BAG
bolans^ de couleur rousse, ont environ 0“,07 à 0“,08 de long sur moitié de large; ils ont un côté concave et l’autre convexe ; le noyau contient une amande très-estimée des Indiens, et avec laquelle ils font de très-bonne huile et des émulsions. Elle peut être comparée pour le goût et la couleur à la noisette. Dans l’Inde, on emploie le suc des feuilles contre quelques affections de l’estomac. Le B. à feuilles étroites [T. angustifolia, Jacq. ; Catappa benzoin, Gærtn.) est un arbre à peu près de môme grandeur que le précédent et à fleurs également blanches ; il habite les mêmes régions. C’est un des arbres qui fournissent la gomme-résine dite Benjoin, Benzoin (voyez ce mot) employée en médecine et en parfumerie ; on s’en sert quelquefois pour remplacer l’encens à Java, à Sumatra, dans le royaume de Siam et la Cochinchine. Cette substance s’obtient en faisant des incisions au tronc de l’arbre lorsqu’il est arrivé à peu près à sa sixième année. Le bois du Badamier à feuilles étroites est très-estimé dans la menuiserie. Il s’emploie aussi pour faire des charpentes. Les indigènes construisent des pirogues avec ce bois. L’écorce renferme une matière colorante et du tannin ; aussi on s’en sert souvent pour tanner les cuirs, et pour teindre en rouge. Selon Lamarck, un autre Badamier {Terminalia vermx, Lamk) fournit le vernis de Chine, qui est produit aussi par une espèce ééAugie, et qui ne paraît pas être le môme que le vernis du Japon, lequel provient d’un Sumac {Rbus vernicifera).
BADEN (Autriche) (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville à 24 kilomètres S.-O. de Vienne. Eaux sulfatées calciques, d’une température de 36" à 40“ cent. Elles renferment des sels à base de chaux, de soude, de potasse et de magnésie, et des gaz sulfhydrique, acide carbonique, azote. Elles sont employées contre les paralysies, rhumatismes, maladies de la peau, scrofules, plaies, affections catarrhales. Il y a des piscines et des bassins pour la natation.
Baden (Suisse) (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville à 20 kilomètres N. -O. de Zurich. Célèbre par ses raux minérales : les sources très-nombreuses donnent des eaux sulfatées calcaires, d’une température uniforme de 60" cent., employées contre les névroses, la goutte, les engorgements des viscères ; il y a aussi des malades de la poitrine qui viennent y respirer les gaz sulfureux qui y sont, du reste, en très-petite quantité.
BADEN-BADEN (Grand -duché de Bade) (Médecine, Eaux minérales). — Jolie ville, à 32 kilom. de Garlsruhe et 36 de Strasbourg. 11 y a plusieurs sources thermales chlorurées sodiques, particulièrement celle deV Ursprung (origine), dont la température est de 44° à 67“ cent., et qui contient, sur 3®*',010 de principes fixes par litre, S^'^^OSO de chlorure de sodium. Ces eaux redonnent du ton aux organes et stimulent doucement l’économie; elles conviennent dans certaines affections rhumatismales ou goutteuses, les névralgies, les névroses, etc.
