‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 55 sur 396 · ALE · texte numérisé non relu

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un degré variable avec la nature de l'acier et celle du ; métal qu'on veut travailler. Mais quand les surfaces sont un peu grandes, on se sert d'arbres en bois ou en fer sur lesquels on monte des burins d'acier trempé et qu'on fait tourner en leur donn.int en même temps un mouvement très lent dans le sens de leur longueur ; dan> d'autres cas, l'arbre est fixe, et c'est la pièct qui se meut. La première disposition est la meilleure. Dans l'un et l'autre cas, Fig. 93. Aicsoir. l'outil n'attaque et n'enlève qu'une petite portion du métal à la fois, il exige remploi d'une force peu considérable, se fatigue moins et donne un travail plus régulier.

L'alésoir employé pour les cylindres des grandes machines à vapeur est toujours vertical. Nous en donnons une coupe {fig. 91). L'arbre \ tourne verticalement sur

Fi^. 'J<>. — Alt-iuir ^loui les c;liii<il'«£ do tiiacbilio*.

un pivot qui repose sur une crapaudine fixée .tu sol de l'atelier ; il est maintenu à sa partie supérieure par un supjjort à coussiiiet solidement lié à un gros mur et vers son extrémité ijiférieure par un second coussinet. Lo mouvement de rotation lui est imprimé pai' une roue d'ulée R engrenant avec une vis sans fin M, en sorte qu'il tourne avec une gnuide lenteur. Sur cet arbre est monté le porte-outil // qu'il entraino avec lui, et qui de plus doit recevoir un nioiivemont de translation verticale. Ce dernier mouvement est produit de la manière suivante. O est un anneau fixe dans l'intérieur duquel est creusé un pas de vis avec lequel viei:nent engrener les dents d'une roue diMitéo r mobile avec l'arbre, en sorte qu'A chaque révolution de cet arbre la roue dentée avance d'une dent. Celle roue porto un pignon qui eiif,'rène avec une seconde ronc r' portant elle-même un pi(;non(icii engrène avec une crémaillère C An somincl de celle crémaillère sont suspendues par luw liaviTsc d<'iix li|;es do fer logées dans deux entailles longitudinales de l'arbre et soutenani le porte-oulil dont la marche se trouve ainsi réglée par celle do l'arbre luimême. La pièce à aléser est solidement fixée au-dessus

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d'un fort plateau de' foule, au moyen de supports h boulons K dont la position sur le plateau peut changer suivant les dimensions du cylindre. L'arbre est enlève pour mettre le cylindre en place, puis remis dans sa position verticale. Les burins montés sur le porte-outil sont au nombre de deux ou trois. Le premier, qui est le plus bas, dégrossit, le dernier polit le travail qui est ainsi achevé en une seule passe. Cet alésoir est une machine toute moderne. M. D.

ALET ou ALETH (Médecine, Eaux minérales). — Établissement thei mal d'eaux bicarbonatées calciques, situé en France, département de l'Aude, arrondissement de Limoux. Leur action a été vantée par M. Ed. Fournier d;ins les affections nerveuses et dans celles du canal digestif.

ALEXIPHARMAQUES ( Médecine ), des mots grecs a/exéin, repousser, pharmakon, médicament, poison. — Ce mot est synonyme d'antidote, et désignait autrefois des médicaments que l'on croyait propres à arrêter les effets des poisons.

ALEYRODE (Zoologie), du grec a/f^)-o«, farine, eïf/o.t, apparence. — Genre ù Insecte.i Hémijdères, du grand genre des Pinemm. Ces insectes ont le corps mou, farineux (d'oii vient leur nom), les deux sexes sont ailés. La seule espèce connue se trouve toute l'année sous les feuilles de la grande éclaire, ce qui lui a valu le nom d'Alei/rodes dtelidonii.

ALEZAN (Zootechnie), en arabe Al-hezan. — Couleur fauve tirant sur le roux que présente la robe de certains chevaux ; on a appliqué ce terme également à la robe du bœuf.

ALÈZE, Alèse, Ai.aise (Médecine), peut-être contraction de à l'aise. — Di'ap de toile plié en plusieurs doubles, qu'on passe sous les malades pour les soulever et les tenir |)ropres ; on les faisait autrefois d'un seul lé de toile, d'oii vient le nom d'aléze, suivant quelques personnes.

ALFÉMDE (Arts chimiques). — Alliage métallique d'un blanc d'argent et servant à faire des couverts et autres ustensiles employés aux usages domestiques. Sa composition est analogue à celle du maillechort dont il se rapproche beaucoup ; il renferme pour 100 parties d'alliage, 59 p. de cuivre, 30 p. de zinc, 10 p. de nickel et 1 p. de for. L'alfénide se ternit à l'air; aussi la plupart du temps le recouvre-t-on à sa surface d'une légùro couche d'argent. Sa composition est due à MM. Halphen, et date de 1850.

ALGALIE (Médecine), mot d'origine arabe. — Sonde urinaire creuse pour permettre l'écoulement du liquide contenu dans la vessie (voyez Sonde).

ALGAROT (Poudre d') (Médecine), du nom de Victor Algarotti qui l'a inventée. — On nommait ainsi dans l'ancienne matière médicale une poudre très-employée comme émétique et purgative, et tombée aujourd'hui dans un oubli presque complet. On lui avait donné aussi le nom de poudrede vie, d'autres la nommaient au contraire poudre de mort. On !a prépare en traitant le chloruie d'antimoine par l'eau distillée ; on obtient un oxychlorure d'antimoine qui est précisément la poudre d'Algarot.

