‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 393 sur 396 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

FllMET (Chasse). — Émanations qui se dégagent du corps des animaux, et qui fersistent assez longtemps dans les lieux où ils ont passé. Certains animaux, et surtout les chiens, possèdent à un haut degré la propriété de sentir le fumet et surtout celui du gibier. On sait (Jiie ce moyen est grandement utilisé tous les jours par les ch.asseurs.

rUMETERRE (Botanique), Fmniria, Lin.; du latin fumus, fumée, à cause de l'odeur désagréable qu'exhalent ces plantes, ou plutôt à cause de l'aspect un peu vaporeux de leur feuillage qui semble s'exhaler du sol comme une fumée ; on remarquera que le nom grec est ka/jnos, qui signifie également fumée; — Genre déplantes Dicotylédones diabjpétales hi/pogynès, type de la famille des Fumariàrécs.

Caractères: pétale supérieur à base gibbeusc ou épcronnée ; capsnio indéhiscente, à une seule graine ; style caduc; fruit charnu, puis sec, subglobuleux, se partageant eu deux à la maturité. Les fumelcrressnntdes plantes aminelles, presque toutes indigènes. Elles ont peu de consistan e. Leurs feuilles sont alternes, mnliilides, et leurs fleurs, petites, blanch.tircs ou purpurines, sont en grappes terminales. La F. officinale [F. ofjicinalis. Lin.), l'une des plus communes dans nos champs, a les fouilles pétiolées, glabres, glauques, avec les divisions cunéiformes. Toutes les parties do cette plante ont une saveur amène, mais surtout ses tiges et SCS feuilles, qui augmente encore par la dessiccation. On l'a employée en médecine contre les maladies de la

peau, sans lui avoir reconnu des propriétés bien remarquables. Les anciens la considéraient comme dépurativei et l'administraient dans les dartres, dans les affections cachectiques, dans les obstructions abdominales. On l'a regardée aussi comme un bon antiscorbutique. Elle entre dans la confeciion du fameux suc d'Iierbes dépuratif, si employé autrefois, et quu l'on fait avec la chicorée, la fumeterre, la bourrache et le cerfeuil. La F. en épi [F. spicata. Lin.) a les fleurs rougeitres, foncées au sommet. Ses feuilles sont déchiquetées, à segments capillaires. On trouve encore dans les champs des environs de Paris la F. de Vatllnni {F. Vnillantii, Lois.) et la F, à petites fleurs {F. paiviflora, Lamk), l'une à pédicelles fructifères un peu plus longs que les bractées, et l'autre à pédicelles fructifères ayant le double de la longueur des bractées.

La F. bulbeuse [F. 'bulbosa, Lin.) fait pariie aujourd'hui du genre Cori/dnlis (de Cand.), qui en est trèsvoisin, sous le nom de C. creux {C. cuva, Sclnv.). Elle a porté aussi dans les oflkines le nom àe Arisloloc/iia fabacea, et a été vantée comme vermifuge, comme antiseptique contre les' ulcères sordides. Parmentier dit que la racine bulbeuse fournit de l'amidon avec lequel on peut faire des potages.

FCVIIER (Agriculture), du nom latin fimus. — Les animaux domestiques bien entretenus ne couchent pas à nu sur le sol des bâtiments où on les tient ;\ l'abri ; on a soin de placer sous eux une litière en général formée de paille, et dans laquelle tombent naturellement leur fiente et leurs urines. C'est cette litière, mêlée à leurs excréments, qui reçoit le nom de fumier et forme, dans les écuries et les étables, un lit moelleux indispensable pour le bon entretien des animaux; le fumier est en outre un des plus précieux produits pour le cultivateur. « C'est le fumier, dit Olivier de Serres (r/ieû/;r d'agriculture, 1C04), qui réjouit, réchauffe, engraisse, amollit, adoucit, dompte et rend aises les terres lasses par trop de travail, celles qui, de leur nature, sont froides, maigres, dures, anières, rebelles et difficiles à cultiver, tant il est vertueux ! » Et en remontant bien plus loin que le xvii* siècle : « .attachezvous, disait Caton l'Ancien (200 ans av. J.-C), h avoir un gros tas de fumier; conservez le fumier avec soin. » Varron, répétant le même conseil, recommande au fermier d'avoir deux fosses fi fumier, l'une pour recevoir celui de chaque jour, l'autre pour tenir en réserve l'ancien qu'on va porter aux champs. Plus explicite encore, Columelle décrit minutieusement ces deux fosses qui devront Être toutes deux sur un sol légèrement incliné, murées et pavées, de manière à ne laisser échapper ni infiltrer aucun liquide ; « car, ajoute-t-il, il est très-ijnportant de conser, er an fumier tonte sa force, en évitant la dessiccation des sucs, et de le laisser macérer dans une continuelle humidité... Les cultivateurs habiles couvrent avec des claies de branchages tout ce qu'ils ont retiré de leurs bergeries et de leurs étables, pour empêcher qu'il ne soit desséché par les vents ou brûlé par les rayons du soleil. » L'agronome romain n'admet pas qu'un fermier intelligent et soigneux ne trouve rien pour faire du fumier, u Je sais, dit-il, qu'il est certaines métairies où l'on pourrait n'avoir ni bestiaux ni volailles; cependant il faut qu'un cultivateur soit bien négligent si, même en un tel lieu, il manque d'engrais. Ne peut il pas recueillir et entasser des feuilles quelconques, et le terreau qui s'amasse au pied des buissons et dans les chemins? Ne peut-il pas obtenir la permission de couper la fougère chez un voisin auquel cet enlèvement ne fait ;uicun tort, et la mêler aux immondices de la cour? Ne peut-il pas creuser une fosse à engrais et y accumuler la cendre, les ord;ires des ruisseaux, les chaumes et les balayures de tous genres '! » Ainsi l'agriculture antique Cil savait autant que l'agriculture moderne sur la nécessité de faire du fumier, et les mêmes préceptes avaient alois i lutter contre la même indolence des agriculteurs. Tous les auteurs s'accordent à déplorer la négligence avec laquelle on traite les fumiers dans la plupart des fermes de la France. Il est curieux de lire ce qu'écrivait (Iéj;'i sur ce point, en 1503, le célèbre Bernard Palissy dans sa liecepte véritable par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs Ilirésors : « Quand tu iras par les villages, considère un peu les fumiers des laboureurs, et tu verras (pi'ils les mettent hors de leurs cslables, tantost en lieu hautcttantostenlieu bas,sans aucune considération, mais (pourvu) q;i'il soit appilé, il leursuffit; et puis prend garde au temps des pluyes, et tu verras rjuc les eaux qui tom-

