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/polypétales.
nouopclales.
c, cruciforme, i c. papillonacée.
(c, tiibulée,
, c. canipanulée ,
\ c. ttrcêolèe,
{ c. itifitmUbuH forme.
J c.hjpocratéri forme.
r c. rolanee,
\c. étoilée.
Or:in,inrs oppo-.'cs ans prinlc^ |ilus ouirtcs qiifi celles niii leur sont allernc*. On :ippclle, d'.iprés Linné, te- Iriulynouies (du grec 1ntlnn:<s. quatre, rh/nniiuf:, puis- <^,ince) les étamincs des Crucifères (sirofléc) qui sont au nombre de six, dont quatre longues et deux plus courtes opposées enire elles. .
C'est aussi d'après Linné qu'on appelle etaminesri;riipiir' r.i { ifs, deux fois) les étaniines qu'on observe dans les Labiées (Inmier blanc), les Scrophulariées (mune de veau), et quelques autres plantes à fleurs monopélalos irrégulières. On y trouve quatre étaniines, dont di-nx plus longues répondent aux cotés de la fleur, tandis qu'à sa partie supéiieuic cori'espondent deux élaniinrs plus courtes. La cinquième, doiM. la symétrie de la fleur réclamerait l'existence, est jjIus ou moins complètement avoitée. Ces deux dispositions
Ves organes essentiels de la fleur. — Les deux verticilles intérieurs de la fleurent un rôle pliysiologique d un ordre très-élevé qui en fait les parties essentielles de cet organe. Les étaniines et les pistils sont les organes par lesquels s'exécute la fécondation des germes. C est au point de vue de ces fonctions importantes qu'il convient d'étudier leur structure.
Le verticille staminal [stamen, étamine) est compose do folioles extrêmement modifiées, et transformées chacune en un organe spécial bien défini, chargé de produire le pollen ou poussière fécondante des végétaux; c'e.st ce que l'on nomme une étamine. Ce verticille n .-i réellement pas de nom généïal ; bien qu'on ait propose do le nommer androcée [anèr, mile, oikia, demeure), ce i.om s'est peu répandu, et l'on a conservé l'habitude de tiire simplement les e'tamines.
Etamines. — îious, savons que Vétamine se compose habituellement d'un filet supportant Vanthcre ou renflement qui contient le pollen. Un peu plus loin, nous étudierons chacune de ces parties avec attention ; occuponsnous d'abord de résumer les modifications essentielles de l'androcée.Les botanistesont successivement arrêté leur attention sur le nomhre,-les proportions relatiees, les connexions des étaniines. Ils ont attaché à leur mode d'insertion une importance toute particulière, et en raison de laquelle j'en parlerai bientôt spécialement.
Le nombre des étamines avait été considéré par Linné isolément et comme un caractère utile pour son système de classification ; il avait, d'après cela, distingué des \igé\a.\x\ monandres, diandres, triandres, etc. Dans une étude physiologique de la fleur, il faut considérer le nombre des étaniines par rapport à la symétrie générale de cet organe. Nous avons établi que la fleur des Monocotylédonéos pouvait se comprendre comme dérivant d'un type où les étamines seraient au nombre de trois, taudis que la fleur des Dicotylédonées dériverait d'un type à cinq étamines. Dans l'une comme dans l'autre de ces deux grandes divisions, le nombre des étamines est variable tantôt supérieur, tantùt inférieur au nombre pii-
mordia . La multiplication peut résulter soit de ce que avait alors dans le langage ngure ae l.. ^verticille staminal est double, triple ou quadruple, soit {ade'plios, frère) ou fraternité entre les eta de ce que dans le verticille simple chaque etaminc s est doublée ou triplée. Le premier modo est beaucoup plus ordinaire que le second, et c'est la loi d'alternance qui permet de décider par quel procédé naturel s'est augmenté le nombre des étamines, par ,„ii/lin/i';:linii on ■ par dédoublement des parties. Lors.|n Hir n. m |M,ssèdc un nombre d'étamines égal ù celui d' , pi. , , - .1. la corolle et do celles du calice, on la noinai.; /.■.(/, i^osténione (du grecnw, égal, stèmôn, étamine), tandis qu elle est amsostémone (aniso<, inégal) lorsque le nombre des étamines n'égale pas celui des pétales ou celui des sépales. Si les étamines sont en nombre moindre, la fleur est méioslémone [mciàn, moindre) ; si elles sont en nombre double de celui des pétales et do celui des sépales, clic est (lii'lostémone [diplous, double) ; s'il y en a plus dn double, clic est poli/stcmone {polijs, nombreux). Je rappelle ici qu'en vertu do la loi d'alternance, les étamines doivent normalement alterner avec les folioles do l'enveloppe florale qui lui est contigué, et aussi avec les carpelles du pistil ; il en résulte que dans une fleur i double périanthc elles doiventCtro opp r.'.s an\ sépales. tes, prijjiiirtions relalires des étainini' , unr .Mrs sont assez variables d'une espèce à une aniiv. Lmioi elles sont toutes d'égale longueur, tantôt elles snut inégales. Lorsque la fleur a beaucoup d'étamines , elles peuvent Ctrc d'autant plus longues qu'elles sont plus intérieures; d'autres fois, c'est l'inverse. Les fleurs diplostéinones (élainiiics en nombre double) ont presque toujours les
mines ont srnlrs i.en.lr-, ih.ms particuliers; il en r\i,lçl.raiic.ii:p.rautiessin' lesquelles il n'y a pas li™ de s'arrêter. Les proportions relutircs des étamines et de la corolle sont exprimées par les teimes suivants : on nomme saillantes les étamines qui sont plus longues que bemnic la corolle la corolle et la dépassent (le fuchsia) ; on à"« monior avec les dit incluses lorsqu'elles sont plus .'^'n^'m^'a^ èi courtes et que celle-ci les cache entre t, 6. ses pétales (la campanule).
Les connexions des étamines, soit entre elles, soit avec les autres organes de la fleur, sont des phénomènes d'adhérence des parties. Je parlerai des connexions des étamincs avec le verticille extérieur qui les avoisine, corolle ou calice, en décrivant spécialement l'insertion des étamines dans la fleur. Quant aux adhérences qu'elles peuvent contracter avec le veilicille interne ou les carpelles, on doit remarquer les plantes où les étamines soudées au pistil forment avec lui un seul et même corps; dans ce cas, on les nomme gynnndres. Les Aristoloches montrent ainsi jusqu'à six étamines soudées avec leur pistil ; les Orchis offrent un phénomène du même genre, maisde leurs trois étamines soudées au pistil, deux sont avortées et rudimentaires.
Le même phénomène d'adhérence des parties d'un môme verticille qui nous a donné des calices gamosépales, des corolles gamopétales, s'observe avec plus de variétés encore dans le verticille staminifère. Les étamines sont entre elles libres (androcée dialystémone) ou soudées (androcée gamostémone). Mais l'adhérence ou la soudure des étamines s'effectue par leurs .anthères dans les plantes de la famille des Composées et dans quelques autres; Linné leur donnait alors le nomd'Elamines sijngénéses; de Jussieu les nommait mieux encore Etamines synanlhérées {sipi, qui exprime la jonction). Le plus communément l'adhérence s'établit par les filets, et il y alors dans le langage figuré de Linné, adelphie mines. Il nommait étamines monadelphes {monos, un seul) celles dont les filets sont soudiîs en un seul groupe qui forme alors un tube ou un anneau alentour du pistil; les ét.imines sont diadelphes, triudelphes ou polijadelphes , quand leur adhérence les partage en deux, trois ou un plus grand nombre de groupes.
Considérons maintenant les formes des deux parties qui composent esseiuiellcment l'étamine.
Le filet est habiiui'llenivut un filament mince, .allongé, cylindrique ou lé.^i'ninrni •llilé au sommet. Tantôt il est consistant, rigide; tantôt il est mince comme un cheveu et tombe entraîné par le poids de l'authèro ; quelquefois c'est un large rtiban ou même une lame qui rappelle la forme et l'aspect des pétales. Beaucoup de filets ont i leur base des parties accessoires qui leur donnent un aspect étrange, d'autant plus que parfois ces ai)i)eudices se prolongent en une lame presque aussi gnuidc que l'étamine elle-mCmc; la bourrache en olTro un exemple curieux. Le filet devient quelquefois très-court, au point de pouvoir être considéré comme nul, et l'anthère est alors dite sessilc. , .
Vantlu-re est un renflement do forme variable qui est inséré au sommet du filet. 11 suffit de la couper transversalement pour s'.issurer (lu'elle est creusée à 1 intérieur et remplie d'une fine poussiè-rc, souvent colorée en jaune, et qu'on nomme le pollen. Certaines anthères n ont qu'une seule cavité ou loge; c'est un cas assez rare, mais qu'on observe cependant chez les Malvacécs (la
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maiiTP, la rnse-trémière,etc.)Ptn"P''l"<'* autres plantes. On dit alors que l'anthère est uniloculairi;. Le cas le plus ordinaire est celui où l'anthère possède deux loges, et on la nomme alors biloculnire. On connaît quelques rares exemples d'anthères qxindriloculaires (à 4 loges). La forme estérienre de l'anthère est très-variable, mais en général on y reconnaît une double sailliequi at^nonce
l'existence des donx cavités intérieures. On observe d'ailleurs des anthères globuleuses, d'autres en long cylindre giéle, d'autres en forme de ver contourné. Les anthères sont urinées lorsqu'elles ont leurs deux loges accolées entre elles ou accolées sur les côtés de la sommité du filet. Le plus souvent on trouve entre les deux loges un corps interposé qui sert à les unir, et que l'on nomme le
Fig. lis*. — Étamines polyadelphes de l'oranger
Fi;. 1I5Ô.— Foimeî Hivorses d'élammcs (1).
connectif. Ce corps est parfois très-di'veloppé et donne à l'anthère des configurations bizarres, comme on pourrait le voir dans la sauge, le laurier-rose et quelques autres. On dit que les anthères sont oscillantes quand le filet, au lieu de se continuer largement .avec le connectif, s'y insère par une pointe fixe sur laquelle l'anthère oscille à chaque mouvement de la fleur. L'atithère porte ordinairement un sillon très-visible qui sépare les loges; on nomme face de l'anthère celle où se voit le mieux ce sillon; le cûté opposé est le dos. On nomme aussi l/ase le point le plus inl'érienr, et sommet le point opposé, La plupart des étamines ont leur face tournée vers le centre de la fleur, et on les nomme alors inti-orses; on les dit exirnrses dans le cas plus rare où la face de l'anthère regarde l'extérieur.
