L'UN
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r'est ni poreux ni ijtoilé. On rcmnrinic dans cette sonsfamille les genres : Ci/chltle [CijcluHlex , Lamk) dont toutes les espaces sont fossiles et ont été vcnconlrces dans
les terrains crctacùs et les terrains tertiaires inférieurs; Palœucijde (Palœocyclus, Miln.-Edw. et J. Hai.), genre fossile perdu, des terrains siluriens; Cyclosens {M\\a.-
Edw. et H.), dont les espèces sont : les unes, vivantes, des mers australes et des mers de la Cliine ; les autres, fossiles, dos époques crétacée et tertiaire; Z-o/i/iowm (Miln.- Edw. et H.), l'avoiiia de Laniarck, dont les espèces nous viennent des diverses mers des pays cliands; Ayaricie {Ar/aricia, Lamk), dont lesespèr.es, également vivantes, sont des mers d'Amérique, de l'océan Indien.
FONGOSITÉ (Médecine), du latin fuiigus, dampignnn. — On appelle ainsi une excroissance produite par une végétation cliarnuo, spongieuse, mollasse, ayant l'apparence de champignon, qni se développe souvent A la surface des plaies, des ulcères, aux orilices des trajets fistiilcux, des sétons, etc. Llles sont composées de matière granuleuse amorphe, de tissus flbro-plastiques, de capillaires souvent très-nombreux, ce qni rend ces fongosités saignantes an moindre contact, etc. Elles sont déterminées quelquefois par des pansements faits sans soin et sans mélliode, le séjour du pus, la présence de corps étrangers, d'esquilles osseuses, l'abus des topiques irritants ou émollients. Le traitement consiste d'abord à éloigner les causes que nous venons de signaler, ensuite on emploiera les caustiques légers (alnn calciné, nitrate d'argent); quelquefois on est obligé d'avoir recours aux caustiques plus énergiques, et même i l'excision de certaines fongosités auxquelles on a laissé prendre un développement trop considérable.
FONGUS (Médecine), du latin funyvs, champignon. — On désigne sous ce nom dos tumeurs do diverses natures ressemblant plus on moins p.ar leur forme à un champignon, et qui se développent à la surface ou dans l'épaisseur de la dure mère, de la peau, des membranes nuiqtKWiscs, du périoste, dans le sinus maxillaire, etc. On a encore donné ce nom aux végétations des ulcères cancéreux, aux tinueurs variqueuses formées par le développement accidentel des vaisseaux capillaires, artériels ou veineux, comuies sous les noms (i'cuini!,>M-ru.i. 11 résulte du vague de cette expression que, dans la plupart des cas, on y a ajouté une éi)ithèto pour cji préciser la nature, ou lo siège, ou le caractère ; ainsi on a dit fongus lie'malodc, fongus de In iliircnière, etc.; d'autres ont reçu les noms particuliers do épulis, ostéosarcome, polyi>c, etc.
Les fungus de la dure-mère peuvent être formés de tissu fibro-plnstique ou vasculaire; d'autres fois, de matière tuberculeuse. Ils peuvent faire saillie au dehors après avoir usé et percé les os dn crâne, ou déprimer le cerveau et se loger dans son épaisseur. Ils sont souvent difficiles à reconnaître. D.ins tous les cas, ce sont des maladies très-graves et réputées incurables.
Les fongus du sinus maxillaire sont rares chez les enfants ; ils sont déterminés le plus souvent par la récidive fréquente des fluxions dentaires, du coryza, le; contusions violentes sur les os de la pommette, les blessures du sinus maxillaire, le vice scrofulenx, etc. Leur accroissement produit A la face des désordres énormes ; ainsi ils déjettent en tous sens les parois des sinus maxillaires, dépriment l'arcade alvéolaire et la voûte palatine; les dents sont ébranlées, l'œil est chassé de l'orbite; des ouvertures se font au sinus; la tumeur se fait jour dans la bouche, dans les narines, etc. Et la mort ai rive après avoir fait languir et souffrir le malade pendant des mois, quelquefois des années. Une opération chirurgicale peut seule arrêter les progrès d'une aussi cruelle maladie. Elle doit être faite aussitôt que l'on a reconnu l'existence et la nature do la maladie, et être confiée à des mains habiles et exercées. Les bornes de cet article ne nous permettent pas d'entrer dans les détails de cette opération minutieuse et délicate.
Les fongus de la vessie se développent le plus souvent vers le bas-fond, vers le col, sur la surface du trigône ; quelques-uns naissent de la prostate. Leurs symptômes sont dilTiciles à distinguer de ceux dn catarrhe, du cancer, de l'engorgement de la prostate. Le pronostic de cette maladie est très-grave.
Nous ne ferons que citer les tumeurs fongueuses ou les fongus de la peau, du tissu cellulaire, des muqueuses, des séreuses, du périoste. Du reste, nous devons' dire que tons ces fongus dift'èrent par leur structure, leur marche, leurs modes de terminaison, etc. (voyez Envie, Epclu, N.€;vus, OsiiiosAncoMf, Polvpe.
FoNGis H.EMATOi>E. — Voyez au Supplém.
FONTAIiNES (Physique). — Il y a cette différence outre unesourco et une fontaine, que le mot source désigne les eaux naturelles quand elles se trouvent dans leurs conduits souterrains aussi bien que lorsqu'elles en sortent, tandis que l'expression fontaine est réservée pour indiquer un bassin situé à la surface du sol, et versajit au dehors ce qu'il reçoit par des sources intérieures ou voisines. L'origine des fontaines doit être indiquée plus spécialement au mot Source; nous n'avons ici qu'à nous occuper des singularités qu'elles présentent quelquefois. Il arrive, en effet, le plus ordinairement qu'elles ont un cours soutenu et produisent sensiblement la même quantité d'eau, du moins dans la même saison. D'autres fois l'écoulement cesse et recommence à des intervalles de temps égaux et souvent fort rapprochés. Les fontaijies sont dites alors intermittentes. On distingue aussi les intercalaires dont l'écoulement, sans cesser entièrement, éprouve des retours périodiques d'augmentation et de diminution.
Le nombre des fontaines intermittentes est considérable. Pline en cite une, qui était à Dodone, dont l'écoulement cessait tous les jours à midi et reparaissait abondamment à minuit. Josèphc, l'historien des Juifs, rapporte qu'en Syrie, entre les villes d'Arce et de Raplionées, une fontaine appelée suljbatique était à sec six jours sur sept. Brynolplie Suéuon dit avoir vu en Islande, près de la capitale de l'île, une fontaine iniermittente d'eau chaude (pii coule une heure sur vingt-quatre. Cliildrey (Traité des curiosités de l'Angleterre) indique dans le comté do Derby, près de Buxton, une source qui coule chaque quart d'heure, et une autre analogue située à Giggleswich, à un mille de Sottie, dans la province d"i'ork. Une autre, d'après le même auteur, est située dans le VVestmoreland, près du Loder, et coule plusieurs fois par jour.
Dans les Transarlionspliilosopin'jues, on trouve citée une fontaine appelée Bnlderborn (bruyante), située près dc'Paderborn, en Westphalic ; elle coulis et esi lu. sec deux fois par jour. On trmive dans le mênjo reçue. I que la source de Lawyell, près de lirixaui, dans lo Dcvonshire, est intercalaire, et que, pendant la période de son m.-»ximum, il y a des iiitoiuiiii. iics dans la quantité d'eau qui se déverse, intcrmiiiemes qui se reproduisent jusqu'à seize fois dans unu demi heure.
Dernier, dans son Voyage de Cachemire, parle d'une fontaine qui, au mois de mai, coule ot s'arrête régidiSrenicnt trois fois en vingt quatre heures, au commence-
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ment du jour , vers le raidi et à l'eutrée de la nuit l'écoulement dure trois quarts d'heure et est fort abondant.
Près du lac de Côme est une fontaine qui, trois fois par jour, grossit et diminue. Pline le Jeune en fait mention dans la 30" épître du livre IV. En Savoie, près de Haute-Combe, sur les bords du lac du Bourget, existe la Fontaine des merveilles qui coule et cesse de couler deux fois par heure. Sur le chemin de Touillon à Pontarlier, en Franclio-Couité, se trouve une fontaine intermittente; quand le flux va commencer on entend un bouillonnement, puis l'eau sort de trois côtés en formant des jets dont la hauteur augmente d'abord, puis diminue. L'eau jaillit ainsi pendant sept à huit minutes, puis cesse pendant deux minuies.
On pourrait citer encore bien d'autres exemples. Pour expliquer ces phénomènes, on suppose qu'une source arrive par un canal o dans un réservoir M, et n'en puisse
sortir que par un conduit abc formant siphon. L'eau s'accumule dans le réservoir jusqu'à ce que le siphon soit amorcé; la fontaine commence alors à couler par l'orifice c, mais si le débit du siphon est supérieur il celui de la source qui alimente le réservoir, celui-ci se vide et l'écoulement cesse jusqu'à ce que le siphon se soit amorcé de nouveau.
On trouve dans les cabiuels de physique, sous le nom de voie de Tantale, un petit appareil fondé sur le même principe. C'est un vase dont le pied est traversé par la longue branche d'un siphon ; on met de l'eau dans le
droit CD {/îg. 1171) recouvert par un autre plus large AB. Quelquefois ou place sur le haut du vase une figure dont les lèvres soient à la hauteur du coude du siphon ; il est évident que l'eau s'écoulera dès qu'elle sera arrivée à la hauteur des lèvres de cette figure, d'où le nom de vase de Tantale doimé à cet appareil.
La fontaine intermittente des cabinets de physique, est totalement différente des fontaines intermittentes naturelles ; elle est due à Sturmius, et consiste en un vase A (fiq. 1172J bouché à l'émeri et mastiqué dans une pièce de laiton munie de trois robinets latéraux D, D'. Le tout est porté par un tube B qui s'ouvre dans la partie supérieure du vase A. Ce tube est terminé à l'antre extrémité par un biseau et supporté par un trépiecT. Tout l'appareil repose sur un bassin C, percé en son centre d'une petite ouverture. Le vase A étant plein d'eau ju.squ'au niveau du tube B, l'écoulement se produit par les robinets DD' ; l'eau qui tombe s'accumule dans le bassin C et se trouve remplacée par de l'air qu'amène B; mais si le petit trou percé dans le bassin est insuflisant pour son dégagement, l'eau s'accumulant obstrue la partie inférieure du tube B, et l'air ne pouvant plus rentrer dans A, l'écoulement s'arrête jusqu'à ce que l'extrémité du tube B, étant mise à découvert, permette de nouveau la rentrée de l'air.
La fontaine de He'ron est aussi un appareil qui a été appliqué quelquefois. Il consiste en deux vases sphériques B et C superposés et surmontés d'une cuvette A. Les deux vases communiquent par un tube D, tandis qu'un autre tube E réunit la cuvette au vase C. On coni-
TaHcetrccouIcmont no coproduit qu'après que le liquidi^ est arrivé A In pins liante courbure du siphon ipii sn trouve amorcé ; eu siphon est sou»;ul formé par un tube
Fi;. Ii7;).-t
iiieiicc par remplir d'eau le vase B jusqu'à l'orifire de D ; puis on verso de l'eau dans A ; cette eau s'écoule par L, comprimo l'air do (;, et, sous l'aclion de celle pression transmise, le liquide de B est projeté par un troi.Mèmo liibe qui débouche au-dessus do la cuvette; l'on obtient ainsi uu jet d'eau.
Héron avait adopté une disposiiion un peu différontp. La cuvette A l/iV/. 1 17 1) était remplacée par un onlonnoir. Les deux vases spliéri(|U0s n'existent pi us, mais à leur place sctnuivi'nt les d<Hix comparlimonts B et C d'un vase cylin(lrii|iu-; le tube ali remplace le tube D, et le tube rf ivmpla'-e E. Au début, l'on mettait un peu d'c .m dans l'enioniKiir, et alors, par suite do la pression, le liquide do B montait par In tube li dans le vase 0, qui le dévorsiiitsans tarirdnus l'entonnoirqui no s'emplissait pas.
Héron transformait son appareil on une lampe rampnaul toujours l'huile à la mèche. B et C sont deux com-
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parliments distincts ; le supérieur contient dt l'caii sur (nqiielle la pression atmosphérique s'exerce par l'orifice O ; il communique avec le compartiment C par le robinet H; l'écoulement de l'eau chasse l'air qui, par le tube E, exerce sa pression sur l'huile contenue dans A. Le réservoir A est d'ailleurs clos de toutes parts, de sorte que l'huile est obligée de monter dan^ la mèche par le tube FF . La lampe hydrostatique de Girard est l'ondée sur le même principe (voyez Lampes'.
C'est avec un appareil construit sur les mômes principes qu'on cp&re l'épuisement des eaux des galeries d'une mine de sulfure de plomb, à Schemnitz en Hongrie.
Les eaux à expulser peuvent être amenées par le robinet /' dans un récipient placé au-dessous de leur niveau. D'un autre côté, une source A située à la surface du sol amène par le tube t ses eaux dans le réservoir B, d'où le tube i' peut amenerl'airdans le récipient. Au début, les robinets /'et e étant ouverts et b fermé, le récipient inférieur se remplit d'eau, l'air s'échappant parc. On ferme/ et e , on ouvre h et a, l'écoulement se produit de A en B, l'air comprimé s'échappe par l\ et fait monter parT l'eau
Ki;. ins.-lampcdeHêi
Vi-^. inc— Macluiie .lo Sdiuniiiili.
dont on veut se débarrasser. On recommence ainsi successivement la mémo opération, en ayant soin à chaque fois de vider B, ce qui se fait en fermant b et a, et ouvrant c et (l. U. G.
Fo^TAl^E Fii.TnANTiî. — Voyez Fii,ïn\TiON.
FON l'ANI'.LLE (Anatomie). — On désigne sous ce nom les espaces membraneux qui existent chez le fœtus et les trcs-jimnes cnl'.iiitsaHX régionsdu crâne où se rencontreront les anijles des os, lnrsc|uo leur ossification sera complète. Les fontanelles résultent de ce (|ue l'ossillcation de ces os se faisant du centre i la circoriférenco par une progression régulière, les points les plus éloignés, qui sont les angles, sont atteints les derniers par l'encroùlement osseux ; pondant ce temps, ces intervalles sont complétés senlement par l'adosseiuent du péricnlno et da lu dure-mère. Ce nom vient probablement de ce que ces régions paraissent plus humides que les autres partics du crâne. Celui de Fonfi imlsnlilis des Latins leur .1 été donné, parce que l'absence des parois osseuses permet d'y sentir les mouvements d'élévation et d'abaissement du cerveau. Ou compte six fontanelles, deux en h lUi, »;iv"ir : une i la réunion du coronal et des angles
antérieurs supérieurs des pariétaux; c'est la plus importante et la plus connue du vulgaire, qui a soin d'éviter, et avec raison, toute compression sur cette partie; la deuxième à la réunion des angles postérieurs inférieurs des pariétaux avec l'occipital. Il y en a deux autres de chaque côté, la première située entre le pariétal, l'occipital et le temporal, au-dessus de l'apophyse mastoide; et la seconde à la réunion du pariétal, du coronal et du sphénoïde dans la fosse temporale.
FONTE (Affinage de la), CoNVEnsioN de la fonte en rcn (Chimie, Métallurgie). — Cette opération estdivisêeen deux, la partie chimique et la p.irtie mécanique. La partie chimique, qui prend plus particulièrement le nom A' affinage, a pour but d'enlever à la fonte son carbone et qvielques autres substances étrangères, de manière à obtenir du fer; comme on opère toujours sur la fonte en fusion, le fer ne s'obtient qu'à l'état d'épongé dont il faut rapprocher les parties pour les souder: c'est le cinylarje. Le fer ne se livrant au commerce qu'A l'état de barres régulières, il fauten outre un étirage. On le fait soit au marteau, soit avec des cylindres; il prend alors le nom de laminage. Pour la partie chimique, on a deux méthodes différentes, la méthode allemande ou comtoise et la méthode anglaise. L'affinage allemand ou au bas foyer, très-ancien, s'est modifié en passant d'un pays dans un antre, desorte qu'on peut compter quinze à vingt procédés ditTérents; il se fait au contact du combustible, qui est le charbon de bois; l'affinage anglais, d'invention récente, se fait au contact de la llarame, dans des fours :\ réverbère qui preiment le nom de fours à pudiUer, quelquefois pudclting^et l'opération se nomme fuddlage.
Dans l'affiuiige allemand, l'étirage se fait au marteau; dans l'affinage anglais, avec des cylindres; depuis quelque temps on emploie un procédé mixte, qui emprunte à chacun une partie de ses opérations; l'étirage au cylindre est beaucoup plus rapide ; l'affinage allemand, consommant beaucoup plus de combustible et particulièrement du charbon de bois, doit nécessairement disparaître dans un temps plus ou moins rapproché.
Fontes d'affinage. — Les fontes grises produites à une plus haute température que les fontes blanches (voyez Fer) sont généralement plus impures; elles contiennent plus de silicium ; de plus, les fontes blanches passant par l'état pâteux, le carbone qu'elles contiennent est combiné et, par suite, très-divisé; l'oxydation est plus facile. On peut donc dire qu'en général les fontes blanches sont plus propres à l'affinage que les fontes grises. Mais si les minerais sont très-impurs, s'ils contiennent du phosphore, du soufre, il est possible que l'oxydation du carbone allant trop vite, les autres substances n'aient plus le temps de s'oxyder; il faut alors produire des fontes grises ou tout au moins truitées. Enfin, on n'est pas toujours maître de produire la fonte qu'on vent au haut fourneau; on doit alors blanchir les fontes grises au moment de la coulée. On a remarqué que lorsque la fonte est refroidie brusquement, le carbone combiné à la fonte n'a pas lo temps de se séparer, et la fonte reste blanche. On peut opérer ce refroidissement on jetant de l'eau à la suri^ace, et enlevant la fonte par plaques minces. Pour les hauts fourneaux au coke, on préfère couler la fonte dans des moules métalliques dont on refroidit quelquelbis le dessous par un couranttd'cau. En recouvrant les moules d'un lait de chaux, on évite l'adhérence et on expulse un peu de soufre; un peu avant que la fonte ne soit ligée, on jette de l'eau à la surface; le dégagetjient de gaz qui se produit rend la fonte caverneuse, et il se dégage de l'hydrogène sulfuré. On blanchit aussi la fonte par une opération spéciale, le mazéagc ; on l'employait surtout pour l'alTmago anglais ; il est maintenant à pou près abandonné partout.
Affinage allemand. — Une forge allemande comprend des bas foyers, des marteaux et une machine souillante; autant (|ue possible, il faut éviter l'emploi des soufllets i\ cause de \c»v faible rendement. La force motrice, ou général, est fournie par un cours d'eau.
Fogei: — Il est toujours adossé à un mur et se compose d'un vide prismatique do ()"',(;5 i\0"',S.i de longueur, de 0"',50 ;\ (1°',(I5 de largeur, et de 0"',:i5 à O", 10 de profondeur. Les cinq faces sont formées par l'assemblage de ciiiq plaques de fonte. Ces cinq |ilaqucs on laque':-, sont : la sole celle qui forme le fond du cicuset, le contrevent opposée il la tuyère, la ptaaiif/le W'arni du côlé du mur, la huire, ou rustine, taque île derrière, et le cliio ou laléro, taque de devant, percée de deux trous pour l'écoulement des scories. I.a plaque de fond se pose toujours la dernière et doit étreiudéiK'ndantc, car elle se change au moins
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tous les huit jours. La figure 1177 montre la position de la tufière ( et la section ab delà forge ou du foyer. Celuici est sunnouté d'une hotte pour le dégagement des gaz. Ce qu'on appelle ordinairement la profondeur d'un tel foyer
Fig im — AWiuge allemand c
est la distance du fond au point d'appui de la tuyère-, elle varie de 0'^,\C< àO^iaS; selon qu'on veut faire agir plus ou moins aciivement l'air sur la fonte, et selon la qualité des fers qu'on vont obtenir. Quand on a de mauvaises fontes , qu'on cherche seulement à obtenir rapidement le fer sans tenir à la qualité, on diminue la profondeur; ainsi en Bourgogne, où les fontes sont phosphoreuses, elle n'est que deO",lG à O",!?, et l'inclinaison de la tuytre est de 2° 5, tandis que pour les fontes grises au bois de bonne qualité, on donne O^ilS à 0"',20, et une inclinaison de i" à 7°; pour les fontes truitées au coke, i)'",'ii à 0"','J3, et IG° à 11°.
Pour les fontes grises au coke, on arrive à 0"',28, et des inclinaisons de 1)", 10" et mémo 15°. La tuyère avance dans le foyer de «"lOC à 0"',10.
Quant aux marteau.x, on se sert surtout du marteau i ioulèvenii'iit et du marteau i queue. Le marteau à sou-
Fig. 1 17B. — Uurlaau & loulivaiiicul.
Itvcmcnt 80 compose essentiellement d'un arbre on bom suspendu h une de ses cxtrémiié.'t A un axe auloiir duquel il peut tourner, et portant .'l l'autre le marlcau proi)reweiil dit qui fraj)pe uur l'enclume. Il est soulevé soit par
le côté, soit par son extrémité, mais alors l'enclume n'est plus aussi libre. L'arbre soulevé vient s'appuyer sur une seconde pièce de bois, nommée rabat, qui, à cause de son élasticité, le renvoie avec plus de force. Le marteau pèse environ '200 kilogrammes et a une levée de u",70 à 0«',80 ; il frappe 80 à 120 coups par minute. Plus la tête ou panne du marteau est étroite, plus chaque coup produit d'effet; mais les ouvriers doivent aussi être plus exercés ; les pannes étroites en fer forgé ont de 0",08 à 0",12 de largeur.
Le marteau à queue se compose aussi d'un arbre tournant autour d'un axe, portant la tcte à une de ses extrémités, et le moteur agit sur l'autre ; la panne peut n'avoir que 0",04 à 0",08; ils frappent jusqu'à 500 i GOO coups par minute. En général, ils pèsent moins de 200 kilogrammes. On peut aussi se servir du marteau pilon.
Opération de l'affinage. — - Elle comprend la fusion, le soidcvement qu'on peut diviser en deux, et l'aualuge ou formation de la loupe.
On commence par rejeter dans le foyer le charbon incandescent, qui reste ; on remplit de charbon frais jusqu'à 0", 12 ouO°',t5 au-dessus de la tuyère ; au-dessus on avance les gueuses de fonte de manière à foudre; on les place, autant que possible, fort près de la zone oii il se produit de l'acide carbonique, tout en évitant d'y pénétrer. Pendant la fusion, on réchauffe dans le foyer les lopins de l'opération précédente et on les étire. On charge dans le foyer des battitures et des scories riches en fer, qui fondent rapidement; les gouttelettes de fonte traversant la zone oxydaute,s'oxydent en partie ; l'action se porte surtout sur le fer et le carbone qui sont les corps prédominants; le silicium qui s'oxyde forme avec l'oxyde de fer des silicates très-b.asiques, dont l'action se combine i\ ce celle des scories basiques ; ces dernières réagissent sui Ils matières fondues; le c;irbone de la fonte réduit 1 oxyde de fer et s'oxyde; une partie de l'oxygène se porte SUI le silicium, le soufre, le phosphore; on fait écouler uiu p.u-tie des scories formées; l'ouverture étant percée i (i",10 environ au-dessus du fond, il reste toujours une couche au-dessus de la fonte qui la préserve d'une action trop oxydante; l'ouvrier avec son ringard reconnaît par le toucher l'état des matières; si la fonte est encore fluide, l'épuration n'est pas terminée, on n'a pas mis assez de scories; mais il ne faut pas que l'opération marche trop vite, car les corps étrangers, comme lesoufre, le phosphore, le silicium, n'auraient p.as le temps de s'oxyder; pourbien marclier, il faut arriver à l'état pâteux après nu temps, du reste, très-variable avec le foyer et la fonte.
11 reste alors très-peu de substances étrangères dans la fonte. Quand elle est assez consistante, on procède au soulèvement. On enlève la fonte figée et on la place dans le haut du foyer; on remet du charbon frais et on fond une seconde Ibis on accélérant plus ou moins, selon le degré d'avancement de l'épuration. Il se produit une 1 éaction analogue à la précédente , et la décarburation se complète; l'ouvrier remue le tout pour arriver i l'homogénéité et souder; puis il procède A la formation de la /oi(/)e. En réunissant en une boule unique, les particules ferreuses, on élève la température pour bien souder; puis la loupe enlevée avec une tenaille est portée au marteau, divisée en partics, lopinsou massianx, auxquels on donne la forme de parallélipipèdes. On les reporte dans le foyer et on les étire eu barres. Quand on a lies cylindres lamineurs, la loupe est .souvent passée et trausforméo en barre d'une seule pièce.
Selon les Usines, l'opération dnrede 10 uiinutes à S heures; liichargc en l'nnte est de :|.' à lyo kilogrammes ; le déclietà pou près constant est de n p. 100; lo charbon consommé varie de 140 à 200 kilogrammes p. 100 kilogr. On utilise maintenant les gai du foyer .'i cliaulfor la fonte et à produire de lu vapeur pour l'usiiu'.
On Voit que, dans cette niélhode, l'air et les scories
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.isisseiit pour oxyder les uiatièros étrangères, l'air oxydant surtout les corps dominants, fer et carbone, les scories agissant pniiroxyder les autres corps; si l'on emploie un foyer plus profond, qu'on diminue l'action de l'air, qii'on ajoute beaucoup de scories, on pourra oxyder les substances étrangères, tout en laissant une notable proportion de carbone combiné avec le fer ; ce sera (le l'acier. Il faut toujours, quand on veut en obtenir, ^■mployer des fontes de choix, autant que possible nian- '-■anésifères, qui seules donnent des aciers de bonne qualité ; enfin employer des laitiers très-épurants, moyennement décarbnrants et très-fusibles.
Méthode nnglaisp.. — Elle comprend trois parties correspondantes aux opérations de la méthode allemande, un mazéage ou finage (fusion allemande), puddlage (affinage), enfin le réchauffage ou corroyage. Depuis quelques années, on a supprimé le mazéage. Les appareils dont on se sert sont : four i puddier, four à réchauflfer, marteaux divers, cylindres lamineurs et cisailles. La vapeur, '•n général, fournit toute la force motrice; elle est produite par les gaz sortant des fours.
Four à pvddler. — Avec le mazéage, on emploie un four à réverbère ordinaire, le mazéage en effet correspondant à la fusion allemande, avec cette seule diflerenre qu'on opère sur des charges beaucoup plus fortes, pu-
Fi?. ino. — Foiirl piiddlor.
rifie déjà la fonte ; le silicium est oxydé; on peut donc, au réverbère, empêcher les scories de ronger trop fortement les parois eu ajoutant des battitures et scories convenables. C'est le puddUage sec ; par opposition le pnddiago des fontes no n m.azées se nomme puddlage gma, et le four, fuiir linnilliint. La sole D a ;\ peu près :; mètres carrés de surface, et est entourée de parois en fonte'séparécs des briques réfractnires, de manière qu'elles puissent être refroidies par un courant d'air, quelquefois un courant d'eau. Elle est d'.aillcursforméed'uueplaquede fonte de 4 à 5 mètres d'épaisseur, sur laquelle on a placé S à C mètres do .«corics battitures, et, dans quelques usines, du minerai de fer .igglutiné. In sole est alors dite sole en rihlons. La grille A varie avec le combustible, ordinairement^ elle a un mètre carré. A la suite de la grande sole s'en trouve souvent une plus petite pour
chauffer la fonte de la charge suivante ; puis les gaz vont aux cliaudières ou A la cheminée G. Ce four a trois portes, une B pour charger le combustible, une E pour le travail, ime pour la petite sole; la clieminée est munie de registres afiji de régler !e tirage, à moins qu'une niûrne cheminée ne serve ponr plusieurs fours, ce quiestexceptiomiel. Ces fours sont garnis à l'extérieur de plaques métalliques et solidement armées.
Le four à réchauffer ordinaire est assez semblable à un four à puddier sans garniture de foule; la sole est formée de briques recouvertes de sable réfr.actaire; elle a une pente d'environ I p. 100 pour l'écoulement des scories; un trou de coulée est à l'extrémité ; la partie importante est la distance du pont au-dessus de la sole ; elle doit être telle que les flammes ne viennent pas sur le fer et l'oxyder. Les dimensions varient avec le fer à obtenir. Pour la tôle seule, on a des fours d'une forme particulière.
Puddlar/e. — Une charge terminée, l'ouvrier écoule les scories, charge la grille, pique le feu pour activer, et charge 180 à 200 kilogrammes de fonte en saumons chauffés dans la petite sole et ferme la porte. Après 20 ou 30 minutes, quelquefois avant, tout est fondu : l'ouvrier ferme le clapet de la cheminée, brise avec son ringard les fragments non fondus, cherche à mainteniila fonte pâteuse de manière à faciliter l'oxydation; le clapet lui permet de régler le tirage. Le fer est l'élément dominant; il a surtout absorbé l'oxygène ; le carbone de la foute réduit l'oxyde formé, et dunne de l'oxyde de carbone qui vient brûler i la surface ; le brassage facilite la réaction. L'ouvrier ajoute de temps en temps des battitures qui fournissent de l'oxygène; il les incorpore dans la masse; en même temps les corps étrangers absorbent de l'oxygène, le silicium donne des silicates, le'soufre et le phosphore s'oxydent, les scories augmentent et deviennent plus fluides ; l'ouvrier, s'il le juge à propos, en fait écouler une partie; la fin de l'opération est indiquée par un dégagement abotidant de gaz qui soulève la masse. C'est le bouillonnement; il ne se produit pas dans le puddlage sec. Le changement est irèsripido; la fonte fondue est un peu rou- L'Mire, les particules ferreuses apparai-sijnt avec un blanc éclatant; l'ou- \ fin- a de la peine à remuer les matières;
, il doit alors fermer la porte, charger là
• grilie, ouvrir le clapet pour chauffer fortement, en même temps éviter l'oxydation; 10 minutes après environ, il soude le fer et forme les loupes eu les pressant pour exprimer les scories et les roulant sur la sole pour recueillir les particules ferreuses. Il faut alors opérer rapidement pour éviter l'oxydation. On en fait 4 ou S. On donne un dernier coup de fen, et on les porte au marteau (voye;: Maiiteaiix de Fonr.E) en les traînant i l'aide de tenailles ou sur de petits chariots. Les loupes martelées sont portées aux cylindres puddleurs et transformées eu barres. Un four occupe constamment ' 2 ouvriers; on a un déchet moyen de
10 p. 1011, et on consomme environ 10(1 p. 100 de houille, selon la qualité. En 24 heures on produit 2.500 k :J0II0 kilogrammes de fer puddlé. Ces b;irrcs sont pesées et cisaillées à longueur convenable ; on en forme des p.iquets qu'on porte au four à réchauffer; quand le fer est au blanc soudant, on les porte aux cylindres marchands;' le carbone s'est oxydé, le silicium restant et un peu de fer; il faitt éviter d'avoir d;ins le fer de l'oxyde. On aurait ui! fer brûlé. Quand les paquets sont trop gros, des ouvriers doivent saisir les barres pour les repasser par-dessus les cylindres, car la barre entre toujours du luêmo côté; ,\ chaque passage on l.i retourne de IIO" puur détruire les bavures qui se produisent. Oti a ainsi le fer corroyé. Oti peut le cisailler do nouveau pour le ré( hauffcr une seconde fois, soit seul, soit eti le niélangi':\nt ilans les paquets avec du fer puddlé; on oblioni ;iinsi (li\erses qualités de fer. On a reconnu que le fer s'améliore jusqu'au troisième réchauffage.
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n.R déclietdu premier récliaiilTagc est de 7 à 10 p. 100 ;
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au 8Pcon<1, i i .1 p. 10". Quant il la consommation do
on consomme environ 2500 kilogrammes de houille pour produire 1000 k-ilogrammes de fer marcliand.
Un four à puddler ne travaille guère que 250 jours par an, et peut puddler 750 à 8il0 tonnes de fonte.