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bent sur lesdits emportent une teiuUire noire en passant par ledit fumier, et trouvant lt> bas, pente ou inclinaison du lien où les fumiers seront mis, les eaux qui passeront par lesdits fumiers emporteront ladite teinture, qui est la principale, et le total de la substance du finnier. Par quoy le fumier ainsi lavé ne peut servir, sinon de parade : mais estant porté au clianip, il n'y fait aucnn profit. Voilà pas doncques une ignorance manifeste, qui est grandement à regretter..... Si tu veux que ton fnmier te serve i plein et à outrance, il faut que tu creuses une fosse en quelque lieu convenable, près de tes étables, et icelle fosse creusée en manitre d'un claune ou d'un abreuvoir, faut que tu paves de caillons ou de pierres, ou de briques ledit claane ou fosse, et icelui bien pavé avec du mortier de chaux et de sable, tu porteras tes fumiers pour garder en Ladite fosse, jusques au temps qu'il le faudra porter aux champs. Et afin que ledit fumier ne soit gasté par les pluyes ni par le soleil, tu feras quelque manière de loge pour couvrir ledit fumier : et quand il viendra au temps des semailles, tu porteras ledit fumier dans le champ avec toute sa substance, et tu trouveras que le pavé de la fosse ou réceptacle aura gardé toute la liqueur du fumier, qui autrement se fust perdue, la terre eust sucée partie de la substance dudit fumier ; et te faut ici noter que, si au fons de la fosse ou réccpt.icle dudit fumier se trouve quelque matière claire qui sera descendue des fumiers et que ladite matière ne se puisse porter dans des paniers, il faut que tu prenes des basses (bassins en bois) qui puissent tenir l'eau, comme si tu voulais porter de la vendange, et lors tu porteras l.idite m.itière chaire, soit urine des bestes ou ce que tu voudras. Je t'assenre que c'est le meilleur du fumier, voire le plus salé : et si tu le fais ainsi, tu rapporteras i la terre la mesme chose qui lui avoit esté ostée par les accroissements des semences, et les semences que tu y mettras après reprendront la mesme chose que tu y aur.is portée. Voilà comment il faut qu'un chacun mette peine d'entendre son art, et pourquoy y est requis que les laboureurs ayent quelque philosophie, ou autrement ils ne font qu'avorter la terre et meurtrir les arbres » Ces quelques lignes du simple potier de terre prescrivaient donc sons Charles IX, avec les motifs les plus juste-, une excellente pratique que nos agriculteurs les plus avancés suivent seuls encore aujourd'hui ; et malj^ré l'admirable sagacité de cet observateur de génie, malgré trois siècles écoulés, on en est encore à déplorer que, suivant sa naïve expression, un trop grand nombre de laboureurs n'aient aucune philosophie et ne fassent qu'avorter la terre qu'ils devraient féconder. « On peut, dit le professeur Boussingault, 4 la première vue, juger de l'industrie, du degré d'intelligence d'un cultivateur, par les soins qu'il donne à son tas de fumier. C'est une chose déplorable dé voir avec quelle négligence on laisse perdre les engrais dans une grande partie de la France ; on rencontre des villages, et malheureusement ils sont nombreux, où le fumier est déposé précisément do m.anière à recevoir toute la pluie qui s'écoule des toitures des habitations, comme si on se proposait de profiter des eaux pluviales pour le laver. Le secret de la culinro prospère de la Flandre française consiste peut-être dans le soin extrême que l'on met dans ce pays à recueillir tout ccqui doit servir t féconder la terre. Les sociétés d'agriculiure, aujourd'hui si multipliées, rendraient un véritable service, si elles encon rageaient, par tous les moyens dont elles disposent, l'économie des engrais; si elles recherchaient, pour les récompenser, les cultivateurs qui conservent lei/rs fumiers de la manière la plus rationnelle. » J'ai cité ces divers passages d'auteurs de toutes époques pour montrer quel prix tous les agronomes attachent :\ la production et au bon amén:igeinent des fumiers; je poiirrais en ciier mille autres, d je me bornerai ii dire qu'il n'est pas possible; d'ouvrir un livre traitant d'agriculture avec quelque autorité, sans y trouver les mêmes préceptes.

La nature et les propriétés des fumiers varient suivant la nature des animaux qui y ont déposé lours excréments, suiv.tnt l'alimentation donnée ù ce» animaux, suivant la nature et la quantité des litières, suivant l'aménagement des fumiers, soit dans l'étable, soit au dehors.

I.,es animaux sou» lesquels so fait liabituollement le fumier dans les formes, sont les bœufs et les vaches, les cliovanx, les moulons et les porcs. Lo régime des premiers est entièrement hcibivorc, les porcs seuls sont ont nivorus. Le» agriculteurs rogardciil, en général, la Honte de» mouton» comme la plus énergique et la plus fécon-

dante parmi colles des animaux que je viens de citer; ensuite viendrait lo crottin des chevaux, puis la bouse de bœuf ou de vache, ci enfin la fiente de porc. On ne saurait donc négliger ces différences pour apprécier la valeur des fumiers. Les excréments plus secs des montons et dos chevaux supportent une moins grande addition de litière et donnent des fumiers d'une action puissante, mais peu durable, et que Ton distingue sous le nom de fumiers chauds. Les fumiers provenant des bêtes i cornes admettent une plus grande proportion de litière, sont beaucoup plus humides et sont, par opposition, appelés fumiers froids; moins énergiques et plus lents, ils ont une action bien plus prolongée que les précédents. Quant aux fumiers de porcs, on les emploie rarement seuls ; ils réussissent très- bien mélangés avec les fumiers do cheval, parce qu'ils sont très-aqueux et modèrent l'échanilen'ent de ceux-ci. Dans un livre aussi élémentaire, il est impossible de donner autre chose que des renseignements très-généraux, et justement parce que l'emploi des fumiers est, dans la pratique, soumis il une foule de considérations particulières, il m'est, sur ce sujet plus que sur tout autre, impossible de descendre dans les détails. Je dirai donc d'une façon générale que le fumier des bêtes à coi'nes est bon sur les sols calcaires, surtout lorsque l'année est sèche, car c'est le fumier le plus riche en humidité. Dans les pâturages, les vaches déposent leurs bouses çà et là et fument très-mal le terrain, car la fiente accumulée sur quelques points s'y dessèche et n'étend pas son action fertilisante sur lespajties intermédiaires. C'est donc une excellente pratique que celle delà Flandre, où l'on délaye cette fiente dans l'eau pour la répandre uniformément sur toute la superficie du champ. Dans d'autres p.ays de culture soignée, on enlève leî bouses h mesure qu'elles sont déposées par les bêles et on les porte au tas de fumier. Le fumier de cheval doit être mis en terre à l'état frais, et convient aux sols argileux et profonds que l'on appelle froids ; il fait mal dans les terrains sablonneux et calcaires. Abandonné à l'air, le fumier de cheval s'échaulTe et fermente rapidement, surtout lorsqu'il est mis en tas; la porte qu'il éprouve est alors considérable et lui enlève bientôt la plus grande partie de ses principes engraissants. Ce fumier n'a donc qu'une valeur inférieure au fumier de vache, lorsqu'il n'a pas été soigné; mais on peut le conserver en lui maintenant sa valeur. 11 faut, pour cela, le tasser fortement pour empêcher l'accès de l'air dans la masse et le couvrir d'une couche de terre, ou mieux encore il faut le maintenir humide par tni arrosage suffisant. Le fumier de mouton est sec, peu fermentescible et très-riche en excréments des animaux, parce qu'habituellement on le laisse sous leurs pieds dans les bergeries, jusqu'au moment de le porter aux champs. Il est bon, avant de l'appliquer à la terre, de lo mettre en tas et de l'arroser souvent pour commencer la décomposition de la litière, qui ne se produirait que IcntcnHiit. Ce fumier a drs usages spéciaux; il réussit bien, dnos les terres froides, au clianvre, au tabac, au chou, au colza, à la navette, et en général à toutes les crucifères; mais il ne faut l'appliquer ni au blé, ni à l'orgo, ni à la betterave, ni au lin, ni à la vigne, ni aux plantes potagères non crucifères. Cependant ce fumier peut aller sur toutes les cultures à peu près, dans les terrains maigres, et il y produit des résultats remarquables la première année et sensibles encore la deuxième ; mais après deux ans, il faut recommencer. Souvent on applique aux terres la fiente de mouton par un procédé tout spécial, qui est le parcofje. Il consiste à établir temporairement, et dans une enceinte mobile nonunée /«rc, un troupeau de moutons sur un champ. L'enceinte est formée de claies légères munies de supports, et ]ieut rapidement se monter et se démonter, do façon qu'après un certain laps de temps, le troupeau peut être transporté sur un autre champ, et ainsi do suite (voyez PAncAtE). Pendant ce séjour momentnué sur chaque clinni]), les moutons y déposent leur engrais, cl l'on estime dans le pays de liray (Sc'inr-Inri'rieiHC) que 100 moutons fument, en moyenne, pnr nuit.l arc (0 cenliaros. l,i' p;uv:i"rcst un boninoyen d'engraisser le sol dansli's p,'\ immihuiun, où il épargne le transport dos fumiers ;'i iiun, ilr ( hcinins ilinii-il''s, et dans les pays où l'on inanqnr lir liiièi-es et dr tourrages. Mais il faut y lenoncur dans les autres cas, car les animaux souffrent d'être exposés à toutes les injures du temps ; il y a en outre déperdition d'engrais, et dans le même temps le mémo nombre de bêtes à laine donne dans la bergerie une plus grande (puintilé de fumier. Le parcage est quelquefois aii|iliqué aux bûtcs & cornes.

