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fibres, les lamelles, les mailles d'un tissu ; ainsi les aréoles du tissu cellulaire. — On appelle encore aréole un cercle plus ou moins coloré qui entoure le mamelon d'une manière permanente ou passagère ; aréole inflnnimaloire, celui qui entoure un point enTammé; Varéole vaccinal est celui du bouton de vaccin, etc. Dans ces diflërentscos, lorsqu'il s'agit d'un cercle ciiloré.Cliaussier préfère le nom d'aure'ole (voyez ce mot.) F — ^.

ARÉOMÈTRES, du grec araios, léger, metron^ mesure. — Peiits instruments, quelquefois en métal, plus ordinairement en verre, très-utiles dans l'industrie où on leur donne des noms en rapport avec l'usage spécial auquel chacun d'eux est destiné •.pèse-ncide, pèse-alcali, pése-sil, p"se-liqueur, pèse-lai/, alcoomètre, etc. Ils servent à apprécier la densité relative des corps, et particulièrement des liquides dans lesquels on les plonge, ot par suite à donner des indications utiles sur la nature ou !e degré de pureté de ces substances. Leur emploi est fondé sur le principe d'Archiinède (voyez Abchimède) et sur sa conséquence : que tout corps flottant dans un liquide plonge d'une quantité telle que le poidsdu liquide déplacé parluisoitégalàsonpropre poids. Les aréomètres se divisent en deux classes distinctes : 1° .\réométbes a poids constant, dont la foi me extérieure est assez variable dans SCS détails, maisquise composent tous (/?(/. Iii8 et r fl) d'un réservoir moyen, vide, au-d;ssous duquel s'en trouve un plus petit contenant du mercure ou de la grenaille de plomb formant lest, et ayant pour objet de forcer l'instrument à se tenir droit dans un liquide, le tout surmonté d'un tube droit sur lequel sont marquées des divisions.

Ces petits instruments sont à peu près pareils à ceux que les anciens connaissaient sous le nom de haryllions ou liydroscopes, et qui ont été décrits avec beaucoup de soin dans un poème de Rliemnius Palémon, contemporain de I Tibère.

l I Viiluiiiètre. — .aréomètre [fig.

••f ' r- s.|i Itl'Jl dont la tige cylindrique est

/ \ ( \\ l'-""'''g"^i3 fi longueurs égales, et

\) \/ dont les divisions sont tracées de

^' ' telle sorte que le chiffre qui cor-

respond à chacune d'elles exprime le volume de toute la portion de ji l'tippareil qui est située au-des-

Sr sous de cette division. Pour les

I graduer, on les plonge d'abord

I dans l'eau pure, et on marque 100

I I au point où u/'/Zeuie le liquide, en

Jv y^ représentant ainsi par ino te vo-

^p u| luine de la portion de l'appareil

^ qui plonge dans l'eau pure. On r.;. n». Arcoinèiifi.Fis. I9ii les inlroduilensujte dans une liqueur dont la densité connue d'avance soit, par exemple, les l/.S de celle de l'eau. U volumes de celte liqueur ne pèseront pas plus que 4 volumes d'eau pure. L'aréomètre dont le poids est toujours le mCme, devra donc y plonger d'une quantité égale en volume à lï.S. On maniucra ce nombre au point où il anicure. L'intervalle entre mo CI I .'S est partagé en 2i parties égoICH, cl de» divisions semblables sont étendues i toute Ta longueur de la tige.

Le volumèlre donne rapidement la densité d'une liqueur. SuppoMjiis, par exemple, qu'il allleure dans un acido à la divibioii 7.'j; "5 volumes de cet acide pèsent autant que 1 1)0 vol urnes d'eau, sa densité est donc r^ = 1,33. l'èie-firidc ou l'èxc-nlcnli de lluume, destiné à titrer de ■ liiiuidcH plus dense» que l'eau. l'Iongé dans l'e.'ui pure, il y nOleuN! en un point situé près de son cxlréniiié supérieure et que l'on marque 0° {fiij. liiR). On le plonge ciiniiiie dans une di''Snluiion de !.'> parties do sel marin wr, dans H.i punies d'eau, et on marque I j" au point d'alllvureinenl. L'intervalle entre les division» est pnrlugé en l.'i parlies égiilet, et la graduation conllnuéo sur (otite la longueur de lu lige. Cul aréomètre marque li(i dan^ l'ucido Hiilliiriipii! concentré. I')n général, si dans un liquide ranii'ureini'ril a lieu & un degré ii, la densiui est donnée par la formule D =-— .

