Bain de sable de Berzelius
BAL
BAL 214
«sage «n bain de sable chaudj dont nous donnons la gravure [fig. 251).
Bains (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville du France (Vosges), à 14 kilomètres E. de Plombières, arrondissement à 22 kilomètres d’Épinal; il y a deux principales sources d’eaux thermales légèrement salines (chlorurées sodiques), et d’une température de 50" cent, pour celle dite la Grosse Source, et 33» cent, pour la Source tiède. Elles sont fortifiantes et calmantes tout à la fois.
baïonnette. — On a donné le nom de baïonnette à «ne lame pointue qu’on adapte au bout d’une arme à feu, afin d’en faire une arme de main. La baïonnette paraît avoir été employée pour la première fois au commencement du règne de Louis XIV, aux environs de Bayonne ; c’était, dans l’origine, un simple poignard dont on enfonçait le manche dans le canon de l’arme. Quelque temps après, on souda la lame à une douille qui entourait le canon, ce qui permit de laisser la baïonnette pendant l’exécution des feux. Les lames de baïonnette ont beaucoup varié; la baïonnette française a une lame à section triangulaire aplatie, dont les côtés sont évidés ; quelques puissances ont adopté une lame à section carrée dont les côtés sont évidés.
La baïonnette se compose de trois parties : la lame est en acier naturel, trempé et assez fortement recuit; la douille est en fer ; c’est un cylindre creux qui reçoit le bout du canon ; le coude, qui relie la lame et la douille, ne forme qu’une pièce avec cette dernière. La douille est fabriquée avec du fer plat, de 0“,16 sur 0“,45 ; on étire au bout de la barre la partie qui doit former le coude, et on le confectionne au moyen d’étampes ; on sépare de la barre le morceau nécessaire pour faire la douille ; on l’aplatit, on le roule et on le soude comme une lame à canon (voyez Canons de fusil). Pour fabriquer la lame, on prend une barre d’acier en forme de pyramide quadrangulaire et on la soude au coude. La lame est étirée et ébauchée au moyen d’étampes ; on la trempe en la chauffant au rouge-cerise et en la plongeant dans l’eau, et on la recuit au bleu. La douille est forée et tournée, et on pratique au burin et au poinçon les entailles qui donnent passage au tenon pour fixer la baïonnette. La lame est aiguisée au moyen de meules en grès, dont quelques-unes portent des cannelures pour aiguiser les parties évidées de la lame ; on la polit et on la brunit avec des meules en bois, recouvertes d’émeri ou de poudre de charbon. La douille est entourée d’une bague en fer, qui sert à fixer la baïonnette en se plaçant sous le tenon du fusil. M. M.
BAJET (Zoologie). — On a désigné sous ce nom une espèce d’huître des côtes du Sénégal. Les uns pensent que c’est la Plicatule, Lamk, les autres VOstrea cristata de Poli (voyez Huître).
BAJOYERS. — Nom donné en architecture aux murs ou ^'/^7e5 des culées des ponts ou aux murs de revêtement d’une chambre d’éc/«î>e (voyez Canal de navigation).
BALÆNICEPS (Zoologie), du latin balœna, baleine ; et caput, tête, tête de baleine. — Genre de l’ordre des Échassiers. C’est un oiseau de I“,30 de haut, ressemblant à une cigogne par le corps, les ailes et les pattes, mais qui sans la moindre palmure, se rapproche beaucoup des Totipalmes. On pourrait le prendre aussi pour un très-grand Savacou. Sa tête énorme, munie d’un bec très -massif, rappelle la tête de la baleine, et le voyageur Parkins qui l’a tué en remontant très-haut le Nil blanc en 1850, l’a comparée à celle d’un enfant. M. Gould l’a nommé Balœniceps rex. {Communication de Ch. Bonaparte à VAcad. des sciences, Q janv. 1851.)
BALANCE (Physique), du latin bilanx, ou bis, deux, lanx, bassin. — Instrument servant à déterminer le poids des corps, et connu dès la plus haute antiquité. Ses formes ont varié beaucoup suivant les époques et les «sages auxquels on la destine. Les anciens en faisaient le signe de la justice.
Balance ordinaire. — Elle se compose d’une barre horizontale, en cuivre, en fer ou en acier, qu’on appelle fléau, mobile autour d’un axe central formé par l’arête d’un couteau qui partage le fléau en deux parties égales appelées bras, et aux deux extrémités duquel sont suspendus deux plateaux ou bassins de môme dimension [fig. 252). Le corps à peser est placé dans l’un des bassins, dans l’autre on ajoute successivement des poids jusqu’à ce que le fléau devienne horizontal. Si la balance est juste, la somme des poids marqués est précisément égaie au poids du corps.
Justesse. — On s’assure de la justesse d’une balance la manière suivante. Les deux plateaux étant vides.
le fléau doit se tenir horizontal ; et pour qu’on en puisse juger plus facilement, ce fléau porte une aiguille mobile avec lui au-devant d’une pièce fixée au support de la balance et sur laquelle est marqué un point de repère où doit s’arrêter l’aiguille. Si celle-ci incline à droite ou à gauche, c’est que le plateau de gauche ou de droite est trop léger ; il faut dans ce cas le recharger avec un peu d’étain qu’on applique en dessous, ou bien réduire le poids de l’autre au moyen de la limé. Cette première vérification faite, on prend deux poids égaux, on pose chacun d’eux dans l’un des plateaux ; la balance doit encore rester en équilibre ; s’il en est autrement, la balance est mauvaise et sa rectification est souvent difficile, parce que le défaut vient de l’inégalité de longueur des deux bras du fléau. Dans le cas où l’on n’aurait pas à sa disposition deux poids égaux, on peut placer dans un des bas-
sins un corps quelconque, lui faire équilibre avec des pièces de monnaie, des grains de plomb, du sable, etc.