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comme dans certaines parties de la Normandie et en Angleterre; on en peut tirer un bon parti en le dirigeant d'une f;>çon rationnelle.

La nature et le mode d'organisation des animaux ne font pas les seules causes qui modifient profondément la qualité du fumier qu'ils produisent. » II est hors de toute contestation, dit le professeur Gir.irdin, que plus la nourriture donnée aux animaux est substantielle, plus le fumier contient de principes fertilisants; une bôtebien nourrie produit deux fois autant de fumier qu'une bete mal nourrie; les animaux sains, et surtout les animaux gras, donnent des fumiers bien meilleurs et plus abondants que les animaux maigres ou malades; les vaches laitières ou pleines donnent un fumier moins riche que les bœufs de travail ; les élèves procurent un engrais moins riche que les animaux adultes. La quantité de fnmier à produire ne dépend donc p.as tant du nombre de têtes de bétail que de la quantité des fourrages qu'on lui fait manger; elle dépend encore du mode de nourriture, soit à l'étable, soit au pâturage, attendu qu'avec le dernier mode une très-grande partie des excréments ne peut être recueillie. » Puis, abordant un peu plus loin une question de première importance pour la France, le savant écrivain ajoute, et je ne puis mieux faire que de transcrire ses paroles : <■ Le système de culture alterne, combiné avec la nourriture à létabl-, est celui qtii procure le fumier en plus grande abondance, de meilleure qualité et au plus bas prix. Malheureusement ce système n'est pas celui qui jirédomine en France. Si encore on avait des herbages en proportions sullisantes pour entretenir un nombreux bétail! mais, loin de là, presque partout on réserve la plus forte partie du sol cultivable aux céréales, au colza et autres plantes épuisantes. On manque de prairies naturelles; on ne fait pas assez de racines fourragères et de prairies artificielles. On ne sait pas assez qu'avec de l'herbe et des racines en abondance, on peut nourrir plus de bestiaux ; qu'avec des bestiaux bie;i nourris, on a plus de fumier, et qu'avec plus de fumier on peut avoir, sur une moindre surface de terre, autant e; plus de grains qui remplissent la cassette du

fermier L'extension ries prairies, des légumineuses et

des racines fourragères : voili actuellement le point essentiel, parce qu'avec beaucoup de fourrages on peut faire prédominer le bétail, ce qui accroît forcément la masse des engrais , donne , par suite , la possibilité de moins fumer, et, comme dernière conséquence, amène à avoir des récoltes de toute nature plus abondantes et nécessairement plus lucratives. Notre agriculture aur.iit besoin de 4 203172050 quintaux métriques de fumier de ferme. M. Rohart, à qui j'empinnte ces chiffres, affirme qu'en admettantlesconditionsles plus favorables, elle n'en saurait |.roduiie actuellement plus de I2831B4115 quintaitx. D'où vient ce déficit annuel de près de 3 milliards de quintaux de fumier'î Evidemment de l'insuffisance de notre bétail; et cette insuffisance tient uniquement à ce que nous ne consacrons pas assez de terres aux prairies naturelles et artificielles. Notre système cultural a donc besoin d'fiire profondément et radicalement modifié. Malgré l'attachement qu'on porte aux choses anciennes, malgré les dérangements qui peuvent résulter du changement, on ne peut repousser tous les perfectiomiemi-nts qui se présentent, par simple respect pour l'habitude. » J'ai tenu à citer in extenso ce grave conseil d'un homme compétent, pour répondre à b»en des idées fausses qui ont cours sur les convenances et les besoins de l'agriculture de notre pays. Je reviens maintenant au sujet spécial de cet article.

Los agronomes ont cherché ;\ déterminer combien de fumier fournit une quantité donnée de fourrage consommée par des animaux de telle ou telle espèce. Ce problème très-difficile peut, d'après les expériences de Thaèr, Flotow, Pabst, Boussingault, recevoir pour solution générale la formule de calcul (|ue voici : On prend le poids des fouiTages sucs entrés dans les étables, on y ajoute le poids des litières également sèches, et on double la somme. Ainsi l'expérience a enseigné aux agriculteurs qu'une vache laitière bien nourrie et suffisarnmint pourvue de litière rend, chaque annéi', environ vingt-cinq fois son poids de fumier, de sorte qu'en supposant que la bète pèse 5(iO à (lOn kilogranuncs, on pont estimer de 12000 à 15000 kilogrammes son rendement en fumier. Or, comme une telle vailic consomme par an l'équivalent de 5476 kilogrammes de fuin sec et emploie 730 kilogrammes (le paillo de litière, poids total, «20.i kilogranuuçs, dont le double, IMlO, représente sensiblcmeut le poids du fumier produit en un au. G, Hcuzé,

par des expériences faite àGranJjouan, vers 1842, est arrivé à mieux préciser les données de ce c.ilcul : Réduisez, dit-il, la nourriture et la litière de quelque nature qu'elle soit, à l'état de siccité, et multipliez le résultat par un des nombres que voici :

Pour les chevaux, par le nombre 1,30

— bwuts de travail , i</ 1,50

— -vaches, id 5,30

— porcs, td J.60

— Létes à laine, i(/ 1,20

ChilTre moyen.

Pour appliquer ces formules d'estimation, il faut savoir combien ch.ique espèce de fourrage ou de litière perd de son poids p.ir la dessiccation j on pourra adopter les nombres suivants :

Le fûiu sec du commerce se réduit

par la dessiccation a 8à p. 100 du poids brut.

Fourrages verts, pommes de terre... 25 —

Rutabaga 10 —

Betteraves 15 —

Carottes 13 —

Topinambours 2i —

Panais 15 —

Navets, feuilles de choux 10 —

nésidus de betteraves 30 —

Résidus de pommes de terre 25 —

Fèves de marais S4 —

Tourteaux de lin et de colza 90 —

Vesces 85 —

Avoine 87 —

Graines de Èarrasin.

Paille de céréales î"0 —

Paille de sarrasin 85 —

Sciure de bois, feuilles mortes 75 —

Suivant le professeur Girardiu, on peut estimer ainsi qu'il suit le rendement annuel approxim.itif des divers animaux d'une ferme.

ui. VA.

Vache laitière, nr Bœuf à feograis

f.heval de trait — 600

Bœuf de travail — 600

Mouton, allant au pâturage. ... — 40

Porc adulte — 100

ToTAcx 2 240 57 900 de fumier.