Pèic-lii/ueur de Uaiimé, destiné à vérilicr la riclieshc des liquides moins denses que l'eau, tels que l'alcool, l'élher, etc. Cet instrument est gradué de manière qu'il marque lO» dans de l'eau pure et 0° dans une dissolution de 10 parties de sel dans 90 parties d'eau. L'intervalle est partagé en 10 parties et les divisions étendues à toute la tige. Contrairement au pèse-acide, le zéro est ici placé vers le bas de l'échelle. La densité d'un liquide, marquant

Il au pèse-liqueur, est donnée par la formule D = — — . "^ . , ^ in -fil

Aréomètre de Cartier, servant aux mômes usages que le pèse-liqueur. Les règles de sa graduation ne sont pas bien précises ; les constructeurs le fabriquaient sur des modèles donnés par la régie. On l'a remplacé par Valcooinètre.

Remarquons que ces appareils servent non pas précisément à mesurer les densités, mais à reconnaître par une simple immersion si cette densité et, par suite, si le titre de la liqueur est ce qu'il doit être : c'est tout ce dont on a besoin dans l'industrie.

Alcoomètre centésimal de GayLussac, destiné à titrer des liqueurs alcooliques (voyez Alcoomètre, Alcool).

Pèie-laif (voyez Lait).

S^Aréométhes a \0LiiME constant. — Espèces de balances servant à déterminer la densité des corps solides ou liquides.

Aréomètre de Fahrenheit, imaginé par Fahrenheit dans les premières années du xviii* siècle. Il sert pour les liquides. Il est en verre.

L'ampoule inférieure C {fig. 301 ) contient le lest qui rend l'appareil bon flotteur. La capsule A sert à recevoir les poids complémentaires nécessaires pour faire affleurer l'appareil en un point d'affleurement D marqué sur sa tige courte et grêle. On détermine une fois pour toutes le poids de l'instrument et le poids additionnel nécessaire pour le faire affleurer au repère D : soient , () grammes et 5 grammes ces deux poids, en tout 25 grammes. Le poids de l'eau déplacé par l'appareil est donc également de 25 grammes. Cela posé, nous le plongeons dans une liqueur et nous trouvons qu'il faut mettre 10 grammes sur le plateau pour produire l'affleurement au repère. Le poids du volume déplacé de cette liqueur est donc

Nicliglson. Fig. SOI. Aïi

30 grammes. Deux volumes égaux de liqueur et d'ean pèsent donc 30 et 25 grammes, et la densité de la li- ([ueur par rapport à l'eau sera jj= 1,2.

Aréomètre Oi\ Halancede Nicliolson [fiij. 200), du nom de son inventeur, servant plus spécialement ù prendre la densité des solides. Il est en métal verni. 11 a, i proprement parler, pour objet de déterminer le poids des corps et le poids d'un volume d'eau égal à leur volume. A vide il llolte à la surface de l'eau, et il faut placer un poids complémentaire sur son plateau sujiéricur A pour le faire uMlourer à sou repère D : soient 1 5 grammes le poids. Mettons sur ce plateau un corps d'un poids inférieur il 15 grammes, ot supposons <|u'il l'aille lui ajouter 5 grammes pour que l'alllt^urement ait encore lien. 11 est clair (pie le corps produit sur l'appareil le mèmr effet que les lu gramiliea qui muiiquiut, ou (ju'il jièse 10 grannnos.