ALGAZEL (Zoologie). — Espèce d'antilope de l'Afrique septentrionale (Nubie, Sénégal), que Cuvier a regardée comme l'animal nommé Orijx par les anciens. Les monuments égyptiens portent gravées à leur surface de nombreuses figures d'algazels. C'est V Antilope (jazella de Linné (voyez Antilope).

ALGÈBRE (Mathématiques). — Cette branche des mathématiques a pour but de résoudre d'une manière générale les questions relatives aux nombres, au moyen des relations que l'on peut établir entre les quantités connues et les inconnues qui entrent dans la question. A cet effet, on emploie les lettres de l'alphabet pour désigner les grandeurs sur lesquelles on doit raisonner, et on représente par des caraciéi-es particuliers, appelés sir/nea algéhriytie!, les opérati'iii- j riitv sur ces grandeurs. On facilite ainsi les ral'om n, . r un les abrège on môme temps qu'on p.n auuim i l : rallié.

Los premirn :, l. i,ir., de. l'alphabet sont réservées aux quantités coniuies, les dernières lettres x, (/, z, aux quantilés inconnues. Le signe + indique l'addition de deux nombres et s'énonce plus. Le signe — indique qu'un nombre doit être soustrait d'un autre et s'énonce moinn.

Le signe de la multiplication est X, ou bien un simple point que l'on place entre les deux facteurs. Souvent aussi on se borne i éci Ire les facteurs à la suite les uns des autres, sans interposer désignes : ainsi a X A ou ah ; mais cela ne peut pas se faire quand les facteurs sont des nombres.

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Le signe de la division consiste en deux points que l'on place entre le dividende et le diviseur, ou bien on écrit le dividende'au-dcssus du diviseur en le séparant par une

barre horizontale. Ainsi a : é ou ? est le quotient de a

par />, et s'énonce n divisé par h, ou a sur b.

On exprime que deux quantités sont égales en les séparant par le signe =. Si deux quantités sont inégales, on interpose le signe >, en ayant soin de tourner son ouverture vers la plus grande des deux quantités : ainsi a^ II, signifie a plus grand que i.

A l'aide de ces signes, on abrège les calculs et les raisonnements; mais leur principal avantage est de généruliicr la solution des problèmes, comme on va le voir par un exemple.

Soit à trouver deux nombres tels que leur somme soit29 et leur différence 5. Appelons x le plus petit ; s'il était connu, le plus grand s'obtiendrait en lui ajoutant leur différence 5 ; on peut donc l'exprimer par x -'r b. Mais la somme des deux nombres doit être '.'9 : donc x -j- x -f- 5 = 29, ou 2.1- -H 5 ^ •;9. C'est là ce qu'on appelle Véquation du problème. Or, si 2a; augmentés de 5 donnent 29, 2x seuls valent 29 — 5 ou 24. Et enfin si 2j;^!4, X est la moitié de 2i, ou 12; par conséquent l'autre nombre est 12 -|- 5 ou 17.

Nous avons employé ici, pour abréger, des signes algébriques, mais en réalité nous n'avons pas fait de l'algèbre; et si nous avions à résoudre la même question avec des données numériquement différentes, si l'on voulait que la somme des deux nombres fût .14, et leur différence 11^, il faudrait recommencer la même série de raisonnements. L'algèbre évite cet inconvénient en représentant les données de la question par des lettres, et elle fournit la solution générale du problème.

Appelons a la somme et b la différence des nombres cherchés, soit x le plus petit, x -\- b désignera le plus grand; leur somme 2x -{- b doit être égale à a. On a donc l'équation 2x -{- b = a. Raisonnant comme ci-dessus,

on trouve 2x = a — b, et x = ^ — j ; c'est la valeur du plus petit nombre. Le plus grand x -\- b =5 — 5 -1- A = I -f- 5. Nous énoncerons ainsi ces deux résultats : Le plus grand nondire s'obtient en ajoutant à lu demi-somme la demi-différence; le plus petit nombre, en retranchant de la demi-somme la demi-différenee.

Les expressions 5 — 0 et 5 -|- 5 s'appellent des formules; elles renferment la solution de la question proposée, pourtoute valeur numérique des données, puisqu'elles indiquent, dans tous les cas, les opérations qu'il faut faire subir à ces données pour en déduire les inconnues. Dans la solution arithmétique, au contraire, le résultat numérique auquel on parvient ne contient plus de traces des opérations qu'on a exécutées pour l'obtenir ; et il suffit que l'une des données soit changée pour que l'on soit obligé de tout recommencer.

On appelle expression algébrique un ensemble de quantités représentées par des lettres et réunies par les signes 'algébriques : comme 3ab — c + f • Les parties qui sont séparées par le signe + ou le signe — s'appellent des termes ; dans l'expression précédente, il y a trois termes ou monômes : c'est donc un trinôme. De même un binôme est une expression à deux termes, et généralement le mot polynôme désigne une expression contenant plusieurs termes.

Un terme est positif ou négatif, suivant qu'il est précédé du signe -|- ou du signe — . Quand le premier terme d'un polynôme est positif, on se dispense d'en écrire le signe. Lorsqu'un terme contient un facteur numérique, on écrit ce facteur le premier, et on l'appelle le coefficient : dans le terme 3«6, 3 est le coefficient.

Si une même lettre entre plusieurs fois comme facteur dans un produit, on ne l'écrit qu'une fois, en lui donnant pour exposant ce nombre de fois. Ainsi a' signifie aX^XoX", et s'énonce a ijuatre, ou bien a quatrième puissance.

On appelle racine 2% 3", 4%... d'un nombre un autre nombre qui élevé à la puissance 2, 3, 4,... reproduit le premier. Ainsi ^ a est la racine cubique de a, ou la quantité qui, élevée au cube, dmmo a. On fait également usage do ces notations en arithmétique.

