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gousses sont lonsiics, pendanles, un peu pulpeuses. Cet arbre croît en Cliinc, où l'oji en fait des liaies et des clôtures hérissées d'épines et impénétrables. Le F. de la
Chine (G. sinensis, Lamk) a le tronc liérissé d'éiiines rameuses fort pointues, longues de 0"', 10 à Om, 15, trésfortes; il atteint la taille du précédent et provient des mêmes contrées. 11 en existe une variété sans épines et
à rameaux pendants. Enfin, on cultive aussi dans les jardins pajsagers le F. fc'ruce {G. f'erox, Desf.), qui est d'un joli effet. Ses épines sont longues, comprimées, trifides.
Les féviers sont peut-Ctie les plus élégants des arbres rustiques. « Ils aiment, dit Desfontaines, les terres légères et de bonne qualité. On peut les cultiver en plein air dans le nord de la France; ils y résistent aux froids les plus rigrturcux. On les sème au printemps, dans un terreau bien divisé; on abrite les jeunes planis jusqu'à ce (lu'ils aient assez de force pour supporter les gelées. Ces arbres ont une belle forme et un feuillage léger, qui conserve sa verdure jusqu'à l'approche de l'hiver. Ils fleurissent nu connnencemcnt de l'été, et leurs fruits sont milrs en automne. Jusqu'à ce jour, on n'a cultivé les féviers que pour l'ornement des parcs et des bosquets; m M . il :riai( utile do l(^s projiagi'r dans nos forets: leur b" -, •]"'• •■ I in's-dur, liant, veiné de rouge, d'un grain h" 1 ' i]r, |iuiurait servir à dos ouvrages de menuiserie cl iiV'Un^hK'ne. On assure qu'il se conserve longtcnq)s dans l'eau sans s'altérer, et qu'il est très-bon pour des pilotis. On pourrait aussi employer utilement les féviers
à former des clôtures autour des champs et des jardins, en les taillant et en les empêchant de s'élever. .■
FÉVHIEU (Agriculture), du latin februare, purifier, parce que pendant ce mois, qui était le douzième de l'année chez les anciens Romains, on célébrait des cérémonies expiatoires. C'étaient particulièrement les fêtes féhruales, instituées par INuma, et qui consistaient à faire des sacrifices aux dieux infernaux, afin de les rendre propices aux morts. L'Eglise célèbre aussi la fête de la Purificaiion de la Vierge, le 2 février, et ce mois est aujourd'hui le deuxième de l'année. Les cultivateurs et les gens de la campagne regardent certains jours de février comme critiques pour l'agriculture; ce sont les 2, G, 22 et 28.
Ce mois est important pour la culture. Les semailles du printemps seront bientôt onfiées à la terre; les labours que la saiso'i rend praticables seront terminés. /Is seront faits, en g^l;éral, quelques jours avant ces semailles, afin que la terre, ayant le temps de se ressuyer, puisse plus facilement être divisée et émiettée par la herse, chargée de recouvrir le giain à une petite profondeur. Lorsque le temps est bi au, on commence à semer vers la dernière quinzaine de février. Ce sont d'abord les pauots ou œillettes en terrain léger et substantiel, très-superficiellement; les féveroles du printemps en terres fortes et argileuses, à 0'",06 ou (r.OS de profondeur ; le bte' de mars se sème bien en février en terre riche et fraîche; dans le Midi, on commence vers la fin de février à semer les betteraves; dans les autres contrées et à la même époque, les choux pommés qu'on repique en mai ou juin ; les pois yris, si on ne craint pas les dernières gelées, quelques avoine; aussi, qui donneront de très-bons produits.
C'est aussi le moment, dans les propriétés boisées, de semer les glands, les faines, les graines d'érables, d'aulnes, etc. On prépare le sol pour les arbres résineux. On transplante les arbres, lorsque cela n'a pas été fait en automne. On procède à l'exploitation des bois et des taillis Dans les vignes, on commence à provigner; on termine les plantations; on taille après le premier labour. Quant aux prairies naturelles, les soins à leur donner consistent en arrosages, que l'on doit pratiquer, autant que possible, par des rigoles qui y amènent les eaux limoneuses des champs; mais, dès que la végétation commence, on doit remplacer ces eaux par celles qui sont claires et limpides. A cette époque, on cessera d'y faire paître le bétail . On aura soin d'étendre les taupinières. On enlève, autant qu'on le peut, les plantes nuisibles; on ramasse les feuilles mortes des arbres ; elles nuiraient au développement des plantes. Enfin, c'est dans ce mois qu'il faut commencer à défricher les pâturages que l'on veut livrer à d'autres cultures, et que l'on fait avec utilité le drainage des prairies et des terres à ensemencer. C'est dans le mois de février que les poulinières commencent à mettre bas ; il en est de même des vaches, des brebis et des truies ; les petits et les mères exigent des soins que nous ne pouvons décrire ici ; c'est un sujet qui doit être étudié dans les traités spéciaux.
Eu horticulture, les travaux de février prennent de l'extension ; on termine ceux du mois précédent. On fait les labours lorsque le temps le permet. On sème de l'oignon, des pois hâtifs, des fèves de marais ; vers la fin du mois, de la chicorée sauvage, des épinards,de l'oseille, des panais, des carottes, du persil, etc. Les melons, les concombres, quelques laitues, les choux-fleurs, etc., sont soignés sur couches avec châssis et récli.'.uds. Les arbres fruitiers sont taillés (poiriers et pommiers); on rabat la tête des framboisiers pour les faire ramifier ; on a-liève lesdernières transplantations; enfin on donne le labour général.
Les produits de ce mois sont peu abondants; mais, dans les serres à légumes, on trouve le céleri, les chicorées, scaroles, choux fleurs, choux de Brnxelks, choux de Milan, etc. ; on a même en pleine terre, si le temps est doux, dos m;\chcs, des raiponces. On trouve encore, dans le fruitier, un peu de raisin, des poires de beurré d'Aremberg, doyenné d'hiver, passe cohnar; des ponniies de fenouillet, la reinette franche, le calville blanc, le châtaignier, etc. On a déjà quelques fleurs en pleine terre; ainsi la petite pervenche, la pa(iuerctte, quelques violettes, le perce-neige, le romarin, l'clléborine, le corchorus du Japon, etc. Nous ne parlons pas do tout ce qui vient en serre chaude.
riATOLE (Zoologie), Stromaleui fiatola. Lin. — Espèce de h^isson du genre Stromniée (voj-ez ce mot), dont le corps, dispo.sé en losange allongé, est leinarquable par
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ses taches et ses bandes interrompues, de couleur dorée sur un fond plombé, par le bleu céleste de son dos et le blanc argentin de son ventre; c'est une des jolies espèces de la Méditerranée et de la mer Hoiige; on le pûclie en mai, sur les côtes de ^'ice; sa chair est délicate II mesure O" 35 à 0",40 de longueur. Le genre Sironiaiée appartient à l'ordre des Poissons acanthoplénjfjiens, famille des Scom/jeroules.
FIBRES, Finr.Eox, Fibrilles (Anatomie animale et végétale;. — Voyez Anatomie vtgétale, Tisses.
FIBRINE (Chimie). — Substance protéique qui forme la base essentielle de la fibre musculaire qui se trouve à l'état de solution dans le sang, quand il circule dans les vaisseaux d'un animal, et qui s'en précipite en entraînant les globules pour former le caillot après que le sang a été extrait de la veine. C'est un corps de nature fort complexe, au point de vue chimique, qui présente une composition un peu différente st l'Ant son origine, et auquel on attribue pourtant la formule de l'albumine. Il entre donc dans sa constitution cinq éléments : carbone, hydrogène , oxygène , azote et soufre. On l'extrait du sang en battant celui-ci vivement avec un faisceau de petites baguettes, au moment oil il sort de la veine. La fibrine s'attache aux baguettes sous la forme de fibres déliées, d'une couleur un peu rougeâtre; on la recueille, on la soumet à l'action prolongée d'un filet d'eau qui entraîne ou dissout une partie des matières étrangères, puis on la traite par la plupart des dissolvants, alcool, éther, acides dilués, etc. On lui fait enfin subir un dernier lavage à grande eau. Elle se présente alors sous la forme de filaments blanchâtres, inodores, insipides, insolubles, s'altérant à la longue par leur contact avec l'air, éprouvant dans ce cas une oxydation et abandonnant de l'acide carbonique. La fibrine décompose, par une action de présence , l'eau oxygénée et le bisulfure d'hydrogène; les acides la convertissent en une espèce de gelée; à chaud, l'acide chlorhydrique concentré la dissout en prenant une coloration violacée. La fibrine a été étudiée dans ses propriétés chimiques par Vauquelin, Berzelius, Chevreul, Dumas, Liebig et C.ahours. On distingue aussi une fibrine végétale (voj'ez Glotcn). B.
FIBULAIRE (Zoologie), Fiijuluria, Lmx; du latin filiuln, bouton. — Genre de Zoopliytes, classe des Echinoderrnes, ordre des Pédicetles, famille des Oursins, connus autrefois sous le nom à' Oursins-boutons . Leur forme est globuleuse et ovoïde; une série de pores forment sur lenr dos xine sorte de rosace; l'anus est inférieur à la face inférieure et près de la bouche. Ces oursins, semblables à un bouton globuleux, sont les espèces les plus petites de la classe des Echinoclermes; ils ont environ la grosseur d'un pois. Agassizet Dcsor ont adopté ce genre et y mentionnent quatre espèces vivant dans les mers chaudes.
Fie (Médecine vétérinaire), du latin ficus, figue. — Les vétérinaires désignent ainsi une tumeur charnue, à pédicule étroit et à sommet renflé, quelque peu comparable à une figue et qui se développe isolément ou on groupe sur diverses parties du corps du cheval, et surtout de rane et du mub^t. Ces tumeurs, parfois considérables, s.aigncnt au moindre contact et exhalent parfois une odeur fétide; souvent elles deviennent squirrouses. On les voit surtout se développer sur tontes les parties du pied et au voisinage do l'anus. QucUiucfois elles se multiplient beaucoup sur le même animal et forment ce qu'on nomme des yrappcs; il est aloiï impossible do guérir le mal. Dans les autres cas, on les fait tomber par une ligature à leur base, on on les arrache ; mais il faut cautériser la plaie an fer ronge, car les fies se reproduisent très-facilement.
FICMliE (Botanique), Ficnrin, Dill. ; allusion aux petits tubercules de sa racine, qui icsscmblent aux fies des chevaux. — Genre de plantes Dicotylédones dicdypélales hypogynes de la famille des Uenonculacées, tribu des lienonculées; les espèces qui le composent faisaient autrefois partie du genre lianunculus ; mais elles en ont été séparées t cause do leur calice à 3 pièces et de leur corolle à 8 ou i) pétales. La F. fausserenoncule (F. ranunculuïdes , Moinch.), appelée aussi Petite cMlidoine, Petite Fctnire, éduirette, Herlie aux liémnrhnïi/es, csl une petile pi: ntc vivacc, & feuilles glabres, lisses, et à fleurs d'un beau jaune. Cette espèce est très-abondante aux environs de Paris, dans les endroits ombragés et humides. Elle donne dosfloursdès la fin du mois de mars. Ecrasée et appliquée sur la peau, la racine produit de l'irritation et pont à la longue donner lieu 4 des vésicules. On s'est servi autrefois de cotte
racine fraîche pour appliquer sur des tumeurs hémoprhoid.ales; aujourd'hui elle n'est plus employée. On en cultive une variété à fleurs doubles. Dans certains pays, ses feuilles se mangent en salade.
FICOIDE (Bot.inique), du latin ficus, figue; nomdonné par Tourtiefort à cause de la forme des fruits. — Genre de plantes désigné par Linné sous le nom de Mesembryaiitliemum (du grec mesemhria, le midi, et ant/ieô, je fleuris, parce que l'épanouissement des fleurs de quelques espèces a lieu vers le milieu du jour). Il est le type de la famille des Mêsembryanthemées . Caractères : calice ordinairement à 6 divisions inégales; pétales nombreux, linéaires, disposés sur plusieurs rangées au sommet du calice; élamines indéfinies; le plus souvent 5 styles ; ovaire infère à 4-20 loges ; capsule d'abord charnue, devenant sèche et ligneuse.
Les ficoides sont des plantes herbacées ou des arbustes à feuilles charnues, opposées. Leurs fleurs présentent des couleurs variées et s'épanouissent d'habitude à des heures déterminées. Les espèces de ce genre sont très-nombreuses (en 1821, Haworth en comptait 3101 et habitent presque toutes le cap de Bonne-Espérance. La F. nodt flore (M. no-
diflorum. Lin.) est une espèce qu'on trouve en Corse, en Sicile, en Grèce et mémo en Espagne. Ses tiges sont diffuses; ses feuilles sont obtuses, un peu cylindriques, et SCS fleurs, solitaires et axillaires, sont blanches. Une des ficoides les plus remarquables est, sans contredit, la F. cristalline (M. cristallinum. Lin.). Elle est connue vulgairement sous le nom de Glaciale, Ses tiges hautes de 0'°,3n à 0"',-iO, courtes et herbacées, ses feuilles étalées, grosses, charnues, larges, succulentes, sont couvertes do petites vésicules transparentes et brillantes, qui ressemblent à de petits morceaux de glace. Cette intéressante plante croît dans l'archipel grec et aux Canaries. On la cultive dans nos jardins, A cause du bel efl'et que produit son feuillage scintillant au soleil. Elle donne en juillet des fleurs petites et blanches. On peut employer aussi ses feuilles, comme celles du pour/iier (voyez ce mot), pour accompagner la salade, ou, comme celles de l'épinard, cuites avec un peu d'oseille. Ou peut citer encore pour la beauté de leurs fleurs, la /■'. violette {M. liolaccum. deCand.), à fleurs uioyeimes, d'un beau rouge violet ; la F. ponceau ou bicolore {M. bicolor. Lin ), !\ fleurs ■grandes, nombreuses, d'un rouge orangé brillant; la/''. à feuilles dclloides (il/, deltoïdes. Lin.), fleurs nombreuses, rose pâle, d'une odeur agréable. Les ficoides se propagent de boutures au mois de juin ; ou de graines semées sur couche au printemps. Elles craignent l'iiumidiié. G — s.
