organe, comme on peut le voir dans l'épine- vinette, soit .'i la base même de la feuille par une modific;'ition des stipules, comme on l'observe sur le robinier faux-acacia; 3° en écailles plus ou moins foliacées, ou plus ou moins ligneuses, comme on en voit sur les bourgeons; 4° en bractées ou feuilles florales, qui sont des feuilles placées au voisinage des fleurs, modifiées par suite des modifications mômesd'où résulte la (leur; caronpeut voir aumot /^/fur que cette partie compliquée et si intéressante de la plante ist réellement un rameau avec ses feuilles transformé en un appareil particulier pour assurer la production des graines.

Structure des feuilles. — Les feuilles étant, chez les plantes, les organes de la respiration, leur structure doit être en rapport avec le milieu où séjourne la feuille, comme les poumons, les trachées, les branchies, sont, chez les animaux , des modifications de l'appareil respiratoire appropriées à l'habitation aérienne ou aquatique. Les feuilles des plantes habituellement submergé(!S dans l'eau ont l'organisation la plus simple; c'est par elles qu'il vaut mieux commencer.

Parmi les plantes aquatiques, les unes, comme ies potamogétons, se tietment constamment submergées; les autres, cDmnie les nénuphars, tiennent leurs feuilles étalées à la surface de l'eau, et surnageant de façon il conserver leur face supérieure toujours en contact avec l'air extérieur. Leifeuillessu'jinerfjées [fit/. I08(l)se composent

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uniquement de tissu cellulaire proprement dit ou j^arenchyme, les cellules pourvues des granulalinus vertes daiis loùriniérieurscMit habit nelli'UUMit raiigcTNsinilruM.i; troi^ couches seulement d"éi)aisscur, régulii fi'ii"'ni sii;i .•s Ic^ unes contre les autres, et l'onnent un li^ii ii. s iinilcirme et très-perméable à l'eau ambiante. Dèsqnr Ks leiiillei submergées sont un peu épaiss' s, on y observe des In cunes très-régulièrement conformées et complètement closes par les cellules environnantes. Ce sont dos espèces de vessies aériennes ipii contribuent i\ soulenir la Iciiille dans le liipiidc environnant ; ce» feuilles, d'une structure

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si simple et dcpoiirvups do tout ('pitiernip, se dossèchont et se crispent rapidement hors de l'eau. Les feuilles surnageantes ont une structure déjA plus compliquée. Leur parencliyme est traversé de nombreux faisceaux v.isculaires, qui forment des nervures trÈs-saillantcs i la face inférieure de la feuille. D'une autre part, elles sont recouvertes d'un épidémie que l'on ne trouvait pas sur les feuilles submergées. Cet épidémie s'étend sur toute la feuille; mais à la face supérieure, qui est en contact avec l'air, il est percé de ^(omato ou crganes d'absorption que nous décrirons plus loin ; à la face inférieure, il en est complètement dépourvu. Ces détails intéressants sur la structure des feuilles aquatiques sont dus aux travau's de M. le professeur Ad. Brongniart.

Les Icuilles aériennes, qui sont constamment plongées dans l'atmospliire, sont formées d'un parencliyme ou tissu cellulaire au milieu duquel se distribuent les faisceaux de fibres et de vaisseaux que nous avons signales, dans l'étude extérieure des feuille--, sons le nom de nervures; les deux faces de ces feuilles sont recouvertes par une lame d'épiderme pourvue de stomates. Le pa- ^ ri- rencliymeestfornié

-,=-,,=» — ^-j de deux couches ' — ^-^ distinctes de cellules superposées, comme le montre la figure ci -jointe.

Dans l'un comme -Si dans l'autre, les = cellules sont remplies des granules verts de la substance colorante eju!u-b nul) nommée ehloro-

phylle (voyez ce niot); mais la couclic contiguë à la face supérieuie de la feuille est compacte et serrée, tandis que la touche inférieure, formée de cellules lâches et irrégulières, renferme de nombreuses lacunes que remplissent des matières gazeuses. Chez les plantes à feuilles l'paisses, nommées vulgairement plantes f/rasses, le parenchyme est un tissu de grosses cellules laissant à peine quelques lacunes entre elles, trts peu riches en granules verts et presque toutes blanches vers le centre de la feuille. Les faisceaux fibrovasculaires qui se ramifient en nervures dans le parerichyraesont formés de trachées, de vaisseaux striés, réticulés, rayés, et de fibres ligneuses. L'épiderme est une couche régulière de cellules juxtaposées, que l'on peut comparer à une sorte de mosaïque. Par sa face interne, cette lame épidermique est fidliérente au parenchyme sous-jacent; sa surface extérieure est en contact avec l'air ambiant; elle est recouverte d'une même pellicule entière-

l'air extérieur. Les deux lèvres sont formées chncuiio par une cellule épidermique, soulevée et goiifiée; elles laissent entre elles un petit orifice au niveau duquel ia

cuticule, également ouverte, donne accès aux gaz extérieurs qui doivent pénétrer par le stomate. Ce stomate est en relation avec les mé.ats ou inlerstices imercellulaires, et les lacunes que j'ai signalées plus haut ; sous chaque stomate ce voit, en général, une lacune qui semble recevoir de lui l'air puisé au dehors Jamais on ne

Fig. 1081.