Une expression algébrique est dite rationnelle quand elle no contient pas de radical; irrationnelle dans le

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cas contraire. Une expression est entière, si aucun de ses termes ne contient le signe de la division : Xx- — ea; — 1 est un polynôme rationnel et entier. C'est aux polynômes de ce genre que se rapportent exclusivement les définitions suivantes.

Le derjvé d'un terme est la somme des exposants des lettres qui y entrent : ainsi kaJfix"- est du 6= degré. Souvent on n'a besoin d'estimer le degré que par rapport à l'une des lettres : on dira, par exemple, que le terme précédent est du 2" degré en ,t. Un polynôme est honvjyéne quand tous ses termes sont du même degré.

Ordonner un polynôme par rapport à une lettre, c'est écrire ses différents termes dans un ordre tel que les exposants de cette lettre aillent toujours en diminuant ou toujours en augmentant. La valeur numérique des polyuOmes n'est pas altérée par ce changement dans l'ordre de ses termes.

Une ou plusieurs expressions algébriques étant données, on peut avoir à les ajouter entre elles, à les retrancher, les multiplier, les diviser, les élever à une puissance donnée, ou en extraire une racine d'un certain degré ; ces six opérations fondamentales que l'arithmétique enseigne à exécuter sur des nombres, peuvent l'être aussi sur des quantités algébriques, à l'aide des règles que l'on trouvera dans les traités d'algèbre.

Deux expressions séparées par le signe = constituent nne égalité. Si les deux membres de l'égalité sont égaux quelles que soient les valeurs particulières attribuées aux diverses lettres qui y entrent, l'égalité prend le nom d'ii/enlité. Si l'égalité des deux membres n'a lieu que pour certaines valeurs particulières, l'égalité est une équation. Ainsi x — 3 = x — 3 est une identité; mais X» — 9 = 3x 4- I est une équation, parce qu'elle n'est pas satisfaite pour toute" valeur de x. Pour x = 3, par exemple, le premier membre est zéro, et le second est égal à 10. Mais elle est satisfaite pour x = 5, qui est dit racine de cette équation.

En général, toute quantité qui, substituée à la lettre ,/■ représentant l'inconnue, rend identiques les doux membres d'une équation, en est une racine. Dans l'équation du problème résolu précédemment, 2x + h ^ o, la racine est X = 'î — 5 . Résoudre une équation, c'est en chercher les racines.

Une équation est numérique lorsque l'inconnue seule y est représentée par une lettre ; elle est littérale lorsqu'il y entre des lettres représentant des quantités connues.

Tranxformulion.i qu'on peut faire subir à unééquatinn. — On peut, sans troubler une égalité, ajouter à ses deux membres ou en retrancher un même nombre; on peut encore multiplier ou diviser ses deux membres par une m£mc quantité. De là, résulte le moyen de faire passer tous les termes dans un membre : il faut pour cela changer le signe de chaque terme que l'on transpose. On pont aussi chasser les dénominateurs d'une équation : il suflit de mulliplier chaque terme par le dénominateur commun à liiutes les fractions qui s'y trouvent.

A l'aidi; de ces deux transformations, ou ramène toujours une équation à la forme

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On peut former trois expressions algébriques qui représentent les trois raisons de cette équation. De même, pour l'équation du \' degré,

-f px* -j- (/x -f r = 0,

qui est le type des équations atgéhriques & une seule inconnue. Cela suppose, il est vrai, que l'équation ne contenait pas de termes irrationnels. S'il on était autrement, il faudrait commencer par la rendre rationnelle.

Lo dei/ré iVune équation s'estime par le plus fort exposant do l'inconnue. L'équation 2x-f-6 = rt est du premier degré; rc'qimilnni» — l) —3x-\-l est du second degré.

Une équation peut avoir plusieurs racines : ollo en peut avoir un nomhri' égal à son degié, mais elle peut en ovoir moins, ou n'en avoir même pas du tout, si l'oti ni: c<in«i(l(T<' r|Ui! les racines rérlle^ et positives. Par l'iritrodiiriion di's qunniiii''' m'i/nlirev et imni/inaires (voyiz ces mots), la lliéorir! d^'S équations acquiert sa généinliti', ei l'on pi'Ut alors formuler ce lliéorèmo fondamental : Triule équation ali/élirique a au moins une racine ; li'inx l'on conclut cette autre proposilion : Toute équation ali/élinqiir du deqré m a prérisémenl m racines (voyez KfjiATioiH (Tliéoric ({énérnlc do»)).

Lu résolution des équations est In but principal de l'alK'br'.' ; collo «les équations du premier et du second de«ré s<Ta donnée nn détail ; mois on sait aussi résoudre le» équations du II* dcRré dont lo type générol csl

x'^ + n.ï5 + Ix -r cj: + d = 0,

on peut écrire les valeurs des quatre racines par une expression algébrique dos coefficients a. A, c, </, ou, comme ou le dit, en fonction de ces coefficients. Mais on a rarement à faire usage de ces formules.

Si maintenant on arrive aux équations du i' degré, ou d'un degré supérieur, il n'est pas possible d'en donner la résolution algébrique ou à l'aide des radicaux : il est démontré qu'alors il n'existe pas d'expression algébrique, propre à représenter les racines en fonction de coefficients, sauf poiu' quelques équations toutes particulières. La résolution algébrique des équations est donc impossible au delà du -4"^ degré. Mais en introduisant do nouvelles fonctions non algébriques, M. Hcrmite a complètement résolu l'équation du 5' degré.