FIDO.ME (Zoologie), F/rfoni'n, Treitschke. —Genre d' Insectes do l'ordre des Lépidoptères, famille des iVocturnes, tribu des l'halènes, caractérisé par : les premières ailes arrondies, parsemées de points de couleur foncée, se détachant sur un fond clair et pulvérulent, et des antennes en forme de plumet chez les mâles. La chenille a un corps svelte, cylindrique, lisse, r.iyé longitudiiialcmont de couleurs variées, et vit sur les arbres et les plantes ligneuses, telles que le genêt et la bruyère. Ces insectes volent le jour et se plaisent dans les endroits secs. La F. à plumet est comnuine vois les mois do mars et do septembre, aux environs do Ninics et de Montpellier.
FIEL (Physiologie animale). — Ancien nom de la bile (voyez ce mol).
FiEi, DE TEiiiin (Bntarii(|ue). — Nom vulgaire donné assez commnuénient à deux plantes amères, la fumeterro et la petite centaurée.
Fiki.de VKnnii (Technologie). — Désigne les impuretés ou éciuncs non vitrillables qui, pendant la fusion de-s matières premières dosliiiécs à la fabrication du veire,
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se séparent de la niasse vilrifiablc et montent à la surface du bain. Le fiel de verre se compose sonvciit de chlorure de sodimn cl de sulfate de potasse ou de soude.
FIKNTK (Physiologie). — Voyez Excr.ÉMENTS, FuMiEns.
FIÈVUE {Médecine, , fehris des Lalins, de fervere, être chaud; pi/retos, des Grecs, fini signilie chaleur ardente, et dont on a fait le mot pyrexis^ en français pyrcxic, employé souvent dans le langage médical, comme synonyme de fièvre. — Ces élymologies nous montri;nt que pour les anciens, et entre autres pour Hippocrate, l'augmentation de la chaleur du corps était le principal, sinon le seul symptôme de la fièvre, ou plutôt c'était la fièvre elle-même; c'en est, en efl'et, le phénomèue le plus constant et le plus caractéristique. Toutefois, la chaleur perçue par le malade n'est pas toujours en rapport avec celle qui existe réellement, ce doiit on se rend parfaitement compte au moyen du thermomètre qui accuse ;'i peine dans les cas ordinaires une surélévation de 1" à 2°. 11 peut arriver même que cette augmentation de chaleur réelle coïncide avec une sensation de froid perçue par le malade; c'est ce qui se icmarqne au début des accès des fièvres intermittentes, dans cette période connue sous le nom de frisson et parliculièrcment dans une variété de fièvre intermittente pernicieuse dite à cause de cela fièvre algide (du latin alf/ù/iii, glacé). Un symptôme non moins constant delà fièvre, c'est l'accélération du pouls; déjii Celse le place à côté du précédent, lorsqu'il dit : uLa chaleur et la fréquence des pulsations des veines (les artères) sont bien les deux principaux caractères de la fièvre, mais seuls ils ne la constituent pas, etc. » Cette fréquence, du reste, peut exister dans certaine> conditions morbides, sans qu'on puisse la rapporter à un ét;it fébrile; ainsi dans les convalescences des maladies graves, à la suite des hémorragies considérables, etc., elle peut être constitutionnelle et ne se lier à aucune maladie; on trouve des personnes chez lesquelles le pouls normal donne jusqu'à 75 à 80 pulsations par minute. Le degré d'accélération du pouls varie beaucoup dans la fièvre; il devient quelquefois si fréquent qu'il est impossible de le compter. Dans cette appréciation, du leste, il faut avoir égard i l'âge et au sexe ; il y a là des dilTérences trèsimportantes ;\ noter (voyez Pouls). On observe encore comme symptômes de la fièvre, certains troubles du côté des fonctions nerveuses, de l'agi latioii, des rêvasseries, du délire même; en même temps, la respiration s'accélère ; il y a de la fatigue, un sentiment de malaise, do courbature ; il y a de la soif, perte de l'appétit; la langue est sèche, quelquefois recouverte d'un enduit plus ou moins épais; les urines sont plus rares, plus ou moins briiiuetées; la peau est sèche, aride, souvent moite ; il y a quelqiicfois de la sueur. Tels sont les principaux phénomènes qui constituent ce qu'on appelle la fiérre.
Mais lorsque le médecin, arrivé auprès du malade, a constaté qu'il a de la lièvre, il ne sait pas encore autre chose, sinon qu'il y a maladie; quelle est-elle? La fièvre ne le lui dit pas. 11 faut donc porter ses recherches plus loin, interroger successivement les organes, analyser les désordres fonctionnels, examiner l'éiat des li(|uides excrétés; en un mot, faire une revue exacte de l'état du malade, et presque tonjouis ou viendra A bout de découvrir le point de départ de la lésion qui produit la fièvre; rc sera le plus siuvent une phlegmasie d'un organe quelconque, et il n'est pas nécessaire que cet organe ait une importance capitale dans l'économie; on a vu s'al'nmer une lièvre violente i propos d'un panaris, d'un petit abcès des gencives, etc. Ainsi, tout en tenant grand compte du rôle de l'organe malade, on devra avoir égard aussi il la violence de l'inflammation,;! l'état nciveux du sujet, à sa sensibilité normale. 11 faut dire aussi qu'en raison de certaines circonstances accidentelles, très-difficiles à appiécier, l'intlanimation d'un organe central important, tel (jue le iioumon, par exemple, peut ne donner lieu qu';\ uiie fièvre peu intense. C'i'st dans ces cas surtout que l'on a pu très-souvent diagnostiquer et traitrr connue essentielles des fièvres qui étaient sons la déprndante d'iiillaihnuUions méconnues, et qui, pour ce: te raison, sont nonnnécs lalcides (de /afeiis, caché). Nous parlerons bientôt de ce qu'on entend par fièvres essenliillis. C'c-îtdonc surtout au début des maladies aiguës que la fièvre se dévelop|)r. ,\in i elle se montre dans les phlegnuisies bien ]•" .ili ■ -, irll.", que les pneumonies, les pleurésies, lesenu |'!-:.ii > ,1' - |ii'ritoiiites, etc. ; dans toutes les maladies iliir, rrii| lur-, variole, rougeole, scarlatine, niiliaire. Elle est enco]-u lai symptôme des fièvres dites de mauvais caractères, fièvre typhoïde, fièvre jatnie, ])Cste, etc. Elle peut accompagner aussi certaines all'ec-
tions chroniques, parliculièrement lorsqu'il se fait un travail d'infiammation lente, de désorganisation, de suppin-ation des os ou des parties molles, lorsqu'il existe dans le ponjuon, dajis le mésentère des tubercules en voie de ramollissement, etc. Dans ces difi'érents cas, elle est quelquefois le seul indice qui puisse éveiller l'attention du niédecin et le mettre sur la voie des désordres cachés qui s'accomplissent dans la iirofondeur des organes, surtout lorsque le mouvement fébrile est violent ou qu'il se prolonge, car alors il dénote la gravité des altérations. C'est ce que l'on a désigné sous le nom de fiérre /lec/iqiie.
En considérant la fièvre sous le rapport de sa marche, de son mode d'être, de sa nature, de ses symptômes, de son ttj/e en un mot, on a admis généralement quatre formes principales et distinctes : 1» les F. cuntimies ; ï" les F. vniermitteniiis; 3» les F. rénàHenies ; 4° les F. pscudo-
CrihtihllCS.
On appelle fièvre continue, celle qui, une fois établie dans les conditions énoncées plus haut, se prolonge au deli\ de quelques jours d'une manière continue, soit qu'elle se termine par une maladie éruptive, qu'elle soit lesymptômc d'une pblegmasieévidenteou latente, qu'elle précède l'invasion d'une fièvre de mauvais caractère, ou qu'elle vienne compliquer une désorganisation lente de quelque partie. Quelquefois encore, on la voit disparaître sous l'influence d'un mouvement critique (voyez Crise), après avoir persisté pendant plusieurs jours, sans qu'on ait pu découvrir si elle était liée ou non à un état phlegmasiqne d'un oigane quelconque.
D'autres fois, la fièvre est intermittente, c'est-à-dire que, loin d'être continue, elle afTecte ce qu'on appelle le type intermittent périodique, c'est-à-dire qu'après avoir duré pendant un certain temps, trois, quatre, six, huit heui es, par exemple, les symptômes diminuent, tout rentre à peu près dans l'ordre, jusqu'au moment oit un nouvel accès fébrile arrive pour durer et se terminer comme le précédent. Ces retours d'accès se renouvellent ordinairement par périodes d'un, deux, trois jours, etc., pour revenir aux mêmes heures, quelquefois cependant avec un retard ou une avance de quelques heures. C'est ce qu'on appelle fièvres intermittentes, à types quotidien, tierce, quarte, etc. Elles peuvent se développer dans les mêmes conditions que les fièvres contimies ; mais, le plus souvent, elles recomiaissent pour causes des disposiiiojis locales particulières ; il en sera parlé à l'article Intermittentes (Fièvres).
On donne le nom de fièvre rémittente i celle qui, tout en conservant la marche de la fièvre continue, sans .aucune intermittence , présente cependant à des intervalles déterminés une cert;iine diminution, une certaine rérnittence dans les symptômes, suivie d'un accès comme dans le cas précédent, le plus souvent à type (piotidien ou tierce (voyez Rémittente [Fièvre]). Enfin une dernière forme, c'est la fièvre pseud o-contiiaie , ainsi nommée imrce qu'elle a les plus grands rapports avec la fièvre continue (voyez pins loin Fièvre pseudo-continue).
Quoique la fièvi'e, comme nous venons de le dire, ne soit en général qu'un symptôme de diverses altérations organiques appréciables, et le plus souvent do phlegniasies aiguës ou chroniques, ccpendai;t il arrive quelquefois qu'elle forme le car.actèro spécial de la, maladie, et qu'elle la représente à elle seule, .sans qu'il soit possible delar;itt;u'.her à aucune lésion organique saisissable. De là une division des différentes espèces de fièvres en fièvres symptomiitiques, c'est-à-dire qui sont la conséquence, le symptôme d'une all'eciion bien définie, bien déterminée; nous en avons parlé plus haut ; et /ît'i';'(.',v esseidiellès, qui existent par ellrs-mêines.
Maintenant y a-t-il réellement des lièvres essentielles, des fièvres que l'on ne puisse rapporter à aucune inahidie locale d'un organe? lîordeii paraît avoir fait le premier pas dans la voie où plus laid on devait découvrir la nature de tontes ou au moins <lu plus grand nombre des maladies fébriles. Il a entievu que la plupart d'entre elles dépendaient di' l'inflammation, k Toute fièvre, dit- i', prend son siège dans l'irritation u'un viscère. » limussais l'a dit après lui et a cherché à le prouver |)ar une puissante argumenlation, et avec une vigueur de critique et de discussion qu'une conviction profonde pouvait seule inspirer. Le docteur Prost (La tnédccme ècairèepar lesourertuvi's du corps, 180!) avait déjà attribué exclusivoment à la souffrance de lu muqueuse intestinale les fièvres intormitlentes, toutes les ataxiqius sans exception, etc. Cependant, malgré lis recherches les pies minutieuses, malgré les observations des médecins les plus conscien-
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cieux, la science n'a pu ratifier complijtemciit, quant ;\ présent, la doctrine de ces auteurs, et l'on ne peut s'empêclier de reconnaître qu'il existe des maladies que l'on est obligé de considérer comme des fièvres essentielles. En sera-t-il toujours de même, et l'anatoniie patliologiqiie a t-elle dit son dernier mot sur cette question? Kous ne le pensons pus, et nous citerons à l'appui de notre opinion les paroles bien plus autoriées de M. le professeur Trousseau : « Les mots essentiel et essentialîlé, et les idées que ces mots expriment, app'iquésaux maladies, sont des expressions fausses ; il faut les bannir du langage médical. Quoi qu'on fa-se, elles inspirt'Ut une répugnance instinc tive, en impliquant que les maladies sont des êtres indépendants, dos essences, des espèces cre'e'es comme les essences ou espèces des trois règnes de la nature. »Econtons, d'une autre part, ce que dit M le professeur Grisolle : o Ce mot essentiel ne doit p.as signifier que la fièvre existe par elle-même, qu'elle ne constitue qu'une perversion ou une altération du principe vital ; mais nous voulons dire par ce mot que la lésion quelconque qui existe certiiinement comme point de départ de la maladie nous est encore inconnue dans sa nature et dans son siège. Le mot essentiel exprime donc, si l'oii veut, notre ignorance ou une lacune de la science, mais il ne préjuge rien sur la cause qui produit et eutretient la fièvre. » Sage et prudente réserve à laquelle ne manqueront pas de se rallier tous les esprits sérieux et logiques. D'après tout ce qui vient détre dit, et en raison de la difficulté de distinguer les fièvres dites essentielles de celles qui se lient i une maladie déterminée, on conçoit combien une classification des fièvres doit être arbitraire ; cbaqtie auteur a, pour ainsi dire, la sienne, et nous nous contenterons de citer celle que propose M. Grisolle dans son Traité de pathologie interne. L'auteur, après avoir établi qu'il existe une classe de maladies qui doivent recevoir le nom de Fièvres, les divise en cinq genres.
1" genre. La F. continue proprement dite, comprenant sept espèces difléientes, qui sont : la F. éphémère, la F. inp.ummatoire, la F. typhoïde, le Typhus d'Europe, la F. bilieuse des p.^ys cliauds, la F . jaune, le Typhus d'Orient ou Peste.