Fig. 10S2. — Feuille tlu lis b!.inr, lambeau A'f\H'l

ment transparente, et que l'on nomme cuticule. La superficie de l'épiderme est parsemée d'organes spéciaux d'absorption et d'exhalation, que j'ai déjà cités sous le nom de stomates, véritables porcs à lèvies renflées, qui font communiquer les cellules et les l.icunes du parenchyme avec

(1)«s, cpidcrme de la Tacc supérieure. — ei, cpiilcime de U fiicc iiifcrieiiie. — ps, cuuclit supérieure du partiicliyme. — jii, couche inférieure du parcnctnine. — /, lacuius.

(î) sss, stomates. — ce, cul'icule montrant eu / les fentes nui correspondent aui slomales. — ee, épideiine piopremeot dil.

Ti-. lOSi. — Lamljc n dV'i.iderme pris snr 11 face inrérieure J une tcu:!i» ' de garance ;2).

trevne de stomates sur les nervures. La disposition de ces pores de l'épiderme varie d'ailleurs sur la feuille ; dans les feuilles aériennes, les stomates sont hatiitucUenient beaucoup plus abondants à la face inférieure qu'à la face supérieure de la feuille. Les feuilles surnageantes n'ont, au continire, de stomates qu'à leur face supérieure, qui seule est aérienne. Les feuilles submergées, n'ayant pas d'épiderme, n'ont pas de stomates. Généralement disséminés sur les feuilles sans ordre appréciable, les stomates forment, sur celles de certaines espèces, des séries rcctilignes diversement espacées. Certaines plantes des familles des Béyoniacies, des Proté(icef:s, des Sririfra'/ées, ont leurs stomates réunis par groupes oij on les voit serrés les uns contre les autres, tandis que les autres parties de la surface de la feuille en sont privées.

Fonctions des feuilles.— Les feuilles, par les fonctions nombreuses qu'elles exercent, jouent dans la nutntiondes plantes un rôle considérable. Par elles s'exécute spécialement une des plus importantes fonctions de la vie de la plante, la respiration .voyez ce moti, fonction ■ complexe par laquelle le végétal puise, dans l'atmosphère, de Voxygène pour des phénomènes intérieurs de combustion lente, comparable à celle des animaux, et du carbone sous la forme d'acide carbonique, pour en constituer les parties les plus solides et les plus durables de son être. Outre cette fonction si remarquable, les feuilles sont encore des organes d'absorption et d'cd-lialulinn ; selon l'état du milieu où elles sont plongées, les feuilles absorbent de la vapeur d'eau, de l'eau en nature, ou bien elles en laissent transpirer et en cxhiileiu. Ce dernier phénomène s'établit dès que l'air qui cnviiotinc lo végétal est sec, tandis que dans l'air humide ou dans l'eau, c'est l'absorption qui s'exécute. Dans l'un et l'autre de ces actes, les stomates jouent un rôle important et donnent passage aux fluides que la plante exhale ou absorbe. La vapeur d'eau exhalée par les feuilles se dis-

(11 ec, cellules épidcrraiques. - p, cellules du parcuchvite. -I, une lacune du parenchyme. - m, méals ou espaces intercellùbiircs uù les gai circulent. — s, slomalc avec ses deux lèvres formées par de- cellules.

I (2) e, cellule épidermique. — S stomate.

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si?miac le pUis souvent dans l'nii' ambiant t mais parfois, trop abondante ou condensto par le froid, celte vapeur forme sur les fenilies des gouttelettes d'ean, comme on en voit souvent le matin à la pointe des feuilles de certaines graminées, ou dans les petites cavités do la surface supérieure des feuilles du chou. On les a longtemps attribuées à la rosée; Musclicnliroeck a, le premier, démontré qu'elles sont dues à l'eslialalion aqueuse. L.-C. Treviranus a, plus récemmi^nt, confirmé et étendu les expériences du savant hollandais, et rais le fait hors de toute contestation. D'antres expérimentateurs, tels que Halos et Seuebier, ont cherché à constater quel rapport existe entre la quantité d'eau absorbée par les racines et celle qui est exhalée par les feuilles. F,n général, le végétal perd p.ar la transpiration les deux tiers de l'esu absorb.;e.; du reste, l'état de l'atmosphère a une influence prépondérante. Par un temps chaud et sec, l'eshalaiion aqueuse devient très-active; elleseralenlit par un temps humide et devient presque nulle dans certains cas. La nuit, cette fonction paraît interrompue. La jeunesse et la vigueur du végétal augmentent l'activité de l'exhalation aqueuse. Plus les surfaces sont riches en stomates, plus elles exhalent de vapeur d'eau; aussi j' a t-il à cet égard de grandes différences d'une espèce i une autre,' et, pour la même raison, la face inférieure do la plupart des feuilles exhale beaucoup plus que la face supérieure. Quand, par une cause quelconque, la transpiration devient trop active, le végétal se fane et perd sa vigueur; c'est ce qu'on observe dans certaines plantes lorsqu'elles sont exposées au soleil, et d'une manière générale dans celles qui soulTient de la sécheresse.