On distingue dans le commerce les fers forts, fers tendres et fers métis qui tiennent des deux ; les fers rouverains sont des fers sulfureux cassant A chaud.
Les (ers forts plient à froid et ne se rompent qu'après avoir été plies plusieurs fois à la mSme place ; ils présentent «ne cassure nerveuse, ce qui les a fait appeler fers à nerfs. Les fers tendres cassent par des chocs exercés à froid : leur cassure est grenue ; on les a nommés fers à grains. On produit maintenant ces fers d'une manière courante; ils sont dits fers à grains ou acie'reux. Si dans le puddlageon emploie une plus grande quantité de scories, de manière à augmenter l'action oxydante, qu'on travaille à une plus haute température, on aura de ces fers. Enfin, si on se sert des fours bouillants, à sole plus petite afin d'avoir une plus haute température, qu'on opère sans un bain de scories avec des fontes convenables, on aura de l'acier. C'est surtout pour ce puddlage que le bouillonnement est considérable ; la masse se boursoufle beaucoup, et levoKime peut devenirquatre ou cinq fois plus fort ; on doit à ce moment éviter toute action oxydante ; lors de la formation des loupes, opérer le plus rapidement possible et cingler immédiatement la loupe dès qu'elle est formée.
Cylindres lamineurs. — L'ensemble des cylindres qui finissent une barre forment un train Un train {fig. 1180) comprend ordinairement 2 paires de cylindres, quelquefois 4 et5 pour les petits cylindres. On distingue les cylindres dégrossisseurs et finisseurs. Les cylindres dégrossisseurs ébauchent la b.nrre. Les ent.iilles ou cannelures dans lesquelles la barre passe sont entaillées dans les deux ; elles sont ogivales et la lension va on décroissant; pour les cylindres finisseurs, les cannelures sont entaillées dans celui du dessous, et souvent le cylindre supérieur entre légèrement dans l'autre. Elles sont en général rectangulaires. On distingue le train puddleur qui lamine le fer puddié, et les trains marchands qui font le fer marchand ; on les divise en gros train, train moyen et petit train, ou gros mill, mill moyen et petit mill. Les petits milh ont souvent trois cylindres superposés; les cannelures sont entaillées dans le cjlindre du milieu; on leur donne la section que doit avoir le fer marchand à fabriquer. Elle va toujours en décroissant de la première à la dernière. Une barre ne passe jam.ais dans tontes les cannelures. La série dont on se sert dépend des dimensions du fera obtenir; les cylindres sont réuin's par des pièces nommées trèfles pour la communication du mouvement. Les trains piiddleurs font 40 tours par minute ; le gros train marchand, 50 à 60; le petit mill, de 250 à .300. Quant aux cisailles (^//. 1181), ellessontdes pins simples : un levii^r mobile autour d'un axe reçoit le mouvement de vaet-vient à une de ses extrémités, et :\ l'autre porte un tranchant en acier, qui vient passer auprès d'un autre tranchant en acier, que porte une pièce fixe. Ce tranchant n'est autre cliose qu'une petite barre à arête vive. Procédé Bœssemer. — Nous avons dit quelques mots, & l'article AciEn, de ce procédé qui, il y a quelques années, mit en grand émoi le monde industriel. La possibilité de produire à volonté et d'une façon vraiment trèsrapide de l'acier ou du fer donne ii cette méthode un intérêt particulier. Tous les progrès qu'elle comporte 4'ailleurs ne sont pas encore accomplis; l'homogénéité des matières obtenues laisse souvent à désirer, et dans l'état actuel do cette fabrication, elle réussit peut-être mieux pour l'acier que pour le fer. ()uoi qu'il en soit, le procédé Bœssemer n'est autre chose que l'allinago do la fonte sans combustible, sous la seule action d'un courant d'air dirigé sur la matière fondue. C'est une sorte de dévcloppouicnt de l'ancien procédé du mazéige, aujourd'hui assez généralement abandonné, comme il est dit pins haut, et qui av.ait pour effet la conversion de la fonio grise en fonte blanche ou fine nn'ldl, plus propre ;■» l'affinage. Nous donnons dans la (Iguro 1182 une section et un plan du four do mnzéage ou /iiicrie. La solo A est préparéo avCi; du sable et des scories reposant sur des briques réfr-ictaircs; les parois sont fores, sur trois côtés au moins, par des doubles plaques
ilouTirc" cilo o»t très-vorinblè; on doit compter an mnins j en m.Hal, entre losquollcs se trouve «le l'eau servant tl 500 kilogramme» pour lo premier récliauffago. liu tout, | rilrigéraiit. Lo vent fourni par la nwchiiic soufflautoest
FON
FON
lance par six tuyères /, /. Ces tuyères sont à doubleraroi, | lésulle de la combustion de ce dernier élément est eices- ' ' sivement élevée, car elle se concentre aans
„ — -r-r n l'oxyde de fer obtenu, au lieu de se dissiper
(: ' ' \ en partie par des produits gazeux, ainsi que
cela arrive pour le carbone. C'est li l'originalité véritable du procédé Bfcssenier, proci dé revendiqué d'ailleurs par Mortier, Nœsmits, Avril et autres industriels. A celte température excessivement élevée, une réaction rapide s'établit entre les produits oxydés et la fonte non encore altérée; cette dernière s'affine rapidement et on obtient du fer qui môme est parfaitement liquide et peut Être coulé et moulé à la manière de la foute.
Nous empruntons au Dictionnaire de chimie industrielle de MM. Barreswill et Girard la description et la figure de l'appareil dans lequel s'exécute le plus ordinairement le procédé Bœssemer. « Il se compose d'un petit cubilot </ ~^ cylindrique construit en matériaux les plus • réfractaires possible, de 1 mè're de hauteur ^4 sur 0",5S de diamètre intérieur; le dôme e peut être soulevé pour l'introduction de la (bute liqu de, et il porte lUie ouverture par laquelle s'échappent les étincelles. Le fond est «ni et incliné en avant vers l'ouverture i, p.ar laquelle on fait écouler après l'opération le fer liquide et les scories. Autour du cubilot se trouve un gros tuyau o, d'où partent des tuyaux en fer plus petits f, par lesquels l'air pénètre dans l'intérieur du cubilot i une petite distance dn fond et dans une direction un peu excentrique pour donner à la fonte liquide un mouvement de rot;ition très-rapide. On commence par remplir le cubilot de charbons allumés, dont on entretient la conibustion tiès-activc jusqu'à ce que les parois et tout l'intérieur aient .acquis une température très-élovée ; on neitoie bien exactement la sole, on ferme I'oq-
Fig. 118-2
de la tonte.
comme celles des hauts fourneaux (fig. 1183), et peuvent être constamment rafraîchies par un courant d'eau. La figure montre la manière dont l'eau coule des vases v dans le tube e, pour circuler dans le canal concentrique et delà, s'écouler par e dans le vase v. Sous l'action du couraut
d'air, la fonleentre en fusion, le silicium s'oxyde presque complètement pour donner naissance à de l'acide silicique (|ui se combine avec l'c.xyde de fer formé, pour faire du silicate de fer qui surn.ige la fonte en fusion. Ce silicate, ordinairement très-riche en fer, est attaqué par la fonte el Ic-mèmc. dont le carbone rédu it l'oxyde de fer en passant à l'élat d'oxyde de carbone. Il y a donc ainsi élimination du silicium et d'une paitic du carbone. Le creuset se remplit de fonte épurée et de scories qui surnagent. Lorsque l'ouvrier suppose la réaction teiininée, il ouvre le trou de coulée du creuset, et le métal coule dans une rigole plate, oià il se moule sous forme de phiques. On jette de l'eau à la surface, on enlève les scories (|ui ont fourni une couche vitreuse sur le fonte refroidie et l'on brise celle-ci en fragments qui doivent Cire soumis au puddlago.
C'cet ce puddlage que le procédé Dœssemer évite, en donnant à l'ensemble des opérations qui vieniipnt d'être décrites un degré de développement et d'ellicacité dont la flncrie n'était pas susceptihlc. Cette ellicacilé tient surtout à la haute température à laquelle on porte la fonte, température qui permit, qu.and on insnlllodo l'nir dant non inléiieur, de déterminer une combustion im- .•iv'diale des éléments combustibles do la foute (carbone, silicium) el ijarliculièrcinent du fer. La température qui
* ct^ , un lit:; luit; uit-ii cAu>^i*;iutciiv m ovji,^, w.i j^. ".v- . —
verture b et on verse 300 à 400 kilogrammes de foute
t\%. llBk. — Foir Bivj'omcr.
liquide dans l'intérieur. 11 faut donner le vent un peu avant ou au moment d'introduire la fiuite pour on;pèclier que lus ouvcrtuics c ne soient bouchées L,i
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pression de l'air insufflé doit tire telle, qu'elle puisse vaincre facilement la pression de la coloinie de fonte liquide 1/3, 2/i d'atmosplière). Au bout de deux minutes déjà la réaction devient apparente, la fonte se boursoufle considérablement , des gerbes d'étincelles s'écliappent violemment de l'ouverture supérieure et brûlent avec une flamme jaunâtre brillante. Peu à peu (au bout de dix minutes) elles prennent une teinte bleuâiro et le boursouflement diminue. Lorsque les étincelles et la flamme reprennent la teinte jaunâtre, l'opération est terminée. On débouche h et on laisse écouler le fer fondu qui est d'un rouge blanc des plus éclatants et parfaitement fluide. » L'inconvénient capital du procédé Bœssemer est de n'éliminer que trcsimparfaitement le soufre et le phospliore, et de donner ainsi des fers souillés de ces deux éléments si fâcheux pour sa qualité. En outre, la séparation du fer et des scories se faisant mal, on a souvent des produits manquant d'homogénéité. Mais si l'on a à traiter des fontes aciéreuses renfermant trts-peu de soufre et de phosphore, le procédé devient excellent, et il peut être surtout appliqué à la production de l'acier d'ime façon tout A fait avantageuse. Nous n'entrerons pas dans le détail de la descriplion des appareils fort analogues i celui qui vient d'être décrit; il suffit de dire que l'injection de l'air doit être arrêtée lorsque le silicium de la fonte est éliminé et que le carbone est amené i la proportion qui correspond à la nature chimique de l'acier. M — t.
FOMICULE (Médecine), du latin fonficulm, petite fontaine. — Ce mot peu usité est à peu près synonyme du pciit ulcère artificiel, nommé cautère.
FONTl.'VALE (Botanique), Fonlimlis, Lin.; du génitif laiin /bntis, fontaine, .*i cause de l'habitat de la plante. — Genre de plantes Cri/plogames acroyènes, de la famille des Moussi-s, tribu des Bryacées, et rangées par M. Montagne dans son ordre des Plettrocarpées, tribu des Fontinalécs. Caractères : urne latérale, presque scssile, oblougue, à peu près cachée dans le périchélion ou petite rosette de feuilles; péristome double, l'extérieur i 16 dents élargies, l'intérieur à lU cils en réseau ; coiffe campaniforme. Les fontinales habitent les eaux courantes, et leurs tiges premient alors un allongement assez considérable. L'espèce la plus commune est la /■'. incomhustihle [F. tmlipyrelica. Lin.). Ses feuilles sont lancéolées, amplexicaules, aiguës, disposées sur 3 rangs. Cette plante, qui atteint souvent 0"',50, e-t .abondante dans les eaux courantes des environs de Paris. On trouve , rarement ses fruclificalions. Son nom spécifique lui vient de ce que l'on avait cru que le feu ne pouvait la détruire. Elle brûle lentement, il est vrai, à cause de l'humidité qu'elle relient; aussi, en Laponie, au rapport de Linnée, l'cmployaiton pour préserver les cheminées du feu. G — s.
FONTIS (Géologie). — On appelle .ainsi certains éboulemenls qui «e font dans les carrières. Voici comment Al. IJrongniart explique la formation des fontis. « Les carrières souterraines offrent toujours des cavités considérables. Le toit de ces cavités étant souvent très-solide n'est ordinairement soutenu que par un petit nouibre de piliers. Mais, au bout de quelques années, des parties de ce toit se détachent par l'influence de l'infiltration des eaux pluviales. Il se forme dans le milieu du toit de ces vastes cavités des espèces de cônes, que les carriers nomment cloches; leur sommet se rapproche d'autant plus vile de lasuifacc de la terre, qu'il atteint plus promptcmcnt des matières friables. Ces m:itièrcs finissent par s'écrouler dans l'intérieur de la carrière; la surface extérieure de la terre s'enfonce et présente une sorte d'entoniiolr profond, que l'on nomme pmlix. »
Autrefois ces fontis étaient fréquents dans les nombreuse » carrières anciennement exploitées, qui existent sous la partie méridionale de Paris; aujourd'hui ils sont exirCmcmcnt rnn s depuis que l'ailminislration a pris des mesures sévèrement cxécuiéen pimrob\ier A ces accidents. Ces mosuri's consistent dans la construction de murs qui prolougentjus'iuc sur le sol de la cairière les fotideiiients de tous le.s édifices; de plus, on a soiileiui par des piliers toutes les étendues do toit trop considérablen.
FOItAMINfiS (Zoologie). — Dans la classificalion zoologique de Lamarck (llisinire des imniiiiux siiiis vertelires, Lamarck, 1810), le» polypes i polypier forment le troisième ordre ditisé en sept i>eclioni<, dont la quatrième porte le nom do l'oli/liiers fortiminéi. Un nouvelle» éludes ont fait répartir les espèces qui lu composaient dans des
groupes très-différents, et l'on a même reconnu que plusieurs appartenaient au règne végétal; tel est le genre des Nullipores de Lamarck, que les travaux récents de M. le professeur Decaisne ont fait classer parmi les Algues calciféres.
FORAMINIFÈRES (Zoologie), du latin foramen, trou, et fera, je porte, à cause des pores nombreux de la coquille donnant passage aux lilanients qui servent à la reptation. — Ce nom a été donné, en 1826, par M. Aie. d'Orbigny, à de petits animaux protégés par une coquille et infiniment multipliés sur les plages maritimes; leur rôle dans la création dépasse tout ce qu'on peut imaginer, o Qui ne s'effraierait, dit Aie. d'Orbigny, en songeant que le sable de tout le littoral des mers est tellement rempli de ces coquilles microscopiques, si élégantes de forme, que l'on peut dire qu'il en est souvent à nioilié composé? Plancus en a compté 6000dans une once (301^', 5'J) de sable de l'Adriatique, et nous en avons trouvé jusqu'à 4S00U0 par 3 grammes de sable choisi aux Antilles L'étude que nous avons faite du sable de toutes
les parties du monde nous a démontré que leurs restes forment, en grande partie, les bancs qui gênent la navigation, viennent obstruer les golfes et les détroits, combler les ports (nous en avons la preuve dans celui d'Alexandrie), et forment, avec les coraux, ces îles qui surgissent tous les jours au sein des régions chaudes du grand Océan. Si l'on juge du rôle actuel des foraminifères par ce qu'on voit dans les couches de l'écorce de la terre, on se convaincra de ceque nous venons d'avancer pour les espèces vivantes. Il nous sera facile de démontrer par des faits qu'ils entrent pour beaucoup dans la composition de couches entières. A l'époque des terrains carbonifères, une seule espèce du genre Fusu/iiia a formé, en Russie, des bancs énormes de calcaire. Les terrains crétacés en montrent une immense quantité dans la craie blanche, depuis la Champagne jusqu'en Angleterre. Les terrains tertiaires plus que tous les .autres viendront nous en donner la preuve évidente, témoin les Nummiilites, dont est bâtie la plus grande des pyraïuides d'Egypte [Descript. de l'Egypte; Hist. mit., t. Il ), le nombre prodigieux des foraminifères des bassins tertiaires de la Gironde, de l'Autriche, de l'Italie et surtout les calcaires grossiers du v.aste bassin p.arisien. Ces couches, dans certaines parties, en sont lellement pétries, qu'un pouce cube (0"':,00n,0ia,3S6) de la pierre des carrières de Gentilly nous en a offert plus de 58 000, et cela dans des couches d'une grande puissance, résultat qui fait supposer par mètre cube à peu près 3 milliards et nous dispense de pousser plus loin les calculs. On peut donc en conclure sans ex.agération que la capitale de la France est presque bâtie avec des foraminifères, ainsi que les villes et villages de quelques-uns des départements qui l'aioisinent. Ainsi ces coquilles, à peine saisissables à la vue simple, changent aujourd'hui la profondeur des eaux de la mer et ont, aux diver.scsépoques géologiques, comblé des bas-ins d'une étendue considérable « (Dict. univ. d'hist. nat., t. V, p. 66?).
C'est vers le milieu du xvm" siècle que sont pour la première fois sign,alés, parmi les curiosités merveilleuses révélées p.ir le microscope, ces petits êtres si étonnamment répandus autour de nous. La forme de leurs coquilles engiigea Linné à les rapprocher des Ammonites et des Nautiles, cl ils furent, jusqu'en IS35, rangés par tous les naturalistes parmi les Mollusques céphidopoàes. Des observations de F. Dujardin, d'Alc d'Orbigny et de quelques autres firent enfin connaître l'extrême simplicité d'organisation de ces petits êtres; ils furent dès lors classés parmi les /oop/a/tes ou atiimaux Hayonnes, à côté des Animalcules iiifusoires. Les uns considèrent maintenant les foraminifères comme formant une classe p.articulière; c'est l'opinion d'Alc. d'Orbigny; les autres eu font un ordre de la classe des liifusoii es. Qimnu'W en soit, les foraminifères sont généralementdcs animaux microscopiques dont le coriw est tantôt une masse charnue globuleuse, tantôt composé de lobes ou segments juxtaposés et dont chaciMi ressemble au globule unique qui constitue tout le corps chez les premiers. Ce corps, quelle que soit su lornw, est d'imc seule et même subst.ance, sans qu'on y ait pu distinguer jusqu'ici d'organe ultérieur ; il porte des filauu'nts contractiles très-exiensihles, très variés de forme suivant les espèces et placés d'une manière non moins variée. C'est au moyen de ces lilanients (pie ces petits Êtres, s'attuchant aux corps flxcs, nltircni leur propre corps et parviennenl A progresser. Enfin, tout cet animal, si singulièrenient simple, est recouvert d'une coquille qui reproduit sa forme simple ou
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sfgmeiitéc et se compose d'un tissu calcaire tantôt compacte, tantôt poreux, tantôt d'aspect vitré. Les espcces connues de ce groupe, tant vivantes que fossiles, dépas- , sont le nombre de 1 GOO ; Aie. d'Orbigny les a cl.issées, d'après la composition de leur corps ou le mode de grou pement des segments qu'il peut offrir, eu sept ordres :
1" ordre. Monostrgucs : animal formé d'un seul segment, coquille d'une seule loge. Nos mers actuelles renferment de nombreuses espèces des genres Gromie, Orbu/ine, Ooline.D autres espèces formant d'autres genres se trouvent .'i l'état fossile dans les terrains tertiaires et jurassiques.
c ,, - n 1 „i — 2' ordre. Cyclostèques : animal umveistiiB. compose de segments nombreux
groupés sur des lignes circulaires.
rrif|uille discoîdale. Le genre Orbiiolite représente seul ci'lte division parmi les espèces vivantes ; les autres sont des genres perdus que l'on a retrouvés dans les terrains
crétacés et tertiaires (voyez la figure 118G, VOrbilov/e iiioyciine).
3'' ordre. Stichostégues : animal composé de segments placés sur une seule ligne, coquille formée de loges sulurposées bout à bout. Les genres do cet ordre sont tous ] ipiésentés dans les mers actuelles et le plus souvent par dr nombreuses espèces; cependant i l'état fossile on commence à rencontrer des espèces de ce groupe dans le terrain de lias, et elles se continuent à travers les
couches snccessivemcnt pins récentes jusqu'aux formalions de l'époque présente (voyez la figure 1187, Frondiculaire niinulairc).
4« ordre. IIHico'itègues : animal composé de segments enroulés en sjjirale, logos do la coquille formant une sorte
1188. — nubiilir
d'hélico autour d'un nxe. Cet o.dre e4 lo pins riche en espèces. Aie. d'Orbigny le partage eu deux familles : Mes
Niiutiloïdees, où il range une vingtaine de genres, les uns perdus, d'autres représentés encore dans les mers actuelles, d'autres appartenant exlusivement à ces mers.
11S9. — Fuiulina cjIinJrK
On peut citer les genres Hobuline (fig. 1188), Fusuline {fi;/. 1 189). Numnm/ite (fig. 1 I90i.— 2" Les Turbinoïdées, dont les diverses espèces, se rapportant A quinze ou seize
Mêfiiiiii''
Fis. 1190. — NiimmuUle nummulaire.
genres, appartiennent aussi à toutes les époques, depuis et y compris les terrains carbonifères {/î^. 1191, C/iri/sahdine graduée).
h' ordre. E)itomoslègues : Amma\ composé de segments alternes formant une spirale; coquille etroulée. On en com-.ait quelques genres k espèces vivantes et fossiles des étages crétacés et tertiaii'es.
C ordre. Enullusiègues : Animal composé de segments
Fij. 119:
assemblés par alternance, sans former do spirale; coi|uille ;'i loges alternes, rangées sur deux ou trois axes distincts, sans disimsition en spirale. Ici encore, les genres assez nombreux sont distribués dans deux familles : l» les l'ohjrnorpliinidiies , qui vivctit pour la plupart dans
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nos mers actuelles; 2» les TextularidéeSy qui peuplent .mssi principalement nos mers {voyez la figure 1102, lexfiilnire deMeyr). Les plus anciennes espèces fossiles lie cet ordre sont de l'époque crétacée.
7' ordre. Agatltislrgues : Animal formé de segments pelotonnés autour d'un axe et déterminant un arrangement analogue dans les loges de la coquille dont le test 'St lisse et compacte. Les genres de ce dernier ordre forment aussi deux familles: I» les Milio/idées, qui sont de l'époque actuelle ou des terrains tertiaires parisiens; :i° les Miillikiciiiiilées répandues surtout dans nos mers actuelles, et dont les espèces fossiles appartiennent aux époques crétacées et tertiaires.
Ouvrages à consulter : Aie. d'Orbigny, Foraminif. de la craie blanche. Ment, de la soc. de géo/., t. IV; — Foram. des Antilles; —Foram.de Vienne; — Cours èle'm - de pnlrojitolnqie.
F0RB1CIM-: (Zoologie). — Voyez Lépisme.
FOP.CE (Mécanique;. — D'une manière générale, on appelle force toute cause qui tend à modilier l'état d'un corps sous quelque aspect qu'on l'envisage. A ce point de vue, les forces de lanature se divisent en autant de classes qu'il existe de classes de phénomènes disii.icts. Lcsdeux grandes divisions des sciences physiques (physique, histoire naturelle) correspondraient ainsi à deux grands groupes de forces : les forces vitales qui embrasseraient Tous les actes de la vie organique desanimaux et des plantes; les /"orrevp/i.'/s'Vî/r's comprendraient toutce quiesteu dehors de cetie première classe, c'est-à-dire les phénomènes de la nature //)!//c ou »ior(e. Un grand nombre d'entre elles ont reçu des dénominations spéciales qui les font sortir du cadre de cet article, et nous réservons plus spécialement le nom de force, au point de vue purement mécanique, à toute cause qui tend à modifier l'état de repos ou de mouvement d'un corps. Dans cette acception restreinte, les forces sont encore très nombreuses et se divisent en forces d'attraction ou de pesanteur, forces moléculaires, forces électriques et magnétiques, forces calorifiques (dues à la chaleur), forces musculaires, etc. (voyez Attraction hmversei.le, Pesanteir, Afkimté, ConÉsiON, Cmai.eur, Électricité, Macnétisme).
Les forces ne produisent pas toujours le mouvement; des résistances peuvent neutraliser leur action. Dans ce cas, elles donnent lieu à une pression ou à une tem'on Une pierre presie le sol qui la supporte ou tend le hl auquel elle est suspendue. Toute pression ou tension donne lieu à une rém-tton égale et contr.Vire dans le corps pressé ou tendu. Le sol pousse la pierre, et le fil la tire de bas en haut ex.ictement comme ils en sont poussés ou tirés de haut en lias. Quelle que soit une force qui produit une pression ou une tension, il existe toujours un poids capable de donner lieu à un même effet ; on peut donc comparer mécaniquement les forces à des poids qui leur servent de mesure. C'est ainsi qu'un cheval de roulier, qui travaille six jours par semaine et fait environ 28 kilomètres par jour, exerce une force de traction moyenne de .'iO kilogrammes et que refforl maximum qu'il puisse produire en tirant s'élève, en général, i 400 kilogrammes. I,'évaluation des forces en kilogrammes s'elToctuc ordinairement au moyen des dynamomètres (voyez ce mot) ; elle peut se faire également, suivant les cas, au moyen delà balance ou de toute autre manière. La direction que prendrait un point matériel, si, pai tant du repos, il cédait à l'action d'une force sans qu'aucune résistance ou autre force vienne en gêner l'action, est ce qucl'oii appelle f/i;e.(iondecetteforco. Uncorpsqne 1 ou tient à la main et qu'on abandonne à lui-même sans lui donner d'impulsion, au milieu d'un air calme, tombe eu parcourant une ligne droite verticale ; la verticale sera donc la din^clion de la pesanteur. Les corps sonttrte-loin de suivre toujours la direction des forces qui agissent sur eux, parce que le plus souvent chaque corps est soumis & l'action dr plusieurs forces simultanées qui s'influencent niuluellemiMil. Lorsque les forces ré.agissent ainsi le» une» sur les autres, de telle façon que le corps se trouve, quant 4 son mouvement, dans le même étal nue s'il n'éiait soumis k aucune f^rce, on dit que ces forces se font t/f/uililtrc (voyez, cr ni(,l). 'Ici est, p;ir exemph', le cas d'un corps qui appuii' sur le sol : son poids est équilibré par la résistivnce de son support.
Kn dehors d. s conditions d'équilibre, lorsque plusieurs forc'-s aei^s<■nl sur un même corps, coiiiiiie, par exemple, lorsfiue pliisIcuiH chevaux tirent sur une même voiture, on peut ordinairement imaginer une force qui, 4 elle ««•ule. produirait le même effet que lonles lc< autres réunie» ; cette force est appelé* rduUanle, !(!« forces elles-
mêmes sont appelées comjiosantes. Inversement, quand une force unique agit sur un corps, on peut imaginer aut.int de forces qu'on voudra, qui, réunies, produiraient le même efi'et que la force primitive. Les riNgles à suivre dans ces substitutions sont les suivantes :
1» Deux forces agissant simultanément sur un même point O {fig. 1193) ont une résultante représentée en grandeur et en direction p.ar la diagonale OC du parallélogramme, dont les côtés OA, OB, représentent en grandeur et en direction les deux forces. Dans le cas particulier où ces deux forces agiraient suivant une même ligne, dans une même direction ou dans deux directions opposées, leur résultante aurait la même direction ellemême et serait égale à leur somme ou i leur différence.
2° Si le nombre des forces concourantes était supérieur à deux, on choisirait deux quelconques de ces forces F eiF' (fig. 119-i),oneuconslruiraitlarésultante OR comme
Parillélogrammu des t.
précédemment, puis, substituant cette résultante OR à ses doux composantes, on diminuerait aiusid'un le nombredes forces données. En renouvelant cette opération partielle jusqu'à ce qu'on ait épuisé toutes les forces, on arriverait fin.'ilement à la résultante cherchée. Dans le cas particulier où tontes ces forces agiraient suivant une même ligne, leur résultante serait égale à la somme de toutes les forces agissant dans un sens diminué de la somme de celles qui agiraient dans un sens opposé.
3" Lorsque deux forces P et Q ifig. 11U5^ de directions parallèles et de même sens agissent en deux points difl'érentsAetBd'unmême
corps, elles ont encore [^
une résultante. Cette *\ ' '"
résultante est ellemême de direction parallèle aux premières et de même sens ; elle est, de plus, égale à leur somme et passe entre elles, en uu point O tel que le pro
. CompoMlum des forces |l.i
iiomiuiei que le H'" .. ,., ,■ . „i
(luit de chacune des forces multipliées par sa distance à la résultante soit égal au produit de 1 autre multipliée par sa distance à la même résultante.
.',<• Loi-squc deux forces semblables aux précédentes ont au contraire, des directions opposées, leur résult.ante est é-ale à leur dilïérence; elle est située en dehors des deuxl-orccs du côté de la plus grande, dont elle conserve la direction, et dans une position telle que es produits des deux forces p.ar leur distance à leur résultante soient é'-aux entre eux. Si les deux forces étaient égales, il n y :u,rait pas de résultante possible; on aurait un couple dont l'elfet est de produire un mouvement de rotation sans translation du corps dans lespace (vov^e/. «otation)
S» Lorsque le nombre des forces parallèles dépasse deux, on procède successivement à leur composition comme pour les forces concourantes. j , ,„.
(;■> Dans le cas où un nombre quelconque dQ forces nEisseni dans des directions quelconques, en divers points d'un même corps, le problème est plus complexe; mais comme, dans la pratique, ce corps esttonjot.rs assujetti A tourner autour d'un ou de plusieurs de ses points, il en résulte des simplifications qui nous font renvoyer, pour Pe^amen de ce cas, aux machines simples dan» lesquelles il peut se présenter (voyez Lkvieb, l'iiEiiii., etc.).
Tmiios les fois que la résullanle de plusieurs forces
,,ue par un couple é.,uivalentet de se.is «^«""■''^'■•^V»"<î cette rébullaulo n'est pas pas nulle, une force égale et
FOR
FOR
directement contraire à la résultante ^ ""t^.^^^^^^.^g-fjP^g santés produit l'équilibre, parce nry*^ ^fZ , brêe sur leur résultante. Quand une force n es Pf j.^"''f;/^^fj;^ un corps, elle le met en mouvement et » ''fPl'^i^n^ force motnce, nom que Ton donne aussi f '^ /"«^^.^."^ 'entretient dans une machme le mouvement que lesresis tances arrêteraient plus ou mo'"^, rapidement. La lorce est encore dite accélératrice quand elle ''.f ^l'iT*; >™ vement.et retardatnce quand elle P-'od^^itl effet oppose. La pesanteur est accélératrice pour les corps qui tombent, retardatrice pour ceux qui montent.
Il existe entre les forces, les corps sur lesquels elles agissent et les mouvements qu'elles produisent en eux dts relations importantes à connaître. Elles sont tirées dune manière plus ou moins directe de l'expérience, mais toujours en accord parfait avec tous les f^'ts observés.
V Sous le rapport du mouvement, ractmi d'une fo'ce sur un corps eïï indépendante de l'état de repos ou le mouvement dans lequel peut se trouver ce corps U, exemple va faire comprendre cette loi fondamenta e de la mécaniciue. Nous jouons au billard dans un caie, n. lumr,Udichaqui bille est réglé P"'' fjnjP" =,'°"Xn 1 nous lui donnons. Le billard est transporté dans le salon d'un bateau qui glisse le long d'un neuve ; billes, bi laid et joueurs, tout participe i la marche du bateau, e cependant rien ne sera changé dans nos mouvements et dans notre jeu ; le même coup de queue produira exactement les mêmes effets, pourvu que le bateau marche saus oscillations ni secousses. ^ ■ ,, a ^„i o,„.