2« genre. Les Fièvres dites érupiives : Variole et Va rioloïde. Varicelle, Rougeole, Scarlatine, Suette miliuire.
3' genre. Il se compose des F. intermittentes bénignes, pernicieuses et anomales.
4"-' genre. F. rémittentes et pseudo-continues, qu'on pourrait, dit l'auteur, considéier, à la rigueur, comme une simjjlc variété ou sous- genre des intermittentes. Ce sont, enellet, des pyroxics qui ont la niCnie origine miasmatique, et qui cèdent au même spécifique. De lit le nom de Fi'-vrus à (/uin<iui)iu, sous lequel on lésa parfois désignées et confoiRlue» entre elles.
6' genre. Lnlin, la /''. hectique, lente ou chronique. Dans un article de dictionnaire, nous ne pouvons donner de plus amples développements au sujet des différentes classificaiions des fièvres ; une de celles qui ont eu le plus de vogué au commencement du siècle, c'est celle d<; l'iiiel, que l'on trouvera exiiosée dans sa Nosugraphic philosophique. Celle dont nous venons de donner le tableau renferme toutes les maladit-s auxquelles on peut donner le nom de fièvres. D'auties dénominations, basées lantùl sur un syinplûinc prédominant, d'auties fois sur une nuance plus grave ou plus légère de la maladie, etc., ont encore été données aux fièvres; comme ces noms ont <;iicore cours dans la science et dans le monde, nous allons brièvement les passer en revue; on y retrouvera ceux (|Ui figurent dans la classification de M. Grisolle.
l'iiivni; Ai)i!NO-JiÉMN(;ÈE, du grec udcu, glande, et mc'ninx, membrane. — Pinel avait donné ce nom i la F. muqueuse des autours. Son histoire se trouve confondue aujourd'hui avec celle de la F. typhoïde (voyeï TïrnoïDE [Ficurel).
FiKVUK ADtNo-NBiiviasE. — Piucl avait donné ce nom a \!i peste (voyez ce mot).
l'iÉviii! ADïNAiiiQUK, du gfcc ityuumis, force, cl a, privatif. — Nom donné par l'inel à «ne de ses fièvres qui constitue aujonid'hui une dus formes de la /•'. typhuidc (voyez. J'ïi-noiiiK [Fièvre]).
l''iBviiE AL(;iUK, du lutin ulyidus, froid, glacé. — On a dé-igné par ce nom une fièvre inleriiiiltonte pernicieuse, dans l.iquelle le malade éprouve un froid glacial et continu (voyez INTEIIMITTKNIK (/''léural).
l'ii.viii! ANCiuii.MyUK, du grec angéion, vaisseau, et Icuiû, Je iend«. — Sous ce nom, l'inel a désigne lu /■'. inflummatoire (voyez Imlajiuatoibe \F.evrc\).
F.iîVHE AKD :XTE. — C'est le causus des anciens. Pinel la regarde comme une complication de la F. gastrique ou bilieuse avec la F. inflammatoire (voyez ces mots).
Fièvre ataxiqoe. — C'est une des formes de la f. typhoïde,
FiiivaE AUTOMNALE. — On donne quelquefois ce nom aux fièvres que l'on observe plus particulièrement dans l'automne ; les plus fréquentes sont : les F. rémittentes, les intermittentes quotidiennes et quartes; on voit régner aussi quelquefois les F. typhoïdes, à forme 7nuqueuse.
FiÈvnE bilieuse; uéninco-gastrique, de Pinel; gastrique, de Bâillon. — Elle est considérée aujourd'hui comme une des formes de la F. typhoïde. Elle ne paraît guère exister qu'au début de cette maladie, et est caractérisée par la prédominance des symptômes bilieux, bouche ainère, langue jaunâtre, nausées, vomissements, teinte jaune de la peau, etc. Cependant ces symptômes ne peuvent se rattacher à la fièvre typhoïde que lorsqu'ils ont une certiiine gravité ; autrement on les voit souvent, après avoir persisté pendant quelques jours, céder à des moyens simples, au régime, aux boissons délayantes, à un léger purgatif. Dans ce cas, il est évident que cet état est déterminé par quelque souffrance de l'estomac, du foie et des organes digestifs en général, et qu'il a les plus grands rapports avec ce qu'on nomme embarras gastrique (voyez ce mot).
Fièvre des camps. — Quelques auteurs ont donné ce nom aux maladies épidémiques qui se manifestent quelquefois au milieu des armées; voyez les mots Tïruus, 'i'ïPiioiDE {Fièvre).
F'iÈVRE catabrhale. — On a donné, à tort, ce nom au mouvement fébrile qui accompagne la plupart des catarrhes, et particulièrement le catarrhe pulmonaire. Cette fièvre n'est qu'un symptôme inséparable de la maladie principale, et qui ne doit pas être traité à part. Plusieurs auteurs ont aussi décrit sous ce nom la forme muqueuse do la F, typhoïde.
Fièvre cÉniBiiALE. — Ce nom a été donné à plusieurs formes de maladies ; ainsi Pinel l'avait donné i une variété de sa fièvre ataxique, dans laquelle prédominent les symptômes cérébraux ; elle rentre ainsi dans le cadre de la fièvre typhoïde; d'autres ont donné cette dénomination aux inflammations du cerveau et des méninges; ce nom est même resté dans le langage du monde.
Fièvre chareonneuse (Médecine vétérinaire). — Maladie épizootique dont les symptômes, par leur gravité, ont une graide an^dogie avec ceux du charbon; elle se distingue, dès le début, par le hérissement des poils sur le dus et les côtés; le pouls est petit et serré, les conjoncti\es sont injectées; bientôt surviennent des frissons, des tremblements nerveux durant quinze à vingt minutes, suivis (l'un calme souvent trompeur. Le sang des saignées est noir, poisseux ; les malades tombent; ils rejettent par les narines une écume sanguinolente et iiérisscnt au bout de quelques heures. Quelquefois on observe, au ventre et sur les flancs, des tumeurs ciiarb mncuses que l'on a considérées comme un mouvement critique f.ivoiahlo. Cette maladie est contagieuse; elle attaque 1rs, |]r\,iii\, Icsbceufs et les moutons. Elle a été observée jeu le uIk^c ment dans les départements de r.\llier,dela .Nièvre etde la Somme. Les causes qu'on lui a assignées sont : les eaux puantes, saumàtres, stagnantes, dont' on fait abreuver les animaux, les changemenls brusques de température, les habitations basses et hiunides, les pays marécageux. Le traitement censistera dans l'usiige des boissons aromatiques, le vin, la bière, les toniques en général ; on incisera les tumeurs, que l'on cautérisera et qui seront recouvertes d'un vésicatoiro. On aura bien soin d'éviter de se blesser en ouvrant ces tumeurs; il pourrait en résulter de graves accidents. Si l'on peut dépayser les animaux, 00 sera la première chose ^ faire. Fièvre colliquative. — Voyez Hectique {Fièvre). Fièvre comateuse. — Sauvages a donné ce nom à une ;•'. pernicieuse quarte, dont l';iccès était marqué p;tr un assoupiSîOment profond.
Fièvre de t;o.\so.Mi'noN. — Voyez IIi-criQur (Fiec/vj. Fièvre cominui:. —On désigne sous ce nnni les fièvres qui ne )iiéseutent dans leur cours ni lénussion» m interniission, et (ini persisteni ainsi peii.h.ni toute leur durée; on y observe seulemrni .ph l^pie-. ,.\a(erbations. On a vu plus haut qu'elle, peu eui Imner un genre divisé en sept espèces, savui' ; la /'. l'phruvrr, la /'. t«fiammitloire , la F. typhoïde, le Typhus dhurope, la /■'. bilieuse des ptiys chauds, la /•'. ;«u)a> et le Typhus d'Orient,
FIÉ
FIE
FlÈYBE ENTÉEO-MÉSEÏMTÉnlQLE. — Voj PZ ENTÉtlOMÉ-
^ENTÉRiQUE {F iévrc).
Fièvre éphémèbe. — Voyez Éphémère [Fiècre).
FiÈvV:ES ÉRLPTiVES. — Genre de Fièvres aiguës qui se distinguent par une marche diiterminée, très-peu variable, à type continu, et suivie au bout de quelques jours d'une éruption à la peau ; ce sont : la variole et la varioloïcle, la varicelle, la rougeole, la scarlatine et la suetle ou miliaire (voyez ces mots).
Fièvre gastrique. — Nom donné par plusieurs auteurs à la fièvre que Pinel a appelée F. imninijo-gnsirique; c'est aujourd'hui la forme dite bilieuse ou gastrique de la F. typhoïde (voyez Typhoïde [Fiètre]).
Fièvre hectique. — Voyez Hectique {Fiètre).
Fièvre d'hôpital. — Nom donné quelquefois au Typhus des hôpitaux encombrés.
Fièvre ixflamjiatoiue. — Voy Inflammatoire {Fièvre).
Fièvre intermittente. — Voyez lNTERMiTTEKTE(Fîei.Te).
Fièvre jaune. — Voyez Jaune {Fièvre).
Fièvre de lait. — On appelle ainsi le mouvement fébrile qui se développe chez la femme, quelques jours après l'accouchement, pour préparer la sécrétion du lait; elle s'annonce ordinairement du troisième au quatrième on cinquième jour, quelquefois plus tôt, d'autres fois plus tard, par l'augmentation de la chaleur, le gonflement des seins, qui, léger (f abord, peut dcveinr considérable, au point de rendre les mouvements très- difficiles et doulourcHN ; il survient bientôt de la fièvre, de la soif, de l'agitation, quelquefois un léger délire; il y a de la céphalalgie, perte de sommeil, diminution ou même ce.-isation des suiies de couches. (;cpendant, au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, les symptômes commencent à diminuer, les seins s'atTaisscnt, la fièvre tombe peu à peu, la peau est moins sèche, s'immecte, et bientôt une sueur abondante vient terminer cette courte maladie; alors aussi les seins, qui jusque-là n'avaitnt dOLiné qu'une petite quantité d'une sérosité suciée nommée, colosirum (voyez ce mot), commencent à fournir du lait. Ce mouvement fébrile est quelquefois peu marqué, surtout lorsque les soins hygiéniques et particulièrement le régime alimentaire auront été smveillés avec soin. 11 est moins fort, en générai, chez les femmes qui accouchent pour la première fois et chez celles qui allaitent leur enfant. Le traitement d'une maladie aussi légère et qui n'est même qu'une des phases d'une fonction normale, l'accouchement, consiste à éloigner les causis capablesd'entraver le mouvement fluNionnaire qui se prépare du côté des seins; ainsi les organes digestifs seront maintenus dans le calme par une abstinence qni sera réglée suivant les forces et l'état de santé générai de la nouvelle accouchée; elle sera maintenue dans une tempéi'ature douce, sans être trop chaude, ce qui serait très-mauvais; on lui recommandera le plus gi'and calme physique et moral ; elle piendra quelque boisson douce, telle c|iie : eau de gomme, de mauve, de violette, et on se gardera bien de tous ces prétendus antilaiteux prônés p;ir les bonnes femniL'S cl les commères et qui no sont le plus souvent que des excitants et des toniques réprouvés par tous les médecins sages et éclairés. Nous ne sauiions trop recommander aussi les plus grandes précautions pour éviter la suppre^sion intempestive des sueurs critiques qui suivent la fièvre de lait ; c'est un précepte sur lequel nous devons appclei' l'atiention la plus sérieuse. Quelquefois ce mouvement fébrile se trouve dénm^i' ou iir\i^' par une cause quelconque ; le médecin doit v. ,11 i .nr, i .in à ce que tout se passe d'une manière nnnnalr ci, s'il amenait quelque complication perturbatrice, y remédier au plus tôt.
Fièvre larvée, du latin /«run, masque. — On adonné ce nom ;\ des all'ections de dilïérenles natures ipii, bien qu'elles ne présentent aucun des caractères des fièvres inlermillcntes, en sont cependant rnppiiichéi's par une certaine analogie, basée sur Us circonstancrs de leur développement, de leur périodicité et surlout de leur gnéri,son par le médicnmeut spécifique des fièvres intermittentes, le quinquina.
Fièvre maligne; Fièvre atavique de Pinel. — C'est une des foi'mes do la Fièvre tyiilioide.
Fièvre dis marais, Fièvre paludéenne. — Vojez Intermittente {Fièvre).
Fièvre micningo-gastrique — Nom donné par Pinel ;\ la Fièvre gnslrique des auteurs, une dos formes do la l'ii'vre lyp'/ioide.
Fièvre miliaire. — Voyez MiLiAinr, Si ette.
Fièvre muqueuse. Fièvre adéno méningée de Pinel.— Voyez Typhoïde iFièvre).
Fièvre nerveuse. — C'est une des formes de In Fièvre
ataxique de Pinel et de la Fièvre typhoïde des modernes.
Fièvre nosocomiale. — C'est la Fièvre d'hôpital.
Fièvre ortiée. — Voyez Urticaire.
Fièvre paludéenne, Fièvre des marais. — Voyez Intermittente pernicieuse {Fièvre).
Fièvre pernicieuse. — Voyez Intermittente {Fièvre).
Fièvre de la peste. — Voyez Peste.
Fièvre pituiteuse. — C'estia Fièvre muqueuse.
Fièvre des prisons. — Voyez Intermittente pernicieuse {Fièvre) et TïriioïDE {Fiévi-c).