Mouvements des feuilles. — On possède aujourd'hui un assez grand nombre d'observations relatives aux mouvements exécutés par les feuilles; les uns se manifestent sous riufluence de la lumière, les autres en sont indépendants.

D'une manière générale, les feuilles se dirigent vers la lumière, et leur face supérieure tend à regarder le ciel. Si, sur un végétal vivant, on contraint une branche !i se diriger vers la terre, les feuilles .au bout de quelques jouis se sont tordues sur leur pétiole, de manière ;'i présenter de nouveau leur face supérieure à la lumière. Chez beaucoup de plantes de la famille des Légumineuses, on trouve, ;"i l'auroie, les folioles horizontales; à mesure <lue le soleil s'élève sur l'horizon, elles se dressent vers la position verticale; au déclin du jour, elles se penchent do nouveau vers le sol et sont presque pendantes durant la nuit (voyez Sommeil des plantes). On peut observer ces faits sur les haricots, les pois, etc.

Les mouvements les plus curieux des feuilles sont ceux qui ne dépendent pas de rinfluence de la lumière. La irensilive [Mimoiu pudica. Lin.) est justement célèbre Eous ce rapjort; nu moindre contact, les folioles nombreuses de ses feuilles, gracieusement décomposées, se r.approchcnt vivement en accolant deux ù deux leurs faces supérieures, et la feuille tout entière, par une inflexion du péiiùle, s'incline vers le sol. Le choc du vent, l'ombre d'un nuage ou d'un corps opaque, l'action de l'étincelle électri(|ue, la chaleur, le froid, les gaz irritants provoquent ces mouvcmenis jusqu'ici incxi)licables. Le chloroforme les suspend et semble endormir la plante. Le Sitin/'oin osciliaul (lle/ti/sanim r/j/rans. Lin.), du Bengaloi a des feuilles composées do 3 folioles, dont les 2 latérales sont animées spontanément d'un double mouvement rapide, saccadé, continu, d'inflexion et de torsion sur elles-mômes; pendant ce temps, la foliole médiane et impaire se redresse ou relombc vers le sol, suivant les progrès de la lumière solaire. Une plante du Pérou, nommée par les botanistes l'oriieria liyr/rometrica, PiU. et Pnv., de la famille des Xyynf/iyl/éés, rapproche et accole ses folioles aussilùt que le ciel se couvre de nuages et se prépare à la pluie. On trouve à la Caroline une plante plus curieu.se encore qui prend et tue des infectes ; c'est la Uinnéi: u/lrii/)e-mouc/ie {Dioiiœa mwci- ]>u.'u. Lin.), de la famille des Drosér/icc'es. Ses feuilles sont terminé-s par deux lobes arrondis, articulés le long de la nervure médiane, lunnis de poils serrés sur les bords. Dès qu'un insecte touche leur face supérieure, ces doux plaques bo redressent l'une vers l'autre et tiennent ranimai serré entre elles di'ux, tant que les mouvcmenis du caplif entretiennent l'irrilntion de la plante. L'ne petiie plante do la même faniille, commune aux environs de Paris, le Itnssulù à feuilles rondes {Dmsera roliiHiHfolia, Lin.) oITro une conformation analogue et exécute des mouvemenlsscmblablesdans les mCmes conditions. L'indo, l'Ilo do Madagnwnr, nourrissent des

plantes non moins singulières, qui forment un genre connu EOUS le nom de Nej.enl/ies, et servent de types Ma petite famille des Ntpinlhées. Leurs feuilles sont munies à leur sommet d'une sorte d'urne creuse, fermée par \m petit couvercle foliacé, articulé et mobile. A l'aurore, l'urne est remplie d'eau et fermée ; elle s'ouvre avec le jour, et le liquide diminue peu à peu. On a lieu de croire que cette eau est excrétée la unit par la plante. Pour terminer ce qui concerne cette ([ueslion, il serait intéressant de pouvoir indiquer la caufe de ces mouvements des plantes; mais jusqu'ici, malgré bien des recherches, et particulièrement malgré do longs travaux de Diitrochet, la cause et le mécanisme du mouvement des feuilles nous sont entièrement inconnus. Ad. F.

