A NU
L'anguille est dépourvue de nageoire ventrale, et presque de pectorale ; les dorsale, caudale et anale se réunissent pour former une esp&ce de ramefjui constitue la <[ucue. Ses deux màclioires et la partie antérieure du palais sont garnies de plusieurs rangs de petites dents.
L'anguille commune dont il vient d'être question appartient au genre Angudle [Anguilla, Tliunberg, Murœna, Block), qui se sous divise en KngnUh's proprcmenl ilile^ et Anguilles vraies; c'est dans ces dernitres que se trouve notre anguille commune ; les pêcheurs y distinguent quatre variétés, que les auteurs confondent sous le nom de Mnrœim anguilla, Lin., et qu'ils appellent A. rerniaux, c'est probablement la plus commune, A. lotig bel-, A. plat Aeo, A. pimfiernaux.
ANGUILLIFORMES (Zoologie), du latin ant/Hî/M, anguille, forma, forme. — Famille qui forme à elle seule l'ordre des Malucoptérygicm apodes, quatrième de la classe des Poissons. Elle a pour caractères : forme allongée, peau épaisse et molle, souvent gluante, qui laisse à peine voir de très-petites écailles; peu d'arêtes, pas de nageoires ventrales, pas de cœcums; presque toujours une vessie natatoire, souvent de formes singulières. Cette famille se compose des genres Anguille, Saccopharynx, (•ymnofp, Gginnarchus , Leptocéphale, Donzelle et Éijuille (voyez ces mots), dont quelques-uns se subdivisent en plusieurs sous-genres.
ANGUILLULE (Zoologie). — Le célèbre micrographe F.hrenberg a réuni sms ce nom plusieurs vers extrêmement petits, confondus par les anciens naturalistes avec les Vibrions. Les espèces les plus connues sont : celles du vinaigre (A. acrti) ; celles de la colle iA. glutinit), qui vivent dans la colle de pâte, surtout dans celle qui, presque desséchée, se roule en écailles; celles du blé niellé ! A. tritici), qui remplacent la fécule dans les grains de blé où elles sont entassées sous furme de fibrilles sèches, ( assantes. Cette espèce a donné lieu à de grandes controverses, à cause de la propriété que lui assignent la plujjart des auteurs de pouvoir se dessécher sans périr, et cela à plusieurs reprises, et de revenir à la vie lorsqu'elles sont humectées ; peut-être faut-il attendre de nouvelles expériences plus décisives pour fixer ce point litigieux. Enfin, l'on trouve des anguillulcs dans la terre humide, dans les eaux stagnantes, dans les moisissures qui se forment à la surface du sol ; quant à celles qui existeraient dans l'intérieur du corps des lombrics, des chenilles, des insectes, il faut sans doute y voir des Fi- Inires (voye? ce mot).
ANGUIS (Zoologie) , mot latin, synonyme de serj^rnt. — Linné, qui a introduit ce nom dans la science, en avait formé un genre qu'il avait placé tn des derniers dans la classe des Reptile-i. Dans la méthode du Hf'gne animal, les Angnis constituent la première famille de l'ordre des Uphidient ou Serpents; ce sont des reptiles à corps allongé, cyliudriqu', dépourvus de nr^mbies apparents, mais dont l'organisation se rapproche beaucoup de celle des lézards ; les dents sont petites, nombreuses; la langue libre, courte; les yeux petits, munis de trois paupières; un poumon de moitié plus grand que l'autre. Cette famille entrait toute entière dans le genre Oroel {Anr/uis, Lin.) (voyez ce mot).