Les applications conduisant fiéquemment à des équations de degré supérieur au 4% on a dil chercher le moyen d'en trouver les racines, sinon par des formules, puisque cela n'est pas possible, au moins par des procédés de tâtonnement ou d'approximation. Ces procédés constituent la résolution des équations numériques, qui a pour objet de calculer les valeurs exactes ou approchées des racines d'une équation dont les coefficients sont donnés en nombres. Cette question est aujourd'hui susceptible, dans tous les cas, d'une solution complète, et les métliodes usitées sont même assez simples pour qu'on doive les préférer à la résolution algébrique , quand on a à résoudre une équation du i" ou du 4'^ degré.

Historique. — L'origine de l'algèbrene saurait être indiquée avec précision. Le plus ancien ouvrage qui en traite est dû à Diopliante d'Alexandrie qui vivait vers le IV' siècle de notre ère : on y trouve la résolution des équations du second degré; mais Lagrange a fait remarquer que cette résolution ressort naturellement de quelques propositionsd'Euclide qui a vécu à Alexandrie 300 ans avant Jésus-Christ. Diophante parait avoir connu l'analyse indéterminée, et il s'est surtout occupé de questions relatives aux propriétés des nombres, comme de partager un nombre carré en deux autres qui soient aussi des carrés. Cela revient évidemiuent à trouver des triangles rectangles dont les côtés soient exprimés par des nombres entiers : ce problème peut être résolu d'une infinité de manières dont le plus simple est de prendre les côtés égaux à 3,4 et 5, ou bien 6,15 et 13.

On pense que les Arabes, «lui ont cultivé l'algèbre, en ont emprunté les éléments aux auteurs grecs, et principalement à Diophante. Leiu's connaissances se réduisaient à peu près à la résolution des équations du premier et du second degré ; elles passèrent en Italie où elle furent développées par Léonard de Pise dès le xiii' siècle. La résolution des équations du 3° degré est due i deux géomètres italiens du xvi', Scipion Ferrei et Tartaglia : c'est aussi à un Italien, Louis Ferrari, disciple de Cardan, que l'on doit la résolution de l'équation du 4° degré. Mais le véritable créateur de l'algèbre moderne est le Français Viète(l510-IGU0), qui a le premier employé les lettres de l'alphabet pour désigner les cjuantités connues, et créé par lîi les expressions ou formules algébriques. Il a découvert les règles (le la transffirniatinn des équations, la manière dont une (■(|iKiiinu s.' IdiiUià l'aiili' drM-s racines quand elles sont pnNiii\rs, .nlin un pi'oi-ùilc' pour olili'uir ces vnrine^. Apr.-- lui, l'Anglais IlamoL recuinuit l'exitt,.ur,.,l.>. ninii.-s iiégutlves."

I) ~i;ni.^ a iniriKluit la notation des cxpos.ants et les prin. i|H ~ (k leur calcul ; mais sa découverte fondamentale l'U algihrc est d'avoir le premier attribué des racines aux équations qui n'en ont ni de positives, nidenéfiaiives, de sorte que le nombre total des racines taïUiéellesqu'inntginairessoit toujourségal au degré do l'équation, lladoinié lo moyen de trouver les limites des racines, une règlo célèbre |;our évaluer immédiatement le nombre des racines positives ou négatives, ou tout au moins une limiio supérieure dn ce nomlire. Fnlln, par son application do l'analyse ;\ lagi'nnK'ti-le, il a été cunduit l'i la construction génériilo dus é(|uaii(>ns du .)" cl du 4* degré, et h. l'interprétation do leurs racines.

Depuis Dcscarles, tous les géoinèlres ont cultivé l'algfcbrn, et il nous suffira do nomnior Format, Wallis, Newton, Leihiiilz, !\Ioivro, Maclourin, Huler, d'Alembert, Lagrange, Laplacu, Fourier, Poisson, dont les travaux

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ont amené cette science i son état actuel. Parmi Ici progrts récents de l'algèbre, nous nous bornerons à signaler comme les plus importants, la résolution des équations binômes par Gauss, les beaux travaux d'Abel qui a démontré le premier l'impossibilité de résoudre algébriquement ou par radicaux les équations d'un degré supérieur au 4», le théorème de Sturm, ceux de Caucby, etc.

Pour étudier d'une manière approfondie la science qui nous occupe, il est indispensable de recourir aux ouvrages originaux des savants que nous venons de nommer. Nous indiquerons principalement le traité de la Résolution des êijuatiojis mimériques, par Ligrange, V Analyse i/r9 équations de Fourier, les Hecherches arithmétiques de Gauss, les œuvres d'Abel, Y Aliji'hre supérieure de Serret;et comme traités élémentaires, ceux de Lacroix, de Lefébure de Fourcy, de A. Amiot, dcChoquet, de Bertrand, de Briot, de Sonnet, etc., ainsi que le Cours de mathématiques pures dé Francœur (voyez Éqmtiotvs).

ALGIDE (Médecine), du latin ah/idus, glacial. — On nomme fièvre oli/ide, une espèce de fièvre pernicieuse caractérisée à l'invasion de l'accès par un froid glacial iiui se prolonge quelquefois pendant toute sa durée. On appelle période algide du choléra, celle où le l'efroidissement envahit tout le corps du malade (voyez Choléra). ALGOL ou TÈTE DE MÉDUSE. — Étoile changeante dans la constellation de Perae'e (voyez Coxstellation, Étoiles changeantes).

ALGORITHME. — Nom d'origine arabe employé quelquefois encore, soit pour désigner la science des nombres, soit aussi pour désigner la méthode et la notation de chaque espèce de calcul. A/t/orilhme du calcul des sinus, algorithme du calcul différentiel et intégral.