Feuilles flokales (Botanique). — Nom donné, aussi bien que celui de Ijracie'es , aux feuilles voisines des fleurs, quand ce voisinage en a modifié notablement les dimensions et les formes (voyez DnACTtES).

Feuilles pRiMonniALEs (Cotauique). — On donne ce nom aux fer.illes qui résullent du développement de la gemmule de l'embryon, et qui apparaissent les preniièics dans la gcrminaliun. Souvent, elles ont une forme lièsditïérenlo de celle des feuilles du végétal adulte (voyez

GEnMINATION).

Feuilles skminales (Botanique*. — Nom donné parfois anx cotylédons (voyez ce motV

FEUILLËE (Botanique), Feuillea ou Fevillca, Lin. ; dédié au père Feuillée, voyageur du xvii* siècle.— Genre de plantes Dictylédones dialy pilâtes [jérigynes de la fanjille des Cucurldlacées, suivant de Jussien, et dont Auguste SaintHilaire a fait le type de la fitmille des Nliiindhirobécs, voisine des Passillorécs et adnpiée par Ad. Brongniart, Ce genre se distingue par : fleurs dioîques ; calice .^ 5 divisions étalées; corolle gamopétale à 5 lobes; dans les mâles, 10 étamiues libres, dont .S stériles; dans les femelles, un ovaire presque infère; 5 styles et 5 stigmates; baie volumineuse, à 3 loges et à écorce dure ; c'est le genre Niindhii-oba de Plumier. Ce sont des herbes grimpantes, munies de vrilles. Leurs feuilles sont alternes et leurs fleurs sont axillaires. Elles habitent, en général, l'Amérique équatoriale. La F. ù fenilies cordées \F. cordifolùi. Lin.) a les feuilles cordiformes, anguleuses. La F. ponctuée (F. punctnta. Lin.) présente des feuilles lobées, avec des ponctuations en dessous. Cette espèce croit à Saint-Domingue.

FÈVE (Bolaniquc), Fahn, Tourn.; du celtique faff. — Genre de plantes Dicotylédones dialypélales périgynes, de la famille des l'apitlonocées, tribu ries Viciées, et que quelques .auteurs persistent, à l'exemple do Linné, à ranger dans une division du genre Vicia. La F. commune {F. vulgaris, de Cand. ; Vicia faha. Lin.), appelée aussi vulgairement F. des marais, s'élève souvent à un mètre de hauteur. Ses feuilles sont ailées à 4 ou G folioles entières, glauques, et ses stipules dentelées sont un peu sagittées. Ses fleurs, réunies par 2-3 sur un pédoncule court, sont blanches avec une tache noire sur chaque aile, et répandent une odeur agréable. Ou croit la fève originaire de Perse, dans les environs de la mer Caspienne.

P.irnii les variétés cultivées de cette plante, on distingue la grosse F. ordinaire, qui est celle que l'on cultive le plus communément dans les jardins et dans les champs; la F. de Witidsor, à graines larges et presque rondes (variété plus estimée comme fourrage que pour ses graines, parce qu'elle est peu productive); la /•'. naine hâtive, qui donne des gousses abondâmes, ainsi que la naine rouge ; la F . verte, dont les gousses restent vertes à la maturité (variété de la Chine) ; la F. violette, dont on a une variété à fliurs pourpres, irèsbelles;la F. à longue cosse (variété tardive, grande et très-productive) ; enfin, la F. îles cliatiijis, appelée aussi F. de clwval , Féverole et Gourgane (Faba vulgaris ec/uiun), se distinguant par sa graine allongée, uù peu cylindrique (voyez Féveiigle).

Les fèves sont cullivées dèî la plus haute antiquité. Elles ont élé autrefois l'objet de plusieurs supci'slilions. Lcsl':i;yplions, loin d'cmiiloycr les fèves comme aliment, les regardaient comme immondes et les rejelnient avec dégoùi lorsqu'ilsen rencnnlr;iienl. Pylbagore. Cicéron, Ari.slfll(! inOmo, ont alliibné aux fèves certaines propriétés fâcheuses, et ont dc'fendu A leurs disciples de manger de ce légume. Le premier « enseignait, dit Jaucourt dans V Encyclopédie, que la fève était née en même temps que l'homme et formée do la mémo corruption ; or, comme il tniuvaitdans la fève je ne sais quelle ressemblnncc avec les corps animés, il ne doutait pas qu'elle u'cùt aussi une