ANGUSTURE (Botanique médicale). — Ou donne ce num à deux écorces très-difîéreutes surtout par leurs propriétés : VAngiisture vraie et la faussf Angusfure, qu'il est très-important de distinguer, parce que la première est un médicament précieux, tandis que la seconde est un poison violent. La vraie Angusiure est l'écorce du finmplandia trifoliata de Wildejiow, Giilipen cuspa- >■/«. arbre de la famille des Diotmci-x , voisine des Rutacées, tribu des Ciispariees, laquelle est caractérisée par un calice campanule, 6 pétales, S à (i étamines, ovaire à .S loges. Ci'l arbre, très-élevé, a une écorce grisâtre, des (leurs blanches en grappes dressées. La vraie angiisture est eu plaques roulées de O"",!.! à i''',iO sur ()",(in3 ou (;'",iiii4 d'é|iaisseur, minces vers les bords; recouverte de son épiderme, l'écorce est intérieurement d'un jaune fauve, d'une cassure compacte, résineuse; sa saveur est amère, arimat que, un peu acre. Cette écorce a été vantée c<immc fébrifuge par plusieurs médecins ; et les naturels du pays où ou la récolte la regardent comme supérieure au quinquina dans le traitement des lièvres intermitteiiles; cependant, si l'on eu croit M. Drctonnean de Tours, elle serait tout à fait inerte; la vérité p lurrait bien être entre ces deux assertions si contradictoires. Elle a été pnicnnisée aussi contre la dyssenterio. Apportée en Angleterre vers la lin du siècN' ilernier, elle était très-employée comme fébrifuge, lorsque
tout à coup elle produisit des empoîs^nnements : on reconnut alors qu'elle était mélangée avec une autre «îcorce nommi^c depuis fausse ungusture;- on crut d'abord qu'elle provenait du Bruca antidyisenterica ou /erruginosa d'où est venu le nom de brucine, donné à tort à l'alcali végétal qu'elle reuferme ; enfin on sait aujourd'hui pour les travaux de MM. Batka d'une part et Christison de l'autre que c'est l'écorce du Strychnos niix vonucu. Quoi qu'il en soit, la fausse angusture est plus épaisse, plus rugueuse à sa surface, d'une couleur plus foncée que la vraie, et, de plus, ses bords sont taillés à pic, et jainais en biseau; l'acide nitrique {caractère essentiel] la colore en rouge à cause de la brucine qu'elle contient, ce qui n'a jamais lieu avec la vraie angusture. F. — n.
ANHÉLATION (Physiologie, Médecine), du latin anh-lare, haleter, respirer avec peine, essoufflement. Elle est synonyme de Dgspnee — L'anhélation, qui est caractérisée par une respiration comte et fréquente, est naturellement la suite d'une course rapide ou de mouvements violents; mais elle est souvent uu symptôme important dans un grand nombre de maladies, et particulièrement dans celles des organes contenus dans la poitrine : ainsi dans Vasthnie, les maladies du coiur, Vhiplrothorax, etc.
ANHÉMASE épizootique (Médecine vétérinaire), du grec aima, sang, et a privatif. — Maladie des trtsjeunes mulets, observée et ainsi nommée par Gellé dans le départementdes Deux-Sèvres, où elle fit périr un grand nombre de ces animaux. Elle s'annonçait par l'abattement, la prostration; l'animal restait couché sur sa litière; le pouls était petit, accéléré, la respiration fréquente, le ventre douloureux ; les excréments étaient durs et noirs. Cette affection, presque toujours mortelle, durait de 6 à v!4 heures. A l'autopsie , on trouvait le sang rose pâle, séreux, dépourvu de fibrine ; les poumons étaient pâles, et blafards.
ANHINGA (Zoologie), Plotus, Lin. - Nom donné chez les naturels du Brésil à un oiseau dont ou a formé un genre de l'ordre des Palmipèdes : ils ont le col a'iongé, avec
une ]ietitetête,un bec droit, grêle et pointu, abords donticulé- ; la face et le dessous du bec nus; les ailes longues et obtuses, la queue grande et large, les pieds gros et courts, qui ne leur permettent qu'une marche péniblo; ils ont, du reste, un vol élevé et percheut sur les arbres, où ils nichent. Leur nourriture se compose de poissons, et, comme ils plongent admirablement, ils les atteignent à une assez grande profondeur. Leur grosseur n'excède pas celle du canard, mais leur cou est plus long. Quoi- (|u'on ait cité phfsicurs espèces d'anhiuga, il paraît établi qu'on n'en connaît qu'une seule, l'.-l. me'a.iogaster. doi)t quelques variétés existent à la Guyane, à Cayenije, au Sénégal, etc.