Prenant la question h un autre point de vue, d'autres agronomes ont recherché combien produit de fumier telle ou telle sorte de fourrage. Suivant J.icques Bujault, il faudrait adopter les nombres que voici :

100 kil. de paille donnent 200 kilog. de fumier

100 — de foin — 220 —

100 — déracines — 100 —

100 — de récolles vertes 100 —

La paille des céréales est la litière préférée et de l'usage le pins général ; son mérite est dans sa structure creuse et tubulaire, qui la reud très-propre à s'imbiber des excréments humides et à les retenir; d'une autre part, elle forme au bétail une couche douce et saine; enfin elle donne plus de fumier qu'aucune autre litière, parce qu'elle ne se réduit pas beaucoup sous les animaux. La paille du seigle et celle du blé offrent ces di- \ers avantages .iu plus haut degré. Ou voit dès lors quel prix un bon fermier doit attacher à sa p.iille, et combien il se fait de tort Icusqu'il la vend au lieu d'en faire de la litière. Trop d'agriculteurs méconnaissent ce vieux proverbe de nos campagnes : Vendre sa pui/le, c'est vemlre son fumier; et ijni vend sou fumier, liile son i/reiiier.Lti vente de la paille n'est rati"nn''llo que dans les conditions particulières où, jouissant d'un débouché avaiit;igeux, ou peut racht^ter, i la place, du fumier ou di; l'engrais, ii meilleur compte que celui que cette paille aurait produit. Dans les pays où l'on manque da paille, on peut employer couune litière les bruyères, les fougères, les feuilles d'arbre, les gonOts, les roseaux, la mousse, les gazons, la tourbe, les ajoncs, les ramilles, le buis, la sciure de bois, et même avec cert.iins soins la terre sèche, i>articulièrcnient i)Our les bergeries (voyez Li'iiiiuii).

« Dans la pratique raisounée, dit le professeur Girftf-

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diii, on donne de 2 à 3 kilogi-amnies de paille-litière eo vingt-qiiatre heures par cheval ; de 3 à S kilogrammes par bêle bovine dont les excréments sont phis aqueux; 760 grammes par porc, ce qui n'est pas assez, en raison de la grande fluidité des déjections. Quant aux mouton,, leurs crottins étant secs, ce n'est que pour recueillir leurs urines qu'on leur fournit de la lititre. Mais dans la plupart des fermes à culture céréale, où les pailles sont très-abondantes, on en met le plus possible sous les animaux, ce qui est une faute, car cola donne des fumiers trop pailleux et moins riclies ; ce que savent trèsbien les fermiers qui observent...

... Du momont qu'on rccneille soigneusement toutes les déjections du bétail, on ne peut pas demander davantage ; le fumier en est plus actif et il y a moins de paille gaspillée eu litière. On a toujours bien lemoyen de faire dépeiîser les pailles; les convertir en \iande, en lait, en laine, c'est une opération bien autrement lucrative que d'en faire de la litière. »

Le séjour du bétail dans des étables bien aménagées pour la bonne récolte du fumier et de tous les liquides qu'il laisse écouler, est particulièrement favorable à la production abondante de ce précieux engrais. Les étables belges par leur bonne disposition augmentent celte production de façon à la rendre souvent double de ce qu'elle est dans d'autres étables. Cette disposition consiste à pratiquer, en avant des bêtes, uu trottoir pianchéié ou cimenté (fig. 1-32?, A) sur lequel on dépose le

Fig. IJ22. - Coii|.c .1

fourrage amassé auprès d'elles ou les baquets pour leur donner des aliments liquides ; derrière elles un espace large (C) et un peu enfoncé où se rendent toutes les urines, et où l'on jette tous les jours le fumier qu'on enlève sous les animaux. La figure ci dci^sus représente une coupe en élévation d'une étable belge; le bétail occupe l'emplacement B, et la galerie couverte D est destinée à la conservation des racmes. Dans des expériences faites à liovillo dans une étable de ce genre, M. de Dombasle a reconnu qu'une vache laitière tenue à l'étable lui donnait par an trente voitures de fumier (19 500 kilogrammes), tandis qu'une vache laitière nourrie au pâturage ne lui en donnait que quinze voitures environ (1)751) kilogr.); qu'un bœuf à l'engrais, ne sortant par conséquent pas de l'étable, produisait en un an trenteneuf voilures (Ï5350 kilogr.), tandis qu'un bœuf de travail n'en produisait que douze (7 81)0 kilogr.). L'étable belge a cependant le défaut d'être coûteuse, parce qu'elle a de grandes dimensions par rapport au bétail qu'elle abrite. Dans une exploitation menée avec éconoiiiic, on devra préférer d'enlever le fumier à mesure qu'il se produit, et on pourra alors placer une seconde rangée do bétail dans l'espace réservé par les éleveurs belge» & l'accuniulation du fumier. Mais ce qui résulte des fait.') que j'ai cités, c'est rpie, pour obtimir beaucoup de fumirr, il faut tenir les animaux ù l'étable toute J'aniiée, leur donner une nourriture abondante et toute 1b litière nécessaire pour absorber leurs déjections.

On a pu voir, par les passages de divers auteurs qui figurent au commencement de cet arlicl<', que le traiienient des fumier», après leur production et jusiprau jour de leur emploi, est li: plus souvent abandonné à la plus préjudiciable négligence. Ia'S inconvénienis de cette ri'gretlablo incurie sont nombreux et de» plus grands. Le fumier est, on doit loujouis se le rappeler, un mé- Uugo Uv ainlièrcs végéialub fournies par les litières uvcc

des nialièros animales qui sont les excrémoiits et les déjections liquides du bétail. Ce mélange a une tendance i se décomposer plus ou moins rapidement, et cette décomposition eàt nécessaire, car elle a pour résultat la production d'un certaiji nombre de substances liquides ou gazeuses, éminemment fertilisantes, et qui font toute la richesse du fumier. Il faut dojic le traiter de façon k ce que, d'une part, la décomposition progressive des éléments du fumier s'opère peu à peu, et que, d'une autre part, les produits si précieux de cette décomposition ne s'évaporent pas ou ne s'écoulent pas au hasard sans être récoltés. On comprendra donc sans peine qu'abandonné sans soin dans une cour de ferme et en plein air, le fumier se dessèche au soleil d'été ou se trouve noyé par les pluies d'hiver. La sécheresse arrête la décomposition du fumier et fait évaporer les produits gazeux déjà formés dans sa masse; l'excès d'humidité lave et entraîne tout ce qu'il renferme de soluble ou de liquide, et l'emmène dans les ruisseaux de la voie publique ou dans quelque mare infecte, malsaine, et où se perdent des trésors de matières fertilisantes. Ce liquide noirâtre et puant, qui devrait rester dans le fumier ou être récolté avec soin, c'est le purin, c'est la plus active partie du fumier. « jM. de Dombasle, dit le professeur Girardin, estimait à 3 francs la valeur d'un tonneau de purin de G à 7 hectolitres D'un tas de fumier de 12 mètres de long sur

7 mètres de large et ï^^bO de haut, il recueillait annuellement 150 tonneaux, c'est-à-dire 'JOO hectolitres de purin représentant -S 50 francs en argent. » Et voilà ce que tant de cultivateurs français laissent couler comme une ordure, au risque d'empester l'air au voisinage des habitations, d'y attirer dans les temps rhauJs une foule dinsectei désagréables et nuisibles aux bestiaux !