ALGUES (Botanique), du mot latin algœ, algues, qui lui-même vient peut-être d'alyidus, frais, parce que ces plantes vivent dans l'eau. — Grand groupe de plantes Acoti/lédones, nommées aujourd'hui Phycées, du nom que les Grecs donnaient à ces plantes; de là le mot de Phycoloyie pour désigner la science qui traite des Alques. D'une grande simplicité d'organisation, les Algues offrent des formes, des colorations fort dilTérentes. Les plus simples, à peine visibles à l'œil nu, se révèlent sous la loupe ou le microscope dans les eaux devenues verdit res par stagnation ; elles y étalent une végétation bizarre, au milieu de laquelle se jouent les animalcules infusoires. D'autres, beaucoup plus apparentes, sont connues dans les eaux douces sous le nom de Con ferres et y constituent ce qu'on appelle aussi \%vertd'étany ; (\ue\ques-unes, comme les Sostocs , tapissent de leurs masses gélatineuses d'un vert sombre le bord des chemins humides et ombragés. Ce sont encore des algues, CCS herbes généralement lamcllcuses , rubam'cs, qu'on nomme sur les rivages niariliaies fucus, vuri:chs , yoéiH'ins. Enfin, ces arborescences d'un rouge vif et d'une délicatesse merveilleuse que l'on applique sur des feuilles de papier et dont on fait souvent des albums de plantes marines, sont des algues connues sous le nom général de Ftoridées. Toutes ces plantes vivent en absorbant les matières organiques dissoutes dans l'eau; quand elles tiennent au sol, elles n'y puisent jamais rien. Les Algues marines montrent de curieuses relations avec les mers où elles vivent. Les diverses espèces ont des zones de profondeurs qui leur sont propres : les unes à la surface des flots, les autres plus profondément ; il en est qui vivent jusqu'.l (iO mètres it plus au-dc-ssous du niveau de la mer. La taille des Algues varie avec l'étendue des mers; les vastes océans nourrissent de grandes espèces; le„s mers plus restreintes, des espèces moindres; enfin les mers intérieures n'ont que do petiti^s espèces. Certaines algues, comme les Corallines, jouissent de là curieuse propriété de s'incruster de calcaire. Des végétaux si abondants n'ont pu

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rester inutiles à l'homme. Les populations de l'Irlande, do l'Ecosse et de la Norwége mangent certaines algues ou varechs (surtout des Ulne) pendant que la saison rigoureuse leur interdit la pêche. Les animaux domestiques consomment volontiers comme fourrages quelques autres espèces (diverses Laminariœ). La fameuse hirondelle salangane construit avec une algue mucilagineuse [Geiidium) ces nids si recherchés des Chinois. Lavés à l'eau douce et desséchés, les Fucus succhariuus et siliquosus se couvrent d'une efQorcscence sucrée analogue au sucre cristallisé de la manne. Dans plusieurs contrées maritimes de la France on récolte périodiquement les varechs pour les employer à l'amendement des terres cultivées. Tout le monde sait enfin que les cendres de varech servent à la préparation de l'iode.

C'est dans la classe des Algues que l'on trouve les végétaux présentant l'organisation la plus simple. Le genre Protococcus se présente sous la forme de vésicules isolées comprenant à la fois les organes de végétation et ceux de reproduction. Dans le genre Nostoch, ce sont des utricules réunies en chapelets et renfermées au milieu d'une substance gélatineuse. Des vésicules contiennent de petits, granules qui sont les spores ou organes reproducteurs. Celles-ci sont souvent munies de cils vibratiles que l'on a considérés comme appartenant à de véritables animaux ; aussi ces corps ont-ils été nommés zoospores. Les organes reproducteurs se présentent de diverses manières : quelquefois ce sont des spores contenues dans des conceptacles formés par des groupes d'utricules appelés sporidies.

On rencontre souvent avec ces sporidies des anthéridies représentant les organes mâles et groupés en bouquets ramifiés. D'antres fois ces organes ne contiennent qu'un seul des sexes. MIVI. Decaisne et Thuret ont fait connaître, en 1845, dans les Annales des sciences naturelles, l'organisation des .\lgues.

Ces plantes se divisent en plusieurs tribus. Les Nostochinées comprennent en général des plantes gélatineuses que l'on rencontre souvent sur la terre par un temps humide ; elles semblent disparaître avec la sécheresse et se gonflent en redevenant apparentes dès que l'humidité renaît. Les anciens, ayant observé cette particularité, les avaient nommées émanations du ciel. Il faut attribuer aussi à des nostochs la coloration rouge que présente la neige de certaines montagnes. Les Confervacées habitent principalement les eaux douces. Les Floridées habitent la mer et comprennent les plus belles algues par leurs formes gracieusement ramifiées et leur coloration trèsbrillante. Les Fucacées renferment les végétaux les plus grands. Dans les mers polaires, certaines espèces atteignent presque à 100 mètres de longueur.

Principaux ouvrages à consulter sur les Algues :

Lamouroux, Essai sur les genres de la famille des Tlwlnssinphytcs non articulés \S.nn. Mus. ISCÎ, t. XX).

— Kuctzing, l'hijcologia generalis, etc. (Leipzig, 184a).

— Postels et Rupprerk, Illust. A l yaruin , etc. (l'etropoli, 1843). — Camille Montagne, article PItycoloyie dn Dictionnaire d'Iiisloirc naturelle de d'Orbignj'. — J. Payer, Botanique cn/ptuqumique {Pa.rh,lSiM' . G — s.

ALGYRE (Zoologie), Âlyyra, Cuv. — Groupe de Reptiles Sauriens du genre Lézard, dont quelques espèces se rencontrent en Algérie. Ils ne dilfèrent des Lézards que par l'absence de plis transverses formant collier sous la gorge et par les écailles carénées du dos et de la (|ueuc.