ANH'VDllE (Chimie), de a négatif, et mior, eau, qui est sans eau. — T(U-me employé pour distinguer certaines substances privées d'eau de ces mêmes substancos unies en proportions variables avec l'eau. On dit acide ou sel atihiptre par opiiosiliou à sel ou acide liyilrate.
ANHYDHIDKS Chimie). — On désigne sous ce nom les acid(W anhydres. lisser divisent en d ux classes, soliin (|u'ils proviennent d'acides hydratés bibasiqucs ou d acides monoljasiques. Les acides anhydres de la première
ANI
ANI
catégorie soiil depuis longtemps connus ; on les obtient eu soumettant à l'aciion d'un déshydratant, ou simplement à l'action de la chaleur, l'acide hydraté correspondant; ainsi l'acide lactique:
ClîH10ul»,ÎHO — 2H0 = SlCSHi'OS)
De même l'acide succiiiique
C8ll4û6,îHO — 2H0 :
Les acides anhydres de la seconde catégorie ne peuvent être obtenus d'une manière directe ; M. Gerhardt les a produits dans ces derniers temps seulement, par un procédé remarquable auquel il a été conduit par cette considération théorique : que les acides monobasiqucs peuvent être assimilés pour leur équivalent à un double équivalent d'eau dans lequel un équivalent d'hydrogène est remplacé par un radical composé correspondant à l'acide hydraté que l'on considère. Ainsi l'acide acétique ordinaire C'H'O' peut être écrit
! OH'OS radical ,
Maintenant substituez à l'équivalent d'hydrogène restant dans l'acide acétique un métal plus métallique le potassium par exemple, vous avez l'acétate de potasse.
, ( CiH302
Mettez en présence de ce dernier corps le chlorure du même radical acétyle C'H30-CI,le chlore s'emparera du potassium, et vous aurez
Acétate 'e potasbe.
Chlorure d'acctyle.
2 équivalents d'acide acétique anhydre.
Cette méthode est applicable à tous les acides monobasiques. Si même on met en présence du sel correspondant à un certain radical le chlorure d'un autre radical, on obtient un sel anhydre double. Ainsi :
0» 1 ^"•"'•"' + CMl^OîCl = KCl + 02 [ %'^i^^
pela
Anhydride aceto-
hcnzdïque i:l»H50',C'H303.
ANHYDRITE ou KAnSTÉNixE (Minéral.). — Sulfate de chaux naturel anhydre que l'on rencontre tantôt cristallisé, lanlôi en masses fibreuses ou saccbaroides. Les crislanx dérivent d'un prisme droit ilmmboidal et possèdent la double réfraction à deux axes. Il est assez abondant dans lis .Vlpcs et est employé quelquefois comme marbre à cause desadurelé ; il ne peut servira fabriquer du plâtre i voyez Gypsk).