Fièvre pseudo-continue, du grec pseurfo.?, faussement. — Espèce de fièvre observée dans les pays marécageijx et dont le type est généralement continu, bien que les causes, les symptômes généraux, la nature de la maladie, son traitement, offrent la plus grande analogie avec les intermittentes à infection paludéenne. Rare dans nos climats, on l'a observée dans les pays chauds et surtout en Algéiie. Elle peut ôtre continue dès le début ; d'autres fois, elle commence par des accès intermittents quotidiens (|ui se prolongent de jour en jour et se rapprochent jusqu'à ce qu'il n'y ait plus ni intermittence ni réniittence. On la voit souvent dégénérer en fièvre typhoïde, le plus souvent à forme adynamique. Cette maladie, signalée par Sydenham, n'avait guère été observée par les médecins français avant la conquête de l'Algérie, et l'expérience n'a pas encore prononcé d'une manière définitive sur la marche du traitement à suivre; la base de cette, médication est bien évidemment le quinquina; mais si dès le début il ne paraît aucune complication d'un caractère pernicieux, on pourra avec avantage recourir à la saignée, aux ventouses scarifiées ou aux sangsues dans le cas oii il y aurait des signes de congestion ou de phlegmasie vers un organe importa it; puis on administrera le sulfate de quinine. M. Grisolle voudrait même qu'on associât les deux médications pour peu que les accidents pernicieux parussent imminents.
Fièvre puerpérale. — Voyez Peerpér.vle {Fièvre), Péritonite.
Fièvre putride, Fièvre adynamique de Pinel. — C'est une des formes de la Fièvre typhoïde.
Fièvre quarte, doible quarte, quintane, etc.— Voyez Intermittente {Fièvre).
Fièvre a quinquina. — Le quinquina étant le médicament héroïque employé contre les fièvres intermittentes, rémittentes, pseudo-continues, larvées et même cotitinues à forme pernicieuse, plusieurs médecins ont désigné tout ce groupe de fièvres sous le nom collectif de Fièvres à qmnqmnn.
Fièvre quotidienne. — C'est la forme des fièvres intermittentes dont les accès reviennent périodiquement tons les jours (voyez IntiiRmitiente [Fièvre).
Fièvre rouge. — Voyez Scarlatine.
Fièvre subintrante. — On a donné ce nom aux fièvres périodiques dans lesquelles les accès se snccèdeut sans laisser d'intervalle complètement libre. Elle ne diffère pas de la Fièvre rémittente.
Fièvre synoque. — Synonyme àeFièvre inflammatoire.
Fièvre typhoïde. — Voyez Typhoïde (Fièive), Typhus.
Fièvre tierce. — C'est une fièvre intermittente dont les ,iccès reviennent tous les deux jours.
Fièvre traumatique, du grec trùma ou traumn, blessure. C'est la fièvre qui accompagne les blessures et la suppur.ition des plaies.
Fièvre vernale, du latin vernalis, de printemps. — Ce sont les fièvres qu'on a l'habitude d'observer au prin temps; telles sont surlout les Fièvres in/laiiimatoires, intermittentes, etc.
Fièvre vitui.aire (Médecine vétérinaire). — Espèce de fièvre que l'on observe sur les vaches à la suite du vêlage. Les symptômes de celle maladie in-ésentent quelque analogie avec la fièvre puerpi'iale de la femme et consistent en un allaiblissement ra|iidr des Ibixes, un coma pi"l'iiiil, r'S|iiration lente, lumls grand, pou fréquent. I.ll^' < I |iivs(inc toujours mortelle. On conseille les exciiaiiN dilliisibles, quelques laxatifs salins, quelquefois le quinquina, le canqihre, etc.
Parmi les nombreux ouvia.ces que nous pourrions recommander, nous nous contenterons de citer quelquesuns de ceux (pii traitent des fièvres en général, renvoyant à cliacun des grands groupes des fièvres particulières, pour l'indication des ouvrages spéciaux; nous nous dispenscions aussi de citer les traités généraux de médecine qui tous s'occupent longuement des fièvres.
Notice tidihni/riiphique.— Uordeu, Olùivres complètes, réunies par llicherand, 'i vol., Paris, 1818 (/'(issim); —
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9 Si»
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Selle, Èlém. de pyrétologie [en lutin, Berlin, 1773, trnd. en français par Nauche, IS02, 3'^ ùdit., 1817, avec de-, notes de Chaiissier; — S:oll, Apliorismes.... sur les /icvres (en latin, Vienne, 17S.i), trad. en français parMalion et Corvisart, 18"9; — Gi'imaud, Cours comp/et des fièvres,S vol. in-8°, Montpellier, 1791 ; — Pinpl, Nosogrnphie philosophique, 3 vol. in-8", édit. de 1818; — Prost, La médemie éclairée par l'observation et les ouvei-tures du corps, 2 vol. in-S", Paris, 1804; — Bronssais, Examen des doctrines médicales, 2 vol. in-S", édit. de 1821, et Histoire des phlegmasies chroniques, 3 vol. in-8<', édit. de IS22; — Cliomel, PijrétologiephysioL, 2' édit,;— Cuftin, Traité analijl. des fièvres esseni., 2 vol. in -8», 181 1 ; — Boudin, Traité de géographie et de statistique médic. et des maladies eiidém., 2 vol. in-8°, IS,S7; — Diitroulean, Traité des maladies des Européens dans tes pat/s chauds, in 8°, IKCl. F — w.
riGITE (Zoologie), Figites, Lat. — Genre à Insectes de l'ordre des Hyménoptères, fairalle des Pupivores, Xr'iha des Gallicoles, çronpe ou grand genrclinnéen des Cijnips. Les figites se distinguent des autres cynips par leurs antennes grenues, plus grosses vers rextréniiié, leur abdomen ovcidc et la dispo.'iition des nervures des ailes supcrienres. Ce sont des insectes le plus souvent noirs, longs de quelques millimètres et que l'on rencontre souvent sur les vieux murs dans rintérieur des villes, sur les ileurs et. quelquefois sur les excréments liumains. Selon plusieurs observateurs, les larves des figites vivraient en parasites sur d'autres larves; tel est le F. du ^rphc (insecte diiuèie) (F. syr/ild, Newmun).
FIGUE (Botanique). — C'est le Iruit du Figuier (voyez ce mot).
Figue (Zoologie). — Nom d'une espèce de Coquille du genre Pyrulc, dont la forme rappelle celle d'une figue. On ■« proposé d'en faire le type d'un genre spécial sous le nom de Ficus.
FiGim-BACovE (Botanique). — Fruit d'une variété du Bananier des sages [Musa sapicntium. Lin.) , connu aussi sous le nom de figue banane. Sa chair est fraîche, délicate et fondnnte; elle se mange toujours crue.
FicuE-CAQUE ou FicocAQLE (Botanique). — Nom vulgaire du fruit d'une espèce de Plaqueminier de la Chine, dont on fait usage comme alimcmt.
Figue de mep ou Figue marine iZoologie). — Espèce d'animaux marins du groupe lics Alcyous.
Figue de meh ou Figue mari.\e (Botanique). — Noms d'une espèce de Fîcoiirfe ou Mésembryunthéme, la Ficuide comestible, nommée aussi Figuier des Hotlentots.
FIGUIER (Botanique), Ficus, Lin.; altération probable du nom grec sylcè. — Genre de plantes de la famille des Morées, caractérisé ainsi : fleurs uniscxuées et polygames réuniesdansun réceptacle commun, concave, creux, pyriforine, charnu, ouvert au sommet, nuini àsabasedebracléoles écailleuses et fermé Si sou orifice par d'autres petites écailles; ce réceptacle porte dans sa cavité les fleurs staminées en haut et les pistillées en bas ; les premières ont un péritmthe à 3 divisions, 3 étamines A filets capillaires; les secondes ont un périanthe  l> dentelures, ovaire posé sur un court gyiiophore et uii style littéral continu avec celui ci, un stigm.ate à deux brnnclies inégales ; la fructification se compose d'utricules inenibraneuscs insérées au dedans d'un réceptacle succulent ; c'est ce qu'on nomme une figue (voyez l'article FicuiKn (Arljoriculiure]). Ce genre, qui renferme phi» de cent espèces, coini)rend des arbres élevés et des arbriseaux giinipaiits à suc laiteux, à feuilles riulos au loiiclicr, entières, lobées ou dentées. Ces végétaux liabiteiit les régions chaudes de l'Asie et de l'Afrique. On en Iroiivo aussi dans le midi do l'Europe. L'espèce la plus iniporlamo e.st le F. commun {F. carica. Lin.), ainsi nommé parce qu'il passait pour être originaire de la Carie, mai.'! que les botanistes regardent volontiers comme n'étant autre qu'un petit arbre de l'Europc! australe, In F. lauvaye ou Caprifiguicr, amélioré par la culture. On connaît beaucoup do variétés do cette espèce, parmi lo.squille» certains bolnnisles ont distingué plusieurs espèce» et même doux genres comprenait I,
, (Ij/illeurfiimiréc» lur IquIc lomifoco iulcrueclurcccptaclcr.
l'un, les F. domestiques, et l'autre, les F. sauvages. Les anriens avaient étaWi déj:\ cette distinction. Aujourd'hui, iiii est porté ;■! croire que ces figuiers proviennent d'un
Fig. 1091. — Flcii
seul et même type ; on pourra, sur ce point, consulter la monogiaphie du genre Figuier de M. Gaspari'ini.
Les figues ont joui, chez les anciens, qui habitaient les contrées méridionales de l'Europe, d'une estime qui étonne parfois les peuples des contrées plus septentrionales ; manger des figues était, aux yeux des anciens, un des traits d'une existence molle et somptueuse. Les Athéniens, parmi les Grecs, avaient fait de la culture du figuier une des sources de leur commerce d'exportation. Leurs figues sèches se vendaient sur tous les marchés de l'Asie occidentale et figuraient .avec distinction sur la table des opulents monarques des Pcr-ses. Ce fruit pi-écieux, dont les variétés communes fournissaient l'aliment habituel des gons des campagnes et dont lés variétés exquises étaient l'objet d'un commerce lucratif, fut placé dans l'origine sons la surveillance d'inspecteurs spéciaux, nommés sycophantes, et chargés d'en régler l'exportation en temps de disette. Les exactions arbitraires de ces agents singuliers firent abolir leur charge et immortalisèrent leur nom comme synonyme de délateur, hypocrite et imposteur. Les historiens grecs n'ont pas craint d'affirmer que, dans ses attaques contre les Grecs, Xerxès ne fut pas insensible au désir de conquérir le pays qui produisait les figues. Les ligues de l'Afrique septentrionale eurent l'honneur d'être appelées en témoignage ponr exciter les Romains à la troisième guerre punique qui .se termina par la conquête deCarlluige On se rappelle, en elVet, que, pour y décider le sénat, longtemps sourd ù ses obsessions persistantes, Caton, selon l'iutarque et Pline l'Ancien, apporta dans un pli de sa toge des figues d'Afrique, renommées dès cette époque peur leur beauté, et les jeta au milieu de la salle du sénat, puis, profitant do l'admiration qu'elles excitaient chez ces austères ancêtres des Vitellius et des Apicius : « La terre qui porte CCS fruits, leur dit-il, n'est éloignée de Rome que de trois journées de navigation; voih\ la distance qui nous sépare derennemi.il Pline nous ;ipprend par quel procédé les anciens tiraient des figues une sorte de vin et mûme du vinaigre. Ces habitucies se sont conservées traditionnellement jusqu';\ nos jours d.ins la Grèce et les iles de l'ArcliiiH'l, en It.ili'', en Ivsp;igne. Un article spécial fera coniKiilre rini|i.'rl;uice actuelle et la culture du figuier en Francr. Lrs lignes Ibrment d'ailleurs un aliment sain; elles sont légèrument émollirntes et laxatives; on les regarde comme favorables poni' combattre les alVections de poitrine, les maux do gorg(^ Galieu vante l'usage des ligues comme aliment adoucissant; et dans leur entliuu.siasnie ponr !e liguier, les anciens nous ont lr;uisinis. dans les écrits do Dioscoiide et de Piinc, une foule do recettes oi'i entrent, comme médicaments, l'écorce, les jeunes pousses, les feuilles, les cendres du figuier. Aucune de ces recettes n'a été conservée en usage Jusqu'à nos jours. Quant au bois du figuier commun, il est blaiicjauiiAti'e, lendie, ti'ès-élasti(|ue lorsqu'il est bien sec. Les serruriers, les armuriers utilisent sa texture spongieuse pour en faiic des polissoirs ù huile et à poudre d'éineri. I)ans le Midi, on l'ubiique dos vis de iires.soir avec les gros troncs bien secs. Ou l'emploie aussi pinir le chauffage. Le tionc et li s branches du (iguier doniuint par incision un suc laiteux, Acre, causiii|ue et qui contient environ un dixième de son poids, de caoutch. uc. Cotte matière précimiso est bien plus abondante dans lo sue des espèces de figuiers qui croissent sous les climats
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tropicaux. C'est priîcisiiment ce qui a valu son nom à une espèce des montagnes du Népaul, le F. e/astn/ue {F. elaslicn), grand arbre à feuilles elliptiques qui doit être cité parmi les végétaux l'ournissaiit le caoutchouc au commerce. Le figuier commun vient et fruciifie Irèsfacilement dans les contrées du bassin Méditerranéen ; mais il réclame dans le nord une culture laborieuse. On mange les figues fraîches, mais dans le Midi, la préparation des figues sèches est une ressource considérable et fournit à la fois un aliment abondant aux cultivateurs et un objet de commerce d'une assez grande importance.
On a beaucoup parlé, sous le nom de caprificulion, d'une opéra'ion destinée à hâter la maturation des figues tardives e! (j-ji, très-usitée dans l'antiquité, léserait encore de nos jours dans certaines parties de l'Ai'cliipel grec et de l'Asie Mineure. La caprification consiste h provoquer la piqilre d'nn certain insecte sur les figues que l'on veut faire milrir. Pour cela, on récolte en juin et juillet les figues des figuiers sairvages ou caprifiguiers. qui sont à celte époque remplies des petits insectes en qitestion prêts à sortir ; on suspend ces figues réunies eu chapelets aux rameaux des figuiers cultivés, et à mesure que les moucherons sortent, ils vont piquer les figues de ces arbi'es, et celles-ci, comme nos pommes et nos poires piquées des vers, mûrissent beaucoup plus rapidement. Tournefort a, le p:emierde5 écrivains français, décrit cette opération dans son Voi/oge du Levant ; m:\is PVuw et d'autres auteurs anciens l'avaient eux-mêmes longuement expliquée. L'utilité de cette pratique longue et pénible est aujourd'hui fort contestée ; mais, en tous cas, elle n'est nullement employée d:ins nos cultures. On a beaucoup disputé pour savoir quel est l'insecte qui intervient dans la caprification ; c'est un cynips, mais on ne saurait préciser siirement quelle espèce.