2» Ouarid plusieurs forces agissent simultanément sut un même corps, l'action de chacune d'elles est entièrement indépendante de toutes les autres. Cette seconde loi a besoin d'être entendue d'une certaine façon. Ima- .binons que nous lancions un corps horizontalement avec Sne vitesse de 400 mètres par seconde, ce qui est la vitesse moyenne des balles de munition. Si la pesanteur n'existait pas et si nous pouvions faire abstraction de la résistance de l'air, la balle se mouvrait d un mouvement rectiligne et uniforme, et au bout d'une seconde atteindrait sur la ligne horizontale un point situe à 400 mètres. D'autre part, si la balle était abandonnée librement a elle-même sans vitesse initiale, elle tomberait vertica etnent d'une hauteur de 4",!) pendant la première seconde. Eu réalité, notre balle pesante lancée horizontalement avec la vitesse indiquée plus haut, n'en atteindra pas moins en une seconde à une distance horizontale de 400 mètres; mais, au lien d'être restée sur la ligne horizontale elle-même, elle se trouvera descendue au-dessous de cette ligne d'une hauteur verticale de i",». Le mobile a parcouru un chemin réglé par la double inlluence des deux causes simultanées, mais dans 1 etlet complexe nous retrouvons chacun des déplacements qui eussent été produits par chacune de ces causes agissant séparément. . , , ,
3° Lorsque plusieurs forces continues et constantes agissent sur un tnéme corps pendant le même temps , elles lui impriment des vitesses qui sont entre elles dans le même rapport que les forces. Supposons, en clVet, que l'une des forces soit trois fois plus grande que 1 autre, nous pourrons la considérer comme étant formée par la réunion de trois forces égales entre elles et à la dernière. En vertu de l'indépendance des forces , l'effet de trois forces égalessera triple de l'effet d'une seule d'entre elles. 4° Si deux forces continues et constantes, agissant pendant le même temps sur deux corps, leur impriment la même vitesse, les forces seront entre elles dans le même rapport que les masses des corps. Supposons, en ellet, l'une des masses double de l'autre, partageons-la en deux parts égales, partageons de même la force correspondante et supposons que ciiac|ue moitié de force agisse sur une moitié de masse, rien ne sera changé. Nous aurons alors trois forces agissant sur trois masses égales cl cur imprimant une même vitesse; ces trois forces sont donc de même intensité et la moitié de la plus grande est égale à la plus petite.
&" De ces deux dernières propositions, on tire cette cinquième : Si deux forces F, F' continues constantes agissant sur deux masses M, M', leur impriment, nu lioul de l'unité de temps des iilesses V, V, les forces seront entre elles dans le même rapport que les produits M I .M'V des tnasses pur les vitesses, ou ce que Ion appelle
le poids est égal à 9^,8088, nous pourrons dire qu une force constante a pour mesure la quantité de mouvement qu'elle imprime en une seconde à une masse quelconque. C'est, en effet, souvent un moyen commode de mesurer certaines forces. . ,„ :„
La quantité de mouvement qu'une force constante imprime à un corps pendant un temps quelconque croit dans le même rapport que la durée de son action. 11 n en est plus ainsi quand la force est d'intensité variable; dans ce cas, cependant, la quantité de mouvement MV que possède le mobile au bout du temps T représente la somme des impulsions données par la force, et en divi-
<JI)ANTIT£ DE MOUVEMENT, p = jJpyT •i'-'* ''"■'*< *' """^
prenons pour unité de masse la mnsse des corps qui, soumis à l'unité de force nu le I(ilo;;i;iiuim'. en reço I im tout d'une seconde une vitesse du I nièire, nnibse dont
sant cette soqjme par le temps -^, on aura une expression de Vintennté moyenne de la force, c'est-à-dire la force qui, pendant le même temps, produirait le même effet que la foice variable.
FOBCFS INSTANTANÉES. — On donne ce nom à des forces dont la durée d'action est assez courte pour qu'on ne cherche pas à l'évaluer; il n'existe pas, eu effet, de force instantanée dans le sens rigoureux du mot. Les lorces instantanées se mesurent par la quantité de mouvement qu'elles communiquent à leurs mobiles (voyez Projectiles, Balistique).
Force vive, Piissance vive, Quantité de travail disponible d'un corps. — On donne, en mécanique, le nom de force vive au produit de la masse d'un corps multipliée par le carré de la vitesse dont il est animé ; ce produit, divisé par 2, s'appelle puissance vive et représente la quantité de //-oiai/ accumulée dans le corps sous 1 influence de la force motrice et pouvant devenir à son tour la source d'un nouveau travail. Ces expressions ont une grande valeur en mécanique. Un exemple fera comprendre la signification qu'on doit leur attribuer.
Une chute d'eau verse par seconde 1 mètre cube d une hauteur de 2 mètres. Le travail de la pesanteur sur cette eau est égal au poids du mètre cube, soit 1 000 kilogrammes , multiplié par la hauteur de chute , c'est-à-dire 2 000 kilogrammètres (voyez Travail). Si la chute est employée à faire mouvoir une roue hydraulique, si nous supposons cette machine parfaite, en sorte que 1 eau lui transmette tout le travail qu'elle reçoit de la pesanteur, l'eau arrivera dans le bief d'aval exactement avec la vitesse qu'elle avait dans le bief d'amont. Si, au contraire, la chute est libre, l'eau n'en recevra pas moins 2 000 kilogrammètres par seconde, et comme aucune portion de ce travail ne sera employée au dehors, elle le gardera tout entier; sa vitesse ira, en effet, en croissant depuis le sommet jusqu'au bas de la chute. L'accroissement de vitesse est, dans ce cas et d'une manière générale é'-al à \/-2gh, la racine carrée du produit que l'on obtient en multipliant la hauteur de chute /( par le double de l'accélération due à la pesanteur g (voyez Pesanteur). En désignant donc par M la masse de 1 eau, laquelle est égale à son poids divisé par g oa - { voyez Masse), nous aurons pour valeur de la puissance vive 5Lïi—JLv2o/i = P/i, c'est-à-dire 2000 kilogrammètres, en nous rappelant que P = 1000 et /i = 2.
Nous vovons (lue l'expression de la puissance vive peut nous fournir un moyen d'évaluer le travail d une force sans rifu coiinailre de cette force, sinon la vitesse qu elle a imprimri^ à un mobile et la masse de ce mobile. Quel est par rxc'uipli-, le travail de la force explosive de la poudre dans un fusil d'infanterie ordinaire, sachant que le poids de la balle est de 2S) grammes et que sa vitesse est de 405 mètres environ au sortir du canon ? L cxpres-
MV l'VÏ , . , 0MMX405 X l<l3.,c,
sion ^- = 77 devient — ^ a.^TFoSi"" — ^*'-
Ce travail est donc do 252 kilogrammètres ou égal à celui qu'il faudrait dépenser sur un pmds de 2!.2 kilogriimmcs pour le soulever d'une hauteur verticale de I mètre. Le travail de la poudre est, en réaliié plus grand, à cause des résistances que le projectile a dO surmonter dans l'intérieur du canon. M- "•
FOllGE MÉDicATuiCK (Médecine). — On donne ce nom à cette puissance conservatrice en vertu de laquelle les maladies se guériraient d'elles-mêmes sans le secours des niédicamenls. Un grand nenibi-ede médecins avaient déjà admis lUK^ force luédieatiiee, l,..s.|ue Sydeuliam vint mettre en lumière la puissance do la nature dans la cure des maladies. Sans entrer dans une longue dissortaiion pnnrftdniellrecui pour repousser l'eubteiice d une force particulière .|.ii serait la force n.ed.calr.co, constatons ici que la force qui a piouuil, organise un être
FOR
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vivant, d'après certaines lois bien précises et bien déterminées (voyez FoncE vitale), doit être la même qui conserve, continue de maintenir dans son intégrité et tend à ramener sous sa loi l'organisation lorsqu'elle s'en écarte au point de constituer la maladie. Ce n'est pas ici nier le rôle du médecin dont la mission serait sans objet, si la nature était toujours assez puissante pour accomplir son œuvre de restauration de la santé sans un secours étranger; mais il ne saurait eu être ainsi, mille causes de dérangement viennent à la traverse, qui altèrent plus ou moins profondément la composition intime de nos organes, modifient leurs fonctions, par cela même jettent la confusion dans l'économie vivante et déterminent ces désordres que l'on appelle nialadies. Lorsque ces maladies se déclarent, c'est alors que le médecin doit aider cette force médicatrice, cette force vitale toujours active et totijours agissante à ramener sous ses lois le fonctionnement des organes accidentellement perverti, en écartant les causes qui ont amené et qui entretiennent ces dérangements ; c'est alors qu'il appelle à son secours toutes les ressources que lui fournit d'abord l'hygiène, puis la thérapeutique, la matière médicale, etc. Son rôle devient ici d'une utilité incontestable. Pour nous donc la force médicatrice n'est pas autre que la force vitale qui tient sous ses lois tous les Êtres vivants. Pour faire comprendre toute notre pensée, citons un exemple : la domestication des animaux et des plantes consiste à approprier aux besoins de l'homme un certain nombre d'êtres vivants; pour cela, il doit les façonner d'une certaine manière, en vue du but qu'il se propose, aii moyen d'une série de mesures qui les modifient, les transforment et en font, pour ainsi dire, des êtres nouveaux, des êtres artificiels. Aux yeux de Dieu, ce ne sont plus ceux qu'il a créés, ce sont des bâtards, des monstres, de véritables malades ; le bceuf engraissé et mené à l'abattoir n'est pas le taureau de la création ; le cochon domestique, le chat, ne sont plus ceux de la nature ; d'un autre côté, la rose mousseuse, la belle rose entièrement doublée n'est plus la fleur de l'églantier, etc. C'est la main de l'homme qui a amené toutes ces transformations, qu'il la retire, qu'il cesse d'agir, et bientôt la force vitale, la force médicatrice, si vous voulez, aura ramené le cochon domestique à son type primitif, le rosier mousseux sera redevenu un églantier ne donnant plus que la rose simple, la vraie rose, telle que le Créateur l'avait faite; voili\ donc bien la force vitale agissant pour redresser ce que l'homme avait fait dans un sens opposé aux vues du Créateur; c'est bien évidemment la force médicatrice, si vous voulez considérer comme des maladies ces transformations que l'homme avait opérées pour ses besoins persoimelsou pour ses agréments. Ainsi, donc, il n'y a pas de force médicatrice proprement dite, mais \uie force vitale avec ses lois, sous l'empire desquelle.s elle tend incessamment à ramener tous les êtres vivants de la création, lorsqu'une cause quelconque a dérangé cette mrrvcilliMKc liannonie.
roncK viTAi.i l'li\ hIm; i.). — La force vitale, celle qui constitue la \m , .1 i. iii' puissance en vertu de laquelle les êtres »r;;uiii.-,.i, animaux ou végétaux, existent durant un espace do temps pendant lequel ils naissent, croissent, se reproduisent et meurent pour rentrer sous les lois de la matière brute, inerte. C'est par elle que les organes exercent les fonctions qui font remplir à l'animal et au végétal toutes les phases de sou existence ; sans elle aucun être organisé nit pourrait même coinmencer à exister. Cependant les phénomènes que présentent les fonctions des corps vivants sont en partie des conséquences de» lois de la physique et de la chimie, mais elles ne peuvent le» expliquer tous; il en est, en cITct, qui lin se produisent que là où il y a vie, et la vie, loin d'être elle-même la conséquence de l'organisation de la matière vivante, est, nu contraire, la raison d'être de celle-ci. « La nature propre de clnupie animal Cst fixée longtemps avant qui; celui-ci ait aucune des particularités de structure A l'aide desquelles cette nature se manifestera. Le germe n'est pas une miiiiaturo do l'aniitial qui doit on provenir, mais le sirgn de; la force organogénique (|ui déterminera l'édillcation de cet être nouveau " (Milne-Kdwards, /,eçoH.« .vur /" l'/n/nwloi/ir, t. I, p. ï). lie sorte (pie l'organisation ne doit pas, suivnutles idéesde In majeure partie des physiologistes, être considérée conmie étant tout dans le» corps vivants ; au contraire, « chacune de ces machine» admirables, (;n naissant dans la molli du Ciéateur, me semble être appelée d'avnnre A exercer une série d'acte» déterminés et pnriir en ille le germe de In puissance qui la fera agir, tivaiit que d'être
pourvue des instruments nécessaires à l'exercice de cette force. 11 y a toujours harmonie entre les fonctions et les organes; mais cequi doniinedans l'être animé et commande, en quelque sorte, la nature qui lui sera propre, c'est la manière dont les forces qu'il met en jeu doivent s'exercer dans son organisme, et non la manière dont ses organes sont constitués » (Rlilne-Edwards, loco cit.). Quelle est maintenant la nature de cette force vitale, des lois générales auxquelles elle est assujettie? C'est une question dont la discussion nous entraînerait trop loin. Nous dirons seulement que la matière organisée n'est pas soustraite absolument à l'action des puissances physiques et chimiques, et surtout qu'elle n'est pas en opposition avec ces puissances; seulement les lois de la vie exercent une influence plus ou moins grande sur celles des corps bruts, et les modifient dans quelques parties, ainsi que cela se remarque aussi dans ces corps, lorsque les aflînités chimiques, par exemple, sont modifiées par l'influence d'agents physiques, tels que l'électricité, la chaleur, etc. Ajoutons, en terminant, que la physiologie doit repousser bien loin les opinions d'une certaine école d'outre-Rhin surtout, dont les prétentions consistent 5 nier l'existence des lois de la vie, qui serait tout simplement le résultat des forces physiques et chimiques. Suivant M. Lehman, « tous les phénomènes propres aux êtres vivants doivent pouvoir s'expliquer par les lois de la physique et de la chimie... aussi, dans un avenir peu éloigné, la physiologie animale sera-t-elle entièrement réduite aux seuls principes de la physique et de la chimie. » Telle n'est pas, du reste, l'opiniou de chimistes français dipremier ordre, MM. Dumas et Chevreul, dont le témoignage dans cette question ne doit pas être suspect. Ainsi le premier dans ses beaux travaux pose en fait qu'indépendamment des phénomènes physico-chiun'ques qui existent dans les êtres vivants, il y en a d'autres (|ni sont sous la dépendance d'un principe immatériel. M . Chevreul n'est pas moins explicite: tous les actes fonctionnels, suivant lui, fussent-ils expliqués par les lois de la matière inerte, le problème ne serait pas résolu, et « il est évident, dit-il, qu'il y a au delà une cause plus générale dont l'etTet, réduit à l'expression la plus simple, se révèle dans le développement progressif du gprme et de l'être qui en provient, etc. » (Mém. de l'Acad. des se. , 1853.) F— N.
FORCEPS (Médecine), mot latin qui veut dire tenailles. — On appelle ainsi, dans l'.irt des accouchements, un instrument en forme de pince, employé, dans certains accouchements difficiles, pour saisir la tête du fœtus et l'amener au dehors. Deux accoucheurs anglais, Chamberlcyn et Drinkwater, paraissent être les premiers qui se soient servis d'un forceps, de l'invention du premier, pour terminer les accouchements laborieux ; c'était vers le milieu du xvii' siècle. Mais on ne sait rien de précis ii cet égard, ces médecins ayant fait un secret de leur pratique ; il faut aller ensuite jusqu'en ITil pour trouver le véritable forceps. A cette époque, Palfin, professeur i^i Gand, montra il l'Académie des sciences de Paris un instrument qu'il appelait mains, destiné à saisir la tête du fœtus, et c'est véritablement à lui que revient l'honneur de l'invention du forceps. Depuis cette époque, deperfectionnements nombreux et utiles ont modifié cet instrument dans sa forme, sa longueur, ses dimensions, etc. El, sans nous étendre davantage sur ce sujet, nous dirons que celui que l'on doit à Levret est préféré par l'immense majorité des accoucheurs. Coniino tous les forceps, il est composé de deux branches dans chacune desquelles on distir.'jin- hi i uiller, le manche et le point de jonction; la cuillci rst feiièti-éi- et courbée sur le plat pour s'accoimnodrr à la liirmedc la tète du l'œtus; elle est aus.si courlii'c sur snn champ, et cette courbure est tout entière iiu-ilissiis d'un plan horizontal sur lei|url n-p.iscrait l'instrumeul. La forme des branches est a r, hmIiII rente; seulement elles doivent oft'rir le plus ,|, |,iij |. . sihle aux imiins de r;iccoucheur , et leur diinni i.iii (li.it être telle <iuo le lieu de leur jonction soit justement le point oit elles finissent et oii commencent les cuillers. Les moyens d'union sont ordiiiairemcnt un pivot norté sur la branche dite Inanclie mdlc, mietix nommée liriiuc/ie drotlc. et reçu dan» une mortaise de la hrmdii- fmieUe ou lirtindif i/iturlii: Cette jonction peut se fniro aussi par une double encoche ou par tout autre moyen. La lon^-ueur du forceps de Levret est de O'-.tll.'i (l"Vi:i, les cuillers comptant environ pour 0"','i;i, et les niaurhes pour(l"',l". Pour la manœuvre do cet instrument, nous sommes obligé de renvoyer nui. Tidilvx d'iiC'MvJii'mails. V — N.
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10 io
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FORCES (MOdecine). — L'appréciation des forces d'un malade est un point très-important pour diriger la conduite du médecin. Aussi la plupart des nosologistes ontils reconnu des maladies silw/aques ou actives et des maladies astliéniques (du grec sthenos, force, et de Va privatif) ou passives. Malheureusement, dans la pratique, cette évaluation est souvent très-dillicile, et il ne faut rien moins qu'une grande habitude d'observation et une grande sagacité pour discerner les cas, souvent très-obscurs, dans lesquels les forces sont en excès ou eu défaut. Les forces, dans l'homme maliidc, peuvent être augmentées ou diminuées, perverties ou opprimées.
V augmentai ion des forces se reconnaît à la coloration de la peau, à l'élévation de la chaleur, à la force du pouls, à l'ampleur de la respiration, à l'aDimation de la face, à la fermeté des cliairs. Elle est plus marquée au début des maladies que vers le déclin. La diminution des forces se distingue par l'abattemeut général, par la lenteur et l'indécision des mouvements, par la pâleur de la peau, la faiblesse du pouls, la fréquence de la respiration, la diminution de la chaleur, la mollesse des chairs, la gène dans le décubitus, etc. Elle est quelquefois trèsrapide, comme cela se remarque dans les lièvres de mauvais caractère, dans le choléra, dans quelques inflammations aiguës. Aux signes indiqués plus haut viennent alors se joindre successivement l'affaisseniciit de la pliy- .sionomie, la difficulté des mouvements, l'amaigrissement, la sensibilité au froid; dans les maladies aiguës surtout, les sueurs froides, les déjections involontaires, les défaillances, les syncopes; dans les maladies chroniques, la maigreur générale, l'œdématie du tissu cellulaire, la difficulté des mouvements, etc. Lorsqu'il y a perversion des forces, on remarque un désordre plus ou moins grand dans les manifestations des phénomènes qui constituent les forces, les malades se montrent tantôt exaltés et dans un état de surexcitation extrême, le moment d'après dans un état d'abattement et de prolapsus considérable. Ces alternatives se remarquent surtout dans les fonctions de relation ; ainsi dans les facultés intellectuelles, dans les sensations, dans les gestes, les mo4ivements, elc. h'oppression des forces est plus difficile à apprécier, et il serait dangereux de la confondre avec la faiblesse dentelle offre souvent les principaux caractères, tels que l'abattement des traits, la pâleur de la peau, la difficulté, la lenteur des mouvements, la paresse et l'engourdissement des sens et des facultés intellectuelles, la petitesse, quelquefois l'irrégularité du pouls, le froid des extrémités, etc. La difficulté est grande quelquefois pour reconnaître si cet ensemble de symptômes tient à la faiblesse ou à l'oppresMon des forces; cependant, voici par exeraplecp qu'on observe; on a affaire à un sujet jeune, bien constitué, on est au début de la mahidie, il n'y a pas eu de fatigues excessives du corps ou de l'esprit, pas de privation d'aliments; le malade était habitué, au contraire, à la bonne chair et à l'oisiveté; il n'a pas été en proie à des chagrins profonds; enfin les premiers moyens employés pour combattre la maladie ont été des débilitants (saignée, diète), ou bien il y a eu des évacuations naturelles (sueurs, hémorrhagies, évacuations ah lues), et le mal a diminué, les forces se sont relevées ; il est bien évident que dans ce cas, il y avait oppression des forces. Mais si des émissions sanguines, si des évacuations naturelles ont augmenté la faiblesse, si, au contraire, les toniques ont modéré le mal, c'est qu'on avait à combattre un atïaiblisscnient réel . Laènnec conseille d'ex|)lorer avec soin les battemeutsdu cœurnu moyen du stétlioscope ; si les contmclious du ventricule sont énergi(|ues, on pourra saigner sans crainte; si, au contraire, elles sont faibles, le pouls l'iit-il de la force, il faut se délier de la saignée. On voit, d'après tout ce que nous venons de dire, avec quelli! piudmci' le médecin même le plus expérimenté doit iiiNtiiurr son traitement dans les cas obscurs, que le» latoiiiiemeuts, dans le début, lui sont bien permis queliiuefuis, et qu'il est excusable de suspendre son jugement, pour ne pas agir au hasard. ]•' — k.
FoiiCKs (Économie rurale). — Ce nom a été donné ;\ un instruiueiit particulier que l'on emploie pour Iti tonte (les moutons (voyez Toxtk).
FOIlESTIiai (aAiiUii) (Sylviculture). — Voyez FonÊTs, Sïi.vicui.Tinn.
FORESTlEliA (Botanique). — Genre de plantes Dicniyle'dones dinlypétules lii/po(/j/ncs, ty, o ai: U\, petilo famille des Forestiérécs, dans la classe des Crotoniiiees do M. Ad. Brongniart. Etabli i)ar Michaux, sous le nom de Ade/ia, auquel Willdenow a subsliiui' celui de llori/n, ce genre a rei,u le nom qu'il porte Je Puiiet, eu mé-
moire de son ami Forestier, médecin à Saint-Quentin, amateur zélé de la botanique. Ce sont des arbrisseaux à feuilles opposées, pétiolées, à fleurs axillaires, dioïques. On les rencontre en Géorgie, dans la Floride. La F. à feuilles de cassine {F. cassittoïdes, Poir.) croît aux Antilles ; ses fleurs sont petites et réunies dans l'aisselle des feuilles en petits paquets pédoncules.
FORESTIÈRE (Ecole) (Sylviculture). — Etablie à Nancy, le Ut> août 1824, cette école a pour mission de former et d'instruire des jeunes gens qui se destinent au service de l'admiiiistration des forêts. Elle dépend du ministère des finances, et reçoit tous les ans, après un concours, un nombre limité d'élèves (de 20 à 30) qui passent deux ans à l'école. Les conditions pour concourir sont : d'être Français , d'avoir de dix-neuf à vingtdeux ans, d'être pourvu du diplôme de bachelier es sciences, et d'avoir un revenu annuel de 1 SOO francs. Les examinateuis sont les mêmes que pour l'Ecole polytechnique, et les matières sur lesquelles les élèves sont interrogés sont presque identiques. L'enseignement de l'école comprend les mathématiques, la sylviculture, l'histoire naturelle, la législation forestière, le dessin, etc. Les élèves qui ont satisfait aux examens de sortie ont rang do garde général, et sont employés dans l'administration au fur et à mesure des besoins. Us jouissent provisoirement du traitement de garde général adjoint.
FotiESTiEr.s (Zoologie). — Nom employé par d'Azara pour désigner des Oiseaux qui habitent constamment les bois épais et fourrés, sans même se poser sur les branches sèches. Ce groupe, dont les caractères manquent de la précision nécessaire pour former un genre distinct, se rapproche des Fringilles sous certains rapports. Vieillot leur en a trouvé beaucoup avec ses Némosies. D'Azara en a décrit cinq espèces, toutes de l'Amérique méridionale.
FORÊTS (Géographie physique). — Chacun sait que l'on nonmie forêt une vaste étendue de teir.ain couverte d'arbres ; le mot bois s'applique ordinairement à des étendues beaucoup plus restreintes de sol couvert de végétaux arborescents. Cette distinction n'a pas néanmoins une grande précision. Les forêts, selon le dicton vulgaire, sont vieilles comme le monde ; la plupart des pays où les races humaines se sont établies et ont grandi en civilisation nous apparaissent dans l'histoire comme abondamment boisées i l'origine. La forêt semble témoigner de la fertilité du sol qu'elle tient eu réserve ; elle entretient cette fertilité ; plus d'une fois l'homme, regrettant des défrichements trop précipités, a dil s'efliiircer de reboiser des terres imprudemment dépouillées de leur végétation forestière. Les contrées orientales des États-Unis américains semblent nous représenter ce qui a dû se passer plus ou moins rapidement dans la plus grande partie de notre Europe, et il est curieux de remarquer que ces deux berceaux de la civilisation humaine, l'un exploité depuis trois mille ans, l'autre presque vierge encore, mais déji consacré par les progrès merveilleux des peuples qui viemient d'y éclore, figurent parmi les contrées du globe où la végétation forestière avait le plus riche développement. L'Amérique méridionale recèle encore à notre époque des forêts où le pied de l'homme civilisé n'a pas mar(iuésa trace et qui nous otlVent le spectacle grandiose de la nature primitive dans toute sa puissance de production spontanée. « Parmi les phénomènes de la nature dont la peinture élève l'àme, dit un célèbre voyageur, se trouve surtout l'immense région boisée qui, dans la zone torride de l'Amérique australe, remplit les bassins réunis de lOréiioque et du fleuve des Amazones. C'est cette région qui, dans le sens le plus rigoureux du mot, mérite le nom de forêt vierge ou forêt primitive, dont on a fait un emploi si abusil dans ces derniers temps. Si chaque forêl sauvage et loulïiie i\ laquelle l'homme n'a point encore mis la cognée dévastatrice doit s'appeler primitive, il faut reconnaître qu'il existe beaucoup de ces forêts dans les zones froides et temp' rée^. I\Iais s'il s'agit ici d'un territoire impénétrable ou l'on iir peut pas même se frayer une route avec la hache entre des arbres d(^ S à IJ piêils de diamètre, la forêt prijuitive appartient exclii-ivement aux tiopi(pies. Ce ne sont pas toujours, connue on se l'imagine en Europe, les liâmes grimpantes, sarmeutcuses, flexibles qui causent cette impénétrabilité; les lianes ne forment souvent(|u'une très-petite masse de buissons. Ce qui entrave principalement le pas.sage, ce sont les plantes frutescentes qui occupent iou> les intervalles... En jetant un coup d'oeil sur la i. ;ti"ii h ^-,:c qui occupe toute rAinéii<|U0 méridionale, de|Miis 1rs saianes de Venezuela (llanos de Caracas) jusiiuiiux pampas de
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Buénos-Ayres, entre le 8» de latitude nord et le 19" do latitude sud, on reconnaît que ce /////<,% (du grec fiylaion, espace boisé i de la zone tropicale surpasse en étendue toutes les autres contrées boisées du globe. Sa superficie est environ douze fois celle de l'Allemagne. Traversée en tous sens par des fleuves dont les aiïluents de premier et de second ordre surpassent quelquefois, par l'abondance de leur eau, noire Danube et notre liliin, cette contrée doit l'exubérance merveilleuse de sa végétation arborescente à l'influence combinée de l'humidité et de la chaleur. Dans la 2one tempérée, particulièrement en Europe et dans l'Asie septentrionale, on peut dénommer les forêts d'après les espèces d'arbres groupés comme plantes sociales, qui composent chacune d'elles. Dans les forêts septentrionales de cliènes, do sapins et de bouleaux, dans les forêts orientales de tilleuls, il ne domine ordinairement qu'une seule espèce d'amentacées, de conifères ou de tiliacées; quelquefois une espèce de conifères s'associe à quelques amentacées. Cette uniformité de groupes est étrangère ans forêts tropicales. En raison de l'énorme multiplicité d'espèces de cette flore sylvaine, on ne saurait demander de quoi s ■ composent les forêts primitives. Une quantité prodigieuse de familles végétales s'y trouve condensée; à peincy existe-t-il quelques places occupées par une seule et même espèce. Chaque jour, à chaque temps d'arrêt, le voyageur rencontre de nouveaux genres; il aperçoit souvent des fleurs qu'il ne peut atteindre, tandis que la forme d'une feuille et la ramification d'une tige attirent son attention. Les rivières, avec leurs innombrables branches latérales, sont les seules routes du pays... il existe des villages isolés de missionnaires, à quelques milles seulemeut l'un de l'autre, dont les moines mettent un jour et demi pour se faire des visites réciproques, en suivant, dans un tronc d'arbre taillé en canot, les courbures des petites rivières... Les jaguars, disait un Indien de la tribu des Durimonds, s'enfoncent, entraînés par leur humeur vagabonde et leur rapacité, dans les massifs si impériéir.ables, qu'il leur est impossible de chasser sur le sol; étant réduits à vivre longtemps sur les ai-bres, ils deviennent la terreur des singes et des belettes » (Al. de Humboldl, Tahlcuux de la nature, t. I, trad. de F. Hœfer). J'emprunte encore au même ouvrage les pass;iges suivants qui complètent cette description : « Le lit du fleuve (l'Orénoque, un peu au-dessus du confluent de l'Apure) ti'avait plus que 900 pieds de large et formait en ligne droite un canal qui, des deux côtés, est bordé de bois touffus. La lisière delà forêt oflre un aspect inaccoutumé. En avant du massif presque impénétrable composé de troncs gigantesques de Ca-suZ/imia^de. Cedrelu ei de Desmoitllni.s, on voit le rivage sablonneux garni d'une haie très-iégulière de Suuso. Cette haie n'a que 4 pieds de haut; elle, est formée d'un petit arbrisseau, Vllcrrnetia casianeifulia, genre nouveau de la famille des Ei'/ihurliiacies. Tout près de là se trouvent quelipirs |ialmicrs épineux, à slipe élancé peut-être des Martuiazia ou liai:- Iris), cpie les Espagnols nomment Piritu et Corozo. Ou dirait une haie de jardin taillée, qui présenterait des ouvertures, très-distantes les unes des autres, pareilles à des portes. Les grands quadrupèdes de la forêt ont sans doute cnx-mêines percé ces ouvertures pocu' arriver plus commodément à la rivière, ("est de là qu'on voit sortir, à l'aube du jour et au coucher du soleil, le tigre d'Amérique, le tapir, le pécari, conduisant leurs petits à l'abreuvoir. Quand ils sont inquiétés par l'apparition d'un canot d'Indiens, ils ne clierchcnt p;is à rojnpre brusquement la haie de sauso; on a le plaisir de les voir se relirer lentement, pendant quatre ou cinq cents p.as, entre la haie et la rivière et disp;iraitre par l'ouverture la plus rapprochée. Durant notre navigation, presque non interrompue de soixante-quatorze jours, dans une étendue de .180 milles géographiques miv l'Orénoque , jusqu'aux sources de ce fleuve, sur le Cassiquiare et le Rio-Negro, nous vîmes, enfermés dans notre canot, ce spectacle se répéter sur beaucoup do points et, je dois lo dire, toujours avec un nouveau chaiine, nous vîmes apparaître par troupes les animaux de» classe» les plus difléreiites, descendant le riv.-igepourKc désaltérer, se baigner ou pour pécher; aux grands niananifèresse mêlaii ni des hérons aux couleurs variées, despaluniédée»(kaiui<'lns, et des hoccos à la démarche llèrc... Au-dc»»uu»dos missious de Santaliarbara de Aricimiia. nous passâmes, conum' d'ordinaire, la nuit cil plein air sur la rive plate (il habloiiiieuse de l'Apure, boidi'e à peu de disiauco par une fuiOl impénéttable. La iiiiil était d'une douce muileiiret il faisait un beau clair de lune .. Le» ruinub de nuire radeau étuicnl
solidement fixées dans le sol pour y attacher nos hamacs. Il régnait un profond silence ; on n'entendait qu'à de rares intervalles le ronflement des Dauphins d'eau rfouce, propres au delta de l'Orénoque... Après onze heures, il s'éleva dans la forêt voisine un tel vacarme, qu'il fallut renoncer à tout sommeil pour le reste de la nuit. Un hurlement sauvage retentissait dans la forêt. Parmi les voix nombreuses qui éclataient à la fois, les Indiens ne purent reconnaître que celles qui se faisaient entendre seules après un court temps d'arrêt. C'était le piaulement plaintif des alouates ou singes hurleurs, le gémissement flûte des petits sapajous, le grognement babillard du Singe nocturne rayé [Nyotipil/tecus trivirgalus), les cris saccadés du graiid tigre (jaguar), du couguar ou lion d'Amérique sans crinière, du pécari, de l'aï et d'une légion de perroqueis, de parraquas et d'autres oiseaux semblables aux faisans. Quand les tigres approchaient de la lisière de la forêt, notre chien, qui jusque-là aboyait sans interruption, venait en hurlant chercher un refuge sous nos hamacs. Quelquefois le cri du tigre partait du haut d'un arbre, et alors il était constamment accompagné des sons modulés, plaiiUifs des singes, qui cherchaient à se soustraire à quelque poursuite inattendue... La scène tumultueuse me paraissait venir d'un combat d'animaux né d'un accident, continué longtemps et se développant en proportion. Le jaguar poursuit les pécaris et les tapirs, qui , dans leur fuite, brisent les buissons arborescents épais qui leur barrent lo p.assage. Ainsi alarmés, les singes mêlent du haut des arbres leurs cris à ceux des grands quadrupèdes; ils réveillent les troupes d'oiseaux perchés en société, et peu à peu l'alerte se communique à tous les animaux... Avec ces scènes de la nature, qui se renouvelaient souvent pour nous, contraste singulièrement le silence qui, sous les tropiques, règne vers l'heure de midi pendant une journée extrêmement chaude... Le thermomètre, à l'ombre, inar(|uait plus de -itl» Réaumur 150" cent.)... les blocs de pierre et les rochers nus étaient tous couveits d'une multitude de gros iguanes à écailles épaisses, de lézards geckos et de salamandres tachetées. Immobiles, la tête levée, la gueule béante, ils semblent aspirer avec délices l'air embr.asé. Les grands mammifères se cachent dans les taillis; les oiseaux s'abritent sous le feuillage des arbres ou dans les fentes dis rochers. Dans ce calme apparent de la nature, l'oreille attentive aux moindres sons perçoit un bruit sourd, un bourdonnement d'insectes près du sol et dans les couches inférieures de l'atmosplière. Là tout annonce un monde de forces organiques en .activité. Dans chaque buisson, sous l'écorce crevassée de l'arbre, dans la motte de terre habitée par des hyménoptères, partout enfin la vie se révèle hautement : on dirait une de ces mille voix par lesquellesla nature parle à l'àme capable de la comprendre. »
Le vaste massif de forêts dont A. de Humboldt a si bien tracé quelques tableaux se continue en suivant les parties montagneuses des diverses régions de l'Amérique méridionale. Cet océan de verdure séculaire remonte dans le bassin du Maragnonjusque vers les sonmielsdes Andes, au Venezuela, à la Kouvelle-Genade, au Pérou; puis il se poursuit avec les Cordillères dans le Chili et jusqu'en Patagonie. Interrompues sur d'immenses étendues par les llanos do Venezuela au nord et les panijuis de la Plata au midi, les forêts reprennent leur empire dans toutes les parties de l'Amérique du Sud qu'arrosent de grands cours d'eau, sur les bords de l'Uruguay, du Paragu;iy, du lUo-Culorado, du lîio-Negro, etc.