Le filet de l'étamine correspond au limbe de la feuille dont cet organe est une transformation ; on y trouve une sorte de nervure médiane foimée par un faisceau de trachées, puis une couche cellnleuse qui l'enveloppe et un mince épiderme rarement pourvu de stomates. Le connectif est souvent glan- — =T^;^— ^^..,^,,^ duleux, parfois les trachées "^ f 'TX-'—'r^^et du filet s'ycontinuent. Vniitliére est une modification .spéciale d'une i ortion du limbe de la foliole stamînalo. Elle a une structure très-variable suivant l'époque de son développement où on l'étudié. A l'élnt parfait, elle est creusée d'une ou deux cavités remplies de pollen. Les parois de ces cavités sont formées d'un tissu spécial qui consiste en des celhdes uniquement limiti es entre elles par un fil spirale, nnnelé ou réticulé. Ces cellules, que l'on a nommées fihreuses, constituent un tissu que riiumidilé, en gonflant le fil contourné, renfle facilement di' manière à en déterminer la rupture sur une ligne où ce tissu est naturellement interrompu. Tel est le mécanisme de la rupture ou ilé/n'sçenre 'ilehisrprc, se fendre) des loges de l'anthère, qui permet que le pollen soit répandu autour de l'étamine et jusque sur le pistil. Ce tissu hygrométrique est recouvert extérieurement d'un mince épiderme souvent pourvu de stomates. Le mode de déliiscmce de l'nntliéie est donc déterminé d'avance par la structure mCme de cet organe. Mais, selon la forme, la po»iiion des étamines, selon la direction et les dimensions du pistil et des autres p.-irties de la fleur, le mode de déliiscence varie pour arriver à la plus exacte dissémination du pollen. \x plus souvent la déliiscence s'cfl'ectuc par une fente Innijitudmali: sur la face de l'anthère; d'antres fois celle-ci étant dans une direction
(1) I, lie In MUBF : n, l'iRe fertile Ae ^•nlh^rl?; 4, lopr «Wrilp ; c, connectif. — 2, He In pcrvcncïic : n, anltitTrn ; />, filet. — 3, fl'un laurier: a, loue de l'inlllèrc ouverte ; h, tilcl; r, elominct Bvortvci. — 4, de la bourrache : a. apiieinlire ; A, tllet. — il, 'lu nerprun : o, anthère; *, filet.— o, de l'alclumillc, même» Içllrei. — 7. du lillcul, iil. - 8, du nénuphar jaune, id.
(l) rn. couche eilerne compoaée det ccllulea de I "épidémie. — r/,cellulei fibrcuici formant la couche inlerae (d'aprèade JumIcu).
de la cou roi d'une a thère deciobcï gnmpaiil (2).
plus ou moins transversale par rapport au filet, la déliiscence devient ^'onsfcran/e. Dans des cas plus rares, la loge de l'anthère s'ouvre seulement par un orifice supérieur, la fente longitudinale restant fermée dans la partie inférieure. Un mode plus rcmarqu.able est celui qu'on observe dans la fleur de la pomme de terre et des autres solanum ; chaque loge se perce à son sommet au plus rarement ;V sa base d'ici pore p.ar lequel s'échappe le pollen. 11 est enfin un modo de déliiscence plus rare encore, etqi e l'on pont voir dans certains lauriers; l'anthère ne s'ouvre ni par une fente ni par un pore : une portion de la p.iroi se soulève comme une valve, laissant une Large ouverture par laquelle se vide la loge. Dans tous les c.is, la déhiscence a toujours lieu sur la face de l'anthère.
En résumé, on peut donc admettre cinq modes principaux de déliiscence des .anthères : la déhiscence longituilinule (le lis, la tulipe, etc.), la déhiscence transversale (la mauve, la rose-trémière), la déhiscence longitudinale incomplète (la bruyère, la violette), la déliiscence par un pore apicial ou hasi'aire (la pomme de terre, la pyrole\ la déliiscence lalvulaire (les lauriers, l'épinc-vinette).
Du pollen. — Le pollen est une substance pulvérulente ou plutôt granuleuse dont nous verrons plus tard les fonctions, mais dont je vais indiquer la structure. ()lia(|ue grain de pollen est une utricnle qui, à l'état de maturité, présente génér.alement une double enveloppe membraneuse, et contient dans sa cavité une matière fluide, épaisse, où n.agent de nombreux corpuscules granuleux et op:iques, des gouttelettes d'huile, et parfois quelques grains de fécule. Cette matière iniérieure, qui joue un rôle essentiel dans la reproduction de la plante, a reçu le nom de fovilla; l'enveloppe externe du gr.iiii pollinique se nomme exlnjménine (du grec exd, en dehors, hi/mi-n, membrane;, et rintcrue endliyminine [endnn, en dedans).
Vexliyménine est en général dure et consistante, et donne au grain de pollen sa forme et sa couleur. T.antùt elle est lisse, tantôt hérissée do petits points saillants, de mamelons, d'éminences plusou moins aigués. Certains pollens montrent à leur surface une sorte de gaufrage en l'ornic de réseau, et alors elle exsude eu général un liquide huileux et coloré qui donne au grain sa coloration. Les pollens lisses sont ordinairement incolores. Quant i la forme des gr.iins polliniqiies, elle se modifie suivant le degré d'humidité du grain, et tantôt c'est un globule .l'rrondi ou polyédrii]ue, tantôt un corps allongé en ellipse .aiguU à ses extrémités. Vendhijménine est unie, mince, délicate et transparente; elle est surtout très-extensible. On la trouve quelquefois adhérente à la face, iiitoine de l'exhyménine.
hn fovilla est, comme j'ai dit, un fluide visqueux, souvent nii'^lé de goiilteloltcs huilni'^es. On y voit une foule de corpuscules, les uns petits et iirrondis, les autres, en moins grand nombre, glohuloux ou allongés, mais plus gros. Ces corpuscules sont-ils animés «le mouvements propres, ou suliisscntils seulement celte agitation, ce foiirmillemont luécnnique que présente môme la matière inerte réduite à l'étal de fines gruniilatioiis, et que
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l'on coiiiiait sous le nom de mouvement brownien (1) . C'est une question que les observations les plus minutieuses n'ont pas pn résoudre jusqu'ici. On a souvent nommé pollens solides des pollens dont les grains res-
Fif. 1137. — Grain de pollen eltoiillade 1.
icroscope (2)»
tent a^-'lutinés en une seule masse, ou seulement en petites niasses de 4, 8 ou IG grains. On observe ce fait dans les Orchidées ; il ne change d ailleurs en rien les fonctions et les propriéiés essentielles du pollen.
Au premier âge de la fleur, c'est-à-dire quand son bouton commence ;\ se montrer, le fllct n'est pas encore développé ; l'anthfcre, sessile encore et rudimentaire, consiste en un petit mamelon cellulaire, parfaitement homogène Bientôt la masse de l'anthère se creuse de quatre cavités destinées à se réunir deux à deux pour former les deux loges de l'anthère. Chacune de ces cavités est remplie d'un mucilage qui s'épaissit peu à peu ; puis il s'organise en cellnles dont les une.s, extérieures et plus petites, formeront les parois de la loge, les autres, centrales et pins grosses, vont servir à la formition du pollen ; on les nomme utriculespolliniqueson cellules-meres du pollen. D'abord transparentes, les ulricules polhmques s'obscurcissent bientôt par le développement dans leur intérieur d'une matière granuleuse abondante. Celte matière se transforme assez promptement en une masse solide qui se partage en quatre parties dont chacune est un grain de pollen. Ainsi chaque cellule mère donne habituellement naissance à quatre grains polliniques. Plus tard, le tissu des cellules-mères se détruit et laisse les grains polliniques libres dans la cavité générale de la loge de l'anthère; quelquefois cette destruction est incomplète; on retrouve entre les grains une matière gélatineuse qui est le débris de ce tissu des cellules-mères; d'autres fois, il en reste des filaments qui unissent encore les grains quatre par quatre. Enfin, dans les pollens solides, c'est la persistance partielle du tissu des cellulesmères qui a provoqué l'agglutination. .
K.His sommes arrivés au verticille piï/îHaice le plus interne de la fleur, que l'on a parfois désigné sous le nom de gynécée (du grec qyné, épouse, oiUos, demeure) ; c'est celui dont les folioles sont modifiées en carpelles pour la production des ovules ou jeunes graines. On a longtemps considéré le pistil comme un organe unique, creusé d'une seule ou de plusieurs cavités ou loges : alors on reconnaissait des fleurs à pistils multiples et des fleurs à pistil simple, etc. Les idées que nous avons aujourd'hui sur la nature de ces parties résultent d'une étude plus approfondie. Je commencerai par rappeler ce que j'ai dit plus haut, et ce que montre l'étude la plus superficielle des fleurs.
|""|« Au centre de toute fleur complète se
f^ trouve un organe ou un groupe d'or- ^B ganes dont voici la composition : à la ^Ê base, un renflement (A, fig. lUiS) qui ...^1 contient les jeunes graines ou ouu/ft?, et qu'on a nommé l'ovaire [ovuni, œuf) ; au dessus de l'ovaire, un prolongement semblable à une petite colonne B, cl qu'on appelle le style (du grec sti/tos, colonne); et A l'extriniilé libre on supérieure du style un renflement glanduleux G très-diversement figuré, et nommé le slig-
(I) Ce phénomcne «ingulier a élé découveil par M. R. Browo; il à rfnilu itcs-douleiise la mulllilé «le» craiiulcs de in fuvilln, que de» otiscrynlioiis oiiléricurc» de (ileichen et île M. Ad. nl•on^•lllarl nvmrnt fait ndmctirc jusque-là. D'une nuire imrl. M. Frilsch, .le Berlin, a eiiiistale l'iionl"l!iedc ces|:railulalii)iis avec la malierc fcruleiile, ce qui teiiil à leur 6ler loul caracUre do apecialile urt:Anii]uc.
(i) n. membrane Cïlernc ou cthyménine. — h, membrane in- ■i r..>' uu eiidhvmeuiue. — /', grauulei de la ruoilli à un furt );tuinikirmeiil.
Fig.tlS8.-li II VUlil
tnate Tel est le pistil, et, en le comparant avec luimême dans un grand nombre de fleurs, on observe que : 1" dans certaines fleurs il existe w/i pistil unique, dont l'ovaire est creusé d'une seule loge, surmonté d un seul style et d'«'i stigmate unique (haricot, pêcher) ; 2" dans d'autres on trouve encore un pistil unique; mais le stigmate est ou divisé en- plusieurs lobes, ou complètement multiple; le style est souvent multiple en niiMue temps que le stigmate; enfin, l'ovaire a généralement autant de loges qu'il y a de divisions ou de stigmates, ou même qu'il y a de styles, ou s'il y a une seule 10"C, elle a été primitivement divisée, et c'est dans le co'^irs dn développement que les cloisons ont disparu (giroflée, marronnier d'Inde, bruyère, oranger, lis) ; 3° dans d'autres fleurs on voit le pistil formé de plusieurs ovaires en pariie soudés, et surmontés chacun de son style et de son stigmate (nigelle et plusieurs renonculacées) ; 4-' enfin, dans d'autres encore, on compte pi usieurs pistils parfaitement dislincts, et dont chacun a exactement la constitution du pistil unique signalé sous le numéro 1» (nénuphar, tulipier, fraisier, renoncule, aconit, pivoine, etc.). . .
Tels sont les faits principaux; voici comment on les conçoit, ou, pour employer le terme habituel, voici la théorie que l'on en donne. Le verticille pistillaire se compose de feuilles modifiées dont chacune peut constituer un pistil simple, comprenant un ovaire à une seule loge, avec style unique surmonté d'un seul stigmate; c'est ce pistil simple que nous nommerons dès à présent le carpelle (du grec carpos, fruit).