BADIANE (Botanique), nom vulgaire d’un genre de plantes appelé Illicium^ de illicio, j’attire, parce que les espèces qui le composent attirent par une odeur âgréable d’anis. — Ce genre est le type de la tribu des Illiciées, dans la famille des Magnoliacées. Quatre espèces sont cultivées en pleine terre dans les serres froides. La B. sacrée ondes pagodes [Illiciumreligiosum, Sieb.) est un bel arbre du Japon. Il s’élève jusqu’à 8 mètres, et donne en mai des fleurs d’un blanc verdâtre. Les Japonais le regardent comme une plante sacrée ; ils l’offrent à leurs idoles et en brûlent l’écorce sur leurs autels, comme un parfum. Ils en étendent môme des branches sur les tombeaux de leurs amis. La B. de la Chine ou Anis étoilé {[, anisatum , Lin.) est un arbrisseau très-aromatique, s’élevant environ à la hauteur de 4 mètres. Il est remarquable par ses belles feuilles lancéolées, qui ressemblent à celles des lauriers, et par ses fleurs jaunâtres et odorantes qui s’épanouissent en mai. L’anis étoilé, dont les capsules aromatiques s’emploient ici pour donner à l’anisette de Bordeaux et à celle de Hollande son parfum si estimé, est en grande faveur chez les Chinois. Ils se servent de son bois dans les ouvrages de marqueterie et mangent ses graines pour se parfumer la bouche après le repas. Celles-ci sont aussi prises en infusion pour rétablir les forces abattues. La B. rouge ou de la Floride (/. Floridanum, Lin.) vient de la Floride occidentale, et donne des fleurs ronge brun et des fruits à odeur suave. La B. à petites fleurs [I. parviflorum, Vent.) a la môme origine, mais diffère par ses fleurs petites, d’un blanc soufré et d’une odeur plus forte. Ses caractères sont : calice à 3-G sépales pétaloïdes ; 9-30 pétales ; G-30 étam nés ; en-
viron 20 ovaires, autant de styles et stigmates ; fruits : capsules en étoiles s’ouvrant supérieurement en 2 valves monospermes. G — s.
BAF, Bip (Zoologie). — On a supposé que l’union du taureau avec la jument pouvait donner un produit qu’on a appelé du nom de baf. On a appelé bif celui qui proviendrait du cheval avec la vache; l’un et l’autre indistinctement ont reçu le nom de jumarts (voyez ce mot). L’existence de ces mulets n’est pas admise par les naturalistes modernes.
BAGAGES, Bagasses (Botanique). — Nom donné dans les colonies aux cannes à sucre dont on a extrait le suc ou vesou au moyen de la presse. Les bagasses desséchées sont employées comme combustible dans le traitement ultérieur du vesou. On donne également ce nom aux tiges de l’indigo lorsqu’elles sont retirées des cuves après fermentation (voyez Sucre, Indigo).
BAGADAIS (Zoologie), Prionops, Vieil.; Le Geoffroy^ Vail. ; Lanius plumatus, Shaw. — Genre de l’ordre des Passereaux, établi par Vieillot dans la famille des Den~ tirostres , qui semble intermédiaire entre les Fourmiliers et les Pies-grièches, dans lesquelles Cuvier les avait placés. Ses caractères sont : bec allongé, à base large, aplati en dessous, garni en dessus de plumes dirigées en avant ; il est un peu recourbé, très-crochu, denté : mandibule inférieure amincie et redressée à la pointe ; narines oblongues, recouvertes par les plumes du front, qui se dirigent en avant ; le tour des yeux occupé par une peau nue, festonnée et formant rebord ; tarses médiocres, ailes moyennes, queue assez longue. On n’en connaît qu’une seule espèce du Sénégal, le B. de Geoffroy- [Prionops Geoffroii , Vieil.), qui a la huppe et les joues d’un blanc pur, la tête et les plumes des oreilles d’un gris de fer, le cou, la gorge et les parties postérieures d’un blanc de neige., les pieds et les ongles jaunes, le bec noir. Il est de la taille d’une grive.
BAGASSIER (Botanique), de bagassa, nom que donnent à cet arbre les naturels de la Guyane. — Genre de plantes imparfaitement connu et paraissant appartenir à la famille des Artocarpées. On lui donne aussi le nom de Bagau, Aublet a le premier signalé ce végétal de la Guyane. C’est un arbre lactescent, dont les feuilles sont opposées, à 3 lobes. Le fruit, gros comme une orange, est composé de nucules ovales. Il est recherché comme aliment par les Indiens, qui se servent du bois de l’arbre pour faire des pirogues.
BAGNÊRES-DE-BIGORRE (Médecine, Eaux minérales), — Ville de France (Hautes-Pyrénées), chef-lieu d’arrondissement à 20 kilomètres S. de Tarbes, qui possède des sources d’eaux minérales : les unes , salines ferrugineuses, ferrugineuses sulfatées, ferrugineuses bicarbonatées, sont excitantes et conviennent pour relever les forces dans l’anémie, la chlorose; les autres, salines simples (sulfatées calciques), sont calmantes et sont recommandées dans les névralgies rhumatismales, la chorée, les palpitations nerveuses, etc. M. Const. James pense que le peu de gaz sulfhydrique qu’elles contiennent ne suffit pas pour les ranger dans la classe des eaux sulfureuses, dont, au reste, elles ne possèdent pas les qualités.