Peuplée d'autres essences forestières où dominent les pins, les sapins, les mélèzes, les aunes, les bouleaux, les ))euplicrs, les saules, les érables, les frênes, les cliênes, les noyers, etc., l'Amérique du Nord, malgré l'invasion rapide et triomphante des colons européens , possède d'immenses forêts, surtout au nord et à l'est de sa vaste étendue. Il n'y a guère qu'un siècle, le territoire des États-Unis, qui s'étend sur environ Itji) 000 lieues carrées, outre le Wabash et l'océan Atlantique, n'était, selon Malle llrnii, qu'une seule forêt, sauf les plaines du Kentucky et du Tennessee. Vers le milieu du dernier siècle, dit V. Cnoper, une vue à vol d'oiseau de toute la i'égi(ui ;'i l'est du Mississipi ne devait oflrir qu'une vaste étendue de buis bordés d'une frange étroite ilo terre cultivée su- les bords de la mer et coup/s par la surface brillante do difl'éreuts lac» et par les hj;ucs f.iuuistiques de qiieUpies rivières; des solitudes sileunelles étend. lient leur large ceinture sur loule la Nouville-Au^lelcne et olIVaient le couvert des forêts aux pas silnnieux ilu guerrier sauv.igi'. L'activité prodigieuse des ruions lunéricaiiis a ioiiij>u celle uiiilc gnyidiosu des forêts pour livrer à
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«ne culture intelligente et féconde bien des vallées cachées ■pendant des siècles sons les bois ; mais elle n'a pn encore enlever à cette contrée son caraciéie uinin.'ninicnt lorestier. D'ailleurs la forêt règne en. oie sin- presque tout le Canada et remonte vers le nord jnscin'au\ Iroids rivages de la baied'Hndson, au Labrador, au Manie oriental, ans Nouvelle-Galles. Sur Tanlre v.-rsant des Moiitaïnes-Rocheuses elle revêt de ses imbrages séculaires la Colombie anglaise', l'Amérique russejnsqne sur les bords de la mer de Behring. Mais son empire s'arrête à l'Oregon et au Mississipi. A Tonest et au sud de ces grands cours d eau, ies vastes prairies se déroulent sans tin, et les furets ne revêtent plus que les montagnes, sur les flancs desquelles on les trouve encore reléguées an Mexique et tout le long de l'isthme de Panama, par où elles vont se lier, en suivant les Andes, aux vastes forêts de Caracas, de 1 Ureuonue et du Brésil.
L'ancien continent n'est pas comparable nu nouveau pour l'abondance des contrées forestières. L Asie et 1 Afrique renferment dans leurs parties centrales de vastes plateaux ou plaines arides qui surpassent de beaucoup les prairies de l'ouest du Mississipi, les llanos du Venezuela et de la Nouvelle-Grenade, les pampas de Buenos- Ayres et de la Plata. En Asie, non- seulement la Sibérie éiend an nord de T Altaï ses steppis interminables, nonseulement l'Arabie, à l'ouest, déroule ses plaines de sables brûlant» mais encore entre la Sibérie, la Chine et 1 Inde règne le (lésert de Kobi ou Go4i, nom mongol qui signifie nu et sec et qui a pour synonyme le nom chuiois désert de Chamo, c'est-à-dire mer de sable. Ce désert mesure iOO lieues de l'est à l'ouest, et tel est son aspect désolé, que les géographes sont portés à le considérer, selon les traditions locales, comme le fond d'une mer desséchée depuisquelques siècles seulement L'Afrique, sur ce point, surpasse encore l'Asie;" au sud des États b.arbaresqucs entre le Fezzan, le Sénégal et l'Atl.nti.iues étend le .-//•ond désert ou Sahara des Arabes, continué entre le F.'zzan, l'Egypte et la Nubie, par le désert de Libye. De I Egypte à l'Océan, ces vastes étendues, à peine recouvertes d une végétation rabougrie, comptent 1 ÏOO lieues ae longueur sur plus de 500 lieues de largeur; c'est une surface plus "rande que celle de toute l'Europe. Le centre de l'Afrique équatoriale, encore incomplètement connu, maigre les découvertes nombieuses qui y ont été faites, parait abonder en plateaux sablonneux arides et eu plaines maréca- •euses remplies de lacs stagnants, foyers d'exhalaisons dangereuses. C^tte différence marquée dans la végétation forestière de l'ancien et du nouveau monde s explique par la distribution toute différente des eaux à leur surface Ce qui donne à la terre des continents le pouvoir de produiredesforêis, c'est un réseau derivières nombreuses et de fleuves arrosant leursurface. Nullecontrée n est plus riche, sous ce rapport, que le continent américain, <;t partout où l'ancien continent a reçu la même laveur, il n porté ou porte encore de magnifiques fjrêls. A travers les steppes de la Sibérie, l'Altai fait couler vers l'océan Glacial de grands fleuves presque parallèles; l'Irtyche, l'Obi, l'Ienisseï, l'Angara, la Lena et leurs nombreux tributaires roulent, comme 'dit Malte-Brun, à travers des plaines désertes, d'où l'éternel hiver bannit les arts et la vie sociale; mais leurs bords sont fréquemment ùmbra"és par de sombres et vastes forêts. Sur les côtes ..rientales de l'Asie, un climat plus doux coïncide avec un vaste système de cours d'eau; aussi la Mandchoune <-t la Corée possèdent dans leurs parties élevées et montagneuses des forêts puissantes et étendues. La Chine, si abondamment arrosée, est depuis longtemps exploitée par une popuUition merveilleusement nombreuse, qui ne laisse presque p.-is un coin de terre sans culture et a sans doute depuis longtemps défriché les foiêts qu'a pu porter celte riche et immense contrée. Les deux Indes, dans leurs montagnes et le long des gr;inds fleuves du Canil)0je, du Meinam, du Krahmapuutre, du Gange, possèdent peut-être les plus belles forêts de l'Asie. Enlin, la l>ei-se fut dans la première aniiipiilé un pays de forêts touffues (|ue l'homme a depuis longtemps dépouillé. Les parties bien arro-^écs par les fleuves sont particulièrement rares en Afrique ; mais la Barbarie, la Sénégambie, la Guinée et d'autres parties de ce vaste contuient sont boisées assez richement dans certain- caiitnus pour trancher complétennmt avec l'aspect général sous leipiel nous nous représentons la nature africaine. Unu des véritables régions forestières de l'ancien continent est sans contredit l'Europe, avec ses terres profo idéinent découpées par les mers et sillonnées de nombreux cours d'ean. Aussi toutes les traditions nous la représentent-elles coiiini;
abondamment boisée dans ses diverses parties avant que les peuples qui l'habitent, croissant et grandissant eii puissance et en civilisation, n'eussent détruit, surtout dans rOccident, une grande partie des forêts européennes Les trois grandes péninsules méridionales , 1 hspa^rne, l'Italie et la Grèce, portaient aux premiers tenips de riiistoire d'épaisses forêts sur les sommets du hliodope, du Pinde, des Apennins, des Sierras-Nevada et Morenaet des Pyrénées. Dans l'Espagne, en particulier, les Carthaginois ont trouvé une vaste forêt nommée par les anciens la forêt Castulonienne, dont il ne subsiste que des débris méconnaissables. La Gaule, les îles Britanniques, couvertes de forêts épaisses, abritaient dans Jeurs profondeurs les mystères du culte druidique. L Allemagne ou Germanie antique était plus boisée encore, puisque, au dire de César, une immense foret, la foret Hercynienne, la couvrait des bords dn Rlnn jusqu aux confins de la Sarmatie (Pologne et Hongi-ie) et de la Dacie (provinces Danubiennes) Cette forêt n'était sans doute pas absolument continue, puisque Tacite, à la fin du i"' s èclc de notre ère, tout en indiquant en Germanie des forêts considérables dans les parties que nous nommons actuellement la Saxe, le Meckembourg, le Brantiebourg. la Silésie, le Hanovre, la Hesse, la Francome, mentionneen même temps des plainrsferiiles en céréales: mais la forêt Hercynienne couvrait certainement plus des trois quarts du pavs entre le Rliin et 1 Oder. Ces forêts se prolongeaient sûr la Chersonèse Cimbrique, le Danemark d'aujourd'liui et sur la plus grande partie de la presqu'île Scandinave. Quant aux pays slaves ou sarmates, ce sont encore de riclies régions forestières. L EU; rope a donc vu jadis, avant la formation des nations qui ont pendant des siècles illustré son histoire, des peuplades non-breuses mener à l'ombre de forêts épaisses une existence analogue à celle des Peaux-Rouges de la Nouvelle-Angleterre ; à mesure que ces peuplades se sont fixées et policées, leur agriculture plus active a défriché ce sol destiné à tant de vicissitudes, et aujourdhui certaines contrées conservent à peine quelques débris de leurs forêts premières, tandis que d'autres, (îomme 1 Allemagne, la Pologne, la Russie, la Suède et la Norwége, recèlent encore des trésors de végéiation ligneuse dont la conservation et l'entretien sont vériiablenieut d iiitérêt Général en Europe. « Parmi les productions de 1 Allemagne, dit Malte-Brun, les forêts tiennent le premier raiTg, puisque, outre qu'elles fournissent à la consommation des habitants, aux constructions, aux fab"qnes et aux mines, elles donnent un excédant considérable à l'exportation ; elles couvrent, selon l'opinion reçue, un tiers du pays. Dans la légion centrale, le chêne est 1 arbre dominant, et toutes les collines sont ornées de cet arbre national, autour duquel se groupent les hêtres, moins be.iux cependant qu'en Danemark , des Trênes magnifiques, des ormes, des peupliers, des pins et des sapins, tandis que, dans les positions plus abritées, es noyers, les châtaigniers, les pommiers, les poiriers les aniandicrs, les pêchers et toutes sortes d'arbres fruitiers étalent leurs riches productions. Les arbres conifères, et principalement le pin, qui, dans cette zone, se tient .aux hauteurs moyennes et occupe quelques terrains arides se multiplient davantage dans les plaines sablonneuses qu'arrosent l'Oder et l'l::ibe; mais ce n est généralement que l'espèce la plus commune, et il ne faut chercher dans l'Allemagne septentrionale ni le pin au bo:s ferme ni le sapin éla.icé que la Scandin.avie fournit aux constructions nav.-iles U faut en excepter les belles collines du Holstein oriental, du Mecklembourg maritime, de nie de llugen, où les chênes reparaissent sur un sol moins sablonneux; cette lisière appartient à la région des îles et péninsules daiio-cimbriques. « Dans le. muii de l'Allemagne, notre :iuteur signale deux échelles de ve- Cétation forestière, l'une sur le versant nord des Alpes, depuis le Tyrol jusqu'au Danube, l'autre sur la pente orientale du même massif de montagnes, en Autriche, en Styrie, en Carniole. Dans la première zone ■■tg»>^»t ^"rtout le sapin, le mélèze, le pin ciinbro, le bouleau ; dans la seconde, les essences sont plus variées et se succèdent plus rapidement suivant les altitudes Le Danemark, au xr' et au xir siècle, était richement boisé dans le Jutland; il ne conserve plus ;u.jourd'l.u. que de longues bandes de forêts dans sa partie orientale et dans le Laucnbourg la forêt de Sacl.seiiwald; les frêne-s, aunes, chênes r bouleaux dominent sur ce sol humecté. La Norwége couiptc parmi ses plus précieuses richesses^ les vastes .orêl" qui' se dressent sur les rochers aigus du pied de ses inoiitagiies, foiêts où abondent le bouleau, dont la sève
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fermentée fournit une sorte de vin blanc mousseux, l'érable, le pin, le sapin, r|ui parvient jusqu'à plus de 50 mètres de hauteur et otTre une valeur incomparable pour la mâture et la charpente. C'est le principal objet de commerce avee l'étranger. Dans le midi de ce pays glacé, le chêne reprend son en)pire comme essence forestière. La Suède, où l'agriculture a un développement remarquable, exploite fructueusement des forêts immenses de pins, de sapins, surtout dans la partie moyenne et septentrionale. Presque toutes les parties d(! la Pologne possèdent des forêts, et la Masovie en particulier ; les pins dans les plaines sablonneuses, les Iiètres, ies sapins sur les terrains élevés, les chênes sur tous les sols vigoureux. <i Les mélèzes, dit encore Malte-Brun, les tilleuls, l'orme et le frêne, mêlant ensemble leur ombrage, donnent à plusieurs forêts de la Pologne un aspect agréablement varié. La plus belle forêt de bouleaux est près de Varka, en Masovie, et les plus grands tilleuls ombragent Prenn, sur le Niémen. Cependant, quoique les forêts de la Pologne comptent au delà de cent espèces d'arbres, elles en possèdent peu qui soient propres à la construction. » Pour la Russie, les forêts forment une des premières richesses naturelles, u source qui restera longtemps inépuisable, dit un auteur, et qui le serait absolument si elles étaient entretenues d'une façon plus méthodique et plus exacte. » On estime que dans cette contrée les forêts depins, sapins et autres arbres verts couvretit 70 millions d'Iiectares. Au-dessus du 55° de latitude, les tilleuls et les bouleaux se marient dans les bois aux arbres résineux. Une des plus vastes forêts de l'empire russe, en Europe, est celle de Volkhonski, entre Novgorod et Tver. Les chênes, les érables, les hêtres, les peupliers sont assez répandus au-dessous du h'I" de latitude. Toutes ces essences sont un important objet de commerce, surtout les pins pour la mature et les constructions. Le sud de la Russie d'Europe est dépourvu entièrement de bois; là se déroulent des plaines sans fin riches en céréales. En résumé, la Russie d'Europe possède 170 millions d'hectares de forêts de tous genres, c'est-à-dire plus du tiers de son territoire. Les autres contrées de l'Europe sont moins riches en forêts ; le défrichement n'y a laissé que des lambeaux de leur ancienne végétation forestière; l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre sont particulièrement appauvries à cet égard. On peut souhaiter, et l'on se préoccupe d'y pourvoir, que le déboisement s'arrête en France là où il est parvenu et que même surplus d'un point les efforts de l'homme parviennent à réparer d'imprudentes destrucliotis. Sur ujic superficie totale de .')3 millions d'hectares, notre pays possède 7 800 (JOO hectares de forêts ('environ du territoire) principalement situées dans les provinces orientales et couvrant des Ardennes aux Alpes les Vosges, le plateau de Langiïs, la Côled'Or, les Cévennes, le Jura; en outre, les bassins de la Seine et de la Loire renferment de belles forêts, telles que celles de Compiègne (11385 hectares), de Eoiitaineblociu iHi'i.lS liectares), de Rambouillet (12 8IS hectares), de Villers- Colterets (Il I3i hectares), d'Orléans ('i2;)5ll hectares). Quant aux espèces d'arbres qu'on y cultive, on pourra consulter l'article Essences KoiiESTiKnKs. L'article suivant est consacré spécialement à l'entretien et à l'exploit:ilion des forêts. Ad. F.
FoiiÈrs (Sylviculture'. — La culture des arbres forestiers peut être envisagée sous les trois points de vue suivants : 1" lorsque loa arbres répartis sans ordre sur toute la surface du sol .sont reproduits après leur exploitation, soit à l'aidi! de nouvelles tiges qui ri:usM'iit sur les anciennes souches, soit au moyen d'in^iun iiimts naturels ou artillcicls, si ces surfaces hnir, - \,i'. se nient une étendue considérable, elles prenneni le nom de /bct'/i", et celui de Ijoii lorsqu'elles sont plus restreintes; 2" lorsque les arbres sont régulièrement plantés en lignes parallèles plus ou moins iiombrouscs, qu'on leur laisse acqiii'^rir tout leur dévc^loppeniont avant de les abattre et qu'ils sont renouvelé» seulenxnit à r:iide de nouvelles plaiitatiuns, ce mode de culinic prend le nom de iilanlulion it'ii/ii/tienatil ; 3''enllii <|uand les arbres maintenus à une faible hauteur sont disposé» do manière à servir de clûlure ni forment ce que l'on nomme une liiiie vive.
Ain articles Plantation et Maie, il est traité de ces deux dornier.1 mode» de cidtnre, cl l'article E.sskncks ronKSTiifiiES contient l'indicaiinn des espèces d'arlires cultivées au point du vue forestier. Il ne sera donc question ici que (le la culture do» Aoi» cl fordls.
Le» forêts doivent leur formation soit A des ensemi'nccnients ii.ilurcls, »olt 4 des enseincnccineiil» arlillciels uuà dus plantations. Le rei)cuplcnieiit des forêts p.ir l'en-
semencement naturel est à la fois le plus économique et le plus durable ; nous verrons, en traitant de l'entretien et de l'exploitation, les soins que l'on doit apporter dances opérations pour favoriser le repeuplement. Malhcu reusement il n'est pas toujours possible d'en profiler pour perpétuer les forêts. Souvent le petit nombre ou l'infertilité des arbres existants dans un canton de bois ne permettra pas d'en attendie une quantité suffisante de semences pour lo repeuplement naturel. D'autres fois, l'espèce de bois existante sera tellement mauvaise ou chélive, qu'un changement d'espèce deviendra nécessaire. Enfin, certaines circonstances pourront forcer de couper une jeune forêt avant qu'elle puisse fournir ellemême les semences nécessaires à son entretien . Dans ces diverses circonstances, on sera donc obligé d'avoir recours soit aux ensemencements artificiels, soit aux plantations ; mais, hors ces exceptions, il sera toujours plus profitable d'avoir recours aux ensemencements nattirels.
Les forêts, en géuéral, peuvent être partagées en kw'h's et en futaie ; on distingue également des forêts d'arbres d'une seule espèce et des /nréts mixtes.
Les taillis sont des bois que l'on coupe ordinairement assez jeunes, soit pour les employer au chauffage, soit pour en faire du charbon, des échalas, des cercles, etc. Ce qui les distingue surtout des futaies, c'est qu'ils repoussent de leur souche. Oti divise ordinairement les bois taillis en trois classes : les jeunes taillis, qui s'exploitent à l'âge de sept, huit ou neuf ans; ils sont généralement composés de saules marceau, coudriers, châtaigniers, bouleaux, employés à divers usages et surtout au chauffage des habitants de la campagne. Les taillis moyens sont ceux que l'on exploite à l'âge de dix-huit à vingt ans pour en tirer du charbon ou du petit bois de chauffage. Les hauts taillis s'exploitent à l'âge de vingtcinq à quarante ans et fournissent du bois de chiuiffagc pour les villes, de petites pièces de charpente et de charronnage et surtout des bois de fente pour la latte, les échalas, etc. La futaie se distingue du taillis en ce qu'elle se repeuple presque entièrement par les semis. On divise les futaies en plusieurs classes caractérisées par leur âge. Ainsi on distingue les recrus, âgés de un à dix ans ; les gaulis, âgés de onze i trente ans; les percliis ou jeune futaie, âgés de trente à soixante-dix ans ; la haute futaie, âgée de soixante-dix ùccntans; les vieilles écorces, âgées de plus d'un siècle. On nomme futaie sur taillis les jeunes arbres ou baliveaux de tous les âges réservés diuis les taillis.
Il exisie peu de forêts d'arbres d'une seule espèce. Nous exceptons toutefois les arbres résineux, qui exigent presque tous ce mode de culture. Les forêts mixtes sont composées d'espèces mélangées; mais le nombre des espèces est toujours d'autant moins grand que le bois a vieilli davantage, les grandes espèces, tomme le hêtre, le chêne, survivant à toutes les autres.
Les travaux relatifs à la culture des forêts consistent dans les trois opérations suivantes : la cràition, Veiitielien,\'cxiiloilolioii. Ces trois opérations constituent surtout la science forestière.
Tout ce qui concerne la création des bois et forêts est traité aux mots Reboisi ment. Sïi.viceLTUHE ; il ne sera (|uestion dans le présent article que de leur entretien et de leur exploitation.
1" Triiviiiix d'eiitrctitn.
Dans tout ce qui va suivre, »■ it pour les travaux d'entretien, soit pour l'exploitation, nous confondrons les forêts artificielles et les forêts naturelles, car les soins (|u'elles réclament à cet égard ne présentent aucune différence.
Assainissemnit. — Quoiqu'il soit possible do cultiver en bois les terrains les plus hnmides, il y aura tout avantage à débarrasser ceux-ci de leur humidité surabondnnie; les bois qu'on y fera croître y acquerront une plus grande v;denr. Toutes hs fois donc que le sol forestier sera exposé à un excès d'humidité, surtout à la stagnation (les eaux, on étudiera la conliguration du terrain et l'on s'cllorcera de diriger ce» eaux hors do la forêt, à l'aide do ripole.s et de fossés multipliés.
Clôtures. — Il serait désirable de pouvoir entouicr les forêt» d'une clôture impénétrable; on éviterait ainsi le» dégât» occasionnés par les maraudeurs et par l'abroutis- Bcment diM bi-stianx. Mais ce résuliot ne pourrait être atteint qu'à l'aide do clôtures murées ou de fortes palissndi-sdout la dépense excéderait do heauroup les avantage» qu'on en obtiendrait; aussi ces soiteb Uc clôtures
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sont-elles r&ervécs seulement pour les petits bois ou pour les parcs. Toutefois il sera utile d'entourer les forêts d un fossé de 2 mètres de largeur sur 1-1,50 de profondeur en :uant soin de rejeter la terre du cMé de la forêt. Ces fossés se rempliront bientôt de ronces et de broussailles qui en feront une clôture solide. . .
Abrts — Sur les bords de la mer, où il est si dilliule de faire réussir les plants forestiers sans avoir forme des abris préalables, il est nécessaire de conserver, lors des exploitations, des massifs d'une dizaine de mètres de largeur destinés à protéger contre les vents la végétation des jeunes plants ou le recru des taillis. On réservera dans le même but, autour de cbaque coupe, des lisières de 2 à 3 mètres de largeur, particulièrement dans les localités dont le sol est sec et élevé.
Nettoiement des taillis. - L'opération du ne toiement consiste à faire couper, dans les taillis âges de cinq à dix ans, les épines, les ronces, les viornes, les genêts, la bruyère, les brins ou jeunes tiges diflormes qui croissent sur les mêmes souches que les brins bien venants, les plants de nerprun, bourdaines et autres arbrisseaux semblables qui n'ont qu'une courte durée; enfm les plants de charme et autres espèces inférieures, lorsque le sol est suffisamment garni d'espèces du premier ordre, loutefois on ne devra pas oublier, en pr.itiquant le nettoiement, que le sol forestier ne doit rester découvert dans aucune de ses parties, pas même dans les endroits uni- (luement garnis d'épines ou autres arbrisseaux de peu de valeur; car aussitôt qu'un vide se produit, le sol, desséché par le soleil, devient stérile, et les arbres dépérissent. Eclaircie et élamiye îles taillis. — Pendant 1 été qui suit la coupe d'un taillis, il se développe sur chaque souclie un certain nombre de bourgeons qui donnent heu à autant de brins. Ceux-ci sont généralement trop nombreux pour pouvoir acquérir tous un développement convenable; de là la nécessité d'en supprimer plusieurs ahn de concentrer l'action de la sève sur quelques-uns seulement. Mais cette eclaircie doit être faite avec prudence. Si pour un taillis qui sera exploité à l'âge de trente ou qu'arante ans, on supprimait d'un seul coup et pendant l'une des premières années tous les brins qui ne doivent pas être conservés jusqu'à cet âge, il sn résulterait un ''rond vide entre chaque souche, et, le soleil desséchant alors la terre, la croissance du bois souffrirait beaucoup. L'éclaircie des taillis, et surtout de ceux qui doivent avoir une longue durée, doit donc être faite progressivement et de manière que le sol, étant toujours couvert, il ne se dessèche pas autant. Il faudra veiller aussi à ce que les brins, suffisamment rapprochés, croissent plus droits et plus élevés et que les nouveaux bourgeons qui pourraient naître intempestivement sur la souche après chaque eclaircie soient étouffés par le manque de lumière. Pour remplir ces diverses conditions, on opérera de la manière suivante. . j , j •.
Deux ans après la coupe des taillis, dont la durée doit être portée à trente ou quarante ans, on éclaircit une première fois. On laisse sur chaque .souche douze à quatorze brins, en choisissant de préférence ceux qui sont les plus rapprochés du sol, et on les répartit le plus régulièrement possible sur tout le périmètre de la souche. Vers la dixième année, on applique aux souches une seconde eclaircie. Le nombre de brins qu'on laisse sur chacune d'elles est déterminé par la vigueur de ces brins et par la distance qui sépare les souches; mais on lie doit pas, en général, en conserver plus de huit ou dix sur chaque souche. .
Pour les taillis qui ne doivent durer que de quinze 4 vingt ans, on n'éclaircit qu'une seule fois, ;\ l'âge de huit ans et on laisse sur chaque souche un nombre de brins un peu plus grand que pour les taillis de plus longue durée. C'est à ce moment qu'on pratique aussi le nettoiement et l'élagage des brins.
Si, malgré toutes les précautions que l'on a prises pour prévenir le développement de nouveaux jets à la place de ceux qu'on a coupés lors des éclaircies, quelques bourgeons paraissaient au pied des souches, on ferait passer dans ce taillis, âgé au moins de dix ans, un troupeau de bétail pour brouter ces brins, alln d'en accélérer la destruction.
Hclnircie îles futaies d'arbves non résineux. — La première opération k faire dans les jeunes massifs de futaie do chêne ou de hêtre, repeuplés au moyen de l'ensemencement, consiste .1 enlever, vers la vingl-quatnème aniK'o, tous les bois blancs dont la pi-ésence est devenue inutile pour abriter les autres es-pècc^s et<iui en gêiiçMit le développent. Mais cette piemièro suppression est in-
suffisante pour des arbres dont l'exploitation n aim lieu qu'à quatre-vingts ou cent ans et qui sont souvent placés H moins de 1 mètre de distance les uns des autres Ils devront donc être eux-mêmes successivement enlevés jusqu'à ce qu'il existe enTe chacun d'eux un espace suffisant pour qu'ils puissent attendre sans se gêner le moment de l'exploitation. Quant à cet espacement, il est subordonné :ui degré de fertilité du sol, à la nature des espèces qui peuvent croître plus ou moins serrées, ennn à l'âge qu'oïl laissera acquérir à la futaie. Dans tous es cas, ces éclaircies successives devront toujours être faites au moment où les arbres à enlever commencent à soulfrir et de manière que le sol soit constamment assez couvert pour ne p.as être desséché par le soleil ; les arbres devront toujours rester suffisamment rapproches pour qu'ils tendent à croître en h.auteur. Dans le plus grand iiombre de cas, ces éclaircies seront faites tous les douze ou quinze ans. , ., ,, , __
Eclaircie (les forêts résineuKS.- Les massifs d arbres résineux doivent aussi recevoir des éclaircies successives; mais l'expérience a démontré que, pour développer des tiges bien filé: s, ils ont besoin d'être plus rapprochés que lel arb-es non résineux. Quant à la distance à laisser entre eux, elle variera aussi suivant les espèces et la nature du sol : le mélèze et les épicéas seront tenus plus serrés que les pir.s. D'un autre côté, les mêmes espèces devront être plus rapprochées dans un terrain sec ei peu profond que dans un sol substantiel et profond. Lors de ces éclaircies progressives, on ne supprimera chaque fois que les arbres qui sont dépassés par les autres et qui sont sur le point d'être étouffés. j„„ „,
Elagarje des arbres de haut jet. - L'élagage des arbres plantés en plein bois et destinés à former des futaies est presque toujours inutile. En effet, ces arbres sont touiour<^ maintenus tellement serrés, que la lumière ne peut pénétrer au-dessous de leur tête et favoriser le dcveloppement des ramifications inférieures. A mesure que les arbres grandissent, ces ramifications se détruisent d ellesmêmes sans qu'il soit besoin de les retrancher. Toutefois lorsque, par une circonstance quelconque, ces arbres se trouvent plus ou moins isolés pendant leur jeunesse, tels que ceux qui, sous le nom de baliveaux, sont réservés dans les taillis ou bien encore ceux qui croissent sur les lisières des futaies, il faut, si l'on veut avoir des troncs bien droits et suffisamment élevés, leur appliquer 1 opération de l'élagage. Mais cet'e opération tout exceptionnelle doit être pratiquée :ivec une grande circonspection et avec les soins que nous indiquons plus loin, en parlant de l'élagage des plantations d'alignement.
Du marnage des bois. - L'emploi de !a marne a poiir effet de rendre les sols compactes plus perméables à 1 air et à l'eau et de favoriser la nutrition des plantes en rendant solubles dans l'eau certains principes utiles à la végétation. L'action de cet amendement calcaire, presque exclusivement employé jusqu'ici pour la culture des plantes herbacées, parait agir aussi efficacement sur 1 accroissement des arbres. Plusieurs observations nous 1 oiit démontré. Nous citerons, entre autres, un marnage exécuté sur un taillis situé dans la commune de Bacquevillo (Seine-Inférieure) et assis sur un sol .argilo-siliceux. Cette opération, faite immédiatement après ha coupe du taillis et pratiquée seulement sur la moitié de la surface d'un terrain parf.aitemcnt homogène et soumis anx mêmes innuenccs dans toute son étendue, a donné heu à une végénuion moitié plus vigoureuse sur la partie qui avait été marnée. L'efficacité de la marne pourrait être expliquée, selon nous, par la présence dans es terrains couverts de bois d'une grande quantité de débris organiques à l'état acide et, par conséquent, non solubles dans l'eau et que la présence del'amendement calcaire transforme en éléments nutritifs. Les terrains humides et surtout ceux qui sont privés de l'élément calcaire devront donc être soumis à cette pratique. On choisira pour 1 effectuer le moment de la coupe des bois, afin que la marne, entièrement exposée à l'action des intempéries et surtout de la gelée, so délite plus complètement. Quant à la quantité de marne à répandre sur une surface donnée et au laps de temps qui devra s'écouler entre chaque marnage, on pourra suivre les indications fournies par la pratique de chaque contrée à l'égard des terres labourées.