Puis quand l’équilibre est établi, sans changer les bassins de place, échanger entre eux leurs charges. L’équili- ' bre doit encore exister après cet échange.
La justesse d’une balance dépend de l’égalité rigou- i reuse des deux bras de levier; c’est là justement la condition la plus difficile à remplir. On y satisfait grossière- j
ment dans les balances communes, avec beaucoup plus j
de soin dans les balances fines ; mais il est rare qu’on ]
puisse en approcher d’assez près quand ou a besoin d’une ;
extrême précision dans les pesées. Heureusement elle devient inutile dans ce cas, grâce à la méthode des doubles pesées imaginée par Borda.
Méthode des doubles pesées. — Pour peser un corps par ce procédé, on le met dans un des plateaux de la j
balance et on lui fait équilibre en versant dans l’autre ;
de la grenaille de plomb, des barbes de plume, etc., [
puis on enlève le corps et on met à sa place des poids i
marqués jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli. Il est (
évident que les poids marqués, produisant rigoureuse- ^
ment le môme effet que le corps, doivent peser autant t
que lui. Nous avons, il est vrai, deux fois l’équilibre à |
établir; mais lorsqu’on a un grand nombre de pesées i
à faire sur des corps dont le poids varie dans des f
limites assez restreintes, on peut avoir des tu7xs fai- 'i
tes à l’avance. On mettra dans le plateau de droite j
50 grammes par exemple, dans celui de gauche on po- '
sera un petit flacon avec son bouchon et on versera ^
dans le flacon de la grenaille de plomb, des fragments de i
liège ou de papier jusqu’à ce que l’équilibre ait lieu, puis le flacon sera bouché et numéroté. Si on veut peser j
un corps dont le poids sera moindre que 50 grammes, on *
le placera dans le bassin de droite et on complétera l’é- * quilibre en y ajoutant des poids marqués ; en retranchant ce nombre du poids de 50 grammes, on aura le I poids du corps. |
Si par la méthode de la double pesée la justesse de a ||,
balance cesse d’être nécessaire, il est de rigueur que sa Sj
sensibilité soit le plus grande possible. La sensibilité j
d’une balance est mesurée par le poids qui, placé dans un j
de ses plateaux après qu’elle a été mise en équilibre, suf- ; j fit pour la faire trébucher. Il existe des balances assez |
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sensibles pour perdre leur équilibre sous le poids d’une aile de mouche. Plusieurs conditions sont à remplir pour approcher de ce résultat.
1" Le couteau par lequel le fléau appuie sur son support doit être en acier très-dur, être aussi tranchant que le comporte la charge que doit porter la balance en moyenne ; il doit reposer sur un plan poli très-dur luimême et ordinairement en agate.
20 Les bassins doivent appuyer par un seul point ou par une arête vive sur les extrémités des bras du fléau ; à cet effet, ses extrémités portent un couteau dont le tranchant généralement concave est tourné en haut ; les bassins portent de plus un crochet dont la concavité est elle-même taillée en couteau, ou une plaque d’acier ou d’agate qui appuie sur l’arête rectiligne du couteau.
Dans le premier cas les deux tranchants se croisent à angle droit et appuient ainsi l’un sur l’autre par un seul point. C’est le second qui est représenté dans notre gravure (265, 256).
3" Le centre de gravité du fléau, toujours situé au-dessous du point d’appui de cette tige, doit en être le plusrap-
Détail des couteaux dans les balances de-précision.
tlonteau cealral du fléau. — 6, Son plan d'appui.
2p5. c«, Couleau de l’une des extrémités du fléau. — àb d appui du ba«sin correspondant (facel ‘
Fig. 2S6. Mêmes pièces -vues de profil.
Plan
proche possible, en sorte que la balance étant en équilibre chargée ou non, si on l’écarte un peu de cette position avec le doigt, elle y revienne par une série d’oscillations trèslentes. C’est pour satisfaire à cette condition que les fléaux des balances de précision sont surmontés en leur milieu d’une vis sur laquelle on peut faire mouvoir un écrou , en élevant ou abaissant celni-ci ; on fait mouvoir dans le même sens, mais beaucoup plus lentement, le centre de gravité du fléau.
4® Pour que la sensibilité d’une balance reste constante
sous toutes les charges, il faut que le fléau ne puisse fléchir sous ces charges et que son point d’appui se trouve situé sur la ligne droite qui passe par les deux points de suspension des bassins, plutôt au-dessous qu’au-dessus de cette ligne.
5® Toutes autres choses égales d’ailleurs, une balance sera d’autant plus sensible qu’elle sera plus légère, que ses bras de levier seront plus longs, qu’elle sera destinée à peser des corps plus légers. On a fait en aluminium des balances sensibles à un dixième de milligramme, ou à la cinq-centième partie du poids d’un grain de blé.
Les balances de précision doivent toujours être renfermées dans des cages de verre qui les abritent contre les courants d’air ; au repos le fléau doit être suspendu sur un support à deux branches appelé fourchette., pour que le couteau ne se fatigue pas inutilement ; les bassins, par la même raison, doivent rester détachés du fléau.
La forme des balances a beaucoup varié suivant les temps et les usages auxquels on les emploie.