ANI (Zoologie), Croloji/iaf/a. Lin. — Genre d'Oiiicaux do l'ordre des t;nw(/'eu'.s; c'est le nom indigène qu'il porte à laGuyane et au Brésil ; celui de Crotn/iltrigun a été imaginé par Brown, parce qu'à la Jamaïque il vole sur le bétail pour prendre les taons et les tiques, en grec krntvn. Dans nos colonies de l'Améritiue méridionale, on l'appelle lloul de jiplun ou Rout de tal/iir, Oi.ii-uu diidili' , Perroquet noir, etc. Ils ont le bec gros, comprimé, arqué, sans dcnirlures, et surmonté d'iin(t crête verticale et tranchante. Toutes les espèces sont d'un noir intense, les plumes bordées la plupart de vert ou de bleu luisant. Ce que ces oiseaux oITrent de plus remarquable, c'est un instinct social Irès-développé ; ainsi vivant par troupes de dix, vingt, trente, ils se tiennent sans cesse ensemble, le temps des couvées même ne les sépare pas, cl leur société ne parait jamais troublée par des discordes. Les mftles et les fcmcHles travaillent ensemble à la ronsirnctioD d'un nid qui puisse servir à plusieurs femelles à la
l'ois; la plus pressée de pondre n'attend pas les autres, qui agrandissent le nid pondant qu'elle couve. Quelquefois les œufs se mêlent, et à l'éclosion des petits la même intelligence continue à régner ; les mères donnent à manger indistinctement aux premiers venus, et les mâles aident même à fournir les aliments. Ces oiseaux vivent d'insecies, de grains, de peliis reptiles, etc. Parmi les quelques espèces connues, on doit citer l'.-l. des palétuviers (Crotnphnya major, Lath.), qui est de la grosseur d'un geai, et l'.'i. des savanes (Croiophaga ani, Lath.), moitié moins gros.
ANIL (Botanique). — Espèce du genre Indigotier (voyez ce mot).
ANILLNE (Chimie'. — Ce corps tire son nom du mot portugais anil, qui signifie indigo, parce que ce fut en étudiant les produits de la distillation sèche de l'indigo qu'Unverdorben en fît la découverte. L'aniline est un liquide incolore, d'une odeur aromatique, d'une saveur acre et brûlante, exerçant sur l'économie animale une action énergique ; à dose minime, elle détermine des spasmes violents suivis d'oppression et de paralysie complète. Sa densité est de I ,IV.'8 ; elle est peu soluble dans l'eau, soluble en toutes proportions dans l'alcool et l'éther. Son point d'ébullition peut être lixé à l.S"° environ. L'aniline joue le rôle d'une base faible, susceptible uéanmoms de se combiner avec tous les acides en donnant des sels parfaitement définis et cristallisables. La formule qui représente sa constitution est la suivante :
j Ci*H5 C'-H''Az qu'on peut écrire Az H exprimant :iin i
I H qu'elle appartient à cette classe remarquable de com-
( " posés dont l'ammoniaque Az [ H peut être considérée
( H comme le type ; dans cette manière de voir on arriverait à l'aniline par la substitution d'une molécule du radical phényle C'^H^ à une molécule d'hydrogène H dans l'ammoniaque.
Parmi les dilTérents procédés au moyen desquels on peut se procurer l'aniline, nous citerons le suivant, qui est le pins avantageux au point de vue économique, et le seul employé aujourd'hui pour la préparation indtistrielle.
La distillation de la houille dans la fabrication du gaz d'éclairage donne lieu, entre autres produits secondaires, à une grande quantité de goudron condensé dans des appareils spéciaux : ces goudrons distillés à leur tour l'ournissent des huiles de différentes densités; les plus légères contiennent une certaine quantité de benzine, sorte de carb'ire d'hydrogène liquide; la benzine soumise à l'action de l'acide nitrique donne la nitrobenzine, substance douée d'une odeur agréable analogue à celle de l'essence d'amandes amères, et d'un emploi assez fréquent dans la parfcunerie, où elle est connue sous le nom
! d'essence ilr M irbrine. Enfin l'hydrogène naissajit, produit par iMi mélange de limaille de fer et d'acidr acétique,
! transforme la nitrobenzine en aniline. Malgré l'importance de ses propriétés chimiques, l'aniline était restée
I jusqu'à ces derniers temps sans aucune application industrielle. Birzelius, Gerhardt, Hoffmann et plusieurs
I autres chimistes avaient observé toutefois les remarquables phénomènes de coloration auxquels donnent lieu un grand nombre de corps en réagissant sur l'aniline ou sur
I SCS sels ; quelques-uns même étaient considérés conmic caractéristiques de la présence de l'aniline : il était naturel de chercher si parmi ces réactions diverses (pielques-
] unes ne donnaient pas lieu ;\ des corps stables et capa-
j blés do se combiner aux tissus, de manière ù constituer
' de véritables matières lineioriales. Les travaux dirigés