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Recommençons l'expiM-icnce en pUçant le corps, non plus sur le plateau A dans l'air, mais sur le plaieau C diiiis l'eau. Il nou-i faudra, par exemple, 9 grammes en A pour produire l'affleurement; le corps dans l'eau ne pèse plus que (i grammes; donc, le poids du volume d'eau qu'il dtîplace est de lO — G ou 4. Donr, à volume égal, le corps pèse .0, l'eau 4, et la densitt^ du corps est — ou

2,5 (voyez Densités).

La balance de NichoUon, à cause de son transport facile, est particulitrement employée par les minéralogistes pour mesurer la densité des roches ou miuéraux. M. D.

ARÈQUE, Aréqdieb (Botanique). — Voyez Arec.

ARÊTE. — Intersection de deux plans formant les faces d'un polyèdre, d'un angle polyèdre (voyez PoLïi;dre), ou d'un angle dièdre (voyez ANr.i.E).

En général, dans un prisme on désigne plus particulièrement sous le nom d'arêtes les intersections des faces latérales entre elles. Dans une pyramide, on appelle aiétfs les lignes qui joignent le sommet de la pyramide aux sommets du polygone de base.

Arête (Anatomie comparée), du latin arisia, barbe d'iipi. — 0,1 donne ce nom aux os longs, minces et pointus, qui entrent dans la composition du squelette des poissons : ainsi la colonne vertébrale, armée de ses longues apopbyses, constitue la grande Areii-; les côtes, les apophyses épineuses, les apophyses transverses, les os inter-épir.eux qui supportent les nageoires dorsales et anales, sont les Aréles proprement dites. Les poissons cartil.igineux n'ont point d'arêtes ; parmi les poissons osseux, ceux qui n'ont que des côtes très-courtes ont peu d'arêtes qui soient incommodes : tels sont les pleuronectes (tuibots, soles, etc.).

Arête (Botanique). — Filet plus ou moins roide qui accompagne souvent les glumes et 1 s glunielles des plantes de la famille des Graminee':. Ces organes sont alors dits ai-istés. Ils sont, au contraire, niuliquex quand il> sont dépourvus d'arêtes. Palisot de Beanvois distinguait la soie de l'arête. Selon cet auteur, celle-ci ne laisse apercevoir aucun indice de son origine au-dessous de son point d'attache, tandis ([ue celle-là est le prolongement d'une ou de plusieurs nervures. L'arête est droite dans le seigle, le blé, les bromes, tandis qu'elle est géniculée, coudée dans l'avoine, ou torse dans l'agrostide canine. Elle est plumeuse et caduque dans la stipe plumeuse. En général elle persiste. Son origine est souvent variable. Quand elle termine le sommet, et c'est le cas le plus ordinaire, elle est api' ilaire; quand elle prend naissance sur le dos de la glume ou de la glumelle, elle est //nrsale, comme dans l'avoine, l'agrostide canine; elle est biisilaire, c'est-à-dire naissant à la base, dans le Po/yi'O- (/on raqinnlum. La culture fait souvent disparaître les arêtes de certaines espèces. G — s.

ARÉTHUSE (Botanique), Arethusa, Lin., nom mythologique. Diane métamorphosa la nymphe Aréthuse en fontaine. On a donné ce nom à une plante qui croît dans les endroits humides. — Genre de plantes de la famille des Oi-ihiile'es. L'A. bulbeuse [A. hulbosn. Lin.) est une petite plante terrestre qui vient dans l'Amérique septentrionale. Elle donne à l'extrémité d'une hampe une jolie (leur purpurine. L'.L à deux plumes [A. biplumatn. Lin.) est indiquée à Magellan.

ARÉTIILiSÉES (Botanique). — Tribu de plantes établie par M. Lindley dans la fiimille des Orclmlees. Ces plantes croissent principalement dans les régions tempérées des deux hémisphères, surtout dans l'hémisphère austral. Elles ont un port très-variable; quelquefois ce sont des espèces sans feuilles, parasites sur les racines à la manière des Orobanchcs, auxquelles elles ressemblent pour le faciès; souvent ce sont aussi des plantes terrestres à feuilles membraneuses ou succulentes et à fleurs vivement colorées et élégantes. Genres principaux: Chlorée {< lit "rie", Lindl.), Limodore [Limnilaruoi , Tourn.\ Céphnl nul Itère Cephnlanlhera, L. C. Rich.), Sobrnlie S i' nha, Ruiz et Pav. 1, fK/ii'.-teplttuiii, Ilumb. et BunpI.), enfin, la Vanille A'anillii, Plnm.i. G— s.