ALIROUFIEK (Botanique). — Nom vulgaire du genre Styrax (Tourn.), appartenant à la famille des Styracées, démembrée généralement aujourd'hui de la famille des Ebénacées. Les AlibouHcrs sont des arbustes ;> feuilles alternes munies d'un pétinle court. Les fleurs, disposées en grappes axillaires ou leriiiinales,ont le calice i\ .S dents ou entier; la riirelle gamopétale, une dizaine détaminesî le fruit est globuleux ou civoide, uniloculaire. VAlil)OUfier officinal tit/uidandiar oriental {Styrax officinale. Lin.) est un arbrisseau db 3 .'l i mètres, originaire de la

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France méridionale et cultivé comnninéi en dans les jardins. Il donne une gomme-résine d'une odeur agréable et posstde des propriétés vulnéraires et détersives. Le Sfyi-ax benjoin de Sumatra donne le baume appelé benjoin (voyez Benjoin, Stïbax). G — s.

ALIDADE, de l'arabea/'/iiV/arf, la règle. — Règle de bois ou de métal, munie à ses extrémités de deux plaques métalliques appelées pinnvles servant à viser les objets et à déterminer leur direction dans la levée des plans à la planclielte (voyez ce mot). La pinnule sur laquelle on applique l'œil, est percée d'une fente verticale trèsétroite ; la pinnule opposée est percée d'une ouverture plus large, au milieu de laquelle est tendu verticalement un fil très-fin. Cette dernière peut être remplacée par

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ni'^'mo ; dans beaucoup de cas cependant elle reste sons la dépendance du mécanicien chaufl'eur qui l'effectue au moyen de robinets qu'il gouverne à son gré Les appareils automatiques eux-mêmes doivent être soumis à sa surveillance et construits de telle façon qu'il puis-e obvier sans retard à une irrégularité qui surviendrait accidentellement dans leur marche.

Dans les machines à basse pression, l'alimentation peut être opérée par le seul poids de l'eau placée dans un réservoir situé au-dessus de la chaudière; son admission dans celle-ci est réglée par une soupape M [fîg. 9S),

une pointe. Pour viser un objet, on le regarde par la fente et on tourne l'alidade jusqu'à ce que le fil ou la pointe paraisse recouvrir le milieu de l'objet.

L'alidade, au lieu d'être libre comme précédemment, peut être fixée au centre d'un cercle gradué sur lequel elle tourne. Elle sert alors à mesurer les angles formés par divers objets avec un autre servant de point de départ. Dans ce dernier cas, surtout, oa obtient plus de précision en remplaçant l'alidade par une lunette à réticule (voyez Angles [Mesure des]).

ALIÉNATION mentale (Médecine), de menx, esprit, et aliéna, étranger. — C'est le nom générique sous lequel Pinel a réuni toutes les espèces de maladies mentales (voyez Folie, Démence, Monomanie). Ce mot est devenu d'un emploi vulgaire pour désigner la folie eu général; il signifie, d'après son étymologie, la perte de la possession de sa propre intelligence. On en a fait le mot a //^np synonyme du mot piv.

ALIÉNÉS (Médecine). — Jusqu'à la fin du xviii' siècle, les aliénés étaient privés do tout secours, et soumis aux traitements les plus barbares ; confondus souvent avec des criminels, ils étaient renfermés dans des cellules et même dans des cachots comme des criminels; trop souvent rendus fous furieux par ces traitements barbares, ils étaient en dernier lieu chargés de chaînes. Au commencement de ce siècle, Pinel et après lui Esquirol, vinrent enfin appliquer à ces malheureux malades un traitement plus liumain, plus rationnel; la folie, considérée comme une maladie, fut soumise à un cnsemlile de moyens pratiques capables de la guérir ou, tout au moins, d'adoucir les maux qu'elle entraîne. Enfin, la loi du :!(! juin Is:iS et l'ordonnance royale du 18 décembre 1839, ont réglé tout ce qui a rapport aux établissements qui, à dater de cette époque, ont été ouverts en grand nombre pour don ner asile aux aliénés.

ALIÉNISTES (MÉnECiNs). — On désigne par ce nom les médecins dont la spécialité est le traitement de l'aliénation mentale; le médecin aliéiiisle doit avoir une ins truction très-étendue, il doit en outre posséder des qualités du ciTur et de l'esprit d'un genre particulier, pour démêler la cause des maux dont il est témoin, pour corriger et redresser tel malade, animer et soutenir tel autre, frapper l'esprit de celui-ci, aller au cœur de celuilà et les dominer tous par la puissance et l'ascendant de sa volonté : tels sont les modèles que nous ont olVerts Pinel, Esquirol, Kerrus et tant d'autres.

• ALIMENTATION (Physiologie, Hygiène). — Voyez Aliment».

Alimentation des ciiAiiniÉiiKS A \APEiin. — Henouvelleinent de l'eau dans les chaudières à mesure qu'elle s'y transforme en vapeur. L'eau, se vaporisant d'une manière a)nlliiuo pendant la marche des machines à vapeur, n'épuiserait promplomenl dans les chaudières si on ne l'y renouvelait h mesure qu'elle disparaît. Ce renouvellemont doit être fait avec assez do soin pour que le niveau do l'cou no s'élève pas trop haut, cas auquel la vapeur ne trouverait gênée ilnns son dégagement et sa forc' élastique varierait dans de trop grandes limites, et pour qu'il ne descende pas non plus trop bas, car alors toutc-i |i« partie» do la chaudière directement soumises à l'action de la nnnimo pourraient n'être pn» couvertes par l'eau, ce qui dovicndrait une couse il'explosion.

On »'e->t de tout temps efforcé do rendre l'alimentation aulwnaliiiiie, c'est à-dire de la ?égler par la machine elle-

gouvernée elle-même par un flotteur. La tige de la soupape se prolonge en dehors de la chaudière et sert à juger du niveau de l'eau à l'intérieur.