Composition du verticille pistillaire.— En appliquant au verticille pistillaire ainsi conçu dans sa constitution primordiale, les principes qui ont serri pour expliquer les modifications des autres parties de la fleur, nous comprendrons sans peine les faits si variés que la nature otïre à notre observation. Commençons par une élude précise du carpelle, comme nous avons étudié le pétale ou ï'élomine; puis nous en examinerons les modifications essentielles. Le carpelle est une feuille repliée sur elle-même suivant sa nervure médiane, la face inférieure en dehors, la face supérieure en dedans; dans ce mouvement, la feuille se réfléchit donc vers l'axe qui lui a donné naissance, en rapprochant de cet axe les deux bords de la feuille, jusqu'à ce qu'ils viennent se souder pour fermer ainsi la cavité ou loge du carpelle. L'ovaire est donc formé par le limbe de la feuille carpellaire, le style est un prolonnement de la nervure médiane, et le stigmate une modification glanduleuse de l'extrémité de cette nervure. 11 est des cas où la nature elle-même nous montre la justesse de ces déterminations; on peut s'en convaincre en étudiant comparativement le pistil d'une fleur simple de cerisier et celui d'une fleur double.
Ce mode de foruiaiion du carpelle nous y fait considérer, à part une face correspondant à la nervure médiane et qui sera extérieure ou dorsale, deux faces latérales correspondant aux côtés du limbe, et un angle de soudure qui regarde l'axe de la fleur.
La loge que forme la feuille carpellaire en se refermant du côié de son .axe doit enfermer le bourgeon que la feuille porte normalement à son aisselle; au lieu d'avorter comme ceux des sépales, des pétales et des étamines. ce bourgeon prend un développement tout spé cial et devient Yovule. L'ovule est donc pour nous le bourgeon de ta feuille carpellaire enkemi ])ar elle dans la loge de l'ovaire. De même que l'on trouve sur certaines piaules plusieurs bourgeons à l'aisselle d'une feuille (le noyer, certains clièviel"euilles) ; ainsi la loge d'un seul carpelle pourra, dans certaines fleurs, renfermer plusieurs ovules. Dans tous les cas, chacun de ces bourgeons ou ovules est uni par des faisceaux fibrova^cnlaires à l'axe de la fleur, et par lui au reste de la plante. Dans la loge du carpelle pénètre donc un faisceau vasculaire qui se rend à l'ovule unique ou envoie ses ramifications aux ovules, si la loge en contient plusieurs. A ces vaisseaux venus de l'axe s'en joignent d'autres qui descendent dn style vers lovule, et cette réunion des deux tissus nourriciers forme sur un point variable du la surface intérieure du carpelle une saillie plus ou moins sensible, et sur laquelle s'insèrent en quelque sorte les ovules ou l'ovule unique; c'est ceiiu'oii nomme le placenta (placenta, gâteau), placentaire nu troi,linsprrmr{dn grec trepheiu, nourrir, sperma. graine). Eu Vénérai, \a iilacenln e.st situé le long des bords de la feuilli; carpellaire, c'c>t-à-diie dans l'nngle de soudure, et par foiisec|uentdaiislft partie de lalogotiui est tournée du cô'é de l'axe. Dans ce c;is, on dit que le carpelle a
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une pfncenlaiion aiile {n.xis, axe). Nous verrons que dans l 'S ovaires à plusieurs loges la placonlation ou la position du placenta peut varier notablement. La loi d'alternance dont il a été souvent question veut que les
carpelles alternent avec les étamincs et soient opposés par conséquent aux pétales.
On peut résumer les faits qui précèdent, par les propositions suivantes :1° Icverlicillc ccniral de la fleur
de riiisloire du carpelle. Occupons-nous maintenant de l'ensemble du verticille pistillaire et de ses nombreuses modifications.
Modification^ du verticille pistillaire. — Concevons encore, comme précédemment, la fleur des Monocotylédonées comme dérivée d'une fleur idéale; elle contiendrait trois carpelles. Imaginons de même un type de la fleur des Dicotylédonées, on y compterait cinq carpelles. Quel que soit le nombre des parties de ce verticille intérieur, il se modifiera comme se sont modifiés les autres.
Si les carpelles restent libres, on sera en présence des faits que l'on désignait autrefois par l'expression de pistils multiples. Ce nombre pourra d'ailleurs être augmenté soit par multiplication, soit par de'doubleinent des carpelles; et si cette augmentation est considérable, tantôt ils formeront plusieurs verlicilles, tantôt on les trouvera groupés sans ordre apparent sur un récept;icle plus ou moins dé\eloppé, et qu'on nomme ce'cep/ac/e ou ijynophore (du grec gynè, épouse, phérein, porter). Dans les magnolia^ les nénupliars, les tulipiers, les nombreux carpelles dessinent plusieurs spires ou verticilles bien reconnaissables; dans le frasier, le framboisier, la renoncule, on trouve les carpelles épars sur un gynopUore ou réceptacle. Le nombre
complète se compose de feuilles modifiées, dont cbacune constitue un carpelle ; 2° le c:irpolle forme avec le limbe de la feuille un ovaire, et la nervure niédi:ine se prolonge en un style terminé par un stigmate; 3° on distingue sur le carpelle une face dorsale (nervure médiane de la feuille) et une suture ou angle de soudure <|ui rcg;irde l'iixii; '1° la loge du carpelle contient un ou pluïicuiis bourgeons axillaire» qui forment l'ovule ou les ovules; 5" l'ovule ou les ovules sont liés au végétal par des vaisseaux provenant do l'axe de la fleur et do la feuille carpellairc elle-même; ces vai>seaux constituent le placenta ou plarenlaire,el se rendent .\ l'ovule; (>" on nomme plarenlation ttxile la disposition p;u' laquell'' le placenta est situé le long de la soudure des bords de la feuille carpcllaire, c'est-A-diie vers l'axe de la fleur; '." lei carpelles sont alternes avec les élaniiues et opposés aux pétales.
Ces ecpt propositions contiennent les faits généraux
[t^ 1, uue feuille ; a, nervure médiane; b, h, bords. — "i, cette feuille •« repliant p'iur rormer le carpelle. — 3, le carpelle formé avrc Cftle feuillr : b, lei bord». — h, verticille pislilliiirc de trois carpellet liliret: a, nervure médiane; b, l>ord> formant la suture.
— &, verticille pihtdlairi' de trois carpelles houdért par les ovaires.
— 0, un verlicdlc aual<i;;uc, où les trois carpelles sont soudés [ar les vvoires et les stvies. ~ ~, pistil unique en apparence, a sliKmate Irilohé, resullaut de li souilure à peu pus complète lie Irojs car|iellei. — 8, coupe d'un ovaire formé de lroi« carpelles voudeft entre eux par leurs liords, forninnt une seule lo^e k plaeeiitiilion pariilale. — a, coupe Iransversole <l'un carpelle over la position des ovules : n, lulure durv.ile ; I,, suture veoirule.
— lU, coupe transversale des trois carpelles de la ll|{ure 4. — 11, roupe transversale des trois carpelles uo la liiture !i. — IS, coupe transversale de l'ovaire Iricarpellé de la llKuro C ; placenlaliun aille. — 13, coupe d'un ovaire à Irull loges, dont les cloisons se sont délruiles par le développement, el qui préieute une placenlalton centrale.
(!) (Urpelles. — (, tlyle. — », slicmale. — l, limbe de la feuille carpellaire. — n, nervure de la feuille carpcllaire.
verte (1).
des carpelles libres peut aussi subir une réduction; on aura de cette manière des fleurs à qu.atré, trois ou deux carpelles distincts; mais ce seront toujours les fleurs à pistils »!/(/( i/)tev d'autrefois. On trouve ainsi quatre carpelles il peu près libres dans la consoude et plusieurs borraginées. L'aconit napel en montre trois; la pivoine oflicinule, la pimprencUe n'en possèdent que deux.
Portée à l'extrême, la réduction d.ans le nombre des carpelles donne un seul carpelle, c'est-à-dire le pistil simple et unique, à une seule loge, un seul style, un seul stigmate non divisé.
Le haricot, le pois, leslégitinineuses eu général, l'abricotier, le pérlier, l'épiiicviiictte, sont des exemples de cette réiliietion extrême du verticille |)istillairc. Un petit nombre de plantes conservent dans leurs fleurs le nombre normal des carpelles libres entre eux, et restent par conséquent exemptes de modifications. Parmi les Dicotylédonées, ou en trouve des exemples dans la famille des Crassulncécs (le sedum ou orpin reprise, les crassula, etc.), dans la famille des Hennncuiacé'S, l'ancolie, etc. Parmi les Monocotylédonées, on peut cil I- I -. |i:iliiiiers, dont la fleur foinellc ou pistilléc fcnfrii.' ii..is , n pi^llcs libre-s.
Outre ces nm.liih jIhui , a.uis le nombre, et souvoiit avec elles, se lnalllll■^tl■llt lies bnbiluelleinent dus modi- Hcatioiis par adhérence ou soudure des parties. Ces tidliéietices peuvent unir les carpelles avec quoiqu'un des autres verlicilles de la fleuron les unir entre eux. Déjii nous avons vu desétnminea gynaudres, c'ust-à-diro soudées avt^c le pistil; nous verrons un peu plus loia qu'il existe aussi dos faits d'adliéreiice du pistil avec
(1) o, 0, o, carpelles libres. — r, réceplocic. — «, c, claminet.
Fig. tus. — Abntolicr; llcur
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i'une des enveloppes florales ; occupons-nous maintenant I des curieuses dispositions qui résultent de la soudure I des carpelles entre eux. Ces faits ont une importance toute particulière, car il s'agit d'expliquer la structure du pistil il plusieurs loges que l'on considérait comme un seul organe, et que nous allons bientôt concevoir comme un organe complexe.
Lorsque les car^telles se soudent entre eux, le plus souvent ils vont se rencontrer par l'angle où s'est faite la soudure des bords de la feuille carpellaire, leurs faces latérales s'appliquent l'une contre l'autre, et leurs faces dorsales, placées les unes à côté des autres, forment la surface extérieure de la masse unique formée par ces carpelles unis. Le verticille pistillaire se présente, dans ce cas, comme un seul corps dont les parties primitives sont plus ou moins coufondues ensemble; mais si l'on fait une coupe de l'ovaire, on y trouve, non plus une seule loge, mais deux, trois, quatre, cinq loges, etc., suivant le nombre des carpelles dont le pistil se compose. On dit alors que l'ovaire est l^i-, tri-, quadri-, quinqué-, multiloculaire. Les cloisom qui séparent ces loges résultent de l'accolement intime des deux faces latérales de deux carpelles voisins. Souvent les styles restent distincts; d'autres fois ils participent à la soudure des parties, mais les stigmates restent en nombre égal et distincts. On voit aussi les stigmates multiples se réunir en une seule masse qui souvent, par ses lobes, témoigne encore du nombre primitif des carpelles. Il est une dernière partie dont il faut suivre les vicissitudes dans cette soudure des carpelles, c'est l'ovule avec son placenta. D'après la description que j'ai donnée du carpelle simple et de sou mode de placentation, on doit comprendre qu'en se réunissant par leur angle de soudure les carpelles ont amené chacun leur placenta vers l'axe de la fleur, de telle sorte que si l'on considère l'ensemble de l'ovaire avec ses loges multiples, les placentas et leurs ovules sont groupés autour de l'axe des verticilles floraux, et là encore lu placentation est axile. Ce mode de placentation peut subir une modification importante ; dans certains ovaires multiloculaires dans le principe, les cloisons se détruisent à mesure que le développement s'effectue, et à uu certain moment l'ovaire est réellement uniloculaire, bien que formé par plusieurs carpelles. Dans ce cas, les placentas accolés à l'axe et portant leurs ovules restent comme une colonne au centre de la loge; la placentation est centrale. Les oeillets, et en général les autres caryophyllées, offrent des exemples de ce mode de placentation.