2» Travaux d'exploitation des bois et forêts.
L'exploitation des bois se compose en général de deux opérations bien distinctes : Vaménagement et 1 exploitation prupremcitt dite.
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De l'aménagement. — L'iiménngement est l'.irt ilo di viser une forêt en coupes successives ou de régler l'étendue ou l'âge des coupes annuelles de manitre A assurer une succession constante de produits. Admettons qu'il s'agisse d'un bois de 10 hectares exploité intégralement [ à chaque dixième année ; si l'on veut convertir ce produit périodique en un revenu annuel, on divise ce bois en 10 fractions égales qu'on exploite sui cessivement d'année en année : l'effet de cette nouvelle disposition est de permettre à chaque fraction de croître jusqu'à 10 ans, tout en assurant ù perpétuité une coupe annuelle.
En général, l'exploitation la plus restreinte doit embrasser un intervalle d'au moins 10 ans, parce <]ue ce laps de temps est nécessaire pour que les produits ligneux soient susceptibles de quelque valeur. Mais on a toute latitude pour choisir une période d'aménagement beaucoup plus longue; elle peut varier de 10 à 150 ans et même plus. La principale question ;\ résoudre est de savoir à q'iel âge on doit régler l'a ménagement d'une forêt po ur en obtenir le produit le plus avantageux possible.
Si un bois âgé de 10 ans ne développait chaque année qu'une masse de produit ligneux égale à la quantité développée pendant chacune des années précédentes, il n'y aurait d'autre avantage à l'exploiter à un âge plus ou moins avancé que celui d'avoir du bois d'un échantillon plus ou moins fort; mais l'expérience a démontré que le volume des arbres se développe suivant une progression qui s'approche de celle des carrés des nombres naturels. Ainsi, si le produit d'un hectare de bois âgé de 10 ans équivaut à 100, le produit du même bois présentera la progression suivante en avançant en âge :
A 20 ans,
iléqu
ivaudra à 400
On pourrait donc en conclure que l'aménagement devrait toujours être conçu de manière que l'exploitation n'arrive pour chaque fraction de la foiêt qu'au moment oti le plus grand nombre des arbres présentent des signes de décrépitude, c'est-à-dire à l'âge do 100 à 260 ans et plus.
A la vérité, on a cru reconnaître que le plus grand produit en matière ligneuse n'était pas en rapport avec le plus grand produit en argent; on a prétendu que plus l'aménagement avait do durée, moins le bénélice net était élevé, et cela en raison des intérêts composés des capitaux engagés dans cette culture; mais les recherches publiées récemment par quelques forestiers ont fait voir que la valeur de la superHcie permanente ou la richesse propre des forêt saugmentait sans cesse à mesure que l'on augmentait la durée de l'aménagement, et que cette plus grande valeur compensait et au delà la perte occasionnée par les intérêts composés. D'où il suit que l'on devrait s'en tenir .à notre première conclusion.
Mais on conçoit qu'il n'y a qu'un être moral comme l'État, dont l'existence est continue, qui puisse ado|)tcr un aménagement de 100 k 30(1 an.s et attendre pendant ce laps de temps la réalisation de ce produit. I.es communes, les particuliers ont besoin d'adopter des aménagements beauroup moins prolongés. D'un autre cûté, comme la durée de l'aniénagcmcnt influe nécessairement sur le modo de reproduction du bois après chaque exploitation, on a dû adopter, suivant la durée de chaque aménagement, un mode de culture différent. De là, les futaies qui se reproduisent uniquement au moyen des semences; les taillis sous fulaie» qui se régénèrent â la fois au moyen des souches et des semences; eiilln, les ttiillis propreiiiotit dit» qui sont entretenus sinilcmcnt au moyen du recru dn.s sonc lies. Disons muiiileiiant un mot de la durée de l'aménagement qui convient le mieux à chacuno do ce» sortes de forCIs.
AmiInagenienI l'es futaies. — Nous venotis de le dire, l'aménagomenl des forêts en fulnic» ne convient guère qu'à l'État, qui peut allcndre la réalisation do pareils produits. Quant à la durée d» raménagement, au puii t du vue du maximum du produit, il devra nécessiiirinii'iil varier suivant lu nature des cspices qui composent la (uuio, ^ous indiquons ici cette variutiun i
Eîiiéccj co.r(,n!i..l l.i futaie. Durée de 1',
Cliéne )
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Epicéa ) . . ,^ ■ , irt
c.„i„ ! 110 a lîO ans,
F.iable
Frêne
Orme
Tilleul
Pin.
.. 100 à 110 ans.
Mélc
70 à SO ans.
Buuleau.. ...... i Ks A c-
Aune.- J 5. a6oans.
Ces indications sont pour un sol de fertilité moyenne. Dans un terrain d'excellente qualité, la durée de l'aménagement devra être un peu augmentée; elle sera restreinte, au contraire, dans les sols de qualité inférieure.
Aménagement des futaies sur taillis. — Nous savons qu'on nomme fiiiaies sur taillis les forêts composées de baliveaux réservés dans les taillis à chaque exploitation. L'usage le plus général est de réserver 50 baliveaux par hectare. Supposons que la durée de l'aménagement du taillis soit de 25 ans, on réservera, lors de la première coupe, 50 baliveaux par hectare, en choisissant de préférence les brins provenant des semences. Lors de la seconde coupe, on ne réserve plus par hectare que 18 de ces baliveaux, et l'on abattra de préférence ceux qui sont faibles, difTormos ou trop rapprochés les uns des autres ; ces 18 baliveaux seront alors âgés de 50 ans. A la troisième coupe, ces baliveaux, alors âgés de 75 ans, seront réduits au nombre de 8 par hectare. A la quatrième coupe, ils auront 100 ans, et l'on n'en conservera plus qu'environ 3 par hectare; enfin, aux coupes suivantes, on pourra encore, lorsque le sol sera de bonne qualité et que ces baliveaux continueront de croître, en réserver 1 ou i par hectare. Lorsque tous les baliveaux ont ainsi successivement disparu, on fait une nouvelle réserve semblable à la première.
Toutefois, le notnbre des baliveaux que nous venons d'indiquer comme devant être réservés sur le taillis devra être un peu diminué dans les terrains humides qui ont besoin d'être aérés; on l'augmentera, au contraire, dans les terrains secs qui doivent être abrités contre l'ardeur du soleil.
Celte espèce de forêt présente en quelque sorte les avantages réunis de la futaie et des taillis. Ainsi, la coupe du taillis permet au propriétaire de réaliser une partie du produit à des époques rapprochées, et les réserves de baliveaux lui fournissent, comme la futaie, des bois de construction. D'ini autre côté, lors(|ue les baliveaux arrivent à un certain âge, ils répandent des graines qui concourent à la régénération du taillis.
Mais res avantages no peuvent se produire sans inconvénient dans toutes les circonstances. En effet, il faut d'abord admettre, comme première condition de succès, que l'aménagement du taillis sera réglé au moins à 'iO ou 25 ans. Si les réserves étaient faites sur un taillis coupé à 10 ans, par exemple, les jeunes baliveaux, n'étant plus serrés, ne croîtraient plus assez en hauteur, et l'on n'aurait ainsi que des arbres mal faits; en outre, leur tête étant très-large et peu élevée, le taillis du dessous serait bientôt étouffé.
Le succès dis futaies sur taillis exigeant une longue durée dans l'aménagement du taillis, cette sorte de forêt ne convient que pour les communes aisées ou les riches particuliers.
AmtUiagi'meut des taillis. — Si l'on a en vue, dans l'anu'nagcment d'un taillis, d'obtenir le produit le plu> avantageux sous tous les rapports, on devra, par suite du principe que nous avons posé plus haut, conduire la durée de l'aménagement jusqu'i'i sa dernière limite. Celte limite est délcrminéo par l'âge auquel les souches do chtiqne c.«pèce d'arbres peuvent dninier lieu â une nouvelle végétation, après la coupe des tiges qu'elles portaient. On conçoit, en effet, que, si l'on dépassait cet âge, oji verrait bientôt disparaître le taillis, pui,s(iu'il ne se pi'rpétne que par le recru successif dos -ciiuhes. Nous indiquons ici l'âge auquel les souches di^ cluiciue espi'çe cessent en général do donner de nouveaux recrus, après que le taillis a été exploité plusieurs fois.
EipAcel il'nrbroa. Dur^e oxlrllmo ilei loiicttos.
Chine ISOnSÎOaiis.
llilrc . '. tiO ' »û
Clinrnio 80 à 100
hO
FOU 1051
EsptVes d'arhrc?. Durée eTlrSme des soacheî.
Oi-ne 100 à 150 ans.
Frcne 80 à lîO
Bouleai 50 à 60
Aune ... 50 à 80
Tilleul 100 à 150
Alizier des bois 50 à 80
Allouchier 50 à 80
Peuplier 40 à 00
Saule 30 à 40
Tous les autres arbrisseaus 20 à 40
Mais si un taillis était aménagù à l'âge moyen de SO ans, par exemple, beaucoup de souches auraient disparu au moment de l'exploitation, parce que leur recru aurait été étoufl'é par la végétation des brins les plus vigoureux ; de sorte qu'après la coupe, les souches se trouveraient beaucoup plus esspacées que lors de la première année; le sol présenterait beaucoup B'ul*,'i>'o>V<ili de vides et, le terrain n'étant pas assez couvert, la végétation en souIVrir.ait. De là la nécessité de ne pas donner aux aménagements des taillis une dorée aussi longue que celle que l'on pourrait adoj ter si l'on tenait compte seulement de la durée des souches du taillis. Aussi les aménagements ne dépassent ils gnère 40 ans. Il s'en faut même de beaucoup que tous les taillis soient conduits jusqu'à cette limite. Le plus grand nombre sont exploités à des époques qui varient entre 10 et 30 ans.
Quant au choix entre ces diverses époques d'exploitation, il est déterminé soit par les besoins du propriétaire, besoins qui exigent que les produits soif nt réalisés à des époques plus ou moins rapprochées, ^ ^ j i ^ soit par la nature du sol et par les espèces qui dominent dans le taillis et font que celui-ci arrive plus ou moins vite au degré d'accroissement qu'il doit avoir pour être exploité avec avantage, soit enfin par l'usage auquel on destine les produits. Veut-on faire servir les bois aux ouvrages de fente, à l'exploitation Aei mines, etc., il faudra laisser vieillir le taillis. Possède-t-ia nn taillis composé uniquement de ' châtaignier, de coudrier, destinés à faire des cercles, il faudra le couper au moment oii les brins seront propres à cet usage. Un taillis de frêne s'exploite lorsque les perches ont atteint les dimensions propres aux ouvrages de charronnage. Un taillis de cliène doit être coupé avant l'époque où la qualité de l'écorce commence à se détériorer.
Tout ce que nous venons de dire relativement aux taillis démontre que cette sorte de bois convient surtout aux particuliers qui ne peuvent, comme l'État ou les communes riches, attendre une époque très- reculée pour réaliser les produits.
Exécution de l'aménagement. — Abornement. — Lorsque ces diverses questions sont résolues, on partage la surface de la forêt en autant de fractions que la révolution du mode de l'aménngement choisi compte d'années, et on limite chacune de ces fractions par un abornement. Autrefois, lorsque le sol avait peu de valeur, on marquait les limites de chaque coupe par des arbres auxquels on donnait le nom de pieds corniers; ces arbres, qui acquéraient des dimensions souvent colossales, étaient destinés à pourrir sur pied. Mais, aujourd'hui que les arbres et le sol ont acquis une plus grande valeur, 1ns limites entre les coupes sont déterminées par des bornes en pierre portant le numéro d'ordre des coupes. On emploie lo même moyen, ainsi que des fossés, pour séparer les forêts contiguès; mais il est plus convenable d'ouvrir une route mitoyenne sur tous les points de la propriété qui sont limitrophes d'une autre forêt. Celte route, bordée de fossés, ouvre une voie commode pour l'extraction des bois. Recnnnmsmnce des coupes précédentes. — S'il s'agit de changer l'aménagement d'une forêt, on devra le faire d'une manière progressive; les changements brusques, lorsqu'ils ne sont pas impossibles, ont au moins pour effet de priver momontanémcnt le propriétaire de ses revenus. On évitera cet inconvénient eu reconnaissant les coupes précédentes et en augmentant ou en diminuant leur étendue, selon que l'on voudra diminuer ou augmenter la dui ée de l'amén-igement. Admettons, par exemple, qu'un taillis f/S'/. ll'.Hi) do 30 hectares, aménagé d'abord â 20 ans, doive être exphiité avec plus d'avantage à 30 ans, les coupes, qui présentaient d'abord une
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lignes ponctuées de notre figure, seront réduites à 1 hectare, et le nombre s'élèvera de 20 à 30. Puis, au lieu de suspendre les coupes pendant lO ans, pour laisser à la plus ancienne (A) le temps d'acquérir 30 ans d'âge, on commencera l'exploitation l'année même, en coupant d'abord la parcelle (A) qui est la plus âgée. On conçoit qu'en opérant ainsi, le résultat cherché sera obtenu à la fin de la révolution de l'améniigement. On remarquera toutefois que le revenu du propriétaire sera diminué d'un tiers pendant les premières années; mais le taillis avançant en âge à mesure que l'on s'éloignera de la première année d'exploitation, il en résultera une augmentation telle dan? le revoim,qu'à la quatorzième année ce revenu sera égal à ce qu'il était lors de l'aménagement de 'JO ans, et qu'à la trentième année l'augmentation de produit sera dans la proportion de 2 à 3.
FIg. 1196
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g I 10 11 I la i3 1 1^ i5 I i6 1^ [ jS I 1^ I
il de l'amén-igement d'une foiêt.
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étcuduc de 1 lioctnre 60 centiares, comme l'indiqucut les
Forme et étendue des coupes. — La configuration des coupes ou ventes doit être déterminée de manière que l'exploitation soit d'une surveillance facile et que chaque vente aboutisse sur une route destinée à l'extraction des bois. Ces ventes sont ordinairement séparées par des chemins tracés en ligne drone {fig. U97). S'il s'agit de forêts aménagées en futaie et destinées à se repeupler au moyen d'ensemencements naturel*, il est bon de donner aux coupes une forme et nue étendue qui facilitent ces récnsemencements; sur une surface plane ou peu tourmentée, les coupes auront la disposition de rec-
Pig. 1197,
tangles très-allongés, de manière que les jeunes plants soient abrités par les arbres voisins. On dirigera :iutant que possible ces bandes de l'est à l'ouest pour procurer de l'ombrage aux plants. Pour les mêmes forêts en futaie, mais assises sur des terrains en pente rapide, on fait tourner les coupes suivant la pente du terrain , afin d'empêcher l'eau des pluies d'entraîner les graines, ce qui aurait lieu si ces coupes étaient dirigées parallèlement à la pente.
Il est bien important do conserver autant qno possible la contiguïté des coupes qui doivent être exploitées successivement et d'éviter que la traite des coupes ne se fasse à travers les jeunes recrus, U faut éviter aussi
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d"oHvrir la série des coupes an sud et an sud-onest, à cause des influences trop vives de la chaleur et des vents d'orage.
Qnant à l'iîtendue des coupes, doivent-elles offrir une étendue égale en superiicie ou donner seulement des produits égaux? Il est évident que, l'intérùt du propriétaire étant surtout d'avoir un revenu égal chaque année, les coupes devront avant tout présenter des produits égaux. Ces deux conditions se trouvent remplies si Ton a eu le soin d'aménager chaque partie différente suivant la nature du sol, les espèces qui forment les massifs et l'usage le plus avantageux que l'on peut en faire. A. Do Bn.
For.ÊTS (Exploitation piioprement dite des) (Sylviculture). — En général, les coupes de forêts sont vendues sur pied, et ce sont les acquéreurs qui tirent ensuite le meilleur parti possible de la vente, en donnant à chaque espèce d'arbre ou k chaque partie du même arbre la destination la plus avantageuse. Mais quelquefois aussi le propriétaire se charge de ces soins, il vend séparément les divers produits do son exploitation. Tontes les fois qu'on pourra s'occuper de ces détails, on ne devra pas hésiter à le faire, car on tirera un bien meilleur parti des coupes ; mais ce mode exige des connaissances spéciales, et il faut savoir séparer les arbres qui sont les plus propres aux usages suivants :
1° Bois de chauffage;
2° Cercles de futailles;
3° Échalas;
4° Perches propres à divers usages;
5° Écorces pour le tannage ;
(i° Bois propre à faire le charbon.
Dans une futaie, il faudra pouvoir distinguer :
1° Les bois propres à faire des pièces de marine ou de charpente;
2° Les bois propres aux ouvrages de fente ;
3" Ceux propres à la menuiserie et à l'ébénisterie ;
4° Ceux propres au cliarronnage;
5° Les bois '-ocherchés par les sabotiers ;
6° Les bois de chauffage;
7° Les menus bois et copeaux.
Ces divers produits sont d'abord mis à part à mesure que l'on exploite; on les façonne ensuite selon leur destination. Nous avoiib indiqué plus haut, en faisant l'étude spéciale des principtucs espèces d'arbres forestiers, les divers usages auxquels le bois de chacun d'eux peut être employé.
Évaluation des proiluilx d'une coupe.
Si la coupe est exploitée par le propriétaire et vendue en détail après qu'il en a fait façonner les diverses sortes de bois, il n'est pas difficile d'évaluer les produits de cette coupe, car il suffit de faire réunir en masse régulière CCS diverses qualités et d'en déterminer la quantité en mètres cubes; mais si l'on veut évaluer les produits d'une coupe sur pied, l'opération présente plus de difficultés.
Pour un bois eu futaie, il faudra, si l'on veut une évaluation exacte, mesurer , t,t II iscilémoiit chaque tige
|)iMir Cil connaître le volume en mètres cubes.
On mesurera d'abord la circonférence à I^.IG du sol, à l'aide d'une clialnelte en lil de fer divisée en centimètres.
On détermine ensuite la hauteur de la tige à l'aide de l'instrument imajjiné par M. Noirot i/uj. 11!)8). On place cet instrument, au moyen d'un pied planté en terre, à 10 mètres do l'arbre; on dispose horizontalement l'alidade (Ixo (A), au moyeu du petit niveau (C) en la dirigeant vers la iIko de l'arbre. On fait moiit<T lalidado mobile (Ujjusqu'au point oti elle permet do voir dan» »a direction le sommet de la tige; on Inlixe nu moyen d'une vlmle prcshion, et il ne s'agit plu» que de lire sur le limbe (1)) de l'instrument le nombre de mètres cl do décimètre»
Vif. llt»K.— Intlnlmi-r.l pnrii
qui expriment la hauteur de la tige au-dessus de l'instrument. 11 faut ajouter à cette hauteur la distance entre le sol et le point de la tige où l'alidade fixe est dirigée.
La grosseur du sommet de la tige est également déterminée à 1",1G de ce sommet. Pour connaître cette troisième mesure, il faut tenir compte de la grosseur de la tige vers sa buse et de sa hauteur, puis se rappeler que dans les futaies sur taillis la grosseur de la tige d'un arbre décroît de 0'°,08 par mètre de hauteur, et que dans les futaies pleines cette décroissance n'est que de 0°',04 par mètre. On ariivera facilement de cette manière à estimer la grosseur du sommet, et comme on connaîtra d'ailleurs la grosseur de la base, on pourra établir la grosseur moyenne, qui, jointe à la hauteur, permettra de transformer facilement la tige de chaque arbre en mètres cubes. Ajoutons qu'en prenant la circonférence du sommet et de la base de chaque tige, on devra déduire l'épaisseur de l'écorce, laquelle équivaut au cinquième de ces circonférences.
Pour évaluer le produit d'une coupe de taillis sur pied, on peut faire abattre un quart d'hectare dans la meilleure partie de la coupe, un quart d'hectare dans la partie médiocre et un quart dans la plus mauvaise partie. On fait soignensement débiter le bois provenant de chacune de ces portions, on additionne leurs produits réunis et le tiers du total forme la valeur moyenne d'un quart d'hectare. Quoiqu'il en soit de ces divers inodes d'estimation des produits sur pied, il est certain qu'ils laissent toujours un vaste champ à l'incertitude, et que l'estimation à vue d'oeil, par des hommes entendus et rompus il ce genre de travaux, présentera toujours plus de précision et sera en même temps d'une exécution plus simple et plus facile.
Exploitation des futaies.
Les futaies peuvent être exploitées de différentes manières, mais elles sont loin de présenter toutes les mêmes avantages.
Jardinage. — Ce mode consiste à parcourir toute l'étendue de la forêt et à enlever çà et li les arbres qui dépérissent et ceux qui sont parvenus à l'époque de leur maturité. Ce procédé présente surtout les inconvénients suivants : Il donne un revenu beatjcoup plus faible; l'extraction des arbres occasionne des éegàts notables ; les jeunes plants de recru, étouffés par les grands arbres, se développent très-lentement et un grand nombre périssent pendant leur jeunesse.
Coupes par blindes, — Au lieu de chercher çà et là les arbres milrs ou dépérissants, on fait chaque année une coupe pleine à laquelle on donne la forme d'un rectangle très-allongé ou d'une zone. Tous les arbres qui se trouvent dans c(^tte surface sont abattus, à l'exception de quelques porte-graines. Cette bande forme la coupe annuelle, qui se repeuple naturellement par de jeunes plants qui se trouvent déjà sur le sol et surtout par ceux qui doivent provenir des graines qui tombent des luassifs d'arbres entre lesquels cette lisière est resserrée. Dans la vue de favoriser les semis naturels, on enlève les herbes en grattant le terrain à la pioche. Les arbres isolés que l'on a laissés de distance en distance pour aider au repeuplement doivent être coupés aussitôt que le plant est assez épais et assez fort pour se passer d'abii. Toutefois on reproche à ce mode d'exploitation les deux inconvénients suivants : les réensemencements s'y font incomplètement et souvent les recrus périssent faute d'un abri suffisant ; en second lieu, ce modo donne prise aux vents, qui, pendant l'hiver, renversent un grand nombre des arbres réservés.
Coupes pur éclaircies. — Lorsqu'tm massif est jugé prochainement exploitable, il est mis en défense quelques années à l'avance; c'cst-à dire que, pour conserver les graines, le pâturage et le pacage y sont interdits. Quand le moment de l'exploitation est arrivé, on procède à l'assiette do la première coupe ou coupe sombre, en désignant pour l'abalago les iirbres situés dans les endroits les plus épais, de manière que ceux qui restent con'servcnt un ombrage égal à toute l'étendue du sol. Cette opér;ition importante et délicate a le doubleobjet de permettre au semis de lever et d'empêcher l'accroissement des herbes. L'air circulera à travers le massif, la lumière commencera à s'y introduire et les jeunes plants se développeront, en mémo temps qu'ils seront protégés contra le» gelées vX la chaleur.
Loisipie le plant, répandu uniformément sur le sol, a pris ime hauteur de 0"',30 & 0'",'iO, lorsqu'on n'a plus
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lieu de craindre que le soldl et la sécheresse le fassent périr, lorsque enfin le massif est bien garni, on procède à la coupe secondaire ou coupe c/aire. Dans celle-u on comprend une grande partie des arbres restants, en observant pour l'espacement de ceux que 1 on conseï vc des rè'-les à peu près semblables h celles de la coupe sombre. Ces arbres conservés subsistent jusqn It. 1 époque où le semis, ayant atteint une hauteur moyenne a un mètre, est devenu assez robuste pour Être expose sans inconvénient h n.inuencc de l'air, du soleil et des météores. A celte époque, on procède à la cowpe de/initne, laquelle comprend tous les arbres restants, sauf quelquesuns, destinés à servir de porte-graines dans les endroits que l'on ne juge pas sufllsaniment repeuplés.
Ces trois exploitations embrassent ordinairenrent une période d'environ dix années. La rareté ou 1 abondance des graines, la rapidité on la lenteur de la P™issaucc des plants en déterminent les épo'ines respectives. U""*, '" sols de bonne qualité deux coupes snlhsent pour opeiei le repeuplement. Les trois coupes ne sont indispensables que dans les terrains trop secs.
Des trois modes d'exploitation que nous venons d inaiquer, on devra généralement préférer le dernier, car u facilite surtout le repeuplement naturel.
Exploitation des taillis.
Deux procédés peuvent être employés pour l'exploitation des taillis, la coupe pleine et le furetage. Le premier procédé est le plus généralement employé.
Du. furetaye. — On appelle ainsi le mode d exploitaliouqui consiste à couper dans un t.aillis les plus gros brins, en laissant subsister les petits jusqu à 1 époque où ils auront atteint la dimension des premiers. Dans les bois où le furetage s'exerce, resploitation revient tous les dix ans dans la même partie de la foret. Sur chaque souche il y a des brins de "ois âges diflerents On coupe tous ceux qui ont plus de 0",3:J de tour, et on laisse subsister les autres. On conserve tous les brins de
^'^Les coupes nouvellement furetées sont couvertes d'herbes, de genêts, de brins cassés ou plies; mais quelnues années après on n'aperçoit aucune trace des deeâts que l'exploitation avait occasionnes, et les aroustes parasites sont étoulTés. Les petits brins, trouvant I espace nécessaire pour se développer, croissent avec force; et comme le sol n'est jamais découvert, les racines reçoivent une nourriture abondante; le taillis procure aux derniers jets des souches un abri contre les vents desséchants et contre les gelées. Ce mide dexploitatiun peut être avantageusement employé dans les terrains secs et légers, surtout pour le hêtre. Nous devons cependant faire remarquer que, le furetage ayant pour effet de rendre impossibles les repeuplements naturels, les souches s'épuisent, ne produisent plus après un certain laps ae temps, et laissent bientôt des vides nombreux dans les taillis. • .
Coupe et abalage des bois.
Fulaiea. — L'abatage des futaies se fait de deux ni,"i- Eières : les arbres sont coupés à blanc ou en pivotant.
Pour la coupe à blanc, on se sert ordinairement de la cognée On fait d'abord une entaille tout à fait à la base de^la tige et du côté où l'arbre doit tomber ; et, lorsque cette première entaille est assez profonde, c est-à-dire lorsqu'elle comprend environ la moitié du diamètre do l'arbre, on en pr;Uique une seconde du côté oppose, en augmentant progressivement sa profondeur jusqu .1 la chute de l'arbre; si l'arbre penche du côte oppose a celui où l'on veut (pi'il tombe, on fixe, près du sommet, un cible avec lequel on le tire.
On commence h remplacer, dans cette sorte d abalage, la cognée par la scie. Dans ce cas, on fait d abord une légère entaille avec la cognée du côté de la tige ou 1 arbre doit tomber; cette entaille doit être placée le plus bas possible, alln de ne pas diminuer la longueur du tronc Puis on introduit dans cette entaille la scie appelée pas.'.e-paitout, et on la fait manœuvrer par deux ouvriers. Lorstnic cette première section est ;issez profonde, on en pratique une semblable du côté opposé, on y introduit un coin, et, eu le chassant lentement, on détermine la cliule de l'arbre.
La coupe en pivotant consiste à faire une triinchee autour de l'arbre et à couper ses racines latérales; 1 arbre tombe. Cl l'on gagne .ainsi 0'",in ou (.'°,.-.() sur sa longi.cur. C'est à ce dernier procédé qu'oii devra généra-
lement donner la préférence: on ne perd alors aucune partie de la tige, et les racines ainsi coupées donnent souvent lieu à un nouveau recru. Quel que soit le mode d'.ibatage employé pour les futaies, il est d'un gr.and intérêt d'employer des bûcherons adroits, afin d éviter que la chute des arbres ne brise d'autres arbres voisins, ou nue l'arbre abattu ne soit lui-même endommage dans sa chute. Le mieux est d'élaguer sur place les arbres dont les branches ont quelque valeur.
Coupe des taillis. - Les taillis se régénèrent surtout par les nouveaux jets qui naissent des souches après chaque coupe ; il importe donc de les exploiter de manière à placer ces souches d.ans les conditions les plus favorables, pour donner lien à de nouvelles productions. Le mode de coupe le plus en usage consiste à couper les brins sur les souches sans attaquer celles-ci, de sorte nu'anrès trois ou quatre couches successives les souches s'élèvent au-dessus du sol et deviennent volumineuses. Mais comme, lorsque ces souches, dont le produu se développe toujours vers le sommet, viennent à périr, rien ne remplit le vide qu'elles laissent, on a propose de les couper entre deux terres, ;\ chaque exploitation, ou, tout au moins, de les ravaler immédiatement au-dessus du collet. Il en résulte que les nouveaux brins qui se développent, naissant presque toujours du sol, s y enracinent; la souche principale meurt, mais chacun des brins donne lieu à une souche nouvelle. Ce nouveau procijde n'est pas sans inconvénient : il arrive souvent, en etlet, qu'un certain nombre de souches ravalées à la surface du sol, ou même entre deux terres, ne repoussent pas. On évitera ces accidents en laissant intactes les souches de hêtre, d'aune, les grosses souches de chêne et ae frêne qui ont encore produit des brins vigoureux, et en ravalant, au contraire, les souches de charme, d orme de tremble, ainsi que les vieilles souches de chêne et de
"^ Dans tous les cas, la coupe des brins devra être faite le plus près possible de la souche, et, lorsque cette dernière devra être ravalée, on le fera immédiatement au-dessus du collet. Ces diverses coupes devront toujours être légèrement inclinées, afin que l'eau des pluies ne puisse y séiourner et déterminer la c.irie. , , ■
Epoque la plus favorable pour la coupe des bois. — De nombreuses expériences ont démontre que la saison la plus favorable pour la coupe des bois est 1 hiver, un a reconnu que les bois coupés pendant le repos de la végétation ne se gâtent p.as aussi promptement et ne se gercent pas aussi facilement; ils sont moins vite attaqués par les insectes et fournissent plus de chaleur que ceux abattus en temps de sève. ...
L'abatage des bois pendant lavégetation présente, lor»nu'ils'agit"dei,tillis, un antre désavantage: laséveduprintemps ;Tyant été dépensée au profit des brins que 1 on exploite, les recrus qui naissent sur les souches immédiatement ap:ès la coupe sont maigres, clietils, et ont a neine le temps de s'aoùter .ivant Ihiver. C est donc du ' mois d'octobre au mois d'avril que la coupe devra être pratiquée. U est toutefois une époque p us précise encore pour l'abatage des taillis; car si on les exploite au commencement de l'hiver, la coupe restera exposée jusqu'au printemps à toutes les inie.np.'ries, et le leciiJ seri moins vigoureux; il sera donc préférable, surtout dans le Nord, de ne commencer cette expU)it,ition qu après les grands froids, c'est-à-dire en février, et de la terminer en mars. . , ,
Qu.antà la question de savoir si l'on doit avoir eguid aux phases de la lune, nous pensons .avec Duhainel, 13audrillart, de Burgsdorf, etc., que rien ne justifie 1 opinion qu'on ne doive abattre les arbres que pendant son décours; il est donc indifférent db les exploiter pendant les différentes phases de cet astre.
Ecorcemenl du chêne.
La mcillcnrc écorce pour faire le tan est celle qui provient des taillis do chênes âgés de IS à 30 ans. L ecorce des chênes de ,W, 7f. et 80 ans sert bien au même usage, mais il faut qu'elle soit nettoyée, c est :\ dire que les rugosités soient enlevées. C'est du 10 mai .tu 10 juin que l'on enlève l'écorce sur les brins do cliCnc.