Dans les machines à haute pression, dans lesquelles l'eau de la chaudière supporte une pression de plusieurs atmosphères, l'alimentation est forcée par des pompes foulantes dites /)0)Hpesa//men /(!!>(;■;, mises en mouvement par la machine elle-même, ce qui est le cas le plus général ou par une petite machine indépendante.

L'alimentation peut encore être réglée dans ce cas par un flotteur ; mais si la pompe alimentaire est mue par la machine, comme son mouvement ne peut être accéléré à volonté, elle doit être établie dans des conditions telles qu'elle fournisse plus d'eau que la machine n'en consomme, et son action doit pouvoir être suspendue à volonté. La soupape d'admission est alors double.

Dans notre gravure (fi;/. !l'J), l'eau arrive de la pompe foulante par le tuyau N, elle pénètre actuellement dans la chaudière ; mais dès que le niveau de l'eau sera suffisamment élevé dans colle-ci, le flotteur soulevé par l'eau

Fig. aw. — AIiiiniilluliOM iloi clmilJiL'rtîfi allante [ircssicin,

abaissera les deux soupapes, l'ouverture qui donne accès dans la chaudière se fermera, et l'eau s'échappi'ia par le tuyau P pour retourner dans son réservoir |ou IMiei. Malgré les avantages (pie cette disposition p:irall présenKM-, on préfère cependant régler l'alimentatiou par des robinets.

L'eau arrive à la pompe par les tuyaux A et pénètre dans la chaudière parle tuyau à robinetU {ft;/. KiO:. Lorsque ce robin<'t c-t Irrmé, cette eau retourne à la bAche par un tuyau latéral placé en avant du robinet U et muni lui-même d'un autre robinet.

Une autre disposiiion très-employée consiste à relier le piston de la pmnpe alimentaire à la tige qui le gouverne par une elavetlo que Ton peut ô(er ou mettre à volonté, et (|ui lient lieu des robinets. Quand l'eau

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manque dans la chaudière on met en prise le piston au moyen de sa clavette, et la pompe fonctionne; quand 1 ali-

mentation est suffisante, on retire la clavette, et la pompe s'arrête pour reconmiencer un peu plus tard.

Dans les loco:iiolivos où l'alimentation est opérée par une machine spéciale, il suffit de donner de la vapeur i cette machine au moyen d'un robinet ou de la lui retirer. On profite généralement de l'arrêt aux stations pour utiliser la vapeur devenue momentanément sans usage pour recharger d'eau la chaudière.

Les machines à vapeur ordinaires dépensent par heure et par cheval de '.'O à 3â kil. de vapeur ou litres d'eau. C'est sur la connaissance de cette dépense que sont basées les dimensions à donner aux pompes alimentaires. Ces dimensions sont du reste d'autant plus grandes que les pertes de la chaudière doivent être réparées dans , un temps plus court. Elles sont au maximum dans les | locomotives à machine alimentaire indépendante. |

Depuisquelques annéi-s on emploie de plus en plus un méctinisme direct d'injection imaginé par M. Gitfard, qui porte i; nom d'injecteur (voy. ce mot). Cet appareil est destiné à supprimer les pompes alimentaires. M. D.

AL1.\1E>TS (Physiologie,, du latin alere, nourrir. — On appelle o/"«eH/.s les substances que l'homme et les animaux introduisent pour se nourrir dans les voies dicestives. Dès l'abord, on peut distinguer les aliments solides et les boissons. Les aliments solides ingérés par les animaux sont presque uniquement des matières organisées, végétales ou animales ; cependant il doit toujours y entrer quelques substances minérales : d'abord, p;irce que les matières organiques qu'ils mangent en contiennent une petite quantité ; d'autre part, l'eau fait partie de toute matière animale ou végétale; enfin, il est des corps, comme le sel marin, par exemple, que l'homme et plusieurs animaux ont besoin de mêler à leur nourriture. En résumé, jamais un animal ne peut se nourrir exclusivement de substances minérales ; mais ses aliments doivent en contenir quelque peu, car chez presque tous les animaux l'organisme en renferme. D'autre part, il existe un certain nombre de substances organi- qucs ou minérales qui, loin de nourrir, agissent comme' dos poisons. Enfin, une immense quantité de matières minérales et plusieurs matières organiques sont indifl'érentes, c'est-à-dire que, sans être vénéneuses, elles ne sont cependant pas nutritives. Il est, du reste, à remarquer que beaucoup de poi-ons ne sont que relatifs; ainsi un grand nombre de végétaux, doués pour l'homme de propriétés vénéneuses, servent d'aliments à des insectes ou à quelques autres espèces plus ou moins éloignées de nous par leur organisation.

Mais, en ayant égard surtout aux animaux vertébrés, on signalera facilement des différences dans l'alimentation ou le régime. On distingue, en général, les divers animaux sous ce rapport, en carnivores, inseclii'orcs, herbirore.i, frvtjirnris, i/ranimres, omnirorrs : c'est-à-dire que les uns mangent de la matière animale empruntée soit à la cliair des animaux supérieurs ou simplement charnus, soit aux tissus moins succulents des insectes ; les autres se nourrissent de matière végétale, herbe, fruits ou graines; enfin, il en est qui mêlent dans leur régime les matières animales et les matières végétales; l'homme évidemment se nourrit de cette façon.