Jusqu'ici nous avons supposé les carpelles d'abord bien repliés sur eux-mêmes et s' accolant ; mais il faut aussi les concevoir soudés entre eux sans que préalablement chacun se fût constitué en une cavité close. Au lieu de venir jusqu'au centre de la fleur, les côtés du carpelle formeront des fragments de cloisons partant de la paroi de l'ovaire ; et alors les ovules avec leurs placentas se trouvant encore le long des bords des feuilles carliellaires cesseront d'être axiles, mais seront accolés aux parois de l'ovaire, de manière que la placentation sera, dans ce cas, pariétale. Ici chaque placenta correspond aux bords de deux feuilles carpellaires différentes, tandis que dans le cas précédent il correspondait aux deux bords d'une seule et même feuille, Ainsi, quand la placentation est axile ou centrale, le carpelle fermé sur lui-même s'est ensuite accolé par ses faces latérales aux carpelles voisins ; quand la placentation est pariétale, le carpellaire u'a plus soudé ses deux bords, mais la feuille carpellaire s'est unie bord à bord avec les fouilles car-, pellaires voisines; il en résulte uu ovaire multicarpcllé, et cependant uniloculaire ; mais le long de chacune des lignes suturales qui joignent ses feuilles carpelhiires se trouve uu placenta pariétal. L'ovaire do la violette, de la pensée, du pavot, montre une placentation pariétale. Parfois les placcnt.is pariétaux sont très-saillants, s'avancent dans la cavité do la loge et y simulent au premier abord des cloisons interloculaires; mais jamais ils ne parviennent jusqu'à l'axo; on leur a donné alors le nom do fausses cloisons ; le pavot en possède un grand nombre.
Je vais, comme je l'ai fait plus haut, résumer en quelques propositions li's faits relatifs aux modifications du verticille pislilliire ;\ pUiNieurs carpelles. P'Tout pistil pUni-ou multiloculaire est formé de plusieurs carpelles sondés entre eux; 2" on trouve des pistils ou apparence uuiloculaircs qui résultent réellement de la soudure de ))lusieurs carpelles; c'est qu'aliu's, ou les cloisons ont oxisté aux premiers temps du dévelop|)Omont et se sont
détruites, ou les cloisons sont incomplètes, parce que les feuilles carpellaires ne se sont pas entièrement repliées sur elles-mêmes, mais soudées seulement entre elles presque bord à bord; 3° en général, on retrouve sur le style
Flg. 1143.
de plicenlilion (1).
et tout au moins sur le stigmate la trace de leur multiplicité primitive ; 4° la disposition du placenta varie suivant le mode d'adhérence des caipelles, et on peut distinguer : la placentation axile, où les placentas sont, appliqués contre l'axe de la fleur et du pistil ; la placentation centrale, dans la<pielle ils forment au centre du pistil un corps isolé qui supporte les ovules; enfin, Ik placentation pariétale, dans laquelle ils sont appliquée contre les parois de l'ovaire, le long des lignes de suture des feuilles carpellaires entre elles, ou sur les cloisons incomplètes qu'elles forment; 5° le nombre des carpelles soudés dans un pistil composé est d'ailleurs variabl? d'après les mêmes principes que j'ai exposés au sujet des carpelles libres : de là résultent des ovaires biloculaires (crucifères, ombellifères), tri/oculaires{c3p)icinei, marronnier d'Inde, millepertuis, chèvrefeuille), quadriloculaires (houx, fusain, bruyère, verveine, romarin et labiées), multiloculaires (nénuphar, malvacées) ; G" dans les Dicotylédonées, ou nmcontre très-fréquemment u.; ovaire à cinq loges, c'est-à dire formé de cinq carpelles soudés. Dans les Monocolylédonées, il est très-ordin;iir? de trouver un ovaire à trois loges formé par la soudure de trois carpelles. Ce sont là les nombres primitifs de la fleur dans chacune de ces grandes divisions.
On peut éprouver quelque embarras pour détermine:' dans une fleur quelconque le nombre des carpelles; voici comment on y parvient.
On examine d'abord l'ovaire, et l'on constate le nombre de ses loges ; s'il y en a plusieurs, il est formé d'autant de carpelles qu'on y compte de loges; s'il n'y en a qu'une, la conclusion n'est pas aussi simple. Nous avons vu, en effet, que l'ovaire uniloculaire peut être un carpelle simple, ou résulter de la destruction des parois d'un ovaire pluriloculaire, ou enlin être un ovaire à plusieure carpelles soudés en une seule loge. Pour décider quelle est la véritable nature du pistil, on peut tirer d'uiiles indications de l'examen des styles al des sliginnies. Dans les Caryophyllées on trouve un ovaire unilucnlairr, mais surmonté do styles multiples, deux dans l'oillei, trois dans le mouron des oiseaux, cinq dans la nielle des blés. Dans l'Iiélianthème (famille des Cislinéci), que l'en cultive dans iKis jardins, on trouve un ovaire uniloculaire, un style uni(iue, mais un stigmate trilobé qui annonce l'existence de trois carpelles; le réséda (famille des /te sédarécs) offre uu exemple du même genre. Enlin, s toutes ces indications fout défaut et pour vérifier d'ailleurs ce qu'elles semblent annoncer, il faut étudier la placentation. Là est l'organe ipii, d'ordinaire, ne trompe
(I) I, carpelle (le l'aconit; p, placenla siilurol (iiUcc sur la iulure yeutraW), h placenlaliou ii-cile : o' , o\ uviilcs porli^s sur leur fiinicula; s, sligniiilc. — 3, carpelle de la lysiimicliie vulgaire ; ;). |ilac-ciiia ceniral, poilttiil les ovules ;/. — 3, carpelle du UiiiRia a ttuilks d'oiuie, luuulraut Iruis placentas pariotauN
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pas et accuse nettement la véritable nature du pistil. Il y a, en général, autant de lignes placentaires qu'il y a de feuilles carpellaires. Il faut donc, pour constater ce nombre, bien observer combien il y a de lignes tracées sur la paroi interne de l'ovaire par les insertions des ovules.
Telle est la théorie du carpelle ; elle a- le mérite de simplifier la prodigieuse variété des fleurs en expliquant toutes les formes que celles-ci présentent, par l'application successive des mêuies procédés modificateiirs sur chacun des verticilles. C'est la modification par ad/icrence des parties qui produit les calices monosépales, les corolles mouopétales, les étamines raonadelphes, les pistils composés; ce sont les modifications par réduction dans le nombre, par multiplication, par dédouljlement, qui jetient une si grande variété dans la composition numérique des verticilles floraux. Enfin, outre ce mérite de simplicité, la théorie du carpelle a tous les caractères de la probabilité et s'accorde avec tous les faits que l'on observe.
En ce qui concerne l'ovaire en particulier, j'ai peu de chose à ajouter aux développements qui précèdent; la forme de l'ovaire est variable, mais elle est, en général, sphéroidale ou ovoïde. Souvent des sillons extérieurs trahissent le nombre de ses loges lorsqu'elles sont multiples ; quelquefois aussi le milieu de la face dorsale de chaque carpelle est marqué d'une saillie qui rappelle la nervure médiane; mais d'autres fois c'est un corps parfaitement uni A l'extérieur, bien que pluriloculaire.
Le style est simple ou multiple sur un même ovaire. Entre ces deux formes extrêmes, il présente bien des formes intermédiaires, il eA bifide, trifide, etc.; bipartite, tripartite, etc. La forme du style est d'ailleurs assez variable ; ce n'est pas toujours un prolongement grèle et cylindrique. Dans l'iris chaque style a la forme d'un pétale ; ailletirs il est court et gros ; parfois il devient nul, comme dans le pavot, et on dit alors que le stigmate rst sessile. On trouve sur certains styles des poils que l'on a nommés collecteurs, et qui semblent avoir pour mission de recueillir les grains de pollen et de les retenir sur le pistil.
Le style est creusé, suivant son axe, d'un canal étroit qui s'étend du stigmate à l'ovaire. Ce canal est ordinairement rempli d'un tissu cellulaire tri:s-lâtlie, à cellules longues et flexibles; on a nommé ce tissu tissu conducteur, à cause du rôle qu'il joue dans la fécondation.
Du sti'jmale. — Le stigmate du carpelle simple est ordinairement d'un tissu cellulaire lâche, dont les cellules extérieures allongées forment des p;vpilles ou même de véritables poils. Ces poils s'allongent parfois jusqu'à donner au stigmate l'aspect d'une plume, et on le dit alors plumeux ; on observe cette forme dans les deux stigmates des Graminées (blé, avoine, seigle). Ce tissu, très-analogue au tissu conducteur du style, semble en être une continuation. Il vient ainsi s'épanouir au deliors en un stigmate tantôt terminal, éva>é au sommet du style, tantôt latéralement fendu en une sorte do cornet, tantôt fendu de deux côtés opposés de manière à constituer une double langueite p;ipill(.usc.
cette nuiltiplicité. Il est alors fréquemment partagé en oiutam de lobes qu'il y a de carpelles dans le pistil composJ. La famille des Scrophularinées (muQier, bouillon blanc) montre un stigmate j.
bilobé correspondant à deux loges, c'est-i-dire à deux pistils; la famille des Campamtlacées ofl're, selon les espères, un stig- ' mate trilobé ou quinquéfide qui décèle l'existence do 3 ou de 5 carpelles, car l'ovaire a 3 ou .5 loges. On observe dans plusieurs plantes la soudure des stigmates en un seul corps, comme dans l'arbousier, l'épine-vinette, etc.
Rapports de position des étamines et des pistils dans In fleur. — Ces rapports ont été exprimés par des termes dont il est important de bien connaître la valeur. L'insertion des étamines présente deux différences très -importantes : ou bien celles-ci sont libres à leur base et ont une insertion distincte de celle de toute autre partie de la fleur ; ou bien, au contraire, les étan)ines sont, :i leur base, soudées avec la corolle et ont avec elle une insertion commune. Ce dernier cas s'observe toujours dans les fleurs à corolles monopétales. On nomme étamines épipétales celles dont la base est ainsi confondue avec celle de la corolle. On a distingué les étamines, sous le rapport de l'insertion, en étamines hypogynes, péri-
Quaud les carpellc.t sont multiplet, et que lo style conlionl le» (ityl<'.H innlIipli'B soudés eu un neiil organe, le «ligmalo coiiiicrve ordinairement la truco évidente do
(I) A, •ligmalr iiniUlrral *. ili' l'Ailmiiia Irilrihc. — t, >l;lc. — H, «ligmalc l.iUlcr»! ». ilii pUiiHili >atnlile. — o. ovaire- t, ai;U. — ('.. 1. aliKinaie « (lu ilaphno liurro<e. — I. «lyle. — o, tttiirc. — l, iHirtiun |[ro>iic di; la luiracv l'ai'iliiiu- >:u >li|;iiialo.