ARG.\LI DE Sibérie iZoologie), Ovis nmninu, Lin., Àrrjdli, Sliaw C'est le nom mongol donné à une espèce; de gr^md inonton sauvage qui habite les montagnes di- la Sibéiie méridionale et de toute l'Asie (du mot mongol ar(ja, montagnel. — Il se dislingue de» espèces voisines. et surtout des .Mouflons, par une taille plus grande, et des cornes d'une dimension extraordinaire; chi'Z les niàles, ellis sont également très grosses, à base triangulaire, aplaties en avant, striées on travers ; le poil d'été

est ras, gris fauve; celui d'hiver épais, gris rongcàtre. Il a, comme le cerf, un espace jaunâtre autour de la queue qui est très courte. Il devient grand comme un daim. Sa chair et surtout sa graisse sont recherchées des habitants du pays où il vit. Les argnlis sont très-forts et très-agiles, et ils sautent de rochers en rochers avec une li'gèreté remarquable.

ARGALOU (Botanique', nom vulgaire du Puliure piquant {Paliurut aculralw, Lamk.).

ARGANE, Boisd'argane (Botanique», nom vulgaire du Sidernxi/luin s/unnsu/n.

ARGAS (Zoologie), Arijo^\ Latr., Rhi/ndiopr'on, llerm., nom grec d'un animal malfaisant. — Genre d'Arachnides / rnche'ennes , famille des llolèlrcs, tribu des Acarides très-voisin des Ixodes,dont elles se distinguent par la situation inférieure de leur bouchi^, et par les palpes qui n'engaînent pas le suçoir; elles ont une forme conique. L'.-l. bardé [liodes reflexus, Fnh.), d'un jaunâtre pâle, avec des lignes couleur de sang foncé. On le trouve sur les pigeons, dont il suce le sang. VA. de l'erse, décrit par les voyageurs sous le nom de punaise vemmeuse de Mîana, d'un rouge sanguin clair, est très-redouté en Orient, oii il parait assez commun.

ARGE (Zoologie), nom d'une espèce d'Insecte le'pido}}- Irre diurne du genre Satyre.

ARGÉMA ou Argémon (Médecine), d« grec argos, blanc. — Maladie de l'œil caractérisée par un petit ulcère de la cornée, succédant à nnephlyctène dont la rupture laisse après elle une plaie transparente, d'une teinte blanchâtre, d'oii lui vient sou nom. VArgrma diffère du linlhi iiin en ce que celui-ci est un ulcère plus profond (voyez Boni R ION!.

ARGÉMONE (Botanique), Argemone, Lin. Les Grecs donnaient ce nom dérivé de argema, taie de l'œil, à une plante qui passait pour guérir cette maladie. — Genre de plantes de la famille des Papave'racées. 11 renferme des herbes annuelles à tiges contenant un suc jaunâtre. Leurs feuilles sont glauques, glabres, penninervées; calice quelquefois à 3 sépales, 4 G pétales, étamines nombreuses, capsule oboiale uniloculaire, s'ouvrant par le sommet et renfermant des graines sphériques attachées sur des placentas linéaires. Ces plantes viennent la plupart en Amérique et particulièrement au Mexique. L'Asie équatoriale en renferme cependant quelques-unes. L'.L du Mexique lA. Mexicanq, Lin.) appelée aussi Pavot épineux à feuilles roncinées, anguleuses, épineuses, fleurs assez grandes et de couleur jaune, fruit aussi armé de piquants; ses graines administrées contre la dyssenterie sont très-narcotiques. VA. à grandes fleurs ^A. c/randiflnra. Bot. Reg.). Eu général, ces plantes contiennent un principe acre et très-purgatif, qu'on utilise, en médecine, au Mexique et aux Antilles ; au Brésil, on l'emploie contre la morsure des serpents. (Viguier, Histoire des paoots et des nrgeiiiniie'!. Montpellier, |8H.)