BAGNÈRES-DE-LUCHON ou simplement LUCHON (Médecine, Eaux minérales), — Petite ville de France (Haute-Garonne), à 46 kilomètres S. de Saint -Gaudens t il y a de nombreuses sources d’eaux minérales, dont la température varie entre 20" et 68" cent., et la sulfuration entre 0e%006 et Os%077 par litre. Elles sont classées dans les sulfurées sodiques et les ferrugineuses bicarbonatées. Elles conviennent dans les rhumatismes chroniques, les scrofules, les rétractions tendineuses, les caries, les nécroses, certaines dermatoses (eczémas, lichens» impétigos), les cachexies saturnines, etc.
BAGNOLES (Médecine, Eaux minérales). — Sources d’eaux minérales salines, légèrement sulfureuses, auprès de la forêt d’Andaine (Orne), à 3 kil. du village de Couterne, à 30 kil. O. d’Alençon, arrondissement et à 18 kil. S.-E. de Dorafront. Elles contiennent des sels de chaux, et surtout du sulfate : employées contre les scrofules, les blessures, les ulcères, les maladies de la peau, quelquefois les gastralgies (maux d’estomac).
BAGNOLS (Médecine, Eaux minérales). — Village de France (Lozère), à 12 kilomètres E. de Mende. Eaux thermales sulfurées sodiques, température 40" cent., un peu onctueuses au toucher. Elles sont excitantes et possèdent, mais à un moindre degsé, quelques-unes des propriétés des eaux sulfureuses des Pyrénées.
BAGUENAUDIER (Botanique), nom d’un genre d’ar-
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brisseaux qui vient de baghenodad^ signifiant niaiser en celtique d’Armorique, d’où baguenauder en français, parce que l’on s’amuse souvent à faire crever bruyamment les gousses du baguenaudier. En latin, colutea^ dérivé du grec colôaô, faire du bruit. — Ce genre appartient à la famille des Papilionacées, Il a été rangé dans une division {Galégées) de la tribu des Lotées de M. Brongniart. Le B. commun {Colutea arboresce^is^ Lin. ), appelé aussi Faux Séné, parce qu’on avait prétendu, d’après l’autorité de Boerhaave, que ses feuilles et ses gousses purgatives pouvaient remplacer le séné du Levant, est très commun en France et s’emploie pour l’ornement des jardins et des bosquets. C’est un arbrisseau très-rameux, pouvant s’élever à plus de 2 mètres. Son feuillage, composé de folioles imparipennées, est léger et très-élégant. Ses fleurs sont d’un beau jaune et disposées en grappes lâches. Ses gousses sont complètement closes. Loiseleur-Desloncharnps a employé comme émétique ses graines à la dose d’un scrupule ( l8>',25). Le B. d’ Orient (C. cruenta, Ait.; C. orientatis, Lamk) s’élève à plus d’un mètre et donne des fleurs d’un rouge pourpre, marqué de deux taches jaunes. Ses gousses sont ouvertes au sommet, tandis qu’elles sont closes dans le B. d’Alep (C. alepica, Lamk), autre espèce qui donne pendant tout l’été des fleurs jaunes. Ses caractères sont : calice campanulé à 5 dents ; étamines diadelphes ; ovaire renfermant de nombreux ovules.
Baguette divinatoire. — Voy. Coudrier
BAGLETTE-D’OB, Baton-d’or. — Voy. Giroflée.
BAI (Zootechnie), de l’espagnol bajo, brun ; désigne la couleur rouge-brun de la robe du cheval.