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âme sujette, comme les autres, aux vicissitudes de lu transmigration, par consériiient que quelques-uns de ses parents ne fussent devenus fèves; de là le respect qu'il avait pour ce légume, dont les pythagoriciens s'abstenaient. » Horace (liv. II, sat. (;, V. G3) a fait une allusion moqueuse à cette idée en ces termes : o Qu.and venaije apporter sur ma table frugale la fùve, parente de Pytlmgore {!';/thagorœ corpuita), et des léginrics .assaisonnés d'un lard savoureux î » Les Romains cultivaient les fèves pour s'en nourrir, et elles tenaient un des premiers rangs pai mi leurs légumes. Ceux qui voulaient gagner les faveurs du peuple, lui faisaient distribuer des légumes parmi lesquels se trouvaient des levés, ainsi qu'il est dit dans cet autre passage d'Horace : u Irais-tu consumer ton patrimoine en pois, en fèves et en lupins, pour voir la foule s'ouvrir devant toi dans le cirque, ou pour figurer en airain sur un piédestal, quand ta folie t'aurait dépouillé de l'héritage paternel '? » (Liv. II, sat. 3, v. 182.) Les fèves fournissent un aliment nourrissant, mais un peu indigeste. On ne les sert guère sur les tables de la bourgeoisie que dans leur primeur. Les paysans en font un usage très- fréquent à l'état sec, elles marins, dans leurs voyages, en consimmeut de grandes quantités. La fariiie de fève a été employée mêlée à la farine de blé pour faire du pain en temps de disette. On donne aux bestiaux les tiges et les feuilles de fèves coupées en vert avec les fleurs. Les graines sont aussi une bouue nourriture pour le bétail. G — s.

FÈVE (Horticulture). — La fève que l'on cultive dans les jardins, ou dans la petite culture des champs, est la F. commune, F. de marais (F. viUgarii, de Cand. ; F. major). Elle sert de nourriture aux hommes et aux animaux; sa culture demande, eu général, «ne terre substantielle, fraîche, non exposée au grand soleil, amendée et bien divisée. Cependant celles qu'on sème en novembre ou pendant l'hiver seront placées de préférence dans des terres douces et légères, sur des plates-bandes exposées au midi, si l'on veut en avoir de bonne heure. Les semis d'été réussissent bien lorsque la saison est pluvieuse et dans les pays froids; mais lorsque l'été est chaud et le terrain sec, elles sont souvent attaquées par les pucerons, et il n'est pas facile d'y remédier. On plante les fèves en rayons espacés d'environ O"',oti, ou en touffes espacées de même, et composées de trois ou quatre graines déposées dans le même trou; on les sème encore en bordures, eu plein carré. Aussitôt qu'elles sont levées, on rapproche la terre des jeunes tiges; un les bine ordinairement deux fois pour détruire les mauvaises herbes, et à la seconde on les rechausse, pour que leur végét.ation se soutienne mieux et que le produit soit plus abondant. Ordinairement, après la fleur, on pince le bout des tiges pour arrêter la sève et qu'elle se porte sur le fruit. On peut, en recueillant les fèves très-jeunes pour les manger comme primeurs, et en se hâtaiît de couper les tiges, espérer une seconde pousse qui donnera une nouvelle récolte, si la saison est favorable. Ces tiges font un très-bon fourrage pour les vaches. Dans tous les cas, c'est au printemps que l'on doit semer les fèves destinées à êire récoltées miires. Les fèves, surtout lorsqu'elles sont jeunes et tendres, sont farineuses et d'une saveur agréable; dans cet état, en les dépouillant de l'écorce qui les recouvre, elles constituent un aliment nourrissant; on les appelle alors fèves dérobées ou privées de leur robe; elles sont plus faciles à digérer. On a quelquefois mêlé la farine de fèves à la farine de blé, dans les monienis de disette; cette fraude n'est répréhensible que si elle entre en quantité trop notable dans le mélange.

Dans quelqui's pays, on sème souvent pour fourrage la grosse fève avec la féverole, les pois, les vesces et les lentilles; ce mélange, coupé au moment de la fleur, s'appelle drar/ée. Quelques cultivateurs sèment aussi les fèves pour engrais, vers la fin de r.automne ; lorsqu'elles sont en fleur, on les enterre avec la charrue, ce qui forme un bon engrais.

En iiiédei ine, la farine de fèves est employée quelquefois pour faire des cataplasmes que l'on applique sur les tumeurs inflaunnatoires; aussi est-elle inscrite au nombre des farines résolutives. On fai.sait usage autrefois, ciiranie cosmétique, de l'eau distillée de fleurs de fèves!

Caractères du genre! : calice ai divisions; étejidard plus longque les ailes et la carène; 10 étamines dont 1) soudées iiar leurs filets; ovaire allongé, comprimé; gousse oblongue, à valves très-épaisses et contmant do :;' à ■4 grames très-grosses, oblongues, renflées à l'cxtrémilé 011 se trouve le hile.

FiiVE (Zoologie).— Nom vulgaire par lequel on désigni? la chrysalide des bombjces, et particulièrement le.» cocons du ver à soie (voyez ce mot).

FÈVE (.Médecine vétérinaire). — Voyez Lampas.