Une autre erreur grave à signaler consiste à penser qu'un renouvellement quotidien des litières, dès que les UJiimaux les ont salies, rend le fumier plus abondant sans diminuer sa valeur. Les fimiiers enlevés trop fiéquemment ne renferment pas assez de fiente et d'urine pour la quantité de paille, et ne donnent qu'un engrais inl'érieur. Par une erreur toute contraire, beaucoup de fermiers laissent le fumier à l'étable jusqu'au moment où on doit le porter aux ciiamps. Cette méthode, qui exige des étables trop spacieuses, provoque l'altération du fumier qui bUmchit (moisit) facilement dans ces conditions, et entretient en outre dans l'étable une alraos|)hère chaude, impure et malsaine pour les animaux. Dans nos bonnes fermes du nord et du centre de la l'"raiice, on enlève le fumier de l'étable tous les huit ou douze jours, et tous les deux ou trois jours on met de la litière fraîche sur l'ancienne. Des observations nombreuRes,ciiées dans les ouvrages technique», démontrent (pie cette pratique est bonne et ne mérite aucun des reproches qu'ont pris l'habitude de lui faire ceux qui ne l'ont pas essayée et s'obstinent dans des mélhodes beaucoup moins avantageuses.

Les fumiers peuvent être employés tels qu'ils sortent de l'étable, c'est-ù-dire sans avoir fermenté; c'est ce cpi'ou appelle les fumiers frais, lonr/s ou pailleux. Souvent aussi on les laisse pourrir de façon à former une masse pàleu-e, noirâtre; on les nomme alors fumiers courts, gras, ou plus communément beurre noir. M. le professeur Girardin résume ainsi avec une heureuse précision les propriétés de cha'iue sorte de fumiers au point de vue des cultures : « Les fumiers longs, occupant beaucoup de volume, ont une action bien plus longue et plus duiable sur la végétation que les fumiers courts ; aussi le» appliquo-t on p.irticulièrenient aux végétaux qui restent longtemps en (erre, et aux sols forts, compactes et argileux dont ils ameublissent les particules en raison de leur contexture fibreuse. Les fumiers courts, au contraire, lourds et compactes, ont une action inslautanée sur les plantes, mais cette aciion est de peu de durée; aussi les appli(|ue-t-on spécialement aux végétaux qui n'ont qu'une existence de trois à quatre mois, et aux terres légères. » Ci no saurait recommander en principe l'emploi do l'une ni de l'autre de ces siiiles do fumiers. Les fumiers frais renferment des fragni'-iii^ilr M'^;'inu\ trop pm cli'i:i)mposé.s pour fournir les piinM|ir Ir, Mii l,ui;-, .|(i'il-, piniTaieiit douiior et doiiiierniii ai M I' iriii|i.. \.<-, iiiiuii i> t;ras abandonnés ;\ une f rmentiHiun |ii iil.iiit;i(: ont jii-ulu, sous la forme liquide ou gazeuse, une partie considérable de leurs éléments les plus puissants. Pour les réduire en beurre noir, on a dû les entasser eu grande masse; cet amas s'est échauffé peu A peu, et une fumée très-visibie s'est dégagée en même temps qu'un purin abondant s'écoulait par-dcs-

FUM

sous. En aJniettaiit c]uoras:i-icLiItcur soigneux puisse recueillir ce purin, il faut bien leconnaiire que les gai dégagi5s sont insaisissables, et que ces ga?. se composent surtout d'acide carbjnirpie, d'ammoniaque et d'azole, c'est-i-dire des gaz les plus utiles aux plantes. On trouve citée partout uneexpérience bien convaincanie du grand chimiste anglais H. Davy. Il prit un de ces vases A col courbé, que l'on noninje unecornite, et la remplit de fumier en fermentation; puis il appliqua le bnc de cette cornue sous la racine d'un gazon dépendant d'une bordure dans un jardin. Huit jours après, une riche et vigoureuse touffe d'herbe tranchant surtout le gazon environnant indiquait à tous les yeux le point où les émanations du fumier ariivaient sous les racines. M. Kaerle, professeur d'agriculture i Mœglin (Prusse), pense qu'on peut évaluer, en moyenne, à un quart la réduction de volume du fumier pendant une fermenta tion prolongi''C : lOU voitures de fumier se réduisent environ à 75. Il faut donc que le fumier subisse un commencement de fermenlatiou et soit employé avant d'être réduit à l'état gras; c'est alors ce que M. le professeur Bonssinganlt, M. le professeur Girardin, appellent le fumier normal. Ils conseillent, et les meilleurs agriculteurs suivent cette méthode, de mettre en las pour deux ou trois mois le fumier sortant de l'étable, et cette mise en tas doit êlre pratiquée et dirigée d'une façon rationnelle avec une attention soutenue. M. le professeur Girardin résume ainsi les conditions que doit remplir un bon aménagement du fumier destiné ;\ le convertir en fumier normal : 1" Recueillir tout le purin dans un réservoir placé de manière qu'il soit facile de reverser au besoin ce liquide sur le fumier ; 2° ne laisser arriver sur le fumier aucune eau étrangère; 3" garantir le fumier d'une évaporation trop prompteotdes lavagesopérés par les eaux pluviales; i» tasser fortement le fumier à sa surface pour que l'ammoniaque produite par la fermentation dans le centre de la masse ne s'en échappe point, et ne toucher ou remuer le tas de fumier que le moins possible; 5° donner à l'emplacement où l'on tient le fumier une largeur suffisante pour qu'il ne soit pas nécessaire d'élever le tas à une trop grande hauteur ; G" faire sur cet emplacement assez de di\isions ou de tas pour que l'ancien fumier ne se trouve pas toujours enfoui sous le nouveau ; "" enfin disposer l'emplacement de telle sorte que les voitures puissent en approcher facilement, et qu'il ne faille pas do trop grands efforts pour enlever des charges un peu lourdes.

Ces principes sont pratiqués de manières si différentes par les agriculteurs les plus habiles, qu'il est impossible d'entrer ici dans des détails aussi étendus, et qu'il faut renvoyer aux ouvrages techniques : le Livre de la ferme de P. Joigneaux;le Journal d'agriculture pralique, années I85'J, ISC'i; la Fosse à fumier de Bonssinganlt; Des fumiers et autres engrais animaux par J. Girardin ; V Atmosphère, le sol et les engrais par Ad. Bobierre; l'Economie rurale de Bonssinganlt, etc.

Le fumier normal, convenablementhumccté, doit peser de 7C0 à 800 kilogrammes par mètre cube, et il contient environ 75 p. lOll d'humidité. Il se compose, outre l'eau que je viens d'indiquer, d'hutnus provenant de la décomposition des plantes, des litières; de matières animales en décomposition ; dQsetsd'ammoniaque, de soude, de potasse; de carbonates calcaires et magnésiens ; de phosphates des mêmes bases; de silicates, sulfates et phos/jhntes solubles; de fer et de matières terreuses. M. P. Thenard a récemment recherché dans un travail très-curieux quels composés chimiques secondaires existent dans le fumier, et y a signalé un acide spécial, qu'il a nommé acidr /nmii/ue, et au'pu:! il a attribué un rûlc important pour cxplii|iu'r un grand nombre de pratiques agricoles résultant de l'expérience.

Pour appliquer le fumier, il faut le charger sur les voitures de transport, et, au lieu de l'enlever i la fourche, il est préférable de le détacher par tranches ;\ l'aide d'inie sorte do grand couteau muni d'un manche transversal propre i\ recevoir les deux mains. Un onvrier peut chargûr 1 oon i 1 :iOO kilogrammes de fumier par heure. Il est très-utile de ne pas déposer le fumier sur le chamj) par petits tas, mais bien de l'étendre immédiatement en couche sur le sol, et de l'enfouir le plus tôt possible par un labour léger. La quantité qu'il faut employer varie prodigieusement suivant les circonstances, et pour en juger, il suffit de citer les quantités moyennes indiquées par dos .tgronomes on consacrées par l'habitude. Le poids de fumier frais ciu'il faut domier pour la fuunn-e d'un hectare est, suivant M, de 0onib;isle, du 2UUUU ^i

25 0011 kilogrammes; M. Bonssinganlt recommande de 480(10 i VJOOO kilogrammes de fumier àdemi consommé; Thaër en employait COOOO kilogrammes .'i M.-Bglin; aux environs de Paris, c'est S'iOliO kilogrammes; 100000 dans la Flandre et le Hainaut. Après avoir rapporté ces nombres et d'antres, le professeur Girardin recommande une fumure de 30 000 kilogrammes de fumier bien préparé, pour trois ans (soit lOOOO kilogrammes par an). Le fumier de ferme coûte, en général, de 10 francs à 15 francs la voiture de 2000 kilogrammes, c'est-i-dire en moyenne (i',25 les 1000 kilogranunes; ce prix s'élève beaucoup en ce moment et monte souvent jusqu'à S francs.