Fie. nie.-FIciir .lu grrdnium-Robert, f'ig. 1U7. — Fleur ifaralia, i rtl .1 èlaminés hjpogyDe» et moiiailei- mines épig>[nes, avec uu oiaiie phes (2). aiihaenl (S).
gynes, épigynes : voici la signification précise de chacun de ces termes. Les étamines sont hypogynes (du grec hypo, en dessous) lorsque, libres de la corolle ou soudées avec elle à leur base, elles seront d'ailleurs indépendantes du pistil et du calice [fiy. 1 Hlf) ; dans ce cas, en cITet, elles s'insérerout directement sur le torus ou réceptacle de la fleur, et par conséquent au-dessous du pistil. Les étamines sont périgynes (du grec péri, autour) lorsqu'au lieu de s'insérer diiectemcnt sur le torus, elles s'insèrent sur le calice qui les élève nécessairement avec lui fi une certaine hauteur au-dessus de la base du pistil ; elles se trouvent alors autour de lui, comme on peut le voir dans la fleur de l'abricotier tjig. 1 1 'il'). Dans ce cas, comme d.ans le précédent, la corolle peut être unie aux étamines par sa base, et leur insertion commune est périgyne. Les étamines sont épigynes (du grec é/.i, sur, au-dessus) lors(iui', libres ou soudées par la base à la corolle, elles s'insèrent sur l'ovaire même ifig. 1147). D.ins ce cas, il y a ordinairement soudure des quatre verticilles de la fleur, de telle sorte que le calice devenu adhOreut à l'ovaire semble porter comme lui les étamines, et au premier abord on peut confondre ces iusortioiii épigynes avec les périgynes, ou inversement.
A ces deux dernières dispositions de la fleur se rattache uiio particularité de l'ovaire qu'il est utile do faire connaître ici. Cette soudure plus ou moins complète des (piatre verticilles floraux a été doublement désignée par les mots de calice ailtiéreiit ou ovuirc adhérent; et comme, dans le cas d'adhérence de l'ovairo, cet org.ine semble plongé au-dessous du niveau des autres parties
(I) Fig. IU5.— I.tomnitl ilu atylc île la Kctmie Jei morais.— I, itylc. — j», «liRmalcs. — î, "" de» ni«iiiiite» j, frossi. — f, l)iniiclicilu«lylg.— 3ti»lu |.«|iiilini du sli|;malp vu àb loupe.
(S) l'îK. lUO cl 11(7. — c, calice. — /), (iclalcs. — », tligmale. — t, élainiiici. — 0. oiairf .
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de la fleur, on le nommait autrefois ovaire infère, tandis qu'il était sufière dans les autres cas. Certaines dispositionsd'étaminespérigynes simulent extérieurement l'adhérence de l'ovaire et du calice. C'est ce qu'on peut voir dans la rose. Son calice offre dans sa portion basilaire un renflement qui pourrait sembler un ovaire soudé au calice ; mais, en l'ouvrant, on reconnaît la parfaite indépendance des ovaires et du calice. Ces carpelles multiples, implantés à l'intérieur d'une cavité formée par le calice, ont reçu le nom d'o«n;>e.f ou carpelles pariétaux. L'adhérence de l'ovaire entraîne l'hypogynie ou au moins la périgyuie des étamines.
De la floraison ou épanouissement des fleurs. — La floraison ou anthèse, ou p'ponsuissement de la fleur, a
lieu habituellement à l'époque où la fécondation va s'effectuer. Elle est soumise à l'influence des saisons, de la lumière, de l'état météorologique du ciel. Chaque espèce fleurit dans un même pays à une époque déterminée de l'année; le printemps et l'été sont, dans nos climats tempérés, les saisons où s'épanouissent la plupart des fleurs ; cependant les autres saisons ont aussi leurs fleurs, mais bien moins nombreuses. On a, d'après l'époque delà fl.oraison, distingué des fleurs piinlnniàres qui, comme les violettes, les tulipes, les primevères, s'épanouissent durant les mois de mars, avril et mai ; estivales, ^a\ fleurissent de juin en a.nù\.; automnales, qui, comme le colchique, .s'épanouissent en septembre, octobre et novembre ; enfin les fleurs hibernales, qui s'ouvrent l'hiver , comme l'elléDore ou rose de Noël (voyez CALENoniER de Tlore). L'époque de la floraison d'une même espèce varie d'ailleurs selon les pays, ce qui prouve que le phénomène est déterminé par l'ensemble (les conditions atmosphériques et reste indépendant du temps lui-mCme. Chaque fleur s'épanouit, en général, i une heure déterminée de la journée, mais l'humidité du matin paraît favoriser beaucoup ce phénomène, car beaucoup de fleurs s'ouvrent à cette heure. 11 en est cependant qui s'épanouissent le soir; d'autres, phissingulières, s'ouvrent et se ferment à certaines heures de la unit. Quelques météores, tels que la pluie, l'orage, l'accumulation des nuages, favorisent l'épanouissement de certaines espèces au point d'en être la condition nécessaire.
La lumière parait indispensable h la floraison de beaucoup de plantes. Bory de Saint- Vincent n'a pu faire épanouir certaines fleurs exotiques qu'en remplaçant, pendant la nuit, la lumière solaire jiar uu éclairage.' artificiel concentré sur la fleur avec une lentille.
Beaucoup d'autres observa;eurs ont reconnu ces diverses influences des agents méléorologi<i»es sur les flrui^. n Les unes, dit le professeur II. Lecoq, s'épaiiMui-rnt au lever du soleil et so ferment peu il peu, ii iiirbiur c|ue cet astre descend vers l'horizon. Les autres se couchent de bonne heure et se ri'VcilliMit très-tard. La rliiconie sauviit/e ferme ses joli^'^ M' ms hli nos dès II heures du matin, mais quelquri,,i, c r|irii(i,iiit elle attend jusqu'à 3 et 4 heures pour dorunr coiuplétenient.
(I) o, ovaire iiiBcré, avec |>lntti<Mir nutrcs ^ur le fare interne 'l'un calice reiifliî et 8iiiuit|int fntliuM'edcc. - s', slîles et stiyniiilcb. — c, ilikii^iuiiH tyliat-eos ilu culice. — (?, les «■i|iiii:ncs.
Ces fleurs, comme beaucoup d'autres, ont une grande tendance à se diriger du côté d'où vient la lumière ; elles se retournent d'elles-mêmes pour être plus fortement éclairées. Il en est peu toutefois qui suivent, comme on l'a dit, le mouvement du soleil, phénomène qui, pour le grand Soleil des jardins, par exemple, existe dans tous les livres , mais non dans la nature. A 2 heures, le tnouron des champs, si gracieux par ses corolles de saphir ou d'écarlate, s'assoupit jusqu'au lendemain, Vœiliet prolifère, plus dormeur encore, permet à peine que midi ait sonné pour fermer ses pétales, et il attend neul heures du m.itin pour les ouvrir. Chacun a pu voir le pissenlit se fermer à diverses heures de l'après-midi, et les corolles blanches et roses des liserons sommeiller dès cinq heiu-es du soir. Les pourpiers, les ficowies, les sonchus ou /ailerons se reposent à des heures diverses de la journée, et la dame-d'onze-heures, dont le nom seul indique la paresse et la nonchalance, ne s'endort pas moins dès que 3 heures ont sonné. Mais, s'il est des fleurs qui attendent la vive lumière du soleil pour s'ouvrir, il en est un plus grand nombre qui attendent la nuit. C'est alors qu'elles éclosent; ou les trouve au réveil. Les mirabilis ou belles-de-nuit, contractant en dehors les fibres de leur calice, éclosent dès 5 heures du soir et voient coucher le soleil; le géranium triste se prépare à ouvrir ses fleurs sombres et parfumées; et, pendant que la plupart de ses congénères sommeillent, le silène noctiflora (ou silénée noctiflore) reste ouvert jusqu'aux lueurs du matin. "Les coquelicots à6 nos guérets, les gesses qui s'attachent à nos buissons, les délicates graminées qui se balancent dans nos prairies, les œnothères et les épilobes qui suivent le cours de nos ruisseaux, \& primevère de la vallée et la soldanelle des montagnes profitent, pour s'ouvrir, de la sérénité de la nuit. Le cactus grandiflora attend les ténèbres pour épanouir ses nombreux pétale=, pour écarter ses innombrables étamines et exhaler le patfum le plus suave et le plus délicat. » [Botanique populaire, p. 273). Linné, en réunissant les fleurs qui s'épanouissent aux diverses heures de la journée,a formé une horlogede Flore (voyez Houloge).
Dutrochet a prouvé , par d'ingénieuses expériences, que dans les fleurs qui s'ouvrent et se ferment alternativement, l'incurvation de la corolle vers le centre de hi fleur s'efl'ectue sous l'influence de l'absorption de l'oxygène de l'air par les fibres internes de ses nervures, tandis que l'incurvation en dehors, celle qui ouvre la fleur, est duc à la déplétion du tissu cellulairedela corolle qui se gonfle de l'humidité atmosphérique.
L'épanouissement des fleurs a une durée variable; quelques-unes se fanent avant la fin du jour qui les a vues éclore ; un grand nombre durent plusieurs jours; quelques-unes plusieurs semaines; enfin on en cite dont la floraison dure un et même deux mois.
Quelques auteurs entendent par le mot floraison l'ordre dans lequel s'épanouissent les fleurs d'une inflorescence (voyez Inflouesceivce).
Phénomènes de chaleur et de mouvement dans les fleurs. — Les fleurs respirent, à l'inverse des parties vertes, par une absoiption d'oxygène et une exhalation d'acide carbonique. Cette respinitiou, ana'ogue îi celle des animaux, est accompagnée dans quelques plantes d'iuic production très-manifeste de chaleur; d'autres en développent une quantité beaucoup plus faible. La famille des Arinders (Monocotylédonées) a surtout présenté des faits de ce genre, et Laniark les signala le premier ;\ l'attention. Il constata (|ue dans Vnrum italicum, ou gouet d'Italie, le spadice et sa spathe, au moment de la floraison, manifestent une élévation de température de 9" environ. Bory de Saint-Vincent et F. Hubert ont observé sur une grande espèce de gouet de l'Ile de France, Varnni cnrdifolium, que, par une teirtpérature ambiante de 1!J", le spadice accusait une élévation de température de 4'»" à 49". Voici quelques autres observations sur des plantes de cette même famille : arum drunmculus, ou gouet serpentaire, augmentation de température de li", suivant M. Gœppen et M. .\d. Ciongiiiart; caladiiim piiin(ili/idum,i)",b, suivant M. Schultz; colocasiu odara, 22", suivant MM. Van Beck ellicrgsma.
Les fleurs dont la nature foliacée a été établie précédemment piésenteni parfois une m itilité analogue S celle des feuilU^s. Dans la rue odorante, rata grareolem. (faïuille des llulancs], on voit, au moment de la déliiscencc des nnthèns, les 8 ou 11) étamines so redresser vers le stigoiaii', y ilc'poser leur pollen, puis reprendre leiM- (lircciKMi horizontale et déjelée eti dehors. Les éta-
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mines de l'épine-vinette (famille des Berbsnclées) se resserrent et se rapprochent vers le pistil, lorsqu'on les soumet à la moindre irritation mécanique. Parmi les Urticées, la pariétaire, le mûrier à papier ont leurs étamines infléchies en dedans, au-dessous du stigmate; lors de la déhiscence des anthères, elles se redressent avec une brusque élasticité et lancent leur pollen sur le pistil. Les kalmùi, de la famille des Ericacées^ tribu des Rhododenrirées, voisine des Bruyères, offrent, au moment de la fécondation, uu mouvement encore plus compliqué dans les étamines, pour apporter le pollen sur le stigmate. D'une autre part, les styles et les stigmates des cactus, des nigelles, etc., se portent vers les étamines au moment où s'échappe le pollen ; dans certaines Composées, les deux lames du stigmate se rapprochent chaque fois que le pollen y tombe. On pourrait citer encore bien des exemples du même genre; mais jusqu'ici la cause et le mécanisme de ces mouvements nous échappent complètement.