Balance de Roberval. — Elle jouit depuis quelques années d’une grande faveur dans le commerce de détail. Sous le rapport de la commodité de leur emploi, ces nouvelles balances présentent en effet d’assez grands avantages sur les anciennes; mais leur usage est beaucoup moins sûr. Lors même qu’elles sont justes, elles peuvent fournir des pesées fausses à cause du jeu des tiges de fer sur le fléau supplémentaire. Dans ces balance.s, les bas sins, au lieu d’être suspendus au-dessous du fléau AB, sont portés au-dessus de lui par des tiges de fer cylindrique.s
qui descendent verticalement dans le pied de l’appareil. La charge tend donc à faire basculer ces bassins. Pour obvier à cet inconvénient, les extrémités inférieures de ces tiges sont retenues par un second fléau DE parallèle an premier, situé au-dessous de lui et caché dans le pied. Malgré cette complication qui a pour effet d’abord de diminuer la sensibilité de l’appareil, une semblable balance, juste quand les poids sont placés bien exactement an centre des plateaux, devient quelquefois fausse quand iis sont écartés de cette position. On doit donc se tenir en garde contre leurs indications. Certaines balances de Roberval fabriquées à Lyon sont à l’abri de cet inconvénient. Leur prix est un peu plus élevé.
Balance bascule. Bascule balance de Quintenz, nom de son inventeur. — Très-employée dans le commerce et les administrations de transport. Nous en donnons une vue (fig. 258), et une coupe {fig. 259) destinée à mieux faire
comprendre les détails de sa construction. Un plateau AB dont un des bords se relève en BC est destiné à recevoir les objets à peser. Ce plateau qui fait corps avec la pièce D s’appuie d’une part sur le levier FG, et d’une autre part il est accroché dans un anneau qui termine inférieurement la tringle K. Le levier FG construit en forme de fourche et que nous avons dessiné de profil est
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mobile en F autour des extrémités de ses deux branches ; celles-ci, après s’être réunies l’une à l’autre, viennent s’appuyer en G sur l’extrémité inférieure de la seconde tringle GL. Ces deux tringles à leur tour sont suspendues en L et K à l’un des bras d’un fléau de balance à bras inégaux mobile autour du couteau M et dont l’autre bras, le plus long, supporte à son extrémité N le plateau des poids. La distance KM est habituellement la dixième partie de la longueur MN ; LM en est la moitié. 11 résulte de cette disposition que quand le poids P descend de 0“,10, les points K et H ne remontent que de
0“,01 , ou dix fois moins, tandis que les points L et G remontent de 0“,05 ; mais le point E est situé à une distance du point fixe F, égale au cinquième de la longueur FG ; les déplacements de F ne sont donc que le cinquième aussi des déplacements de G, et par conséquent le point F, comme le point H , ne montera que de 0«>,0l. De cette manière, le plateau AB reste toujours horizontal, et ses mouvements sont réduits au dixième de ceux du plateau P. Cette balance conserve sa justesse en quelque point de AB que soit placé l’objet, et de plus l’objet y est équilibré par des poids réduits au dixième placés dans le plateau P. 10 kil. posés dans ce plateau y équivalent donc à 100 kil. posés sur la table AB, ce qui facilite beaucoup les fortes pesées.
Pour plus de facilité encore, le bras de levier MN est souvent transformé en bras de romaine. Il est alors divisé sur sa longueur, et c’est d’après la position qu’on doit y donner au poids mobile qu’on juge du poids de l’objet.
Dans la bascule comme dans la balance ordinaire, avant de faire une pesée il faut d’abord s’assurer qu’à vide la balance est juste et pour cela que les deux appendices 6 et c dont l’un est fixe et l’autre mobile avec le fléau restent en regard l’un de l’autre. Ils doivent encore se trouver en regard quand la balance chargée est en équilibre. Pour ne pas fatiguer inutilement les couteaux, quand la balance est au repos, le bras de levier MN reste soulevé par une manivelle. Dans cette position le plateau AB repose sur le pied de la bascule. Au reste cette machine destinée à évaluer de fortes charges ne saurait, à cause de la multiplicité des points de suspension, présenter le degré de sensibilité des bonnes balances ordinaires.
Balance romaine, Romaine. — Espèce de balance très-
usitée chez les Romains qui l’appelaient statera. Elle se
compose d’un levier prismatique en fer, suspendu par un point G autour duquel il peut tourner. Vers l’extrémité A du plus petit bras de levier se trouve suspendu un crochet, quelquefois un plateau destiné à recevoir l’objet à peser. L’autre bras de levier porte sur son arête supérieure des divisions équidistantes sur lesquelles peut glisser un anneau D supportant un poids constant Q. Pour peser un corps, après l’avoir suspendu au crochet, on fait glisser l’anneau sur le levier BC jusqu’à ce que le fléau se tienne horizontal. La division où il se trouve correspond au poids cherché. Pour vérifier l’exactitude de l’appareil, il faut pendre au crochet des poids marqués et opérer comme si on voulait les peser. La 6alance romaine est assez ordinairement munie de deux couteaux de suspension à chacun desquels correspond une division spéciale. L’emploi de ces deux couteaux donne plus de latitude pour les pesées.
La balance romaine peu sensible est peu employée en France, si ce n’est dans quelques contrées du Midi. Elle a reparu cependant dans les balances-bascules.
La statère antique était souvent remarquable par l’élégance de ses formes; mais l’emploi d’anneaux là où nous faisons usage de couteaux à arêtes vives, ne permettjiit d’arriver qu’à une approximation assez grossière dans l’évaluation des poids.