FÈVE nu BE^^,ALE (Botanique). — On a donné ce nom à ime e^pèce de galle décrite par D.de et Geofl'roy ; le premier avait « pensé que ce pouvait être le myrobolan citriu lui-u>ême, devenu monstrueux par suite de la piqûre d'un insecte; mais il paraît qu'elle croît sur les feuilles de l'arbre, et sa forme de vessie creuse, semblable à celle des gal'es de l'orme et du térébinthe, , indique qu'elle est produite par des pucerons i> (Guihourt). Quoi qu'il en soit, celte galle est astringente.

FtvE DE Calabar. — Voyez Cal.\bar, au Supplément.

FÈVE A COCHON, FÈVE DE por.c (Botanique). — Noms qui correspondent, en français, à celui de la jusquiame, dérivé du grec uuskuamos, de us, cochon, et «!ra?nos,graine.

FÈVE DO DIABLE (Botaniquei. — Nom vulgaire du fruit d'une espèce de Cà/irier, le Capparis ci/nophallophora, nommé aussi l'ois mabouïa ou Bois mabouia.

FÈVE DoocE (Botanique), Faba dulcis, Mérian. — Nom vulgaire du Dartrier des Indes {Cassia a/ala, Lin.), nonmiée encore Herbe à dartres, parce qu'avec ses fleurs on faisait un onguent employé contre ces maladies.

FÈ\E d'Egypte (Botanique). — Nom donné par le commerce au fruit du Nelmnho nucifera, de Gaîrtner, iVi/iî!p/iœa ?ie/uihbo. Lin., du genre Nelumbium, Juss., famille des Né/umbonées, Brong. Cette plante aquatique, trèsrépandue autrefois en Egypte, dans le Ml, d'où elle a disparu, n'est autre que le fameux lotos sacré, que l'on voit si souvent figuré sur la tête d'isis et d'Osiris, et dont Théophraste nous a laissé une description si précise que Rheide et Rumphius, qui ont retrouvé cette plante dans rinde et aux Moluqnes, l'ont reconntie à l'exactitude de ces descriptions. « Sa tige, dit-il, de la grosseur du doigt, s'élève à quatre coudées; sa fleur est rose, double de celle du pavot, et son fruit ressemble à un rayon de miel circulaire, divisé en cellules contenantles fèves, n Sa racine se mangeait cuite ou crue ; les anciens mange.aient aussi le fruit réduit en larine. C'est une très-jolie plante d'ornement (voyez Neli-sibo).

FÈVE épaisse (Botanique). — Un des noms vulgaires de l'Orpin reprise {Sedum telephitim. Lit).).

FÈVE funéraire (Botanique). — Voyez Fève de Pïtha-

GOIIE.

FÈVE DE GALÉRIEN (Botanique). — Dans le Midi, on donne ce nom à une variété de Fève, d'une grosseur remarquable.

FÈVE DE Saint-Ignace ou des Jésuites, ou Noix igascr (c'est le nom malais) (Bot.anique). — Nom donné aux graines d'un arbre des îles Philippines, dont Linné fils a f;iit un genre de la famille des Logoniacées, sous le nom de Ignatia, Lin., et qu'il a détaché des Stryclinas. Son nom vient de ce que les jésuites portugais qui, les premiers, le découvrirent, le dédièrent à leur patron saint Ignace, à cause de ses importantes propriétés. L'IgnnIia amer {Ignatia amara. Lin.; Strgchnos Ignatii, Bergius) donne de très-belles fleurs blanches, répandant une agréable odeur de Jasmin. Ses fruits sont globuleux et gros comme une des i)lus belles poires. Leur péricarpe, sec et dur, renferme dans son intérieur 20 i 21 grairuîs placées au milieu d'une pulpe charnue; clb s varient do forme et de gr. ssenr, tajilot ovoïdes, anguleuse?, comprimées; on en trouve qui sont grosses comme une aveline, d'autres comme une petite noix. Elles sont dures, cornées, semi-transparentes, de couleur brunâtre à l'intérieur, et d'une amertume excessive. Ces graines, qui sont les fèves de Saint-Ignace, sont très-vénéneuses et contiennent une forte dose de slrtjchnine (voyez ce mot). On les emploie dans les Indes comme purgatif, comme vermifuge et pour combattre les lièvres. Elles y sont considérées comme une véritable panacée universelle. On doit leur introduction en Europe au P. Camelli. Pendant son .séjour aux Philippines, il en envoya des graines avec des échantillons du végétal au botaiiiste Rai, qui, en l(i09, en fit le sujet d'un mémoire inséré dans les Transaclioni jibilnsopbii/U.'s de Lowlres. Pelletier et C.v ventou ont l'ait l'analyse de la fève do Saint-Ignace, et y ont trouvé une matière cristalline particulière, d'une amertume excessive, à laquelle on a donné le nom de strgchniiic, parce que les mêmes chimistes l'ont également trouvée, quoique en moins grande quantité, dans la noix voniii/ue, fruit d'un arbre de l'Inde, i;ommiâ si ryclmos nux-vomica , et<lont les propriétés toxiques sont absolument les môaies(voyez Stuycunos.