L'ouvrier abat la tige à la cognée, et au mo«u do sa serpe, il fe.ul l'écorc. et l'enlève ensuite à ." "lo ^ ime csuècè de spatule appropriée :\ cet usage. L ucorce ci -
ev'ée est imn,kliat.,\KM,t^nise en paquets. Quolqu^^^^ l'écorcenient se fait sur pied, ce qui est plus facile qu a-
près l'abataiiC, parce que ht sève se retire presque ans-
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sitôt que le brin est coupié; mais, si l'on est obligé de souffrir ce mode, il faut exiger que le brin soit abattu aussitôt après son Ocorcement ; car, si l'on tardait et que la souclie eût le temps de pousser des bourgeons, on les détruirait infailliblement en coupant plus tard le brin écorcé. On doit également veillera ce qu'avant l'écorcement sur pied l'ouvrier coupe circulairement l'écorce à la base de la lige; sans cette précaution, les lanières d'écorce enlevées pourraient se prolonger au-dessous du collet du brin et nuire à la nouvelle production de la souche.
Vidange des coupes.
Il est delà plus grande importance de ne point laisser trop longtemps dans les coupes le bois abattu : il enipèclie une partie des nouveaux jets de pousser, et le passage des hommes, des bestiaux et des charrettes nuit beaucoup à ceux qui sont nés. Pour les taillis, la vidante doit être faite avant la végétation des souches. Qu.int aux futaies exploitées par éclaircies, elle doit être efïectuée à l'instant même, .ivant le développement des jeunes plants. Lorsque le commerce du sabotage, des cercles, ou d'autres circonstances, imposeront la nécessité de laisser séjourner le bois dans la forêt au delà des époques que nous venons de fixer, on devra au moins le faire réunir le long des chemins ou dans les endroits vides. A. du Bn.
l'our ce que nous aurions à dire sur l'administration des forets, nous renvoyons à l'art. Eaux et For;È s du Diclionn. des Leil. et des D.-Arti de notre Encsclopédie. FORFICULK (Zoologie), Foi-ficu/a, Lin. — Genre â'insecles. de l'ordre des Orlhoptères, famille des Coureurs, caractérisé par : trois articles aux taises; les ailes pliées an éventail et se repliant en travers sous des étuis crustacés très-courts; le corps allongé, étroit, déprimé, avec deux grandes pièces écailleuses, mobiles, formant une pince à son extrémité postérieure; la tête est presque triangulaire, découverte, les .antennes filiformes, languette fourchue, corselet carré en forme de plaque. On rencontre ces insectes, plus connus encore sous le nont de Perce-oreilles, soit à terre, soit sur des plantes, dans certains fruits auxquels ils font beaucoup de tort, soit sous les écorces des arbres où ils semblent vivre en grande société. C'est l.'i surtout ([ue le jardinier doit les chercher pour les détruire autant qu'il le pourra.
Les curieuses recherches de M. Léon Dulbur ont particulièiemont dévoilé l'organisiuion intérieure do ces animaux ; elles sont consignées dans son Mémoire, Annal, des scienc. nalur.. l" série, t. XIII. Ces insectes lui paraissent devoir former un ordre particulier, qu'il nomme Labidours (du grec labis, idos, pince, et otirn, queue).
Parmi les espèces peu nombreuses que renferme ce genre, nous citerons particulièrement la F. aiiriculiiirc, Grand Perce-oreille (/•'. auriculurin , Lin.), longue de 0",0I4, biune, la tête rousse, les bords du corselet grisâtres, les pieds d'un jaune d'ocre, antennes de 14 articles. Cette espèce, bien connue de tout le monde on l'.urope, a été frappée d'une pros- — v,^^ yy' cription générale, soit en raison
N /^ ili's torts qu'elle cause dans nos
\jk/ A jurdins,soitparcequ'onasupposé \ iQ / i|n'('lle s'introduisait dans l'o-
^^JS,>' riillc; nous allons examiner briè-
vement ces deux raisons : pour la première, la proscription dont ces insectes sont l'objet n'est que trop JHStiliée ; en cll'et, pendant la nuit ils dévorent les jeunes pousses, les fleurs et les fruits. Ils s'attaquent particulièrement aux abricots, aux pêches, aux prunes, et même aux poires et aux pommes des espaliers, et quelquefois des arbres en plein vent. Ils font aussi h' désespoir des fleuristes, en rongeant les plus belles (leurs, œillcis, dahlias, etc., avant leur épanouissement. Le meilleur moyen qu'on ait trouvé jusqu'à présent pour »'opp"<iT A leurs ravage», c'est do leur fournir, près de.s ciulroits qu'il» fréqiicnlent,dcs relr;iitus où, après leurs Cxcur.'-ious nocturnes, il» puissent se réfugier à l'approche du Jour; ainsi des claies, des paillassons roulés, des pois à noura vides cl renversés, de larges ardoises, des miles, des pierres mises & plot sur un sol inégal, de» tige» creuse» de rosc.iii, de «meau, d'hélianthe, etc. Ou t employé aussi des coquilles d'escargots, des stibols do
Fi». 110». - Fotllciilc,
pieds de mouton ou de cochon, dont on garnit les baguettes que l'on met aux fleurs pour leur servir de tuteurs. Les forficnles, qui fuient la lumière, se réfugient dans ces cachettes, que l'on a soin de visiter tous les matins pour détruire toutes celles qu'on y trouve. On visitera aussi avec soin les troncs d'arbres, et on aura soin d'enlever les fi-agments d'écorce qui sont détachés et qui leur servent de retraite. N'oublions pas que les volailles en détruisent aussi un grand nombre, et que les oiseaux leur font une guerre acharnée. La seconde cause de la proscription dont sont frappées les forficnles est moins sérieuse. On a dit qn'elles s'introduis.iient dans l'oreille de l'I omme, perforaient le tympan, pénétraient mi-ine dans le cerveau où elles devenaient la source de désordres mortels. Depuis longtemps, les naturalistes et les médecins ont fait justice de cette fable hautement démentie p.ir Geoffroy, et si l'on doit admettre qu'un perce-oreille a pu s'introduire dans l'oreille externe d'un individu couché par terre, ce qui est vrai, il faut dire aussi que la présence d'un hûtc aussi incommode n'a pu être tolérée assez l'uigtemps dans un endroit aussi sensible pour lui permettre de perforer le tympan, et ,^ supposer qu'il eût été perfoié auparavant, r;matomie de l'oreille prouve qu'il n'avait aucun moyen d'aller plus loin et de pénétrer dans le cerveau. Du reste, il n'existe dans la science médicale aucun fait de ce genre, ei M. le docteur Blanchet, médecin des sourds-muets, qui a fait à ce sujet un grand nombre d'expériences, qui a scruté .avec soin ce que la pratique de ses dev.anciers et la sienne propre ont pu lui foiu-nir de documents, n'en ;i pas recueilli davantage. 11 fant donc rayer cette fable d^l'histoire de l'insecte qui nous occupe. La F. naine, Petii Perce-oreille {F. mitior. Lin.), qui n'a guère quefl'°,OOT à 0'°,008 de long, est brune, à corselet et tête noirs, pattes jaunes, se trouve fréquemment autour des fumiers. On la voit quelquefois le soir se brûler en venani voler autour de nos lumières.
Le nom de Perce-oreille, qui a surtout été cause dr l'antipathie générale que l'on a pour cet insecte, viendrait, selon quelques-uns, de la ressemblance que l'on a cru trouver entre les pinces qui terminent leur abdomen en arrière, et les petites pinces courbées dont se ser valent autrefois les orfèvres, lorsqu'ils voulaient percer le lobe inférieur de l'oreille pour y introduire des boucles d'oreilles, et qu'ils appelaient Perce-oreilles.
FORGER (Hippiatriquei. — On dit qu'un cheval forqr lorsque, dans les allures du pas et du trot, il touche les fers de ses pieds de devant avec la pince des fers de ceux de derrière. Ce défaut, qui produit un choc dont on entend facilement le bruit, se rencontre souvent chez les jeunes chev.aux qni n'ont pas encore acquis toute leui force; chez ceux dont le corps est trop court relativement i la longueur des membres ou dont les jambes de derrière sont trop allongées. Dans le premier cas, il disparaît ordinairement lorsque le cheval a acquis tonte sa vigueur. Ou remédiera autant que possible i\ cet inconvénient, dans le second cas, en raccourcissant la longneur de la pince ans pieds do derrière et en adoptant un feià crampons tronqué sur le devant aux dépens du bord externe et delà face inférieure; pour les pieds do devant, on se servira d'un fer à pince épaisse, à tâtons courts et mincesi.
FORGES ou FoncES-LES-EAUx (.Médecine, Eaux minérales). — Bourg de France (Seine-hiférieure), arrondissement et à 20 kilomètres S.-E. de Ncufch.^tel en- Bray , où l'on trouve plusieurs sources d'eau minéralr ferrugineuse bicarbonatée froide (trois anciennes et une nouvelle). Les trois anciennement connues sont la Cardinale, la Royale et la Reinette; elles paraissent devoir les propriétés toniques dont elles sont douées, surtout ;■» l'existence du protoxyde de fer ciénaté : la Cardinale en contient 0",na8 ; la Royale, ()«',n(i1, et la Reinette, «",(122: il y existe aussi une matière organique que l'on retrouve dans les canaux parcourus par ces eaux, mêlée à un dépôt ferro-c;dcaire.A l'état soc, ce dépôt contient: matière organique,!!'',! 17 ; se.siini'ixyile de fer et de manga!ièse. II»', 81 1 ; carbonate de cliaiix, coiifi'rves, t)",0c2. Les eaux do Foi'gos sont fraiichruieiit loiiiqiieset conviennent parfaitement dans la chlorose, l'anémie, etc. 11 faut commencer à boire l'eau do la Reinette, et arriver par degrés à celle de la source Cardinale, qui est supportée dillicilenieut lors(iu'elle est pure ; on peut trèsbien la mêler par parties égales avec la Reinette. Ces eaux, que l'on emploie surtout eu boisson, se conservent mal, à l'instar des principales eaux friuichemeiit ferrugineuse» (voyez FEHUn;iNi;t5i;s [Emu-). Elles ont été
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recommandées contre la stérilité, et leur vogue s'Cït accrue à la naissance de Louis XIV, arrivée quelque temps après un voyage qu'y avait fait Anne d'Autriclie; tout le monde sait que cette reine avait été stérile jusque-là. Elles ne sont pas trés-fréquentées aujourd'hui.
Foi;cES ou La CHAPELiESun-EnDRE (Médecine, Eaux minérales). — La Cliapellc-sur-Erdre est un village de France (Loirc-lnférienre), arrondissement et à Ifl kilomètres IV. de Nantes, à 1 kilomètre duquel existe une source minérale ferrugineuse bicarbonatée froide, d'une minéralisation faible. Elle ne contient, en cffei, que : carbonate de cliaux, 0s',0n.3:i; carbonate de magnésie, Os',01(iG; oxyde de 1er, 0s%0li)9, etc. Cependant, elle a été employée avec succès contre la chlorose, les engorgements des viscères abdominaux.
Forges- les-Bains, FoncEs-suB-Bniis (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Scine-et-Oise), arrondissement et à 22 kilomètres S.-E. de riamboiullet, où l'on rencontre plusieurs sources d'eau bicarbonatée mixte froide contenant en moyenne : carbonate de soude et de magnésie, C'.ISS; suHate de chaux et de magnésie, O^'fi'b; chlorure de sodium et de magnésium, 0«',I30; des traces de fer et de matière organique. Depuis une quarantaine d'années, ces eaux dont la minéralisation n'explique pas une vertu thérapeutique précise, sontpourtant employées contre les scrofules chez les enfants, et particulièrement ceux que l'assistance piibl;(|ue de Paris y envoie chaque jour. Maintenant quelle part faut-il faire dans les succès obtenus, d'une part à l'usage de ces eaux, d'autre part au séjour de la campagne, dans une vallée bien aérée et d'une salubrité recennue, aux soins de propreté, etc.? C'est à l'expérience à prononcer, après avoir tenu compte de tous les faits. En attendant, l'Académie de médecine, consultée sur la question, n'a pas voulu engager sa i-esponsabilité « au sujet de cette station, et a refusé, sur la considération de l'analyse chimique, de lui attribuer un caractère véritablement thérapeutique, c'est-à-dire d'admettre les eaux de Forges-sur-Driis au nombre des eaux minérales, etc. {Dict. des eaux minérales\ Comme on le voit, ce n'est pas une négation absolue, mais bien une prudente réserve qui ne piéjuge rien pour l'avenir et qui doit provoquer de nouvelles recherches. Ces eaux, du reste, sont administrées en bains et en douches dans un établissement indépendant decelui de l'assistance publique. F— n.
FORMATIONS géologiques (Géologie). — Vof-ez Terra rxs.
FORMES (Vétérinaire). — On doime ce nom à des tumeurs osseuses qui se développent autour de la couronne des pieds des chevaux. On les remarque le plus souveiit aux pieds de devant et de chaque côté du pied. Cette exostose se p" "^ n;e sous l'apparence d'une tumeur dure non adhérente à la peau, qui, en acquérant un certain développcuifnl, déternihie une boiterie intense, principalement lorsqu'elle est si i née sur le trajet d'un tendon ou de quelques ligaments. Cette maladie est grave surtout lorsqu'elle a déterminé la déformation, l'alrophie du sabot, l'ankylose, etc. En général, c'est une de celles qui résistent le plus aux moyens de traitement. Si l'on a quelques chances de réussir, c'est au début qu'il faut employer énergiquement les antiph'ogistiques, les résolutifs, les fondants, les vésicatoires, enlln les irritants, les cansiiques, boutons de feu appliqués soit en pointes profondes, soit en raies. Trop souvent tous ces moyens sont inellicaces.
Formes cnrsTALLiNES (Minéralogie). — Voyez Cristallisation, (Cristallin iSvsiiiME).
FOHMICAIRES (Zoologie), Formicariœ, Lat. — Nom d'une tribu d'/nsee/e.v, de l'ordre des Hyménoptères, scclion ào^ l'oiie-uiyuillon, famille des Ilétérogtjnes ; c'est le grand genre des Fourmis {Formkti, Lin.), « si vantées pour leur prévoyance, dont plusieurs sont si connues, les unes par les déjiàts qu'elles font dans nos jardins, dans l'intérieur même des habitations, oii elles attaquent nos sucreries, les viandes conservées et leur communiquent une odeur de musc désagréable; les autres, par le tort qu'elles font aux arbres en rongeant leur intérieur pour s'y établir et s'y propager » {Hè(jtie anima/). Les fonnicalres se distinguent par le pédicule do l'abdomen en forme d'écaillé ou do naïud; les antennes coudées, Icrn>inées ordinairement en massue ; la tête triangulaire; les mandibules très-fortes dans le plus t;rand nombre; l'abdomen est presque ovoïde et muni, dans les femelles et les ouvrières, tantût d'un aiguillon, tanlôt de glandes situées près de l'aïuis et qui sécrètent un acide particulier connu sous lenomd'acii/e/br/Hii/Ke (voyez Formique
[ociV/e]). Ces insectes vivent en sociélés nombreuses, et chaque espèce est composée de trois sortes d'individus, les nii'i/es et les femelles, qui ont des ailes longues, trèscaduques, et les neutres, sans ailes et qui ne sont que des femelles dont les ovaires sont imparfaits. Les mâles se distinguent par des antennes de I:) articles, la tête petite, les yeux très-grands, les mandibules faibles, l'abdomen terminé par des pinces ; ils sont beaucoup plus petits que les femelles; celles-ci ont des antennes de 12 articles, les mandibules très-développées, les yeux moyens et peu saillanis. Les neutres sont aptères, à tAte grande et globuleuse, avec des mandibules; ils ont des yeux moyens et pas d'ocelles. Nous renvoyons au mot Fourmi pour ce qui regarde les mœurs de ces insectes, leur organisation en société, etc. Cette tribu se divise de la manière suivante : 10 les Fourmis proprement dites; 2" les Polyergues; 3° les Ponères, comprenant le sous- genre des Odontomaques ; 4° les Myrmices, comprenant le sousgenre Éciton; 5° les Attes de Fabricius, OEcodumes de Latrcille; C" enfin les Cryptocères.
F0RM1CA^T (Pouls) (Médecine), du latin formica, foui'ini. — Galien a donné le nom de pnuls formicant à une espèce de pouls inégal, extrêmement petit, faible et fréquent et qui produit sous le doigt une sensation semblable au mouvement que ferait une fourmi en marchant. Il annonce une extrême débilité et un danger imminent. — On a aussi quelquefois désigné sous le nom de dou/cnr firmirinilr une douleur que l'on a compaiée à celle que pni(li:iiai'nt des fourmis qui s'agiteraient dans une partie du corps.
FORMIQUE (Acide) (C^HO^HO) (Chimie». — Liquide incolore, d'une saveur brûlante, d'une odeur vive, répand.ant à l'air des fumées quand il est monohydraté, se solidifiant au dessous de zéro, en donnant dos cristaux bien définis; sa densité est 1,145; son point d'ébullit'ion, 100" ; sa densité de vapeur, 2,126. C'est un produit fréquent de l'oxydation des matières organiques; il est cependant susceptible lui-même d'une oxydation plus avancée; en prenant 2 équivalents d'oxygène, il se transforme en eau et en acide carbonique, produit ultime de la combustion des substances carburées. Tiailé par l'acide sulfuriqne, il se convertit en oxyde de carbone. On peut extraire l'acide formique des fourmis rouges qui le sécrètent en quantité nntable, on mieux encore en oxydant l'amidon, la cellulose, à l'aide d'un mélange de peroxyde de manganèse, d'eau et d'acide sulfurique; mais, dans ces derniers temps, M. Certlielot a donné un mode de préparation bien plus commode et qui donne l'acide formique en abondance. Il introduit dans une grande cornue un mélange de I kilogramme de glycérine sirupeuse, de 1 kilogramme d'acideoxalique et de 1 On à 2(1(1 grammes d'eau; il chauffe avec précaution en ne dépassant pas 100". Des torrents d'acide carbonique se dégagent, et au bout do douze heures environ, l'acide formique qui a pris naissance est mélangé dans la cornue avec la glycérine non décomposée. On ajoute a'ors de l'eau, on distille, on neutralise le produit distillé par le carbonate de plomb; il se précipite du formiate de plomb ([u'on décompose ultérieurement par l'hydrogène sulfuré.
Formiate^. — lisent pour formule générale MO,C-HO'. Un grand nombre de formiates sont solubles: les principaux formiates insolubles sont le formiate de plomb, le formiate de protoxyde de fer, le formiate d'argent. Le formiate d'ammoniaque olVre celte particularité que, par la chaleur, il se dédouble en eau et acide cjanhydrique.
L'acide formique et ses composés ont été principalement étudiés par MM. Gehlen, Dôbereiner, Pclouze, Laurent, Berthelot, Guckelberger, Schlicper. B.
FORMULAIRE (Médecine). - On appelle ainsi les recueils des l'ecettes ou foj mules de médicaments. Les uns co itieiuient les pré par.M ions officinales que l'on trouve toujours dans les pharmacies et qui, pour la plupart, ont été dans l'origine composées par des médecins célèbres et plus tard adoptées, modifiées, réformées par les corps savants, (.'.es formulaires ont le plus souvent un caractère semi-officiel et contiennent un onsejnblo do formules sanctionnées et approuvées, des principaux médicaments que l'on (-(inserve dans les pharmacies pour le service des malades. Tel est le Ci'ilcx medicamentnrins de la Faculté do Paris. On peut citer encore les formulaires particuliers à l'usage des pauvres, des hospices civils, des hôpitaux militaires, etc. Toutefois, dans ces derniers recmuls, on ne trouve guère que les médicaments les plus usuels, et les médecins attachés à ces établissements y choisi.sscnt ceux qui sont & leur disposition et dont ils peuvent se servir dans le traitonieut des malades
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auxquels ils sont apiinlrs i donner leurs soins. II y a (les formulaires dans lesquels OJI ne trouve que des recettes particulières dues i des praticiens célèbres et qui ont obtenu une vogue plus ou moins méritée; ce sont des poudres, des pilules, des pastilles, des élixirs, des opiats, etc. Enfin, à la suite d'une pratique un peu longue, chaque médecin ne manque pas d'avoir son formulaire particulier, fruit de son expérience, formé en général d'un nombre assez restreint de médicaments simples ou composés, choisis avec !>■ discernement et l'aptitude propres à chacun et à l'aide desquels il a pu satisfaire à tous les besoins de sa pratique.
FORMULE (Médecine). — On appelle ainsi une près" ciiption phairaaceutique ou. pour parler vulgairement, une ordonnance de médecine indiquant quelle devra être la composition d'un médicament, désignant les substances qui doivent y entrer, les doses de ces substances et même la manière de préparer et d'administrer le médicament. L'art de formuler exige des connaissances trèsétendues sur les diverses propriétés physiques etchimi- (pies des médicaments, sur leurs provenances, sur les doses auxquelles ils doivent être employés, sur leur action physiologique; en un mot, c'est un art difficile, minutieux et auquel les jeunes médecins ne sauraient trop s'appliquer. Les substances qui entrent dans la composition d'un médicament ne doivent p.is être prises au hasard parmi toutes celles dont les propriétés sont analogues ; avant de les réunir dans ime formule, le médecin devra se rendre compte des modifications qui peuvent résulter do leur association, des réactions de leurs principes immédiats les uns sur les autres ; il devra aussi examiner comment, dans certains ras, il devra atténuer ou augmenter l'action physiologique et les propriétés thérapeutiques du médicament qui doit jouer le principal rôle dans sa forniide. Nous ne pouvons indiquer ici tout ce que demande d'atiention, de soin, d'exactitude et surtout de science, cet art qui vient résumer dans une formule le résultat de l'examen d'im malade, le jugement que poite le médecin sur la maladie et les effets qu'il attend de sa prescription. C'est un moment solennel pour lui, et le vieux médecin peut se rappeler que plus d'une fois la main lui a tremblé en écrivant sa prescription, dont le résultat pouvait être la guérison d'un chef île famille ou d'un enfant chéri. Disons encore que, pendant qu'il formule, le médecin doit donner toute son attention ;i ce qu'il écrit; il fera faire silence autour de lui pour ne pas être disirait; il écrira le plus lisiblement possible, les doses seront clairement indiquées, il relira sa prescription i liante voix, indiquera la manière d';ulniinistrer le médicament et les précautions qu'il pourrait y avoir à prendre. Les tiiédecins avaient l'habitude autrefois de formuler en latin ; cette méthode, qui pouvait avoir un bon côté, n'est plus dans nos usages. Nous croyons devoir aussi doimor une indication sommaire des signes employés autrefois dans les formules et que l'on retrouve quelquefois dans les auteurs et do leur valeur en poids décimaux. Toute formule commençait par ce signe U ou -f , qui voulait dire prenez et qui représentait plus ou moins exactement un R en latin recij)e. Le signe ["a placé en accolade après deux ou plusieurs substances indiquait qu'elles devaient être prises à la même dose; venaient ensliitejes signes suivants : Jt), une livre on 5i)0 grammes; 3, une once ou 32 grammes; 5, un gros ou '1 grammes; gr., un grain ou 0",05;3, lin scrupule ou 1«','J0. U y avait encore quelques autres signes, mais beaucoup moins usités.
Les préparations pharinaceutiques que prescrit le médecin sont de deux sortes : 1° les prcpainlinns officinales; ce Bont celles dont la composition est indiquée par le codex et que l'on trouve en çénér.-vl toutes préparées dan» les pharmacies. Il n'est point nécessaire d'en donner le détail dans la prescription; on les indique seulement avec le nom qu'elles portent dans le codex ; seulement le médecin doit en connaître la fornuilc, et lorsqu'il veut la modillcr. il doit l'indiquer clairement au pharmacien; ainsi les pilules «le M'-glin, par exemple, sont une pré|)aralion oflicinalo dont voici la formule : extrait de jusquinmc, extrait do valériane, oxyde de zinc, do chaque ï gramme»; faites, iielon l'art,;»; pilules; si le médecin veut changer In dose d'une de ces substances, il lera bien de l'écrire cti entier. ï° Les ;.r('/,«)vi^ioHv dites rniigiflriilei sont celles dont la composition est indlqmie en délai! par le médecin pour 1111 c.ns spécial et déterminé et que lu pliiirmaclcn prépare immédialeinent. Dans tonte formule, on distingue la base 0» subslance
aciice et les associations ; quelquefois on ajo ite ii cette base un ail/imaiil, un auxihmrc, qui a pour but le plus souvent d'augmenter soi énergie; parfois un correc/;/ dans l'intention d'adoucir son elTet trop énergique ; enfin Vexcipient sert de véhicule à la b.tse ; ce sont des infusions, des eaux distillées pour les médicaments liquides, des poudres de réglisse, de l'amidon, de la gonune dans les médicaments solides, etc. N'oublions pas le corps édulcorant, qui doit entrer dans la plupart des médicaments liquides, tels que les potions, les looclis, dans une proportion ipii rende le médicament supportable au goijt; ce sont les sirops appropriés à la maladie, le sucre, le miel. Nous ne répéterons pas ce qui a été dit ailleurs sur la fixation de la dose (voyez ce mot) des médicaments, nous ajouterons seulement un mot sur Vhabilude et la tolérance. Il est des médicaments qui, administrés d'abord à faible dose, peuvent être portés, au bout de quelque temps, à des doses énormes; ainsi nous avons vu de pauvres malades torturés par des douleurs incessantes qui ne pouvaient plus être calmées que par des doses effrayantes d'opium (plusieurs grammes) ; à côté de cela, il y en a d'autres dont il faut bien se garder d'augmenter les doses inconsidérément; ce sont les poisons qui désorganisent les tissus et qui agissent comme caustiques; l'expérience, aidée du raisonnement, devra guider le médecin dans ce cas La tolérance est bien une espèce d'habitude ; une des conditions pour qu'elle s'établisse, c'est de réitérer les doses à de courts intervalles ; mais elle se distingue de l'habitude en ce que cc;ie-ci persiste tant que Ion .administre le médicament, taudis que la tolérance cesse quelquefois tout à coup pend.ant l'administration de la substance, qui peut subitement révéler son activité et son énergie par une série d'accidents plus ou moins redoutables ; c'est alors que l'on dit qu'il y a saturation. F— N.
For.MiiLE (Algèbre). — Expression algébrique qui contient la solution générale d'un problème (voyez Algébiie). For.jiui.E CHIMIQUE (Chimie). — Réunion désignes représentant d'une manière abrégée la composition chimique d'un composé. Pour établir les formules des corps, on est convenu de représenter ch.aque corps simple par la première lettre de son nom écrite en majuscule et sui vie d'une autre lettre en minuscule quand cela est nécessaire pour éviter la confusion. C'est ainsi que l'oxygène, l'hydrogène, le carbone, le chlore, le cobalt... sont représentés par les signes 0, H, C, Cl, Cb... On est convenu, de plus, qu';\ ces symboles seraient attachées des valeurs numérii|Hes constantes pour chacun d'eux, variables de l'un àrautreetexprimantles proportions suivant lesquelles les corps simples se combinent entre eux (voyez EQt'tvALEMs). Ces proportions sont pour l'oxygène, 0=8; pour l'hydrogène, H = 1 ; pour le carbone C=G. Enfin, on est convenu d'écrire à côté les uns des autres les symboles des corps simples qui forment le composé, et, lorsqu'un corps simple y entre en plus d'une proportion, de représenter lu nombre de proportions dans lequel il s'y trouve par un chiffre placé .tu-dessus et i droite du symbole (|ni représente ce corps. L'oïjde de carbone et l'acide carbonique ayant pour formules chimiques CO et CO', nous en conclurons que le premier est formé par l'union de l> parties en poids de charbon pour 8 d'oxygène, et le second de G p;irties de charbon pour 1(1 d'oxygène.
Nous avons donné i l'article Equivalents le tableau des nombres proportionnels des divers corps simples, et à chaque composé, nous faisons connaître sa formule, en rappelant les nombres proportionnels des corps qui entrent dans sa composition.
FORTIFIANT (Médecine). — On donne ce nom :1 de* substances alimentaires ou médicamenteuses, auxquelles on attribue la propriété de ranimer les forces lors- (|u'elles paraissent aballues, de les augmenter lors- (|u'elles sont alfaililies. Celte dénomiu;ilion m:mqne d'exaclitudi' et di> précision, et ne peut servir à désigner un groiqie d'aliments ou de médicaments que l'on puisse caractériser d'une manière nette; cela tient surtout à ce (pie le mot faililesse n'a pas lui-même un sens bien déterminé. En efl'et, elle peut tenir à l'alTaiblissement d'un ou de plusieurs systèmes d'organes ; ainsi le système nerveux est-il frappé d'inertie plus ou moins subite, son innucncn peut se faire sentir sur le .système musculaire -. de \k un accablement, de rindoleiire, de la débilité, cet état céderai un agent excitant, din'iisil'le, alcooliipie , éfhéré, vineux, qui provoipiera le rélablissenu-iil de l'influx nerveux. D'autre» fui», il y a faiblesse générale par défaut de mitrilion, qui peut tenir ik dos causes divursvs;
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dans ce cas, il faudra rolevcr les forcos par «ne alimentation substantielle , aidée d'une médication tonique, excitante, etc., afin d'assurer une digestion parfaite et une assimilation réparatrice.
FORTIFICATIO.N (Génie militaire). — La fortification est l'art d'organiser une pi sition de telle sorte que le corps qui l'occupe puisse y résister sans désavantage à un corps de troupes plus considérable. Elle comprend deux grandes divisions : la fortiftcalion naturelle et la fortification artificiille. Nous ne nous occuperons pas de la première.
La fortification artificielle, c'est-à-dire créée par la main dos liomnics, be subdivise en fortification passagère et fortification permanente, suivant le but qu'on se propose d'atteindre. Lorsqu'une position, par son emplacement et par les richesses qu'elle renferme, est d'une importance constante, on l'entoure de fortifications permanentes, .^u contrai»e, lorsqu'il s'agit de fortifier un point auquel la position respective de deux armées ennemies donne une importance momentanée, on a recours à la fortification passagère.
Fortification passagère. — Les ouvrages qui ressorlissent de la fortification passagère prennent, en général, le nom de retranchements. Ils doivent remplir les deux conditions suivantes : 1° intercepter les projectiles de l'assaillant; 2° arrêter l'assaillant lui-même et l'empêcher d'arriver jusqu'au défenseur pour l'attaquer à l'arme blanche. On obtient ce double résultat en creusant un fossé suffisamment large et profond dont on rejette les terres du côté de l'intérieur, de manière à former une masse couvrante ou parapet destinée ii arrêter les projectiles et à présenter un obstacle à l'assaillant. L'ensemble du parapet et du fossé prolongés en ligne droite sur une certaine longueur porte le nom de face. En général, un ouvrage est formé de plusieurs faces faisant entre elles des angles dont le sommet peut être tourné à l'extérieur ou à l'intérieur; ils sont i'aîVlants dans le premier cas, et rentrants dans le second.
Si l'on suppose que le retranchement soit construit sur un terrain horizonlal. la hauteur du parapet au-dessus du sol est invariable, et si l'on imagine un plan vertical perpendiculaire à sa direction générale, l'intersection de ce plan et de la face est une figure constante à laquelle on donne le nom de profil droit, et doiit(^5r. 1200) notre dessin indique la forme générale : ABCDEF est le remblai ou parapet; GHIK est le déblai ou iossé; AK est la ligne du sol horizontal.
D, l'arête la plus élevée du remblai, s'appelle cre'te intérieure ou /igné de feu; les défenseurs font feu pardessus. Sa hauteur au-dessus du sol dépend de l'élévation de l'objet à couvrir ; la hauteur minimum est de 2 mètres pour l'infanterie et 'i'°,50 pour la cavalerie.
En avant de la crête intérieure est le talus DE auquel on donne le nom de plongée. C'est sur ce talus que les fusiliers appuient leur arme; EF est le tains extérieur, et l'arête E, intersection de la plongée et du talus extérieur, se nomme la a'éte extérieure. L'épaisseur du parapet est la distance de comprise entre les deux plans verticaux passant par les deux crêtes. Cette épaisseur varie suivant la nature des projectiles que doit employer l'assaillant, depuis .3". 30 pour les boulets de 12 jusqu'à 0"',50 pour les balles d'infanterie.