ARGÉMONÉES Botanique).— Première sous-tribu de la tribu des Pnpavërees dans la famille des Papnvéraeées, telle qu'elle a été adoptée par Endiicher. Les plantes qu'elle comprend.se distinguent principalement par le suc laiteux très-souvent jaunâtre qu'elles renferment et qui est anodin et très-narcotique. Les genres principaux sont : \'. Argemone, le Pavot, la Sanguinaire, la Gtaucie, la Me'':on<ipside, etc., etc.

ARGENT (Chimie), Ag =10». — Métal d'un très-beau blanc que ne peutégalcr aucun autre métal ni aucun alliage métallique, pouvant prendre un poli qui ne le cède guère qu'à celui de l'acier, le plus malléable et le plus iliirlile des métaux après l'or, mais n'occupant que le quatrième rang pour sa le'narité. Un fil d'argent d'un millimètre de diamètre peut supporter un poids de 2 i kilogrammes sans se rompre (voyez 'fÉNACiTÉ). I gramme d'argent peutdonner unfilde2 40ii mètres de longueur et se réduire sons le marteau en lames de 0,iini de millimètre d'épaisseur sans se déchirer. La densité de l'argent est de 10,.') ;cllc est un peu plus grande pour le métal fondu, comme cela a lieu pour la glace et l'eau, car l'argent surnage un bain du même métal; il fond vers IDoO' (S'" du pyromètie Wedgwood\ et donne des vapeurs sensibles à une tenipcralure plus éle\ée. X l'état de fusion, il jouit de la singulière propriété de dissoudre environ 32 fois son volume d'oxygi'ne, qu'il abandonne on se refroidissant ; aussi, quand un bain d'argent fondu est en voie de se congeler, voit-on sa surface déjà solidifiée se boursoufler, crever, et donner lieu en petit à des espèccsd'éruptions volcaniques qui sont duos à l'expansion et au dégagement du gaz encore contenu dans les parties centrales. On dit que l'argent roche. A l'exception du plomb, une petite quaii-

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tité d'un métal étranger allié à l'argent suffît pour empèclipr le rocliage.

L'argent est inoxydable dans les circonstances ordinaires, ce qui le rend très-utile dans les transactions sociales ; il résiste aux alcalis, mfme sous l'influence de la chaleur; l'acide sulfurique ne peut l'attaquer que quand il est concentré et bouillant; l'acide chlorliydrique l'attaque à peine, mais l'acide nitrique même étendu le dissout rapidement. L'eau régale le transforme aussi très-vite eu un chlorure bhuic insoluble. L'acide sulfhydrique le noircit presque instantanément en formant à sa surface un sulfure d'argent noir. .Aussi l'argenterie doit-elle être préservée avec soin des émanations sulfureuses. Un lavage à l'eau de soude lui rend toutefois tout son brillant, quand il n'a pas été attaqué trop profondément. C'est une cause semblable qui noircit l'argent mis on contact avec les œufs qui contiennent du soufre en quantité notable. Le sel ternit également l'argent en formant a\ec lui du chlorure d'argent ; aussi les sahèreî d'argent doivent-elles être dorées à l'intérieur.

L'argent peut s'allier à un grand nombre de métaux, particuliuremeni avec le cuivre ( monnaie, argeuterie, ijijoux). Il peut enirer dans des combinaisons assez nombreuses dont plusieurs se rencontrent toutes formées dans la nature. Les principales sont des alliages; des chlorures, bromures, iodures; des sulfures simples ou combinés avec des sulfures d'autres métaux ; enfin divers sels.

Oxyde d'argent (.AgO), formé par l'union d'une proportion ( i08i d'argent et d'une proportion (S) d'oxygène, s'obtient en décomposant le nitrate d'argent par la potasse caustique en excès, lavant à grande eau le précipité obtenu et le desséchant avec précaution ; il est gris brunâtre, est ramené à l'état métallique par l'action de la chaleur rouge ou même d'une insolation prolongée ; jouit à un haut degré des propriétés basiques et forme avec les acides des sels parfaitement neutres. En contact avec l'ammoniaque caustique, il se transforme en une poudre noire extrêmement détonante lamidure d'argent) appelée arrjent fulminant (AzH^Ag), et qu'il ne faut pas confondre avec le fulminate d'iiryent (AgOCy^O^). La composition de cette poudre est mal connue et ses usages sont nuls. Elle est d'uu maniement dangereux.