La balance danoise est encore plus simple que la romaine. Elle se compose d’une tige en fer ou en bois dur terminée à l’une de ses extrémités par une masse de plomb et à l’autre par un crochet auquel on suspend le corps à peser. La tige passe dans un anneau qui sert à la suspendre et dans lequel elle peut glisser librement. Pour peser un corps suspendu au crochet, on fait glisser l’anneau sur sa tige jusqu’à ce que la masse de plomb fasse équilibre au corps. La division de la tige où s’arrête l’anneau fait connaître le poids cherché.
Balance pèse-lettre. — Balance à un seul plateau destinée à peser les corps sans poids marqués et graduée spécialement pour le tarifage des lettres. Il se compose d’un levier coudé mobile autour du point G , dont le bras le plus court se tient à peu près horizontal et porte à son extrémité A un petit plateau E, et dont l’autre bras oblique est muni d’une lentille G faisant contre- poids et se termine en aiguille B mobile sur un cercle divisé D.
Quand on charge le plateau, le levier s’incline, l’aiguille monte le long du cercle gradué et s’y arrête en un point correspondant au poids du corps et pouvant servir à le mesurer. Get appareil doit être gradué à l’avance. On place à cet effet dans le plateau successivement la série des poids tolérés par l’administration des postes, et aux points où s’arrête l’aiguille, on marque des divisions avec la valeur des poids correspondants ou le prix du port de la lettre. G’est un instrument commode et d’une précision suffisante pour l’objet auquel il est destiné.
Le peson est un appareil de pesage sans poids fondé sur le môme principe que pèse-lettre, qui n’est autre chose qu’un peson gradué pour un usage spécial. En dehors des applications de ce genre, le peson est un instrument qu’il faut rejeter.
Balances a ressort. Pesons. — Instruments de pesée fondés sur l’élasticité des lames ou spirales d’acier, (voyez Dynamomètre.)
Balance de torsion, Balance de Goulomb, Balance DE Gavendish, du nom de leurs inventeurs.
Appareil de physique destiné à mesurer des forces attractives ou répulsives d’une très-faible intensité, et fondé sur cette propriété qu’ont les fils métalliques tordus autour de leur axe, de tendre à reprendre leur première position avec une force appelée force de torsion, qui croît proportionnellement à l’angle dont ils ont été tordus (voyez Élasticité). ^
La balance de torsion a été employée par Loulomo pour étudier les lois suivant lesquelles se repoussent les corps électrisés ou aimantés de la même manière. Son appareil porte son nom (voyez Électricité, Magnétisme .
La balance de torsion a été également employée par Gavendish, pour mesurerla force avec laquelle s attirent
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deux sphères de plomb et en déduire le poids et la densité moyenne du globe terrestre (voy. Attraction).
Balance de Nicholson. — Voyez Aréomètre.
Balance hydrostatique. — Balance ordinaire à plateaux élevés imaginée par Galilée, pour peser les corps dans l’eau (voyez Archimède [principe d’]y Densité).
Balance d’eau. — Machine hydraulique d’une extrême simplicité et pouvant dans certains cas être employée avec avantage à cause des frais peu considérables qu’exigent son établissement et son entretien. Elle est en particulier souvent usitée dans les usines à fer pour élever sur la plàte-forme du haut fourneau le combustible et le minerai. Elle se compose d’une tonne munie à son fond d’une soupape à queue s’ouvrant de bas en haut et suspendue à l’extrémité d’un câble qui s’enroule sur un treuil. Sur le même treuil s’enroule en sens contraire un second câble à l’extrémité duquel on attache les fardeaux que l’on veut soulever. La tonne étant au haut de sa course, on y fait arriver l’eau d’un cours d’eau ; dès qu’elle en a reçu une quantité suffisante, elle descend en commençant dans son mouvement par fermer au moyen d’un mécanisme très-simple le robinet d’alimentation, et en entraînant le fardeau qu’elle soulève pendant sa chute.
Arrivée au bas de sa course, la queue de la soupape vient buter contre un obstacle ; cette soupape se soulève, la tonne se vide, remonte, et en revenant à sa première place rouvre le tuyau d’alimentation. M. D.
BALANGEUR (Zoologie). — Nom vulgaire donné à une espèce d’oiseaux du genre des Gros-becs {Coccothraustes^ Cuv.), de la famille des Conirostres^ ordre des Passereaux^ parce qu’il vole en se balançant. Il habite l’Amél ique méridionale.
BALANCIER. — Voyez Échappement, Horlogerie.
Balancier (Mécanique). — En mécanique on appelle de ce nom une machine très -fréquemment employée dans l’industrie pour découper les métaux à l’emportepièce, ou pour leur donner des formes déterminées par une forte compression entre des moules de fonte ou d’acier.
Il se compose d’une forte vis en fer à filets carrés dont le pas est plus ou moins allongé suivant la puissance de la machine et dont la t-âte est munie d’un levier horizontal généralement terminé à ses deux extrémités par des masses pesantes G {fig. 262). G’est ce levier dont le jimuvement de va-et-vient a donné son nom à toute la machine.
La vis est mobile dans un écrou en bronze porté à l’extrémité supérieure d’une pièce de fonte suffisamment résistante ; en tournant le levier dans le sens convenable, on fait remonter la vis dans son écrou. Quand elle est arrivée assez haut, on imprime à l’appareil un mouvement contraire qui, se trouvant favorisé par le poids de la vis et de son balancier, devient très-rapide jusqu’à ce l’extrémité inférieure de la vis, rencontrant un obstacle, le brise ou s’arrête brusquement. Dans ce dernier cas le choc et la compression sont extrêmement violents et proportionnés d’ailleurs aux dimensions de la machine et à la vitesse imprimée au balancier.