Le singulier mode de floraison -du figttier a fait longtemps méconnaître ses fleui's, et on le regardait comnro donnant des fruits sans avoir fleuri préalablement. C'est seulement en 1712 que de La Hire décrivit et figura les fleurs mâles et femelles enfermées dans ce réceptricle eit forme de poire (fif/. 1090;, si semblable à un fruit ordinaire. Linné doirna un peu plus tard l'explication complète du mode de reproduction des iiguiei's.
Plusieurs espèces de figuiers exotiques méritent d'être signalées. Le F. des pagodes {F. rehgiosa, Lin.) est en grande vénération dans l'Inde ; ce bel arbre, dont le tronc atteint plus de 1 nrètre de diamètre, a une cime rameuse étendue horizontalement et un ombrage épais remarquablement étendu. C'est sous cet abri majestueux que, selon les traditions religieuses de l'Inde, le dieu Vichnou a vu le jorir. Cette croyance a rendir l'arbre sacré; on le plante autour des pagodes, les prêtres le soignent et nul ne peut y toucher. Le F. du Betnjale ou F. des Indes (F. indien. Lin. ), vulgairement Pipai et Arbre depmjode, est un arbre vraiment merveilleux d'aspect qui croît dans les mêmes contrées. Son tronc, fort gros, s'élève à 10 ou 15 mètres et sa cime étale au loin ses vastes branches horizontales ; les plus voisines du sol émettent de longs jets cylindriques, pendanis, nus, semblables à des câbles, qui, s'allongeant vers la terre, y prennent racine dès qu'ils y parviennent, forment comme des ti'oncs supplémentaires soutenant et alimentant les branches inférieures et deviennent le point de départ d'arbres nouveaux groupés autour de la souche commutie. Ainsi se firme une sorte de monument végétal couronné de verdure et porté sur de nombreuses colonnes. Souvent les Indiens s'étudient ù diiiger ces rejetons des branches en arcades régulières, puis ils in.^tallent leurs idoles sous ces temples de verdure. Les deux espèces qui viennent d'être citées fournissent de la laque (voyez ce mot.l. Beaucoup d'autres espèces intéressantes de l'ancien et du nouveau monde pourraient encore être citées ici, si les bornes de cet article le permettaient. Ad. F.
FiGuiEn (Arboriculture). — Le figuier [Ficus carica, Lin.) croît spontanément dans toutes les parties chaudes de l'Europe, eu Asie et dan? le nord de l'Afrique. C'est à la colonie grecque qui fonda Marseille que nous devons l'introduciion du figuier daiis la Provence. Aujourd'hui cette culture est générale dans le midi do la Frimcc, en .Mgérie et dans toute l'Iiurope méridionale.
Pend.ant cinq mois, la figue entre pour une part notable dans le régime des habiiaiits des contrées méridionales. Desséchée, elle y jouo encore un l'ôle important, et ce qui n'y est pas consommé devient l'objet d'un commerce considérable avec le Nord.
Mode de friiclificalion et de vàgétnlinii. — Si l'on examine au printemps un jeune bourgeon de figuier, on
voit, à l'aisselle de chaque feuille, un petit bonton pointu, écailleux (A, fiij. 1092) : c'est le rudiment d'une
F:?. 1092. — Boulon à bois et bouton \ Ce'
nouvelle pousse qui se développera l'année- suivante. Le pins ordinairement on trouve à côté de cet œil, et quelquefois à son exclusion, «n autre bouton (Bj également écailleux, mais un peu plus volumineux, de forme arrondie et déprimée : c'est le rudiment des fleurs ou jeunes figues. Ces boutons à fleur sortent bientét de leur enveloppe écailleuse, grossissent assez rapidement et app.v raissent sotis forme d'une figue qui atteint sa maturité vers la fin de l'été.
Dans les contrées oii la température moyenne ne descend pas au-detsous de + 12°, la végétation et la fructification du figuier sont continues; là où la température moyenne s'abaisse au-dessous de cette limite, le figuier perd ses feuilles, et sa végétation est interrompue. Il se passe alors un phénomène assez remarquable : le bourgeon (B, fir/. lO'J.Jl, né au printemps, ne peut développer complètement et milrir qu'un certain nombre des figues qu'il porte, celles de la base (Ai. Celles du sommet (C), qui ne sont encore qu'à l'état rudimentaire,sont arrêtées dans leur évolution par les premiers froids; elles restent stationnaires pendant tout l'hiver, reprennent leur accroissement au printemps suivant, et milrisscnt au milieu de l'été sur des rameaux dépourvus de feuilles (D).(;)ii donne à ces figues le nom de de premières figues^ /i;/uesd'étéou figues- /leurs. Celles qiji ont commencé à se former au printemps, à la partie inférieure des bourgeons (.-V', et qui nu'irissenl au commencement de l'automne, prennent le nom de secondes figues ou figues d'aulonine. On voit que, sous le climat du Midi, le fi;;uicr donne
annuellement deux récoltes. Comme les figues d'automne naissent sur le même bourgeon que celles qui ne nnlriront que l'été suivant, on conçoit que plus on récolte des promièies, moins les figues fleurs sont abondantes. Aussi les variétés pi-écoces, c'osi-;'i-dire qui peuvent mûrir un grand nombre de figues d'automne avant les premiers froids, donnent elles", en général, moins de figucsd'élé que
Fis. 109:
1 (A) et J'
inn-;con de lîginer D .doï ligtics d'aiirudiuK-iiIaires (CJ.
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FIG
les -variétûs tardives. Par la mûme raison, les figues fleiirs sont d'autant plus abondantes sur les arbres, que l'on s'éloigne davantage du Midi vers le Nord. Sous le climat
1091.— Fisu:i
" blanquette.
de Paris, les viriétés, même les plus précoces, ne peuvent donner que des figues fleurs; ce n'est qu'exceptionnellement, et dans des années très-chaudes, qu'on peut y obtenir quelques figues d'automne.
Variétés. — Le figuier offre un grand nombre de variétés. Nous indiquerons ici quelques-unes des meilleures parmi celles qu'on cultive en Provence.
FICtES BLANCHES,
Napolitaine. — Figue d'automne, très-bonne ; excellente à sécher; mûrit au commencement de septembre; donne quelques figues-fleurs. Cultivée à Aix et à Salon.
Verilii/i: — Très-bonne fraîche et sèche ; mûrit comme la précédente. Cultivée à Brignoles et à Salon.
boiti-jussotte, barnissotte blanche. — Chair rouge; très-bonne fraîche et sèclie; se plaît dans les bons terrains, où l'arbre s'élève très-haut. Con)munc :\ Marseille; mûrit comme les précédentes; diamètre, 0"',036 iO"',OiO.
Blanijuetle {fiij. lOOV. — Rondi-, médiocre; mûrit à la mi-noùt. C'est la plus cullivéc au nord de la région des oliviers, et notannnent sous le clim;a de Paris ; on ne la fait pas sécher ; diamètre, O^jOSG à ^'lOSO ; donne des figues-fleurs.
Cûucdurclh blannlie, fiyun angeliijue {fiff. 1 095). — Médiocre; mûrit fin juillet; elles naissent de deux ;\ quatre
Fig. 100.;.
ensemble à ruisselle de» feuilles ; dohenl Être recollées trfcs-mûres; terriiins sec»; diamètre, (r,02(; à (r,03().
Mnrseillui.se, fiiiuc it Athènes. — Petite, arrondie, trèssncréc et très-délicate. C'est la plus esiimée pour faire sécher; mûrit fin d'noùl; terrains sics, abrilésdu nord, peu éloignés de la mer; cultivée d Mar>-eilli! et à Toulon.
De Versailles, royale. — Chair rose; donne beaucoup d./ figues-fleurs, assez grosse, très-bonne ; mûrit mi-Jiiilki i diamètre, 0-,010 il O^^OiS.
Col des (lames, col de Signore. — Excellente et belle variété; cultivée en Roussillon.
Espagnole, d'Espagne. — Très-bonne; mûrit au commencement de septembre; cultivée à Aix.
FIGUES COLOniES.
Poulette. — Très-bonne fraîche et sèche ; mûrit fin d'août; cultivée à Tarascon et à Salon.
Observantine, Cordelière, Figue grise, Blavette. — Variété très-répandue ; figues fleurs abondantes, grosses, très-bonnes , mûrissant à la mi-juin; figues d'automne médiocres, plus petites; on les fait sécher; terres substantielles et fraîches. Arbre vigoureux.
De Grasse, Gras.^emjue, Figue grise. — Médiocre fraîche, très bonne sèche; fin d'août; diamètre des figues, 0",07G à 0",080 ; donne quelques figues-fleurs; terrain frais.
De Jérusalem. — Très-bonne variété cultivée à Aix; fin d'août.
Safranée. — Excellente fraîche et sèche; mi-septembre; cultivée à Nice et à Salon.
Aubiquoim, Aubique violette. Petite aubique, Fiqueloire. Figue de Bordeaux [fig. lorG]. — Figues-fleurs
: Je BoiJc.
, Aiil,i., :,
abondantes, médiocres; figues d'automne, bonnes; chair rouge ; diamètre, 0™,033. Terrain frais. C'est, avec la blanquette, celle qui s'accommode le mieux du climat do Paris.
Bellone. — Très-bonne fraîche et sèche; fin d'août; diamètre, 0"',0i5 à C^OSO ; quelques figuos-fleui-s; terrains substantiels et frais; cultivée à Grasse, Draguignan et Marseille.
De Cuers, des Dames, Sans-pareille. — Très-bonne î cultivée à Bargemont et ailleurs.
FlljlIES .NOIHES.
Uourjrtssotte noire. — Très-bonne fraîche ; mûrit depuis le commencement de septembre jusqu'au commencenieut de l'hiver; terrains gras et frais; diamètre, 0"',050 ;\ I1"',(),'j5.
Mouissonne violette. — Peau très -fine, bleuâtre et crevassée ; chair rouge ; excellente, fraîche et sèche ; diamètre, li"',OiO ; donne aussi des figues-fleurs en juillet, mais moins bonnes. Terrain frais.
Sultane. — Excellente; vient de Tunis; cultivée à Salon.
Dans le Midi, les récoltes de figues d'iuitomne sont toujours plus abondantes que celles de figues-fleurs. D'ailleurs, les premières sont toujours plus sucrées, moins aqueuses et font de meilleurs fruits secs. On choisit donc les variétés à fruits d'automne pour faire le» grandes planiations destinées à alimenter le commerce des fruits secs. Toutefois, ce choix devra Ctro tel, pour chaque localité, que la maturité et la récolte puissent être terminées au moins quinze jours avant la saison des pluies, car ce laps de lein|)s est nécessaire pour sécher la récolte au soleil. Sous le climat do fhar.seille, les meilleures variétés pour sécher sont la marseillaise, cel.'o do Grasse et la mniiissimne. Plus au nord, A Orang", on devra préférer la blanquette, et au deh\, la coucourelle blanche. D'autres variétés, également propres à Être séchées, i)oiir-
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raient itre ccrtnincmciit préférées à celles-ci, an point de vue de la qualité; mais elles sont plus tardives, et on serait obligé, pour les faire sécher, d'avoir recours à un appareil à air chaud. Quant aux variétés fertiles en figuesfleurs, on les réserve exclusivement pour être mangées fraîches. On en forme des planlations dans le voisinage des grands centres de population ; et ces variétés sont choisies de façon que, la maturité de leurs fruits se succédant sans ce-se, on puisse en manger depuis la fin de juin, époque à laquelle mûrit V observant >ne, jusqu'à la fin de juillet, oii commencent les figues d'automne; on leur fait ensuite succéder les figues d'automne les plus précoces, puis viennent les variétijs les plus tardives, comme la hourjassotle noire, dont la maturation se prolonge jusqu'à l'entrée de l'hiver.
C'nnat et sol. — ^ Le figuier appartient surtout au climat du Midi. 11 redoute le même degré de froid que l'olivier ; mais sa végétation, beaucoup plus prompte, répare bientôt les dégâts occasionnés par la gelée. Plus la température est élevée, plus ses fruits acquièrent de qualité. La culture des figues s'avance jusque sous le climat de Paris ; mais il faut l'y abriter contre les froids de l'hiver. Au nord du climat de Paris, les figues-fleurs ne mûrissent plus. On trouve des figuiers sur tous les terrains, depuis les plus secs jusqu'aux plus humides; nous avons indiqué, dans la liste qui précède, les besoins de chaque variété sous ce rapport. On reconnaît cependant qu'en général c'est dans les sols calcaires, ritnes et frais, qu'ils donnent les meilleurs produits. On dit que le figuier veut avoir le pied dans l'eau et la tête au soleil.