Les défenseurs font feu par dessus la crête intérieure, en montant sur la banquette horizontale BC dont la largeur dépenddu nombre de rangs de défenseurs qu'on veut y placer. On lui donne 0",.S0 pour un seul rang, et 1°',20 pour deux rangs. CD est le talus intérieur; AB le talus de banquette. FG est une petite bande de terre qui sépare le remblai du fossé ; on lui donne le nom de terme; elle a pour objet de reculer la masse du parapet, de m.inière que son poids ne fasse pas ébouler les terres du fossé, et, en second lieu, elle facilite la construction de l'ouvrage.
Le fossé se compose de trois parties distinctes : GH ou talus i'escarpe ; HI, fond du fossé; et Kl, talus de contrescarpe. La largeur du fossé, qui se compte tou-
ïig. lîOl. — Tra
jours à la partie supérieure, ne peut être moindre que de 4 mètres, afin que l'ennemi ne puisse le franchir avec des planches ou des madriers ; la profondeur est généralement comprise entre 2 mètres et 4 mètres.
Formes générales des ouvrages de fortification. — On peut regarder comme im résultat de l'expérience qu'au moment d'ime attaque le soldat abrité derrière un parapet dirige son coup do fusil iierpendiculairement à la crête. Il lésulte de ce fait que, dans les retranchements en ligne droite, les feux battint tout le terrain en avant depuis le sommet de la contrescarpe, si l'on a choisi convenablement la pente de la plongée ; mais le fosîé est évidemment au-dessous des coups p^irtant de la crête intérieure. C'est là un inconvénient très grave, car l'as-
: d'uii froj,! Jr farliricjlian.
saillant peut, en sacrifiant plus ou moins de monde, atteindre ce fossé, et il y est alors complètement à l'abri pour préparer ses moyens d'escalade.
Les faces formant entre elles des angles saillants ont le même défaut que les retranchements en ligne droite, c'est-à-dire que les fossés ne sont atteints par aucun projectile; mais elles ont encore un antre inconvénient, qui est la conséquence de la clireclion générale du tir. Considérons, en eUet, Icsdêles intérieures de deux faces d'ouvrage et élevons-leur des perpendiculaires à leur point d'intersection. Il est évident que tmite la portion de terrain comprise dans le secteur formé par oe« perpendiculaires ne srra atteinte par aucun coup de feu ; on lui doiuic le nom du secteur dépourvu de feux. Los
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assaiUants pourront donc s'approclier, sans courir aucun danger, du sommet de l'ouvrage en cheminant le long delà bissectrice de l'angle des faces qu'on appelle la capitale de l'angle saillant.
Le dernier inconvénient que nous venons de signaler disparaît, du moins en partie, lorsqu'on emploie une succession d'angles alternativement saillants et rentrants. Le premier effet d'.angles saillants à coté d'angles rentrants est de faire flum/tter le secteur dépourvu de feux; mais il y a encore un autre avantage, celui du flanqueinentà'ane partie des fossés quand les faces forment entre elles des angles convenables.
Lorsque les positions à défendre sont isolées et accessibles de tous côtés, comme un plateau, un village, etc., on les défond par un ouvrage fermé. Au contraire, si la position à défendre présente un front d'une étendue plus ou moins considérable qui no peut être tourné, les retranchements doivent occuper toute la longueur du front du côté des attaques ; on leur donne alors le nom de lignes. Si les lignes sont formées de faces jointives, sans autres interruptions qu'un petit nombre de passages étroits nécessaires aux communications, on leur donne le nom de lignes continuel. Mais si l'on défend le front au moyen d'une série d'ouvrages isolés, les lignes sont dites à intervalles.
Les principales formes employées dans la fortification passagère sont : le reclun^ composé de deux faces faisant entre elles un angle saillant tourné vers l'extérieur, et d'une ligne de gorge; la tenaille, composée de deux faces faisant entre elles un angle rentrant ; la lunette, composée de deux faces à angle saillant et de deux autres faces appelées ^««c^, faisant aussi des angles saillants avec les premiferes, et d'une gorge ; de la queue d'Iiironde, qui n'est autre chose qu'une tenaille augmentée d'une face à cluupie extrémité; enfin, le front bustionné dont le tr.icé esl emprunté à la fortification permanente, et dont nous nous occuperons spécialement plus loin.
Défilement. — 11 arrive rarement que le terj'ain sur lequel on doit asseoir un retranchement soit horizontal. Le sol offre le plus souvent des accidents qui changent le relief et iiuelquefois aussi le tracé de la fortification. Supposons, pour plus de simplicité, qu'un retranchement soit placé sur un terrain horizontal, mais qu'il y ait en avant dime des faces do l'ouvrage une hauteur située dans la limite de la portée des armes. Les coups de l'ennemi parlant de I'",50 au-dessus du sol de la hauteur et rasant la crête pJongent dans l'intérieur de l'ouvrage dont les défenseuis ne sont plus à couvert. L'art du défilement j;oiisiste à les garantir de ces coups plongeants. On arrive i ce résultat en mettant les crêtes dans un plan passant au moins à 3 mètres au-dessus du terreplein que l'on veut défiler, et laissante l'°,50 au-dessous de lui toutes les hauteurs dangereuses dans la limite de la portée des armes. Ce plan porte le nom de plan de défilement.
Notio7is Instorigucs .lur la fortification permanente, — Les premières fortifications bastionnées datent du milieu du XV' siècle. Les défenseurs d'une position, qui se contentèrent d'abord d'une ligne de pieux, durent pins tard rempliiccr le bois par la pierre, et s'entourer de murailles. On donnait à ces murailles de grandes épaisseurs, d'abord pour augmenter leur solidité, ensuite pour établir à la partie supérieure une large plate-forme sur laquelle se tenait le défenseur pour surveiller les mouvejnents de l'ennemi; la muraille était habituellement précédée d'un fossé. Le défenseur niont<; sur la plate-forme se trouvait en partie garanti par un mur ;\ hauteur d'appui. Lorsque ce petit mur était assez élevé pour couvrir complètement un homme, on l'interrojupait de distance en distance, et, dans ces intervalles, il arrivait seulement à hauteur d'appui : on disait que le mur était crénelé. C'était par les intervalles appelés c/(!««iwa;quc lo défenseur laii(;aità l'a'isaillant dus flèrhcs et des pierres.
l'ius tard, alln d'augmenter la défense du pied des murailles, on écarta du nmr principal lo petit mur supérieur, en le soutenant nu moyen de consoles de pierre. Un espace plus ou moins large existait alors entre les doux murs, et, à travere ces intervalles appelés wifîWu- 'oulis, le défenseur pouvait faire pleuvoir sur l'assaillant toute» sorte» de projectile».
Les fortillcaiion» très-élevécs au-dessus du sol, et composée» essentiellement de nnii,onneries,8esiiuliiirent pendant tout lo moyen Age ; mais l'invention de la pondre I li.'uiftca les symèmcs d'allaqnc et de défense. Il fallut, pour faciliter les manœuvres de» pièces d'ariillene, angucotorlAlargcur dcsplatv-rormcs, et se résoudre à abais-
ser les murailles que l'assaillant pouvait battre en brèche de loin. Oi songea bientôt à les couvrir par des terrassements; en même temps, on remplaça les anciennes tours élevées destinées à flanquer les fossés par des tours réduites au même niveau que l'enceinte, et trèsagrandies, qui prirent le nom de boul.'vards.
L'assaillant, changeant alors de tactique, abandonna les attaques sur les remparts proprement dits, et les reporta sur les boulevards dont le point saillant était plus faible. Ce fut alors qu'on introduisit la forme bastionnée à laquelle on ne saurait assigner de date précise. Les ingénieurs les plus célèbres par leurs travaux sur la fortification bastionnée sont : l'Italien Marclii, l'Allemand Daniel Speclcle, les Hollandais Freytag et Coêhorn., les Français Errard, de Ville, Pagau, Vauban, fondateur de l'école française, et Cormontainyne . La fortification de nos places fortes est basée sur les idées de Vauban, modifiées par Cormontaingne.
Tracé d'un front de fortificatihn. — Lorsqu'on veut entourer une ville de fortifications, on commence par lui circonscrire un polygone dont les côtés ont à pen près la même longueur. Ce sont les côtés extérieurs à' a.i\lVin\. de fronts bastionnés dont la réunion forme l'enceinte de le place. La ligne de notre tracé {fig. 1201) représente la partie supérieure de la maçonnerie de l'escarpe, ii, laquelle on a dornié le nom de magistrale.
Soit AB un de ces côtés extérieurs dont la longuenr varie entre 350 et 370 mètres. Sur le milieu O on lui élève une perpendiculaire 01 égale au sixième de sa Largeur, et on joint l'extrémité de cette perpendiculaire avec celles du côté extérieur; on obtient ainsi les directions des faces qui ont pour longueur le tiers du côté extérieur, et ijui donnent des feux croisés en avant de la ligue du front ; pour déf<'ndre en même temps et la partie du terrain en avant des deux points A et B et les fossés des deux faces, on en construit deux autres CE, DF, en abaissant des points C el D des perpendiculaires sur les prolongements des premières faces ; les dernières preiment le nom de flancs. Si les lignes de défense AF, BE, ont des longueurs convenables, les deux plans satisfont bien à la double condition de porter des feux sur le terrain en avant des points A et B, et dans les fossés des faces AC et BD. En joignant les points E et F, on obtient une cinquième face appelée courtine, qui doime des feux directs sur le terrain en avant de AB. Les angles C et D se nomment angles d'épaules, et ceux des flancs avec la courtine angles de flancs. A et B sont les saillants des bastions; le minimum de ces derniers angles est de GO degrés.
La nomenclature des différentes parties du parapet est la même que pour la fortification passagère ; la seule différence est dans le relief et l'épai.sseur. La hauteur de l'escarpe du corps de place est de 10 mètres quand les fossés sont secs, et 8 mètres qiuuid ils sont pleins d'eau. Au saillant du bastion, la crête a un commandement de 7 mètres sur la campagne, et se trouve à 3 mètres au-dessus de la magistrale. Un pan coupé, de i mètres do largeur, perpendiculaire h la capitale, permet de tirer dans cette direction. La crête de la face a une pente do 1",50 du saillant à l'angle d'épaule. Les crêtes des flancs et de la courtine sont horizontales, avec un commandement de «",50 sur la caïupague et uu relief de 2",.S0 au-dessus de la magistrale.
On arrive du sol de la ville sur le terre-plein du bastion au moyen d'une rampe inclinée généralement ;\ S mètres de base pour 1 mètre de hauteuir. Une rue de 8 mètres au moins de largeur, nommée rue militaire, sépare les pieds du talus de la fortification des constructions civiles.
En avant de l'escarpe est le fossé dont la largeur au saillant est de 30 mètres. Les fonds des fossés secs ont une pente vers le milieu; les eaux pluviales ou des sources se rassemblent dans un petit fossé auquel on a donné le nom de cunelte. En avant du fossé les terres sont soutenues, soit au moyen d'un mur en maçonnerie, soit par un sim|ile talus en terre, aussi roido que possible; c'est lacoiiirobcarpe. Au delà do la cœitrescarpe so trouvent h» glacis destinés à couvrir les niiiçonnerics do l'e.scarpe contrôles coups éloignés de l'artillerie.
Une ligne de fronts kistionnés ainsi organisés pourrait suffire, 4 la rigueur, A la défense- d'une place ; l'enceinte de l'ariicai construite dans ce système. Mais on se contente i arcment d'une défense aussi simple ; otl ajmile presque toujours sur chaque front basiionué quol- <iues ouvrage» de fortillcation dont le plus généralement employé est la demi-tune, qui a la forme d'un rcdau dont
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les faces s'nriùtent à la contrescarpe du coi-ps de place. Le long des contrescarpes du corps de place et de la demi-lune se trouve le chemin couvert, où le défenseur ost abritiS par le massif des glacis dont la surface en l'ente douce doit être parfaitement battue par tous les juvrages en arrière. P.
FOSSANE ou FosSA (Zoologie\ — Nom par lequel lin désigne à Madagascar une espèce de Mammifère au senre Geiielte (voyez ce mot), l'iveri'a foiisa. Lin., prol>re à Madagascar et au sud de l'Afrique. Elle a le des- ^us du corps, les flancs et la queue fauves, le dessous et les jambes bl.anc-jaunàtre ; des taches rou\-brun forment sur le dos quatre bandes longitudinales; et des Jerai-anneaux roussàtres surlaqueiie, quin'a que moitié Ida longueur du corps . Poivre, qui a envoyé, en 1761, i Buflbn la première peau bourrée de cet animal, préend qu'elle n'a pas de poche odoriKrante, ni odeur de ;iarfum. Cet animal est très sauvage, et, quoiqu'il mange volontiers de la viande, il préfère les fruits et surtout les bananes, sur lesquelles, au rapport de Poivre, il se jette avec voracité.
FOSSE (Auatomie), Fossa, du latin /"orf(o,je creuse.
— Les anatomistes ont employé ce mot pour désigner ■les eutoncements, des cavités plus ou moins évasées et profondes, dont l'ouverture est plus large que le fond ; il en existe un assez grand nombre dans le corps humain ; c'est surtout en ostéologie, quelquefois en splauchuologie,
lu'on a fait usage du mot fosse. Nous citerons les plus importantes.
Fosse c.imn'e. — Cavité plus ou moins profonde, existant de chaque côté à la face, en avant des os maxillaires supérieurs, immédiatement sur les dents canines. Le muscle canin s'attache à sa partie moyenne.
Fosse iliaque. — La F. iliaque externe est un espace large, concave, situé à la face externe et supérieure de l'os des iles, au-dessus de la cavité co(i//o!:rfe; elle est occupée par les muscles fessiers. La F. iliaque interne, F. iliaque proprement dite, est une large excavation qui occupe toute la face interne supérieure de l'os des iles, et oii s'insère le muscle iliaque.
Fosse jugulaire. — Cavité plus ou moins profonde située à la partie inférieure du rocher, sur le sillon qui résulte de son articulation avec l'occipital; elle loge le golfe de la veine jugulaire interne.
Fosse lacrymale. — Petit enfoncement que l'on remarque de chaque coté, en dehors de la portion orbitaire du coronal, et où se trouve logée la glande lacrymale.
FossE MALAIRE, FossE MAXILLAIRE. — Ce sont les fosses canines.
Fosse nasale. — On appelle ainsi deux grandes cavités situées dans l'épaisseur de la f.ice, au-dessous de la base du crâne, au-dessus de la voûte palatine, entre les fosses orbilaires et canines. Presque tous les os de la face concourent à les former. Elles sont tapissées dans toute leur étendue par la membrane pituilaire ,<\m est le siège du sens de l'odorat (voyez Nez, Nasales [Fosse*], Odorat.)
Fosse orbitaire. — Grandes et profondes excavations situées sur les eûtes du nez, au-dessous de la base du crâne et au-dessus des sinus maxillaires. Les os coronal, palatin, maxillaire, siihéiioide, malaire ou de la pommette, ethmoide, unguis ou lacrymal, concourent à former chacune d'elles. Elles renferment l'œil et toutes ses dépendances (voyez Œil, Orbite).
Fosse pariétale. — C'est la portion concave de la face iotorne de chacun des pariétaux. Elles correspondent aux bosses pariétales.
Fosse pitihtaiiie. Fosse sphénoîdale, Fosse turcioue.
— Ces mots servent à désigner une cavité peu profonde, creusée dans l'épaisseur du corps du sphénoïde, dans laquelle est logée la glande pituiiaire. On a cru trouver à cet enfoncement quelque ressemblance avec une selle turque, d'où lui est vcuiu aussi le nom de selle lurcique, ephipiiion (en grec, une selle de cheval).
Fosse ptérycoîdienne. — Excavations que l'on remarque à la face postérieure des apophyses ptérygoîdes, entre les deux lames ou ailes de ces apophyses. lOlles donnent attache aux muscles ptérygoidiens internes.
Fosse sous-épineuse. — Ou appelle ainsi la portion delà face externe ou postérieure de l'omoplate, qui est située au-dessous de l'épine de cet os. Elle donne attache .iu muscle du même nom.
Fosse sus-épineuse. — C'est la portion do la face externe do l'omoiilate située au-dessus do l'épinf. Elle donne attache au muscle sus-épineux.
Fosse sous-scapulaire. — Toute la face antérieure ou costale (le l'omoplate forme une coiicavitii peu profoudc
à laquelle on a donné le tîoin de F. sous-scapulaire. Le muscle sous-scapulaire s'y attache.
Fosse temporale. — Situées à la partie antérieure latérale du crâne, les F. tcmpora/es forment de chaquecôté de la tête une dépression bornée en haut par la ligne courbe temporale, et en bas par l'arcade zygomatique. Elle loge le muscle temporal. Quelques anatomistes les nomment F. tempor. extern., et appellent F. tempor. inlei'nes ou F. lalér. moyennes de la base du crâne, ua enfoncement situé de chaque côté de la selle turciqtie.
Fosse zygomatique. — C'est la continuation des fosses tcmporal'S, la partie la plus profonde de celles ci ; elles sont situées entre la face postérieure de l'os maxillaire et la partie adjacente du sphénoïde.
Fosse d'Amyntas (Médecine). — Espèce de bandage pour les fractures des os propres du nez, imaginé par Amyntas de Rhodes, et auquel Galien adonné le nom de son inventeur. Il se fait avec une bande longue d'environ C mèires,sur un travers de doigt de largeur. On la fixe d'abord autour de la tête, puis les tours viennent successivement se croiser sur la face, et surtout sur la racine du nez en formant une espèce d'X. Un tour de bande qui passe sur le bout du nez est destiné à relever les pièces osseuses situées au-dessus, en leur faisant faire une sorte de bascule.
Fosse a fumier (Economie rurale). — Voyez Fumier.
Fosse d'aisances (Hygièue),quenousemploierons comme synonyme de Latrines. — On sait ce que c'est qu'une fosse d'aisances ; cette expression porte avec elle son étymologieet sa définition. Il n'en est pas de même du mot latrines. Suivant Varron, expert en science archéologique, il viendrait du latin /<ii'«/irfo dont on aurait fait lavatrinœ, salle de bains, endroit où on lave, lln'aurait donc pas la même signification que chez les modernes. En effet, il n'y avait pas dans l'ancienne Romede latrines particulières, et le Tibre, dans lequel se déversaient de nombreux canaux, servit pendant longtemps de latrines publiques. Le mot /ojrina devait donc signifier le vase que l'on employait aux mêmes usages, et que l'on faisait laver et jeter dans les cloaques particulières conduisant à lagrande cloaque. 11 y avait aussi d'autres petites cloaques servant aux usages privés {usibus privntis servientes) (Marliani, topographie de Home). « Immunrlis quœcumque vomit tatrina cloacis (Columel.) : la latrine rejette toutes choses quelconques dans les immondes cloaques. » Longtemps avant. Plante avait dit : «. Non pluris facio quant ancillum meam quœ lavât latrinam: je n'en fais pas plus de cas que de la servante qui lave ma latrine. » Il paraît donc prouvé que les anciens n'avaient pas de latrines; tout au plus y avait-il dans les palais des espèces de cloaques conduisant par des canaux souterrains les immondices , soit dans le Tibre, comme nous l'avons dit plus haut, soit dans cette immense cloaque (ce mot est féminin en archéologie, d'après le Di'c'(. de l'Acad.), cloaca maxima, entreprise par Tarquin l'Ancien, et terminée par Tarquin le Superbe, l'an 2.39 de Rome, 600 ans avant Jésus-Christ, fions empruntons à M. Dézobry {Dict. géne'r. de biographie et d'histoire) quelques détails sur cette cloaque, que l'on peut bien considérer comme les latrines publiques de l'ancienne Rome. Elle « commençait vers l'extrémité nord du Forurn, le traversait du nord au sud, et aboutissait dans le Tibre, un peu au-dessous du pont Palatin, aujourd'hui le l'onte rotto. Sa longiieur était d'environ 000 mètres, sa largeur de •l",'!?, et sa hauteur, à partirdu sol, de plus de 10 mètres (Barthélemi ne lui donne que S mètres (l2 pieds et quelques pouces de hauteur) [Mem. de l'AcaJ. < tes inscript., t. XXVIII). Il était couvert d'une voiHc à plein cintre, de trois rangs de voussoirs posés en liais ou l'un sur l'autre, et alternativement en travertin et en pépérin. 11 en existe encore environ 170 mètres, à partir du Tibre. Ce qui distingue celte cloaque, c'est qu'elle fut fondée dans un marais, qu'elle est bâtie en grosses pierres de taille posées et jointes sans ciment, que le sol ofx elle se trouve est sujet aux tremblements do terre, et que cependant elle dure depuis environ 23C0 ans. » On voit que nos édiles parisiens ont, avec juste raison, fait de nombreux emprunts à ceux de Rome, et pour que l'analogie soit plus complète, Dion C.issius nous rapporte qu'après avoir fait curer et nettoyer ce canal, Agrippa voulut le visiter Ini-mêine, et qu'une barque le reçut qui le conduisitjusqu'au Tibre. Avec le temps, cet état de choses avait changé. Des latrines publiquesavaient été construites, dételle sorte que, vers la fin du iv' siècle, ^ au rapport de Publius Victor, leur nombre s'élevait à U i ; il est vrai que quelques écrivains ont réduit ce cliiT-
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fie à 4-4. Quoiqu'il en soit, puisqu'il y avait deslalrines publiques, il dut y avoir aussi des latrines particuliùres pour l'usage des somptueuses habitations des patricieHS, et particulièrement sous l'empire, dans les palaisdes souverains. On sait quel fut le sort de l'empereur Elagabale (Héliogabali;;, tué par les prétoriens, et dont le corps fut jeté oans une petite cloaque, cloacula (Lampride). D'autre part, on a trouvé dans les ruines du palais, sur le mont Palatin, des latrines construites en marbre. Il faut dire aussi que, dans un grand nombre de maisons considérables, bâties dans les quartiers excentriques de Rome, il n'y avait pas de ces petits réservoirs conduisant au grand é(iout collecteur, mais seulement des vases en bois, nommés sellœ /V(mi7ia;'e.$, dans lesquels on déposait toutes les immondices de la journée, et que l'on faisait trans. porter le soir par des esclaves dans la cloaque la plus voisine; c'est ce qu'on appelait .s/erf/WîVinmm. Et Columelle nous dit mûme qu'il en fallait deux, l'un pour recevoir les déjeclions récentes, et l'autre pour les anciennes qui, de li, sont conduites dans les champs. On trouve dans le dictionnaire nommé le Calepin, du nom de son auteur Calepino, la définition suivante de ce mot sterqui- /imuni : u Un endroit plein d'ordures , ou un réceptacle d'ordures, u
Ou trouvait aussi dans un grand nombre de carrefours de vastes amphores servant d'urinoirs aux passants ; ceux-ci, comme encore aujourd'hui, n'en souillaient pas moins trop souvent les édifices publics. On évitait ces malpropretés en faisant peindre sur les murs deux serpents, pour indiquer que c'était un lieu sacré.
L'usage des latrines dans les maisons particulières des modernes remonte assez haut , surtout dans les grandes villes. On peut voir dans le savant Rapport de AI. C/tevallier, sur le concours ouvert par la société d'encouragement pour l'industrie nationale, 1848, ce qui a été fait dans ce genre depuis 1348; à cette époque fut instituée nue pénalité contre les habitants qui ne nettoyaient pas la partie de la voie publique située devant leurs demeures; et en effet les boues, les immondices et les excréments rojctés dans les rues s'entassaient sans que personne prit soin de les enlever ; malgré les prescriptions de l'autorité qui, après le pavage de quelques rues, ordonné par Philippe-Auguste en II 84, enjoignaient aux habitants de balayer les ordures qui encombraient le devant de leurs maisons. Ces sages mesures n'eurent pas tout le succès qu'on était en droit d'en attendre; les habitants s'associèrent, par quartiers, pour louer un tombereau qui allait porter et verser au loin dans la jampagne ces ordures et ces immondices. Mais bientôt ces tombereaux mal construits laissèrent tomber incessamment sur la voie publique une partie des déjections ou immondices dont ils étaient remplis; de telle sorte que les habitants du faubourg Saint-IIonoré, que traversaient suitout ces véhicules, demandèrent i l'autorité de ne pas subir les effets des prescriptions contenues dans le rescrit. Bien plus, il arrivait souvent que ces tombereaux déposaient leur contenu tout simplement .sur les places publiques, si bien qu'en i;j'J2 il fallut défendie de porter pendant la nuit, sur la place de Grève, les fientes des latrines; et encore cette défense ne fut guère écoutée, puisqu'on 1395 un édit condamna les contrevenants à CO sols d'amende et à (!trejete\- en prison au pain et à l'eau. Enfin, on trouve dans des lettres patentes de Charles VI, en 1404, la mention que « plusieurs persoimcs portaient et jetaient dans la Seine tant de boucs, fumiers, autres ordures et inunondiccs, qu(^ CCS eaux en étaient corrompues et très-préjudiciabks i\ la santé publique. • Nous en avons dit assez pour justifier les rigueurs de nos admini^tralions modernes, dans l'accuoiplissemcnt des prescriptions qui leur sont imposées par les devoirs de leurs charges. Trop souvent l'ignoi-ancc, l'incurie, l'indifTérence, l'égoismc, l'intérêt mal i;lltendud(rs |)arliculicrs viennent lut 1er contre les mesures il« l'adinini'ilratiou éclairée par une longue expérience
i:t par les progrès do la bcicncc Iji nu iiuit la chaîne
lies temps, on voit combien l'i'li ii- r m M\>m'. a eu de
résistances il vaincre pour arrivi n sommes;
grûces lui .soient rendues pour r.i^ii.ii. vjj;iUiiite de ses membres, qui défendaient avec persèvrnuirc le di'prtt de la santé et du biin-élre public qui leui l'Iait ronth, iii préscnie surtout de c('tto incurie incoiicevahle de» habitants. Nous n'avons vu ju.sijn'à présent aucune» trace.i de latrines ou do fosses d'aisances; il devait pourtant exihtir quelque chose d'analogue, puis(|ue, dans une ordonnance altribiiéo au roi Jean en 1318, on donne le nom de cliamhrci basses, r/ue l'on dit courtoises, 6 dos
espèces de fosses d'aisnnces ou réceptacles souterrains qui existaient alors dans un grand nombre de cités, et que l'on appelait aussi fosses à priver,, fosses à retraits, conservant le nom de privez pour les latrines. Enfin, sous le règne de François I", un airët du parlement du 13 septembie 1533 rend obligatoire à Paris la construction immédiate de fosses à retraits dans toutes les maisons qui en sont dépourvues, à peine de saisie des loyers des maisons pour faire lesdites fosses. Il fut ordonné en même temps de faire vider ces fosses la nuit, au moyen de tombereaux fermés. Malheureusement ces prescriptions furent encore négligées, puisqu'un édit du parlement de 1551 dit que l'ordre de la police est éludé. Nous ne voulms pas mettre sous les yeux du lecteur cette série d'efl'orts de l'administration, tiop souvent vaincus par la résistance p.issive de la population, et nous citerons seulement pour nous résumer un ari-êt du parlement du 4 juin 1734, constatant que ces fosses n'existent point partout, et que les maisons du faubourg Montmartre particulièrement en sont dépourvues I Nous ne parlerons pas de la construction de ces fosses, que rien ne réglementait et qui étaient faites aux caprices des propriétaires. Sauf quelques mesures concernant le parcours des tuyaux, la confection des ventouses, etc., on n'avait pris aucune précaution pour les fosses; ce n'était souvent que de simples excavations pratiquées dans le sol, d'où s'échappaient les matières liquides; cellesci s'infiltraient dans la terre et allaient infecter les eaux souterraines qui alimentaient les puits du voisinage. 11 y avait encore un autre inconvénient, c'est que, lorsqu'on enlevait les matières solides d'une fosse, les liquides ambiants afiluaient dans la fosse vide, et les ouvriers vidangeurs couraient le risque d'être asphyxiés pendant leurs travaux.
Il Hiut arriver bien près de nous, jusqu'à 1809, pour voir modifier d'une manière sérieuse et salutaire un état dichoses aussi déplorable; à cette époque l'administration, éclairée par l'expérience des temps, imposa à tous les propriétaires, pour la construction des fosses d'aisances, une série dérègles dont les dispositions les plus importantes, résumées dans le travail de Parent-Duchatel (article Latrines du Dict. de rindust.), sont les suivantes :
1° Toutes les fosses auront sous clef une hauteur suffisante pour qu'un homme puisse s'y tenir debout.
2° On ne doit plus employer que des pierres siliceuses, réunies au mortier hydraulique, pour la construction du sol inlérieur, des murs latéraux et de la voilte.
3° Les angles seront partout arrondis.
4° L'ouverture pour l'extraction des matières aura une dimension triple de celle qui est nécessaire pour le passage d'un homme.
5° Enfin deux ouvertures seront ménagées, l'une pour la chute des matières, et l'autre pour donner issue aux gaz qui seront conduits par un tuyau au-dessus de la toiture des maisons.
Cis dispositions, sévèrement exécutées et sagement modifiées ;\ mesure que l'expérience vint éclairer l'adminislration sur de nouvelles exigences, ont en pour résultat la suppression successive, de la très-grande majorité des fosses perdues, qui auront bientôt complètement disparu. Une nouvelle amélioration, dont l'idée remonté jusque vers la fin du siècle dernier, est celle àa séparateurs ; elle est due à Gourlier, architecte de Versailles, en n88, il proposa de pratiquer dans la fosse une cloison transversale qui la diviserait on deux parties, l'une située immédiatement au-dessous du tuyau do déciiarge, destinée Ji conserver les matières solides, tandis que l'autre recueillerait les matières liquides qui déborderaient de la première. Ce système, dont l'application a iHé longtemps retardée, a enfin été adopté avec les mudilicalious qu'il a dil subir, et en 1831 et 1S.S4 l'adininislration eu u prescrit l'emploi. Son principal mérite est de rendre les vidanges plus faciles et moins dangereuses pour les ouvriers, moins incommodes et moins coùleuses; mais pour qu'il joigne 4 ces avantages celui d'enlever la in.tuvaiso odeur, il faut qu'il se complète par un bon système do ventilation (voyez Sri'AuvTiiuii, Vi;ntilation). Dans ces derniers temps, M. DeplaïKiuo a saisi l'adininistratiou d'un nouveau procédé qui a pour but de faire Ocimler dans l'égout « un liquide pres(pic inodore et privé de la majeure partie des matières org.iniques qui l'accompagnojit au moment do son excrétion, et qui seraient rctenuos dans la fosse par une décomposition et une précipitation continue et dans un état qui permettrait de les employer utileniont pour les besoins do l'agriculture » ("l'ardieu, Oict. d'Iiyjidnc publique). Co
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système, (îit fosse à siphon, est à l'essai et a besoin pour être apprécié de la sanction de la pratique (voyez Siphon [fosse à\).
A. Giraud, architecte distingué de Paris, a proposé, en 1785, le système des fosses mobiles, dont l'idée première appartient anx anciens. Celui de Giraud consiste dans une grande cuve placée dans une cave sons un châssis élevé, afin que l'air circule librement tout autour. C'est l'analogue de la fosse ordinaire. Sous le châssis, on met un petit réservoir portatif qui, au moyen d'un robinet de 0'",IU de diamètre et d'un large tuyau, reçoit les déjections. Lorsque le petit réservoir est plein, on l'enlève et on le remplace par un antre. Le séparateur a été appliqué aussi aux fosses mobiles, et l'administration parisienne en a prescrit l'emploi dans son ordonnance du 8 novembre 1851, qui porte, article 7 : A l'avenir, les appareils de fosses mobiles devront être disposés de telle sorte nne la séparation des matières solides et liquides s'opère dans les fosses.