Quand on veut découper les métaux à l’emporte-pièce, l’extrémité inféileure de la vis porte un poinçoil d’acier fortement trempé dont la face inférieure ou section a exactement la forme de la portion qu’on veut détacher de la plaque métallique. Sur la table du balancier est posée une pièce d’acier également trempée , percée dans son centre d’une ouverture reproduisant en creux la, forme du poinçon, mais allant en s’évasant d’une manière sensible de la face supérieure à la face inférieure, afin de donner un dégagement plus facile aux parties métalliques enlevées. La plaque de métal appuie sur cette dernière pièce qui est du reste solidement fixée par des vis en fer. À chaque coup de balancier le poinçon, pénétrant dans la pièce inférieure, s’ouvre un passage au travers du métal et en détache une partie dont la forme est réglée par celle du poinçon.
Pendant longtemps, les médailles et monnaies ont été frappées par un procédé semblable ; aujourd’hui, le balancier monétaire n’est plus employé que pour les médailles; pour les monnaies proprement dites, il a été remplacé par la presse monétaire de M. Thonnelier (voyez Monnaies).
Quoi qu’il en soit, on comprend sans peine que le poinçon du balancier doive être dirigé dans sa marche avec une grande précision pour ne pas venir heurter contre sa plaque d’acier ; il ne doit pas non plus suivre Ja vis dans son mouvement de rotation sur elle-même. Aussi ce
poinçon, au lieu d’être porté directement par la vis, estil ajusté dans une pièce à part appelée boîte coulante. Gette pièce est creusée latéralement dans le sens de sahauteur de deux fortes rainures en forme de coin creux
Fig. 262. — Balancier monétaire.
la monture du balancier porte en relief deux coins verticaux semblables, en sorte que la boîte ajustée entre cesdeux coins peut se mouvoir verticalement, mais que tout autre mouvement lui est interdit. Gette boîte porte en outre à sa partie supérieure un collier qui embrasse une rainure circulaire creusée sur le pourtour de l’extrémité inférieure de la vis. Gelle-ci tourne dans le collier qu’elle soulève ou abaisse avec elle.
Il existe des balanciers qui peuvent percer des trous de plusieurs centimètres de diamètre dans des plaques de fer de 0“,01 d’épaisseur, et d’un autre côté, c’est avec des balanciers qu’on perce l’œil ou chas des aiguilles les plus fines. Ges machines peuvent donc servir aux usages les plus divers, comme machines à impression, emporte-pièces, etc.
Balancier des machines a vapeur. — Voyez Vapeur (Machines a ).
Balancier hydraulique. — Machine de formes très-variables, mais composée en principe de deux vases oscillant aux deux extrémités d’un balancier et d’un système de soupapes disposées et manœuvrées par la machine de telle sorte que chaque vase reçoive l’eau quand il est au haut de sa course et se vide quand il est au bas. Il en résulte un mouvement alternatif qui peut être utilisé. G’est une assez mauvaise machine à peu près inusitée.
Balanciers (Zoologie). — On a donné ce nom à deux petits filets mobiles, minces, terminés par une espèce de bouton arrondi, placés sous l’origine des ailes des Insectes diptères, J)dLn% quelques genres on les trouve au-dessous des ailerons ; mais ceux-ci manquant souvent, les balanciers se trouvent à nu. On ne sait pas encore à quoi servent ces petits appendices ; on a pensé qu’ils avaient pour fonction de soutenir l’insecte en équilibre lorsqu’il vole, ainsi que son nom l’indique; mais leur petitesse comparée à la puissance de l’aile dans le vol ne permet pas de s’arrêter à cette idée : d’autres ont avancé, avec aussi peu de raison, qu’ils servaient, en frappant sur les ailerons, à produire le bourdonnement que font entendre ces insectes en volant; mais on répond à cela que ce bourdonnement existe dans les genres qui n’ont pas de balanciers. Tout ce qu’on sait, c’est qu’en volant l’insecte les agite avec beaucoup de vitesse. Linné les a donnés comme un des caractères de l’ordre des Diptères, et en effet, on ne lesrencontre nulle part ailleurs.
BALANÇOIRE. — Voyez Escarpolette.
BALANÉ (Zoologie), Balanus^ Brug., Glan.d de mer^. Guvier; du grec balanos, gland. — Famille de Crustacés^ ordre des Cirrhipèdes^ placés d’abord comme tous ceux de cette section dans les Mollusques, par Guvier, qui cependant écrivait qu’ils « établissent par plusieurs rapports une sorte d’intermédiaire entre cet embranchement et celui des Articulés. » Depuis cette époque, les travaux de M. Martin Saint-Ange sur VAnoiife^ en justifiant cette réserve du grand naturaliste, ont éclairé la question, et aujourd’hui la section des Girrhipèdes appartient au sous-embranchement des Articulés (voyez Girrhipède). Les caractères de cette famille sont ; co-
quille conique, souvent infléchie, composée de six valves articulées, et dont l’ouverture se ferme plus ou moins par un opercule de quatre valves mobiles, triangulaires; les branchies sont des appendices en forme d’ailes, semblables à celles des Anatifes. Ces animaux s’attachent aux corps sous-marins ; et les rochers, les vaisseaux, sont souvent couverts de l’espèce dite Lepas balanus^ Lin. L’espèce Lin., vulgairement nommée G^and de mer^ Tulipe^ est regardée en Chine comme un mets délicat.