Oxi/dnle d'argent (Ag'O), contenant le double d'argent pour la même quantité d'oxygène; obtenu par Woehier en décomposant le mellitate d'argent par l'hydrogène.

Hioxyile d'argent (AgO-), renfermant, au contraire, le double d'oxygène pour la même quantité d'argent; s'obtient en décomposant par la pile une dissolution de nitrate d'argent.

Les oxydes d'argent, grâce à la facilité avec laquelle ils se réduisent, ne se rencontrent jamais dans la nature.

Chlorure d'arijent (AgCl). — Composé d'une proportion v35,S) de chlore et d'une proportion ( lOS) d'argent (|uc l'on obtient toutes les fois que l'on verse de l'acide chlorliydrique ou une dissolution de sel marin, ou d'un chlorure quelconque dans une dissoliiliou d'un sel d'argent. Il se forme alors un précipité blanc caillebotté de chlorure d'argent, insoluble dans l'eau, Irès-légèrcment soluble ilan'. l'eau salée, plussclublc dans l'hyposulfitc do soude, rainmoniaqiie, et surtout le cyanure do potassium, trèsaltérable A la lumière qui le noircit rapidement en le rumciiant partiellement & l'état métallique, d'où ses applicatinns en pliolngrupliie. Le fer et le zinc le réduisent irnmédiatcmcnl avec dégagement de rhal -ur; ces métaux s'y «ubstitiicnt à l'argent r,iii redevient métallique. Le mercure produit le même eiïet, mais avec plus de lenteur; il se fait un amalgame d'argent et de calomel. Il en c^t cncor»; de même du piotochloruro de enivre qui réduit le chlorure d'argent. Kniln, mis en contact prolongé avec lessiilfurci, le chlorure d'argent échange avec re» dernier» »oii chlore pour s'unir au soufre ; il se fiunie ilii Hulfurr d'argent et des chlorures des autres métaux. C'est ce qui cxpliipie pourquoi dans les gltos métalliques kulfurifén'ii on rencoiilre loujour» l'argent 4 l'étal natif ou ^ ré;at de sulfure ; il n'existe & l'état de chlorure quo pria de la nurfarcdii mil.

Ij; chlorure d'argent fond vers ÏGO" et se lige en prenant l'ajipect d'une iiiatière cornée qu'on pcui couper au < (intcou. Cent k cet élal qu'on In rencontre dans la nature noiiii Iriiom i\'iirr/ri,l inriii!. Il est peu commun dans li-H mliien d'ICiirope, niait forme un de» miiieralH les plus liilie» du Chili; il s'y trouve ordinniremeiit en petits rriilaux cuhiqut;» hluncs ou hriiiiAlrii» et noircissBiit ii l'air, diuéininèt dans de» couches rurriiginouscs dési-

gnées dans le pays sous le nom de pacos et de colorados.

Le chlorure d'argent se produit en assez grandes quantités dans les ateliei-s de photographie, ainsi que d'autres résidus de sels d'argent; on peut aisément les revivilier et les transformer de nouveau en nitrate d'argent. A cet etîet, les liqueurs étant mêlées avec une dissolutiou de sel marin, et les précipités étant recueillis sur un filtre ou par décantation, puis séchés, on les chaulîe au rouge avec du carbonate de soude. L'argent réduit se réunit en culot. On peut encore se contenter de plonger une tige de fer au milieu du précipité mouillé avec de l'eau acidulée par un peu d'acide chlorhydrique. Le fer se substitue de proche en proche à l'argent qui se dépose en. poudre grise.

lodure d'nrgent (Agi). — Composé jaune d'une proportion (liCi d'iode et d'une proportion (lo8) d'argent que l'on obtient en vei'sant une dissolution d'iodure alcalin dans une dissolution d'un sel d'argent. Il est insoluble dans l'eau, un peu soluble dans les hyposulfites, plus soluble dans le cyanure de potassium et très-altérable à la lumière qui lui donne promptement une teinte bistre d'abord, puis noire. Il joue un très-grand rôle dans la photographie. Vauquelin l'a découvert dans les minerais du Mexique.