BAIE (Botanique). — Terme par lequel on désigne une sorte de fruit syncarpé (ou formé par la réunion de plusieurs carpelles soudés ensemble) et indéhiscent (qui ne s’ouvre pas). 11 est ordinairement succulent et contient ses graines dans une ou plusieurs loges situées au milieu d’une pulpe. Les baies peuvent cependant être dites sèches lorsqu’elles sont ligneuses ou foliacées. La baie est sphérique, globuleuse, dans les groseilles, le raisin, l’asperge, la tomate, la mandragore, la belladone ; adhérente quand elle fait corps avec le calice comme dans les groseilliers ; elle est couronnée aussi dans ces plantes, parce qu’il y reste le limbe du calice. La baie peut être à l loge (cucubale), à 2 (troène), à 3 (asperge), à 4 (parisette), ou plus, etc., etc. Elle est alors dite uni, bi, tri, quadri, multiloculaire.
BAILLARD (Botanique). — Nom vulgaire que l’on donne à une variété d’orge appelée aussi bail large, büillorge, du vieux mot bailler, à cause de sa production abondante; d’autres disent, parce qu’autrefois le froment étant de droit réservé au maître, il ne restait au teneur de bail que l’orge pour faire son pain (voyez Orge).
BAILLEMENT (Physiologie). — On désigne sous ce nom un des actes mécaniques de la respiration, produit par une certaine modification des mouvements ordinaires de cette fonction. Il est tantôt un jeu expressif, tantôt un simple phénomène respiratoire : dans le premier cas, il dénote l’ennui, le désœuvrement ou le besoin de dormir ; dans le second, il exprime la faiblesse, le malaise, il précède et suit la syncope, il accompagne les premiers symptômes d’un accès de fièvre. Le bâillement consiste dans une inspiration plus large et plus profonde qu’à l’ordinaire, avec un mouvement spasmodique des muscles de la bouche, du voile du palais et du gosier, accompagnés de l’écartement des deux mâchoires, de l’abaissement de la langue, du larynx et de l’os hyoïde ; cette inspiration est suivie d’une expiration plus ou moins prompte. Le bâillement a pour but de porter dans les poumons une quantité d’air atmosphérique plus grande que dans les inspirations ordinaires, afin de remédier aux effets produits par les causes signalées plus haut, c’est-à-dire une altération plus ou moins profonde dans les conditions chimiques et physiologiques du sang (voyez Respiration, Circulation). F — n.
BAILLÈRE (Botanique), Bailleria, Pi\xh\.', Clibadium, Lin. — Genre de plantes établi par Aublel dans la famille des Composées, tribu des Sénécionidées. Il comprend des herbes appartenant à la Guyane, et répond au genre Clibadium de Linné. La B. franche (B. aspera, Aubl.) est une espèce vivace, qui passe pour enivrer le poisson par sa saveur amère et son odeur aromatique. En l’employant à cet usage, les naturels prétendent rendre leur pêche abondante.
BAILLON (Médecine). — On appelle ainsi un morceau de bois, de liège, un tampon de linge ou de charpie.
qu’on met entre les dents molaires d’un malade loisqu’on veut tenir les mâchoires écartées pour inspecter le fond de la gorge, et surtout lorsqu’on veut y porter les doigts pour pratiquer quelque opération. M. Loiseau (de Montmartre) se sert avec avantage, dans ce cas, d’une espèce d’anneau en fer, large de 0*“,025 environ, dont il arme le doigt indicateur lorsqu’il relève l’épigloite avec ce doigt, pour cautériser la trachée-artère et les bronches dans le croup (voyez ce mot).
On donne le nom de bâillon dentaire à une plaque métallique, en or ou en platine, que l’on fixe sur une dent molaire pour tenir les mâchoires un peu écartées, lorsqu’on veut ramener en avant une ou plusieurs incisives ou canines (voyez Dent). Cet écartement a pour but d’empêcher la rencontre des dents déviées avec celles de l’autre mâchoire. F — n.
BAILLOQÜES (Zoologie industrielle). — On appelle ainsi des plumes d’autruche, employées par les plumassiers telles qu’elles ont été tirées de dessus l’oiseau, après avoir été seulement savonnées pour leur donner de l’éclat ; les plumes ordinairement ne se teignent pas ; elles sont naturellement mêlées de brun obscur et de blanc.