BALANINE (Zoologie), Balaninus^ du grec balaninos^ qui provient du gland. — ^ Sous-genre d’ Insectes coléoptères tétramères^ famille des Rynckophores ou Porte-bec^ grand genre Charançon {Curculio^ Lin.), démembré des Rhynchœnes de Fabricius. Il est caractérisé par un corps ovale, de forme presque naviculaire; la trompe grêle dépasse souvent la longueur du corps. L’espèce la plus remarquable est le Charançon des noisettes (B. nucum, Cuv. ; Rhynchœnus nucum^ Fab.). Avec sa trompe effilée, il perce les noisettes qui commencent à se former, à travers les enveloppes, et la partie déjà dure de la coquille, y introduit un œuf, et la jeune larve qui en sort vit aux dépens de l’amande; à sa métamorphose elle fait un trou au fruit pour en sortir, et pénètre en terre où elle se transforme en nymphe. Cette espèce, longue de 0“,007, à 0,008“, ■est noire, couverte d’un poil jaunâtre qui la fait paraître d’un gris vert.
BALANITE (Botanique), Balanites^ R. Delile, du grec halanos^ gland. — Genre déplantés appartenant^ lapetite famille des O/acmera. Le B. d^Égypte {B. Ægyptiaca, Delile; Xymenia Ægyptiaca^ Lin.) est un arbre propre à l’Egypte, à la Nubie et à l’Abyssinie. Il y est aujourd’hui, <üt-on, extrêmement rare. Rafeneau-Delile pense que l’on doit rapporter à ce végétal, le Perben des anciens, arbre célèbre décrit par Théophraste et que l’on a longtemps considéré à tort comme étant V Avocatier. Le balanite porte dans sa patrie le nom de Deglig. Delile croit aussi que ce dernier n’est autre chose que le Lebackh dont les anciens Arabes parlent en vantant son fruit à saveur douce, agréable et présentant quelque analogie avec la datte.
BALARUC (Médecine, Eaux minérales). — Village de France à la pointe N.-E. de l’étang de Thau, arrondissement, et à 20 kil. S.-O. de Montpellier (Hérault). A 6 kilom. N. de ce village, existe une source d’eau thermale chlorurée sodique. Temp. 48" cent. Elle laisse dégager un peu d’acide carbonique, et renferme par litre 9®*‘,080 de principes fixes, principalement chlorure de sodium, G®'',802; chlorure de magnésium, ie'',074; bromure de magnésium et de sodium, 0^'’,035. Ces eaux jouissent d’une grande réputation contre les paralysies, contre l’apoplexie même, le rhumatisme chronique, etc., en bains et en boissons.
BALAUSTE (Botanique). — Terme employé quelquefois pour désigner un fruit multiloculaire, indéhiscent, adhérent, à enveloppe dure et à graines entourées de pulpe sans perdre leurs points d’attache. Les loges sont superposées, ce qui provient, d’après M. Lindley, de ce que deux verticilles de carpelles existent, adhérents l’un au-dessus de l’autre, entre eux et avec le tube du calice, ce dont on ne peut se convaincre que dans la fleur. Le fruit du grenadier présente cette organisation. La grenade est donc, botaniquement parlant, une balauste.
Les fleurs du grenadier, employées en décoction pour certaines affections » portent aussi dans les pharmacies le nom de Balaustes.
BALBUSARD (Zoologie), Pandion^ Savig. — Sous-genre de l’ordre des Oiseaux de proie diurnes^ grand genre Faucons., section des Oiseaux de proie ignobles. Ils ont le bec grand, comprimé sur les côtés, les ongles forts, très-crochus, ronds en dessous, queue dépassée par les ailes, la seconde plume des ailes dépassant les autres. Ces oiseaux vivent de poissons, aussi ne -quittent-ils les bords des lacs, des étangs, des rivières, que lorsqu’ils veulent nicher; alors ils vont établir leur aire dans des crevasses de rochers escarpés ou sur le haut des grands arbres. On n’en connaît bien qu’une espèce, le Balbusard {Falco haliætus., Lin.) {fig. 2G4) : longueur totale, 0“,GO, bec noir, manteau brun, le dessous du corps blanc, taches brunes sur la tête et ia nuque, tarses jaunes à écaille
BAL
brune. On le rencontre au bord des fleuves, des rivières dans toute 1 Europe ; il saisit les poissons avec scs serres^
Fig. 264. — Balbusard. [Falco haliætus, Lin.).
à la surface de l’eau, souvent même il plonge pour les attraper; il attaque rarement les oiseaux d’eau.
BALEINE (Zoologie), Balœna., Lin. — Genre de Mammifères cétacés^ que le vulgaire prend généralement pour un poisson à cause de sa forme extérieure, de ses habitudes, de son habitation constante dans les eaux de la mer, et qui pourtant, examiné scientifiquement, présente tous les caractères des Mammifères ; en effet, la baleine est vivipare, elle respire par des poumons l’air extérieur, elle a le sang chaud, un cœur à deux ventricules, elle met bas un seul petit, rarement deux, qu’elle allaite au moyen de mamelles placées près de l’anus. Cet énorme cétacé, qui n’a pas moins de 25 à 30 mètres de long dans l’âge adulte, a une tête d’une grandeur démesurée, d’au moins le tiers delà longueur totale du corps; la bouche dépourvue de dents est garnie des deux côtés à sa mâchoire supérieure de grandes lames minces, transversales, serrées les unes contre les autres, au nombre de 8 à 900 de chaque côté et longues de 3 mètres environ, c’est ce qu’on appelle fanons : ils servent, lorsque la
Fig. 265. — Baleine franche.