Bromure d'urgent {k%^v). — Coaiposé blanc de 80 de brome et 108 d'argent, passant instantanément au jaune sous l'influence de la lumière diffuse et conservant ensuite cette couleur, même aux rayons solaires ; il s'obtient comme l'iodure auquel on l'associe souvent dans la photographie. Il a été découvert récemment par M. Berthier dans les minerais du Mexique, où il parait assez commun et où on le trouve en grains verts cristallins.

Sulfure d'argent^ argyruse, argent vitreux. — Minéral d'un gris d'acier ou de plomb, que l'on trouve dans la nature en filons ou amas plus ou moins riches, disséminés dans les terrains de cristallisation ou d ms les terrains de sédiment qui les avoisinent. Il se présente quelquefois cristallisé en cubes ou octaèdres ; mais le plus souvent il est amorphe, eu deudrites, en filaments contournés ou en petites masses mamelonnées. Il est un peu malléable, presque aussi noir que le plomb et se laisse couper au couteau. Il fond facilement à la simple flamme d'une bougie. Il renferme 85 parties 100 d'argent, mais il est rarement pur, et presque toujours on le trouve mélangé ou combiné i d'autres sulfures, tels que ceux de plomb, de cuivre, d'antimoine, d'arsenic (voyez plus bas).

Le sulfure d'argent soumis au grillage se décompose en argent et soufre qui se dégage à l'état d'acide sultureux. Grillé avec le sel marin, il passe à l'état de chlorure ; il subit le même changement à froid au contact du bichlorure de cuivre seul, mais plus rapidement si le sel marin intervieiit ; le protochlorure de cuivre humide le réduit, donne de l'argent et du sulfure de cui.vre. Toutes ces réactions sont mises à profit dans le tr;»itement métallurgique du sulfure d'argent.

Les dépôts les plus abondants sont, en Europe, ceux de Hongrie et de Transylvanie, de Kong^berg en Norwége, de Sala en Suède, de Freyberg en Saxe ; mais les mines les plus riches sont au Mexique et au Pérou.

Sulfures' d'urgent et d'antimoine ou d'arsenic (argent rouge'. — Il en existe trois variétés :

1° Aruyrgthrosc, argent ardimonie' sulfuré, contenant GO p. 100 d'argent pur, d'un ronge foncé tirant sur le noir, mais prenant par la pulvérisation une belle couleur rouge : ordinairement cristallisé en prismes hexaèdres présentant à la fois un éclat adam,antiu et métallique;

•i" Myargyrite contenant une proportion trois fois moindre do sulfure d'argent;

3° l'roustite dans lequel l'antimoine est remplacé par de l'arsenic.

Cas minerais, surtout le premier, se trouvent i Andreasberg (llartz) , Joachimsthal (Uohême) , Frjyberg (Saxe), Kon({sberg (.N'orwége), Schemnitz, Krcinnitz ( Hongrie); mais ils s'y trouvent eu petite quantité et subordonnés aux gîtes d'argent sulfuré ; au Mexique, il forme au contraire des dépôts considérables.

Ce sulfure est quelquefois accompagné d'un sulfure analogue, mais gris et donnant une poudre noire, et qu'on appelle! an/cnt sulfuré aigre ; une autre variété, a|)peléc /fili)l/asile , contient du sulfure de cuivre, et se trouve surtout dans l'Erzgebirge saxon.

Cuiine fins argentifère. — Combinaison de sulfures d'argent, do cuivre et d'antimoine. On en trouve dans les mine» do Freyberg qui contient :K) :\ 3'i p. 1011 d'argent.

(iahhie nrgen'i/rre. — Presque toutes les galènes on sulfures do plomb contiennent une petite qutintité d'ar-

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