Culture. — Le figuier peut être multiplié au moyen des semis, des marcottes, des tlrageons, des houtures et de la greffe. Les semis ne sont presque jamais employés, à cause de la difficulté de se procurer de bonnes semences, do la lenteur de ce procédé et du grand nombre de variétés médiocres que l'on en obtient. Les marcottes sont d'un usage plus fréquent. On choisit des rameaux d'un à deux ans, on pratique une ligature ou une incision sur la partie enterrée (voyez Mai;cottage), on sèvre à l'automne, et l'on plante immédiatement à demeure. Comme le figuier n'aime pas à être transplanté, on peut, pour ne pas déranger les racines de la marcotte, faire celle-ci dans un panier, comme nous l'avons expliqué pour la vigne en treille, avec cette difléreuce que le sommet du rameau qui sort de terre ne sera pas tronqué. Les drageons sont le mode de multiplication le plus simple et le plus ordinairement employé. On les enlève à l'âge de deux ans au pied des figuiers, et on les plante à demeure en automne. Mais les figuiers que l'on multiplie ainsi présentent l'inconvénient de produire à leur collet un très-grand nombre de drageons qui épuisent la lige. Aussi serait-il préférable d'employer les bontm-es. Ces boutures sont faites à l'automne. On choisit des rameaux vigoureux, nés depuis le printemps, longs de 0",2ll à C^jîS, et à la base desquels on a conservé le talon. Ces boutures sont plantées à demeure et de façon que le bouton terminal excède la surface du sol de 0'°,u;i ou 0"',04 seulement. Pour préserver ce bouton des intempéries de riu'ver, on le couvre d'un petit capuchon en cire, que l'on retire au printemps. La grelTe n'est employée que pour améliorer la nature des figuiers. Toutes les sortes de gr(^n'cs réussissent sur le figuier, mais on se sert ordinairement des i/reffes en fente simple, en couronne et en sifflet. La grefl'e en couronne est réservée pour les grosses tiges.
Les soins que réclame la culture du figuier varient suivant le climat. Nous allons donc les examiner séparément sons le climat du Midi et sous celui de Paris.
Culture du fiyuier dans le midi de la France. — Le figuier peut être planté on quinconce, dans un verger agreste, auquel on donne le nom de fiijuerie. Les arbres y sont placés à la distance de (; ou 7 mètres. Ce mode dcculture est toutefois peu répandu, à cause d'un champignon parasite qui, attaquant les racines, passe d'un arbre à l'outre et détruit rapidement tonte la plantation. C'est pour cela que l'on préfère généralement planter le figuier en lignes isolées, entremêlées d'autres arbres, tels qu'amatidiers, oliviers, etc. On les place aussi dans les vignes, de distance en distance. Dans l'un etraiilrc cas, on ameublit et l'on amende le sol, à chacun dos points oi'i les figuiers doivent être plantés, sur une largeur de I mètre et une profondeur de (l'",80. Quelle que soit la forme de la plantation, il faut la défendre de la sécheresse pondant les deux ou trois premières années, soit par des irrigaticns , soit par des binages ou des couvertures.
Formation de la tige. — Dans le Levant, l'arcliipe grec, l'Afrique, les figuiers développent un tronc de .3 à 4 mètres d'élévation, et de 0°',30 à C",-}!! de diamètre; ce sont de véritables arbres. En Provence, la température moins élevée et les gelées fréquentes s'opposent à ce qu'ils prennent ces grandes dimensions ; mais il y a avantage à leur faire développer un tronc, parce que cette disposition leur permet, en général, de prendre de plus grandes diniensioi s et de donner des produits plus abondants, et que l'on peut tirer meilleur parti du terrain placé sous la tète des aibres. Toutefois, les parties les plus chaudes de la Provence permettent seules de profiter des avantages des hautes tiges, car cette forme expose davantage les Hguieis aux rigueurs de l'hiver. La tige devra donc être d'autant moins élevée qu'on s'éloignera davantage des bords de la Méditerranée, jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement aux limites de la Provence, pour être remplacée par une cépée. Cette dernière foi me devra être également adoptée, même en Provence, pour les figuiers des terrains légers non susceptibles d'être arrosés.
Quand les figuiers doivent être pourvus d'une tige, on laisse se développer librement, pendant les deux premières années, tous les bourgeons qui apparaissent sur les jeunes sujets. A la troisième année, au mois de mars, on choisit le rameau le plus vigoureux, on le dresse avec un tuteur, et l'on supprime tous les autres. A partir de ce moment, on ne conserve sur cette tige que le bourgeon terminal, jusqu'à ce qu'elle ait atteint la hauteur à laquelle elle doit se ramifier, c'est-à-dire environ 2 mètres pour les parties les plus chaudes et les mieux abritées de la Provence. Alors, au printemps, on supprime le botiton terminal et l'on fuit ainsi développer vigoureusement les boutons latéraux destinés à former la tète; le développement de celle-ci est ensuite abandonné à lui-même : on veille cependant à ce qu'elle prenne une disposition à peu près régulière.
Qu.int aux cépées, elles se forment d'elles-mêmes par les bourgeons qui naissent sur toute l'étendue des jeunes plants, et surtout vers la base, pendant les premières années qui suivent leur plantation.
Dans l'un et l'autre cas, il est prudent d'envelopper de paille, pendant les deux premières années, les rameaux des figuiers pour les défendre des froids de l'hiver.
Taille. — Quoique beaucoup de figuiers du midi de la France soient abandonnés à eux-mêmes après leur formation, il n'en est pas moins vrai qu'une taille pratiquée avec discernement produirait les plus heureux résultats. Cette opération est d'ailleurs fort peu compliquée : chaque année , au mois de mars, on enlève les rameaux gouimands inutiles qui se sont développés à la base des branches principales ou sur le collet de la racine. On supprime également un grand nombre des rameaux Latéraux qui sont nés sur la partie du prolongement de chaque branche âgée de deux ans ; on ne conserve que ce nui est nécessaire pour former des branches de second ordre destinées à combler qTielque vide dans l'arbre.
Moins on usera de la serpette pour le fi.guier, mieux cela vaudra. Aussi il conviendra de supprimer les productions inutiles, autant que possible, lorsqu'elles seront à l'état de bourgeon. Dans tous les cas, les plaies qu'on sera obligé de faire devront toujours être rocouverttis avec du mastic à greffer dès qu'elles prétenteront un diamètre de 0",02.
Bernard; qui a écrit à Marseille, en mfi, un très-bon iTiémoire sur la culture du figuier, parle d'un procédé déjà fort ancien et qui a pour but de hâter la maturatioti des figues. Il consi^te dans l'application d'une très-petite goutte d'huile d'olive fine au centre de l'œil de la figue. Cette opération est encore pratiquée avec beaucoup de succès dans quelques localités de la Provence, et notamment à Martigues : l'huile est mise avec un brin de paiMe très-fine, de façon à ne toucher que le centre de l'œil. On la pratique aussitôt que l'œil a pris décidément une teinte ronge, et, autant que possible, le soir après le coucher du soleil. La figue, qui était verte, petite et dure, apparaît dès le lendemain gonflée, molle, tivec une teinte jaune. L'œil est ouvert, la floraison connnence, et l'on cueille la figue le quatrième jour au matin, au moment oii les semences vont se forluer. On obtient ainsi un fruit qui a acquis plus de parfum et de douceur qu'a\ec la maturation naturelle, et qui est privé de ces nonihreuses graines dont la présence est désagréable. Cette opération oiVrc un autre avantage: c'est que l'arbre, soulagé par cette récolte anticipée.
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fournit def. sucs i)Uis aboiuhints aux fruits qui lui ont été laissés et qui des lors mûrissent plus tôt. Toutefois, cette pratinue a été réservée jusqu'à présent pour hâter la maturation des figues que l'on mange fraîches. On n' a pas trouvé qu'elle pût être appliquée d'une manitre économique aux figues à sécher.
La naissance des figues étant continue sur chaque bourgeon pendant tout le temps qu'il s'allonge, un certain nombre d'entre elles, placées vers la base de la moitié supérieure des bourgeons, sont surprises par les premiers froids avant d'être mûres, et lorsqu'elles sont déjà trop avancées pour résister à l'hiver et se dévelopiier l'année suivante comme les figues-fleurs. Ces figues tomberont aux premiers jours du printemps; il vaut donc mieux les supprimer aussitôt qu'elles ont atteint le premier tiers de leur grosseur. On économise ainsi la sève qu'elles auraient absorbée jusqu'au niomeut de leur chute.
Labours, engrais, irrigation. — Dès la fin d'octobre, et même plus tôt, quandi les figuiers se sont dépouillés de leurs feuilles et que la récolte est faite, on leur donne le premier labour avec la pioche ou la houe fourchue. On laisse un petit bassin autour de chaque pied pour retenir les pluies d'automne. Dans la première quinzaine de décembre, et plus tôt si l'hiver est précoce, on comble ce bassin cl l'on butte le pied des arbres le plus haut pos-
sible, afin de les préserver du froid. Au commencement i'avril, après la taille, on rabat cette terre et l'on donne z.i\ second labour moins profond que le premier. Après ' ébourgeouuement,on pratique un premier binage, qu'on répète ensuite tous les mois jusqu'à la fin d'août. Ces biaages ameublissent parfaitement la surface du sol, retiennent l'humidité, font grossir les figues et accélèrent leur maturation.
Quoique le figuier donne des produits passables dans des terrains tellement maigres, que les autres arbres fruitiers ne sauraient y vivie, il est très-avide d'engrais, et la beauté ainsi que l'abondance de ses fruits payent largement ceux qu'on lui applique. Comme pour" les autres arbres, ce sont les engrais à décomposition lente, tels que les os concassés, les cornes, les chiffons do laine, etc., qui lui conviennent le mieux. A leur défaut, les cultivateurs du Midi emploient les fumiers de mouton, de cheval, la colombinc, pour les terrains frais, et le fumier de vache pour les sols légers. Ces divers engrais sont enterrés lors du labour d'automne. Les premiers engrais n'ont besoin d'être renouvelés que tous les six ou huit ans, et li'S seconds tous les deux ou trois ans. Pour les figuieiB dont le produit eU destiné à sécher, on fume légèrement, parce qu'on obtient ainsi des figues plus sucrées, moins aqueuses et qui se dessèchent plus facilement.
Certaines variétés de figuiers, notées dans la liste que non» avons donnée, auppoitent assez facilement la sécheresse; néanmoins on peut dire quo toutes les variétés se trouvent bien de l'irrigation, pourvu qu'elle no soit pas trop fréquenle et qu'elle ne fasse qu'entretenir la l'rak-liour du bol. L<'3 figuiers dont on doit faire sécher la récolle devront êirc arrosé» plus modérément quo ceux dont les fruils doivent eue mangés frais.
Le figuier dure fort longtemps lorsqu'il est placé sous nu climat f.ivorable. On trouve eu Afrique des figuiers qui ont plus do deux sifccle.s. Dans le midi île la France, la durée de» figuiers eu cépée est pn-scpio indéfinie, parce qu'ils so reiiimvellent constamment au moyen de nouveaux Jets qui naissent de la souclio. Mais ceux qui sont i linuto tige arrivent à la décrépitude vers l'Ugo de cinquante à soixante ans.
Culture du fiijuicr sous le climal de i'uris, — Sous le
climat de Paris, le figuie» est cultivé en cépées disposées eu lignes isolées ou réunies sur im terrain spécial dit figuerie. Ou ne laisse p.is acquérir aux tiges de ces cépées plus de l^.ôO à "2 mètres de longueur, afin de pouvoir les abriter facilement pendant l'hiver. On ne cultive que les variétés fertiles en figues-fleurs, car les figues d'automne n'y mûrissent presque jamais.
Argenteuil et la Frette sont les deux localités les plus renommées pour la culture de cet arbre aux environs de Paris; elles fonrnissf>nt toutes les figues fraîches que l'on voit sur les marchés.
L'introduction du figuier à Argenteuil paraît dater de plus de deux siècles. Il y est culiivé en massif dans des sols profondément ameublis, richemeut fumés, de nature siliceo-calcairo-argileuse, abrités des vents du nord et du nord-ouest, et exposés du midi au levant. Cette culture comprend une surface d'environ hd hectares, qui produisent en moyenne ■.'50000 figues. La variété cultivée est celle que nous avons décrite sous le v\om ai blanquette [fig. 109'i|. Voici comment on procède à cette culture.
On prend des marcottes en panier : on les plante au mois de mars, dans des trous de 1"',".0 de diamètre, prof inds de O'",80, et remplis de terre bien amendée. La plantation est faite de façon que la partie enracinée de la marcotte soit enterrée à û",25 ou O^.SO de profondeur, et de manière aussi à enterrer O"",!» ou O"','.:0de la tige, dont le sommet sort obliquement du sol. Pour former plus vite la cépée, on pourra planter deux marcottes dans chaque trou au lieu d'une; dans ce cas, les deux paniers seront placés en lignes parallèles à la ligne de plantation, à 0'", "20 les uns des autres, et de manière que les tiges soient opposées l'une à l'antre sur cette ligne. Ou a soin de laisser la surface du irou à 0'°,30 au-dessous dj sol environnant. L'excéd.ant de la terre est disposé en ados autour du trou, afin de retenir plus facilement l'eau des pluies au pied des jeunes figuiers. Les arbres sont plantés à 5 mètres de distance les uns des autres dans les ligues, et à i mètres entre les lignes, do façon ;"! former une sorte de quinconce. On abandonne ces jeunes |ilants à eux-mêmi;s pend;mt tout l'été, en les préservant toutefois de la sécheresse au moyen de binages ou de couvertures. Dans la première quinzaine de novembre, lorsque les premiers froids commencent, que les feuilles sont complètement tombées, et que la terre n'e^t pas trop humide, on choisit un beau jour et l'on incline avec précaution la jeune tige jusqu'au niveau du fond de la fusse ; on la couvre ensuite, ain.si que le pied, d'une couche do terre de 0",:iOà 0°',iO d'épaisseur, pour la défendre contre les froids. Vers la fin de février, lorsque le temps est devenu doux, on découvre les tiges et l'on rétablit la fosse connue elle était avant le couchage. Le développement du jeune plant est encore abandonné à lui-même pendant l'été, puis on le recouche en novembre.
Lors du troisième printemps après la plantation, par un temps doux, on coupe la jeune tige à 0",15 ou O","^^ du sol, afin de favoriser, vers la base, le développement de nombreux bourgeons destinés à former les diverses branches principales de la cépée. On les couche vers le milieu de novembre.