Quant aux fonctions essentielles des fleurs, comme elles concourent à la grande fonction de la reproduction des plantes, il en est traité au mot RErr.ODUcriON. — On trouvera au mot Riîgne végét.vj- l'indication des caractères qu'ont louniis les fleurs pour l'établissement des groupes naturels ou artificiels parmi les plantes. Enfin, pour ce qui concerne la culture des fleurs au point de \ue de l'agrément et de rornement, voyez au mot Jardin A FLEURS. Ad. F.
FLEur.s (Hygiène, Thérapeutique). — Les fleurs absorbent une grande quantité d'oxygène qu'elles transforment en acide carbonique au moyen de leur carbone. Cet efi'et a lieu jour et nuit pour les fleurs exposées ou non à la lumière. On avait renfermé une rose dans une cloche; au bout de six heures, l'air était assez altéré pour éteindre deux fois de suite une bougie allumée (Alarigues). L'expérience a réussi aussi bien avec des fleurs inodores qu'avec les fleurs les plus odorantes; et le même observateur a trouvé que les fleurs de la mauve et du solidage-verge-d'or donnaient beaucoup plus d'acide carbonique que le lilas, la violette et le jasmin. Du reste, toutes les autres parties vertes de la plante produisent le même phénomène, mais seulement pendant le jour et à la lumière. Au reste, ce n'est pas seulement par la formation du gaz acide carbonique que le» fleurs produisent des effets délétères, car les feuilles fournissent souvent autant et même plus d'acide carbonique que les fleurs, et pourtant leur présence dans les appartements est loin d'offiir autant de dangers, même lorsqu'elles sont très-odorantes, conmie cellesde \a.lippie citronnelle et autres. Cet effet tient évidemment à l'organisation des diflérentcs parties de la fleur, particulièrement des pétales et des étamines, et est déterminé par des émanations dont la nature n'est pas encore bien connue. Quoi qu'il en soit, ces propriétés délétères ont été observées trop souvent pour être révoquées en doute. M'"" Laumonier (do Houcu), femme du célèbre chirurgien de ce nom, avait eu l'imprudence de conserver dans sa chambre des fleurs de lis; elle fut prise d'angoisse, de céphalalgie, do défaillances très-graves, et faillit Cire la victime des émanations de ces fleurs. Une demoiselle étant couchée avec sa servante dans une petite chambre où il y avait beaucoup de fleurs, fut éveillée an milieu de la nuit par des angoisses extraordinaires; sa servante fut aussi malade; elles parvinrent avec peine à ouvrir la fenêtre, et se rétablirent (lngenliousz\ Une jeune llllc périt, parce qu'on avait laissé une grande quantité de violettes près de son lit, dans une chambre très-pellK! (Triller) A Londres, une femme fut trouvée morte dans son lit, sans qu'on pût soupçonner d'autre cause que l'effet produit par une grande quantité de fleurs de IIb qu'elle avait conservées dans sa chambre. Notis nous contenterons do citer ces faits pour prouver combien il faut éviK'i- rinconibrcment de» fliurs dans les appartement»; le iiioiiulnt inronvénientqui puisse en résulter, ce sont de» étoulVements, des maux de tête, des syncope»; quelquefois des cardinlgies.des vomissements, le l'erigourdissemont dans b's menibre», l'aphonie, les convulsion», pr<'S(|ue toujours miéint do somnolence, de faiblesse avec diuilnntion de» mouvements du cfnur : do telle sorte ipi'il parait bien résulter do l'enaeinblo des symptômes observé», que le principe délétère aiçit plutôt sur le système iiervciix que snr le» phénomènes chimiques do la respiration, comme cela a lieu dans l'asphyxie. Ou a remarqué que c'eut pre'i(|ue toujours la nuit que les accident» arrivent; cela lient probablement h ce qu(^ l'air n'étant pas :i|!<'é et déplacé comme pendant le jour
par l'ouverture des portes et des fenêtres, par le mouvement qui se fait dans l'appartement, les émanations délétères s'accumulent, se concentrent, et agissent avec d'autant plus d'intensité que les individus qui y sont exposés, profondément endormis, n'ont pas conscience des premiers symptômes, qu'ils ressentiraient dans l'état de veille.
Les moyens de remédier à ces accidents sont d'aboril de mettre les malades au grand air frais, d'appliquer des compresses froides, de faire respirer du vinaigre, de l'ammoniaque affaiblie, de faire avaler quelque peu de liqueur forte, de frictionner la région du cœur, etc. Il n'y a, du reste, aucun moyen d'empêcher, malgré tout ce que l'on a pu dire, l'effet délétère des émanations des fleurs; le seul capable de l'atténuer un tant soit peu, c'est d'établir un courant d'air; autre inconvénient presque aussi dangereux.
La thérapeutique tire aussi un grand parti des fleurs, on peut dire, en général, qu'elles jouissent des mêmes propriétés que les autres parties d'une plante ; cependant il y a de nombreuses exceptions à cette règle. Quelquefois on emploie .ivec la fleur une petite portion des feuilles ou de la tige dont il serait difficile de l'isoler, et qui, d'ailleurs, recèlent la majeure partie des principes actifs : ainsi la sauge, le serpolet, la lavande, la menthe, la mélisse, l'hysope, la germandrée, et presque toutes les Labiées sont dans ce cas. Les fleurs de la famille des Composées, dont il est impossible d'isoler les petites corolles qui d'ailleurs ne jouissent d'aucune saveur, sont employées dans leur entier avec le réceptacle et le périanthe communs : telles sont les fleurs de camomille, d'armoise, de centaurée, d'arnica, etc. D'autres fois on ne fait usage que de la deur et des parties qui la composent, comme les violettes, les mauves, etc. Enfin on se sert quelquefois d'une seule partie de la fleur, les pét.ilesde roses, de coquelicots, les stigmates dilatés et charnus du safran, etc.
Toutes les parties que nous venons d'indiquer contiennent des principes dont la médecine fait journellement us.ige ; ce sont : du mucilage, des huiles essentielles, des principes astringents, amers, narcotiques, etc. , ce qui permet de classer les fleurs, au point de vue thérapeutique, en plusieurs groupes : ainsi les e'mollientes, comme les mauves et guimauves, le bouillon blanc, le tussilage ou pas d'iine, la bourrache, les pétales de coquelicot, toutes les espèces dites pectorales, etc. Les toni'/ues astringentes, atiières, etc., comme les pétales de roses rouges, de grenade (astringentes); les sommités fleuries de chardon bénit, de centaurée (toniques amères) ; la fleur de la brayère anthelminthique, connue sous le nom de Kousso, etc. Les fleurs narcotiques ou stupéfiantes dans lesquelles on trouve celles de belladone, de jusquiame, de pavot somnifère. Les excitantes, parmi lesquelles, à côté des labiées, on peut placer les fleurs de i;iroflier, de cannellier non épanouies. Les t'rai^ininfcs, <\ni comprennent les jiiiri/ntivef:, fleurs de pêcher, d'iiniandier, do faux ébénier, et qneli|uesunes qui sont voniitiri's. Les rj-pciinranlcs, etc. F — N.
Fi.nits illistoiie naturelle).— Ce nom, au singulier ou au pluriel, auquel on ajoute presque toujours une épithète indicative, a été donné à un certain nombre de plantes et à quelques sub■^tances minérales; nous allons indiquer les principales.
FLEin d'Adoms (liolanique). — C'est VAdonide.
FLEun Aii.f.E (ISotanique). — Nom donné à VOpliride mouche, i une Manli'iie, à une Rhexie.
Fleui» .ne l'aih (liotaniquc), Acridcs, Loureiro; du grec aeris, neridus, habitant de l'air. — Geme do plantes de la famille des Orchidées, à racines linéaires, à tige droite, hautes de 0'»,3"2, à feuilles linéaires, portées sur do courts pétioles, 4 fleurs p;\les, presque charnues, disposées en grappes simples et [lendantes. Cette plnnti! croit ilans les bois de la Chine et de la Cocliineliiiie,où l.mireiro l'a trouvée; il la dit très- odorante, lille pend aux branches des arbres, sur lesquelles ses nicines ne servent qu'A la fixer, et prend toute sa nourriture dans l'air, n En effet, dit Loureiro, une branche di.1 l'espèce nommée Aerides odorata (Lour.), suspendue en l'air dans le» maisons, privée de torro et d'eau, y croit, y flourit et y fructillo pend.int nombre d'années. Je le croirais ù peine, ajoutc-t-il, si je no m'en étais pas convaincu par l'expérience journalière. " Uosc dit d'autre part : < On en a apporté un pied il Paris, il y a déjà quel(|ue» annéi'S, que j'ai vu suspendu dans un panier, et véwlant avec force nu plafond. "Il en existe aujourd'hui dans \vi serres du Jardin des Plantes.
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FiECES D'ANTIMOINE (Minéralogie). — Voyez Antimo-
"'fwii'bs ARGENTINES d'antimoinë (Minéralogie). — C'est
l'oxyde d'antimoine. > • „ j„
Fleur d'Arménie ( Botanique ).- Nom vulgaire de
'"'ri.Élf DE^B^JOiN (Matière médicale).- CestVacide benzoiaue (voyez Benjoin). ., j j „i
Fleurs de bismuth (Minéralogie). - Nom donné (i^€^anetois h Voxijde de bismut/(. .
^ Fleobs du ciel (Botanique). - On a appelé ainsi les Nostoch trémelle et Nostoch ordinaire (Algues), parce que, comme elles paraissent sur la terre immédiatement après les pluies, dans quelques contrées, on a cru qu elles tombaient du ciel avec l'eau.
Flelr de coucou (Botanique). - C'est un des noms spécifiques de la Lychnide (L. ftos cucuh, L>n-)-
Fleur de crapaud (Botanique). - Un des noms vulgaires de la Stapélie panachée, parce qu'elle a une odeur très-désagréable. . , , ,
Fleur de Saint-Jacques (Botanique). — C est la Jacobée {Seneciojacohœa, Lin.).
Fleur de Jupiter (Botanique;. — Nom donné à la Lydinide fleur de Jupiter (t. flos Jovis, Lamk).
Fleur de Noël (Botanique). - C^^^J''"'^°'t"Zn
Fleur de la passion (Botanique).- Nom vulgaire de la Passiflore bleue [Passiflora cœrulea, Lin.).
Fleurs de soufre (Minéralogie). - Soufre sublime
^TEURsrzîic (Minéralogie). - Oxyde de zinc (voyez
FLEURETTE, Florette (Botanique). — On appelle ainsi les petites fleurs dont la réunion forme, en apparence, une seule fleur, comme on peut le voir dans les familles des Composées, des Dipsacees, etc. Ainsi, dans le dahlia (Composées), chaque fleurette repose sur un disque ou capitule commun; et la réunion de ces fleurettes constitue ce que l'on nomme vulgairement la/ieî" du dahlia. On appelle aussi quelquefois fleurettes les épillets des Graminées. , ,„ , • „,
FLEURISTES (J.irdin, Jardinier) (Botanique). — Voyez Jardin.