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FÈVE d'Inde (Botanique). — Forskai-l a doiuio le nom de Do/ic/ios fabo indica à iiiip, espèce de Botic.

FÈVE DELOip (Botanique). — Nom vulgaire de l'Helléiore fétide.

FÈVE LoviNE Botanique). — Nom donné au fi'uit du Lnpin btanc^ dans quelques parties du midi de la France.

FiiVE DE Malac ou DE Malacca, Fève de Maladon (Botanique). — Noms vulgaires donnés par les Portugais au fruit de l'Anacardier à feuilles longues (Anac. longifoiivm, Lamk). On l'appelle encore Noix de marais.

FÈVE MAB1NE (Zoologio). — Lcs auciens avaient donné ce nom à l'opercule d'une coquille du genre Satot, qui a quelque ressemblance avec une fève; ou lui attribuait autrefois de grandes vertus en médecine.

Fèxe mahine (Botanique). — Sur quelques-unes de nos côtes, on donne ce nom à luie plante de la famille des Crassidace'es, le Colylet ombiliqué {Cotylédon umbilicus. Lin.).

Fève naine (Zoologie). — Nom doinié :'i une coquille du genre Buccin, le B. neriteum de Linné, à cause de sa forme orbiculaire et aplatie.

Fève peinte (Botanique). — Nom vulgaire du haricot commun.

FÈVE picHLiiiM, picnoMN, piciioLA, pichoua (Botanique). — Noms que l'on a demies dans le conmierce à deux espèces de fruits provenant de l'Amérique méridionale, que l'on a aussi appelés A'o!a;rfes«s«i/ras, parce que les arbres qui les produisent portent improprement dans le pays le nom de sassafras. Les premiers, nommés sentencrs de picliurim vraies, sont oblongs, d'une longueur de 0'",035 environ, brunâtres en dehors, couleur de chair en dedans; leur saveur et leur odeur tiennent de la muscade et du sassalras. L'autre espèce ou semence de picliurim fausse est longue de O^.OÎS environ ; elle est noire, et son odeur ne se développe que lorsqu'on la râpe. Ces deux fèves paraissent appartenir à plusieurs espèces de l'ancien genre Ocotea, dont elles ont été détachées pour former le G. Nectamlra (famille des Thymélées), entre autres le N. puchury major de Nées, et le N. puc/iury minor de Nées.

FÈ\E puncATivE (Botanique). — C'est le fruit du Ririn ou fubna Christi.

FÈVE DE Pytuagoue (Botanique). — A l'article Fève (Botanique), il a été dit que Pyihagore croyait que les âmes des morts pouvaient être contenues dans les fèves. Petit-Iiadel, dans un mémoire lu h l'Institut en IS08, a prétendu que la fève réprouvée par Pythagore n'était aucune des fèves dont nous faisons usage, mais bien !e fruit du caroubier (voyez ce mot), dont la jjulpe sucrée est d'un rouge de chair qui semble se changer en sangâ la cuisson.

FÈVE TONKA (Botanique). — On appelle ainsi le fruit d'un arbre de la Guyane, décrit par Aublet sous le nom de Coumiirouua ndoiiita, pl appartenant aujourd'hui au genre Di/jlcrix. de Sclu-i^ber (Papillonacées), adopté par M. Ad. Brongniart; Willdejiow désigne cet arbre sous le nom de Dij>terixodorata (voyez Coumaiiou). Son bois, qui est très-dur et tiès-pesant, se nomme à Cayenneôowrfe gaïnc. La fève tonka, longue de 0"',03 environ, a la forme d'un haricot allongé; elle est renfermée seule dans un endocarpe semi ligneux, recouvert lui même d'une espèce de brou desséché; le tout a la forme et le volume d'une grosse amande. Cette graine a ses doux lobes ou cotylédons protégés par une enveloppe mine, luisante, d'un brun noirâtre ; leur saveur est douce, huileu-e, aroinatique, et leur odeur agréable. On s'en sert particulièrement pour parfumer le tabac, quelquefois en la réduisant en poudre, que l'on y mêle en très-pelitc quantité; le plus "-ouvent en la mettant entière dans le vase qui contient le tabac, ou simplement dans in tabatière. Son odeur est due, suivant M. le professeur Guibourt, 4 une matière ciistalline spéciale, trouvée par lui et â la({uelle il a donné le nom do coumarime; cette opinion , combattue par M. Vogel de Munich, qui la regarde comme de l'acide benzoique, a été depui.^ confirmée par l'analyse due à MM. Boullay et Boutron.

Kkvk de TiiÈri.K (Botaniquo). — Nom vulgaire donné au fruit de VAnugyris fétide.