BAIN (Médecine, Hygiène), balneum, des Latins, balaneion, des Grecs. — L’idée du bain, c’est l’immersion et le séjour plus ou moins long du corps entier ou d’une partie du corps dans l’eau simple ou chargée de principes minéraux ou organiques; qu’elle soit à l’état liquide ou à l’état de vapeur : on donne encore ce nom aux bains de boues minérales, de marc de raisin, de sable, de cendres, etc. Ils peuvent être pris dans un but d’hygiène et de propreté, ou dans un but thérapeutique : leur température varie beaucoup.
Les bains froids d’eau commune sont ceux dont la température est au-dessous de 26° cent. ; au-dessous de 18°, ils sont froids proprement dits; de 18 à 26°, ils sont frais. Lorsqu’on entre dans l’eau froide, il y a tout à coup soustraction d’une grande quantité de calorique et refoulement du sang de la circonférence au centre ; il se ,i produit un ébranlement nerveux général d’autant plus ij marqué, C[ue le bain est plus froid ou qu’on y est moins | habitué, et qui se traduit par le spasme et la rougeur 1 de la peau, par un léger tremblement convulsif ; la respi- i ration devient irrégulière, le pouls s’accélère. Ces phé- .] nomènes s’observent bien dans l’eau vive et courante 'j des rivières, mais surtout dans les bains de mer; ici j l’eau chargée d’une grande quantité de matières salines À et organiques produit des effets bien plus énergiques, j augmentés encore par le fouettement des lames et de la I marée; le bain froid pris dans ces conditions doit être j tonique : il convient dans la chlorose, l’anémie, la cho- j rée, les scrofules (voyez ces mots), etc. Mais s’il est pro- I longé au delà de cinq ou six minutes, et qu’on le prenne ^ en repos, il est calmant; en effet, bientôt la respiration i devient régulière, le pouls se ralentit, la peau cesse d être t rouge, tout annonce une diminution notable d’action dans j tout le système; aussi le conseillera-t-on dans quelques inflammations, certaines névroses, les maladies menta- i les, le tétanos, etc. Toutefois, les personnes malades ne | devront y avoir recours que sur la prescription de leur médecin ; car il peut devenir très-nuisible, surtout pour i les personnes affectées de toux, de diarrhée habituelle, ! d’asthme, de maladies du cœur, d’hémorrhoïdes, de dar- | très, de dispositions apoplectiques, etc. (voyez ces mots), i L’effet général des bains froids pris avec mesure, dans ] l’état de santé, est de donner au corps une force et une ^ activité remarquables, de provoquer l’appétit, de rendre i le sommeil calme et régulier, surtout si l’on s’agite dans / l’eau avec modération, si l’on se livre à l’exercice de la natation; cependant s’ils ne produisaient pas ce résul- * tat, s’ils diminuaient les forces, il faudrait les cesser, i Galien avait déjà dit, en parlant des bains froids : Ou ils raniment les forces, ou ils les abattent et produi- ' sent l’affaissement. Povtv prendre un bain froid, surtout lorsqu’on n’en a pas l’habitude, il faut toujours i laisser écouler au moins quatre ou cinq heures après le repas, ne pas y entrer en sueur, et, autant que ii possible, y plonger tout le coi’ps à la fois, pour se meure à l’abri des inconvénients dont il a été parlé plus t
haut. ^ . J k
La température du bain tiède ou tempéré doit être de J 28 à 36° cent. Ce peut être de l’eau ordinaire ou chargée v de principes médicamenteux : ceux-ci sont tellement nombreux, que nous en indiquerons seulement quelques- y uns; ainsi, parmi les émollients, les décoctions de son, ^ de guimauve, de graine de lin, le lait, les émuLions, la i gélatine, etc. Parmi les toniques et les excitants, les pré-
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parations sulfureuses, iodées, le sel de cuisine, les décoctions de plantes aromatiques , toniques , excitantes (voyez ces mots). Les propriétés médicales de chacune de ces substances indiquent suffisamment dans quelles circonstances elles doivent être prescrites. Le bain tempéré d’eau commune ou chargée de principes émollients est le plus employé ; on y a recours toutes les fois qu’il s’agit de combattre des affections inflammatoires, nerveuses, etc. C’est en outre le bain hygiénique par excellence, et dans ce cas on y ajoute souvent quelques substances aromatiques, essence, pâte d’amande, eau de Cologne, etc.