' dans ce sens fnreni couninjiés d'un plein succès. En 18Mi M. Perkin nhlennil par l'action du bichromate de potasse sur le sulfaie d'anilino une magnifique couleur violette
' |«)uvant s'appli(|ner sur la soie, la laine et le coton, et résistant mieux i l'iiclion de l'air et de la lumière que la plupart des teintures violettes en ployées auparavant. C'est en Angleterre que fut réalisée cette première et inipnriniHe a|iplication des dérivés colorés de l'aniline; ni:iis un ii.'ès pareil était réservé aux recherches des I liiini les ri .lis manufacturiers français. En 1860 M. Verguiii, lie lyeii, en faisant réagir le birhlorure d'élain anhydre sur l'aniline, obtint une magnifique couleur rougû cramoisi capable de s'appliquer a\ec la plus grande facilité sur les tissus : on lui donna le nom do fuchsine A cause de sa couleur ;issez semblable à celle do la Heur do fuchsia. — Bientôt après divers expérimentateurs démon-
trfrront que l'iodo, l'acide arséni(|ue, l'acide nitrique, les nitrates de mercure et un grand nombre d'autres corps, pouvaient donner lieu à des matières semblables ou analogues. Tous ces produits se présentent à l'état solide sous la forme de petits cristaux, d'un veit doré, semblable à celui des ailes de scarabées. Ils se dissolvent en grande quantité dans l'alcool, et la dissolution est tantôt d'un rouge franc, tantôt d'une nuance plus ou moins violacée, suivant le mode de préparation employé. Disons eutin, pour compléter cctexposé très-sommaire, qu'en faisant réagir l'aniline en excès sur le composé rouge dont nous venons de par'cr, MM. Girard et Delaire ont obtenu une série de teintes de plus en plus violacés, et ont pu passer par tous lestons delà gamme du ronge au bleu pur. Toutes ces substances sont remarquables, sinon par une grande solidité, au moins par leur richesse, par l'éclat de leurs reflets et par l'extrême intensité de leur pouvoir colorant. On comprend facilement l'importance des résultats que nous venons de mentionner; c'est un nouvel exemple de l'intérêt que peuvent prendre au point de vue pratique des composés regardés longtemps connue de simples curiosités de laboratoire, et des ressources imprévues que la science théorique peut fourniraux arts et à l'industrie. La.
ANIMAL (Zoologie). — Être organisé, vivant et sentant, et généralement doué d'organes distincts chargés des fonctions de nutrition, de sensibilité et de locomotion. Ces organes toutefois s'effacent de plus en plus A mesure que l'on descend dans la série animale, et vers les derniers degrés il devient souvent difficile d'établir une limite entre elle et les points extrêmes de la série végétale.
L'existence d'un système nerveux forme le caractère fondamental de l'animalité. Ce système est d'autant plus abondant et plus v.irié que l'animal est plus élevé dans l'échelle des êtres ; il est en effet l'organe essentiel de la sensibihté, et il diffère des autres éléments organiques par sa nature anatoniique, en rapport avec son rôle spécial ; il préside à toutes les fonctions des animaux, et il en est le régulateur aussi bien que le premier mobile. Les autres organes du corps lui sojit subordonnés dans leurs fonctions, et leur rôle consiste surtout à exécuter les ordres qu'il leur transmet, et qu'il varie suivant ses propres perceptions. Eux-mêmes servent, sous sa direction, à l'élaboration des principes alimentaires que l'animal s'est procurés ; ils charrient dans les différentes parties du corps les fluides alibiles que leur a fournis l'absorption; ils se développent, se multiplinnt et se spécialisent, s'accroissent en dimensions, se transforment, renouvellent leurs matériaux chimiques, ou, dans certaines conditions, assurent la propagation de l'espèce tout en restant les auxiliaires ou les esclaves de ses propres besoins. Quant à la locomotion, ses rappoits avec l'innervation sont très-faciles à démontrer, puisqu'on peut, dans la plupart des cas, la suspendre ou l'abolir en Comprimant simplement ou en coupant les nerfs qui sont chargés de la diriger. Elle permet aux animaux leurs mouvements de translation, et ils lui doivent aus'-i la faculté qu'ils ont de transporter, dans une partie de leur enveloppe constituant ce tube digestif dont nous avons déjà parlé, les substances qu'ils ont recueillies pour se nourrir, c'est-à-dire pour réparer les pertes occasionnées par l'activité vitale dans leur propre substance ou pour acquérir les matériaux de leur accroissement. C'est cette espèce de locomotion nutritive que l'on désigne par te mol, très-convenablement choisi, de dir/eslion (signifiant trnmiiori) que l'on donne à celte autre fonction caractéristique des animaux.