On nomme fumiers de ville les boues, les débris de toute espèce ramassés comme ordures dans les grandes villes. C'est un engrais riche et très recherché des populations rurales environnantes. Les Anglais y mêlent des cendres de houille et forment ainsi leur polire-manure ou fumier de police. La boue des rues de Paris vaut 500 500 francs pour l'adjudicataire qui l'achète en masse, et 3C0O0OO francs lorsqu'après un séjour dans les pourrissoirs, elle est vendue aux cultivateurs de la banlieue h raison de 3 francs à 5 francs le mètre cube. On estime que l'engrais perdu dans les égonts et entraîné avec les eaux dans les rivières est un déchet énorme et des plus regrettables. Suivant les calculs de Johnson, les égonts de Londres versent chaque jour à la Tamise 230000 hectolitres d'eau vaseuse, contenant l'engrais nécessnire pour 28000 hectares de terres stériles, et qui aurait pu produire la nourriture de 150000 individus. Milan s'est assuré un accroissement considérable de production agricole en utilisant les dépôts des égonts.

En mélangeant divers engrais avec on sans addition de matières minérales, on a formé les composis ou engrais composés, qui sont assez analogues aux fumiers de ville. Leur coinposition varie beaucoup selon les matières 'iont on dispose, les terres et les cultures auxquelles on les destine. Cet article déji trop long ne saurait s'augmenter encore de ces détails, et je renvoie an mot Jauf- FRET où, en traitant de l'engrais Jau/fret, véritable type de compost , je dirai quelques mots des engrais composés.

Je me bornerai, pour terminer le présent article, Si donner ici des renseignements indispensables sur la valeur relative des principaux engrais, telle que l'ont établie, en 1840 et 1842, les travaux de Bonssinganlt et de Payen. J'emprunte ces documents à l'excellent livre du professeur Barrai, le Bon Fermier; ils consistent en une table fondée sur le dosage de la quantité d'azote contenue dans 100 parties de matières, et indiquant combien, en poids, il faut employer d'un engrais pour avoir autant d'azote qu'en renferment 100 parties en poids de fumier moyeu (celui-ci renferme CO p. 100 d'azote à l'état normal); ccttequantité d'engrais se nomme l'équivalent par rapport à la quantité de fumier.

Fumier moyen 100,0

Paille de fi-omenl (à 13 p. 100 d'eau) 2o0,0

— — (a 5 p. 100 d'eau) 1Î2,5

— de seiple 142,9

— d'avoine 214,2

— d'orge 2(10,9

Ballei de rromeat T0,6

Paille de pois 33,5

— de millet 7|,9

— de sarrasin 125,0

— de lentille 59,4

Tiges sèches de topiiiamhour Uî2,l

ranes de colza 80,0

— d'œiUetIcs 63,1

— de (lonmiesde teire 109,1

Veuilles de cirottcs 70,6

— de cluMie 50,8

— de poLi|ilier 111,1

— de hêtre 50,8

— d'acacia 83,3

— et rameaux de buis 51,5

Fucus digilc (séclié à l'aii) 69,8

— saccharin (irf.) ■IS.9

Sciure de sapin 2i'0,9

— de chûiic 111,1

Touraillons d'orge 13,3

Marc de pommes 101,7

— de houblon 101,8

Pulpe de heiteraves (sucreries) 157,9

- (dislilleries) 285,7

Pulpe de pommes de terre (féculcries) 113,2

F.iui .le feonlorics 81,7,1

Mm'c de raisin 9&,2

FUM

Toarleaax Je lin.

— de colza.

d'arachide 7,!

de oenieliiie 10,'

de cbèuevis 1 i,

de pavot 11,!

de faines 18,

— de graine de colon !4,9

— de

olive 8,1

Excréments de vache 187, b

Urine de vache 136,4

Excréments de cheval 109,1

Urine de cheval 22,9

Excrémenls de porc 85,7

Urine de porc 260,9

Excréments de mouton 83,3

Urine de mouton 4d,8

Excréments de pigeon, frais 17,2

— sec, ou colon) bine 7,2

Excréments d'homme 150,0

Urine humaine 41,4

Purin de vacherie 230,0

Engrais liquide du dé)>otoir de U Villette .... 150.0

Poudrelte de Bondy (près Paris) 4S,S

Chair musculaire secbee à l'air 4,6

Sang liquide des abattoirs 20,3

Sang coasulé et pressé 13,3

Poudre d'os 16,2

Os bituillis pour extraction de gélatine 32.6

Késidus de colle d'os 1 13,2

Noir fin, neuf 141,7

Noir des raffineries 91,7

Bâpure de cornes 4,2

Plumes 3,9

Bourre de poil de bœuf 4,3

Chiffons de lame pure 3,3

Cuanodu Pérou 4,1

Engrais Rohart 10 4

Engrais Derrien 13,3

Coquilles d'huîtres 187,5

Limon de la Loire 250,0

— delaGironde 300,0

— du Nil 92,3

Il est bien entendu que ces chiffres représentent les quantittjs des divers engrais qui peuvent remplacer 100 kilogrammes de fumier moyen; de telle sorte que plus l'engiais est riclie en azote, et par conséquent plus il est fécondant, plus le cliiflre correspondant est faible.

M. Barrai sijoute avec grande raison les deux restrictions suivantes : 1° Les doses équivalentes ci-dessus pourront ne pas produire les mêmes résultats sur les récolles, parce que les principes constitutifs et fécondants seront d'u )e assimilation plus ou moins facile; 2° l'absence d'une oa de plusieurs substances différant de l'élément azoté pourra se faire forten.cnt sentir par suite de l'usage prolongé d'un engrais qui, riche d'ailleurs en azote, ne contiendra pas cette substance. L'importance du rûle des pliosphntes dans la végétation a engagé M. Botissiupault i\ dresser une aiUre table d'équivalents des engrais d'après le dosage de l'acide phosphorique; je ne puis la rapporter ici, et on la trouvera dans le lion Fermier, que j'ai déjà cité. Ad. F

FUMIGATIONS (Médecine, Hygiène).— On ap'pelle ainsi l'action do réduire une ou plusieurs substance en vapeursou en gaz, et de l's faire dégager dans l'air, soit pour obtenir un effet prophylactique, comme moyen detinfecliiiit.aoh dans un but l/n'rapeuli/jitt', pour déterminer sur l'écononiie une action analogue à celle que l'on obtient des substanct^s médicainentctises appli(|uées directement sur la peau. Dans le premier cas, les fumigations constituent b's pjocédés désinl'ectants; il en a été question an mot Désini-kction.