On choisit pom- cela un temps sec et le moment où la terre, bien friable, pourra s'engager facilement entra tontes les branches sans laisser de vide. Elle sera exempte de feuilles, d'herbe ou de paille, qui, se pourrissant, tacheraietit ces branches et les feraient pourrir elles-mêmes. Il convioiit aiis.si d'abattre les figues d'automne qui oll'i iraient le mémo inconvénient quo les feuilles. Cela fait, on divise les branches de la cépée en quatre faisceaux égaux, puis on serre chacun d'eux au moyen do ligatures.
On ouvre alors dans lo sol autant de fossettes ([u'il y a do faisceaux, ayant une profondeur et nue largeur suffisantes pour contenir les faisceaux. Si le terrain est ou pente, elles sont tontes dirigées vers le même côté do la cépée et contrairement à la pente du terrain. Lorsqu'il est horizontal, elles rayonnent également en croix. On recomre clmi|ue faisceau avec mio couche de terre d'au moins (l"',:i0 d'épaisseur cl disposée en ados. La souche elle-même est abi itée par la terre qu'où y accumule sous la forme d'un cône.
Vers la fin de lévrier de la quatrième année, et par un temps doux et humide, on découvre les figuiers. Plus cotte opération est faite do bontic heure, plus la végétalion est précoce, ainsi quo la maturité des figues; mais aussi la récolte est souvent détruite par les gelées tardives. Les tiges sont maintenues égaleniout écartées le»
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unes des ■■viitrcs pour empùcher la confusion, et l'on soutient celles qui resleraicnt placées trop bas. On donne au sol une disposition lellc que les eaux pluviales soient retenues au pied de cliaque cépée. Pendant l'été qui suit, on abandonne encore Ji lui-même l'allongement des jeunes tiges ainsi que le développement des nouveaux bourgeons de la souche. On fera de même cliaqne anne'e, jusqu'à ce qu'on en compte, sur chaque cépée, quatorze ou seize.
Au printemps de la sixième année, les tiges les plus anciennement formées sont constituées comme l'indique la figure 109S. Alors on pratique Véliorgnage, c'est-ùdire que par un temps doux et aussitôt que les figuiers sortis de terre commencent à jjrésenter quelques signes de végétation, on supprime le bouton terminal de tous les rameaux latéraux (A), afin de déterminer le développement des boutons à bois de la base, puis aussi de faire nouer plus facilement les figues-flciu's dont ils m titrent déj;\ les rudiments (A, /îj. 1100). On éborgne égalc-
i'i;. loas. — 1 siiil 1.1 plantation.
ment 1.% moitié environ des boutons à bois latéraux, en choisissant ceux (B) qui accompagnent le rudiment des figues. On en conserve toujoitrs deux (D) à la base do chaque rameau, et un (C) vers le sonmiet, pour y attirer la sève. Quant au rameau terminal de chaque tige, on le soumet à la même C 0|)ération, seulement on
/ doit le laisser pourvu du
bouton à bois situé im-' médiatcmcnt au-dessous de celui du sommet, et de deux ou trois autres situés i 0'",30 environ les uns des autres, et qui donneront lieu à do nouveaux rameaux latéraux.
Lorsque les bourgeons ont atteint une longueur de 0"',(l5 environ, on pratitiuc l'ébiiirgeonnemcnt sur tous les rameaux latéraux et sur le rameau tertiiinal de chaque tige.
Sitr les premiers, on ne conserve qu'un seul bourgeon C ifiy. 1100), le plus rapproché de la base, poitr qu'il remplace cehii qui porte les frtiils cette année. Sur le rameau terminal, on conserve le bourgeon du soinmot qui prolonge chaque braticho, et quelques-uns des laléiaux destinés à former do nouveaux rameaux à fruit l'année suivante. Ces derniers sont espacés de façon qu'ils soient également frappé» par le soleil. Lorsque tout ce travail est terminé, on enlève égnietneut les nouveaux bourgeons qui naissent sur la souche.
Quoi(pie les llgites d'automne mûr!s.sent dillicilemcnt,
.lii de tien
'ccollc Ul'H llgiios-ltu
on peut cependant, dans les. années favorables, en obtenir un certaiti nombre. Pour hâter leur développement, on laisse à la base des rameaux fruclilbres les plus vigoureux deux bourgeons au lieu d'un [Hg. 11(11). Le plus rapproché de la base (G) est destiné à la production dos figues-fleurs de l'année suivante, l'autre (D) porte les figues d'automne. Pour forcer celles-ci à croître plus rapidement, on pince ce bourgeon lorsqu'il a atteint une longueur de 0",I2 environ. Gomme cette récolte de figues d'automne épuise les arbres et diminue l'abondance des figues-fleurs pour l'année suivante, on devra ne l'employerque sur les figuiers les plus vigoureux. Lorsque, par suite de gelées tardives, la récolte des figues a- été détruite, ce qui peut être apprécié vers le milieu de mai, on
t'ig. UOl. — Rameau de f.guiei' apiès 11 iccoUc des Bsues-ncu:
pratique la taille en vert, c'est-à-dire qu'on coupe chacun des rameaux latéraux sur le bouton à bois le plus rapproché de la tige. Le rameau terminal est laissé intact. 11 résulte do celte opération que l'action de la sève est refoulée sur le vieux bois et y fait développer un giand nombre de bourgeons. On eu profile po.ur remplir les vides; mais on ne laissera, de ces bourgeons, que ceux qui sont réellement utiles. Getébourgeonnement e.st pratiqué au moment que nous avons déjà indiqué.
L'application de l'huile, dont nous avons parlé plus haut pour avancer la maturation des figues, est aussi pratiquée i Argentcuil.
Après la récolte des figues-fleurs, chaque rameau à fruit présente l'aspect de la figure 1 100,ou celle do la figure IIIH si l'on a réservé deux bourgeons pour en consacrer un (D) à la production des figues d'automne. Vers la fin d'aoï'lt, et par un temps bien sec, on procède au nettoyage des figuiers. Ou coupe en B le sommet des rameaux qui ont fructifié; on enlève les bourgeons inutiles, immédiatement au-dessus de l'œil le plus bas; si cet œil se développe l'année suivante, on l'ébourgconne. On enlève encore les ramifications desséchées, mais tout près de la tige, et l'on couvio les plaies avec du mastic. Quelques cultivateurs ne font ce ncltoyage dos figuiers que l'année suivante, au printemps; mais les amputations que l'on fait à ce moineut domient lion i une déperdition de sève plus considérable, et les plaies se cicatrisent moins facilement. Après la chute des feuilles, chaque tige du figuier ainsi opérée, est constituée comme elle doit être pour l'année suivante.
Au printemps de la septième année, les rameaux latéraux de chaque tige sont traités comme ceux de l'année précédente, i\ l'exception toutefois des quelques rameaux (|ui ont dojiné des figues d'tiulomne l'année précédente et qui sont coupés au-dessus du rameau inférieur. Les autres opérations sont semblables 4 celles de l'année précédente. On rontinuo ainsi chaque année d'allonger les branches principales en y conservant, de distance en distance, dos rameaux à fruit qni se remplacent successivement comme ceux du [lOrlicr. Lors-
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nue les tiges ont atteint uiifc longueur de I",50 à 2 mètres on cesse de les allonger, parce que la sévc abandonùerait le; rameaux à fruit de la base, et que ceux-ci finiraient par se desscVlier. On traite alors le rameau de prolongement de ces tiges comme nous l'avons indiqué pour les rameaux lat(;ranx. Le couchage auquel on soumet chaque année les tiges du figuier leur impose une direction horizontale à O^iCO ou (i'^SO du sol, ainsi que le montrent les figures 1 102 et II 03. C'est là un élément de
■ P.oCl (les ligiii.TS ijlanlci
succts ; car, d'une part, les fruits, peu éloignés du sol, reçoivent plus de chaleur et mûrissent mieux, et, d'autre part, l'action de la sève est mieux répariie entre les divers rameaux latéraux. Les figuiers d'Ars-'enteuil commencent i fructifier à six ans; ils sont eu plein lap-
Fig. 1103. — Pi'Dûl des figtiieri plantés sur un terrain tiorizonlal.
port h dix. Ils vivent très-longtemps; mais il est nécessaire de renouveler successivement les tiges qui, à l'âge de douze ou quinze ans, finissent par s'épuiser. A cet effet, on laisse naître sur la souche mi nombre de bourgeons égal à celui des tiges à remplacer, et l'on coupe celles-ci à la fin d'août suivant. On donne i ces figuiers un labour chaque année, au printemps, aprfes avoir déterré les tiges et avant de reformer la fosse qni entoure chaque pied ; on leur applique, en outre, plusieurs binages dans le courant de l'été. Ils sont fumés tons les trois ans.
La culture du figuier ;\ la Frette paraît être postérieure à celle d'Argenteuil. Elle ne comprend guère qu'une surface de S hectares. La variété de figuier qu'on y rencontre est une figue violette que nous avons désignée sons le nom à'Auhiiiuoun ou /î'.'/"" </e H'iidcniix {fig. In!)a).La B/aitfiuelle y est aussi cultivée, mais exceptionnellement et dans les terrains secs, dont elle s'accommode mieux que l'aubiqnoun. La dilTérence qu'offre la culture de la Fretlc, comparée à colle d'Argenlonil, est due en grande partie il la variété de figuier qu'on y a choisie.
Le» figuiers sont à4 mètres au lieu de ;>. On ne pratique pas l'éborgnage, car il ferait couler les fruits de cette variété. On laisse tous les bourgeons se développer, puis on enlève ceux qui sont inutiles, un mois avant la maturité de» figues et par un temps doux. On ne conserve ainsi que le» bourgeons indiqués pour la blanquette. Dans les été» humides, on piquo souvent les (Ipues pour y in- Iroduirellniile, nu lieu do les loucher seiilenicnt.
La miiliirilé de l'aubiqnoun est plus tardive qno celle de la blanquette, mai» cette figue est pin» savoureuse; elle est aussi plus grosse, mais moins abondante.
Mnlaihci. — Insectes niiixih/cs. — Les maladies dn (Iguier sont déterminées soit par In séclieresse excessive du sol, suit par l'inteusilé des gelées.
Dans le raidi de la France, la sécheresse est telle parfois, en été. que les figuiers perdent leurs feiiilles, que les fruits touibent, on que ceux qui mûrissent sont insipides et malsains. Il n'y a d'autre moyen de prévenir cet accident que d'arroser, de temps eu temps, le pied des figuiers pendant le mois d'août.
Le figuier du midi de In France est aussi sensible au froid que l'olivier: mais la rapidité de sa végétation lui fait l'épaier bien plus vite qu'à celui-ci les dégâts causés par cet accident. 11 n'en est pas de mi''me pour les figuiers du climat de Paris : les gelées tardives frappent souvent la récolte principale, les figm^s-fleurs. Les figuiers atteints par les gelées réclament des soins différents, suivant qu'ils sont morts jusqu'au collet de la racine, ou que i|uelques branches seulement ont été frappées. D'ins le premier cas, on arrache le figuier, au mois de mars, en si'parant la souche des grosses racines au point oii ce les-ci commencent à être bien saines. On laisse l'excavation ouveite, et l'on recouvre les grosses racines de O'°,0'2 ou 0'°,03 de terre fine bien amendée. Pendant l'été, cette excavation étant maintenue fraîche, on voit apparaître des Irourgeons vigoureux qui naissent des racines. A l'automne, on conserve seuleiuent le plus vigoureux. On referme la fosse à l'entrée de l'hiver avec de la terre neuve, et le rejeton est ensuite traité comme un jeune figuier. Dans le second cas, on supprime pendant l'été suivant tous les bourgeons qni naissent eu plus grand nombre que do coutume au pied de la lige, sous l'inflnence de l'état maladif de la tète de l'arbre; on enlève toutes les figues dès qu'elles ont la grosseur de petites fèves, afin que toute la sève soit employée à la formation de bourgeons vigoureux. Enfin, au printemps suivant, on coupe toutes les branches sèches et l'on rappi oche Ifs autres sur les rameaux les plus beaux.
Plusieurs insectes attaquent le figuier dans le IMidi ; le plus redoutable est une espèce de kermès ou cochenille [cuccus ficus carica; Qiiv.) (fig. iiii4).i;:et insecte, déjà connu et décrit en 1733 par Cestoni, est ovale, convexe, de couleur cendrée. Les petits, qui éclosent sous la mère an mois de mai, se jettent sur les bourgeons, les feuilles et mCme les figues, dont ils épuisent la sève.
Les bourgeons restint courts, les feuilles et les branches se couvrent de taches noires, les fruits tombent sans mûrir, et le figuier lui-mOme finit par succomber. C'est vers le mois d'août que les ■jeunes kermès abandonnent les feuilles pour se réunir à la face inférienie des rameaux et des branches obliques ou horizontales. Là, ils continuent de grossir jusqu'au mois de mai suivant, et chacun d'eux demie n;iiss;uico à une nouvelle génération, composée de donze cents individus environ. Le moyen le plus simple ponrcombattrecc fiénu est de frotter les rameaux infestés avec imc brosse rude trempée dans des eaux de lessive. On ■ e sert ég;ilement de l'eau bouillante, recommandée contre la pyrale de la vigne (voyez Pïkale).
Recolle. — Les figues sont nu"iies lorsque le suc àcro et laiteux qu'elles cmitiennent est changé en une eau limpide et sucrée, qu'elli's ont pris la couleur qui distingue chaque variété, <pi 'elles sont devenues molles, charnues et pendantes. Dans le Midi, celles qui sont destinées à Être mangées fraîches sont cueillies un peu avant leur maturité complète; sous le climat de Paris, elles ne peuvent jamais être trop mûres. Les ligues i]u'on veut faire sécher sont cui-illies complètement mûres et mémo un peu flétries, ce qui accélère leur dessiccation. Dans tous les cas, il faut attendre, pour les cueillir, que le soleil ait vaporisé la rosée qui les couvre.