Le luhe dif/esti/' n'est qu'une simple modification de l'enveloppe extérieure des animaux, une sorte de rentrée de cette enveloppe dans l'intérieur du corps comparable à celle de la cavité d'un manchon. A cette enveloppe, ainsi modifiée pour l'usjge deladigesiion, s'ajoutent des organes divers, les uns sécréteurs (comme les glandes salivaircs, le foie, le pancréas, etc.); les autres triturants (d<:nts). La peau proprement dite, ou l'enveloppe extérieure des anitnaux, présente aussi des parties accessoire;, liidépendainineiit des qualités de dureté, d'épais-enr, d.; piriui'abiliti', de mobilité et de sensibilité générale qui la disiingueiit, elle doit d'autres propriétés à certains organes particuliers coiiune les glandes de la sueur, celles du nuicus, |e^ écailles, les boucles dans les raies, les pluiMr«, les pMJN, et même les bulbes sensoriaux, tels que ' "'1 '1 l'ii' ill'' qui en multiplient les fonctions, surtout i\\'/ !.■, ,..|„ ,rs sup.'rieures; an contraire, cli''Z les animaux niui.is parfaits, on remarque qu'elle c>t de plus en
ANI
plus simple et de plus en plus uniforme, et qu'elle est à peine différente suivant les âges. P. G.
Animal (Règne) Zoologie). — Voyez Régive.
ANIMALCULES (Zoologie). — Animaux tellement petits qu'on ne peut guère les observer qu au microscope ; on les a, pour cette raison, nommés animaux microsajpiques;. et, comme ils ont été observés surtout dans les eaux oti l'on avait fait infuser des matières organisées, on les a plus spécialeinent désignés sous le nom d'animaux ou animatculfs infusoires. C'est sous ce aernier nom qu'ils sont aujourd'hui plus généralement cennus : il en sera traité au mot Infusoibes.
ANIMAUX domestiques (Économie domestique).— Les animaux domestiques sont ceux qui partagent le genre de vie de 1 homme, naissent, vivent et meurent près de lui, font pour ainsi dire partie de sa maison (domns, en latin, maison). A l'article Dome.sticatiûn seront indiquées les modifications que produit chez les espèces animales cette cohabitation avec l'honmie. Les services que ces espèces rendent à la nôtre sont de plusieurs genres, et, d'après cette considération , Is. Geoffroy Saint-Hilaire a divisé comme il suit les espèces domestiques. Leur nombre, suivant lui, s'élève à 47 ; il nomme auxiliaires, celles qui nous aident dans nos travaux ; alimentaires, celles qui nous fournissent des aliments ; industrielles, celles dont notre industrie tire des matières premières ; il nomme enfin animaux domestiques accessoires, ceux que nous a fait rechercher leur beauté seule ou quelque autre circonstance étrangère à nos besoins. Voici la liste dressée par le même zoologiste, et classée dans l'ordre méiliodiqui; des naturalistes.
N. H. — Dans cette liste, on a fait suivre d'un astérisque le nom des espèces domestiques communément répandues en France.