Comme moyen llicrapinitir/ue, on peut employer en fumigations presque toutes les sub->lances capables de 80 réduire en vapeur», soit seules, soit à l'aide de la chaleur sècho ou humide, de telle sorte ([u'ellcs empruntent, dans ce dernier c;vs, une partie de leur eff^a à ces derniei-B agents. Ainsi, l'étlier, l'ammoniaque, qui se vaporisent à la température ordinaire, ne doivent leurs propriétés qu'.'i eux-mCmes, aussi bi(^n que tous les autres corps qui n'ont pas besoin de riiilcrvenlion du calorique pour le faire. Les baumes, les résines, le sjufre, etc., qui sont réduits en vapeur sur dos cojps incandescents, doivent à la chaleur une petite ))artie de leurs propriétés. Kndn , celles qui sont faites avec de l'eau chargée do principes médicamenteux et réduiie en vapctir, doivent leurs effets à une triple action de l'eau, de la chaleur et du inédicainenl. Lu général, !.■,•, luraigalioug sèches cl chaude» ciciteiil la peau, la ro'j-

gissent, y appellent le sang. C\llcs qui sont humides la dilatent, favorisent l'absorption et agissent comme les fomentations humides. Nous pouvons donc les distinguer en émollientes, narcotiques ou calmajites, toniques, excitantes, etc.

Les F. émollientes sont : l'eau en vapeur à la température de 35° à 40°, et toutes les substances émollientes vaporisées par l'intermédiaire de l'eau. L'action qui en résulte est plus marquée que celle que l'on obtient pi\r la fomentation; le principe médicamenteux pénètre mieux sous cet état. Aussi emploie-t-on avec avantage dans les inflammations du larynx, do la trachée, des bronches, les fumigations avec les décoctions de mauve, de guimauve, de graine de lin, etc.

Les F. narcotiques sèches par la combustion des feuilles de jusquiame, de belladone, de stramoine, sont employées avantageusement dans les affections nervetises, dans l'asthme, etc. Les décoctions de pavot et des plantes indiquées plus haut, réduites eti vapeur, ont souvent réussi dans certaines bronchites douloureuses, dans les névroses des organes respiratoiies.

Les F. excitantes sont très-usitées, soit sèches, soit humides, comme l'éther, l'ammoniaque, le soufre, le succin, les résines, les baumes, le camphre, le chlore, l'iode, le protochlorure de mercure, les huiles essentielles, les plantes aromatiques, etc. Nous ne pouvons indiquer ici les effets déterminés par chacun de ces agents en particulier; tous sont compris dans la médicttion excitante et même irritante quelquefois. Le tabac, qui appartient aux agents narcotico-àcres, a été considéré pendant longtemps comme plus irritant que sédatif, et c'est pour cela que les lavements avec la fumée de tabac ont été recommandés dans les asphyxies, et surtout chez les noyés.

Les F. toniques sont beaucoup moins utiles et aus.si moins employées que les précédentes; le tannin, l'acide gallique, les quinquinas et les sels de quinine, ne se vaporisent pas facilement, cependant on a fait quelquefois avec succès des fumigations avec des décoctions de roses de Provins, d'écorce de grenadier, de chêne, de quinquina dans certains relâchements du rectum ou autres parties. F. — n.

FUMURE (AgricuUure), opération agricole qui consiste t\ répandre le fumier sur les champs. Dans la culture générale, elle se lie tellement à la question des FiiiiEns et ENCiîAis que nous renverrons le lecteur à ces deux mots ; il ne sera question ici que de la fumure qui a trait ù la culture àes jardins fruitiers et à celle de la rigne.

Fumure des Jardins fruitiers. — Lorsque le sol du jardin fruitier aura été préparé (voyez Jaudin FntjiTiER),il importe encore de le fumer convenablement. Pour que cette fumure produise l'effet qu'on en attend, il faut qu'elle soit placée à une profondeur déterminée. Si on la place tout à fait :Ma surface du terrain, elle n'arrivera que tardivemenljusqu'aux r.icines, qui ont, au contraire, besoin de recevoir son intlueuceinnnédiate pour aider à la reprise de sarbres. Si, d'un autre côté, on i'enlerre trop profondément, à ()",C0 ou 0'",S0 au-dessous de la surface, elle sera entraînée plus profondément encore par l'eau des pluies, et il se passera bien du temps avant que les racines puissent en profiter. C'est donc dans la couche comprise entre la surface et 0'»,10 de profondeur (jue cette fumure doit être appliquée. Poiircehi, on la répand sur toutes les plates-bandes, après le déloncement et immédiatement avant la plantation, puis on l'enterre 4 l'aide d'un laboiu' assez profond.

Quant A la nature des engrais i\ employer dans cecns, il faudra se servir de ceux que l'on a sous la mahi : les fmniers propreuK'nt diis, les vases d'étang ou de fossés extraites depuis tni(^ année au moins et souvent remuées. Mais, si l'un est obligé d'aclieter ces matières fertilisantes, il faudra se procurer les plus convenables pour cette destination. Les fumiers ordinaires n'ont pas un effet assez prolongé; il faut recommencer trop souvent. Les engrais à décomposiliou lenio, quoi<|UO aussi énorgiquoB, sont préférables. Nous comjirenons dans cette série : les os mncasses, les chiffons de laine, la bourre, les cins, les poils, les déchets de corne, les tendons, etc.

On a beaucoup agité la question desavoirsi les arbres fruitiers devaient être fumés; on n prétendu que cette opération était nuisible aux arbres, en ce qu'elle les einr péchait de su mettre aussi promptement h fruit. Cela est vrai ; mais, aux yeux do 1» plupart des ridtivuteurs instruits, c'est 1:\ lin résultat plus avantageux que nuisible; car le retard de la jiroduclion du fruit, occasionna par la fmiiuro, est dû à eu que culleci donue li«tt t> une

FUM

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vie(<(atîon vigoureuse : or cetie vigueur est iiidispenlablc pour que la cl.arpen.e des arbres arrive le plus o . possib e à son complet développement e que I arbie donne ainsi son produit maMmum dans le laps de temps e plus court. Ce développement complet étant obtenu on pourra ensuite diminuer la dose des engrais pour arre er la vigueur de l'arbre et le faire se metire à Iruit. La lumure ainsi appliquée aux arbres fruitiers est donc une opération utile. Mais, pour qu'elle agisse dans de juste. Ihuites, il ne faut pas qu'elle soit trop abondante Quelques cultivateurs ont l'iiabitude de lumer, tous les trois ans, les plates-bandes du jardin fruitier; nous pensons, avec M. de Bongy-Puyvallée, que cette méthode est vicieuse, en ce qu'on est obligé de fumer trop abondamment à la fois. 11 s'ensuit qce les fruits ont une saveur moins agréable; que la sévc, momentanément trop abondante, ne peut être conteniie qu avec peine dans les vaisseaux, et qu'il en peu résulter 'les extravasatioiis qui déterminent des maladies. 11 vaut cime roieu< fumer tous les ans, et fumer moins à la lois; la végétation en sera plus régulière. Quant aux engrais à employer, ils pourront se composer de fumier de cnevai ou deinouton, peu consommé pour les terres argileuses, et de fumier de vache pour les terres légères soit calcaires, soit siliceuses. Si l'on était obligé d acheter des engrais pour cette destination, il serait préférable d avmr recours à. d'autres matières au moins aussi fertilisantes, mais dont l'action se prolonge beaucoup pluset se trouve, par cela même, plus en rapport avec la longue durée des arbres. Tels sont surtout les os concasses, les rapures ae corne, les tendons, les crins, les poils,lesdébrisde bourre, les chiffons de laine un peu fermentes, etc. L ollet cie ces engrais étant beaucoup plus prolongé, on pourra ne les cmldoyerque tous les cinq ou six ans. Uiielleque soit la nature des engrais choisis, on les répandra a la surface du sol occupé par les racines, puis on les enterrera par le labour du printemps. ■„„i„,i;

Un des moyens les plus énergiques de favoriser le tluveloppement des arbres fruitiers est incontestablement l'application des engrais liquides .au moment ou la \ egetation est le plus active et pendant les grandes chaleurs de l'été. C'est, en effet, pendant ce laps de temps que les plantes et les arbres ont le plus besoin de trouver dans le sol une humidité abondante, tenant eu dissolution les éléments nutritifs. Or c'est aussi à cette époque que le sol est le plus desséché, par suite de l'évaporatioii, et que les racines n'y trouvent ni l'humidite m les éléments nutritifs dont elles ont besoin. L'application des engrais liquides, faite dans ces circonstances, stimule donc eiiere'.quenientla végétation des arbres; mais employé pendant le repos de la vé-étatiou, ils peuvent cétermmer la pourriiure des racines.