Le bain chaud au-dessus de 30" cent, produit d’abord un premier effet qui a quelque ressemblance avec le bain froid, c’est le spasme et la rougeur de la peau ; bientôt celle-ci se gonfle ainsi que la face, le pouls s’accélère, il y a un malaise général, la peau ruisselle de sueur, on éprouve de la soif, les artères du cou et des tempes battent avec force, il y a des vertiges, la syncope, et enfin des accidents plus graves peuvent survenir. Ces effets doivent mettre en garde contre l’usage de ce bain^ qui peut produire les résultats les plus fâcheux, s’il n’est pas indiqué et surveillé avec soin par le médecin.
Les bains peuvent être partiels^ lorsqu’on ne plonge dans l’eau qu’une partie du corps quelconque; comme dans le cas du bain entier, ils peuvent être, et ils le sont le plus souvent, chargés de principes médicamenteux, qui varient suivant les indications qu’on veut remplir ; nous n’insisterons pas sur ce point; nous dirons seulement un mot des trois suivants : 1" le bain de siège ^ le plus souvent émollient , est indiqué dans les inflammations des organes situés au-dessous de la région ombilicale, et peut être prolongé plus ou moins longtemps suivant les cas spéciaux : on a encore recours au bain de siège chargé de principes aromatiques, sulfureux, iodés, etc., suivant qu’on a affaire à des affections lymphatiques, dartreuses, strumeuses, etc.; 2® le bain demain on manutuve^ et 3" le bain de pieds o\x pédiluve^ se prennent ordinairement très-chauds, comme dérivatifs, le bain de pieds, surtout, est souvent rendu plus actif par l’addition du sel de cuisine, du vinaigre, de la farine de moutarde, de l’acide chlorhydrique, etc. On les prescrit particulièrement dans les affections qui ont leur siège à la tête ou à la poitrine.
Les bains de vapeur sont ceux dans lesquels on expose tout le corps ou seulement une partie du corps, soit à la chaleur sèche [étuves sèches)^ soit à la vapeur d’eau seule [étuves humides)^ ou chargée de principes médicamenteux volatils, sulfureux, iodeux, aromatiques (voyez ces mots), etc. Us se prenaient autrefois dans des chambres chauffées par des tuyaux qui parcouraient leurs parois, et portaient partout la chaleur sèche ou de la vapeur d’eau : aujourd’hui, iis sont administrés plus généralement au moyen d’appareils simples, portatifs, dans lesquels on introduit ordinairement le corps tout entier, excepté la tête. Les bornes de cet article ne permettent pas de décrire ces appareils ; nous dirons seulement qu’ils peuvent être transportés partout, que les malades peuvent recevoir la vapeur directement sur quelque partie du corps que ce soit, debout, assis, ou couchés dans un lit. En général, les bains de vapeur sont des agents toniques, comme on peut le supposer d’après leur température élevée, de 50 à 70" cent. Aussi les emploie-t-on avec succès dans le rhumatisme, la sciatique, les dartres et autres affections chroniques de la peau, etc. (voyez ces mots), et tomes les fois qu’on veut produire une réaction violente sur la peau.
Pour les pratiques accessoires des bains, voyez Frictions. Affusions, Liniments, Onctions, Massages, Dépii.atoires. Pour les bains d’eau et de boues minérales, voyez Eaux minérales, Boues minérales. Tout ce qui a rapport à I’hydrothérapie, sera traité à ce mot.
Historique. — L’usage des bains remonte à la plus haute antiquité. L homme sous les climats chauds a dû se baigner dans les rivières, et même dans la mer. Les Assyriens, les Égyptiens, les Perses, les Grecs, en ont fait usage. Homère met dans la bouche d’Ulysse une charmante description du bain qui lui fut préparé par les nymphes dans le palais magique de Gircé. Hippocrate le prescrivait dans un grand nombre de maladies, et les Grecs, suivant Mercurialis, avaient auprès de leurs gymnases des bains qui en dépendaient.