baleine a englouti dans sa vaste gueule un grand volume d’eau contenant en quantité des vers, de petits mollusques, des zoophytes, de petits poissons dont elle se nourrit, à les retenir comme ferait un crible : lorsque l’animal veut se débarrasser de cette masse d’eau qui lui devient inutile, il le fait au moyen de deux ouvertures placées directement au-dessus de sa tête nommées évents et par la pression de sa langue, de ses muscles pharyngiens et d’un appareil musculaire spécial, il lance à une hauteur de 10 à 12 mètres deux colonnes d’eau qui suffisent souvent pour submerger des embarcations assez grandes. La baleine a une langue énorme, charnue, fort épaisse; son gosier étroit ne lui permet de se nourrir que de très-petits animaux, elle a les yeux de la grosseur de ceux du bœuf, et I ouïe extrêmement fine : elle n’a que deux membres représentés par deux nageoires pectorales dans lesquelles on retrouve toutes les parties du membre antérieur des Mamnlifères; la partie postérieure de son corps est ter-
Tig.263.— Balanine ou charançon des noisettes.
BAL
BAL
minée par une espèce de nageoire horizontale. La baleine nage avec une extrême rapidité ; elle s’enfonce fréquemment dans les profondeurs de la mer, mais comme elle est obligée de venir assez souvent respirer, elle se tient plus généralement près de la surface des eaux. Autrefois ces gigantesques cétacés fréquentaient nos côtes, et les pêcheurs basques les trouvaient en abondance dans le golfe de Gascogne, dans la Manche et jusque dans la Méditerranée; de nos jours la pêche a reculé successivement vers les contrées septentrionales, les côtes d’Islande, du Groenland, de la baie d’Hudson ; et le nombre des baleines diminuant même dans ces contrées, il a fallu rebrousser vers le pôle antarctique, à l’embouchure de la Plata, sur les côtes de la Patagonie, du cap Horn, etc. On a bien dit à la vérité que l’espèce qui vivait jadis sur nos côtes n’était pas la Baleine franche, si recherchée de nos jours à cause de la richesse de ses produits, et qui ne se rencontre pas dans nos mers ; mais bien une autre espèce voisine, beaucoup* moins avantageuse pour les pêcheurs, le Rorqual, dont il sera question plus loin. Gette assertion peut être vraie, mais ce qui ne l’est pas moins, c’est que le nombre de ces animâux de toutes les espèces a considérablement diminué sur nos côtes depuis les progrès toujours croissants de la navigation.
Parmi les espèces encore peu nombreuses que nous connaissons, la plus intéressante est la B. franche {B. mysticetus, Lin.; Nord-caper^ Lacép.). Elle n’a point de nageoires sur le dos comme quelques autres Cétacés. C’est cette espèce surtout que des flottes entières de pêcheurs vont poursuivre dans les mers du Nord pour se procurer l’huile que produit en si grande quantité son lard, épais quelquefois d’un demi-mètre, et ces fanons noirâtres et flexibles connus sous le nom vulgaire de baleines. On dit qu’un seul individu peut donner jusqu’à 120 tonneaux d’huile; on en retire C à 8 tonneaux de la langue seule. Sa peau, épaisse de près de 0“,03, est souvent recouverte de coquillages qui s’y attachent et y pullulent comme sur hn rocher ; Il y en a même, dit Cuvier, de la famille des Balanes qui pénètrent dans son épaisseur. Ses excréments, qui n’ont point de mauvaise odeur, servent à teindre les toiles en une belle couleur rouge bon teint.
Les autres espèces de Baleines ont été réunies par Lacépède sous le nom de Balénopières ; elles se distinguent de la première parce qu’elles ont une nageoire dorsale ; on y trouve les espèces suivantes : le Gibbar {B. physalus, Lin.); la Jubarte des Basques {B. Boops., Lin.), et le Rorqual de la Méditerranée {B. musculus., Lin.) (voyez Balénoptère).
Les bornes d’un dictionnaire ne nous permettant pas
donner une description détaillée de la pêche de la Baleine, pour laquelle les nations maritimes de l’Océan arment de nombreux navires: nous dirons seulement que lorsque les pêcheurs réunis en grand nombre sur les embarcations aperçoivent une baleine, ils mettent aussitôt leur chaloupe à la mer, et s’avancent en silence. L’un d’eux, le plus robuste et le plus adroit, se tient debout armé d’un harpon., espèce de dard attaché à une longue corde; aussitôt qu’il est à portée, il lui lance de toute sa force cette arme qui pénètre plus ou moins profondément; se sentant blessée, la baleine s’enfonce dans l’eau avec la rapidité d’une flèche, emportant dans ses flancs le harpon dont la corde se déroule et est entraînée avec lui ; mais bientôt pressée par le besoin de respirer, elle revient à la surface où son ennemi l’attend de pied terme ; on la harponne de nouveau, et le même manège se renouvelle jusqu’à ce qu’épuisée par la lutte et par la perte de son sang, elle ne peut plus fuir ni se défendre, et est entraînée par les pêcheurs qui l’achèvent et la dépècent ; toutefois, tant qu’elle n’est pas morte, ils évitent avec soin sa terrible queue, qui d’un coup ferait voler en^ éclats leur frêle embarcation. Lorsqu’on s’est assuré <|u elle est bien morte, on enlève par tranches le lard qui la recouvre et on le fait fondre pour en extraire l’huile. La pêche du cachalot, qui se fait plus particulièrement dans la mer du Sud, offre les mêmes difficultés, les mômes dangers, elle a le môme but (voyez Cachalot).