Los figues destinées à être sécliées sont placées sur des claies faites en rosonu\ bien socs et exposées au soleil, dans un endroit le plus chaud possible. Une remise bien ai^rèe, éloignée de tonte mauvaise odeur, les reçoit pendant In nuit et les jours do pluie. Toutefois, ceux (|ui en sèchent une gi ando quantité [le les rentrent jamais, et ciiii>ileiit I.s claies tous les soirs, en couvrant
Fig. llOi. — K.:rmùs Ju ngii
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chaque pile avec une toile cirée. Tous les jours, le matin et à midi, ou retourne les figues pour les faire sécher sur tous les points. Lorsqu'en aplatissant les figues sur leur queue, elles ne se fendent pas, on les retire; plus tôt, elles resteraient mollasses et se gâteraient; plus tard, elles deviendraient trop dures. Chaque matin, en sortant les claies, on retire les figues qui sont assez desséchées, on les dépose sur des draps, dans une chambre aérée et sèche, en séparant celles qui sont altérées. Lorsque toutes les figues sont ainsi desséchées, on les aplatit, puis on les sépare en trois qualités ditféreutes pour les livrer au commerce. Dans les automnes pluvieux, les cultivateurs du Midi soutobligés de faire sécher les figues au four; mais il s'en faut de beaucoup qu'elles soient d'aussi bonne qualité que celles qui ont été desséchées au soleil. A. Du Br.
Figuier d'Adam (Botanique). — C'est le Bananier. Figuier de Barbarie (Botanique). — Nom vulgaire du F. d'inrle (Opuntia ficus indica).
FtcoiER DU Cap (Botanique). — C'est le Ficoide comestible, appelé aussi Figuier des Ilotlentots.
Figuier d'Inde (Botanique) (Opuntia ficus itidicn, Haworth). — On donne ce nom et celui de F. de Barbarie et F. d'Amérique à une espèce de Cactier ou Cactus, du genre Raquette {Opuntia, Tourner.), très-commune dans tout le bassin méditerranéen. Bien qu'originaire des parties chaudes de l'Amérique, ce végétal croit aussi spontanément dans le nord de l'Afri(|iie. On l'a transporté de là en Sicile et en Corse, où son fruit est une ressoiirceinappréciable pour les habitants des campagnes. A Catane, on fait sécher la figue d'Inde, et l'on en compose des masses compactes pour s'en nourrir. On en conserve aussi de fraîches que l'on cueille avec un petit morceau de la leuille qui les porte. Ce que nous venons de dire de l'importance de cette plante pour la Sicile s'applique ég.ilement à l'Algérie. Là, ces fruits servent en outre à la nourriture des bestiaux, qui en sont trèâ-avides, ainsi que des feuilles de l'année. Enfin, le
seur d'un petit œuf de poule; les fruits et les raquettes sont couverts de piqu.ints très-durs, longs de 0",OIi> à 0",020. C'est la variété qu'on choisit pour clôture. L'autre, à laquelle les Arabes donnent le nom de F. des chre'tiens, oiïre surses raquettes et ses fruits des piquants plus faibles, plus petits. Elle a une végétation plus vigoureuse, des raquettes plus développées, plus succulentes, des fruits meilleurs et d'une grosseur double. C'est cette v.ariété qu'on multiplie pour l'alimentation. Il en existe aussi en Sicile plusieurs variétés très-recoram.indables par la qualité et la grosseur de leurs fruits.
Le figuier d'Inde résiste bien aux petites gelées, et on le voit vivre, comme l'oranger, pendant un certain nombre d'années, dans les contrées oii l'eau se congèle tons les hivers. Mais une saison un peu rigoureuse le fait disparaître. Il se développe dans tous les terrains, les creux des laves et des rochers, les limons, les calcaires ; il ne redoute que les terrains constamment humides. La multiplication du figuier d'Inde est des plus simples et peut avoir lieu en toute saison; on préfère cependant les mois d'aotit et de septembre. On coupe une r.iquette,on la laisse pendant quelques jours sur terre, jusqu'à ce que la section se soit à peu près cicatrisée, puis ou la plante à demeure, la section en bas, d.ins une terre ameublie par quelques coups de pioche, oii on l'enfonce de 0",0 5
ilu figui'ir il'InJc.
figuier d'Inde forme une clùturc excellente pour les champs, et un moyen de défense pour li'S luibilations.
M. Moll a rcnuir<|ué rn Algéri''dciix variétés bien distinctes de ilgiiicM- d'Inde : l'uni', à hiquelle on donne le nom de F. du cluxmenu, a des fruits rouges, de la gros-
à O'»,06. L'arrosage n'est pas nécessaire, à moins que le terrain ne soit d'une nature et à une exposition trèssèche. Dans ce c.is, on retarde la plantation jusqu'en septembre. Si, au lieu d'une seule raquette, on peut planter une branche .lyant un peu de vieux bois et cinq ou six raquettes, on obtient des produits beaucoup plus promptement. Quand on plante en plein, on dispose les lignes à l'",50 ou 2 mètres de dislance les unes des autres. Le figuier d'Inde n'exige aucune culture; cependant un ou deux Kibours, donnés chaque année dans l'intervalle des lignes, seront largement payés par une augmentation de produit. La taille n'est pas nécess.iire à la bonne venue de la plante, mais elle est utile pour en diriger la croissance. On taille donc de façon qu'aucune branche n'intercepte le passage entre les figuiers. On supprime ainsi en juillet, août et septembre, les feuilles inférieures de l'année pour procurer de la nourriture aux animaux. Ces feuilles ou raquettes sont coupées en tranches, coiume on le fait pour les racines fourragères. On peut, pour les rendre plus appétissantes, les saupoudrer de son. A. du Br.
Figuier des Indes (Botanique). — C'est le Papayer. Figuier imernal (Botanique). — Nom vulgaire du Hicin et de V Aiyrenwinc du Mexique.
Figuier maudit franc (Botanique). — Le Figuier d'Inde. Figuier maudit marron (Botanique). — C'est le Clusier rose (Clusiacécs) à S;iint-Domingue.
Figuier de Pharaon, F. sycomore (Botanique). — .N'om vulgaire d'une espèce du genre Figuier {F. si/comoru^. Lin.), grand arbre d'Egypte, dont le bois incorruptible servait à confectionner les boites où nous trouvons les momieségyptiennes. Ses froitssont petits, fermes, jannàlres, d'une saveur ilonculri' pcMi d.liritte ; on les mange cependant,et l'arhre liii-uième est cnltivé en vue de ce produit. 11 sert pour l'iipératir. Il delà cu/wi/îoi'i'on.
FiGUiin de Surin ui Botanique). — Nom de la Cecrol>ic pelti'e w\ Coiilv'/nin (Artocarpées). 1 Figuier (Zoologie). — BulVon avait désigné sous ce
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nom un groupe d'Oiseaux passereaux, à bee droit, délié et pointu, avec deux petites échancrures vers l'extrémité de la mandibule supérieure ; mais les nouvelles espèces découvertes par les voyageurs ont ôté toute valeur à ce groupe, et Cuvier l'a abandonné en réunissant les figuiers de Buffon aux roitelets et aux pouillots dans le genre Roitelet (Regulus) (voyez ce mot).
FIGURE DE LA TERRE (Astronomie). — Nous faisons voir à l'article Terre que la forme de notre globe ne diffère pas beaucoup d'un ellipsoïde de révolution autour de l'axe des pôles. La détermination rigoureuse de cette figure et de ses dimensions est l'objet de la géodésie. Les diverses mesures qui ont été faites conduisent, d'après Bessel, au nombre 5131)80 toises pour la longueur du quart du méridien, au lieu de 5 130740, nombre adopté par la commission du système métrique. Le mètre légal, qui en est la dix millionième partie, serait donc un peu trop petit, mais seulement d'une fraction de millimètre, ce qui est à peu près insignifiant. Le quart du méridien, au lieu d'être exactement égal à 10 000000 mètres, vaudrait 10Û0085G mètres, et le quart de l'équateur 10 017 594 mètres.
Le petit rayon, demi-axe des pôles est, toujours d'après Bessel, 6 356 080 mètres, et le demi-diamètre de l'équateur t) 377 898 mètres. L'aplatissement, ou la différence des deux axes divisée par l'axe le plus grand, est ~. La surface de la terre est de 51000 millions d'hectares. La zone torride en comprend environ 20000, les deux zones tempérées 27 000, et les zones glaciales
Quand, en astronomie, on prend pour unité le rayon de la terre, c'est du demi-axe éqnatorial qu'il s'agit, dont la longueur est d'environ 6377 400 mètres. Lorsqu'il ne s'agit pas d'évaluations bien précises, on suppose la circonférence de 40000 kilomètres, et le rayon deG3C6 kilomètres.
Les mesures itinéraires employées vulgairement sont basées sur ces derniers nombres. Ainsi le mille marin est la 60* partie de l'arc de I°, c'est-à-dire qu'il correspond à une minute sur un arc de grand cercle de la terre. Un arc d'un degré, étant la 90' partie de 10000000 mètres, vaut III III",!!, Pt un arc d'une minute, ou un mille, 185l",85. Cette distance, parcourue dans le sens d'un méridien, répond à une variation d'une minute dans la latitude. Parcourue sur l'équateur, cette distance répond de même i. une minute de longitude. IMais il n'en est pas de même sur un parallèle : la longueur d'un arc de parallèle est égale à l'arc de grand cercle d'un même nombre de degrés multiplié par le cosinus de la latitude.
La lieue marine, ou de 20 au degré, vaut 3 milles ou
5 555'°,55 ; la lieue de 25 au degré, dont les géographes font encore usage, vaut 4 444"',i4. Quant à la lieue do lioitc, elle est de 4 kilomètres.
On peut, dans bien dos cas, dans la navigation par exemple, faire abstraction de l'aplatissement et cojisidércr la terre comme sphérique. En la supposant ellipsoïde, ou se rapproche davantage de la vérité. Mais sa ligure est réelleinent beaucoup plus compliquée. Les mesures faites sur des méridiens différents prouvent que ces méridiens ne sent pas égaux. Mais les dilTérences sont toujours petites, et il est d'ailleurs fort difficile de les dégager des erreurs dues à l'observation (voyez 'l'EnnE,
GÉODÉSIR, TnlANCll.ATIOX). E. R.
riGUUES ACoisriijiH.s (Physique). — Le son étant l'impression produite sur l'organe de l'ouïe par les vibrations des corps, on conçoit que cet état vibratoire, outre son effet acoustique propre, puisse être perçu directement ou indireclcnicnt par l'œil , et donne lieu ainsi à un phénomène optique particulier. Si, par exemple, on répand & la surfucn d'une plaque du sable fin, et qu'on détermine la vibration de la plaque .'i l'aide d'un archet, le sable mis en mouvement parla vibration du corps se déplacera lui-même eu s'accumnlant dans le* parties immobiles, et dessinera ainsi divei-scs figures dont l'étude se lie d'une manière intime à celle des sons lUMduil» par le» plaques (voyez Pi.AQi es, V'Enr.Es). D« inùme, si h un corps sonore quclronquc, on vient à fixer un petit slylc pouvant tracer un trait sur une surface mobile, cl qu'on iiiellc le corps souoro en vibration, le
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style tracera sur la surface une courbe dont les diverses sinuosités seront une représentation fidèle du mouvement vibratoire du corps lui-même (voyez Son, Vibrations).
M. Lissajous a fait de ce mode d'investigation des phénomènes acoustiques, une application nouvelle et intéressante dont il est parlé à l'article Diapason, et que nous allons exposer ici avec un peu plus de détail.
Supposons qu'on introduise daus une chambre obscure un faisceau de lumière solaire, qui soit réfléchi d'abord par un petit miroir m placé sur l'une des branches d'un diapason D, puis par un second miroir iVI, et enfin vienne
ig. 1109. — EiuJe opli.)
tomber sur l'écran E ; il se formera sur cet écran, et à un certain point I, une image du soleil, qu'on pourra rendre trts-nette et très-brillante en plaçant convenablement la lentille L.
Si les deux miroirs sont immobiles, l'image I sera immobile elle-même, et occupera la même position sur l'écran. Mais si l'on vient à faire vibrer le diapason, en l'attaquant avec un archet de manière à écarter les branches dans leur propre plan, le rayon lumineux incident fait successivement différents angles avec le miroir sans changer de plan, et par conséquent l'image réfléchie I oscillera suivant une direction verticale l'I". A cause de la rapidité du mouvement vibratoire, l'oeil apercevra une traînée lumineuse verticale l'I". Si le diapason étant en repos, on faisait tourner le miroir M autour de son axe vertical, l'image éprouverait au contraire un déplacement dans le sens horizontal ; si, par conséquent, on produit ces deux déplacements à la fois, en faisant tourner le miroir pendant que le diapason vibre, on observera sur l'écran une ligne sinueuse c'c", dont chaque sinuosité correspond il une vibration du diapason.
Supposons actuellement qu'on remplace le miroir M par un second diapason D' {ftg. 1 110), dont le plan soit précisément perpendiculaire à celui do D, si on fait vibrer ce dernier diapason tout seul, l'imago éprouvera un déplacement horizontal, semblable à celui que produisait la rotation du miroir M, à cette différence près que ce déplacement aura un caractère oscillatoire, et, par conséquent, l'œil apercevra sur l'écran une ligne lumineuse horizontale, dont la longueur décroîtra graduellement avec l'amplitude de la vibration. Si on fait vibrer les deux diapasons siinuliaurincnf, la petite image du soleil I formée sur l'éi^rau pourra élrp con?,klérée comme animée de deux mouvenieuts, l'un dans un sens horizontal, l'autre dans un sens vertical, et, par suite, elle aura un certain mouvement résultant, qui se manifestera par une certaine courbe dont la forme dépend du rapport de» deux sons, c'esti-dire des vitesses relatives des petits miroirs m et m'.
Considérons, par exemple, le cas oi'l les deux diapasons seraient 4 l'unisson; dans ce cas, le mouvement de chacune des oxtrémilés du diapason, et, par suite, de l'imago qui en est la représentation fidèle, peut être représentée par les deux équations suivantes (voyez Viura-