FLEURON (Botanique), flosculi. — On donne ce nom aux petites fleurs tubuleuses régulières dont le limbe se partage en cinq dents ou lobes égaux, et qm composent les capitules d'une grande partie des plantes de la famille des Composées. Ainsi chacune des petites fleurs du chardon d'un aster, est un fleuron. Les plantes dont les capitules sont uniquement composés de fleurons sont dites
caulii) (t).
Fis- 1151. — Demi-fleurûn d'une semifloâcdleuji;, la chicorée (cichoriuni inljbuï) (2).
ftoiculeiises {fifi. tlSO), et forment une division de la famille (Tournefort). On nomme demi- fleurons {fig. 1151) les petites fleurs irrégulières dont le limbe fendu dans une grande étendue se déjette en dehors en une languette,
(1 ) Fleuron coupé dans toute sa longueur, de manière à montrer Voyulc 0, dressé dans l'ovaire, coufoudu avec le calice et le tube e des anthcres, porté sur la corolle p et Iraterté par le style s. — a, ai|;rctte.
(î) 0, iivaire adhérent avec le calice. — c, lulic forme pai' les claniiucs et traversé par le style liilide s.
terminée par cinq petites dents, comme dans les capitules de la chicorée, du salsifis, etc. Les plantes dont les capitules sont composés de ces demi-fleurons sont dites semi-flosculcuses. Les fleurons ont une forme assez variable. Ils sont réguliers ou irréguliers, à 5 lobes ou à 3-4 dents. Enfin, suivant la nature des organes sexuels qu'ils abritent, ou l'absence ou la réunion de ceux-ci, ils sont dits unisexués, neutres ou hermaphrodites.
FLEUVES et RiviiLRES (Géologie). — La distinction que lesgéographos ont ét.ablie entre ces deux mots u a aucune importance en géologie; les coiu-s d'eau douce ne présentent p.as dans leur manière d'être de difl'erences tranchées lorsqu'ils vont porter leurs eaux directement dans la mer ou lorsqu'ils vont pré-alablement les confondre avec d'autres. L'idée générale que l'on ,peut se faire de l'origine des cours d'eau douce qui sillonnent la surface des terres peut se résumer ainsi qu'il suit. Plus des quatre cinquièmes de la superficie du globe sont formes par la surface libre des mers ; la plus grande partie de cette vaste surface est liquide et ne cesse pas d émettre de la vapeur d'eau que l'air emporte avec lui. Sur les continents on les lies, cet air chargé de nuages vaporeux rencontre des sommets froids sur lesquels la vapeur se condense en neige perpétuelle, en glaciers ou même en eau dans quelques cas. Ces sommets chargés de fi-inias deviennent des réservoirs d'eaux que la fonte progressive de la couche glacée hiisse infiltrer dans le sol sous-jacent ■ ainsi engagées dans les Assures des hauts sommets, les eaux s'y accumulent jusqu'à ce qu'elles s'écoulent par quelque point où ces fissures viennent aSleurer au niveau du sol. Ainsi se produisent dans les montagnes et les hauteurs des sources nombreuses dont les eaux s'écoulent naturellement vers les terres plus basses, et, convergeant ainsi vers le fond des vallées, tendent à y créer de grands cours d'eau, fleuves ou rivières, dont nous indiquerons rapidement les principaux phénomènes. Il ne faudrait pas croire que les hautes montagnes chargées de neiges sont seules capables de donner naissance à des cours d'eau ; tout terrain élevé peut s'imbiber des eaux du ciel et les tenir en réserve tout en les laissant écouler peu à peu; toute surface inclinée du sol provoque un écoulement des eaux vers sa partie déclive. Aussi voit-on souvent des safllies très-peu marquées ou à pentes très-douces verser néanmoins dans les vallées un grand nombre de ruisseaux ou rivières vers un cours d'eau d'une assez grande puissance. La France présente des exemples rera.irquables eu ce genre. Son sol est sillonné dans diverses directions par la Seine, la Loire, le Rhône, la Garonne. Mais tandis que le Rhône reçoit dans son lit encaissé les eaux des Alpes, du Jura, des \osgeSj des monts Faucilles, delà Côte-d'Or et des Cévennes, qui l'entourent de toutes parts, la Loire, née dans les gorges et sur l'autre versant des Cévennes, n'a bientôt plus aucune chaîne de montagnes qui la sépare des bassins de la Seine et de la Garonne; la Seine, qui prend son origine dans un p.iys accidenté plutôt que véritablement mont.igneux, n'a pour limites au b.assin de ses eaux, dans la plus grande partie de leur cours, que les pentes à peine sensibles des coteaux de la Picardie, de l'Orlé.anais, du Perche et de la Normandie. Toutes ces eaux, disséminées dans l'air par l'évaporatlon et condensées sous forme solide ou liquide, vont donc en définitive s'éconler en ruisseaux, torrents, rivières et fleuves et restituent do toutes parts au bassin des mers ce qui leur avait été enlevé et leur sera bieniot ravi de nouveau pour leur retourner encore plus tard par lis mêmes voies.
Ces cours d'eau, alimentés sans cesse p.ir l'év.aporation des eaux marines et découlant continuellement dos parties saillantes du globe vers les océans, portent partout la vie et la fécondité ; sur leurs bords ou dans les vallées qu'ils parcourent, les plantes se développent à l'envi, les aninmux trouvent au milieu d'elles li's abris et les ressources alimentaires indispensables à leur existence; l'homme enfin y fonde ses demeures, y développe ses arts et couvre bientôt le sol de ses cultures. Ce pouvoir fécimdant n'est pas dû à la seule pi-éscncc de l'eau ; il est dû aussi aux matériaux divers que les rivières et les fleuves emportent avec eux et distribuent en dépôts progressifs tout le long de leur cours. Ces alluvions font la richesse dos vallées, et leur surface décomposée lentement au cont.ict de l'air et sous l'influence des agents météorologiques constitue peu l'i peu un sol arable p us ou moins fertile, selon la nature des débris dont les alluvions étaient primitivement formées. Ainsi les coiirs d'eau travaillent sans cesse i entraîner vers les vallées des débris enlevés aux sommets qui les dominent, et avec
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les siècles ils doivent diminuer le relief des parties saillantes et combler les parties déclives de la surface des terres. L'étude générale des cours d'eau douce permet de tracer la marche habituelle de ce iMvail de transport. Nés au milieu des montagnes, les cours d'eau, et surtout les plus grands, s'accroissent successivement d'affluents qui roulent comme eux dans des vallées encaissées et fortement inclinées. Le resserrement et la pente de ces vallées hautes donnent le plus souvent à ces cours d'eau du liaut bassin des fleuves la rapidité et l'impétuosité des torrents; puis, à certaines époques, les pluies du ciel, la fonte des neiges enflent encore ces ruisseaux et augmentent d'autant leur puissante action sur les roclies au milieu desquelles ils se précipitent. Ainsi leurs eaux, rapidement emportées par leur propre poids, entraînent avec elles des blocs erratiques, des galets, des cailloux roulés, les graviers, les sables et le limon que l'on retrouve dans tous les fleuves, et elles les roulent vers les vallées basses et les plaines par où se poursuit leur trajet vers quelque océan. A mesure que la vitesse des eaux se ralentit, ces matériaux transportés se déposent, les plus lourds d'abord ; les sables fins et le Union sont seuls charriés jusqu'à l'embouchure. Les eaux des fleuves éprouvent sur ce point un arrêt provenant de la résistance de l'eau des grands lacs ou des mers où elles viennent se verser ; cet arrêt dans le cours des fleuves déternùne le dépôt abondant des limons et des sables dont ils jonchent déji toute la partie basse de leur lit. Ainsi se forment les bancs de sable, les barres, les ulterrissements et alluvions de tous genres si communs aux bouches des cours d'eau. Ce travail lent mais continu a formé avec les siècles et accroît encore chaque jour les deltas des fleuves, et c'est lui qui a dès longtemps divisé leurs eaux en plusieurs bras serpentant jusqu'à la mer à traversées alluvions fluviales. On peut citer surtout comme exemples de cette configuration des bouches des fleuves, le Rhin, le Rhône, le Pô, le Danube, en Europe; le Nil, le Sénégal, en Afrique ; l'Euplirate, le Tigre, l'Indus, le Gange, le Brahmapoutre, l'Hoang-ho, en Asie; l'Orénoque, leMississipi,en Amérique. Lorsque vers l'embouchure le lit du fleuve a une profondeur considérable, les atterrissements s'y font moins facilement peut-être à cause de la masse d'eau accumulée, d'où résulte une pression qui accélère l'écoulement vers la mer ; en tous cas, les atterrissements qui peuvent se former demeurent sub ■ niergés et le fleuve se termine par une sorte de petit bras de mer que l'on nomme un estuaire {da]M\aœstus, reflux), parce que la marée y fait sentir ses mouvements aussi bien que dans la mer elle-même. Comme exemples d'estuaires, il faut citer, en Europe, la Gironde, formée par la Garonne et la Ûordogne ; la mer d'Azof, à l'embouchure du Don; l'estuaire du Dnieper; en Asie, le (l'jlfe de l'Obi, celui du Jcnissei ; en Amérique, les estuaires du Saint-Laïu'ent, de l'Orégon ou Columbia, de rOrellana, dit aussi Maragnon ou fleuve des Amazones, le Rio de la Plata, estuaire immense formé par la réimiun du Parana et de l'Uruguay.
Cours des fleures. — Les sources méritent au plus haut degré d'attirer l'attention des géolngues par les phénomènes variés et inattciiilus qu'elles dlfrent en divers lieux; les plus remarquables sont indiqués au mut SoiincE. Jeme bornerai i parler ici de la siluaiion générale des sources de» fleuves. Lu plupart s'ob-ervent dans les montagnes élevées cl se trouvent ainsi voisines l'une de l'autre, tout en donnant, sur les diverses pentes, des cours d'eau qui 8'éloignent assez les uns des autres pour ne pas sembler au premier abord avoir aucune parenté. Ainsi, en Europe, partent de» Alpes centrales les bassins du Rhône, Uu Rhin, du Danube et du Pô. En Asie, les montagnes de la Daouric versent l'Angara vers la Sibérie et le Sakiialiun vers la Mandchourie ; l'Indus, le Gange, le Rrahmapouiro sortent de l'IliinaUiya. \'.n Afrique, In même clinlne de montagnes donne naissance nu Niger, au Sénégal, A la (Janibji', au RioGrande ou Gabon. En Amérique, enfin. Ici Mc^ntngn(■s-lluchell^es servent d'orlplne aux grand» basnin» de l'OréKon, du Missouri, du fleuve Nelson, du Ilio-Coloradn, du Rio-del-Norte et de rArkans.is ; le Missinsipi sort de.s inniilagnes, dont l'autre versant i:st baigné par le Lac-Supérieur, l'une des origine» du Snint-Lauronl; le nnissif unissant de» montagnes du Pérou donne les origines du Mnrngnon (fl. de» Amnzonn») ot du fait» anincnt» du Purana.