Mais c’est surtout chez les Romains que cet usage devint un besoin général. Ils eurent d’abord de simples piscines où l’on venait nager et se laver [lavatrina) ; à la longue, ces établissements se multiplièrent au point que PuD. Victor en compte huit cent cinquante-six. Ces
bains, d’abord gratuits, coûtèrent plus tard un quadrans (2 centimes). Ces établissements étaient pour le peuple; les patriciens en possédaient dans leurs maisons particulières. Mais c’est sous les empereurs que se développèrent ces édifices somptueux, dont le luxe et la magnificence dépassent tout ce que l’imagination peut concevoir. Trois mille personnes pouvaient se baigner à la fois dans les thermes de Garacaîla, et au temps de Gonstantin, il existait à Rome quinze de ces thermes magnifiques; c’est au milieu de leurs ruines qu’ont été trouvés le Laocoon, l’Hercule Farnèse, le torse de l’Apollon du Belvédère, la Flore et les deux Gladiateurs ! Outre ces thermes publics, chaque maison riche avait ses bains particuliers, également décorés avec grand luxe. Ges établissements se
composaient, en général, d’un aquarium ou réservoir, d'un vasarium, salle contenant des vases d’eau chaude, tiède et froide : venaient ensuite les salles pour les bains chauds et les étuves, précédées du spoliaiorium où l’on se déshabillait; puis on entrait dans frigidarium, ensuite dans le tepidarium^ où la température était douce et tiède ; on y passait quelquefois des heures, soit dans le bain tiède, soit assis sur les gradins. Puis le caldarium, étuves sèches, où la température était quelquefois suffocante; en sortant de là, le corps ruisselant de sueur, on revenait dans le tepidarium ou dans le frigidarium: là le baigneur se remettait aux mains des masseurs ou tractatores et des unctores; il était essuyé, massé ; on lui ratissait la peau avec le strigil, puis il était frotté d’huiles et d’onguents parfumés : il y avait encore au milieu du frigidariumMne, piscine pour le bain froid. Tel était l’ensemble des thermes chez les Romains.
Les bains des Turcs et des Égyptiens se prennent également dans des salles chauffées progressivement, et dans lesquelles ils peuvent choisir le bain tiède, l’étuve humide ou l’étuve sèche; les parties les plus essentielles de ces bains sont les frictions, les massages, les onctions, l’épilation, et surtout les parfums.
Le bain russe^ qu’on a importé en France depuis quelque temps avec les modifications convenables, consistait simplement en une salle dans laquelle existe un largefourneau de fonte rempli de cailloux de rivière rougis; les baigneurs sont assis sur des banquettes tout autour de la salle ; la chaleur y est suffocante ; on verse, de cinq en cinq minutes, de l’eau sur ces cailloux rougis, l’étuve, qui était sèche d’abord, devient humide, et une vapeur ardente environne les baigneurs. A la fin du bain, on se fait fouetter avec des verges de bouleau ; on est lavé à l’eau tiède, puis à l’eau froide, et souvent avec de la neige. Voyez, pour l’usage des bains chez les modernes et pour de plus grands détails sur la partie historique, l’article Bain du Dictionnaire des lettres et des beauxarts , de MM. Dezobry et Bachelet. F — N.
Bains. — Pour le chauffage de l’eau des bains, voyez Bains chauds (supplément).
Bain-marie. — Bain d’eau chaude dans lequel on plonge les corps dont on veut élever la température d’une manière très-ménagée. Le bain-marie est particulièrement employé dans la distillation des plantes aromatiques, dont le parfum serait altéré si ces plantes, étant distillées à feu nu, venaient se déposer sur le fond de l’alambic. Leur température pourrait être portée à un degré assez élevé pour qu’elles subissent un commencement de décomposition ignée, donnant lieu à des huiles empyreumatiques d’une odeur désagréable. Lorsque la distillation doit se faire à une température supérieure à 100", on dissout du sel dans l’eau du bain. Quelquefois, cependant, on se contente d’introduire dans l’alambic un double , fond percé de trous ou formé d’une toile métallique qui soutient la substance aromatique à une certaine distance du fond de l’alambic (voyez Distillation, Alamcic).
Le bain-marie est aussi fréquemment employé dans les laboratoires de chimie à l’évaporation des liquides et à la dessiccation des corps. On y emploie encore au même