FÈVE A visACK (Botanique). — C'est un des noms vulgaire» du haricot commun,

KI^VlillOLE (Botanique agricole). — Faba vulgaris enui/ia, Frue de chenal, variété de la Fi:ue de marais {I-'iiIm vuli/aris. Lin.), dont elle SO dislingue par ses moindres dimensions cl l'abondance de ses produits. Ses grains sont presque cylindriques, sa peau coriace ; c'est

lapins cultivée du genre; eileest plus tardive que les autres etcraint lis froids Ses qualités comestibles sont bien inférieures à celles dos autres variétés. On connaît comme sous-vaiiétés, la F. d'hiver, plus robuste que celle que nous cultivons d'habitude, et In F. d'Héligoland dont les produits sont plus abondants que ceux de la sous-variété précédente. Les féveiolcs réussissent dans tous les pnys sitités sous la latitude de la France, et même un peu plus au nord, particulièrement en Belgique. Comme les autres fèves, elle préfère les terrains humides et frais, elle vient encore assez bien dans les terres légères mais fraîches; dans tous les cas, le sol doit être profondément remué par plusieurs labours dont le premier sera au moins de fj'",'i5 de profondeur. Cette plante affectionne surtout les engrais riches en potasse et en phosphate de chaux, tels que guano, cendres de bois, poudre d'os, noir animal, mêlés ou non avec du fumier ordinaire. L'époque convenable pour semer dans le Midi est novembre et décembre; dans le Nord, c'est ordinairement après l'hiver, dès les premiers jours de mars. Le meilleur mode de semaine est en lignes, quoique plusieurs cultivateurs sèment à la volée. Les ligues doivent être éloignées de 0°',50 â CI'", 55 ; les semences étant à environ U°',03 les unes dos autres seront recouvertes d'uive épaisseur de terre de 0°',05 à û^jOO ; cette opération se fera à la main, et mieux avec le semoir à brouette (voyez SEMoin). Huit à dix jours après, les jeunes plantes étant sort es de terre, on fait un hersage en travers. Elles auront d'ailleurs deux binages pendant la végétation. On conseille Vécimage ou pincement du son met delà plante, aussitôt après la lloraison ; mais quelques-uns le cond:imnent comme inutile. La lécolte se fait fin septembre ou octobre, suivant les pays. Les féveroles sont employées pour la nourriture de l'homme, aussi bien que pour celle des bestiaux ; les sommités provenant de récimage peuvent ^ ■■ ] . i être mangées à la manière des choux. Quant aux féveroles elles mômes l'éduites en farine, elles peuvent très-bien entrer en petite proportion dans la farine pour faire le pain ; loin d'être une fraude nuisible, le mélange de cette farine contribue à rendre le pain plus blanc, et il n'a du reste aucun inconvénient. Dans quelques pays, on les mange cuites, seuls ou avec d'autres légumes. Mais c'est surtout poiu' les bestiaux que la consommation des féveroles est considéi'able. Lcs tiges, â toutes les époques de leur développement, et même la paille, sont un très-bo)i fourrage. Les graines sont données aux chevaux, dans certaines contrées, comme de l'avoine. Les moutons, la volaille, s'en accommodent très-bien; et elles servent aussi à l'eugraisscmont des bœufs et des porcs, soit cuites, soit réduites en farine.

FÉVIKR (Botanique), Gleditschia, Lin.; dédié à Gleditsch, botaniste prussien, du xviu» siècle. — Genre de |)lanles Di'Olylédimts dinlypétales périgynes de la famille des Césalpiniées. Caractères: fleurs polygames; certains pieds portant des /leurs femelles seulement ou mêlées ;\ quelques fleurs màles; d'autres pieds portant des fleurs hermaphrodites, mêlées dans la nêne grappe avec des fleurs miles; calice en cupule; .') pétales inégaux, insérés sur le calice; 5 étamines, même insertion; ovaire sessile ; gous^^e sèche à une ou plusieurs graines. Les féviers sont de beaux arbres à feuilles pennées, et à fleurs vertes disposées en épis. Li F. o trois pointes [G. Iriacanthos, Lin.) s'^^ève à 10 ou 15 mètres environ. Il est garni do grosses épines, souvent trilides et ligneuses. On le nudti|ilie de graines, et il réussit bien dans les terrains légers, sableux ou calcaires. On en n une variété qui est dé- |)oin'vue d'épines. Cet aibre, qui criait spontanément dans la Virginie, le Caniidn, la Louisiane, et d'autres parties de l'Amérique septentrionale, y est connu sons le nom de Carour/c à miel, et donne un bois très-dur, excellent pour le (■haulï;ign. Le /''. à grosses épines {G. macraciuitlia, Dcsf. ) est â peu près do la même grandeur que le précédent. Ses feuilles sont composées, pennées, et portent 7 à 8 paires do folioles alternes; ses épines sont très-fortes, très-nombreuses, rameuses et coniques. Ses

Fi". 108:. — Fit

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