Toutes les matières organiques, riclies en azote, et se dissolvant facilement dans l'eau, peuvent être (employées connue engrais liquide. Telles sont particulièrement les matières suivantes : , . ,

I" Le guano naturel. — Y ajouter huit fois sou volume d'eau. Il est malheureusement assez difficile de se procurer cet engrais bien pur. 11 eu existe cependant dans plusieurs maisons de commerce du Havre et de Nantes, nue nous ne saurions indiquer ici.

2» Tourleaiu: de graines oléagineuses, colza, lut, arachide, sémme, etc.- Ces tourteaux sont rédiji i s en poudre, nuis ajoutés i six fois leur voUune d'eau. On abandonne ce méhin^c i lui-même, et on l'emploie loraqu il commence à fermenter.

:i" Matières fécales. — Les réunir dans une citerne, y aioutnr une suffisante quantité d'eau pour les rendre aW-z liquides, et les répandre lorsqu'elles commenceront ù fermenter. Pour désinfecter cet engrais, on pourra y ajouter 1 kilog. de couperose du commerce, réduite on iKHidic, par hectolitre de liquide.

■'i»Siiii'/ fies abattoirs. — Le laisser fermenter un pou et y ajouter 1 kilog. de couperose par hectolitre pour le désinl'eoier. , , , . i

b" (,'(•/««.— Les employer fraîches en les étendant de quatre fois leur volume d'eau, on les employer ferniealées en y ajoutant iO grammes de couperose par hectolitre pour li^s désinfecter.

(,' Vurvi ou jus de fumier.— Lcsemploycr sans preparalioii. ,

-, " Mélange des matières précédentes.— On peu t encore former un engrais liquide d'une grande puissance en miih\n<;eant tout ou partie des matières précédentes.

Il est bien entendu que l'action de ces engrais sera rt'niiinnt n!uR éncreiaue. Qu'ils bcrout plus riches on azote.

Il esi i>icii i;iiii:iiuii ,ju« t ,i,.i,v.. M.. ~- - — c.-

d'autant pius énergique, qu'ils serout plus riches on azote.

On peut, à cet égard, les classer à peu près de la man:ère suivante : matières fécales, sang, guano, tourteaux, purin, urines. ■ ,• -j

Ajoutons encore que le résultat de ces engrais liquides, appliqués pendant l:i végétation, sera d'autant plus satisfaisant, que le sol où on les répandra sera plus perméable et plus exposé à la sécheresse.

Quant au mode d'application de ces engrais, il sera bon de suivre les indications suivantes : les répandre dans la soirée après que le soleil ne fiappe plus les surfaces qui doivent être arrosées, afin de donner le temps à ces liquides de s'imprégner dans le sol avant d être vaporisés; — répandre ces engrais sur toute la surface du terrain qu'on suppose être occupée par les racines des .irbres, et surtout vers le point où existent les extrémités radiculaires; — enlever, avant 1 arrosage, 0'",04 environ de la couche superficielle du sol, et la replacer aussitôt après l'application de l'engrais; — ou bien couvrir le sol, arrosé dune couche de litière, d environ 0° ,05 d'épaisseur. , , , j •

On évitera ainsi de voir la surface du sol se durcir sous l'influence de ces arrosements, et de perdre par l'évaporation une grande partie de ces éléments de fertilité. On pourra répéter ces arrosements trois ou quatre fois pendant l'été.

Fumure de la vigne. - Quelques œnologues, prenant comme exemple certains vignobles exceptionnels de la Champagne, de la Bouigogne, des côtes du Rhin, qui ne sont p;is fumés et dont les produits ont acquis une qualité supérieure et un prix très-élevé, ont proscr.tles engrais comme nuisibles à la qualité du vin. D autres, considérant que les produits augmentent toujours en raison directe de l'abondance des engrais, ont recommandé une fumure copieuse ; ces deux opinions contradictoires, envisagées d'une manière absolue, sont également erronées; iiiais elles peuvent devenir justes dans certaines circonstances. , , . ■ j-„j

Eu. effet, si l'absence de toute espèce de fumier diminue beaucoup le produit de la vigne, ce que 1 ou perd en quantité, on le gagne parfois en qualité. On peut donc dans certains crus tout à fait exceptionnels, et dont les produits sont très- recherchés, s'abstenir de toute espèce de fumure. Mais il n'en doit pas être ainsi pour les crus ordinaires, où la diminution du produit ne sera pas compensée par l'augmentation de la quahte; les engrais y soiit nécessaires, et nous allons examiner quels sont ceux qu'il convient d'employer.

Les fumiers composés de litières nouvellement sorties des élables ou des écuries, les dépôts des voiries, les gadoues, les os broyés, les cornes, les chiffons de lame et oénéràlement toutes les substances tres-azotees, detetminent dans la vigne une végétation vigoureuse ; mais elles ont toujours pour effet, au moins pendant les preni"années qui suivent leur application, de donner un vin sans qualité, et qui offre une saveur et une odeui: désa-réiibles. Toutefois ces inconvénients sont moins ledoutSbles dans les terrains secs, et sous le climat brûlant du Midi, que dans les sols substantiels et dans .es vignobles du centre et du nord do la France, parce que 1 excès de matières fermentescibles, produit dans le moût du rVisin par les engrais azotés, est moins à cramdre dans la première condition que dans la seconde.

Les varechs employés comme fumure dans quelques vignobles des bords de la mer, produisent les mûmes mcouvénients. Aussi devra-t-on n'employer ces m;Uieres que pendant la première formation do la vigne, et donner ensuite la préférence aux engrais végétaux et nniicraux très-riches eu sels de potasse et dont voici les prm-

'^'^Véaélaux herbacés. - Dans les vignobles du Midi où la vi-'ne est bien plus espacée que dans le iNord, on scnie, anrè^ la taille, avant l'hiver ou au printemps, entre les rings, certaines plantes, telles que le lupin P»»'' "«^^ '^.''^ lé.'e's, ou la féverole pour les terres compacte^,, et on es enterre au moment de leur flor.aison. l^''''^.'<;f..,V,^''';." ^'^ du Centre qui permettraient l'usage de cette pi.aiq i ,oi pourrait employer la vesce et lo seigle. On pourrait a ss 'c servir de ce/taines plantes qui cro.ssent en abo. d. u.c dans les lieux humides, telles ''"".f «l^^^J^ ?•'>', .'è; carex, etc., et que l'.n enterrerait »,' P"iJ,,^'i,\^.y'-''","^ immédiatement après les avoir «u ee.. CU u^a.u est adoulé oar les vigneious des bords du niiùne.

\\uefaux%nelx. - Tous les arbrisseaux, et surtout ceux-q uTcoiVervent leurs feuilles, peuvent tuissi è re empilées pour la funmre des vignes, après que le. s uècs ont été froissées par les pieds des chevaux ou le»

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