Tout ce que nous venons de dire s'applique particulièrement à la ville de Paris ; malheureusement "il s'en faut de beaucoup, dit M. Tardieu, que l'usage des latrines et des fosses d'aisances soit aussi répandu qu'il devrait l'être. Il suffit de parcourir les rapports des conseils d'hygiène des départements, et particulièrement ceux du midi de la France, pour reconnaître d;ms combien de cités de premier ordre, les habitations sont dépourvues de latrines {Dict. d'hygiène), .i II résulte d'une telle négligence deux inconvénients graves. Le premier est l'insalubrité des logements, du pauvre surtout, causée par le méphitisme des matières fécales jetées sans soin dans des latrines mal disposées et tenues avec une malpropreté dégoûtante lorsqu'elles existejit, et, à leur défaut, répandues le plus souvent sur la voie publique, après avoir été conservées pendant le jour dans quelque coin des habitations. Si d'un autre côté l'on considère la mauvaise odeur qui s'exhale au loin des établissements où l'on recueille et où Ion travaille les matières provenant des latrines et des fosses d'aisances, on comprendra que le dégoût bien naturel pour ce senre de travaux impose aux administrationsmunicipalesl'obligationdeles éloigner le plus possible des grands centres de population, et surtout de provoquer par des encouragements de toute espèce les découvertes capables de transformer et désinfecter ces m.itières sans nuire â leurs qualités agricoles. C'est ce qui nous amène au second des deux inconvénients que nous avons signalés plus haut. La perte pour l'agriculture est considérable si l'on ne recueille pas avec soin, dans des fosses d'aisances bien construites, les matières fécales liquides et solides, pour les utiliser au profit de la culture des terres; nous ne pouvons entrer dans les détails que comporte ce sujet. Nous ne citerons qu'un chitfre d'après les travaux de M. Chevallier; les 1 GOO 000 habit;uits qui composent la population de Paris, en nombre rond, produisent chaque année 438 000 000 kilogrammes de matières tant liquides que solides, qui seraient capables de fumer très-fructueusement '2S non 000 d'hectares de terres, c'est-à-dire pli:s de la moitié du territoire de la France qui n'en contient que 52 7G0 798. Le problème â résoudre pour la construction des latrines et des fosses d'aisajices, consiste donc, d'une part, à éviter les miasmes délétères et les odeurs nuisibles et désagréables; d'autre part, à conserver toutes les matières liquides et solides, et à les enlever rapidement au moyen de procédés qui no présentent de danger ni pour la salubrité publique, ni pour les ouvriers chargés de ces travaux (voyez Viuanoes).
Quel que soit le système employé pour recevoir les matières fécales, elles doivent être conduites par des tuyaux de décharge et de raccordement dont la construction demande certaines précautions ; ainsi ils devront être aussi directs que possible; les courbes qu'on sera forcé de leur faire subir ne présenteront p;is d'angles où les matières pourraient séjourner; leur surface sera lisse et polie ; on choisira pour les construire des matières qui ne puissent être altérées en aucune manière par l'action des gaz ou des ordures liquides et solides qui devront les traver^,er; ils devront être en fonte et les joints seront bouchés avec du mastic; ils auront un diamètre au moins de 0°',20. Ces tuyaux sont bien préférables à ceux de poterie, souvent mal cuits et mal ajustés.
Quant aux latrines elles-mêmes, on distinguera dans leur construction ce qui regarde les ealiinets d'aisances d'une part, d'autre part les siili/es. Le sol des cabinets devra avoir une inclinaison sullisuntc du cAté de la fosse
afin de procurer un écoulement facile aux liquides urineux ou autres tombés par accident, il sera coiistruit en bitume ou en dalles jointes au ciment romain, surtout dans les latrines des établisseraents publics, ou dans celles destinées â plusieurs ménages; il devra être uni et ne présenter aucune cavité où les pariies liquides puissent séjourner. Les murs seront peints. De plus, ce cabinet sera pourvu d'une fenêtre, et la propreté la plus scrupuleuse sera maintenue au moyen do lavages f»équejits. Cl Nous sommes disposés, dit M. Tardieu, A adopter ce principe paradoxal que le cabinet d'aisances doit être le lieu le plus propre d'un établissement ; » on pourrait dire aussi, d'un appartement. Quant au siége,\\ sera de bois de chêne, avec un couvercle également de chêne, poli et ciré ; au-dessous, ou enchâssera dans du bois dur, de la pierre ou de la fonte, une cuvette de faïence ou de terre cuite vernie. Plusieurs moyens ont 'été proposés pour éviter la fuite des émanations méphitiques qui remontent de l'intérieur de la fosse. Les cuvettes inventées par MM. Rogier et Mothès, constituent jusqu'à présent le meilleur système de fermeture hermétique. C'est une simple valve en forme de cuiller mobile sur un axe par une de ses extrémités et qui s'abaisse sous le poids d'une très-petite quantité de liquide. Placé à l'orifice du tuyau de conduite, il se relève de lui-même aussitôt que la pression a cessé, de manière à empêcher l'issue des émanations fétides. Dans les latrines particulières, on fera bien d'avoir un plancher de chêne ciré.
Mais toutes ces précautions prises, il restera encore à se préserver des miasmes et de l'infection produite par les émanations de la fosse et des tuyaux de chute, qui peuvent remonter de la fosse dans le cabinet. C'est ce qui arrivera toutes les fois que la force élastique des gaz de la fosse et du conduit est plus grande que celle du cabinet. On remédie à cet inconvénient par un ensemble deprorédésque l'on trouvera exposés aux mots Ventilation et Vidanges , et qui reposent sur la construction du tuyau d appel dont il a été question plus haut. Nous n'entrerons pas dans de plus longs détails sur ce sujet et surtout sur ce qui regarde la construction, la surveillance et l'entretien des latrines et des fosses dans les établissements publics (consultez l'article Fosses d'ai- SAKCFS du Dict. d' /njgiéne publique, par M. le professeur Tardieu, 2" édition).
Mesures administratives. Voici les principales dispositions administratives qui règlent cette partie si importante des services publics.
L'ordonnance concernant le service des fosses mobiles, du 5 juin 1834, porte :
Art. 28. Il ne pourra être établi dans Paris, en remplacement des fosses d'aisances en maçonnerie ou pour en tenir lieu, que des appareils approuvés par l'autorité compétente.
Art. 20. Aucun appareil de fosses mobiles ne pourra être placé dans toute fosse supprimée dans laquelle il reviendrait des eaux quelconques.
L'article 30 réglemente la profession d'entrepreneur de fosses mobiles dans Paris.
L'article 31 dit que le transport des appareils aura lieu de 7 heures du matin à 4 heures du soir du 1" octobre au 31 mars, et de 5 heures du matin à 1 heure du 1" avril au 30 septembre.
Les articles suivants prescrivent aux propriétaires qui voudront établir des fosses mobiles d'en faire la déclaration préalable à la préfecture de police ; un plan de la localité sera joint à cette déclaration. Los appareils seront établis sur un sol rendu imperméable, et disposés en forme de cuvette. Ils devront être enlevés et remplacés avant que les matières débordent, mais seulement après une déclaration faite à la direction di^ la sulubriié. Nous avons doiuié plus haut l'arlicle 7 de l'ordunijance du 8 novembre 1851 qui prescrit l'emploi des appareils séparateurs pour les fosses mobiles.
L'ordonnance du 23 octobre 1850 réglemente ce qui est relatif aux fosses d'aisances. Elle ordonne de ne cons-
uire ni de réparer aucune fosse sans une déclaration
réalable, avec plan de la fosse à construire ou à répa- ', à moins que les travaux ne soient prescrits par l'architecte de l'administration. Défense de combler dos fosses ou de les convertir en caves sans la permission du préfet de police. En un mot, ne procéder à aucun travail dans les fosses sans déclaration et autorisation. Les ouvriers travaillant dans les fosses devront être ceints d'un bridago dont l'aitache sera tenue par un ouvrier placé à l'extérieur. 11 y aura toujours autant
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d'ouvriers en dcliors qiraii dedans de la fosse. Les propriétaires 011 eiilrcprenciirs seront responsables, etc. (voyez les mots E^CBliME^TS, Fumier, Pi.omb, Sépara- TEiiR, Siphon (/bs*es o)> TuïAUX d'appel, Urines, Ventilation, Vidanges, Voirie, etc. j
Ouvrages à consulter : Redi. ..»• la nature et leseffets (tu méf'hitisme des fosses d aisances, par Halle, 1185. — Mém. sur la construction des latrines pul//igiies et sur /'assainissement des latrines et des fossesd'aisances, ipar Darcet. — Rech. sur leméphitisme des fosses d'aisances, par Dupiiytren, Tliénard et Barruel (Journ. de nie'd., t. II.) — Bapp. sur les ame'lioralions à introduire dans les fosses d'aisances, etc., par MM. Labarraque, Chevallier et Parent-Duchatelet {Ann. d'hijg., etc., t. XIV). — Dict. de l'industr., art. Latrines, parParcntDiicliatelet. — Observations sur le méphitisme et lu <lc^ni/(/i-iiii>i des fosses d'aisances, par M. A. Giiérard, Annales i/'hi/i/icne, t. XXXII. — Bafip. adressé à S. E. il. le Ministre de. l'intérieur sur la construction et l'assainissement des latrines et des fosses d'aisances, par Grassi, 1 858 {Ann. r/V,!/j., 1S59). F— N.
FOSSILES (Géologie), du latin /"ossi/is, enfoui. — L'étymologie de ce mot le rend applicable à toutes les substances extraites du sein de la terre, et c'est dans ce sens qu'il fut d'abord employé par les minéralogistes; il désignait alors en inCme temps des minéraux proprement dits et des débris de corps organisés conservés dans les roches. Linné appliqua ce nom à sa troisième classe du règne minéral, et partagea cotte classe des Fossilia i'.ii trois ordres : 1° Fossi/ia terrœ (sable, ocre, argile, humus); 2° Fos'ilia concreta (caillou, stalactite, poudingue, etc.); 3° Fossilia peti-ificata (zoolithe, ornitliolithe, phytolitlie, etc.) . Peu à peu les corps compris dans ce dernier ordre, et désignés d'abord sons le nom de pétrifications, conservèrent exclusivement le nom de fossiles, et actuellement les géologues et les minéralogistes français s'accordent généralement à nommer fossiles tous les débris ou traces de corps organisés, animaux ou végétaux, que l'on trouve dans les matières minérales dont le sol est constitué, et dans une position et des conditions telles que ces ètr es organisés ont dû exister avant que la roche où on les rencontre ne fût formée.
Il y a longtemps que des débris, des moules, des empreintes d'animaux et depl.intes observés dans les roches extraites des mines et des carrières ont fra|ipé l'atter.tion des savants ou des philosophes; mais on peut dire aussi que pendant longtemps leur véritable nature, leur origine et les phénomènes généraux, que leur existence nous doit révéler, furent absolument méconnus. Cette ignorance des observateurs est restée naïvement empreinte dans le nom mémo do jeux de la nature (lusus naturœ), qui servit longtemps i dé.signer ces corps bizarres, parce qu'ils n'étaient pas compris. Parmi ces jeux de la nature, celui qui étonnait le plus les savants dos anciens ;iges était la présence dans le sol des montagnes, de coquilles analogues à colles que la mer rejette sur ses rivages. La première vue exacte sur ce phénomène se trouve dans l'ouvrage des Faux et fùntaiwi, publié en 1580 par le célèbre liernard Palissy. Pythagoro parait avoir admis autrefois ces niOmos idées, autant qu'on en peut juger par ce que nous en disent les auti'urs anciens, Ovide, par exemple (Mdtaniorii/i., liv. XV). Dans un remarquable exposé de l'en.seipnement de Pythtigoro, le poète romain, développant la tliéorie de la traiisfnnnalion indélinie dos êtres tiTicstr(;s et de la matièrii de notre planète, met dans la bouclio du philosoplio ionien dcj vers dont voici le sens : « J'ai vu par moi-inéme ce qui jadis fut une terre ferme devenue actuellement une mer; j'ai vu des terres produites par l'océan, et loin des mers reposent dos coquilles marines, et procul a pclnr/o
amchn: jncuere marina- ce qui fut une plaine devient
une vallée par la chute des eaux courantes, et l'inondation nivelle une montagne en une plaine unie. »
«' Un potier de terre, qui ne savait ni latin ni grec, ostil dit dariB V Histoire de l'Académie des sciences de Paris, année 1720, fui le premier, vers la (In du xvi* siècle, qui osa dire dans Paris, et .^ la face de tous les docteurs, que les coquilha déposées autrefois par la mer dans le» lieux où elle» se trouvaient alors, que dos animaux et surtout des poissons avaient ildnné aux pierres fif/ur<fes (os.senient.s fossile») toutes leurs (bllVicntes ligures et il défia toute l'école d'Aristute d'ailaquer .M>a
prcuvci : c'est Bernard Palissy, Saintongeoi», aussi grainl pliydiclcii que la nature en puisse former un ; cepemlant sou système a dormi près de ceit ans, et le nom iiW'iiie de l'auteur wl presque mort, tiillii, les idées Uc Pulissy
se sont réveillées d.ans l'e.sprit de plusieurs savants; elles ont fait la fortune qu'elles méritaient, u Buti'on,en 17 40, citait ce passage dans sa théorie de la terre, au début d'un exposé de ses idées sur les coquilles et autres productions de la mer, qu'on trouve dans l'intérieur de la terre, et, comme si ces idées mêmes formaient à ses yeux le fondement d'une théorie de la terre, il prenait pour épigraphe de son oeuvre les vers d'Ovide que j'ai cités tout à l'heure. Notre grand naturaliste démontre avec une force incontestable que les coquilles, les poissons pétrifiés, les madrépores, les fragments de test de crustacés et d'oursins, s'ont des dépouilles d'animaux ayant vécu dans les mers qui ont baigné la surface des continents actuels, et qui ont travaillé à la form.ition tics roches o\i se rencontrent ces débris organiques. Il signale en même temps l'existence, dans le sein de la terre, d'ossements d'animaux terrestres et do végétaux fossiles étrangers à nos pays, et il y voit les traces d'un monde que le temps a détruit. Comment comprendre qu'en présence de ces interprétations sagaces de faits laborieusement réunis, Voltaire, avec une raillerie mesquine, ait ridiculisé sans examen ces premiers efforts de la géologie nais.sante ? Les poissons fossiles sont pour lui des poissons rares, rejetés de la table des Romains, parce qu'ils n'étaient pas frais ; les coquilles ont été rapportées etsemées sur leur chemin par les pèlerins du temps des croisades. « Comment se peut-il, s'écrie Bu'lon, que des personnes éclairées et qui se piquent même de philosophie aient encore des idées fausses sur ce sujet? » Et le savant prend soin de réfuter sérieusement ces misérables objections !
Cinquante ans plus tard, le 1" phiviôso an V (20 janvier ni)"), Georges Cuvier ouvrait une ère nouvelle à la géologie et ;\ l'histoire des fossiles; il lisait à la nouvelle Académie des sciences son premier mémoire sur les e'ie'phunts fossiles. Ce grand homme donna un sens tout nouveau à l'étude des fossiles. « Les savants, dit-il dans son Discours sur les révolutions de la surface du globe, étudiaient, à la vérité, les débris fossiles des corps organisés mais, plus occupés des animaux ou dos plantes considérés comme tels, que de la théorie de la terre, ou regardant ces pétrifications ou ces fossiles comme des curiosités, plutôt que comme des documents historiques, ou bien enfin se contentant d'explications partielles sur le gisement de chaque moi-ceau, ils ont presque toujours négligé de rechercher les lois générales de position ou de rapport des fossiles avec les couches. Cependant l'idée de cette recherche était bien naturelle. Comment ne voyait-on pas que c'est aux fossiles seuls qu'est due la naissance de la théorie de la terre ; que, sans eux, l'on n'aurait peut-être jamais songé qu'il y .lit eu dans la formation dn glnln de, , ], i|iips successives et une série d'opérations ditVéi' uns ; i;u\ seuls, on eflèt, donnent la certitude que le t;l"ljo n'a jias toujours eu la même enveloppe, par la certiinde oii l'on est qu'ils ont dCi vivre i la surface av.ant d'être ainsi ensevelis dans la profondeur. Ce n'est qu(^ \mv analogie que l'on a étendu aux terr.iins primitifs (terrains cristallinsl la conclusion que les fossiles fournissent directement pour les terrains secondaires, et, s'il n'y avait que des terrains sans fossiles, personne ne pourrait soutenir que ces terrains n'ont pas été formés tous ensemble. C'est encore par les fossiles, tonte légère qu'est restée leur connaissance, que nous avons reconnu le peu que nous savons sur la nature des révolutions du globe. Ils nous ont appris que les couchi's i|ui les recèlent ont été déposées paisiblement dans lui liquide ; que leurs variations ont correspondu à colles du liquide ; que leur mise à nu a été occasionnée par le tiaiis|)ort de ce liquide; que cette mise i nu a ou lieu plus d'une fois : rien de tout cela ne serait certain sans les fossiles. » Celte sorte de programme d'une science nouvelle fut admirablement rempli, et la paléontologie ou science des êtres anciens date de Ciivier et lui survivra longtemps. Bien des travaux ont enrichi cette science sans .sortir de la vole tracée par son fondateur, et aujourd'hui encore l'histoiro des fossiles repose sur les priii. i|H s ('i,il>lis par lui.
\\.iiii 'I' ]'i'-i un coup d'oeil sur les principales sortes di II ili .pu l'on rencontre dans les couches du globe, il rsi bciii de leiiiercliei- comment ces débris ont pu 80 conserver et quelles inuisfonmitioiis g.'iiénili's ils ont pu subir. Il est bien icuiiiu de tout le iiioiule que dans les conditions les plus ordinaires les cadavres d'animaux, les débris de végchaux se détruisent après un ti iiips qui n'est pas fort long; les parties molles cèdent les proniièii's :■! la décomposition et ne durent en général que quelques années; lus parties curiiijes, osseuses, i^i;iiou»uSt
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rjsistent mieux, mais, après uii ou deux siècles, la plus grande partie des ftresqui ontvi'cu à une cei'IainoOpo- <iue ont disparu jusque dans leurs moindres traces. Il le faut bien, car tout nous enseigne que, comme le disait déjà Pytliagore, rien ne périt dans notre monde, tout se transforme et reparait sons une nouvelle face, naître ■c'est commencer i être autre chose que ce que l'on a
(■té mais, au milieu de ces transmutations, la somme
de matière demeure constante (Ovide, Jl/fVom., liv. XV). Les générations qui périssent doivent donc livrer leur matière à celles qui les suivent ; la conservation prolongée de ces cadavres troublerait indubitablement la |)roduclion de leurs descendants, si elle devenait un fait quelque peu général. C'est donc exceptionnellement que se conserveront intactes certaines dépouilles d'êtres vivants ; il faut que peu de temps après la mort une matière non putrescible et incrustante les enveloppe, les Iiénètre, les ensevelisse ou les pétrifie. Les eaux seules charrient des matières de ce genre, et ce sont elles qui nous ont préparé les fossiles. Mais qu'on ne s'y trompe pas, bien que le nombre des débris fossiles que nous rencontrons soit considérable, dépasse même toute imagination, un petit nombre d'entre eux conservent encore la jnatière qui les a constitués pendant leur vie. D'abord les parties molles ont disparu, et nous n'en retrouvons parfois des traces que dans les empreintes ou les moulages qu'elles ont laissés dans la matière minérale fossilisatrice. Quant aux parties dures, bien souvent leurs formes seules subsistent, la substance minérale amenée par les eaux s'est lentement substituée à la matière organisée et en a fréquemment pris tout à fait la place. Ainsi des myriades d'êtres vivants qui ont peuplé les diverses époques de l'histoire primitive de notre globe, le |)lus grand nombre a péri sans qu'aucune trace de leur être subsiste aujourd'hui; un grand nombre néanmoins <int laissé dans le linceul minéral, que les eaux leur ont fabriqué peu à peu, des empreintes, des moulages, des pétrifications; beaucoup moins d'entre eux nous ont transmis véritablement quelque portion de leur corps demeurée plus ou moins intacte, malgié les siècles. Constant Prévost a démontré que la formation des fossiles n'est pas d'ailleurs un phénomène particulier aux époques antérieures à l'âge actuel, mais qu'aujourd'hui encore sous nos eaux il s'en forme peu i peu, comme cela s'est fait auparavant ; mais ils demeurent, comme les dépôts oii ils s'enfouissent, inaccessibles, quant à présent, a nos investigations.
En résumé, on peut distinguer parmi toutes les traces d'êtres organisés auxquelles s'applique aujourd'hui le nom de foisilts :
1" Les fos^i/es proprement dits ou les parties d'animaux ou de plantes conservées sans altération ou à peu près : ce sont des os, des dents, des cornes, des ongles, des piquants, des écailles, des coquilles, des carapaces de crustacés, des madrépores, des fragments de buis; encore la conservation n'est-elle complète que dans les terrains les plus récents, et les altérations sont d'autant plus grandes que l'on retrouve ces parties dans des couches plus anciennes.
2° Les pétrifications ou débris organiques dont la substance a été complètement remplacée par des molécules de matière minérale, sans que les foriues cara'-téristiques, et souvent la structure intime, aient cessé d'être reconnaissables; les matières minérales qui ont le plus souvent imprégné de cette façon des débris organiques sont le carbonate calcaire, le sulfate calcaire, la silice, le fer oxydé.
3° Les moiilrs et empreintes qui sont des reproductions de foriiics extérieures des êtres vivants ou de quelques-unes do leurs parties; tantôt le corps moulé a été détruit, et la matière minérale environnante nous a conservé en creux le moulage ou plutôt l'empreinte de ses formes; tantôt, dans un moule en creux de ce genre, de nouvelle matière minérale s'est introduite et a donné un moule en relief. Ainsi nous sont parvenues les formes départies molles incapables de se conserver; ainsi nous ont été léguées parfois jusciu'aux empreintes de pas du quadrupèdes, d'oiseaux, de crustacés, sur les grèves sablonneuses des mers anciennes, durcies aujourd'hui en des masses de grès (voyez KiwenEiNTES).
4" 11 est une di'rnière sorte de débris d'origine organique qu'il faut mentionner ici, malgré leur nature singulière, ce sont les cuprolites ou matières fécales fossiles. Tantôt ces matières forment de petits amas comparables aux couclios de guano de l'époipie actuelle; tantôt elles ^'observent au milieu de débris rulravant uu animal et
correspondant à la cavité abdominale, de telle sorte que ces coprolites étaient évidemment contenus dans l'intestin quand l'animal a succombé ; tantôt enfin les coprolites sont de petits corps arrondis, souvent contournés en spirale, de consistance dure et d'une couleur blonde ou grise. On a souvent dans les coprolites reconnu des fragments concassés d'animaux, coiunie cela se voit communément dans les matières fécales de poissons, de reptiles. La forme des coprolites a permis de reconnaître souvent la classe ou luême la famille des animaux qui les ont produits.
Ces diverses sortes de fossiles se rencontrent dans les diflérentes couches des terrains de sédimoiit, suivant uu ordre qui va être indiqué un peu plus loin. Mais auparavant il convient de consigner ici quelques résultats généraux dune haute importance : 1° Si l'on compare les débris fossiles d'êtres vivants avec les parties analogues des êtres actuelleiuent vivants auxquels les preniiprs ressemblent le plus, on rencontre rarement une ressemblance assez exacte pour regarder les espèces comme identiques. On est donc amené à cette conclusion remarquable, que les espèces animales et végétales rjiii ont peuplé lu surface du globe aux diverses périodes dont les terrains de sédiment sont les traces, étaient différentes des espèces qui la peuplent dans la période actuelle. C'est seulement dans quelques dépôts récents que l'on trouve des fossiles identi(|ues avec des espèces encore vivantes. — 'i° Non-seulement les espèces d'êtres organisés de l'époque présente sont ditTérentes de celles des époques géologiques ; mais la même différence s'observe ordinairement entre les espèces d'une époque quelconque et celles des époques antérieures. — 3° On ne voit jamais une espèce, rencontrée dans un terrain et disparue dans les couches immédiatement superposées, se montrer de nouveau après une certaine période; chaque espèce a eu son temps et a disparu ensuite définitivement. — 4» En outre, plus on remonte vers des terrains anciennement déposés, plus les espèces d'êtres organisés sont dissemblables à celles qui vivent aujourd'hui. Il en résulte qu'elles nous donnent l'idée de genres distincts de ceux que nous font connaître aujourd'hui le règne animal et le règne végétal, et nous admettons qu'il y a des genres perdus, comme il y a des espèces perdues. — ô" En exaniinai)t di'S terrains plus anciens encore, nous reconnaissons de la luême manière qu'il a disparu des groupes de genres qui formaient de véritables familles naturelles; enfin l'étude des terrains le plus anciennement déposés nous révèle des formes si éloignées de celles des animaux et des plantes de notre époque, qu'il faut les rapporter h des ordres, à des classes maintenant sans représentants et disparues à jamais.
Ces résultats généraux de l'étude des fossiles nous font concevoir dans celle de notre globe uue série de périodes o\i les conditions générales de formation des terrains, de végétation et de production animale étaient successivement ditTérentes. Aussi les espèces fossiles sont-elles propres, par leur présence ou leur absence, à faire reconnaître les terrains les uns des autres et à déterminer les limites exactes des époques géologiques qui ont précédé celle où nous sommes en ce moment. Cuvier et .M. Brongniart ont, les premiers, montré dans leur ouvrage sur les terrains du bassin do Paris combien l'étude des fossiles de chaque couche en révélait nettement les rapports d'âge avec les autres couches voisines, et donnait de la certitude pour reconnaître soit cette même couche dans d'autres localités, soit, dans d'autres localités aussi, les couches contemporaines d'une nature minérale dilTérente (voyez TtnnAiNS). Mais dans le présent article, préoccupé surtout de faire connaître les principaux fossiles, je laisse de côté les inductions que leur étude fournit pour l'histoire même des terrains, et je m'attache à l'indication des principaux types d'êtres organisés antédiluviens, aujourd'hui connus.
COUP d'ceil Sun les rniNciPAUx fossiles. 1" Période paléozoique.
\. Epoque enmhrirnne et silurienne. — Cette première époque de l'.ipparition des êtres vivants nous» laissé des débris d'animaux appartenant aux quatre embranchements du règne animal, de telle sorte que dès l'origine les quatre grands plans d'organisation suivant lesquels sont conformés les .animaux actuels furent représentés dans la création.
l'aruii les auiuiaux Vertébrés, ce sont des Poùsens
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fomposant divers pcnres ùteiiits de la sous-classe des Chondroptéî'yyiens ou Poissons carlilagùieux , famille des Sélaciens; c'est auprès des Cestrucions de Cuvior que ces genres perdus viendraient se grouper.
L'embranclieiiientdes.');-^!eu/éiOu .■In/iete était surtout représenté dans cette première période par un groupe de Crustacés assez différents de ceux que l'on connaît aujourd'iini pour former au moins une famille, sinon un ordre distinct, sous le nom général de Trilobites (fig. 1202, 1203). Les fossiles de ce groupe nous montrent, en général, la forme d'un bouclier ovale, composé d'articles divisés en trois parties par deux dépressions longitudinales symétriquement placées de cliaque côté; le plus antérieur de ces articles est beaucoup plus grand et constitue une plaque voûtée, arrondie, portant deux yeux à f icettes scmbhblfs i ceux des crustacés actuels, que nous nommons Limules tfi^ Ull). On présume que ces
Fig. 1202. — Tnlubile (Pi
crustacésévideniment marins, au moins pourle plus grand nombre, vivaient loin des eûtes ou dans les bas-fonds, réiuiis en familles nombreuses, qu'ils nageaient sur le dos, et que, leurs pieds entièrement charnus no pouvant les (ixer solidoiiiint aux corps submergés, iN devaient habituellement ;.i; mouvoir sans cesse dans les eaux. I/époque silurienne a vu le maximum de développement des trilobites dont aucune espèce ji'a survécu à la lin de la période carbonifère. Dans cetoidred'uiiiuKuixéli'iiiis, on a pu (lislingiicr jusciu';i sept faniillrs (laiiblrsi|uilli's se distribuent plus de vingt genres (voyez Tnii.OBiïESl.
Une. autre classe d'animaux annulés, celledes.lHJieViVte, avait aussi des représentants dans ces mers du premier âge de la création vivante, car ou connaît dans les couches cambrietnies une belle espèce do Néréide représenléc ici par la ligure 1204.
De» genres nombreux, dont quelques-uns se sont perpétué» jusqu'à notre époque et dont la plupart se sont éleinls, représentent, aux époques canibricnnc et silurienne, le» principale» classe» d'animaux Mollusques; je ne puis tpio citer ici quelques-uns des plu» remarquable». Le» genre» de Cé}>lialo]ioiles qui vivaient à cette époque BC rapportent tous au groupe de» Nnuliles ou Ci'phiil'iiioilrs h coquille» divisée» par des cloisons en un grand nombre de chambressuccessives. î.'un des plu» répandu» parmi ces genre» aujnurd'liiii éteint» est le genre l.ilnile liitni on voit ici une des espèce» (/ir/. 120.')). On peut encore citer le» genre» ff'i/rocdrn/i7e et Orllionlrrililr dont nous retroiiveron» lia nombreuse» espèce» h l'époque mivante. Le» espèce» de Mnltusi/ucs gruli'miuiilis de cette époque »e rapportent à quebiut^s Kcnie» enion^ ciUlants, le» genn^» Sntice, Cubuchuu, llel':ih>i, ou, en
Fig. U03,
bien plus grand nombre, à des genres perdus, tels que les Scalites, les Murchisonies, les Bellérophons, qui se retrouvent encore aux époques suivantes, lies faits ana-
logues se pré.sentent pour ]es Mollusques acéphales teslaccs; la classe des liracliiopodes compte plusieurs genres propres à cette période : les genres Orllastna (/î'y. 1206)
Fig. I!0j. — Céi'lialopoJe (Liluile c
Fig. 1207. — Siplioiiotrele
Siphonolrekt l fiy , 1207), d'autres également perdus, qui se retrouvent aussi dans d'autres périodes fort anciennes, les l'cntimières. les Ortliis, d'autres enfin représentés encore par des espèces actuellement vivantes, les genres Lingule {fig. l20'J), TéréOratule. Pour compléter ce qui
concerne les Mollusques, il faut signaler 4 cette époque ili> pnruiièri' apparition des êtres vivants sur le globe, rexistence d'un .tssez grand imniliri' di' llii/nzornrrs un l'nli/pei eellnlairc.s ii>: Cuvier, griiéralement regardés aujourd'hui comme appartenant an type des mollusi|ues. Ces genrcw, presque tous pei'dua, se rapprochaient dos C.i^lIrpDrcs de nos mers actuelles.
Le dernier euibranchemcut du ri'giic animal, celui do»
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Zoophyies ou Animnnx rayonnes, peuplait les mers anliqiies de nombreuses espèces d'EcInurj'Ieinies^ de Po /i/pes à polypiers, de Spongiaires. Les Erliinci/ennes de cotte première époque se rapportent à des genres tout spéciaux du groupe des Conuilu/es et des Encrines, ou à d'autres genres du même groupe, rg^ilement perdus, et qui ont survécu quelque temps à cette époque. Quant
Pig. 12I0.-Cj.ilh
aux Polypiers ou Muilrépores de l'époque silurienne, ils sont assez nombreux, assez variés, et lorment des genres à peu près tous éteints aujourd'hui ; ou verra figurées cicontre une espèce du genre llalycite 'fiy. 150S) ou Caiënipore, aujourd'hui détruit, une autre du genre Cyathaxonie (/iy. 1210), également perdu.
Le règne végétal de l'époque cambrienne et silurienne n'a pas lai^sé des débris très-abondants, et ceux qu'on a le mieux reconnus jusqu'à présent proviennent de plantes marines de l'embranchement des Acotylédones ou Cryptoyames. Cette flore antique n'est d'ailleurs pas assez bien étudiée encore pour se distinguer nettement de celle de l'époque carbonifère qui va se présenter bientôt. Mais l'existence do dépOls de houille i l'époque silurienne fait conjecturer qu'elle a possédé des végétaux terrestres jusqu'ici inconnus pour nous.
IL Epoque déronienne. — La faune et la flore de cette nouvelle époque ont de grands rapports avec celles de l'époque pi'écédente. Parmi les animaux Vertébrés, régnaient à l'âge dévonien des familles toutes particulières de Poissons : les Dipléridés ;"i écailles presque carrées, avec deux nageoires dorsales, deux anales, et la queue disposée comme celle de nos squales actuels; les Acro-
Fllf. 121!. - Plerichlliji cnrmi.