Au milieu de cette prodigieuse quantité de substances

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employées à nourrir, il est cependant facile d'établir nne assez grande uniformité, lorsqu'on les étudie au point de vue chimique. Laissant de côté les matières minérales, qui n'ont qu'un rôle secondaire dans l'alimentation , si nous considérons les aliments organiques, nous savons déjà que leur composition élémentaire est très-simple ; c'est la composition de toute substance organique ; ellene peut admettre que du carbone, de Voxygcfie, de Vhydroqhie, de l'oro/c, et parfois quelques tracosde?o«/";-eet de phosphore. Mais si nous examinons les aliments organiques, non plus seulement dans leur composition, mais dans leur nature chimique, nous arriverons aies distinguer en aliments azotés eta/iiiterits non azotés.

Aliments azotés. — Ils forment un premier groupe d^ substances analogues les unes aux autres dans les deux règnes, que l'on a désignées sous les noms de substances protéiques, albuminoidrs. ou simplement azotées; ce sont, par exemple, pour les aliments azotés de nature animale : 1" l'albumine (œufs, cervelle et nerfs, glandes, sang) ; 2» la fibrine (chair et sang) ; 3° la caséine (lait, fromage) ; 4° l'osmazome (bouillon) ; a" la gélatine (tendons, os, peau, etc.).

Pour les alimentsazotésdenaturevégétale, nous aurons à citer des substances analogues : 1° l'albumine végétale (sucs des végétaux, graines émulsives, comme les amandes) ; 2° la caséine végétale (haricots, pois, etc.) ; 3» le gluten (grains des céréal&s) , que l'on peut comparer à la fibrine animale, et qui est uni dans le blé à un mucilage azoté et nutritif.

Aliments non azotés. — Dans le second groupe de substances alimentaires organiques, nous trouvons deux catégories bien distinctes : d'une part, les substances amylacées ou saccharoides ; et d'autre part, les substances grasses.

Les substances alimentaires amylacées proviennent surtout du règne végétal. Leur nom est dérivé de celui de l'amidon, qui en est le type principal; on les nomme aussi socc/mroïrfe^, parce qu'elles sont suscepiibles de se transformer en sucre, ou peuvent provenir d'une matière sucrée. Les principaux aliments amylacés sont : 1° l'amidon ou fécule (farines, fécules, haricots, lentilles, pommes de terre, etc.); 2» la dextrine; -i» le sucre (fruits, 1 sève des plantes), glucose et sucre de fruits, sucre de canne; -io la gomme (graines, racines, etc.); 5" certains sucs acides des végétaux et surtout l'acide lactique ; C» le sucre de lait ou lactose (lait des animaux) ; '« l'acide lactique du lait aigri et de beaucoup de matières anima- ' les. Toutes les personnes qui ont étudié quelque peu la chimie organique savent quels liens unissent entre elles I ces substances. L'amidon, la dextrine, ont la même composition chimique (C'-H-'O'") ; en se combinant avec les éléments de 2 équivalents d'eau, ils donnent le glucose (C'^H'^O'^). La dextrine n'est donc qu'une transformation isomérique de l'amidon, et l'agent le plus actif i de cette transformation est une matière azotée nommée diastase, que l'on trouve surtout dans les grains d'orge, d'avoine et de blé en germination. Cette même matière, en prolongeant son action, change la dextrine en glucose. Cette nouvelle substance est, comme tous les sucres, susceptible de fermenter et de se dédoubler en acide carbonique et en alcool (CO-H'^j, etc. 11 suffit de rappeler ces phénomènes fondamentaux de l'histoire dos matières amylacées.

Enfin tout le monde connaît les substances alimentaires qras^es; ce sont les graisses animales et les huiles animales ou végétales.

Lorsqu'on examine la composition du régime que l'instinct naturel fait suivre aux animaux supérieurs, on trouve qu'il y entre toujours, bien qu'en proportions relativement variables, une matière azotée, et au moins uni; matière amyl.icée ou une matière grasse ; chez un grand nombre d'espèces, les trois ordres de substances figurent dans l'alimentation, et c'est ce qui arrive en particulier pour l'espèce humaine. Do nombreusee expériences ont été faites pour savoir jusqu'à quel point cette composition du régime alimentaire était indispensable à la nutrition. Magendie a surtout éclairé cette question, ot voici les principaux faits qu'il a démontrés :

Un régime complètement privé de matière azoti.'e no nourrit pas : les animaux que l'on y soumet meurent d'inanition. D'une autre part, il n'est presque aucun principe immédiat ;izoté qui, pris seul et à l'exclusion de toute autre substance, puisse nourrir : le glut' n fait peutêtre exception. Administrés ensemble, deux à deux , trois à trois, ces principes n'ont pas plus d'eflicacité. Un régime nutritif doit donc, en général, avoir pour base des

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matières azotées mêlées à d'autres substances privées d'azote.

Un savant qui s'est beaucoup occupé de cette question, Prout, a vu dans le lait le type de l'alimentation complète, au moins pour les mammifères. C'est, en effet, une substance remarquable, puisqu'elle peut noun'ir seule un jemie animal qui se développe. Or, sa composition semble une confirmation entière des principes précédents : le lait renferme dans un véhicule aqueux une matière azotée, la caséine; une matière saccharoîde, le sucre de lait ou lactose: enfin une matière grasse, le beurre. Prout a pensé que c'était là le modèle d'une alimentation normale et suffisante, et cette idée, discutable peut-être pour certaines espèces exclusivement carnivores, est au moins incontestable pour l'homme, les omnivores et l'immense majorité des h-'rbivores.

Les boissons introduisent surtout de l'eau dans les organismes ; cette eau est à peu près l'unique boissoii des espèces animales : l'homme a le privilège et le besoin de varier ses boissons en y introduisant des liqueurs alcooliques. Celles-ci fournissent donc à notre corps un principe de la nature des matières saccharoïdes, et qui peut être employé de la même façon (voyez Boissoxs).

Pour l'influence des aliments sur la santé, voyez I'ik- GiME, Inanition, Engkaissement, Digestion, Matiébes

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