En général, on »c représente lo ba<>»in de» grand» neuve» comme une vallée large et ouverte; cependant, en peut cilerdc nombreux exemple» de fleuve» se frayant leur route à travers plusieurs vallée» successives en tra-
versant des chaînes de montagnes. Le Rhin coule d'abord dans une vallée alpestre, où il forme le lac de Constance ; puis, traversant par une gorge resserrée les montagnes de la forêt Noire, il pénètre dans une vallée nouvelle ouverte entre les Vosges et les Alpes de Souabe : c'est l'Alsace; enfin, il se fraye un chemin à Coblentz, entre les montagnes do l'Eifel , du Hundsrùck et du Westerwald, et descend vers les pKiines des Pays-Bas. Le Rhône franchit aussi la chaîne du Jura, entré le fort de l'Écluse et Saint-Geneix. L'Elbe, après avoir arrosé un premier bassin, qui est toute la Bohême, passe à travers la chaîne de l'Eiz Gebirge pour se répandre dans la Saxe. Le Danube coupe les Carpathes à Orsova pour pénétrer dans les provinces danubiennes. La plupart des grands fleuves des autres parties du monde, et surtout ceux de l'.Amérique du Nord, oft'rent de nombreux exemples des mêmes faits. Dans quelques cas, deux bassins de fleuves ne se trouvant, sur quelques points, séparés que par un espace nivelé à la même hauteur, communiquent par un canal n;iturel, permanent ou temporaire. C'est ainsi que, dans l'Amérique méridionale, l'Orénoque et le Rio-Negro, un des affluents de l'Orellana, se joignent par le Cassiquiare et mêlent les eaux de ces deux vastes bassins. C'est en passant ainsi d'une vallée à l'autre que les fleuves rencontrent parfois des solutions de continuité dans leur lit et présentent les phénomènes des rapides, cascades, cataractes, ou même sepei dent dans des espèces de conduits souterrains, n Les cascades, dit Al. Brongniart(Dic/. des se. nat.), et les cataractes surtout, s'observent ordinairement : 1° dans le cas où une rivière descend comme d'étage en étage les flancs d'une chaîne principale, dans la plaine, en suivant une direction qui coupe, sous un angle presque droit, celle des chaînons latéraux ; 2° qu.md un cours d'eau, après avoir coulé tr.inquillement dans une plaine, rencontre une chaîne ou groupe de montagnes et le coupe, comme le prouvent les exemples cités plus haut Deux dispositions particulières produisent le phénomène de la perte des rivières : 1° lorsque la vallée que suit le cours d'eau se trouve barrée par une colline transversale composée de roches caverneuses ; 2° lorsque le cours d'eau aboutit à des terrains meubles ou spongieux. Dans le premier cas, les rivières suivent leur cours sous terre et reparaissent souvent à peu de distance. Dans le second cas, elles sont entièrement soit absorbées, soit évaporées et ne reparaissent plus sous la forme d'un cours d'eau. »
Plusieurs rivières de Normandie se perdent dans des goufl'res nommés béloires dans ce pays ; la Meuse, à Bazoille (Vosges), se perd pour reparaître 2 kilomètres plus Ivis ; le Rhône, près du fort l'Écluse, disparaissait dans une vaste fente verticale du sol, sous un rocher que l'on a détruit en 1828 pour établir un canal de flottage. Parmi les chutes d'eau, on peut citer : la cascade de Gavarni, dans les Pyrénées (hauteur, 4011 mètres); celle de la Druise, en Dnuphitié (hauteur, 40 mètres); celle du Staubbach, dans l'Oberland (hauteur, 330 mètres); la chute (le l'Orco, sur le versant italien du mont Rose (hauteur, 8111) mètres); la Gotha-Elf, qui sert d'issue au grand lac de Wcuersee, en Suède (hauteur, 40 mètres); la chute d.' Ujiikanilfoss, sur la Maanelf, en Norwège (hauleur, :!l(i luitris) ; la chute du Rhin, à Lnufen, près de SchatVdusc hauteur, 2(1 mètres); les chutes du Félon, sur le Sénégal (hauteur, 30 mètres); la cataracte du Zambèse, au Congo (h;iHteur, 100 mètres); la cascade de Montmorency, au Canada (hauteur, 80 mètres) ; la célèbre chute du Niagara, entre le lac lîrié et le lac Ontario (hauteur, hO mètres) ; l'immense chute de Yosemity, en Californie (hauteur, 800 mètres).
« Dans inic rivirrr ou dans un fli'iive, dit encore Al.
RriMigniarl, les divi'ises parti, s sont il ■■■s etdovilesse
diUVri.'nte et mêini' de. junovcmeiUs Irèsilillrrcnls. Ainsi . !" l'écoulement e>t d'autant moins rapide, que la Kvière, en approchant de son emijouchure, perd de sa pente, et cela malgré le volume d'eau considérable qu'elle acipiieit au niov" dfs anhii'nts (|ui s'y rendent. Tels soiit.l'Ama/.oiii'.'qni, iii:ilr.V' --n iiiassi' iiuposiuue, n'a dans lesl.lanosISaviiM.-, qur ; .!.■ piuK .■ i()"',(ilin de pcnto par 11)1) pied» (30 inMri'M. l.M Sniir, <|ui cntii^ .Saint-Cloiid et Sèvres, n'n(|ucl piedi()"',32)»ur 1,100 toises 12, 130 mètres). L(^ Rhin, qui parait si rapide entre Schalfouse et Strasbourg, n'a <|ue 4 pieds (Ii",2!)(!i par mille. 2" L'écoulement le plu» rapide est à la surf;».^ et dan» le milieu da la rivière. Vor» le fond, h; mouvement est plus lent, ot celte disposition e»l d'auliuit plus sensilili' i|ue le cour» d'eau e»t plu» puissant et p!u» lent. 3" Vers le» rive», non bculouenl lu mouvement d'écoulement est encore plu»
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lent, mais il est obliciiiR, ctsoiivcnt même rétrograde dans une grande étendue et jusqu'au premier cap qui reporte l'eau vers l'axe de la rivière. Ce mouvement rétrograde si facile à voir est ce qnc l'on nomme le remou.i. Il est trisremarquable vers l'emboucluire des fleuves qui se rendent dans l'océan et dans lesquels la direction du courant sur les bords est très-longtemps opposée à celle du courant versl'axe pendant le flux et loruftux. Le mouvement oblique résulte de la combinaison du mouvement direct du milieu et du mouvement rétrograde des rives; il est prouvé par la marche des corps flottants qui viennent tût ou tard échouer sur les rives. » {Dicl. des se. nal.)
La masse d'eau qui s'écoule dans le lit d'un fleuve est parfois très-variable d'une époque aune autre. Certaines rivières, certains fleuves, larges et abondants en hiver, tarissent pins on moins complètement en été. C'est ce qu'on observe souvent dans les pays chauds, surtout dans les montagnes peu élevées où le terrain est perméable à l'eau. L'Espagne, l'Italie, l'Afrique intertropicale olïrentde nombreux exemples de ce fait. Les crues des fleuves sont des phénomènes très-fréquents et désastreux le plus souvent. Les causes de ces crues sont trèsvariées. Quelquefois un vent violent soufflant i contrecourant retarde le mouvement des eaux et élève leur niveau dans la partie supérieure du cours d'eau. Mais c'est là une cause peu active et peu fréquente. Le plus souvent l'abondance des pluies, leur continuité, la fonte rapide des neiges sont les véritables causes de l'accroissement des cours d'eau, et ce sont aussi les causes les plus redoutables. Aussi est-ce surtout en automne et vers la fin de l'hiver que se produisent les inondations. Les pluies d'orage donnent parfois lieu à des crues subites qui changent en torrents les cours d'e.au encaissés des contrées montagneuses. La fonte des neiges exerce surtout son influence an printemps, et cftte influence trèsgénérale se fait sentir sur les plus grands fleuves. On doit donc craindre à cette époque tout adoucissement brusque et considérable de la température; la fonte rapide des neiges en est la conséquence inévitable et prépare des inondations dans les bassins des fleuves voisins. Le plus souvent dévastatrices, elles portent avec elles la désolation ; mais lorsqu'une certaine régularité permet de les prévoir et qu'elles ont lieu sans impétuosité excessive, ces inondations déposent avec elles des limons fertilisants que l'agriculture peut féconder. L'opération du colmatage est fondée sur cotte propriété des eaux U'inond.atlon (voyez Inondation). La plus célèbre des crues bienfaisantes est la crue périodique du Nil. Elle commence dans la haute Egypte au mois de juin, et au Caire dans les premiers jours de juillet, pour atteindre son maximum vers le 20 septembre. Pour que les eaux baignent dans toute sa largeur la v;illée cultivée, il faut qu'elles s'élèvent à 9 mètres environ au-dessus du niveau des basses eaux. Demeuré stationnaire pendant quatorze Jours, le niveau de l'inondation s'abaisse peu à peu jusqu'au mois de mai suivant iDict. t/e'ii. île hioyraphie et il'histoire, art. Nil). La cause probable de cette crue qui féconde chaque année l'Egypte est dans les pluies abondantes qui au printemps arrosent les montagnes de l'.\byssinie. Le Gange, l'Orénoque, le Mississipi, le Niger, le Sénégal, ont aussi leur crue annuelle.tEnfiu, il est une cau'e encore très-ellicace de la crue de certains cours d'eau, c'est la résistance qu'ils éprouvent .'l leur confluent dans quelque autre cours d'eau ou à h^ir embouchure dans la mer. Ce choc des deux m.asses d'eau retarde la plus f;iible et tend h la faire déborder sur les parties plates de ses rives. La Saône inonde souvent ses bords parce qu'à son confluent l'impétuosité du Rhône la rend stationnaire ou lui imprime même un mouvement rétrograde. Quant à la résistance des mers, on peut l'observer à presque toutes les embouchures des fleuves ; une sorte de lutte s'établit entre le fleuve et l'océan, et lorsque la marée monte, la résistance de celui-ci augmente an point de refouler l'eau du fleuve souvent avec une gigantesque puissance. Le plus imposant phénomène do ce genre se voit à l'embouchure de l'Orellana, l'un des plus vastes fleuves du monde. On le désigne sous le nom de pornroc'i; aux fortes marées, ce sont trois ou quatre lames de 4 à !> mètres de hauteur qui remontent l'embouchure du fleuve avec un frac.is horrible et une vitesse merveilleuse. Cette impulsion de la marée se transmet sur le cours du fleuve jusqu'à 200 lieues au-dessus de son embouchure. Ija phénomène se reproduit plus on moins intense, selon la saison, deux fois chaque jour. La Dordogne, nu l)cc d'Ambe/,, au moment di^s grandes eaux, offre un phénomène analogue; ou le nonnne mascaret;
une sorte de vague élevée remonte le fleuve sur toute sa largeur et jusqu'à 7 ou S lieues, avec une vitesse de 4 à 5 mètres parseoonde;ellc est suiviededeux ou trois autres vagues semblables LaSeine, à l'équinoxe d'automne, offre aussi un mascaret sur lequel on a récemment attiré l'attention des curieux. Moins prononcé à d'autres embouchures, ce phénomène consiste seulement en une vague élevée, consiante, à mouvements irréguliers et que l'on nomme barre. L'Adour, en France, a une barre très-remarquable.- Entin, dans un grand nombre de fleuves, le mouvement des marées se transmet assez loin sur la partie inférieure de leur cours.
On a l'habitude de comparer la longueur des principaux cours d'eau du globe ; mais cette manière de les étudier est subordonnée aux hasards des dénominations et à plusieurs autres conditions arbitraires. Je donnerai néanmoins ici quelques renseignements de ce genre.
Fictives de l'Europe.