L’huile de la baleine est employée pour l’éclairage, pour la fabrication des savons, pour corroyer les cuirs, pour détremper les couleurs, et pour mille autres usages journaliers. Les fanons que le commerce livre à l’industrie ont subi plusieurs préparations tendant à les net- '' toyer, les assouplir, les dresser, en un mot à les rendre propres aux usages auxquels ils sont destinés; c’est-àdire les montures des parapluies, les corsets, lesbaguettes de fusils, les cannes, etc. Quant au blanc de baleine,
connu sous le nom bizarre, dit Cuvier, de spenna ceti., il est produit par le cachalot et n’a aucun rapport avec la baleine (voyez Cachalot). Dans certains pays , on se sert des intestins de la baleine pour remplacer le verre des fenêtres on fait aussi des filets avec ses tendons ; sa chair fraîche ou salée, dont quelques peuplades du Nord se nourrissent, a été souvent très- utile aux équipages des pêcheurs basques.
L’homme n’est pas le seul ennemi des baleines ; malgré l’énormité de sa taille, la force prodigieuse de sa redoutable queue, elle trouve à* côté d’elle des ennemis terribles. Un des plus acharnés et des plus cruels est une espèce de Squale {Squalus pristis., Lin.), connu vulgairement sous le nom de Vivelle ou Poisson-scie ; son museau se prolonge en une lame solide, plate, garnie de chaque côté de fortes dents et d’une longueur de 0“,50 à 0“,80 ; c’est avec cette arme redoutable que ce poisson attaque la baleine, elle la lui enfonce à plusieurs reprises dans les chairs et la fait périr comme le ferait le harpon des pêcheurs. Un autre ennemi non moins à craindre pour elle est le Marsouin épaulard des Saintongeois {Delphinus gladiator, Lacép.), long de 7 à 8 mètres ; c’est en troupe qu’ils attaquent leur proie, ils la harcellent jusqu’à ce qu’elle ouvre la gueule; alors un d’eux s’y enfonce hardiment, s’attache à son énorme langue, d’autres le suivent et font de même, et ils la déchirent, la lui arrachent et la dévorent.
Baleine (Zoologie industrielle). — • Nom donné aux fanons de la baleine (voyez plus haut). Ces fanons nous arrivent du Groenland en paquets de 10 à 12 et se vendent dans cet état de 125 à 375 fr. les 100 kil. suivant leurs qualités et l’abondance de la pêche. Après les avoir sciés de longueur convenable, on les ramollit dans l’eau bouillante, on les fixe dans un étau de menuisier et on les débite en baguettes dans le sens des fibres à l’aide d’un outil qui se compose d’une plaque de fer munie de poignées portant une entaille directrice et un couteau circulaire à lame horizontale dont le tranchant descend au-dessous du sommet de l’entaille d’une quantité égale à l’épaisseur que l’on veut donner à la baguette.
La baleine ramollie par la chaleur peut se mouler comme la corne et l’écaille en tabatières, cannes, pommes de cannes, etc. On en polit la surface avec du feutre imprégné de pierre ponce finement pulvérisée, et on termine avec de la chaux éteinte à l’air libre et tamisée. A cause de sa légèreté, de sa force et de sa souplesse, la baleine est employée à un grand nombre d’usages.
BALÉNOPTÈRE (Zoologie), Cuv. ; Bedéinoptère de Lacépède. — Genre de Mammifères cétacés., détaché par Lacépède des Baleines, dont elles ne diffèrent sensiblement que par la nageoire dorsale qu’elles ont vers la partie postérieure ; elles offrent du reste tous les caractères des Baleines (voyez ce mot). On les a partagées en deux sous-genres, selon qu’elles ont le ventre lisse ou ridé. Le premier sous-genre ne renferme qu’une espèce, le Gibbar des Basques [Balœna physalus.. Lin.), Finnfisch des Hollandais, aussi long, mais plus mince que la Baleine franche : il est peu recherché des pêcheurs, parce qu’il donne peu d’huile, et qu’il est difficile à pêcher et même dangereux. Cuvier dit qu’il n’est pas prouvé que ce n’est pas une Jubarie mal observée et dont le nom a été altéré. Dans le second sous-genre, on trouve \di. Jubarte des Basques {Balœna, Lin.), plus
longue que la Baleine franche, et qui n’est pas plus avantageuse pour la pêche, et le Rorqual de la Méditerranée [B. musculus.. Lin.), qui en diffère très-peu. Pour tout ce qui tient aux détails particuliers, voyez Baleine.
BALI-SAUR (Zoologie), Arctonyx, Fr. Cuv. — Nom indien d’un animal singulier, de la famille des Plantigrades, dont Fr. Cuvier a fait le genre d’après
un individu observé par Duvaucel, et qu’il a placé à côté des Ours; son museau est en forme de boutoir; il a six incisives à chaque mâchoire, de fortes canines, des molaires plates ; son nom de Bali-saur veut dire cochon des sables. La seule espèce connue, Bali-saur de Duvaucel [Arctonyx collaris, F. Cuv. ), a les oreilles courtes, le groin couleur de chair, le poil rude, d’un blanc jaunâtre, la gorge jaune; il mange de tout. Si on l’irrite, il fait entendre une sorte de grognement, et se dresse sur ses pattes de derrière comme les ours.
BALISIER (Botanique), du mot espagnol balija, enveloppe. Les larges feuilles de ces plantes sont employées dans l’Amérique méridionale pour envelopper une foule de denrées. — Nom vulgaire du genre Gànna, Lin. (de can, cana, roseau, en celtique), type de la famille des Cannées ou Cannacées, entre les Orchidées et les Mu-